25 décembre 2011

A l'hôtel Bertram – Agatha Christie

Lecture Commune Agatha Christie
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avec Valérie et  Enna

a_l_hotel_B_LM_1967 a_l_hotel_LCE_79 a_l_hotel_bertram_LM_84 a_l_hotel_bertram_CM_84 a_l_hotel_bertram_CM_89a_l_hotel_bertram_LDP_92 a_l_hotel_B_LM_1999 a_l_hotel_bertram_LDP_2003

Le Masque – 1967 – 251 pages

Éditions Librairie des Champs-Elysée – 1979 – 251 pages

Le Masque – juillet 1984 – 278 pages

Le Masque - août 1984 - 251 pages

Le Masque - juin 1989 - 251 pages

Livre de Poche – janvier 1992 – 278 pages

Le Masque – novembre 1999 – 280 pages

Livre de Poche – octobre 2003 – 251 pages

traduit de l'anglais par Claire Durivaux

Titre original : At Bertram’s Hotel, 1965

Quatrième de couverture :
Ah ! les muffins de l'hôtel Bertram... Ils n'ont pas leur pareil. Non plus que le thé, le personnel stylé et les clients, ladies respectables, ecclésiastiques et officiers en retraite qui viennent y retrouver l'atmosphère d'antan... Vraiment l'hôtel Bertram est plus victorien que nature, et Miss Marple se réjouit d'y passer une semaine. Et pourtant, quelques détails la troublent : cette jeune fille, Elvira, qui s'est amourachée d'un pilote de course peu recommandable, sa mère, une aventurière décidée, et ce pauvre chanoine Pennyfather qui disparaît... Il est bien étourdi, mais tout de même... Décidément, tout n'est peut-être pas aussi paisible et feutré qu'il y paraît... à l'hôtel Bertram.

Auteur :  Agatha Christie (1890-1976) est la reine incontestée et inégalée du roman policier classique. Née à Torquay, son premier roman La mystérieuse affaire de Styles est publié en 1920 et voit la naissance d’un écrivain et d’un personnage : Hercule Poirot. Très vite, sa renommée est mondiale. Elle est à la tête d’une prodigieuse production littéraire et reste aujourd’hui l’un des auteurs les plus lus à travers le monde, toutes générations confondues.

Mon avis : (lu en décembre 2011)
Miss Marple est en vacances à l'hôtel Bertram situé au cœur du West End de Londres. « L'hôtel Bertram se trouve là depuis longtemps. Durant la guerre, les maisons sur sa droite, furent démolies, ainsi que celles, un peu plus loin, sur sa gauche, mais le Bertram fut épargné. » Il fait partie des vestiges du passé, tout y respire une atmosphère édouardienne, l'ambiance y est feutrée. La réputation y est excellente.  « La clientèle du Bertram se recrutait, depuis toujours, dans la hiérarchie ecclésiastique, parmi les ladies douairières de l'aristocratie, arrivant de la campagne et les jeunes filles qui sortant d'institutions coûteuses, retournaient chez leurs parents pour les vacances. »
C'est vraiment l'hôtel Bertram le personnage central de cette enquête d'Agatha Christie. L'intrigue met beaucoup de temps à s'installer, beaucoup d'évènements autour des clients de l'Hôtel se mélangent et c'est seulement à la page 184 (pour un livre de 250 pages) que ce produit le premier meurtre ! Miss Marple est seulement présente comme (très bonne) observatrice, ce n'est pas elle qui mène l'enquête. Mais sa contribution en tant que témoin va être décisive...
Ce n'est peut-être pas la meilleure enquête d'Agatha Christie mais j'ai apprécié l'ambiance anglaise, les descriptions de la vie de cet Hôtel où le thé et les muffins n'ont pas leur pareil !

Allons voir maintenant, qu'elles sont les lectures d'Agatha Chrisitie de Valérie et  d'Enna.

Extrait : (début du livre)
Le cœur du West-End abrite de nombreuses petites rues calmes, inconnues de presque tous, sauf des chauffeurs de taxis qui les traversent avec facilité, et arrivent à Park Lane, Barkeley Square ou South Audley Street.
Si, en venant du parc, vous tournez dans une ruelle sans prétention, et tournez à nouveau une ou deux fois, à gauche puis à droite, vous aboutirez dans une rue tranquille, où se dresse l'hôtel Bertram. L'hôtel Bertram se trouve là depuis longtemps. Durant la guerre, les maisons sur sa droite, furent démolies, ainsi que celles, un peu plus loin, sur sa gauche, mais le Bertram fut épargné. Toutefois, il ne put éviter d'être meurtri et marqué de cicatrices (comme diraient les agents immobiliers), mais grâce à une somme d'argent raisonnable, il fut restauré et reprit son aspect original. En 1955, il était précisément le même qu'en 1939, imposant sans ostentation et discrètement coûteux.
La clientèle du Bertram se recrutait, depuis toujours, dans la hiérarchie ecclésiastique, parmi les ladies douairières de l'aristocratie, arrivant de la campagne et les jeunes filles qui sortant d'institutions coûteuses, retournaient chez leurs parents pour les vacances. « Il y a si peu d'endroits où une jeune fille seule soit en sécurité à Londres, mais bien sûr, le Bertram est tout à fait convenable, nous y sommes allées durant des années. »

Déjà lu du même auteur :
10_petits_negres Dix petits nègres le_crime_de_l_orient_express_1977 Le crime de l'Orient-Express
un_cadavre_dans_la_bibli_M_1994  Un cadavre dans la bibliothèque le_noel_d_HP_LM_1991 Le Noël d'Hercule Poirot


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Grande-Bretagne

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06 décembre 2011

Le Noël d'Hercule Poirot - Agatha Christie

Calendrier de l'Avent
une idée de  Marmotte sur Livraddict

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Le Masque – décembre 1954 – 254 pages

Librairie Générale Française – 1965 – 249 pages

Le Masque – 1er trim 1977 – 251 pages

Le Masque – mars 1979 – 220 pages

Edito-Service S.A – 1982 – 176 pages

Le Masque – mars 1989 – 245 pages

Le Masque – novembre 1996 – 310 pages

Livre de poche – janvier 2002 – 222 pages

Livre de poche – août 2005 – 222 pages

Le Masque – décembre 2005 – 249 pages

traduit de l'anglais par Louis Postif

Titre original : Hercule Poirot's Christmas, 1939

Quatrième de couverture :
Pour la première fois depuis vingt ans, le vieux Siméon Lee a décidé de réunir tous ses enfants pour les fêtes de fin d'année. Le 24 décembre, on le trouve sauvagement assassiné dans sa chambre. Tout le monde, évidemment, détestait ce vieillard cynique : Alfred et sa femme pour la tyrannie qu'il exerçait sur leur couple, Harry pour les humiliations dont il a abreuvé sa mère, George pour la rente - trop parcimonieuse à son goût - qu'il lui sert, Harry, le fils prodigue, pour le mépris dans lequel il le tient. Et puis il y a ce mystérieux M. Farr qui vient d'Afrique du Sud. Et la jeune Pilar, la petite-fille espagnole, n'a-t-elle pas déclaré froidement que, si elle avait un ennemi, elle n'hésiterait pas à lui trancher la gorge ? Vraiment le vieux Siméon n'aurait pas dû faire part devant tout le monde de son intention de modifier son testament, il n'aurait pas dû faire cette scène détestable à ses enfants réunis, il n'aurait peut-être pas dû faire devant Pilar étalage de ses diamants...

