27 mars 2011

L'homme inquiet – Henning Mankell

l_homme_inquiet Seuil – octobre 2010 – 551 pages

Quatrième de couverture :
Wallander a réalisé ses rêves : vivre à la campagne avec son chien. Et il est devenu grand-père d’une petite Klara. Sa fille Linda vit avec le père de l’enfant, incroyable mais vrai, un financier aristocrate. Le beau-père de Linda, ancien officier de marine haut gradé, disparaît après avoir évoqué avec Wallander la guerre froide et les sous-marins russes dans les eaux territoriales suédoises. Puis la belle-mère est retrouvée morte. Soupçons d’espionnage. Au profit de la Russie ? Des États-Unis ? Wallander mène une enquête parallèle à celle de la police de Stockholm et des services secrets.

Auteur : Henning Mankell, né en Suède en 1948, est devenu mondialement célèbre grâce à ses fameuses enquêtes de l'inspecteur Kurt Wallander : une série de polars qui a commencé en 1991 avec Meurtriers sans visage et s'est vendue à des millions d'exemplaires dans le monde. Gendre d'Ingmar Bergman, dont il a épousé la fille Eva en secondes noces, Mankell a également écrit des livres pour la jeunesse, des romans dont le magnifique Les chaussures italiennes, paru en 2009, des pièces de théâtre. Depuis 1996, l'écrivain partage sa vie entre son pays natal et le Mozambique, où il dirige le Teatro Avenida.

 

Mon avis : (lu en mars 2011)
Même si je n'ai lu que les deux premières enquêtes de Wallander, je n'ai pas résisté à la tentation de d'emprunter à la bibliothèque et de lire cette nouvelle enquête que la couverture annonce comme la dernière du fameux inspecteur. Et j'ai savouré avec beaucoup de plaisir cette enquête.

Tout commence avec la disparition du beau-père et de la belle-mère de sa fille Linda. Håkan von Enke est un ancien officier de marine à la retraite. Un beau jour, il disparaît sans laisser aucune trace. Son fils Hans et Linda demandent à Wallander de participer à l'enquête, il va se rendre à Stockholm rencontrer Louise la femme de Håkan pour essayer de comprendre la raison de cette disparition. Quelques jours plus tard, Louise disparaît à son tour...
Cette enquête qui va entraîner entraîner Wallander dans une histoire d'espionnage militaire, dans les profondeurs sous-marines et l'histoire politique de la Suède durant les années de la Guerre froide.

Dans ce livre, Wallander, devenu grand-père d'une petite Klara, prend conscience de son âge et se met à redouter la vieillesse avec ses maux et ses angoisses. Elle se manifeste chez lui par des troubles de la mémoire qui le terrifie. Au cours de son enquête, Kurt Wallander revient également sur son passé en faisant comme un bilan de ses années d'enquêtes dont il évoque quelques souvenirs. Il passe également le témoin à sa fille Linda qui travaille elle-aussi dans la police à Ystad. Wallander est un personnage si attachant, tellement humain, le lecteur se sent proche de lui.

Il est donc bien sûr triste de quitter Kurt Wallander avec cette neuvième enquête, mais pour moi, je ne le quitte pas tout à fait, puisque j'ai encore ses enquêtes n°3 à n°8 à découvrir et à savourer !

Extrait : (page 17)
L'année de ses cinquante-cinq ans, Kurt Wallander réalisa à sa propre surprise un rêve qu'il portait en lui depuis une éternité. Plus exactement depuis son divorce d'avec Mona, qui remontait à près de quinze ans maintenant. Ce rêve était de quitter l'appartement de Mariagatan, où les souvenirs douloureux étaient incrustés dans les murs, et de partir s'installer à la campagne. Chaque fois qu'il rentrait chez lui après une journée de travail plus ou moins désespérante, il se rappelait qu'il avait autrefois vécu là en famille. Il lui semblait que les meubles eux-mêmes le regardaient avec un air désolé et accusateur. 

Il ne se faisait pas à l'idée qu'il continuerait à vivre là jusqu'au jour où il serait tellement vieux qu'il ne pourrait plus se débrouiller seul. Il n'avait même pas atteint la soixantaine, mais le souvenir de la vieillesse solitaire de son père le hantait. S'il avait une certitude, c'était qu'il ne voulait pas reproduire le modèle. Il lui suffisait d'apercevoir son reflet dans la glace en se rasant le matin pour constater qu'il ressemblait de plus en plus au vieux alors que, dans sa jeunesse, il avait eu plutôt les traits de sa mère. L'âge venant, son père paraissait peu à peu prendre possession de lui, tel un coureur qui serait resté longtemps embusqué dans le peloton de queue et qui, à l'approche de la ligne d'arrivée, passait à l'attaque. 
L'image du monde qu'avait Wallander était assez simple. Il ne voulait pas être un solitaire aigri, ne voulait ni vieillir seul en recevant la visite de sa fille et de temps à autre, peut-être, celle d'un ancien collègue qui se serait soudain souvenu qu'il était encore en vie. Il n'entretenait aucun espoir édifiant comme quoi Autre Chose l'attendait après la traversée du fleuve noir. Il n'y avait rien là-bas que la nuit d'où il avait émergé à sa naissance. Jusqu'à ses cinquante ans, il avait entretenu une peur confuse de la mort, et du fait de devoir rester mort si longtemps, pour reprendre la formule qui résumait le mieux, pour lui, son sentiment. Il avait vu trop de cadavres au cours de sa vie et rien sur leurs visages muets ne suggérait qu'un Ciel eût recueilli leur âme. Comme tant d'autres policiers, il avait assisté à toutes les variantes imaginables de la mort. Juste après son cinquantième anniversaire - célébré au commissariat par l'achat d'un gâteau et par un fade discours de la chef de police de l'époque, Lisa Holgersson, qui s'était contentée d'aligner un chapelet de platitudes - il avait commencé à évoquer dans un carnet, acquis pour l'occasion, tous les morts qui avaient un jour ou l'autre croisé son chemin. Une activité macabre, dont lui-même ne comprenait pas du tout pourquoi elle l'attirait tant. Parvenu à son dixième suicidé - un toxicomane d'une quarantaine d'années affligé de tous les problèmes qui puissent exister -, il laissa tomber. Le type, qui s'appelait Welin, s'était pendu dans le grenier de son squat. Il s'était arrangé pour se rompre les vertèbres cervicales et éviter ainsi d'être étranglé à petit feu. Le légiste avait par la suite confié à Wallander que le stratagème avait réussi, et qu'il était mort sur le coup ; ainsi cet homme avait réussi à être pour lui-même un bourreau compétent. Après cela, Wallander avait abandonné les suicidés et consacré stupidement quelques heures à essayer de se rappeler plutôt les jeunes morts, y compris les enfants, qu'il avait vus au long de sa carrière. Mais il y renonça vite, c'était trop désagréable. Dans la foulée, il eut honte et brûla son carnet, comme s'il s'était laissé aller à un penchant pervers, un penchant défendu. Au fond, se dit-il, il était quelqu'un de foncièrement jovial. Il devait juste s'autoriser à cultiver un peu plus cet aspect de lui-même. 
Mais la mort l'avait toujours accompagné. Il lui était aussi arrivé de tuer. Par deux fois. Dans les deux cas, l'enquête interne avait conclu à la légitime défense. 
Ces deux êtres humains dont il avait causé la mort, c'était sa croix, tout à fait personnelle, qu'il portait en lui. S'il ne riait pas souvent, il le devait à ces expériences subies malgré lui. 

Un beau jour, cependant, il prit une décision cruciale. Il s'était rendu à Löderup pour discuter avec un agriculteur victime d'une agression, non loin de la maison où vivait autrefois son père. En revenant vers Ystad, il aperçut le panneau d'une agence immobilière signalant une maison à vendre au bout d'un chemin gravillonné. La décision surgit de nulle part. Il freina, fit demi-tour et emprunta le chemin. Le corps de ferme à colombages devait à l'origine former un quadrilatère tronqué, mais l'une des ailes avait disparu, peut-être suite à un incendie. Il en fit le tour. C'était une belle journée au début de l'automne. Il se rappellerait le vol d'oiseaux migrateurs qui était passé en ligne droite, plein sud, juste au-dessus de sa tête. A priori seul le toit avait besoin d'être refait. La vue qu'on avait depuis la maison était éblouissante. On devinait la mer au loin, peut-être même distinguait-il la forme d'un ferry arrivant de Pologne, en route vers Ystad. Cet après midi-là, au mois de septembre 2003, il entama en quelques instants une histoire d'amour avec la maison solitaire. 
Il remonta dans sa voiture et se rendit tout droit chez l'agent immobilier à Ystad. Le prix n'était pas si élevé qu'il ne puisse prendre un crédit dont il aurait les moyens de rembourser les traites. Dès le lendemain, il était de retour sur les lieux en compagnie de l'agent, un jeune homme qui s'exprimait d'une voix forcée et donnait l'impression d'être complètement ailleurs. La maison, expliqua-t-il à Wallander, appartenait à un jeune couple originaire de Stockholm qui avait choisi de s'installer en Scanie ; mais ils ne l'avaient même pas encore meublée qu'ils décidaient de se séparer. En parcourant les pièces vides, Wallander sentit qu'il n'y avait rien de caché dans ces murs-là qui fût de nature à l'effrayer. Et le plus important de tout, qui ressortait très clairement des explications de l'agent : il allait pouvoir emménager tout de suite. Le toit tiendrait le coup quelques années encore, avec un peu de chance. La seule urgence était de repeindre certaines pièces et de remplacer la baignoire ; voire d'acheter une gazinière neuve. Mais la chaudière avait quinze ans d'âge, la plomberie et l'électricité à peine davantage. Ça irait. 

