17 janvier 2016

Terres amères - Joyce Carol Oates

Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey

livre_moyen_283 Philippe Rey - octobre 2015 - 480 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Christine Auché et Claude Seban

Titre original : Sourland, 2010

Quatrième de couverture : 
Seize nouvelles brutales et décapantes, parfois insoutenables. Certes, la prose de Joyce Carol Oates n'a jamais été conseillée en qualité de berceuse mais, en ce qui concerne ce recueil, les enfants auront intérêt à aller se coucher encore plus tôt car, très vite, Oates se montre sans pitié pour eux. Bien entendu, les véritables aficionados en redemanderont. La première tout comme la dernière nouvelle sont peut-être à éviter pour les âmes sensibles... s'il en existe encore. Oates a superbement disséqué le chagrin et le choc provoqués par la mort de son premier mari Ray Smith en 2008, et il n'est donc pas surprenant que la perte et le deuil soient les thèmes dominants de ce recueil rageur, dur et viscéralement dérangeant, écrit au lendemain du malheur. On y cherchera en vain la résignation de la veuve : Oates semble déterminée à nous convaincre que la femme en deuil est une sorte de coupable, une victime qui dans un sens mérite tout ce qui lui arrive (et ce n'est pas toujours tendre). Mais même si la démonstration pèche par un rien d'excès, quel bonheur de lecture que ces pages qui font tomber les idoles et les clichés avec une santé, une énergie - et une plume - d'une jeunesse éblouissante.

Auteur : Joyce Carol Oates est née en 1938 à l'ouest du lac Erié. Son père travaillait pour la General Motors. Elle passe une enfance solitaire face à sa soeur autiste et découvre, lorsqu'elle s'installe à Detroit au début des années 60, la violence des conflits sociaux et raciaux. Membre de l'Académie américaine des arts et des lettres depuis 2008, professeur de littérature anglaise à Princeton. Titulaire de multiples et prestigieuses récompenses littéraires (elle figure depuis des années sur la courte liste des Nobélisables), Joyce Carol Oates figure depuis longtemps au premier rang des écrivains contemporains. Elle a reçu le prix Femina étranger en 2005 pour Les Chutes.

Mon avis : (lu en décembre 2015 et janvier 2016)
J'ai mis beaucoup de temps à lire ces 16 nouvelles toujours sombres et souvent angoissantes, mettant en scènes le plus souvent des femmes et où la mort est souvent présente.
Je n'ai pas pu lire ce livre d'une traite, j'ai été obligée de lâcher périodiquement ma lecture pour y revenir quelques jours plus tard...
Dans « Tête de citrouille » Hadley, une veuve depuis peu, voit un homme, quel connaît à peine, s'inviter chez elle avec une citrouille et impossible de le faire repartir...
Dans « Chasseur de primes », il est question de la cruauté d'enfants. 
« Amputée » est une histoire d'amour particulière. Il a fallu que je m'y reprenne à deux fois pour lire cette nouvelle car dans le texte, les mots "et" ont tous été remplacés par le signe "&" et cela m'a vraiment perturbé.
« Bonobo Momma » met en scène une mère et une fille. Cette dernière se fait une joie de retrouver sa mère mais la rencontre ne va pas se dérouler comme elle l'espérait.
Dans «Correction » Madelyn, une jeune fille de quatorze ans, est à l'hôpital au chevet de son père, elle croise par hasard un ancien de ses professeurs...
C'est très bien écrit mais à éviter si votre état d'esprit est à la déprime ou le soir avant d'aller se coucher, les récits sont souvent cruels, quelques unes sont même glauques...

J'ai trouvé cette lecture exigente et parfois difficile. Les conclusions de certaines histoires sont parfois peu claires... 
Pour apprécier ce livre à sa juste valeur, je pense qu'il faut connaître et aimer l'auteur et également aimer les nouvelles.

Merci Arnaud et les éditions Philippe Rey pour cette découverte.

Extrait : (début du livre)
À la fin du mois de mars, une tempête de neige mouillée avait traversé la partie nord du centre du New Jersey. Son mari était mort quelques jours plus tôt. Il n’y avait aucun rapport entre les deux événements, elle le savait. Sauf que, depuis lors, elle s’était mise à remarquer un curieux scintillement dans l’air au crépuscule. Souvent, elle se retrouvait sur le seuil de sa maison, ou bien dehors – incapable de se rappeler comment elle était arrivée là. Pendant de longues minutes, elle observait, tandis que les couleurs s’estompaient peu à peu, la lumière blanchâtre qui surgissait du ciel et des pins sylvestres autour de la maison.
Pour elle, ce n’était pas une lumière naturelle, et dans ses moments de faiblesse, elle pensait C’est l’heure du passage. Elle regardait le phénomène sans être certaine de ce qu’elle pouvait bien voir. Elle se sentait excitée, vigilante. Elle se sentait pleine d’appréhension. Elle se demandait si cet étrange scintillement dans l’air avait toujours été là sans qu’elle l’ait remarqué dans sa vie protégée d’auparavant.

Ce soir d’octobre, alors que le soleil n’avait pas complètement disparu, elle aperçut la lumière des phares d’une voiture tournant dans l’allée, à quelque distance, près de la route. Elle sursauta, instantanément sur le qui-vive – ne sachant d’abord plus vraiment où elle était. Et puis elle se souvint qu’Anton Kruppe devait passer la voir à peu près à cette heure-là.
Je passerai, avait-il dit. Ou bien était-ce elle qui avait dit Pourquoi ne passeriez-vous pas ?
Elle n’arrivait pas à discerner ses traits. Apparemment, il conduisait un pick-up à la carrosserie marquée d’inscriptions blanches indistinctes. Après être descendu du siège conducteur surélevé, il avança vers elle d’une démarche chaloupée – haute silhouette masculine d’épouvantail avec, en guise de tête, une citrouille de Halloween difforme.

