11 avril 2014

Art - Yasmina Reza

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Actes Sud - octobre 1994 - 62 pages

Magnard - août 2002 - 122 pages

Albin Michel - juin 2009 - 144 pages

Quatrième de couverture :
Mon ami Serge a acheté un tableau. C'est une toile d'environ un mètre soixante sur un mètre vingt, peinte en blanc. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux. Mon ami Serge est un ami depuis longtemps. C'est un garçon qui a bien réussi, il est médecin dermatologue et il aime l'art...

Auteur : Fille d'un ingénieur russe d'origine iranienne et d'une violoniste hongroise, Yasmina Reza, née en 1959 à Paris, a étudié le théâtre et la sociologie à Nanterre. En 1994, elle acquiert une notoriété internationale avec sa pièce Art. Les suivantes ont également été adaptées en quelque trente-cinq langues et produites dans les salles les plus prestigieuses du monde entier. Son récit de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, L'Aube le soir ou la nuit, est devenu un best-seller, et son oeuvre littéraire compte aussi HammerklavierUne désolation, ou encore Dans la luge d'Arthur Schopenhauer

Mon avis : (lu en avril 2014)
Au dernier Café Lecture de la bibliothèque, je me suis laissée convaincre pour essayer de lire la pièce Art de Yasmina Reza. La pièce a été jouée pour la première fois le 28 octobre 1994, interprétée par Pierre Vaneck (Marc), Fabrice Luchini (Serge) et Pierre Arditi (Yvan), dans une mise en scène de Patrice Kerbrat à la Comédie des Champs-Élysées. Elle a obtenu deux Molière et a été traduite dans trente-cinq langues et mis en scène à LondresBerlinChicagoTokyoLisbonneSt-Pétersbourg, BombayJohannesburgBuenos AiresTunis ou Bratislava.
La lecture d'une pièce de théâtre est réducteur, il manque le ton, les silences des acteurs... Et j'ai apprécié mais sans plus la pièce... 
Il s'agit d'une réflexion autour de l’art moderne et de l'art contemporain et la perception de chacun, j'ai trouvé certaines longueurs et des redites... J'ai malgré tout aimé la conclusion. 
Ayant eu l'impression d'être passé à côté de cette pièce, j'ai trouvé sur internet la captation de « Art » et jouée par les acteurs, elle reprend tout son relief ! 

Extrait : (début de la pièce)

 

Le salon d'un appartement.
Un seul décor. Le plus dépouillé, le plus neutre possible.
Les scènes se déroulent successivement chez Serge, Yvan et Marc.
Rien ne change, sauf l'oeuvre de peinture exposée.

 


Marc,seul.
MARC. Mon ami Serge a acheté un tableau.
C'est une toile d'environ un mètre soixante sur un mètre vingt, peinte en blanc. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux.
Mon ami Serge est un ami depuis longtemps.
C'est un garçon qui a bien réussi, il est médecin dermatologue et il aime l'art.
Lundi je suis allé voir le tableau que Serge avait acquis samedi mais qu'il convoitait depuis plusieurs mois.
Un tableau blanc, avec des liserés blancs.

 

*

 

Chez Serge.
Posée à même le sol, une toile blanche, avec de fins liserés blancs transversaux.
Serge regarde, réjoui, son tableau.
Marc regarde le tableau.
Serge regarde Marc qui regarde le tableau.
Un long temps où tous les sentiments se traduisent sans mot.

 

MARC. Cher ?
SERGE. Deux cent mille.
MARC. Deux cent mille ?...
SERGE. Handtington me le reprend à vingt-deux.
MARC. Qui est-ce ?
SERGE. Handtington ? !
MARC. Connais pas.
SERGE. Handtington ! La galerie Handtington !
MARC. La galerie Handtington te le reprend à vingt-deux ?...
SERGE. Non, pas la galerie. Lui. Handtington lui-même. Pour lui
MARC. Et pourquoi ce n'est pas Handtington qui l'a acheté ?
SERGE. Parce que tous ces gens ont intérêt à vendre à des particuliers. Il faut que le marché circule.
MARC. Ouais...
SERGE. Alors ?
MARC. ...
SERGE. Tu n'es pas bien là. Regarde-le d'ici. Tu aperçois les lignes ?
MARC. Comment s'appelle le...
SERGE. Peintre. Antrios.
MARC. Connu ?
SERGE. Très. Très !
Un temps.
MARC. Serge, tu n'as pas acheté ce tableau deux cent mille francs ?
SERGE. Mais mon vieux, c'est le prix. C'est un ANTRIOS !
MARC. Tu n'a pas acheté ce tableau deux cent mille francs !
SERGE. J'étais sûr que tu passerais à côté.
MARC. Tu as acheté cette merde deux cent mille francs ? !