Auteur :  Agatha Christie (1890-1976) est la reine incontestée et inégalée du roman policier classique. Née à Torquay, son premier roman La mystérieuse affaire de Styles est publié en 1920 et voit la naissance d’un écrivain et d’un personnage : Hercule Poirot. Très vite, sa renommée est mondiale. Elle est à la tête d’une prodigieuse production littéraire et reste aujourd’hui l’un des auteurs les plus lus à travers le monde, toutes générations confondues.

Mon avis : (lu en décembre 2011)
A la veille de Noël, Hercule Poirot est invité à résoudre le meurtre d'un vieil homme riche et tyrannique dans un manoir anglais. Toute sa famille était réunie pour Noël, il y a donc pour Hercule Poirot autant de suspects que de membres de la famille...
Voilà une histoire avec du suspens, de nombreux rebondissements et une conclusion aussi étonnante qu'inattendue...
C'est une enquête très réussie d'Agatha Christie et la relecture de ses livres m'amuse toujours autant.

DVD

Adaptations à la télévision :
Une série télévisée britannique avec l'acteur David Suchet datant de 1989 diffusé en France à partir de 1991. Le Noël d'Hercule Poirot (Hercule Poirot's Christmas) est l'épisode 1 de la saison 6.
Petits meurtres en famille est une mini-série française en quatre épisodes de 90 minutes, adaptée par Anne Giafferi et Murielle Magellan du roman Le Noël d'Hercule Poirot d'Agatha Christie. Réalisé par Edwin Baily avec Robert Hossein, Bruno Todeschini, Elsa Zylberstein, Antoine Duléry, Marius Colucci.
Diffusé en novembre et décembre 2006 sur France 2. Le succès de cette série encouragea France 2 à continuer ses adaptations de romans d'Agatha Christie, dans la série Les Petits Meurtres d'Agatha Christie, diffusée à partir de janvier 2009.
Dans l'adaptation française, l'histoire se passe en Bretagne en 1939, pas d'Hercule Poirot mais le Commissaire Jean Larosière assisté de l'inspecteur Émile Lampion.

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Extrait : (page 50)
Le vieillard toucha une clochette posée sur la table à côté de lui. Hordbury apparut aussitôt. Son maître lui dit :
- Priez Mr Alfred de venir ici.
Hordbury sortit.
- Cet individu écoute aux portes ! murmura Harry.
- Probablement.
Alfred entra précipitemment. Ses traits s'assombrirent lorsqu'il vit son frère.
- Tu m'as demandé, Père ?
- Oui. Assieds-toi. Je songe à réorganiser un peu notre train de vie maintenant que nous avons ici deux personnes de plus.
- Deux?
- Pilar vivra désormais sous notre toit. Et Harry est rentré pour de bon à la maison.
- Harry va vivre avec nous ? dit Alfred.
- Pourquoi pas, mon vieux? lui dit Harry.
Alfred se tourna brusquement vers lui:
- Tu devrais le savoir !
- Je regrette, je ne comprends pas...
- Après tout ce qui est arrivé... la façon dont tu t'es conduit... le scandale... Quand je pense à ce que père a fait pour toi et la façon dont tu l'en as remercié...
- Écoute, Alfred. Il me semble que cela regarde Père, et non toi. S'il veut pardonner et oublier...
- Je le veux, dit Simeon. Harry est mon fils, après tout.
- Oui, dit Alfred, mais il s'est mal comporté envers toi, Père.
- Harry demeurera ici. J'ai dit ! J'aime beaucoup Harry, ajouta-t-il en posant doucement la main sur l'épaule de son fils aîné.
Alfred, blafard, se leva et quitta la pièce. Harry se leva également et sortit après lui, en riant.
Simon ricanait tout seul.

 

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Le défi de Noël
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01 décembre 2011

Le secret de la pyramide – Alan Arnold

Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : SECRET

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J'ai lu – mars 1986 – 221 pages

J'ai lu – février 2001 – 221 pages

traduit de l'anglais par France-Marie Watkins

Titre original : Young Sherlock Holmes, 1985

Quatrième de couverture :
Sherlock Holmes et John Watson sont encore au collège quand se succèdent soudain de singuliers « faits divers ». Plusieurs vieux messieurs, aussi rassis que bien nantis, se suicident ou trouvent la mort dans de subites crises de folie.
Le jeune Sherlock Holmes est persuadé que la police doit agir mais à Scotland Yard on se moque de ce gringalet et de ses « déductions » farfelues.
Il mènera donc sa propre enquête, en compagnie, il va sans dire , du cher et déjà inséparable Watson.
Une enquête fort mouvementée qui les conduira dans les bas fonds de la ville où se tapit une secte aux rites atroces et s'achèvera par le survol de Londres à bord d'une bizarre et bien peu fiable machine volante !
Pourquoi cette délirante course contre la montre ?

Auteur : Né à Londres, il a d'abord été journaliste, en particulier envoyé spécial à New York, puis il s'est consacré à la littérature : romans et biographies. Il est aussi scénariste. Le secret de la pyramide est devenu un film à succès.

Mon avis : (relu en 2011)
J'avais acheté ce  livre après avoir vu au cinéma le film sorti en 1986 et réalisé par Barry Levinson et produit par Steven Spielberg. Je n'ai pas réussi à savoir si ce livre a été adapté au cinéma ou a été écrit pour le cinéma...
Ce livre est un pastiche des aventures de Sherlock Holmes, l'auteur imagine la rencontre entre Sherlock Holmes et John Watson lorsqu'ils ont seize ans. Londres en 1870, le jeune John Watson arrive dans une nouvelle école. Il y rencontre un autre adolescent à l'esprit de déduction très développé : un certain Sherlock Holmes. Et très vite, les deux adolescents se lient d'amitié. Une série de morts suspectes ont eu lieu dans Londres, la police pense qu'il s'agit de suicides. Puis l'un des professeurs de l'école est retrouvé sur le trottoir avec un couteau planté dans la poitrine, Holmes est là au moment où il dira ses derniers mots. C'est le début d'une enquête criminelle qui conduira Holmes et Watson sur la piste d'une secte qui adore les dieux de l'ancienne Égypte. L'aventure est palpitante et semée d'embuches et d'hallucinations...

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Film : Réalisé en 1985 par Barry Levinson avec Nicholas Rowe, Alan Cox, Sophie Ward. Très bon film d'aventure avec une atmosphère empreinte de magie et de fantastique qui rappelle un peu Harry Potter. C'est le premier film à bénéficier d'un personnage entièrement en images de synthèse (un chevalier qui sort d'un vitrail).

 

Extrait : (page 15)
J'avais seize ans cette année-là et j'étais en pension à Carlisle, juste au sud de la frontière écossaise. Ce malheureux établissement, jamais très bien doté, succombait sous une montagne de dettes et de factures de scolarités impayées. Quand il ferma, mon père décida de m'envoyer au collège Brompton, dans le quartier de South Kensington, dont il avait entendu dire du bien par un ami. Je ne sus jamais qui était cet ami mais le recul me permet de conclure qu'il n'était pas un très bon juge en matière d'institutions scolaires.
Mon ambition était de marcher sur les traces de mon père et de devenir médecin ; on espérait que Brompton me préparerait à de futures études médicales à l'université de Londres. Cela finit par arriver en effet mais le lecteur en conclura peut-être que ce fut plutôt en dépit des années passées à Brompton qu'aux douteux avantages que j'en retirai. Dès le début, mes études ne furent pas seulement compromises par le niveau inférieur de l'enseignement mais par mes fréquentations.
Ce n'est pas sans hésitation que je souligne ce dernier point car, en revenant sur le passé, je me rends compte que ce fut pour moi un singulier privilège de connaître un jour Sherlock Holmes aussi intimement, même si par moments je maudissais son insupportable égoïsme. Cependant, j'allai bien à l'université, dont je sortis en 1878 avec un doctorat en médecine, en bonne et due forme. Je devins médecin militaire attaché au 5e Fusiliers du Nothumberland et plus tard aux Berkshires avec lesquels je servis à la bataille fatale de Maiward (1880), théâtre d'une sanglante défaite des Britanniques devant Ayub Khan.