Quel choc ! Hadley recula, incapable de comprendre ce qu’elle voyait.
Cette tête de citrouille souriante posée sur des épaules d’homme, ces yeux découpés et malveillants qui n’étaient pas éclairés de l’intérieur comme ceux des citrouilles de Halloween, mais sombres, vitreux. Et cette voix qui parlait à travers la fente de la bouche souriante dans un anglais marqué d’un fort accent.

 

Déjà lu du même auteur : 

nous__tions_les_Mulvaney Nous étions les Mulvaney  fille_noire__fille_blanche Fille noire, fille blanche 

petite soeur, mon amour Petite sœur, mon amour mudwoman  Mudwoman 

le_myst_rieux_Mr_Kidder Le mystérieux Mr Kidder 107462735 Carthage

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14 janvier 2016

Tyler Cross - tome 2 : Angola - Fabien Nury et Brüno

Couv_251488 Dargaud - août 2015 - 100 pages

Quatrième de couverture :
Avec la série Tyler Cross, Fabien Nury et Brüno signent une histoire pure et dure de gangster des années cinquante : une BD amorale et jubilatoire.
La chance tourne. Ce qui devait être un coup sans risque, garanti sur facture, se transforme en descente aux enfers pour Tyler Cross. Un enfer qui porte le doux nom d'« Angola », la plus grande prison de haute sécurité des États-Unis, entourée de marécages et écrasée par le soleil torride de Louisiane. Cerise sur le gâteau : le clan Scarfo a mis un contrat sur sa tête, et les Siciliens sont nombreux parmi les détenus... Si Tyler sort un jour de cet enfer carcéral, ce ne sera pas pour bonne conduite.
Tyler Cross est un récit complet ; une histoire de gangster, un polar noir froid et teigneux.

Auteurs : Né en 1975, Brüno commence ses études à l'école Estienne, à Paris, avant d'obtenir une maîtrise d'arts plastiques à Rennes. En 2001, il publie le premier tome de Nemo, libre adaptation de vingt mille lieux sous les mers. À partir de 2003, il publie avec Fatima Ammari-B une série policière, Inner City Blues, puis anime sur Internet de 2003 à 2006 avec Pascal Jousselin un feuilleton à quatre mains, les aventures de Michel Swing. En 2007, il publie avec Appollo chez Dargaud biotope et la série commando colonial, puis en 2011 avec Fabien Nury Atar Cull ou le destin d'un esclave modèle.
Fabien Nury est né en 1976. Il se lance dans la bande dessinée en 2003, encouragé par le scénariste Xavier Dorison, avec lequel il travaille sur w.e.s.t. De 2004 à 2007, il signe la série fantastique je suis légion, avec le dessinateur John Cassaday, avant d'écrire le scénario d'il était une fois en France, dessiné par Sylvain Vallée (prix de la meilleure série à Angoulême en 2011). Chez Dargaud, il publie deux séries, le maître de Benson Gate (avec Renaud Carreta) et la mort de Staline (avec Thierry Robin), avant de travailler avec le dessinateur Brüno sur Atar Cull.

Mon avis : (lu en décembre 2015)
Après un premier tome très réussi, les lecteurs attendaient la suite avec impatience. Tyler s'est fait piégé et le voilà envoyé à Angola, une prison de haute sécurité des États-Unis, située en Louisiane et entourée de marécages. Une prison dirigée par la mafia, où tout peu s'acheter... Tyler Cross doit rester sur ces gardes car il comprend vite que sa tête a été mise à prix. 
Il va chercher malgré tout à s'évader car il en va de sa vie.
Chasse à l'homme, chiens, corruption, crime, isolement, mafia, marécages, meurtres, mort, punition, sexe, trahison, vengeance, violence... il y a tout cela et bien plus...
L'histoire est captivante, le dessin expressif et efficace, l'ambiance est très bien rendue, en résumé une BD très réussie à ne pas rater !

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

 tyler-cross-tome-1-tyler-cross Tyler Cross

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27 décembre 2015

Dans tes bras - David Levithan

Lu en partenariat avec Babelio et Gallimard jeunesse

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A66815 (1) Gallimard jeunesse - octobre 2015 - 248 pages

traduit de l'anglais (américain) par Nathalie Peronny

Titre original : Hold me closer, 2015

Quatrième de couverture :
Pour ceux d'entre nous qui se sentent ignorés d'habitude, un projecteur est comme un cercle magique qui a le pouvoir de nous arracher à la pénombre du quotidien.


Ex-boyfriends, gare à vous! 
Sportifs homophobes, rangez-vous! 
Tiny Cooper a quelque chose à dire et il va le faire en chansons. Un coming-out libérateur pour devenir enfin lui-même et se faire aimer tel qu'il est.

Auteur : David Levithan est un auteur gay américain. Il a publié son premier livre, Boy Meets Boy en 2003.
Il est l'auteur de Nick et Norah's Infinite Playlist (Une Nuit à New-York) , co-écrit avec Rachel Cohn en 2006 et adapté au cinéma en 2007. 

Mon avis : (lu en décembre 2015)
J'avais gardé un bon souvenir du livre Will & Will que j'avais lu l'année dernière et lorsqu'il m'a été proposé de découvrir ce livre "Dans tes bras" je n'ai pas hésité. Au début, j'ai été surprise car le faux sticker "Après Will & Will" m'avait induit en erreur car je pensais lire la suite de cette histoire... Si j'avais mieux lu la quatrième de couverture et le sous-titre "L'histoire de Tiny Cooper" j'aurais compris que "Dans tes bras" est la comédie musicale créé par Tiny Cooper, le meilleur ami de Will, sur sa vie.
Le livre est donc écrit comme une pièce de théâtre avec ses deux actes, les répliques, les chansons et surtout tous les conseils de mise en scène dictés avec beaucoup d'humour par Tiny.
Il manque la musique pour accompagner les chansons, mais pour le reste, on entre plutôt facilement dans cette lecture et le lecteur découvre avec curiosité la vie mouvementée et compliquée de Tiny Cooper, un garçon attachant et plein de talent !
Une belle découverte ! 