 

 

heureux_les_heureux Heureux les heureux 

 

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25 janvier 2014

La trahison d'Einstein - Eric-Emmanuel Schmitt

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

la trahison d'E Albin Michel - janvier 2014 - 153 pages

Quatrième de couverture : 
Sur les rives d’un lac du New Jersey, deux excentriques se rencontrent et sympathisent. L’un est Albert Einstein ; l’autre est un vagabond en rupture avec la société.
À ce confident de hasard, Einstein expose son dilemme. Pacifiste militant, il connaît les conséquences terrifiantes de ses travaux théoriques et craint qu’Hitler et les nazis ne fabriquent la première bombe atomique. Devrait-il renier ses convictions et prévenir Roosevelt, afin que l’Amérique gagne la course à l’arme fatale ? Quel parti prendre alors que le FBI commence à le soupçonner, lui, l’Allemand, le sympathisant de gauche… le traître peut-être ?
Dans cette comédie intelligente et grave, drôle parfois, Eric-Emmanuel Schmitt imagine le conflit moral d’un homme de génie, inventeur malgré lui de la machine à détruire le monde.

Auteur : Dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste, cinéaste, traduit en 50 langues et joué dans autant de pays, Eric-Emmanuel Schmitt est un des auteurs les plus lus et les plus représentés dans le monde. Il a été récompensé par l'Académie Française en juillet 2001 avec le Grand Prix du théâtre, pour l'ensemble de son oeuvre. En 2009, Ulysse from Bagdad lui a valu le Prix des grands espaces littéraires. En 2010, il a obtenu le prix Goncourt de la nouvelle pour son recueil Concerto à la mémoire d'un ange.
Son roman La Femme au miroir lui a valu en 2011 le prix du roman historique, Prix Agrippa d'Aubigné.
Eric-Emmanuel Schmitt a été reçu cette année à L'Académie Royale de langue et de littérature françaises de Belgique au fauteuil 33 qu'occupait Hubert Nyssen, et qu'ont occupé Colette et Cocteau.
Co-directeur du Théâtre Rive Gauche à Paris, Eric-Emmanuel Schmitt y a vu jouée son adaptation théâtrale du Journal d'Anne FrankMonsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, et actuellement la pièce The Guitrys.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
L'action de cette pièce de théâtre se déroule sur les bords d'un lac du New Jersey où Einstein, résidant à Princeton, a l'habitude de venir se détendre en faisant de la voile.
L'auteur met en scène trois personnages, Einstein, un vagabond devenu marginal à la suite de la mort de son fils à la guerre en 1918 et un agent du FBI.
Tout commence en 1934, au bord du lac, le vagabond s'amuse des exploits d'Einstein sur son voilier... Dès son retour sur terre, ils engagent la conversation. Le vagabond ne reconnaît pas tout de suite le savant, puis il proteste contre son pacifisme.
En 150 pages, Eric-Emmanuel Schmitt nous rappelle quelques moments importants d'Histoire et de la vie d'Einstein. 
Einstein a toujours été un fervent défenseur de la paix, pourtant il est également conscient que ses découvertes dans les mains des Allemands risquent d'entraîner des milliers de morts.
En 1939, il écrit à Roosevelt pour l'informer que les Nazis sont sur le point d'obtenir l'arme nucléaire, en partie grâce à ses recherches... Mais les idées pacifiques d'Einstein le rendent louche auprès des Américains. A cette époque, ces derniers ont plus peur du communisme que du nazisme !
En 1945, la bombe A est lancée sur Hiroshima par les Américains. Einstein se sent responsable.