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29 novembre 2011

Bettý – Arnaldur Indridason

betty Éditions Métailié - octobre 2011 – 205 pages

traduit de l'islandais par Patrick Guelpa

Titre original : Bettý, 2003

Quatrième de couverture :
Dans ma cellule je pense à elle, Bettý, si belle, si libre, qui s’avançait vers moi à ce colloque pour
me dire son admiration pour ma conférence. Qui aurait pu lui résister. Ensuite, que s’est-il passé ?
Je n’avais pas envie de ce travail, de cette relation. J'aurais dû voir les signaux de danger. J'aurais
dû comprendre bien plus tôt ce qui se passait. J'aurais dû… J'aurais dû… J'aurais dû…
Maintenant son mari a été assassiné et c’est moi qu’on accuse. La police ne cherche pas d’autre
coupable. Je me remémore toute notre histoire depuis le premier regard et lentement je découvre
comment ma culpabilité est indiscutable, mais je sais que je ne suis pas coupable.
Un roman noir écrit en parallèle avec la série des aventures du commissaire Erlendur Sveinsson.

Auteur : Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l’auteur de romans noirs couronnés de nombreux prix prestigieux, publiés dans 37 pays.

Mon avis : (lu en novembre 2011)
Voilà un nouveau roman d'Arnaldur Indridason, qui a été écrit avant sa série avec le commissaire Erlendur et qui est paru en Islande en 2003.
Le narrateur est en prison. « Je ne me suis pas encore bien rendu compte de ce qui s'est passé, mais je sais enfin quel a été mon rôle dans cette histoire.
J'ai essayé de comprendre un peu mieux tout ça et ce n'est pas facile. Je ne sais pas, par exemple, quand cela a commencé. » Il se remémore donc toute cette histoire, depuis sa rencontre avec Bettý. Il nous raconte alors comment il s'est fait piéger. Bettý est la femme d'un riche armateur. C'est une femme fatale, ensorcelante et manipulatrice... Cela ressemble à un roman noir plutôt classique. Et à mi-roman, une révélation surprise va faire reconsidérer au lecteur tout le début de l'histoire... Je n'ai rien vu venir ! Voilà un roman sombre avec une intrigue très bien construite.
Surprenant et intelligent !

Extrait : (début du livre)
Je ne me suis pas encore bien rendu compte de ce qui s'est passé, mais je sais enfin quel a été mon rôle dans cette histoire.
J'ai essayé de comprendre un peu mieux tout ça et ce n'est pas facile. Je ne sais pas, par exemple, quand cela a commencé. Je sais quand a débuté ma participation, je me rappelle le moment où je l'ai vue pour la première fois et peut-être que mon rôle dans cette étrange machination avait été décidé depuis longtemps. Longtemps avant qu'elle ne vienne me voir.
Aurais-je pu prévoir cela ? Aurais-je pu me rendre compte de ce qui se passait et me protéger ? Me retirer de tout cela et disparaître ? Je vois, maintenant qu'on sait la façon dont tout ça s'est combiné, que j'aurais dû savoir où on allait. J'aurais dû voir les signaux de danger. J'aurais dû comprendre bien plus tôt ce qui se passait. J'aurais dû… J'aurais dû… J'aurais dû…
C'est curieux comme il est facile de commettre une erreur lorsqu'on n'est au courant de rien. Ce n'est même pas une erreur, tant qu'on ne se rend compte de rien et que c'est beaucoup plus tard que l'on comprend ce qui s'est passé ; tant qu'on ne regarde pas en arrière et qu'on ne voit pas comment ni pourquoi tout cela s'est produit. J'ai commis une erreur. Tomber dans le panneau, une fois encore, voilà ce qui m'est arrivé. Dans certains cas, c'était volontairement. Dans mon for intérieur, je le savais et je savais aussi qu'il y avait danger, mais je ne savais pas tout.
Je pense parfois que sans doute je retomberais encore dans le panneau, si seulement j'en avais l'occasion. Ils sont très corrects envers moi, ici. Je n'ai ni journaux, ni radio, ni télévision, comme ça je n'ai pas les informations. Je ne reçois pas non plus de visites. Mon avocat vient me voir de temps en temps, le plus souvent pour me dire qu'il n'y a aucun espoir en vue. Je ne le connais pas bien. Il a une grande expérience, mais il reconnaît lui-même que ce procès risque de le dépasser. Il a parlé avec les femmes dont j'ai trouvé l'adresse, pensant qu'elles pourraient m'aider, mais il dit que c'est plus que douteux. Dans tout ce dont elles peuvent témoigner, très peu de choses concernent l'affaire elle-même.
J'ai demandé un stylo et quelques feuilles de papier. Le pire, dans cet endroit, c'est le calme. Il règne un silence qui m'enveloppe comme une couverture épaisse. Tout est réglé comme du papier à musique. Ils m'apportent à manger à heure fixe. Je prends une douche tous les jours. Ensuite, il y a les interrogatoires. Ils éteignent la lumière pendant la nuit. C'est là que je me sens le plus mal. Dans l'obscurité avec toutes ces pensées. Je m'en veux terriblement d'avoir permis qu'on m'utilise. J'aurais dû le prévoir.
J'aurais dû le prévoir.
Et pendant la nuit, dans l'obscurité, voilà que le désir fou, le désir fou de la revoir m'envahit. Si seulement je pouvais la revoir une fois encore. Si seulement nous pouvions être ensemble, ne serait-ce qu'une fois encore.
Malgré tout.

Déjà lu du même auteur :

la_cit__des_jarres La Cité des jarres  la_femme_en_vert La Femme en vert 

la_voix La Voix l_homme_du_lac L'Homme du lac 

hiver_arctique Hiver Arctique  hypothermie Hypothermie la_rivi_re_noire La rivière noire

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Islande

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
Viking_Lit

Challenge 4%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
25/28

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie noire
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Islande

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Prénom"

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25 novembre 2011

Cyanure – Camilla Läckberg

cyanure Actes Sud - novembre 2011 - 157 pages

traduit du suédois par Lena Grumbach

Titre original : Snöstorm och mandeldoft, 2007

Quatrième de couverture :
Quelques jours avant Noël, Martin Molin, le collègue de Patrick Hedström, accompagne sa petite amie Lisette à une réunion de famille sur une île au large de Fjällbacka. Mais au cours du premier repas, le grand-père, un richissime magnat de l'industrie, leur annoce une terrible nouvelle avant de s'effondrer, terrassé. Dans son verre, Martin décèle une odeur faible mais distincte d'amande amère. Une odeur de meurtre. Une tempête de neige fait rage, l’île est isolée du monde et Martin décide de mener l’enquête. Commence alors un patient interrogatoire que va soudain troubler un nouveau coup de théâtre.
Offrant une pause à son héroïne Erica Falck, Camilla Läckberg nous livre un polar familial délicieusement empoisonné.

Auteur : Née en 1974, Camilla Läckberg est l’auteur d’une série de romans policiers mettant en scène le personnage d’Erica Falck. Ses ouvrages caracolent tous en tête des ventes en Suède comme à l’étranger. Dans la collection “Actes noirs” ont déjà paru La Princesse des glaces (2008), Le Prédicateur (2009), Le Tailleur de pierre (2009), L’Oiseau de mauvais augure (2010) et L’Enfant allemand (2011).