Merci Babelio et Gallimard jeunesse pour cette lecture atypique !

Extrait : (Message d’introduction par Tiny COOPER)
Dans tes bras est une histoire vraie. (À l’exception des passages où les gens se mettent à chanter, bien sûr : dans la réalité, ça ne se passe pas toujours comme ça.) Aucun nom n’a été modifié, sauf quand quelqu’un l’a mal pris ou s’est mis en colère parce que je parlais de lui et qu’il m’a expressément demandé de ne pas le citer. Cela dit, certains de mes ex n’ont pas eu leur mot à dire dans l’histoire. Si ça leur pose un problème, ils n’avaient qu’à pas me lourder.

Comme moi, ce spectacle se veut bruyant et spectaculaire, même s’il comporte aussi des moments plus calmes. Les gens qui ne comprennent pas les comédies musicales (c’est-à-dire la plupart des membres de ma famille et, pour une large part, les habitants de l’agglomération de Chicago) leur reprochent leur manque de réalisme. Je m’inscris totalement en faux. Qu’est-ce que la vie, sinon une succession de moments bruyants et calmes avec un peu de musique entre les deux ? Autrement dit : avant de monter votre propre version de Dans tes bras, que ce soit dans le gymnase de votre lycée ou sur les planches d’un théâtre de Broadway, dites-vous bien que la vérité est parfois calme… et parfois, bruyante et spectaculaire. On ne choisit pas toujours quelle forme elle va prendre.

Mais je m’égare. Mieux vaut considérer ce spectacle comme un one-man-show avec des personnages dedans. Je sais qu’il me sera physiquement impossible de jouer dans toutes les productions de ma pièce… mais s’il vous plaît, consultez-moi avant de vous lancer dans le casting. Le texte a déjà subi quelques modifications depuis sa première représentation historique. C’est comme ça aussi dans la vie, et pour tout ce qui touche à l’amour : chaque fois qu’on se penche dessus, on trouve un nouveau détail à transformer.

Pour l’heure, je conclurai juste par ces mots : mon nom est Tiny Cooper, et voici le moment de lever le rideau sur la fantastique, stupéfiante et – je l’espère – prodigieuse histoire de ma vie.

Déjà lu du même auteur :

will&will Will & Will - John Green et David Levithan

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18 décembre 2015

Famille parfaite - Lisa Gardner

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

9782226319234g Albin Michel - octobre 2015 - 512 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Cécile Deniard

Titre original : Touch & go, 2013

Quatrième de couverture : 
Les Denbe semblaient sortir des pages des magazines glamour : un mariage modèle, une belle situation, une ravissante fille de quinze ans, une demeure somptueuse dans la banlieue chic de Boston… une vie de rêve.
Jusqu’au jour où ils disparaissent tous les trois. Pas d’effraction, pas de témoin, pas de motifs, pas de demande de rançon. Juste quelques traces de pas et des débris de cartouches de Taser sur le sol de leur maison. Pour la détective privée Tessa Leoni, l’enlèvement ne fait aucun doute. Mais que pouvait bien cacher une existence en apparence aussi lisse ?
Nº1 sur la liste des best-sellers du new York Times, le nouveau thriller de Lisa Gardner nous plonge dans l’intimité fascinante et terrible d’une famille au-dessus de tout soupçon.

Auteur : Les suspenses de Lisa Gardner sont des best-sellers aux États-Unis et en Grande Bretagne. Sauver sa peau (2009) a connu un vrai succès en France. Grand Prix des lectrices de ELLE Policier pour La Maison d'à côté en 2010, Lisa Gardner est devenue en quelques années l'une des reines incontournables du suspense. Best-seller aux États-Unis, Famille parfaiteest resté plusieurs mois sur la liste des meilleures ventes.
Lisa vit aux États-Unis, dans un petit hameau des montagnes du New Hampshire.

Mon avis : (lu en décembre 2015)
Je ne suis pas une habituée de cette auteur américaine mais c'est surtout parce que je n'ai eu pas l'occasion de la lire. 
Justin Denbe, un riche entrepreneur en BTP, est kidnappé avec sa femme et sa fille a^gée de 15 ans. Un kidnapping fait par des pros car sur les lieux il y a peu de traces, aucun témoin, aucun mobile, aucune demande de rançon... L'enquête est menée conjointement par le FBI et par Tessa Leoni, une détective privée dont la société de BTP de Justin Denbe à fait appel et par Wyatt, adjoint du shérif du comté de North Country du New Hampshire.
Le lecteur suit tour à tour l'enquête et ce qui se passe entre la famille et ses ravisseurs grâce au récit de Libby, la mère de famille.
Le récit de Libby est effrayant et captivant, la partie enquête est plus brouillonne et donc plus difficile à suivre. J'y ai trouvé quelques longueurs mais le rythme de l'enquête s'accélérant, j'ai dévoré la fin du livre.
Il est vrai qu'au bout d'une centaine de pages de ce livre, j'avais déjà découvert le coupable... mais la suite de l'intrigue m'a bien détrompée avec de nombreuses fausses pistes et rebondissement. Et ce n'est vraiment qu'avec l'épilogue que j'ai découvert que ma première impression était bien la bonne.

Merci Aurore et les éditions Albin Michel pour ce partenariat.