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Suède

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
Viking_Lit

Livre 38/42 pour le Challenge du 6% littéraire
1pourcent2010

Déjà lu du même auteur :
tea_bag  Tea-Bag  les_chaussures_italiennes  Les chaussures italiennes

meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

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12 mars 2011

Dix petits nègres – Agatha Christie

10_petits_n_gres_1982 10_petits_n_gres_ 10_petits_n_gres_masque_2008 
10_petits_n_gres_x  10_petits_n_gres_1993_ldp 10_petits_n_gres_1993

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Livre de Poche – 1976 – 317 pages

Le club des masques – 1993 – 222 pages

Livre de Poche – 1993 - 222 pages

Éditions du Masque – 1994 – 222 pages

Livre de Poche – 2002 - 256 pages

Livre de Poche – 2007 - 222 pages

Livre de Poche Jeunesse – août 2007 – 349 pages

Éditions du Masque – mars 2008 – 221 pages

Présentation : 
Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l'île du Nègre, invités par un mystérieux M. Owen, malheureusement absent. Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités. Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l'élimination minutieuse de dix petits nègres. Après le premier repas, une voix mystérieuse s'élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes. Un des convives s'étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît. Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte. Le coupable se cache-t-il dans l'île, parmi les convives ?

Une poignée de personnages admirablement campés, une ambiance tendue, un suspense à couper le souffle et une fin complètement inattendue... La reine de crime nous livre ici un classique de la littérature policière !

Auteur :Née à Torquay le 15 septembre 1890, créatrice du fameux détective belge Hercule Poirot, de la surannée Miss Marple et du duo infernal Tuppence et Berresford, Agatha Christie est encore considérée comme la reine du crime. Élevée dans un milieu bourgeois, la jeune Agatha se trouve vite orpheline de père, développant son aptitude à l'écriture sous le regard bienveillant d'une mère. Infirmière lors de la Deuxième Guerre mondiale, elle apprend l'usage des drogues, ce qui lui sert plus tard lorsqu'à la suite d'un pari avec sa sœur, elle publie son premier roman en 1920 'La Mystérieuse affaire de Styles', où apparaît Hercule Poirot. Miss Jane Marple fait, quant à elle, son apparition dans 'L' Affaire Prothéro' en 1930, dénouant les énigmes le temps d'un tricot, bien calée dans son fauteuil, très Old England, tasse de thé à la main. Suivant son deuxième mari archéologue lors de ses missions, Agatha Christieypuisel'inspiration pour ses romans policiers, trouvant dans le mal du pays sur les dunes d'Égypte où dans sa chambre du Winter Hotel, pour écrire des intrigues passionnantes se déroulant au pays de la Perfide Albion. Nombre de ses romans seront adaptés au cinéma et à la télévision : 'Mort sur le nil', 'Le Crime de l'Orient-Express' où Pete Ustinovtientlerôle d'Hercule Poirot... Elle pose les bases du roman policier, obéissant à un système toujours identique mais constamment renouvelé par la variété des histoires et surtout sa manière de capter le lecteur, l'obligeant à essayer de découvrir le coupable avant qu'il ne soit dévoilé. Ainsi, la folie, la soif de vengeance, la cupidité sont les causes récurrentes du meurtre, dénoncées habilement par Agatha Christie. Désormais honorable Lady pleine d'humour, elle s'éteint en 1976. Ses ventes phénoménales n'ont pour seuls rivaux que Shakespeare ou la Bible. Agatha Christie est décédée à Wallingford le 12 janvier 1976.

Mon avis : (relecture en mars 2011)
dixpetitneg_gallimardCe livre a été publié en 1939 et il fait parti des livres les plus vendus au monde. Et pour moi, c'est le premier vrai roman policier que j'ai lu, à l'époque j'avais 13 ans. Il m'a fait aimer ce genre et adolescente, j'ai lu toute la collection des Agatha Christie de la Bibliothèque du quartier !

Dix petits nègres est l'histoire de dix personnages, invités sur une île, par un certain U.N. Owen. Chacun d'entre eux est coupable d'avoir dans leur vie provoqué la mort de quelqu'un.
Ils sont mystérieusement assassinés l'un après l'autre et chaque meurtre est directement inspiré par une comptine. L'ordre de disparitions est inversement proportionnel à leur culpabilité... les plus coupables subiront donc une vraie torture psychologique. Les dernières pages du livre nous livrerons le coupable qui comme dans la plupart des livres d'Agatha Christie est inattendu.

Il va sans dire que j'aime beaucoup le style et le suspens chez Agatha Christie, sans oublier l'ambiance anglaise et des personnages aux caractères très bien imaginés. Ce challenge va être pour moi une bonne occasion de lire ou relire Agatha Christie.

Dix petits nègres a été à nombreuses reprises adapté au théâtre, au cinéma et à la télévision.

Les adaptations (non exhaustives...) :

les_dix_petits_ngres_pice_en_trois_actes_et_cinq_tableaux_adaptation_franaise_de_pierre_brive_23343782 th_atre_DEVINEZ_20QUI

Au théâtre :
1943 :
Ten Little Nigers, pièce d'Agatha Christie (avec une fin "heureuse")
1943 :Les Dix Petits Nègres, adaptation française de Pierre Brive et Meg Villars 
2003 : Devinez qui ? , adaptation de Sébastien Azzopardi

film_10_petits_n_gres_1945 film_1945 ten_little_indians_65 les_dix_petits_indiens_1965 film_10_petits_n_gres_1974 
film_10_petits_n_gres_1974_x film_Dix_petits_negres_aznavous_aff film_Desyatnegrityat film_tenindians_birkinshaw_aff film_identity_2003

Au cinéma :
1945 : Dix Petits Indiens (And Then There Were None), film américain, réalisé par René Clair, d'après la pièce de 1943 d'Agatha Christie.
1965 : Les Dix Petits Indiens (Ten Little Indians), film britannique de George Pollock, avec HughO'Brian, Shirley Eaton, StanleyHolloway.
1974 :Dix petits nègres coproduction hispano-italo-germano-française, réalisé par Peter Collinson, Avec Charles Aznavour, Maria Rohm, Stephane Audran.
1987 :Desyat negrityat, film soviétique réalisé par Stanislav Govorukhin. Apparemment jamais sorti en France. Exploité dans les pays anglophones sous les titres Ten Little Niggers ou Ten Little Indians.
1989 : Ten Little Indians, réalisé par Alan Birkinshaw, d'après la pièce d'Agatha Christie. Présenté au Festival de Cannes le 17 mai 1989 sous le titre Ten Little Indians, le film n'est apparemment jamais sorti en version française.
1989 : La Réception, réalisé par le québécois Robert Morin. Il s'agit d'une adaptation très libre du roman.
2003 : Identity réalisé par James Mangold. Un film très largement inspiré du roman.

 

Extrait : (page 43)
Dix petits nègres s'en allèrent dîner.
L'un d'eux étouffa et il n'en resta plus que Neuf.

Neuf petits nègres veillèrent très tard.
L'un d'eux oublia de se réveiller et il n'en resta plus que Huit.

Huit petits nègres voyagèrent dans le Devon.
L'un d'eux voulut y demeurer et il n'en resta plus que Sept.

Sept petits nègres coupèrent du bois avec une hachette.
L'un d'eux se coupa en deux et il n'en resta plus que Six.

Six petits nègres jouèrent avec une ruche.
Une abeille l'un d'eux a piqué et il n'en resta plus que Cinq.

Cinq petits nègres étudièrent le droit.
L'un d'eux devint avocat et il n'en resta plus que Quatre.

Quatre petits nègres s'en allèrent en mer.
Un hareng saur avala l'un d'eux et il n'en resta plus que Trois.

Trois petits nègres se promenèrent au zoo.
Un gros ours en étouffa un et il n'en resta plus que Deux.

Deux petits nègres s'assirent au soleil.
L'un d'eux fut grillé et il n'en resta donc plus que Un.

Un petit nègre se trouva tout seul.
Il alla se pendre et il n'en resta plus Aucun.