Mon avis : (lu en novembre 2011)
J'ai un avis mitigé sur ce livre. En effet, j'étais ravie de savoir qu'un nouveau livre de Camilla Läckberg était édité. Puis en regardant de plus près, je découvre sur Am*z* qu'il ne fait que 128 pages (en réalité, il y a 156 pages, format Actes Sud) et qu'il ne fait pas partie de la série d' Erica Falck. Le rapport prix/contenu est un peu fort... (pour ma part, je l'ai emprunté à la Bibliothèque).
Passons à l'intrigue, une réunion familiale a lieu sur une petite île suédoise. Martin Molin, policier collègue de Patrick Hedström, y accompagne sa petite amie Lisette. Lors du dîner, Ruben Liljecrona, le patriarche de la famille annonce à tous qu'il les a déshérité et subitement il meurt. Dehors, une tempête de neige fait rage, il est impossible de quitter l'île et les moyens de communication avec l'extérieur sont coupés. Martin est contraint seul de prendre en main cette enquête en huis clos.
Dès le début du livre, on pense à Agatha Christie. Martin doute un peu plus qu'un enquêteur classique, mais il mène son enquête à « l'ancienne » en interrogeant tour à tour les membres de la famille présents, les caractères de chacun se révèlent, les langues se délient...
Le livre est court, l'histoire n'a rien d'originale et venant de Camilla Lackberg, je suis déçue, elle nous a habitué à beaucoup mieux que cela... Ce livre ressemble surtout un coup commercial et c'est dommage...
J'attends donc avec encore plus d'impatience la suite des aventures d'Erica Falck, il existe encore trois tomes écrits en suédois et pas encore traduits en français...

Extrait : (début du livre)
Ça sentait de nouveau la neige. Noël était dans moins d’une semaine et le mois de décembre avait déjà apporté son lot de froid et de flocons. Pendant plusieurs semaines, une glace épaisse avait recouvert la mer, mais le redoux de ces derniers jours l’avait rendue fragile et traîtresse.
Martin Molin se tenait à l’avant du bateau qui faisait cap sur Valö dans le chenal ouvert dans la glace par la vedette de sauvetage en mer. Il se demandait s’il avait pris la bonne décision. Lisette avait tellement insisté pour qu’il vienne. Elle l’avait supplié même. Les réunions de famille n’étaient pas son fort, avait-elle dit, et celle-ci se passerait beaucoup mieux s’il était là. Seulement, une rencontre avec sa famille sous-entendait que leur relation était sérieuse, et il ne voyait pas du tout les choses ainsi.
Mais maintenant c’était fait. Il le lui avait promis et il était là, en route pour l’île de Valö et l’ancienne colonie de vacances transformée en maison d’hôte, où il passerait deux jours avec la famille de Lisette.
Il se retourna. Fjällbacka était magnifique, surtout en hiver, lorsque ses petites maisons rouges étaient enfouies dans toute cette blancheur. La haute montagne grise qui ceinturait la petite ville lui apportait aussi une intensité dramatique et une esthétique incomparables. Il devrait peut-être abandonner Tanumshede pour venir vivre ici, se dit-il en riant de cette idée folle. Le jour où il aurait gagné au loto, peut-être.
— Vous me lancez le bout ? cria l’homme sur l’appontement. Martin émergea de ses rêveries.
Il se pencha et prit la corde enroulée à l’avant du bateau. Lorsqu’ils furent suffisamment près du ponton, il la jeta à l’homme qui l’attrapa habilement et amarra l’embarcation.
— Vous êtes le dernier. Tous les autres sont déjà là.
Martin descendit prudemment la petite passerelle glissante et prit la main qu’il lui tendait.
— Je devais terminer quelques dossiers au commissariat avant de partir.
— Oui, j’ai appris qu’on allait avoir un représentant des forces de l’ordre pour le week-end. Je me sens tout de suite plus rassuré, dit l’homme avec un gros rire avant de se présenter : je suis Börje. Avec ma femme, on a repris l’endroit, et du coup, je suis l’homme à tout faire ici : menuisier, cuisinier, majordome. Eh oui, mieux vaut avoir plusieurs cordes à son arc.
Il partit encore une fois d’un rire jovial.
Martin attrapa son sac et suivit Börje en direction des lumières qui scintillaient entre les arbres.
— D’après ce qu’on m’a dit, vous avez fait des miracles avec ce vieux bâtiment, dit-il.
— Ça a été pas mal de boulot, répondit fièrement Börje. Et d’argent. Il faut le reconnaître. Mais on est arrivés au bout de nos peines maintenant. C’était plein cet été, et ma dulcinée et moi, on a eu des gens jusque tard en automne. Notre offre de Noël remporte un franc succès, on ne s’y attendait pas.
— J’imagine que les gens ont envie d’échapper à l’hystérie des fêtes, dit Martin.
Il s’efforça de ne pas trop souffler en montant le raidillon vers la maison. Il eut un peu honte. Sa condition physique était lamentable. Compte tenu de son âge et de son métier, il aurait dû être en meilleure forme.
En levant un instant les yeux du sentier, il fut saisi d’émerveillement. Ils avaient réellement fait des miracles avec le vieux bâtiment. Comme la plupart de ceux qui avaient grandi dans la région, Martin était venu à Valö avec l’école ou pour des camps de vacances, et il se rappelait une maison verte, certes jolie, mais assez délabrée et entourée d’une immense pelouse. Aujourd’hui, de la peinture blanche était venue recouvrir l’ancienne, et la maison rénovée de fond en comble était un vrai bijou. Une lumière chaude semblait ruisseler des fenêtres et mettait en valeur la façade claire. Devant l’escalier, on avait allumé des bougies d’extérieur et par une fenêtre du rez-de- chaussée, il aperçut un grand sapin de Noël. C’était un décor féerique et il marqua une halte pour l’admirer.
— Joli, n’est-ce pas ? dit Börje qui s’arrêta également.
— C’est incroyable, répondit Martin, époustouflé.
Ils arrivèrent à la maison, entrèrent dans le vestibule et tapèrent des pieds sur le sol pour ôter la neige de leurs chaussures.
— Voilà le dernier arrivé ! cria Börje, et Martin entendit des pas rapides s’approcher.
— Martin ! Comme je suis contente de te voir !
Lisette se jeta à son cou et Martin eut de nouveau le sentiment qu’il n’aurait pas dû venir. Lisette avait beau être mignonne et sympathique, il commençait à se dire qu’elle prenait leur relation trop au sérieux. Il était cependant trop tard pour faire marche arrière. Il fallait seulement essayer de survivre à ce week-end.
— Viens !
Elle le prit par la main et l’entraîna plus ou moins de force vers la grande salle à gauche du vestibule. Dans les souvenirs de Martin, il s’agissait d’un dortoir encombré de lits superposés. A présent, une main au goût sûr l’avait transformée en une salle de séjour et une bibliothèque. Un énorme sapin de Noël décoré dans les règles de l’art trônait au centre de la pièce.
— Le voici ! claironna triomphalement Lisette.
Tous les regards se tournèrent vers lui. Il réprima l’envie de rajuster le col de sa chemise et se contenta de faire un petit geste ridicule de la main. Lisette lui fit comprendre par un petit coup de coude que l’on s’attendait probablement à plus de sa part, et il entreprit d’aller saluer chacun des invités. Lisette l’accompagna et se chargea des présentations.