Autre avis : Canel

 

Extrait : (début du livre)
Voilà une chose que j’ai apprise quand j’avais onze ans : la douleur a un goût. La question, c’est de savoir celui qu’elle a pour vous.
Ce soir, ma douleur a un goût d’orange. Je suis attablée avec mon mari dans un box du Scampo, dans le quartier de Beacon Hill à Boston. Sans bruit, des serveurs discrets viennent remplir nos flûtes de champagne. Deuxième fois pour lui. Troisième fois pour moi. La nappe en lin blanc disparaît sous les petits pains maison et un assortiment d’antipasti. Viendront ensuite, dans des assiettes à la présentation soignée, des pâtes fraîches aux petits pois et à la pancetta grillée dans une sauce à la crème légère. Le plat préféré de Justin. Il l’a découvert il y a vingt ans lors d’un voyage d’affaires en Italie et, depuis cette époque, il le commande dans les bons restaurants italiens.
Je prends ma flûte. Je bois une gorgée de champagne. Je repose le verre. 
En face de moi, Justin sourit et des rides lui plissent le coin des yeux. Ses cheveux châtains coupés court grisonnent aux tempes, mais ça lui va bien. Il a cette allure rude et indémodable des hommes qui vivent au grand air. Quand nous entrons dans un bar, les femmes le regardent. Les hommes aussi, intrigués par ce nouveau venu, manifestement un mâle dominant, capable de porter de vieilles chaussures de chantier avec une chemise Brooks Brothers à deux cents dollars et que l’ensemble soit du meilleur effet.
« Tu ne manges pas ? me demande-t-il.
– Je me réserve pour les pâtes. »
Il sourit encore et je repense à des plages de sable blanc, à l’odeur iodée de l’air marin. Je me souviens de la douceur des draps de coton entortillés autour de mes jambes nues lorsque nous avions passé la deuxième matinée de notre lune de miel encore enfermés dans notre bungalow. Justin m’avait donné à manger des oranges fraîchement pelées de sa main et j’en avais délicatement léché le jus poisseux sur ses doigts calleux.

Déjà lu du même auteur :

57299667_p La maison d'à côté

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01 décembre 2015

Film : Le Pont des Espions - Steeven Spielberg

Date de sortie : 2 décembre 2015

le pont des espions

Réalisé par : Steeven Spielberg

Scénario : Matt Charman et Joel et Ethan Coen

Acteurs : Tom HanksMark RylanceScott Shepherd (II), Amy Ryan, Sebastian Koch

Titre original : Bridge of Spies, 2015

Durée : 2h12

Synopsis : James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé. 

Mon avis : (vu le 25/11/2015)
Mercredi soir dernier, j'étais invitée (depuis 2 mois) à une projection du nouveau film de Spielberg dans une salle située à côté de l'Arc de Triomphe. La salle était à moitiée vide, il est vrai que les attentats de Paris ont pu faire hésiter certains à honorer l'invitation. 
J'ai passé une très bonne soirée. La bande annonce faisait penser que c'était essentiellement un film d'action mais j'ai été soulagée de découvrir que non. Le Pont des Espions est un film historique inspiré de l'histoire vraie de James Donovan lors de la Guerre Froide.
New York en 1957. Le premier plan est superbe et surprenant, il montre un homme qui semble avoir trois visages : le sien, celui renvoyé par un miroir et celui de l'autoportrait qu'il est en train de peindre... Le spectateur va découvrir grâce à une scène de filature que cet artiste est un espion. Cet étrange Russe nommé Rudolf Abel est arrêté. C'est la Guerre Froide, l'Etat américain veut mettre les formes et fait appel à l'avocat James Donovan pour défendre Abel. Donovan est un avocat spécialisé dans les assurances, il hésite à accepter ce travail car il sait qu'il va devenir impopulaire en défendant un espion russe. Mais James Donovan a des principes et dès lors qu'il acceptera de défendre Abel, il le fera consciencieusement et le mieux possible. Il sauvera ainsi son client de la chaise électrique. Quelques années plus tard, un pilote américain, Francis Gary Powers est abattu avec un avion espion au-dessus de l'URSS et le gouvernement américain fait appelle à James Donovan pour aller négocier secrètement un échange à Berlin Est. 
J'ai trouvé quelques longueurs dans la partie américaine avec la succession des procès. Heureusement la partie en Allemagne a redonné du rythme au film. 
J'ai trouvé caricaturale la scène où l'avion de Powers se fait abattre. Je me suis même surprise à éclater de rire tellement cela faisait "cinéma"...
J'ai beaucoup aimé le jeu de Tom Hanks et celui Mark Rylance. Leur relation qui est celle d'un respect mutuel, l'espion russe est plutôt sympathique, son sang-froid en toutes circonstances étonne l'américain. 
La reconstitution historique de l'époque et du climat de guerre froide est réussie. Celle du mur de Berlin en construction et de Berlin en ruines est magnifique. Quel contraste entre l'image de l'Amérique des années 50 pleine de couleurs et joyeuse avec celle de Berlin grise, en ruine et où la construction du mur bouleverse ses habitants. 
A travers James Donovan, un homme ordinaire en mission secrète, Spielberg s'attache à honorer l'engagement, l'humanité et la volonté d'agir pour défendre la justice et la vérité.

Merci Jonathan et Way to Blue pour l'invitation à la projection de ce film. 

Bande Annonce :  

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27 novembre 2015

Dieu roule pour moi - Dominique Souton

Lu en partenariat avec Babelio et les éditions Ecole des Loisirs

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9782211225571 Ecole des Loisirs - octobre 2015 - 168 pages

Quatrième de couverture :
Bienvenue chez moi, Chrissie Jones. Mon pauvre papa pasteur, ma petite maman et mes deux foutus frères, mes cours de français, mes 13 ans et les copines qui vont avec, toutes s’impatientant de rencontrer le prince charmant. Damnit. Bienvenue à Sioux Falls, Dakota du Sud. Ses légendes indiennes, ses deux cents églises, ses phénomènes bizarres, et son bal de la pureté, au cours duquel les jeunes filles doivent promettre à leur père de rester chastes jusqu’au mariage. Ha ha ha. Oui, bienvenue dans ce trou perdu. Dieu merci, il est possible que j’ai quelques pouvoirs, susceptibles de vous étonner.