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Lu pour le Baby Challenge - Polar organisé par Livraddict
Livre 12/20 Médaille de bronze

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

Lu dans le cadre du Challenge Agatha Christie
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08 mars 2011

Le jardin du diable – Ace Atkins

Lu en partenariat avec Blog-O-Book et les Éditions du Masque

atkins_le_jardin_du_diable_2 Éditions du Masque – janvier 2011 – 360 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Christophe Mercier

Quatrième de couverture :
1921, San Francisco. Samuel (plus tard Dashiell, quand il commencera à écrire) Hammett, enquêteur pour Pinkerton, est chargé d’interroger les témoins de ce qui va être le grand procès du monde du cinéma : Roscoe Arbuckle, dit Fatty, célèbre star du comique muet, est accusé d’avoir, lors d’une orgie dans son hôtel, « écrasé » une jeune actrice, Virginia Rappe, provoquant sa mort. L’affaire est un coup monté, dont le livre nous développe les étapes en alternance avec le cheminement de Hammett, marié à une infirmière, tuberculeux, adorant son métier, fumant et buvant beaucoup, et posant toujours les bonnes questions. Il rencontre en route une séduisante blonde, agent du FBI, qui cherche à découvrir qui a approvisionné en alcool la fameuse orgie qui a mal tourné. Outre les deux personnages principaux, les rôles secondaires sont des « people » aussi célèbres que Marion Davies et Howard Hugues, grand instigateur du complot. Le Jardin du diable est aussi une réflexion sur les mœurs dépravées de l’époque, l’obsession de la célébrité et de l’argent, la corruption des magistrats et l’impunité de Hearst : le côté Amérique pourrie qui a poussé Hammett à écrire par la suite Moisson rouge et La Clé de verre.

Auteur :Natif de l’Alabama, Ace Atkins, 40 ans, vit dans le comté d’Oxford, Mississipi, au pays de Faulkner. Ace a pratiqué le football en championnat, été un temps libraire, puis journaliste. Ses enquêtes criminelles dans le Tampa Tribune lui ont valu d’être nommé pour le Livingston Award et pour le prix Pulitzer en 2001. Il est l’auteur de Blues Bar, Dirty South Rap et Tampa Confidential.

Mon avis : (lu en mars 2011)
Ce roman a été écrit à partir de faits réels : En 1921, à San Francisco, Roscoe Arbuckle, dit « Fatty », est l’une des plus grandes stars du cinéma muet. Lors d'une fête particulièrement arrosée, qu'il a organisé et où beaucoup de personnes se sont invités, une jeune starlette, Virginia Rappe est retrouvée mortellement blessée, une amie qui l'accompagne accuse Fatty d'avoir « écrasé » Virginia. Le lecteur comprend vite que Arbuckle est victime d'un coup monté : les témoins sont manipulés et les preuves trafiqués. Sam Hammett, détective à la Pinkerton National Detective Agency, fait son enquête pour le compte de l'avocat de Roscoe Arbuckle.
Ace Akins nous décrit dans cette histoire où se mêle la fiction et la réalité, une époque dissolue où l'alcool coule à flots malgré la prohibition, et où le monde d'Hollywood fascine l'Amérique.

J'avoue avoir eu du mal à lire ce livre, je me suis ennuyée car je m'attendais à lire un roman policier et c'est presque plutôt un documentaire. L'auteur s'est très bien documenté, mais à mon goût cela manque d'action, de suspens ou de rebondissement...

Merci à Blog-O-Book et aux Éditions du Masque pour m'avoir permis de découvrir ce livre.

Pour en savoir plus sur cette histoire vraie : wikipedia

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
logo_challenge_Petit_BAC
"Loisirs"

 

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28 février 2011

Les Lieux infidèles - Tana French

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et Calmann-Lévy

Lecture Commune avec Canel, Sophie et Valérie
lecture_commune

les_lieux_infid_les Calmann-Levy – janvier 2011 – 440 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par François Thibaux

Quatrième de couverture :

Au cours d’une vie,
seuls quelques instants
sont décisifs.

L’existence de Frank Mackey bascula par une nuit de décembre 1983. Il avait dix-neuf ans et attendait Rosie Daly au bout de sa rue, à deux pas du halo brumeux et jaune du réverbère. L’air était froid comme du verre, chargé d’un délicieux parfum de houblon brûlé venu de la brasserie Guinness. Ils avaient prévu de fuir ensemble leur quartier natal dublinois, pour vivre d’amour et de musique à Londres. Mais cette nuit-là, Frank patienta en vain. Rosie ne le rejoignit pas.

Vingt-deux ans plus tard, devenu flic spécialisé dans les missions d’infiltration, Frank vit toujours à Dublin. Il a coupé les ponts avec sa famille et n’a jamais eu de nouvelles de son premier amour. Puis un jour, sa sœur l’appelle, affolée : on a retrouvé la valise de Rosie dans un immeuble désaffecté de Faithful Place. Forcé de revenir chez les siens, Frank revisite son passé, ses blessures de jeunesse, et toutes ses certitudes : Rosie est-elle jamais partie ?

Auteur : Tana French a grandi en Irlande, en Italie, aux États-Unis et au Malawi, et elle vit à Dublin depuis 1990. Elle a été formée comme une actrice professionnelle au Trinity College de Dublin, et a travaillé dans le théâtre, le cinéma. Tana French a fait des débuts fracassants dans la littérature policière avec La Mort dans les bois, couronné par le prix Edgar de la littérature policière, et Comme deux gouttes d’eau.

Mon avis : (lu en février 2011)
C'est pour moi le premier livre que je lis de cette auteur que j'étais curieuse de découvrir.
A l'âge de dix-neuf ans, Francis Mackey décide de fuir son quartier de Dublin avec sa petite amie Rosie pour aller vivre à Londres. Or le soir de leur fuite, Francis attend en vain Rosie, elle n'est pas là au rendez-vous, elle a laissé un mot « Je sais que ça va être un choc et j'en suis désolé. Jamais je n'ai eu l'intention d'être malhonnête. Simplement, j'y ai beaucoup réfléchi. C'est le seul moyen pour moi d'avoir une chance de mener l'existence que je veux. J'aimerais le faire sans blesser/désespérer/décevoir. Ce serait bien que la perspective de ma nouvelle vie en Angleterre adoucisse un peu le chagrin de mon départ. Mais si c'est impossible, je comprendrai. Je jure de revenir un jour. En attendant, mille et mille baisers, Rosie. » La mort dans l'âme, Francis a poursuivi ses projets seul : il a quitté sa famille et son quartier de Faithful Place, il est devenu policier, il s'est marié et a eu une petite fille Holly. Et voilà que vingt-deux ans plus tard, sa sœur Jackie lui téléphone car des ouvriers ont retrouvé la valise de Rosie lors de travaux dans une vieille maison abandonnée. Francis est donc obligé de retourner vers son passé pour découvrir la vérité. Lui qui était parti pour oublier ce passé et sa famille qui lui faisait honte et qu'il considère peu fréquentable, un père au chômage, violent et alcoolique, une mère autoritaire et ses frères et sœurs.
L'enquête est confié à un de ses collègues mais il va quand même mener son enquête en parallèle. Je n'en dirais pas plus long sur l'intrigue pour ne rien dévoiler...

A travers cette histoire nous découvrons une famille plutôt spéciale où les relations entre les membres sont assez compliquées. Nous découvrons également une atmosphère dublinoise dans ce quartier de Faithful Place à la fois pauvre, populaire et chaleureux où l'on boit parfois plus que de raison et où le silence est la règle...
L'intrigue est pleines de rebondissements, le lecteur se met à soupçonner tour à tour chacun des protagonistes de l'histoire. J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman policier.

Un grand Merci à Livraddict et aux éditions Calmann-Lévy pour m'avoir permis de découvrir cette auteur dont je lirai sans aucun doute d'autres de ses livres.

Et maintenant, allons voir ce qu'en pense Canel, Sophie et Valérie.

Extrait : (début du livre)
Au cours d'une vie, seuls quelques instants sont décisifs. La plupart d'entre nous les oublient aussitôt, jusqu'à ce qu'ils ressurgissent sans crier gare bien des années plus tard et, avec le recul, prennent tout leur sens : celui où l'on a décidé ou non d'aborder cette fille, de ralentir dans ce virage sans visibilité, de s'arrêter pour acheter ce préservatif. Je peux dire que j'ai eu de la chance. Confronté à l'un d'eux, je l'ai reconnu pour ce qu'il était. J'ai su immédiatement que mon destin se jouait à ce moment précis, lors de cette nuit d'hiver, alors que je patientais dans l'ombre en haut de Faithful Place.
J'avais dix-neuf ans. J'étais assez mûr pour vouloir prendre le monde à bras-le-corps, assez jeune pour agir comme un imbécile. Cette nuit-là, dès que mes deux frères ont commencé à ronfler, je me suis glissé hors de notre chambre, mon sac à dos sur les épaules et mes Doc à la main. Une latte craqua. Dans la chambre des filles, l'une de mes sœurs murmura dans son sommeil. Mes les dieux étaient avec moi. Rien n'aurait pu m'arrêter. Mes parents ne se retournèrent même pas sur leur canapé-lit lorsque je traversai le salon, les touchant presque. Le feu mourait avec un petit bruit sec, projetait dans le noir une faible lueur rouge. J'avais fourré dans mon sac tout ce que je possédais : jeans, T-shirts, un transistor d'occasion, cent livres sterling et mon extrait de naissance. A l'époque, il n'en fallait pas davantage pour gagner l'Angleterre. Rosie avait les billets du ferry.
Je l'ai attendue au bout de la rue, dans l'obscurité, à deux pas du halo brumeux et jaune du réverbère.