Lu du même auteur :

la_princesse_des_glaces La Princesse des glaces  le_pr_dicateur Le Prédicateur

le_tailleur_de_pierre Le Tailleur de pierre l_oiseau_de_mauvais_augure L'Oiseau de mauvais augure

l_enfant_allemand L'Enfant allemand

Challenge 4%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
24/28

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie noire
dc3a9fi_scandinavie_noire

Suède : Camilla Läckberg

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Suède

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
Viking_Lit

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 8/8

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09 novembre 2011

Un cadavre dans la bibliothèque – Agatha Christie

un_cadavre_dans_la_bibli_LCE_1967 un_cadavre_dans_la_bibli_M_1974 un_cadavre_dans_la_bibli_ES_1982 un_cadavre_dans_la_bibli_LP_1982 un_cadavre_dans_la_bibli_M_1983 un_cadavre_dans_la_bibli_M_1994 un_cadavre_dans_la_bibli_LP_2001 un_cadavre_dans_la_bibli_HJ_2007 un_cadavre_dans_la_bibli_LPJ_2007 un_cadavre_dans_la_bibli_LP_2007 un_cadavre_dans_la_bibli_M_2011

Librairie des Champs-Elysées - janvier 1967 – 185 pages

Le Masque – 1974

Edito-Service SA – 1982 – 144 pages

Livre de Poche – 1982 -

Editions du Masque – janvier 1983 – 184 pages

Le Masque – octobre 1994 – 190 pages

Livre de Poche – novembre 2001 – 190 pages

Hachette Jeunesse – février 2007 – 284 pages

Livre de Poche Jeunesse – septembre 2007 – 284 pages

Livre de Poche – décembre 2007 – 218 pages

Le Masque – juin 2011 – 192 pages

traduit de l’anglais par Louis Postif

Titre original : The body in the library, 1942

Quatrième de couverture :
Le colonel Bantry est contrarié : on l'a tiré de son sommeil pour lui faire constater un fait particulièrement vexant : une jeune femme, inconnue de lui, a été retrouvée étranglée dans sa bibliothèque...  Venir ainsi se faire assassiner chez les gens ! Surtout que la jeune personne est vêtue d'une toilette tape-à-l'œil - du satin bon marché et paillettes ! Tout à fait déplacé dans la bibliothèque aristocratique du manoir...
Cruelle énigme pour la police. Heureusement, le manoir des Bantry est voisin de Saint-Mary-Mead, le village de miss Marple. C'est le bon sens de cette sympathique vieille dame qui, une fois de plus, permettra de trouver la solution...

Auteur :  Agatha Christie (1890-1976) est la reine incontestée et inégalée du roman policier classique. Née à Torquay, son premier roman La mystérieuse affaire de Styles est publié en 1920 et voit la naissance d’un écrivain et d’un personnage : Hercule Poirot. Très vite, sa renommée est mondiale. Elle est à la tête d’une prodigieuse production littéraire et reste aujourd’hui l’un des auteurs les plus lus à travers le monde, toutes générations confondues.

Mon avis : (lu ou relu en novembre 2011)
J’ai voulu lire ou relire cet Agatha Christie après avoir vu à la télévision son adaptation « Un cadavre sur l'oreiller » dans la série Les Petits Meurtres d'Agatha Christie, avec Antoine Duléry et Marius Colucci. Lorsque j’étais ado, j’ai lu beaucoup d’Agatha Christie dont j’ai oublié la plupart des titres.
C'est la troisième enquête où Miss Marple apparaît.
Le roman commence lorsqu’une jeune fille en tenue légère est retrouvée étranglée dans la bibliothèque du manoir des Bantry. Qui est cette inconnue ? Pourquoi est-elle dans la bibliothèque du respectable colonel Bantry et de son épouse ? Mrs Bantry s’empresse alors de contacter sa voisine Miss Marple pour résoudre cette énigme…
Dans ce roman policier paru en 1942, Agatha Christie, comme d’habitude, déborde d'ingéniosité pour nous concocter une intrigue avec fausses pistes et rebondissements... L’histoire est prenante, et le suspense nous fait tourner pages après pages pour découvrir la résolution de l’énigme. Une lecture divertissante et amusante.

Ce livre a été adapté plusieurs fois à la télévision :

affiche_Miss_Marple__Un_cadavre_dans_la_bibliotheque_Miss_Marple__The_Body_in_the_Library_1984_1

En 1984, dans le cadre de la première série télévisée britannique Miss Marple (en anglais : Agatha Christie's Miss Marple)», produite par la BBC.

marple2004

En 2004, dans le cadre la seconde série télévisée britannique Miss Marple (en anglais : Marple), avec Geraldine McEwan dans le rôle de la vieille dame. C'est le premier épisode de la Saison 1.

 petit_meurtre_

En 2011, sur France 2, dans la série Les Petits Meurtres d'Agatha Christie, avec Antoine Duléry et Marius Colucci. Épisode 9 : Un cadavre sur l'oreiller.

 

Extrait : (début du livre)
Mrs Bantry rêvait : ses pois de senteur avaient obtenu le premier prix à l’exposition florale. Le pasteur, revêtu de son surplis, distribuait les récompenses à l’église et sa femme, en costume de bain, le suivait. Fort heureusement, ce n’était qu’un rêve, sans quoi cette tenue irrévérencieuse eût soulevé la désapprobation de tous les fidèles.
Mrs Bantry savourait cette douce torpeur du matin qui se terminait d’ordinaire par l’apparition de la servante apportant le thé. Elle percevait vaguement les multiples bruits familiers de la maison qui s’éveille : le glissement des rideaux de la fenêtre de l’escalier, tirés par la femme de chambre, le frottement du balai de la bonne à tout faire dans le couloir, et, en bas, le grincement du verrou de la porte d’entrée qu’on ouvre.
Une nouvelle journée commençait. En attendant le réveil la dormeuse s’efforçait de tirer le plus de plaisir possible de l’Exposition florale, car déjà elle avait peur d’un insuccès.
Dans le salon, au-dessous d’elle, on poussait bruyamment les volets de bois. Ce bruit ne l’éveilla pas et, pendant une demi-heure encore, le va-et-vient de la maisonnée au travail se poursuivrait, discret, étouffé, trop habituel pour troubler sa rêverie. Ce remue-ménage atteindrait son point culminant et final lorsque se produiraient dans le couloir une rapide succession de pas, le froissement d’une robe de percale, le cliquetis sourd des tasses de porcelaine sur le plateau, puis un petit coup frappé à sa porte et l’entrée de Mary allant ouvrir les rideaux.
Dans son demi-sommeil, Mrs Bantry fronça le sourcil. Quelque chose d’insolite venait de frapper son subconscient : dans l’escalier, un bruit de pas trop précipités et en avance sur l’heure habituelle. Son oreille chercha le léger heurt des objets en porcelaine, mais en vain : ce matin-là, elle ne l’entendit point.
Cependant le coup fut donné sur la porte et, automatiquement, des profondeurs de sa rêverie, Mrs Bantry dit :
- Entrez !
La porte s’ouvrit, les anneaux allaient glisser aux fenêtres.
Pas du tout. Dans la lumière diffuse de la chambre, la voix de Mary s’éleva, haletante et affolée :
- Madame ! Madame ! Il y a un cadavre dans la bibliothèque !
Puis, avec un sanglot nerveux, la femme de chambre sortit.
Mrs Bantry se dressa sur son séant.
Son rêve prenait-il un tour extravagant, ou Mary s’était vraiment précipitée dans la pièce en criant cette phrase incroyable, fantastique ! « Madame, il y a un cadavre dans la bibliothèque » ? 