Auteur : Dominique Souton est née à Grenoble et vit à Paris. Après avoir exploré une veine plus autobiographique dans "Pur chèvre", "Bac en poche" et "Quand on raconte des histoires horribles, il arrive des histoires horribles", elle s'est inspirée de ses deux filles pour écrire les aventures d'Hélène et Azalaïs. Six livres autour d'une famille, la famille Milnes, dans lesquels elle excelle à dépeindre des situations de la vie quotidienne et plus largement, notre monde contemporain avec beaucoup d'humour et de pertinence. On retrouve Hélène et Azalaïs dans "Recherche doudou désespérément", "Maman fait ses devoirs", "9", "Ma jumelle, moi et quelques pous", "Tout le monde sait les lettres sauf moi" et "Un dada dodu".

Mon avis : (lu en novembre 2015)
Chrissie Jones est une jeune américaine de 13 ans. Elle vit à Sioux Falls "un trou perdu" du Dakota du Sud. Elle raconte sa "triste" vie dans un échange épistolaire sur internet avec Emma, sa correspondante française qui a le même âge. Le lecteur ne lira que la correspondance de Chrissie.
Chrissie se sent différente car son père est pasteur et qu'elle est élevée assez strictement et sa vie est en décalage par rapport à celle de ses camarades de classe. A l'école, elle n'a pas d'amis, elle se sent comme transparente. A la maison, ses deux frères sont des étrangers pour elle, son père est très occupé par sa pastorale, sa mère passe son temps à cuisiner des gâteaux français. Heureusement que Chrissie a trouvé Emma pour se confier et lui raconter sa vie avec la naïveté d'une pré-ado de 13 ans mais avec également une regard critique et fataliste sur son environnement proche, sur le bal de la pureté auquel elle va devoir participer, sur l'interdiction de fréquenter un garçon... 
J'ai trouvé Chrissie très attachante et j'ai passé un bon moment en sa compagnie. La quatrième de couverture évoque des pouvoirs magiques, des légendes indiennes ou des phénomènes bizarres, c'est un peu survendu car ces pouvoirs sont relatifs et anecdotiques.

L'auteur est française mais étonnement ce roman est vraiment dans le style d'un roman ado américain.

Merci Babelio et les éditions Ecole des Loisirs pour cette découverte.

Extrait : (page 8)
Chère Emma,
Je ne sais pas toi, mais moi, je suis sacrément contente qu'on soit correspondantes. Tu voulais savoir pourquoi... pourquoi je t'ai choisie. Eh bien, parce que, comme toi, j'aime écrire, chanter, danser, j'aime les chevaux et les dauphins. D'ailleurs, sur Polyglot Club, tu l'auras remarqué, on n'est pas les seules. Apparemment, tout le monde aime les chevaux et les dauphins, haha. Bien sûr, dans le Dakota du Sud, les dauphins, je ne suis pas près d'en voir, LOL. Et puis tes lunettes sont classe. Au lycée, il n'y a que moi qui aie des lunettes. Mes camarades* (oops, un blasphème !) préféreraient être aveugles plutôt que d'en porter. Une question de morale ou d'éthique, je crois. Les miennes sont moches. Une question de morale aussi. Ou d'argent. Mes pauvres parents ne tiennent pas à ce que je sois classe, et tu comprendras bientôt pourquoi.

Ta nouvelle correspondante, Chrissie

Ma chère Emma,
J'ai oublié de te le préciser, je m'appelle Christine, Christine Jones, Chrissie est un surnom. Dans Christine, il y a Christ, ma famille est très religieuse. Tout le monde est croyant aux États-Unis, mais nous, beaucoup plus que les autres. J'aurais bien sûr préféré Séléna ou Miley, mais on fait avec ce qu'on a. Je te présenterai le reste de ma foutue famille la prochaine fois.

Christine Jones

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21 novembre 2015

Carthage - Joyce Carol Oates

Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey

livre_moyen_282 Philippe Rey - octobre 2015 - 608 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Claude Seban

Titre original : Carthage, 2013

Quatrième de couverture :
Tout semble aller comme il se doit dans la petite ville de Carthage en ce début de juillet 2005, si ce n’est que Juliet Mayfield, la ravissante fille de l’ancien maire a, pour des raisons peu claires, rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid, héros de retour de la guerre d’Irak. Un héros très entamé dans sa chair et dans sa tête, dont pourtant Cressida, la jeune sœur rebelle de Juliet, est secrètement amoureuse. Or, ce soir-là, Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett. Qui devient alors le suspect numéro 1 et, contre toute attente, avoue le meurtre…
Sept ans après, un étrange personnage surgit qui va peut-être résoudre l’impossible mystère. C’est ce que vise Joyce Carol Oates qui est sur tous les fronts : violence, guerre, dérangement des esprits et des corps, amour, haine. Et même exploration inédite des couloirs de la mort… Un roman puissant et captivant.

Auteur : Joyce Carol Oates est née en 1938 à l'ouest du lac Erié. Son père travaillait pour la General Motors. Elle passe une enfance solitaire face à sa soeur autiste et découvre, lorsqu'elle s'installe à Detroit au début des années 60, la violence des conflits sociaux et raciaux. Membre de l'Académie américaine des arts et des lettres depuis 2008, professeur de littérature anglaise à Princeton. Titulaire de multiples et prestigieuses récompenses littéraires (elle figure depuis des années sur la courte liste des Nobélisables), Joyce Carol Oates figure depuis longtemps au premier rang des écrivains contemporains. Elle a reçu le prix Femina étranger en 2005 pour Les Chutes.