Ces conversations d'égal à égal entre le savant et le vagabond sont passionnantes, émouvantes, amusantes...
Sous couvert de dialogues enlevés et teintés d'humour, l'auteur pose des questions profondes sur la science, sur l'homme et sur son avenir.

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Cette pièce de théâtre sera créée au Théâtre Rive-Gauche le 30 janvier 2014. Mise en scène de Steve Suissa avec Francis Huster, Jean-Claude Dreyfus et Dan Herzberg.

Merci à Claire et aux éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir cette pièce de théâtre.

Autres avis : Canel et Mr

Extrait : (début de la pièce)
Une fin d'après-midi, dans le New-Jersey, au bord d'un lac.
Tandis que le soleil dore l'horizon de teintes cuivrées, un homme, assis sur le sol, se prépare un repas frugal avec du pain, du jambon, des cornichons.
C'est un vagabond. En sandales, couvert d'habits froissés, douteux, son sac à dos posé dans l'herbe, il regarde ce qui se passe au loin.
Ce qu'il voit - et qui l'amuse - nous échappe.
Lorsque l'action qu'il fixe amène ses yeux à se tourner vers la droite, Einstein entre. 
En ce jour de 1934, Albert Einstein a cinquante-cinq ans.
Cheveux hirsutes, ample chemise, pantalon en lin, sans chaussettes dans ses chaussures, il rivalise de négligence vestimentaire avec le vagabond. Descendant, trempé, de son voilier, il s'ébroue sur la berge. Après un sourire au vagabond, il extrait une serviette de sa besace de sportif.

EINSTEIN
Alors ? Le spectacle vous a régalé ?

LE VAGABOND
Excellent. Joli voilier, éblouissante lumière sur le lac, quelques solides pointes de vitesse... et j'ai cru au moins cinq fois que vous alliez chavirer.

EINSTEIN
Ah, merci... Je ne me serai pas donné du mal pour rien.

LE VAGABOND
Comment réussissez-vous ça ?

EINSTEIN
Quoi ? Coucher ma voile sur les flots ou rétablir ma coque ?

LE VAGABOND
Vous intéresser à un sport dans lequel vous êtes aussi doué qu'un éléphant pour la danse ? Moi, à ce niveau de maladresse, j'abandonnerais.

EINSTEIN
Je pratique la navigation depuis des années

LE VAGABOND
Ah...

EINSTEIN
J'aime quand les choses me résistent.

LE VAGABOND
Dans ce cas, vous avez fait le juste choix : avec la voile, vous ne vous lasserez pas.

EINSTEIN
Fendre les flots me détend. Autant que jouer du violon.

LE VAGABOND
Aïe... Vous torturez également le violon ?

EINSTEIN 
Mieux que je ne navigue.

LE VAGABOND
Ouf...

EINSTEIN 
Aucun des compositeurs que j'ai interprétés ne s'en est plaint.

LE VAGABOND 
Ils étaient déjà morts, peut-être ? Remarquez, les poissons non plus, ils ne protestent pas ! Pourtant, lorsqu'ils vous voient piquer sur eux à toute berzingue en agitant votre coquille, ça doit paniquer dans les bas-fonds...

Einstein éclate de rire, nullement vexé, puis achève de se sécher.

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Challenge Rentrée Hiver 2014

 

 

Déjà lu du même auteur :

oscar_et_la_dame_rose Oscar et la dame rose odette_toulemonde Odette Toulemonde et autres histoires

la_reveuse_d_ostende La rêveuse d'Ostende ulysse_from_Bagdad Ulysse from Bagdad

le_sumo_qui_ne_voulait_pas_grossir Le sumo qui ne pouvait pas grossir l_enfant_de_no__p L'enfant de Noé

quand_je_pense_que_Beethoven Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent...  

mr_ibrahim_ldp_2012 Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran 

les_10_enfants Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus 

la_tectonique_des_sentiments_GC  La tectonique des sentiments la_part_de_l_autre_2003 La Part de l'autre

 les_perroquets_de Les perroquets de la place d'Arezzo  9782226251992g
 The Guitrys

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01 novembre 2013

Antigone - Jean Anouilh

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La Table Ronde - 1946 - 127 pages

Bordas - 1979 - 125 pages

La Table Ronde - juillet 1993 - 122 pages

La Table Ronde - mars 2008 - 128 pages

Quatrième de couverture :
L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre.
Jean Anouilh.