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

Lu dans le cadre du Challenge Agatha Christie
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Challenge le nez dans les livres
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Le Liseur : 3/4

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Objet"

 

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08 novembre 2011

Printemps - Mons Kallentoft

C'est le 700ème livres chroniqués...

printemps Le Serpent à Plumes – septembre 2011 – 549 pages

traduit du suédois par Frédéric Fourreau

Titre original : Vårlik, 2010

Quatrième de couverture :
C'est l'affolement en ville. Une bombe vient d'exploser en plein centre de Linköping, tuant deux fillettes et blessant grièvement leur mère, Hanna Vigerö. Pour les enquêteurs, les pistes sont multiples. Acte terroriste ? Guerre des gangs ? L'investigation piétine. Et si l'attentat visait en fait la famille Vigerö ? Pour Malin Fors, il s'agirait d'une affaire plus personnelle.
Malin aussi a ses problèmes. Elle lutte pour ne pas replonger dans l'alcool, sa mère vient de mourir. Et quand son père rentre de Ténérife, le secret que lui cachaient ses parents depuis toutes ces années fait enfin surface.

Auteur : Mons Kallentoft est né en 1968 en Suède. Journaliste et auteur, il a déjà publié cinq romans qui ont reçu de nombreux prix. Hiver, Été et Automne se sont vendus à plus de 50 000 exemplaires en France et ont été traduits dans 19 pays.

Mon avis : (lu en novembre 2011)
Après, Hiver, Eté, Automne voilà avec Printemps le quatrième tome de la série. Les saisons sont peut-être dans le désordre, mais il faut les lire dans cet ordre là. En effet, tout au long des épisodes en parallèle des enquêtes criminelles nous suivons la vie personnelle de l’héroïne Malin Fors, commissaire et mère célibataire.
J’avais été déçue par “Automne”, Malin Fors était en pleine dépression, l’intrigue policière avait mis beaucoup de temps à s’installer, l’histoire était brouillonne… Dans Printemps c’est l’inverse, dès les premières pages Mons Kallentoft plonge le lecteur dans l’intrigue policière, en effet une bombe explose en plein centre de Linköping, tuant deux fillettes et blessant grièvement leur mère.  Toute l’équipe de Malin est sur le pont pour découvrir l’origine de cet attentat, les pistes sont multiples, peu à peu l’enquête s’enlise… C’est sans compter sur le don de Malin, celle-ci est capable de capter les voix des morts, ici les deux fillettes, (paragraphes en italiques) donnant ainsi des indices en avant première au lecteur.
Dans sa vie personnelle, Malin vient de perdre sa mère, son père revient vivre en Suède et Malin va enfin découvrir le secret que lui cachaient ses parents depuis toujours…
Dans cette épisode « printanier », j’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir Malin en forme, mais encore fragile et une intrigue très bien construite avec rebondissements et surprises.
J’ai découvert sur la blogosphère que Printemps ne serait pas le dernier de la série car l'auteur serait occupé à écrire un nouvel épisode où Malin devrait enfin résoudre une affaire non élucidée qui la hante depuis le premier tome. Cela me réjouie beaucoup car c’est difficile d’abandonner une héroïne si attachante !

Extrait : (page 15)
On pourrait presque voir son reflet dans le ciel tant son bleu est lumineux.
Il est de la couleur des flammes des fers à souder, se dit la maman en déambulant sur les pavés de la Grand-Place, tassés par les pas des milliers de personnes qui les ont foulés.
Le soleil est bas, ses rayons irradient l’atmosphère comme des javelots, avant de brûler le visage des gens assis sous les immenses parasols déployés aux terrasses de l’hôtel Mörner et du Grand Hôtel. Une chaleur perfide abrite un soleil qui reste froid.
En tournant le regard vers l’agence immobilière, la maman distingue les annonces désespérées qui recouvrent la vitrine. Elle remarque qu’il n’y a personne au distributeur automatique et lève les yeux sur l’horloge située sous le toit.
Dix heures et quart.
Tout autour de la place, ce ne sont que vitrines vides, boutiques et cafés fermés à cause de la crise. Des affichettes de soldes et de liquidations totales semblent implorer les passants, tandis que le pollen flotte dans l’air.
Il y a étonnamment peu de gens dehors, aujourd’hui, se dit-elle. Aucun stand sur la place, aucun paysan pour proposer ses légumes bio, aucun immigré pour tenter de vendre des fruits à la sauvette, aucun brocanteur pour exiger des sommes scandaleusement élevées pour des babioles qui auraient dû atterrir à la décharge depuis bien longtemps.

Le marchand de saucisses, en revanche, est bien là, dans un angle. Accroupi sous son parasol orange, jaune et rouge, il attend les estomacs affamés qui, à l’heure du déjeuner, ne manqueront pas de venir profiter de ses tarifs modérés.
Dix couronnes la saucisse. Le fleuriste est là, également, avec des tulipes roses, jaunes, rouges et orange.
Ses enfants, des jumelles, courent devant elle, vers le distributeur automatique de la SEB, là où elle retire de l’argent avant d’aller faire ses courses. Elles portent la même veste rose, le même jean, les mêmes chaussures de sport ornées de quatre bandes rouges.
Bien qu’elles soient deux, elles vivent, se déplacent et parlent comme une seule. Souvent, les gens sont incapables de les différencier, et ils sont enchantés par la joie de vivre et la beauté que dégagent les fillettes, comme si toute leur existence n’était qu’un hommage au monde et à la vie. 
Leurs cheveux blonds sont ébouriffés par le vent, leurs mouvements sont souples, mais toujours maladroits, signe qu’elles ont encore énormément de progrès à faire pour maîtriser leur corps, puis le vaste monde qui, à cet instant, sur cette place, dans cette petite ville de province, s’offre à elles.
La maman respire l’air printanier.
Elle perçoit le parfum des tulipes fraîchement écloses, un parfum éphémère. Profitez de l’instant présent, pense la maman en posant son regard sur ses filles, rien n’est acquis, tout à une fin, je le sais.

 

 

Déjà lu du même auteur :

hiver Hiver    _t_ Été automne Automne

 

Challenge 3%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
19/21

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie noire
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Suède : Mons Kallentoft

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Suède

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
Viking_Lit

Challenge des Agents Littéraires
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Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 7/8

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06 novembre 2011

Portes ouvertes – Ian Rankin

Lu dans le cadre du partenariat Logo_News_Book et des Éditions Du Masque 

portes_ouvertes Éditions du Masque – septembre 2011 – 450 pages

traduit de l’anglais (Écosse) par Stéphane Carn

Titre original : Doors Open, 2008 

Quatrième de couverture :
Trois compères décident de voler des tableaux à l'occasion de la journée Portes ouvertes de la National Gallery d'Édimbourg. Mike, 37 ans, a fait fortune en créant des logiciels informatiques et veut mettre un peu de piment dans sa vie. Robert Gissing, directeur de l'Institut d'art, va bientôt prendre sa retraite et a envie d'un cadeau de départ plus substantiel qu'une montre en or. Quant au banquier de la bande, Allan, il rêve d'accrocher chez lui deux œuvres qu'il a toujours aimées. Seulement voilà : monter un casse requiert des compétences, pas seulement de la matière grise. Et pour la logistique, des relations dans le milieu. Tout se complique très vite, surtout s'il faut louer les services d'un étudiant pour réaliser des copies... L'engrenage se révèle infernal, mais le trio a de la ressource. Polar hautement divertissant, retors et filant bon train, Portes ouvertes apporte la preuve qu'être voleur, ça ne s'improvise pas ! Rankin mène avec éclat cette fable pas très morale et nous surprend en alliant l'humour un rien cynique du Westlake de la série Dortmunder à l'efficacité trépidante d'un film comme Ocean's Twelve.

Auteur : Né en 1960 dans le comté de Fife, Ian Rankin est l’auteur de polars le plus célèbre de Grande-Bretagne et l’un des plus lus du monde grâce à la série de l'inspecteur Rebus. Il a obtenu toutes les récompenses imaginables, dont un Edgar Award et le Diamond Dagger pour l’ensemble de son œuvre, qui est traduite en vingt-deux langues. Il vit en famille à Edimbourg.