Mon avis : (lu en novembre 2015)
Juillet 2005, Carthage est une petite ville de l'état de New-York, à proximité du Canada. L'ancien maire Zeno Mayfield et sa femme Arlette ont deux filles Juliet et Cressida. L'aînée, Juliet est « la jolie », populaire et aimée de tous et la cadette, Cressida est « l’intelligente », au physique plus quelconque, solitaire et rebelle. 
Lorsque le livre commence, Cressida vient de disparaître, elle a passé la soirée chez une amie voisine et elle n'ai jamais rentré à la maison. Au lieu de rentrer directement, Cressida a été vu en compagnie de Brett Kincaid, l'ex-fiancé de Juliet. 

Brett est un gentil garçon qui s'est engagé dans l'armée américaine par conviction, il est revenu d'Irak grièvement blessé aussi bien physiquement que psychologiquement. Le couple qu'il espérait former avec Juliet n'a pas résisté.
Après plusieurs jours de recherche, on ne retrouve aucune trace de Cressida et tout accuse Brett. Le caporal est perpétuellement hanté par des scènes en Irak et par moment semble oublier le présent. Il finit par s'accuser du meurtre de Cressida sans pourtant expliquer ce qui s'est passé... Ainsi s'achève la première partie du livre mais le lecteur n'est pas au bout de ses surprises et des rebondissements que nous a réservé Joyce Carol Oates...
Nous pensons découvrir un simple fait divers, mais c'est un drame familiale qui va se dérouler sous les yeux du lecteur. 
L'histoire est dense, captivante et prenante, j'ai mis du temps à la lire. La psychologie des personnages est riche, l'ambiance pesante est parfaitement rendue. Une réussite.

Merci Arnaud et les éditions Philippe Rey pour cette découverte.

Extrait : (début du livre)
On ne m’aimait pas assez.
C’est pour ça que j’ai disparu. À dix-neuf ans. Ma vie jouée à pile ou face !
Dans cet espace immense – sauvage – des pins répétés à l’infini, les pentes abruptes des Adirondacks pareilles à un cerveau plein à éclater.
La réserve forestière du Nautauga : cent vingt mille hectares de solitudes montagneuses, boisées, semées de rochers, bornées au nord par le Saint-Laurent et la frontière canadienne, et au sud par la Nautauga, le comté de Beechum. On pensait que je m’y étais « perdue » – que j’y errais à pied – désorientée ou blessée – ou, plus vraisemblablement, que mon cadavre y avait été « balancé ». Une grande partie de la Réserve est sauvage, inhabitable et inaccessible, excepté pour les marcheurs et les alpinistes les plus intrépides. Presque sans interruption, pendant trois jours, dans la chaleur du plein été, des sauveteurs et des bénévoles menèrent des recherches, se déployant en cercles concentriques de plus en plus larges à partir d’un chemin de terre en cul-de-sac qui longeait la rive droite de la Nautauga, à cinq kilomètres au nord du lac Wolf’s Head, dans la partie sud de la Réserve. Une zone située à une quinzaine de kilomètres de Carthage, État de New York, où mes parents avaient leur maison.
Une zone touchant le lac Wolf’s Head, où, vers minuit le soir précédent, des « témoins » m’avaient vue pour la dernière fois en compagnie de l’agent présumé de ma disparition.
Il faisait très chaud. Une chaleur grouillante d’insectes après les pluies torrentielles de la fin du mois de juin. Les sauveteurs étaient harcelés par les moustiques, les mouches piqueuses, les moucherons. Les plus tenaces étaient les moucherons. Cette peur panique particulière inspirée par les moucherons – dans les cils, dans les yeux, dans la bouche. Cette peur panique d’avoir à respirer au milieu d’une nuée de moucherons.
Et pourtant vous êtes forcé de respirer. Si vous essayez de ne pas le faire, vos poumons respireront pour vous. Malgré vous.
À la fin de la première journée de recherches, les chiens n’ayant pas réussi à repérer la piste de la jeune disparue, les sauveteurs expérimentés n’avaient que peu d’espoir de la retrouver en vie. Les policiers en avaient encore moins. Mais les jeunes gardes forestiers et ceux des bénévoles qui connaissaient les Mayfield étaient déterminés à y réussir. Car les Mayfield étaient une famille bien connue à Carthage. Car Zeno Mayfield était une personnalité en vue à Carthage, et beaucoup de ses amis, de ses relations et de ses associés s’étaient joints aux sauveteurs pour chercher sa fille disparue, que la plupart ne connaissaient que de nom.
Aucun de ceux qui se frayaient un chemin à travers les broussailles de la Réserve, exploraient ravins et ravines, grimpaient les pentes rocailleuses et escaladaient, parfois avec difficulté, les parois zébrées d’énormes rochers en chassant les moucherons de leurs visages, n’acceptait de penser que dans une chaleur qui dépassait les 32 degrés à la tombée du jour le corps sans vie d’une jeune fille, un corps peut-être dénudé ou enfoui dans le sol, poissé de sang, serait prompt à se décomposer.
Aucun d’entre eux n’aurait voulu exprimer l’idée brutale (familière à tous les sauveteurs expérimentés) qu’ils pourraient bien sentir l’odeur de la fille avant de la découvrir.