Lecture Commune avec Canel, Sophie et Valérie
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Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Irlande

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27 février 2011

Faute de preuves - Harlan Coben

En librairie : le 3 mars 2011

Lu en partenariat avec les éditions Belfond

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France Loisirs - septembre 2010

Belfond – mars 2011 – 378 pages

Quatrième de couverture :
Aux États-Unis, de nos jours. Bonne élève, sportive, les pieds sur terre, Haley McWaid, 17 ans, est la fille dont rêvent tous parents. D'où la surprise de sa mère quand elle découvre que sa fille aurait découché. Et son affolement quand elle ne parvient pas à la joindre. Et son désespoir quand, après trois mois, on est toujours sans nouvelles de la jeune fille. Wendy Tines a sa petite idée. Mère célibataire d'un ado, cette journaliste ambitieuse travaille de concert avec la police pour un programme télé chargé de débusquer les délinquants sexuels. Sa dernière prise, Dan Mercer, un éducateur pour enfants. Tandis que toute la ville est sur les dents, à la recherche d'un prédateur sexuel, Wendy va découvrir que l'affaire Mercer va l'entraîner beaucoup plus loin que tout ce qu'elle aurait pu imaginer... Traque sur internet, délinquance sexuelle, confréries malfaisantes, jeux adolescents qui tournent mal, vengeance... Le maître de nos nuits blanches a encore frappé.

Auteur :Harlan Coben est né et a grandi dans le New Jersey, où il vit avec sa femme et leurs quatre enfants. Ne le dis à personne... (2002), prix des Lectrices de Elle et adapté au cinéma par Guillaume Canet, Disparu à jamais (2003), Une chance de trop (2004), Juste un regard (2005), Innocent (2006), Promets-moi (2007), Dans les bois (2008), Sans un mot (2009), Sans laisser d'adresse (2010) et Sans un adieu (2010).

Mon avis : (lu en février 2011)
Une célèbre présentatrice de télévision, Wendy Tines, piège en direct les pédophiles dans son émission. A la suite de d'une dénonciation anonyme, elle piège Dan Mercer, un homme qui travaille avec des jeunes en difficultés. A la même époque, une jeune fille de 17 ans, Haley McWaid disparaît de chez elle. A-t-elle fugué ? A-t-elle été enlevée ? Trois mois plus tard, un indice trouvé accuse Dan de sa disparition. Pourtant, Wendy commence à douter de le culpabilité de Dan et se met à enquêter sur le passé de Dan.

Une histoire assez complexe qui ne nous laisse pas deviner où l'auteur veut nous conduire... Il y a du suspense, des fausses pistes et des rebondissements inattendus. Autour du thème de la vengeance et du pardon, Harlan Coben réussit un thriller haletant qui m'a fait passé un très bon moment de lecture.

Merci aux éditions Belfond pour m'avoir permis de découvrir ce livre en avant-première, sa sortie est prévue pour le 3 mars 2011. (Ce livre était déjà paru chez France-Loisirs en septembre 2010).

 

Extrait : (page 23)
— Jurez-vous de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité ?
Wendy Tynes jura, s'assit et regarda autour d'elle. Elle avait l'impression d'être sur scène, sensation familière pour la journaliste de télévision qu'elle était, sauf que, cette fois, elle ne maîtrisait pas la situation. Derrière elle, les parents des victimes de Dan Mercer. Quatre couples. Ils venaient tous les jours au tribunal. Au début, ils brandissaient les photos de leurs enfants, ce que la juge avait fini par leur interdire, et maintenant ils restaient assis là, silencieux. En un sens, c'était encore plus intimidant.
La chaise était inconfortable. Wendy changea de position, croisa puis décroisa les jambes et attendit.
Flair Hickory, célèbre ténor du barreau, se leva, et pour la énième fois Wendy se demanda comment Dan Mercer avait pu se payer ses services. Flair portait son habituel costume gris strié de rose, une chemise et une cravate roses. Il traversa la salle d'une démarche que, par euphémisme, on aurait pu qualifier de « théâtrale ».
— Madame Tynes, commença-t-il avec un sourire cordial.
Cela faisait partie de son personnage. Flair était gay, certes, mais il en jouait au prétoire façon La Cage aux folles.
— Mon nom est Flair Hickory. Je vous souhaite le bonjour.
— Bonjour, répondit-elle.
— Vous animez une émission télé racoleuse intitulée Pris en flag, est-ce exact ?
L'avocat général, un dénommé Lee Portnoi, déclara :
— Objection. Juridiquement, le terme racoleur n'est pas approprié pour définir une émission de télévision.
Flair sourit.
— Vous en voulez, des « termes appropriés », monsieur Portnoi ?
— Ce ne sera pas nécessaire, intervint la juge Lori Howard.
Dans sa voix on devinait déjà la lassitude. Elle se tourna vers Wendy.
— Répondez à la question, je vous prie.
— Je n'anime plus cette émission, dit Wendy.
Flair feignit la surprise.
— C'est récent, n'est-ce pas ?
— Oui.
— Que s'est-il passé ?
— Elle a été interrompue.
— Taux d'audience trop faible ?
— Non.
— Alors pourquoi ?
— Votre honneur, s'insurgea Lee Portnoi, nous savons tous pourquoi.
Lori Howard hocha la tête.
— Continuez, maître Hickory.
— Connaissez vous mon client, Dan Mercer ?
— Oui.
— Vous vous êtes introduite chez lui, n'est-ce pas ?
Wendy s'efforça de soutenir son regard, en tâchant de ne pas avoir l'air coupable.
— Ce n'est pas tout à fait exact.
— Vraiment ? Eh bien, ma chère, faisons en sorte d'être aussi précis qu'il est humainement possible et revenons en arrière, voulez-vous ?
Il se promena à travers la salle comme s'il défilait sur un podium à Milan. Il eut même le culot de sourire aux familles des victimes. La plupart évitaient ostensiblement de poser les yeux sur lui, mais l'un des pères, Ed Grayson, le foudroya du regard. Flair ne broncha pas.
— Comment avez-vous rencontré mon client ?
— Dans un forum sur Internet.
Flair arqua les sourcils.
— Ah oui ?
Comme s'il s'agissait de la révélation du siècle.
— Quel genre de forum ?
— Un forum fréquenté par des enfants.
— Sur lequel vous étiez inscrite ?
— Oui.
— Vous n'êtes plus une enfant, madame Tynes. Je pourrais ajouter que, mais ne prenez pas cette remarque pour une tentative de séduction de ma part, vous êtes une pulpeuse créature.
— Objection !
La juge Howard poussa un soupir.
— Maître Hickory ?
Flair sourit, esquissa un petit geste de pseudo-contrition. Il était le seul à pouvoir se permettre ce genre d'incartade.
— Bien, madame Tynes. Sur ce forum, vous vous faisiez passer pour une mineure, est-ce vrai ?
— Oui.
— Après quoi vous engagiez des échanges via Internet avec des hommes afin de les inciter à vouloir coucher avec vous ?
— Non.
— Comment ça ?
— J'attendais qu'ils fassent le premier pas.
Flair secoua la tête.
— Tss-tss. Si on me donnait un dollar chaque fois que je dis ça...
Le public s'esclaffa.
— Nous avons les procès-verbaux, maître Hickory, intervint la juge, et nous sommes capables de nous forger une opinion à partir de leur lecture.
Wendy s'étonnait que Dan Mercer ne soit pas là, mais c'était logique puisque ces séances étaient destinées à auditionner les témoins. Flair Hickory espérait convaincre la juge de l'irrecevabilité du matériel effarant et révoltant découvert dans l'ordinateur de Mercer et disséminé un peu partout à son domicile. S'il y parvenait - et ce n'était pas gagné -, Dan Mercer mettrait probablement les voiles, et un prédateur psychopathe serait lâché dans la nature.

Déjà lu du même auteur :
Ne_le_dis___personne_ Ne le dis à personne sans_un_mot Sans un mot 
sans_laisser_d_adresse Sans laisser d'adresse innocent Innocent
sans_un_adieu Sans un adieu

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22 février 2011

La chambre des morts – Franck Thilliez

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Le Passage – septembre 2005 – 311 pages

Pocket – juillet 2006 – 341 pages

Quatrième de couverture :
Imaginez... Vous roulez en pleine nuit avec votre meilleur ami, tous feux éteints. Devant vous, un champ d'éoliennes désert. Soudain le choc, d'une violence inouïe. Un corps gît près de votre véhicule. A ses côtés, un sac de sport. Dedans, deux millions d'euros, à portée de la main. Que feriez-vous? Vigo et Sylvain, eux, ont choisi. L'amitié a parfois le goût du sang: désormais le pire de leur cauchemar a un nom... La Bête.

Auteur : Né en 1973 à Annecy, Franck Thilliez est ingénieur en nouvelles technologies. Son premier roman Train d'enfer pour ange rouge (2003) a été nominé au prix Polar SNCF en 2004. Il est également l'auteur de Deuils de miel (2006) et La Forêt des ombres (2006). La Chambre des morts (2005), classé à sa sortie dans la liste des meilleures ventes et salué par la critique, a reçu le prix des lecteurs Quais du Polar 2006. Franck Thilliez vit actuellement dans le Pas-de-Calais.