Auteur : Jean Anouilh est né à Bordeaux le 23 juin 1910. Très jeune il se passionne pour le théâtre ; en 1930 il quitte son emploi dans la publicité pour devenir secrétaire de Louis Jouvet. Il écrit des pièces et obtient son premier succès en 1937 avec « Le voyageur sans bagage ». Auteur prolifique, il ne cesse d'écrire, en 1944 il crée « Antigone » qui reste encore aujourd'hui une des pièces les plus jouées. Jean Anouilh décède le 3 octobre 1987 en laissant une œuvre considérable.

Mon avis : (lu en octobre 2013)
Je n'aurai sans doute jamais lu cette pièce de théâtre si je n'avais pas lu le dernier livre de Sorj Chalandon, "Le quatrième mur". 
Jean Anouilh s'est inspiré du mythe antique d'Antigone, il a voulu que le personnage d’Antigone soit l'allégorie de la Résistance qui s'oppose aux lois dictées par Créon (Pétain), et qu'elle juge iniques. Antigone refuse la facilité et préfère se rebeller, ne voulant pas céder à la fatalité... Créon, lui, revendique de faire un « sale boulot » parce que c'est son rôle et qu'il faut bien que quelqu'un le fasse. Jean Anouilh, en écrivant cette pièce de théâtre, dénonce la passivité de certains face aux lois dictées par les nazis. Antigone symbolise la résistance qui s'obstine malgré les dangers encourus. 
Cette pièce a été représentée pour la première fois au théâtre de l'Atelier à Paris le 4 février 1944, durant l'Occupation allemande.

Ce texte est fort, l'écriture est simple, même si le sujet évoque des époques lointaines, le lecteur comprend très bien l'actualité du texte en 1944. Et après cette lecture, je comprends encore mieux le symbole qu'était dans "Le quatrième mur" : « monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. »

Comme j'avais terminé de lire ce texte, mon plus jeune fils, élève de Seconde, m'a dit : « Au fait, le prof de français nous a demandé de lire cette pièce de théâtre. » Nous aurons donc prochainement l'occasion d'en discuter...

Extrait : (début du livre) 
Le Prologue
Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout... Et, depuis que ce rideau s'est levé, elle sent qu'elle s'éloigne à une vitesse vertigineuse de sa sœur Ismène, qui bavarde et rit avec un jeune homme, de nous tous, qui sommes là bien tranquilles à la regarder, de nous qui n'avons pas à mourir ce soir.

Le jeune homme avec qui parle la blonde, la belle, l'heureuse Ismène, c'est Hémon, le fils de Créon. Il est le fiancé d'Antigone. Tout le portait vers Ismène : son goût de la danse et des jeux, son goût du bonheur et de la réussite, sa sensualité aussi, car Ismène est bien plus belle qu'Antigone, et puis un soir, un soir de bal où il n'avait dansé qu'avec Ismène, un soir où Ismène avait été éblouissante dans sa nouvelle robe, il a été trouver Antigone qui rêvait dans un coin, comme en ce moment, ses bras entourant ses genoux, et il lui a demandé d'être sa femme. Personne n'a jamais compris pourquoi. Antigone a levé sans étonnement ses yeux graves sur lui et elle lui a dit «oui» avec un petit sourire triste... L'orchestre attaquait une nouvelle danse, Ismène riait aux éclats, là-bas, au milieu des autres garçons, et voilà, maintenant, lui, il allait être le mari d'Antigone. Il ne savait pas qu'il ne devait jamais exister de mari d'Antigone sur cette terre et que ce titre princier lui donnait seulement le droit de mourir.
Cet homme robuste, aux cheveux blancs, qui médite là, près de son page, c'est Créon. C'est le roi. Il a des rides, il est fatigué. Il joue au jeu difficile de conduire les hommes. Avant, du temps d'Œdipe, quand il n'était que le premier personnage de la cour, il aimait la musique, les belles reliures, les longues flâneries chez les petits antiquaires de Thèbes. Mais Œdipe et ses fils sont morts. Il a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses manches et il a pris leur place.