Déjà lu du même auteur : 

nous__tions_les_Mulvaney Nous étions les Mulvaney  fille_noire__fille_blanche Fille noire, fille blanche 

petite soeur, mon amour Petite sœur, mon amour mudwoman  Mudwoman 

le_myst_rieux_Mr_Kidder Le mystérieux Mr Kidder 

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rl2015
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31 octobre 2015

A la poursuite de ma vie - John Corey Wharey

Lu en partenariat avec les éditions  Casterman

a la poursuite de ma vie Casterman - octobre 2015 - 384 pages

traduit de l'anglais par Antoine Pinchot

Titre original : Noggin, 2014

Quatrième de couverture : 
Travis, 16 ans, est atteint d’une leucémie incurable. Face à l’échéance fatale, un médecin lui propose de suivre un protocole expérimental et révolutionnaire : laisser mourir son corps malade et cryogéniser sa tête, seule partie de son corps épargnée par l’affection, en attendant que la science ait découvert un moyen de la greffer sur le corps d’un donneur. Les chances de succès sont infimes, mais Travis se porte volontaire. Lorsqu’il se réveille dans un corps inconnu au terme d’un long « sommeil » de cinq ans, mais avec la sensation de ne s’être absenté que trois semaines, il peine à reconnaître le monde qui l’entoure. Sa copine Cate et son meilleur ami Kyle ont désormais 22 ans, mais lui, avec un mental intact d’adolescent, a l’impression de les avoir quittées la veille. Ses parents, soucieux de préserver leur fils unique, lui cachent les bouleversements intervenus au sein de leur couple. Enfin, sa résurrection a fait de lui une célébrité médiatique sans qu’il y soit préparé. Très vite, Travis se sent tiraillé entre deux mondes : il appartient au passé, mais se sent prêt à tout pour trouver une place dans le futur qui est le sien désormais. Avec courage et détermination, il n’a d’autre choix que de partir à la poursuite de sa nouvelle vie…

Auteur : John Corey Whaley, né en 1984, est un auteur américain de romans pour jeunes adultes. 

Mon avis :  (lu en octobre 2015)
Travis a 16 ans lorsqu'il meurt d'une leucémie foudroyante. Il a accepté de participer à une expérience un peu particulière de cryogénie. Après sa mort, sa tête est conservée pour être plus tard greffée sur un autre corps. En acceptant cette expérience, Travis espère revivre un jour et peut-être retrouver Cate, sa petite amie, de nombreuses années plus tard. Or les progrès de la médecine ont été plus vite que prévu et finalement c'est seulement 5 ans plus tard que Travis revient à la vie. Pour lui, il a l'impression de se réveiller après quelques jours. Mais le monde autour de lui a continué de vivre. Ses amis ont maintenant 5 ans de plus que lui. Sa petite amie est fiancée... Travis a toujours le caractère d'un adolescent, qu'il n'a pas cessé d'être, contrairement à ses amis qui sont devenus des adultes. Travis a du mal à s'adapter à sa nouvelle vie, il a tendance à regretter sa vie d'avant... Il va lui falloir du temps pour arrêter de se plaindre et arrêter de ressasser le passé plutôt que de regarder vers l'avenir...
Cette histoire est très originale qui nous interroge sur comment vivre dans le corps d'un autre, ou pour les proches comment vivre un deuil avec un infime espoir de voir un proche revivre... 

Merci aux éditions Casterman pour cette lecture à la limite du fantastique.

Autre avis : Gambadou

Extrait : (début du livre)
Voilà : j'étais vivant, et puis je suis mort. C'est aussi simple que ça. Sauf que je suis de retour. Ce qui s'est passé dans l'intervalle reste pour moi un peu flou. Tout ce que je peux vous dire, c'est que ma tête a été séparée de mon corps puis placée dans un congélateur de l'hôpital de Denver, dans le Colorado.
Personne n'échappe à la mort. De tous les animaux de la planète, il paraît que l'homme est le seul à se savoir promis à une fin tragique. Seulement, certains sont confrontés à cette échéance beaucoup plus tôt que les autres. Par expérience, je peux témoigner qu'une existence humaine peut passer du paradis à l'enfer en moins de temps qu'il n'en faut pour prononcer les mots "leucémie aiguë lymphoblastique".
L'ancien moi est tombé malade en quelques jours, si rapidement que les médecins, incapables d'endiguer le mal, se sont trouvés réduits à commenter sa gravité et sa vitesse de progression. La chimio, la radiothérapie et les greffes de moelle osseuse n'ont fait qu'accélérer et renforcer le processus.
On dit qu'on ne vit qu'une fois. Je suis la preuve du contraire.

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rl2015
13/18

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27 septembre 2015

Afghanes - Suzanne Fisher Staples

afghanes-191225-250-400 Gallimard Jeunesse - mars 2006 - 304 pages

Quatrième de couverture :
Octobre 2001, un mois après le 11 septembre. L’Afghanistan, dévasté par la guerre civile, est bombardé par les Américains. La jeune Najmah, douze ans, perd tout : sa famille, sa maison. Pour survivre, elle doit fuir. Déguisée en garçon, elle entreprend un périlleux voyage vers le Pakistan où elle espère retrouver la trace de son père et de son frère, enrôlés de force par les talibans. Nusrat est américaine. Mariée à un médecin pakistanais, elle a choisi de devenir musulmane. Son mari, parti en mission en Afghanistan, reviendra-t-il sain et sauf ?
Dans le camp de réfugiés de Peshawar, Nusrat fait l’école aux enfants réfugiés. Un jour, elle accueille Najmah dans sa classe. Leur rencontre est celle de deux âmes meurtries. Deux femmes insoumises. Deux cultures que tout semble opposer. Pourtant, un même espoir les réunit, leur permet de dépasser leurs pertes mutuelles et de continuer à aller de l’avant, malgré l’attente angoissante qui les mine…
« Aussi longtemps que tu connaîtras les étoiles, tu ne seras jamais perdu », dit le Coran.

Auteur : Suzanne Fisher Staples est américaine. Elle a vécu longtemps en Asie, au Pakistan, en Inde, en tant que journaliste, correspondante étrangère. Elle a travaillé au Pakistan et en Afghanistan, sur un projet d’alphabétisation des femmes en milieu rural, sponsorisé par l’Agence Américaine pour le Développement International. Elle s’est inspirée de ses expériences extraordinaires, de ses voyages, de ses rencontres pour écrire des romans qu'elle destine aux jeunes adultes. Elle vit en Pennsylvanie aux États-Unis.