Mon avis : (lu en février 2011)
C'est pour participer au Rendez-vous de Pimprenelle que j'ai entrepris de lire du Franck Thilliez.
Je n'avais pas été convaincu par ma première expérience avec La forêt des ombres
et j'ai voulu tenter une nouvelle fois l'expérience.
Vigo et Sylvain ont été récemment licenciés, pour se venger, ils sont aller taguer les murs de leur ancienne entreprise, en repartant ils vont faire un dernier trip dans le champ d'éoliennes à grande vitesse et feux éteints. Et c'est le choc ! Ils retrouvent alors près de la voiture, le corps d'un homme et un sac de sport plein de billets de banque. Que faire ? Appeler la police ou se débarrasser du cadavre et garder l'argent ?
En parallèle, non loin de là, le cadavre d'une petite fille, victime d'un enlèvement est retrouvé. Une autre fillette a disparu...
J'ai retrouvé dans cette histoire le côté morbide et sanglant du premier livre lu, malgré cela, j'ai réussi à apprécier cette intrigue en lisant ce livre avec une certaine distance. Je m'explique, j'ai essayé de faire abstraction des passages horribles pour éviter l'écœurement.
Il y a quelques jours, j'ai quand même emprunté à la bibliothèque Le syndrome [E] que je n'ai pas eu le temps de lire avant le Rendez-vous de Pimprenelle, ce sera une de mes futures lectures...

Extrait : (début du livre)
Depuis la nuit dernière, l'odeur avait encore empiré. L'infection ne se contentait plus d'imprégner les draps ou les taies d'oreiller, elle se diluait dans toute la chambre, tenace et nauséeuse. Une fois son tee-shirt ôté, la fillette l'avait écrasé sur son nez avant de nouer les extrémités autour de sa tête. Stratagème inefficace. Malgré la barrière de tissu, les molécules olfactives distribuaient leur poison invisible. Il est des fois où l'on ne peut rien contre plus petit que soi.
A travers les fenêtres verrouillées, l'été déversait une moiteur grasse, les mouches bourdonnaient, agglutinées en losanges émeraude sur un trognon de pomme pourri. De plus en plus, l'enfant se sentait impuissante face aux hordes ailées. Les insectes se multipliaient à une vitesse prodigieuse et fondaient sur le lit, trompes en avant, à chaque fois que la petite relâchait son attention. Bientôt, épuisée, affamée, elle serait forcée de capituler.
Même pas neuf ans et pourtant, déjà, l'envie de mourir.

Prochain Rendez-vous avec Pimprenelle
Yasmina_khadra
Yasmina Khadra

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19 février 2011

Le poète – Michael Connelly

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Seuil – mai 1997 – 477 pages

Points – juin 1998 - 540 pages

Points - juin 2004 – 541 pages

Résumé :
Le policier Sean McEvoy est retrouvé mort dans sa voiture. Chargé d'une affaire de meurtre abominable, son enquête n'avançait pas. Lorsqu'il apprend le suicide de son frère, Jack, son jumeau, journaliste de faits divers, refuse d'y croire. En cherchant à comprendre, il découvre d'autres cas de policiers apparemment poussés au suicide par des meurtres non résolus. Tous ont été retrouvés avec, à leur côté, des lettres d'adieu composées d'extraits de poèmes d'Edgar Poe. Un effrayant tableau d'ensemble commence à se dessiner. Jack fait pression sur les agents du FBI pour qu'une enquête soit ouverte sur ces suicides en série.

Auteur : Michael Connelly est né le 21 juillet 1956 à Philadelphie. Il déménage avec ses parents en Floride en 1968. Il se marie et a une fille en 1997. Il est diplômé de l'Université de Floride, avec un bachelors degree en journalisme en 1980. Il travaille ensuite comme journaliste à Daytona Beach et Fort Lauderdale (Floride). En 1986, il est le co-auteur d'un article sur les rescapés d'un crash d'avion, qui figure parmi les finalistes pour le Prix Pulitzer, ce qui lui permet de devenir chroniqueur judiciaire pour le Los Angeles Times. Ses reportages sur les émeutes de Los Angeles en 1992 sont également remarqués et reçoivent le Prix Pulitzer (qu'il partage avec d'autres journalistes associés à ses reportages).
Il se lance dans la carrière d'écrivain en 1992 avec Les Égouts de Los Angeles, son premier polar, où l'on découvre le personnage de Harry Bosch, inspecteur du LAPD, le héros récurrent de la plupart des romans suivants. Il reçoit pour ce livre le prix Edgar du meilleur premier roman policier. Il abandonne le journalisme en 1994. Il écrit par la suite environ un roman par an, en obtenant régulièrement un succès en librairie. Son roman Le poète reçoit le prix Mystère en 1998 et Créances de sang le grand prix de la littérature policière.
Parmi les romans ne mettant pas en scène Harry Bosch, Créance de sang est adapté au cinéma en 2002 par Clint Eastwood, qui y incarne Terry McCaleb, un ex-agent du FBI. Dans La Défense Lincoln, il aborde le roman procédural qui lui permet d'utiliser son expérience passée de chroniqueur judiciaire.
Ayant quitté Los Angeles, il vit depuis 2001 à Tampa, en Floride.

Mon avis : (lu en février 2011)
Lorsque son frère jumeau Sean est retrouvé mort au volant de sa voiture de police, Jack McEvoy est persuadé qu'il ne s'est pas suicidé. Étant journaliste, il décide de mener l'enquête et découvre plusieurs autres cas de flics "suicidés". Il va mettre les enquêteurs du FBI sur la piste d'un redoutable meurtrier appelé le Poète car il signe ses meurtres par une phrase d'un poème d'Edgar Allan Poe.
Ce roman policier est une vrai réussite, l'intrigue est bien construite, le rythme est soutenu, des fausses pistes, des rebondissements surprenants et une fin inattendue... Je me suis régalée !

Extrait : (début du livre)
La mort, c'est mon truc. C'est grâce à elle que je gagne ma vie. Que je bâtis ma réputation professionnelle. Je la traite avec la passion et la précision d'un entrepreneur de pompes funèbres, grave et compatissant quand je suis en présence des personnes en deuil, artisan habile quand je suis seul avec elle. J'ai toujours pensé que, pour s'occuper de la mort, le secret était de la tenir à distance. C'est la règle. Ne jamais la laisser vous souffler dans la figure.
Hélas, cette règle, la même, ne m'a pas protégé. Quand les deux inspecteurs sont venus me chercher et m'ont parlé de Sean, une sorte de paralysie glacée m'a aussitôt envahi. C'était comme si je me retrouvais de l'autre côté de la vitre d'un aquarium. J'avais l'impression d'évoluer sous l'eau – dans un sens, puis dans l'autre, encore et encore – et de contempler le monde extérieur à travers une paroi de verre. Assis sur la banquette à l'arrière de leur voiture, j'apercevais mes yeux dans le rétroviseur : ils lançaient un éclair chaque fois que nous passions sous un lampadaire. Je reconnus ce regard fixe et lointain, celui des toutes nouvelles veuves que j'avais interrogées pendant des années.

baby_challenge_polar
Lu pour le Baby Challenge - Polar organisé par Livraddict
Livre 10/20 Médaille en chocolat

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
logo_challenge_Petit_BAC
"Sport/Loisirs"

Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
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17 février 2011

La rivière noire - Arnaldur Indridason

la_rivi_re_noire Éditions Métailié – février 2011 – 300 pages

traduit de l'islandais par Éric Boury

Quatrième de couverture :
Dans un appartement à proximité du centre de la ville, un jeune homme gît, mort, dans un bain de sang sans qu’il y ait le moindre signe d’effraction ou de lutte. Aucune arme du crime, rien que cette entaille en travers de la gorge de la victime, entaille que le médecin légiste qualifie de douce, presque féminine. Dans la poche de Runolfur, des cachets de Rohypnol, médicament également connu sous le nom de drogue du viol… Il semblerait que Runolfur ait violé une femme et que celle-ci se soit ensuite vengée de son agresseur. Un châle pourpre trouvé sous le lit dégage un parfum puissant et inhabituel d’épices, qui va mettre Elinborg, l’inspectrice, amateur de bonne cuisine, sur la piste d’une jeune femme. Mais celle-ci ne se souvient de rien, et bien qu’elle soit persuadée d’avoir commis ce meurtre rien ne permet vraiment de le prouver. La fiole de narcotiques trouvée parmi d’autres indices oriente les inspecteurs vers des violences secrètes et des sévices psychologiques. En l’absence du commissaire Erlendur, parti en vacances, toute l’équipe va s’employer à comprendre le fonctionnement de la violence sexuelle, de la souffrance devant des injustices qui ne seront jamais entièrement réparées, et découvrir la rivière noire qui coule au fond de chacun.