Mon avis : (lu en novembre 2011)
Je connaissais le nom de cet auteur mais je ne l'avais jamais lu, alors lorsque son nouveau livre a été proposé en partenariat par New Books, je n'ai pas hésité.
Trois gentlemen écossais, amateurs d'art ont une vie bien rangée où ils s'ennuient un peu. Il y a Mike Mackenzie, 37 ans, ayant fait fortune dans l'informatique, Allan Cruikshank presque 50ans, chargé de la gestion des grands comptes à la First Caledonian Bank et Robert Gissing, directeur de l’Institut d’Art, bientôt à la retraite. Ce dernier a un jour l'idée de profiter de la journée « Portes ouvertes » de la National Gallery d’Edimbourg pour dérober quelques tableaux oubliés dans un entrepôt où sont les réserves du musée. « Aider ces malheureux tableaux emprisonnés à s'évader. » Il propose à ses deux amis que réaliser avec lui le braquage parfait. Le plan imaginé fait appel à étudiant des Beaux Arts capable de réaliser des copies des tableaux et de substituer les faux tableaux aux vrais... Mais bien sûr, cela ne se passera pas tout à fait comme prévu...
Voilà un roman policier très plaisant à lire, le lecteur suit la préparation, la réalisation et les suites du braquage avec des retournements de situations et des surprises...

Merci à News Book et aux Éditions Du Masque pour m'avoir de permis de découvrir ce livre.

Extrait : (page 9)
Mike les avait repérées. Deux portes jumelles, dont l’une, en s’ouvrant, faisait se refermer l’autre. Chaque fois qu’un serveur en livrée poussait la première pour apporter les plateaux de petits-fours dans la salle des ventes, l’effet était le même : elle s’ouvrait à la volée sur son passage, tandis que sa voisine se refermait doucement. Ce qui en disait long sur la qualité des œuvres exposées, songea Mike. Il s’intéressait davantage aux réactions des portes de l’office… Mais non. En toute honnêteté, l’expo n’y était pour rien. C’était plutôt de lui qu’il s’agissait.
Mike Mackenzie avait trente-sept ans, il était riche et s’ennuyait ferme. A en croire les pages financières des journaux spécialisés, il était le type même du self-made man, un de ces jeunes « rois de l’informatique » dorés sur tranche – sauf qu’il ne régnait plus sur grand-chose depuis que sa boîte avait été revendue clés en main à un consortium d’investissement. Selon certaines rumeurs, peut-être fondées, Mike était même un cas typique de dépression professionnelle. Fraîchement émoulus de la fac, lui et son copain Gerry Pearson avaient lancé leur start-up. Gerry avait le génie de la programmation, mais ni l'étoffe ni le culot d'un directeur commercial, et Mike s'était vite retrouvé aux commandes du secteur relations extérieures de leur petite entreprise. Après le rachat de la boîte, ils avaient partagé entre eux le produit de la vente puis, sans crier gare, Pearson lui avait annoncé qu'il déménageait pour l'Australie.

Challenge 3%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
18/21

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Grande-Bretagne / Écosse

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07 octobre 2011

Jusqu'à la folie - Jesse Kellerman

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et les Editions des Deux Terres

jusqu___la_folie Éditions des Deux Terres - octobre 2011 - 384 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Julie Sibony

Titre original : Trouble, 2007

Quatrième de couverture : Dans une rue sombre de Manhattan, très tard dans la nuit, une jeune femme est agressée par un homme armé d un couteau. Jonah, un étudiant en médecine surmené, vole à son secours et tue accidentellement l agresseur. Pendant que les médias font de lui un héros, le procureur s interroge sur son geste héroïque. La victime, quant à elle, veut retrouver son sauveur et tient à lui montrer sa reconnaissance. Les événements s enchaînent, et Jonah est entraîné dans une spirale terrifiante. S il est vrai qu aucune mauvaise action ne demeure impunie, le châtiment de Jonah ne fait que commencer...

Auteur : Jesse Kellerman est né à Los Angeles. Son premier roman publié en France, Les visages, connut un succès immédiat en librairie, remporta le grand Prix des Lectrices de Elle en 2010 dans la catégorie policier et figura pendant plus de 40 semaines dans les classements des meilleures ventes. Jesse Kellerman vit en Californie avec sa femme et leur fils.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
Après avoir lu et beaucoup aimé Les visages le premier livre de Jesse Kellerman publié en France, je n’ai pas hésité à postuler pour ce partenariat. J’étais très curieuse de découvrir le nouveau livre de cet auteur américain. En fait, Jusqu’à la folie a été écrit avant Les Visages.

En toile de fond de ce thriller psychologique très prenant, il y a la ville de New-York que l'auteur décrit avec beaucoup de précision. Ici, c'est le milieu de l'hôpital et de la médecine qu'explore l'auteur. Dès le début du roman, Jesse Kellerman nous décrit son héros dans son quotidien d'étudiant en stage de chirurgie à l'hôpital. Nous assistons même en direct à une scène d'opération qui tourne mal et aucun des détails nous sera épargné...
Jonah Stem est un étudiant en médecine surmené. Une nuit, après une longue garde, alors qu’il rentre tranquillement chez lui, il entend une femme appelant au secours. Elle est menacée par un homme armé. Sans réfléchir, Jonah intervient et dans la bagarre, il tue accidentellement l’agresseur, mais la jeune femme est sauvée. Le lendemain, les médias le considèrent alors comme un héros. Mais la famille de l'agresseur porte plainte contre lui et une enquête démarre pour connaître les circonstances précises de l'agression.
Pendant ce temps là, la jeune femme sauvée, Eve Gones prend contact avec Jonah et une histoire d’amour commence alors entre eux. Jonah est pourtant toujours en contact avec son premier amour, Hannah, une jeune fille qu’il devait épouser mais qui a sombré dans la folie. La relation qui se crée entre Jonah et Eve n'est pas simple...
Jonah est un personnage très attachant, c'est quelqu'un de bon qui est toujours prêt à aider son prochain... De façon inattendue, il va se trouver pris au piège. Le personnage d'Eve Gones est également au cœur de ce livre.
Voilà un thriller efficace avec du suspens qui se lit facilement qui ne m'a pas déçue.
Seul petit bémol, vers le milieu du livre, j'ai trouvé qu'il y avait quelques longueurs mais heureusement l'originalité et la conclusion de l'histoire nous les font oublier.

Merci à Livraddict et aux Éditions des 2 Terres de m'avoir permis de découvrir le nouveau livre de Jesse Kellerman.

Logo Livraddict

Extrait : (début du livre)
Jeudi 19 août 2004

CHIRURGIE VISCÉRALE ET DIGESTIVE, PREMIÈRE SEMAINE

Jonah Stem entendit un cri.