ANTIGONE lu par Jean Anouilh

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31 octobre 2013

The Guitrys - Eric-Emmanuel Schmitt

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

9782226251992g Albin Michel - octobre 2013 - 141 pages

Quatrième de couverture :
Durant les années folles, pendant quatorze ans, Yvonne Printemps et Sacha Guitry règnent sans partage sur la scène artistique et mondaine internationale. Amants magnifiques et impossibles, ils vont vivre une vraie passion, traversée de querelles, de tromperies, et de jalousie.
Et si l’histoire de ce couple légendaire nous était contée par Sacha lui-même ? Si l’auteur de Chagrin d’amour et de La jalousie en avait confié la dramaturgie et les dialogues à Eric-Emmanuel Schmitt, complice de cette comédie étincelante de verve et d’esprit ?

Auteur : Dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste, cinéaste, Eric-Emmanuel Schmitt est un des auteurs français les plus connus dans le monde (traduit en 50 langues). De M. Ibrahim et les fleurs du Coran aux Deux Messieurs de Bruxelles en passant par Oscar et la dame rose ou La part de l'autre, il enchaine les succès. Il a reçu notamment le Grand prix du théâtre de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre, le Goncourt de la nouvelle pour Concerto à la mémoire d'un ange, le prix du roman historique, Agrippa d'Aubigné pour La Femme au miroir.
Il siège à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique au fauteuil occupé précédemment par Colette et Cocteau.

Mon avis : (lu en octobre 2013)
Je n'ai pas trop l'habitude de lire des pièces de théâtre mais lorsque ce livre m'a été proposé, je n'ai pas hésité connaissant le talent d'Eric-Emmanuel Schmitt pour le théâtre. 
Ce texte a été écrit à partir des bons mots de Guitry pour rendre hommage au couple mythique que formaient Guitry et Yvonne Printemps. Je connaissais ces deux noms mais cette pièce de théâtre m'a permis de découvrir une époque et qui étaient ce couple. En 140 pages, Eric-Emmanuel Schmitt nous fait revivre leur fulgurante histoire d'amour où il est question de passion, de bonheur, de tendresse, puis peu à peu de querelles, de jalousie, et enfin de rupture. Le lecteur voyage entre présent et passé, le texte est dynamique, avec des dialogues à la manière de Guitry.

La pièce, mise en scène par Steve Suissa est interprétée par Claire Keim et Martin Lamotte a été créé au Théâtre Rive Gauche, le 26 septembre 2013. La bande annonce, ci-dessous, donne vraiment envie de voir la pièce.

Merci Claire et les éditions Albin Michel pour cette découverte.

Extrait : 

 

Déjà lu du même auteur :

oscar_et_la_dame_rose Oscar et la dame rose odette_toulemonde Odette Toulemonde et autres histoires

la_reveuse_d_ostende La rêveuse d'Ostende ulysse_from_Bagdad Ulysse from Bagdad

le_sumo_qui_ne_voulait_pas_grossir Le sumo qui ne pouvait pas grossir l_enfant_de_no__p L'enfant de Noé

quand_je_pense_que_Beethoven Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent...  

mr_ibrahim_ldp_2012 Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran 

les_10_enfants Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus 

la_part_de_l_autre_2003 La Part de l'autre les_perroquets_de Les perroquets de la place d'Arezzo 

 Challenge 3% Rentrée Littéraire 2013
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15/18

 

 

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11 juin 2013

La tectonique des sentiments - Eric-Emmanuel Schmitt

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Albin Michel - janvier 2008 - 171 pages

France Loisirs - 2008 -

A Vue d'Oeil - septembre 2008 - 221 pages

Quatrième de couverture : 
Peut-on passer en une seconde de l'amour à la haine ? En s'abandonnant à Richard, qui l'a conquise avec acharnement, Diane se sent à la fois heureuse et fragile. Lorsqu'elle soupçonne qu'il l'aime moins, l'orgueil l'entraîne à commettre l'irréparable... sans mesurer qu'elle sera la dernière victime de sa machination.
Une comédie élégante et cruelle, voilée de tendresse, entre humour et émotion. Un suspense psychologique qui analyse les séismes de la passion amoureuse, et renoue avec les plus belles réussites théâtrales d'Eric-Emmanuel Schmitt, tels ses Petits crimes conjugaux.