Auteur : Arnaldur INDRIDASON est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l'auteur de 6 romans noirs, dont plusieurs sont des best-sellers internationaux. Il est l’auteur de La Cité des Jarres (2005), Prix "Cœur noir" et Prix "Mystère de la critique", de La Femme en vert (2006), Grand Prix des lectrices de Elle, de La Voix (2007), L’Homme du lac (2008), Prix polar européen du Point, Hiver arctique (2009) et Hypothermie (2010).

Mon avis : (lu en février 2011)
Erlendur est parti en vacances sur les traces de son passé et c'est son adjointe Elinborg qui prend le relais pour enquêter sur la mort violente d'un jeune homme. Tout laisse à penser qu'il s'agit d'une histoire de viol sous emprise de Rohypnol (la drogue des violeurs) et la victime se serait retournée contre son violeur. Peu d'indices sur le lieu du crime... un châle pourpre avec une forte odeur de cigarette et de tandoori. La police va chercher des réponses à ses questions en fouillant la psychologie et le passé de la victime : Elinborg quitte Reykjavik et les siens pour rejoindre quelques jours un village de l'Islande profonde, victime du chômage et de l'exode rural...
Voilà une nouvelle enquête palpitante avec beaucoup d'hypothèses, de fausses pistes menée avec un regard différent, un regard féminin. C'est l'occasion pour le lecteur de mieux connaître le personnage d'Elinborg mariée à Teddi mécanicien et mère de trois adolescents, ayant la cuisine comme hobbie, sa vie privée est plutôt simple même si ses enfants qui grandissent l'empêche parfois de dormir.
Avec cette enquête Arnaldur Indridason dénonce certaines dérives de la société islandaise comme la violence de plus en plus présente, l'augmentation du nombre des viols et la justice qui punit si peu les coupables que les victimes se sentent méprisées.
Comme d'habitude, j'ai dévoré avec beaucoup de plaisir cette nouvelle enquête d'Indridason, Erlendur m'a un peu manquée, mais son adjointe a mené cette enquête de main de maître ! Erlandur est également évoqué plusieurs fois durant cette histoire et nous promet une prochaine aventure... Que j'attends comme toujours avec impatience !

Extrait : (début du livre)
Il enfila un jeans noir, une chemise blanche et une veste confortable, mit ses chaussures les plus élégantes, achetées trois ans plus tôt, et réfléchit aux lieux de distraction que l’une de ces femmes avait évoqués.
Il se prépara deux cocktails assez forts qu’il but devant la télévision en attendant le moment adéquat pour descendre en ville. Il ne voulait pas sortir trop tôt. S’il s’attardait dans les bars encore presque vides, quelqu’un remarquerait sa présence. Il préférait ne pas courir ce risque. Le plus important c’était de se fondre dans la foule, il ne fallait pas que quelqu’un s’interroge ou s’étonne, il devait n’être qu’un client anonyme. Aucun détail de son apparence ne devait le rendre mémorable ; il voulait éviter de se distinguer des autres. Si, par le plus grand des hasards, on lui posait ensuite des questions, il répondrait simplement qu’il avait passé la soirée seul chez lui à regarder la télé. Si tout allait comme prévu, personne ne se rappellerait l’avoir croisé où que ce soit.

Le moment venu, il termina son deuxième verre puis sortit de chez lui, très légèrement éméché. Il habitait à deux pas du centre-ville. Marchant dans la nuit de l’automne, il se dirigea vers le premier bar. La ville grouillait déjà de gens venus chercher leur distraction de fin de semaine. Des files d’attente commençaient à se former devant les établissements les plus en vogue. Les videurs bombaient le torse et les gens les priaient de les laisser entrer. De la musique descendait jusque dans les rues. Les odeurs de cuisine des restaurants se mêlaient à celle de l’alcool qui coulait dans les bars. Certains étaient plus soûls que d’autres. Ceux-là lui donnaient la nausée.
Il entra dans le bar au terme d’une attente plutôt brève. L’endroit ne comptait pas parmi les plus courus, pourtant il aurait été difficile d’y faire entrer ne serait-ce que quelques clients supplémentaires ce soir-là. Cela lui convenait. Il se mit immédiatement à parcourir les lieux du regard à la recherche de jeunes filles ou de jeunes femmes, de préférence n’ayant pas dépassé la trentaine ; évidemment, légèrement alcoolisées. Il ne voulait pas qu’elles soient ivres, mais simplement un peu gaies.
Il s’efforçait de rester discret. Il tapota une fois encore la poche de sa veste afin de vérifier que le produit était bien là. Il l’avait plusieurs fois tâté tandis qu’il marchait et s’était dit qu’il se comportait comme ces cinglés qui se demandent perpétuel- lement s’ils ont bien fermé leur porte, n’ont pas oublié leurs clefs, sont certains d’avoir éteint la cafetière ou encore n’ont pas laissé la plaque électrique allumée dans la cuisine. Il était en proie à cette obsession dont il se souvenait avoir lu la des- cription dans un magazine féminin à la mode. Le même journal contenait un article sur un autre trouble compulsif dont il souffrait : il se lavait les mains vingt fois par jour.
La plupart des clients buvaient une grande bière. Il en commanda donc également une. Le serveur lui accorda à peine un regard. Il régla en liquide. Il lui était facile de se fondre dans la masse. La clientèle était principalement constituée de gens de son âge, accompagnés d’amis ou de collègues. Le bruit devenait assourdissant quand ils s’efforçaient de couvrir de leurs voix le vacarme criard du rap. Il scruta les lieux et remarqua quelques groupes de copines ainsi que quelques femmes, attablées avec des hommes qui semblaient être leurs maris, mais n’en repéra aucune seule. Il sortit sans même terminer son verre.
Dans le troisième bar, il aperçut une jeune femme qu’il connaissait de vue. Il se dit qu’elle devait être âgée d’une trentaine d’années ; elle avait l’air seule. Elle était assise à une table de l’espace fumeur où se trouvaient d’autres personnes, mais qui n’étaient sûrement pas avec elle. Elle but une margarita et fuma deux cigarettes tandis qu’il la surveillait de loin. Le bar était bondé, mais il semblait bien qu’elle n’était sortie s’amuser avec aucun de ceux qui tentaient d’engager la conversation avec elle. Deux hommes avaient tenté une approche ; elle leur avait répondu non de la tête et ils étaient repartis. Le troisième prétendant se tenait face à elle. Tout portait à croire qu’il n’avait pas l’intention de s’en laisser conter.
C’était une brune au visage plutôt fin, même si elle était un peu ronde ; ses épaules étaient recouvertes d’un joli châle, elle portait une jupe qui l’habillait avec goût ainsi qu’un t-shirt de couleur claire sur lequel on lisait l’inscription “San Francisco” : une minuscule fleur dépassait du F.
Elle parvint à éconduire l’importun. Il eut l’impression que l’homme éructait quelque chose à la face de la jeune femme. Il la laissa se remettre et attendit un moment avant de s’avancer.

— Vous y êtes déjà allée ? demanda-t-il.
La brune leva les yeux. Elle ne parvenait pas vraiment à se souvenir où elle l’avait vu.
— À San Francisco, précisa-t-il, son index pointé vers le t-shirt.
Elle baissa les yeux sur sa poitrine.
— Ah, c’est de ça que vous parlez, observa-t-elle.
— C’est une ville merveilleuse. Vous devriez aller y faire un tour, conseilla-t-il.
Elle le dévisagea, se demandant sans doute si elle devait lui ordonner de décamper comme elle l’avait fait avec les autres. Puis, elle sembla se rappeler l’avoir déjà croisé quelque part.
— Il se passe tellement de choses là-bas, à Frisco, il y a de quoi visiter, poursuivit-il. Elle consentit un sourire.
— Vous ici ? s’étonna-t-elle.
— Eh oui, charmé de vous y voir. Vous êtes seule ?
— Seule ? Oui.
— Sérieusement, pour Frisco, vous devriez vraiment y aller.
— Je sais, j’ai... Ses mots se perdirent dans le vacarme. Il passa sa main sur la poche de sa veste et se pencha vers elle.
— Le vol est un peu cher, concéda-t-il. Mais, je veux dire... j’y suis allé une fois, c’était superbe. C’est une ville merveilleuse.
Il choisissait ses mots à dessein. Elle leva les yeux vers lui et il s’imagina qu’elle était en train de compter sur les doigts d’une seule main le nombre de jeunes hommes qu’elle avait rencontrés et qui utilisaient des termes comme “merveilleux”.
— Je sais, j’y suis allée.
— Eh bien, me permettez-vous de m’asseoir à vos côtés ?
Elle hésita l’espace d’un instant, puis lui fit une place. Personne ne leur prêtait une attention particulière dans le bar et ce ne fut pas non plus le cas quand ils en sortirent, une bonne heure plus tard, pour aller chez lui, en empruntant des rues peu fréquentées. À ce moment-là, les effets du produit avaient déjà commencé à se faire sentir. Il lui avait offert une autre margarita. Alors qu’il revenait du comptoir avec la troisième consommation, il avait plongé sa main dans sa poche pour y prendre la drogue qu’il avait versée discrètement dans la boisson. Tout se passait pour le mieux entre eux, il savait qu’elle ne lui poserait aucun problème.
La Criminelle fut contactée par téléphone deux jours plus tard. Ce fut Elinborg qui reçut l’appel et prit les choses en main. Des agents de la circulation avaient déjà fermé cette rue du quartier de Thingholt quand elle arriva sur les lieux, en même temps que les gars de la Scientifique. Elle vit le médecin régional de Reykjavik qui descendait de sa voiture. La Scientifique était tout d’abord la seule habilitée à accéder à la scène de crime afin de procéder à ses relevés. Elinborg l’avait gelée, pour reprendre l’expression consacrée des professionnels.
Elle s’était occupée du reste en attendant patiemment leur feu vert pour entrer dans l’appartement. Des journalistes de la presse écrite, de la télévision et de la radio s’étaient rassemblés sur place et elle les observait en plein travail. Ils se montraient insistants, certains étaient même insultants envers les policiers qui leur barraient l’entrée du périmètre. Elle en avait reconnu deux ou trois qui travaillaient pour la télévision, un présentateur minable récemment promu journaliste et un autre qui animait une émission politique. Elle se demandait ce qu’il fabriquait en compagnie de cette clique. Elinborg se souvenait qu’à ses débuts, lorsqu’elle était l’une des rares femmes dans les rangs de la Criminelle, les journalistes étaient plus polis et, surtout, nettement moins nombreux. Elle préférait ceux des quotidiens. Les représentants de la presse écrite s’accordaient plus de temps, ils étaient plus discrets et moins présomptueux que ceux qui avaient leur caméra à l’épaule. Certains étaient même de bonnes plumes.