Mon avis : (lu en septembre 2015)
Najmah, douze ans, est une jeune afghane qui a tout perdu. Elle vivait avec sa famille dans un village du nord de l'Afganistan dans la région de Kunduz. En octobre 2001, c'est la guerre, les Talibans sèment la terreur puis les Américains interviennent et bombardent le pays. Le père de Najmah et son frère sont emmenés par les Talibans, elle reste seule avec sa mère enceinte d'un bébé qui doit arriver sous peu. Un bombardement, la laisse seule sans rien : sa mère et son petit frère meurent, sa maison n'existe plus. Najmah est obligée de fuir pour survivre, son seul espoir rejoindre le Pakistan.
Nusrat est américaine, mariée à Faiz, un médecin pakistanais, elle a choisi de devenir musulmane et de le suivre au Pakistan. Lorsque l'histoire commence, Faiz est en mission au nord de l'Afghanistan, Nusrat vit à Peshawar, elle fait l’école à des enfants réfugiés. Chaque jour, elle espère son retour.
Ce livre est passionnant et très bien écrit, Najmah et Nusrat sont deux personnages attachantes et étonnantes. Elles ont deux cultures différentes, mais toutes veulent survivre, aller de l'avant. Le lecteur découvre l'Afghanistan et ses habitants, ses coutumes, la guerre et les difficultés qu'il en découle. Un livre littérature ado qui se lit très bien pour des adultes.
Bravo, également au lexique en fin du livre nous permettant de comprendre quelques mots afghans ou pakistanais. 

Extrait : (début du livre)
Cette journée a commencé comme toutes les autres, au rythme de la lune et du soleil. Avant même que les étoiles ne cessent de briller au-dessus des montsKunduz pour faire place aux premières lueurs de l'aube, ma mère a secoué ma couverture et m'a chuchoté : 

- Réveille-toi, la belle endormie, c'est l'heure d'allumer le feu ! 
J'avais l'impression que je venais de m'endormir. Puis elle s'est penchée sur le lit de mon frère aîné, Nur. 
- Debout, toi aussi, il est temps d'aller chercher l'eau pour le thé !
Nur a grogné et s'est retourné dans son lit en remontant la couverture sur sa tête. Alors, comme chaque fois que mon frère feignait de l'ignorer, Mada-jan a soulevé l'extrémité de la courtepointe et lui a chatouillé la plante des pieds avec un bout de paille. 

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04 septembre 2015

Le Secret de la manufacture de chaussettes inusables - Annie Barrows

le secret de la manufacture Nil - juin 2015 - 621 pages

traduit par Claire Allain et Dominique Haas

Titre original : The Truth According to Us, 2015

Quatrième de couverture :
Ce n'était pas le projet estival dont Layla avait rêvé. Rédiger l'histoire d'une petite ville de Virginie-Occidentale et de sa manufacture de chaussettes, Les Inusables Américaines. Et pourtant... Eté 1938. Layla Beck, jeune citadine fortunée, refuse le riche parti que son père lui a choisi et se voit contrainte, pour la première fois de sa vie, de travailler. Recrutée au sein d'une agence gouvernementale, elle se rend à Macedonia pour y écrire un livre de commande sur cette petite ville. L'été s'annonce mortellement ennuyeux. Mais elle va tomber sous le charme des excentriques désargentés chez lesquels elle prend pension. Dans la famille Romeyn, il y a... La fille, Willa, douze ans, qui a décidé de tourner le dos à l'enfance... La tante, Jottie, qui ne peut oublier la tragédie qui a coûté la vie à celui qu'elle aimait... Et le père, le troublant Félix, dont les activités semblent peu orthodoxes. Autrefois propriétaire de la manufacture, cette famille a une histoire intimement liée à celle de la ville. De soupçons en révélations, Layla va changer à jamais l'existence des membres de cette communauté, et mettre au jour vérités enfouies et blessures mal cicatrisées.

Auteur : Annie Barrows est née en 1962 en Californie. Mariée, mère de deux enfants, elle se consacre à l'écriture et a publié de nombreux livres jeunesse. Elle a écrit avec sa tante Mary Ann Shaffer Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates.

Mon avis : (lu en août 2015)
Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates est un de mes livres préféré et je voulais vraiment découvrir le nouveau roman d'Annie Barrows. Cette histoire est très différente du premier livre mais cela ne m'a pas empêcher de beaucoup aimer cette lecture.
Nous sommes en 1938, aux États-Unis, dans la petite ville de Macedonia en Virginie-Occidentale. La ville vit grâce à son usine de chaussettes, les Inusables Américaines. Layla Beck, fille d'un sénateur puissant et fortuné, refuse d'épouser le mari que son père lui a choisi. Elle se retrouve donc sans ressource et la voilà contrainte de travailler pour une agence gouvertementale. Elle est envoyée à Macedonia pour écrire l'histoire de la ville qui fête ses 150 ans. Layla prend pension chez la famille Romey qui était autrefois propriétaire de la manufacture. Cette famille est assez excentrique et très attachante en particulier Willa, fillette âgée de 12 ans, qui se pose pleins de questions sur les adultes et Jottie, sa tante, qui l'élève elle et sa jeune soeur...
A travers les voix de Layla, Willa et Jottie nous plongeons dans le présent et le passé de Macedonia et de ses habitants hauts en couleur...
J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce livre plein de fantaisie, de poésie et d'humour, j'ai particulièrement aimé le personnage de Willa et j'ai été touchée par Jottie.

Autre avis : Unautreendroit

Extrait : 
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Déjà lu du même auteur :

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