Auteur : Né en 1960, normalien, agrégé de philosophie, docteur, Éric-Emmanuel Schmitt s’est d’abord fait connaître au théâtre avec Le Visiteur, cette rencontre hypothétique entre Freud et peut-être Dieu, devenue un classique du répertoire international. Rapidement, d’autres succès ont suivi : Variations énigmatiques, Le Libertin, Hôtel des deux mondes, Petits crimes conjugaux, Mes Evangiles, La Tectonique des sentiments… Plébiscitées tant par le public que par la critique, ses pièces ont été récompensées par plusieurs Molière et le Grand Prix du théâtre de l’Académie française. Son œuvre est désormais jouée dans plus de quarante pays.
Il écrit le Cycle de l’Invisible, quatre récits sur l’enfance et la spiritualité, qui rencontrent un immense succès aussi bien sur scène qu’en librairie : Milarepa, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, Oscar et la dame rose et L'enfant de Noé. Une carrière de romancier, initiée par La Secte des égoïstes, absorbe une grande partie de son énergie depuis L’Evangile selon Pilate, livre lumineux dont La Part de l’autre se veut le côté sombre. Depuis, on lui doit Lorsque j’étais une œuvre d’art, une variation fantaisiste et contemporaine sur le mythe de Faust et une autofiction, Ma Vie avec Mozart, une correspondance intime et originale avec le compositeur de Vienne. S'en suivent deux recueils de nouvelles : Odette Toulemonde et autres histoires, 8 destins de femmes à la recherche du bonheur,  inspiré par son premier film, et la rêveuse d'Ostende, un bel hommage au pouvoir de l'imagination. Dans Ulysse from Bagdad, son dernier roman, il livre une épopée picaresque de notre temps et interroge la condition humaine. Encouragé par le succès international remporté par son premier film Odette Toulemonde, il adapte et réalise Oscar et la dame rose. 

Mon avis : (lu en juin 2013)
J'ai pris ce livre à la bibliothèque en version gros caractères et je l'ai lu très rapidement. C'est une pièce de théâtre. Eric-Emmanuel Schmitt nous dit en exergue s'être inspiré de Diderot « En hommage à Diderot, une fois de plus, dont un passage de « Jacques le Fataliste » inspira cette histoire »... C'est une histoire sur l'amour et ses contradictions, ses passions, sa violence.

Diane Pommeray est heureuse et  épanouïe, elle n'espère qu'une seule chose, que son fiancé Richard Darcy la demande en mariage. En lui avouant ses doutes sur ses sentiments, en lui reprochant de ne plus être aussi attentionné, elle espère une réaction... Richard réagira en lui proposant une rupture tout en restant amis... Diane n'en croit pas ses yeux et se sentant trahie et humiliée, elle va imaginer une vengeance à la hauteur de la colère qui l'envahit... Je n'en raconterai pas plus pour ne pas en dévoiler trop !
La tectonique des sentiments est une histoire surprenante qui décrit la complexité et la cruauté des sentiments amoureux. Un texte au ton vif et percutant comme sait si bien écrire Eric-Emmanuel Schmitt.

 

Déjà lu du même auteur :

oscar_et_la_dame_rose Oscar et la dame rose odette_toulemonde Odette Toulemonde et autres histoires

la_reveuse_d_ostende La rêveuse d'Ostende ulysse_from_Bagdad Ulysse from Bagdad

le_sumo_qui_ne_voulait_pas_grossir Le sumo qui ne pouvait pas grossir l_enfant_de_no__p L'enfant de Noé

quand_je_pense_que_Beethoven Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent...  

mr_ibrahim_ldp_2012 Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran 

les_10_enfants Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus 

la_part_de_l_autre_2003 La Part de l'autre

 

 Challenge Petit BAC 2013

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"Sentiment"

 

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