 

 

Déjà lu du même auteur :

la_cit__des_jarres La Cité des jarres  la_femme_en_vert La Femme en vert 

la_voix La Voix l_homme_du_lac L'Homme du lac 

hiver_arctique Hiver Arctique  hypothermie Hypothermie

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Islande

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
Viking_Lit

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09 février 2011

L'écriture sur le mur - Gunnar Staalesen

Lu dans le cadre de babelio_masse_critique

l__criture_sur_le_mur Gaïa - février 2011 – 352 pages

traduit du norvégien par Alex Fouillet

Quatrième de couverture :
À Bergen, février est un mois dangereux pour les sorties solitaires. Un juge d’instance est retrouvé mort dans l’un des meilleurs hôtels de la ville, seulement vêtu d’un délicat ensemble de dessous féminins.

Quelques jours plus tard, le détective privé Varg Veum se voit confier la mission de retrouver Thorild, une jeune fille disparue. Thorild, qui aurait l’âge d’être sa fille. L’âge auquel on dit de la jeunesse qu’elle reflète l’état de la société. Varg Veum a pris un coup de vieux. Il s’est fait à l’idée de garder ses distances avec l’aquavit, et assume une histoire qui dure avec Karin. Le bonheur ? Pas si simple. Varg reçoit du courrier. Dans l’enveloppe, un avis de décès. Le sien.

Auteur : Gunnar Staalesen est né à Bergen, en Norvège, en 1947. Il fait des études de philologie et débute en littérature à 22 ans. Il se lance peu à peu dans le roman policier et crée en 1975 le personnage de Varg Veum, qu’il suivra dans une douzaine de romans. Tous les polars de Staalesen suivent les règles du genre à la lettre, avec brio. Et les problèmes existentiels du détective privé, ses conflits avec les femmes et son faible pour l’alcool sont l’occasion d’explorer, non sans cynisme, les plaies et les vices de la société.

Mon avis : (lu en février 2011)
C'est le premier livre que je lis de cet auteur norvégien. Ce livre est paru en 1993 en Norvège, c'est la neuvième enquête de Varg Veum paru en France.
Varg Veum est un ancien travailleur social de la Protection de l'Enfance devenu détective privé. Il est plutôt sage, il a une relation assez stable avec une amie Karin, il sait résister à l'aquavit.
Le livre s'ouvre sur la découverte d'un juge mort vêtu de lingerie féminine dans une chambre d'hôtel. Quelques jours plus tard, Varg Veum est contacté par une mère pour enquêter sur la disparition de sa fille. Thorild, seize ans, a disparu du domicile familiale depuis presque une semaine. Varg Veum va mener son enquête auprès des amies de la jeune fille mais celles-ci sont peu bavardes... Quelques jours plus tard Var Veum reçoit son propre faire-part de décès.

Voici un roman policier plutôt agréable à lire, l'intrigue est bien construite, avec de multiples pistes et une conclusion surprenante.
Dans ce livre Gunnar Staalesen dénonce certains vices de la société, ici, il est question de la prostitution. Le personnage de Varg Veum m'a bien plu et si l'occasion se présente, je serai curieuse de lire de ses premières enquêtes.

Merci à Babelio et aux Éditions Gaïa pour m'avoir permis de découvrir ce nouvel auteur scandinave.

Extrait : (début du livre)
Quand le juge H.C Brandt, soixante-deux ans, fut retrouvé mort un vendredi de février dans l'un des meilleurs hôtels de la ville, uniquement vêtu d'un ensemble de sous-vêtements féminins des plus raffinés, les rumeurs ne tardèrent guère.
Des rires retentissants fusaient autour des tables de journalistes du Wesselstuen à chaque nouvelle information, et le moindre détail prenait facilement des proportions inattendues. Je me vis présenter une poignée de ces hypothèses par mon vieux copain de classe, le journaliste Paul Finckel, alors que nous partagions au Børs un déjeuner paisible fait de carbonnade et de bière, quelques jours plus tard.
Qu'on ait retrouvé le juge en sous-vêtements féminins, c'était déjà assez sensationnel. Les suppositions quant à la couleur des dits sous-vêtements étaient légion. Le rose et le rouge revenaient fréquemment. Plusieurs personnes maintenaient contre vents et marées qu'ils avaient été vert pastel. En fin de compte, on s'accorda pour dire qu'ils avaient dû être noirs.
Les rumeurs les plus brûlantes concernaient la ou les personnes en compagnie de qui il s'était trouvé dans cette chambre. Car absolument personne ne croyait qu'il y avait été seul.
Un groupe en particulier était convaincu qu'il s'était agi d'un homme, puisque le juge, lui, portait des vêtements de femme. Mais comme personne n'avait jamais entendu dire que le juge ait été lié au milieu homosexuel de la ville, et puisqu'il était en outre marié et grand-père, c'était selon eux la révélation d'une homosexualité refoulée. Et qui pouvait affirmer que le partenaire potentiel n'appartenait pas à la même catégorie ? Le cas échéant, les journalistes avaient plein de bonnes idées, mais aucune preuve tangible de son identité.
Certains clamaient haut et fort que le juge aurait eu une liaison assez longue avec l'une de ses collègues, et un murmure vaguement scandalisé plana sur l'assemblée à l'évocation de son nom.
Aux tables rassemblant uniquement des hommes, on avança les noms de certaines collègues, dont une reporter célèbre d'un quotidien d'Oslo, et une journaliste un peu moins connue de la rédaction de NRK-Dagsnytt.
Pourtant, d'aucuns haussaient simplement les épaules devant toute cette histoire, et prétendaient que le juge n'avait eu la compagnie que d'une personne faisant commerce de ses charmes, qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme. So what ? commentaient-ils en commandant une autre bière.
Sur la cause du décès, plus personne ne spéculait.
Presque tout le monde penchait pour un problème cardiaque.

L\'écriture sur le mur par Gunnar Staalesen

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Gunnar Staalesen

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05 février 2011

L'Enfant allemand – Camilla Läckberg

l_enfant_allemand Actes Sud – janvier 2011 – 455 pages

traduit du suédois par Lena Grumbach

Quatrième de couverture :
La jeune Erica Falck a déjà une longue expérience du crime. Quant à Patrik Hedström, l'inspecteur qu'elle vient d'épouser, il a échappé de peu à la mort, et tous deux savent que le mal peut surgir n'importe où, qu'il se tapit peut-être en chacun de nous, et que la duplicité humaine, loin de représenter l'exception, constitue sans doute la règle. Tandis qu'elle entreprend des recherches sur cette mère qu'elle regrette de ne pas avoir mieux connue et dont elle n'a jamais vraiment compris la froideur, Erica découvre, en fouillant son grenier, les carnets d'un journal intime et, enveloppée dans une petite brassière maculée de sang, une ancienne médaille ornée d'une croix gammée. Pourquoi sa mère, qui avait laissé si peu de choses, avait-elle conservé un tel objet ? Voulant en savoir plus, elle entre en contact avec un vieux professeur d'histoire à la retraite. L'homme a un comportement bizarre et se montre élusif. Deux jours plus tard, il est sauvagement assassiné... Dans ce cinquième volet des aventures d'Erica Falck, Camilla Läckberg mêle avec une virtuosité plus grande que jamais l'histoire de son héroïne et celle d'une jeune Suédoise prise dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Tandis qu'Erica fouille le passé de sa famille, le lecteur plonge avec délice dans un nouveau bain de noirceur nordique.

Auteur : Née en 1974, Camilla Lackberg est l'auteur d'une série de romans policiers mettant en scène le personnage d'Erica Falck. Ses ouvrages caracolent tous en tête des ventes en Suède comme à l'étranger. Dans la collection "Actes noirs" ont déjà paru La princesse des glaces (2008), Le Prédicateur (2009), Le Tailleur de pierre (2009) et L'oiseau de mauvais augure (2010).

Mon avis : (lu en février 2011)
Je me suis régalée en lisant le cinquième tome de la série de Camilla Läckberg.
Nous retrouvons Erika Falk qui s'est remise à écrire, son mari Patrick est en congé parental pour s'occuper de leur fille Maya âgée de 1 an.
Erika a retrouvé dans le grenier des carnets d'un journal intime, une brassière de bébé et une médaille avec une croix gammée dans les affaires de sa mère. Qu'est-ce que cette médaille et pourquoi est-elle en possession de sa mère ? Pour trouver des réponses à ses questions, Erika va prendre contact avec Erik Frankel un vieux historien spécialiste de la Seconde Guerre Mondiale.
Deux mois plus tard, des gamins entrés par infraction dans la maison de l'historien se retrouvent nez à nez avec un cadavre dans un fauteuil. Il s'agit du corps d'Erik Frankel assassiné depuis plusieurs semaines. Pour la police, l'enquête commence.
En parallèle, le lecteur découvre les carnets d'Elsy, la maman d'Erika, qui nous parlent de Fjällbacka pendant la Seconde Guerre Mondiale. Erik Frankel et Elsy étaient amis d'enfance avec
Frans Ringholm et Britta, ils étaient adolescents en 1943.
Et peu à peu le lecteur va découvrir que la mort d'Erik est lié au passé.
L'intrigue de ce livre est très bien construite autour du passé d'Elsy la maman d'Erika. Le dénouement tient parfaitement la route, je ne l'avais pas deviné...
Je suis une inconditionnelle de Camilla Läckberg et j'ai beaucoup aimé ce nouvel épisode !
J'attends bien sûr les deux prochains tomes déjà publiés en Suède...

Extrait : (page 12)
Tout au long de l'été, Erica avait gravité autour du sujet qui occupait continuellement ses pensées. Elle avait pesé le pour et le contre, avait failli se lancer plusieurs fois, sans jamais aller plus loin que le pied de l'escalier du grenier. Elle aurait pu prétexter que ces derniers mois avaient été très remplis. Le contrecoup du mariage, le chaos chez eux quand Anna et les enfants habitaient encore là. Mais ce n'était pas toute la vérité. Elle avait tout simplement peur. Peur de ce qu'elle pourrait trouver. Peur de commencer à fouiller et à exhumer des événements qu'elle aurait préféré ignorer. 

Erica savait que, plusieurs fois, Patrik avait été sur le point de lui poser la question. De toute évidence, il se demandait pourquoi elle ne lisait pas les carnets qu'ils avaient trouvés au grenier. Mais il n'avait rien dit. De toute façon, elle n'aurait pas eu de réponse à lui fournir. Elle serait peut-être obligée de modifier sa perception de la réalité, c'était sans doute ce qui l'effrayait le plus. L'image qu'elle avait de sa mère et de son comportement vis-à-vis de ses filles n'était pas très positive. Mais c'était son image, elle la connaissait. C'était une vision qui avait résisté au temps, comme une vérité immuable sur laquelle elle pouvait s'appuyer. Elle serait peut-être confirmée. Renforcée même. Mais que se passerait-il si sa représentation se trouvait bouleversée ? S'il lui fallait affronter une toute nouvelle réalité ? Elle n'avait pas eu le courage de sauter le pas, pas jusqu'à aujourd'hui. 

Erica posa un pied sur la première marche. Le salon retentit du rire joyeux de Maja qui se faisait chahuter par Patrik. Un bruit rassurant. Elle monta une nouvelle marche. Encore cinq, et elle serait arrivée. 

La poussière vola quand elle ouvrit la trappe et entra dans le grenier. Ils avaient discuté la possibilité d'aménager les combles, pour Maja, quand elle serait grande et qu'elle voudrait un espace où se retirer. Mais pour l'instant ce n'était qu'un grenier avec un plancher de bois brut, un toit incliné et une charpente nue. Un fatras d'objets occupait une bonne moitié de l'espace. Des décorations de Noël, des vêtements devenus trop petits pour Maja, des cartons pleins à craquer de trucs trop laids pour avoir leur place dans la maison, mais trop chargés de souvenirs pour être jetés. 

Le coffre se trouvait dans un coin au fond du grenier. Un modèle ancien en bois et tôle, le genre de malle bombée qu'on utilisait autrefois pour voyager. Elle s'en approcha et s'assit par terre. Passa sa main sur le bois. Après une profonde inspiration, elle souleva le couvercle. Une odeur de renfermé s'en échappa et elle fronça le nez. 

L'émotion qu'elle avait ressentie lorsque Patrik et elle avaient trouvé le coffre et en avaient examiné le contenu était encore vive. Ce jour-là, elle avait sorti les affaires tout doucement, les unes après les autres. Des dessins qu'Anna et elle avaient faits. De petits objets qu'elles avaient fabriqués en travaux pratiques à l'école. Qu'Elsy avait gardés. Elsy, leur mère qui pourtant ne semblait jamais s'intéresser aux bibelots que ses filles mettaient tant d'application à réaliser. De nouveau, Erica les sortit et les posa sur le plancher. Puis ses doigts rencontrèrent enfin le tissu qu'elle cherchait au fond du coffre. Elle le saisit avec précaution. La petite brassière avait été blanche autrefois mais, en la levant vers la lumière, elle vit que les années l'avaient jaunie. Les traces marron dont elle était constellée l'intriguaient particulièrement. Elle les avait tout d'abord prises pour des taches de rouille, avant de réaliser que ce devait être du sang. Le contraste entre la brassière de bébé et le sang séché lui serra le coeur. Comment cette brassière s'était-elle retrouvée ici ? A qui avait-elle appartenu ? Et pourquoi sa mère l'avait-elle gardée ? 

Erica posa doucement le petit vêtement à côté d'elle. Lorsqu'ils l'avaient trouvé, un objet était enveloppé à l'intérieur, mais il ne se trouvait plus dans la malle. C'est la seule chose qu'elle avait retirée. Une médaille nazie, protégée par le tissu souillé de la brassière. Elle avait été surprise par sa propre réaction. Les battements de son coeur s'étaient accélérés, sa bouche s'était asséchée et sur sa rétine s'étaient mises à défiler des séquences de films documentaires de la Seconde Guerre mondiale. Que faisait une médaille nazie ici à Fjällbacka ? Dans sa maison ? Parmi les affaires de sa mère ? Tout ça était absurde. Elle avait voulu remettre la médaille dans le coffre et refermer le couvercle. Mais Patrik avait insisté pour qu'ils la montrent à un expert, histoire d'en savoir plus, et elle avait cédé, de mauvaise grâce. C'était comme si elle entendait des chuchotements en elle, des voix funestes et prémonitoires. Quelque chose lui avait dit qu'elle ferait mieux d'occulter l'insigne et de l'oublier. Mais la curiosité avait pris le dessus. Début juin, elle avait déposé la médaille chez un spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, et avec un peu de chance ils seraient bientôt renseignés sur son origine. 

Mais de tout ce que contenait la malle, c'était autre chose qui avait interpellé Erica. Quatre carnets bleus dissimulés tout au fond. Elle avait reconnu l'écriture de sa mère sur la couverture, penchée à droite, avec des entrelacs, mais d'une main plus jeune et mieux assurée. Erica les sortit et laissa son index glisser sur le premier. Tous portaient l'inscription "Journal intime". Ces mots éveillèrent des sentiments contradictoires en elle. De la curiosité, de l'excitation, de l'empressement. Mais aussi de la crainte, de l'hésitation et un fort sentiment de violer une sphère privée. Avait-elle le droit de lire ces cahiers ? Avait-elle le droit de prendre part aux pensées et aux sentiments secrets de sa mère ? Par essence, un journal intime n'est pas destiné aux yeux d'autrui. Sa mère ne l'avait pas écrit pour qu'une autre personne en partage la teneur. Peut-être n'aurait-elle pas voulu que sa fille le lise. Mais Elsy était morte, et Erica ne pouvait pas lui demander la permission. Elle serait seule pour prendre sa décision et déterminer quelle attitude adopter. 
- Erica ? 
La voix de Patrik vint interrompre ses pensées. 
- Oui ? 
- Les invités sont là ! 
Erica regarda sa montre. Déjà trois heures ! C'était le premier anniversaire de Maja, et leurs amis les plus proches et la famille étaient conviés au goûter. Patrik avait dû croire qu'elle s'était endormie au grenier. 
- J'arrive ! 
Elle épousseta ses vêtements, emporta les carnets et la brassière après un instant d'hésitation et descendit l'escalier raide du grenier. Elle entendait le brouhaha des invités qui venait d'en bas.

Lu du même auteur :

 

la_princesse_des_glaces La Princesse des glaces  le_pr_dicateur Le Prédicateur

le_tailleur_de_pierre Le Tailleur de pierre l_oiseau_de_mauvais_augure L'Oiseau de mauvais augure

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Suède

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
Viking_Lit

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