Il était 3 heures moins le quart du matin et il marchait en direction de Times Square pour s’acheter de nouvelles chaussures. Les banales et robustes Rockport Walker qui avaient survécu à deux ans de médecine théorique avaient fini par succomber à ses réalités bassement glaireuses. Souillées au-delà du réparable, elles faisaient un bruit de succion et laissaient une traînée dans leur sillage, comme deux escargots géants. Parmi les qualités peu communes qu’elles avaient récemment acquises, on pouvait noter leur épouvantable odeur de merde humaine.
Mais ce n’était jamais que des chaussures. Leur dégradation en soi ne dérangeait pas Jonah, si ce n’est qu’elle mettait cruellement en évidence sa propre incompétence, chose qu’il n’avait pas besoin qu’on lui rappelle ces temps-ci vu le nombre de personnes qui se faisaient un plaisir de s’en charger.
Pour ce fiasco, comme pour tout en général, Jonah ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. Il connaissait les règles ; il avait lu la « Bible », il avait eu des échos par les Gentils Fantômes dela Troisième Année. Dès que vous aviez fini votre journée, la seule stratégie fiable, c’était la DLP : débarrasser le plancher. Et le plus vite possible. Pour peu que vous vous attardiez et qu’on vous mettait le grappin dessus, vous étiez DLM. Dans la merde. Surtout en chir. Les chirurgiens – ou plutôt les internes en chirurgie – se fichaient pas mal que vous ayez fini votre service depuis plus de vingt minutes (les praticiens se fichaient pas mal de vous tout court). Quand ils avaient besoin de vous, vous y alliez, point-barre. Et la meilleure façon d’éviter qu’on ait besoin de vous, c’était de déguerpir plus vite que votre ombre.
Au lieu de quoi il avait traîné. Il avait douze semaines à passer là, ça valait le coup de faire une reconnaissance du terrain. À trop poser de questions – même des questions inoffensives du genre : « Où est-ce qu’on se retrouve ? », ou bien : « Où sont les toilettes ? » – on passait pour un bleu. Et c’était la porte ouverte au harcèlement, parce que si les dieux de la Chirurgie ne se rappelaient jamais votre nom, ni que vous aviez peut-être d’autres obligations, que vous étiez un être humain avec du sang dans les veines et une volonté propre, en revanche ils n’oubliaient jamais, jamais, vos faiblesses. Ils repéraient ceux qui laissaient paraître leur ignorance et ils leur tombaient dessus, avides de leur transmettre leur implacable pédagogie médicale, dépourvue du moindre état d’âme et tournant en boucle sur elle-même, jusqu’à les faire pleurnicher comme des fillettes qui auraient fait pipi dans leur culotte.

Challenge 2%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
10/14

Challenge des Agents Littéraires
challenge_rentr_C3_A9e_litt_C3_A9raire_2011

Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
challenge_100_ans

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 6/8

Déjà lu du même auteur :
les_visages Les Visages

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05 octobre 2011

La lionne blanche – Henning Mankell

la_lionne_blanche la_lionne_blanche_p2005 la_lionne_blanche_p

Seuil – mars 2004 – 432 pages

Points – février 2005 – 487 pages

traduit du suédois par Anne Gibson

Titre original : Den vita lejoninnan, 1993

Quatrième de couverture :
Alors qu'en Afrique du Sud un groupe d'Afrikaners fanatiques commet un attentat, en Suède le corps d'une jeune mère de famille, Louise Åkerblom, est retrouvé au fond d'un puits. L'inspecteur Wallander enquête en vain. Jusqu'à ce qu'il découvre près du lieu du crime le doigt tranché d'un homme noir...
Y aurait-il un lien entre la réalité quotidienne de la province suédoise et la lutte politique sanglante qui se déchaîne à l'autre bout du monde ?

Auteur : Henning Mankell, né en Suède en 1948, est devenu mondialement célèbre grâce à ses fameuses enquêtes de l'inspecteur Kurt Wallander : une série de polars qui a commencé en 1991 avec Meurtriers sans visage et s'est vendue à des millions d'exemplaires dans le monde. Gendre d'Ingmar Bergman, dont il a épousé la fille Eva en secondes noces, Mankell a également écrit des livres pour la jeunesse, des romans dont le magnifique Les chaussures italiennes, paru en 2009, des pièces de théâtre. Depuis 1996, l'écrivain partage sa vie entre son pays natal et le Mozambique, où il dirige le Teatro Avenida.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver l’inspecteur Kurt Wallander dans sa troisième enquête. On sait qu’Henning Mankell partage sa vie entre la Suède et le Mozambique, pays voisin de l’Afrique du Sud. Avec La lionne blanche, il invente une intrigue où la Suède rejoint l’Afrique.

L’histoire commence en avril 1992 en Scanie, province de Suède, avec Louise Åkerblom, agent immobilière qui vient de conclure une affaire. Avant de retrouver sa famille pour le week-end, elle part visiter une maison dans la campagne, un peu perdue elle s’engage sur un chemin et se trouve face à un homme qui l'abat froidement d'une balle en plein front.
A l’autre bout du monde, en Afrique du Sud, Victor Mabasha, tueur professionnel, se voit proposer une mission très bien payée par un commanditaire Blanc. Sa cible est un homme politique de premier plan. Il n’en sait pas plus.
Le corps de Louise Åkerblom est retrouvé au fond d'un puits. Quelques jours plus tard, non loin de là, une maison explose. Dans les décombres, la police découvre des débris d’une radio émetteur-récepteur, de revolver et… un doigt tranché d’un homme noir. Kurt Wallander et son équipe sont sur cette enquête plutôt compliquée où les différents indices sont difficiles à interpréter...
Le lecteur découvre en parallèle à l’enquête suédoise, ce qu’il se passe à l’époque en Afrique du Sud. « En 1990, Nelson Mandela quittait la prison de Robben Island, après vingt-sept ans de détention.
Tandis que le reste du monde acclamait sa libération, beaucoup de Boers virent dans ce geste une déclaration de guerre. Le président De Klerk devenait à leurs yeux un traître, un pur objet de haine. »

Non seulement, nous suivons un enquête policière classique comme sait parfaitement les écrire Henning Mankell mais nous découvrons également une description de la réalité humaine et politique en Afrique du Sud. Ce livre est vraiment passionnant à double titre. Je suis devenue une inconditionnelle de cet auteur suédois ! 

Extrait : (page 27)
Le vendredi 24 avril, peu après quinze heures, l'agente immobilière Louise Åkerblom sortit des bureaux de la Caisse d'épargne de Skurup et s'attarda sur le trottoir pour respirer l'air printanier. Que faire ? Plus que tout, elle aurait voulu conclure sa journée de travail et rentrer chez elle. Mais elle avait promis de passer voir une maison du côté de Krageholm... Combien de temps lui faudrait-il ? Une bonne heure, pas beaucoup plus. Il fallait aussi acheter du pain. Robert, son mari, pétrissait d'habitude lui-même le pain de la famille. Cette semaine-là, il avait été trop occupé. Elle traversa la place et entra dans une boulangerie. Elle était la seule cliente. La boulangère, qui s'appelait Elsa Person, se rappellerait par la suite que Louise Åkerblom avait semblé de bonne humeur. Elles avaient un peu parlé du printemps qui était enfin arrivé, quelle joie.
Elle demanda un pain de seigle et décida dans la foulée de surprendre sa famille avec des pâtisseries pour le dessert. Son choix se porta sur des tartelettes pomme vanille. Elle se dirigea ensuite vers le parking où elle avait laissée sa voiture, derrière la Caisse d'épargne. En chemin, elle croisa le jeune couple de Malmö avec qui elle venait de faire affaire. Ensemble, ils avaient signé la promesse de vente, le chèque, les formulaires d'emprunt. Elle sympathisait avec leur joie de posséder enfin leur propre maison. Mais elle s'inquiétait un peu. Seraient-ils en mesure de faire face aux traites ? Elle avait soigneusement étudié l'état de leurs finances. A la différence d'autres jeunes, ils n'avaient pas fait collection inconsidérée de factures de Carte bleue. Et la jeune épouse lui semblait du genre économe ; ils y arriveraient sans doute. Dans le cas contraire, la maison se retrouverait sur le marché, et ce serait peut-être elle, ou Robert, qui s'occuperait à nouveau de la transaction. Pour eux, le fait de vendre la même maison deux ou trois fois en l'espace de quelques années n'avait plus rien d'inhabituel.
Elle déverrouilla les portières et composa le numéro de l'agence. Elle écouta la voix de Robert sur le répondeur, disant que l'agence Åkerblom avait fermé pour le week-end, mais qu'elle rouvrirait lundi matin à huit heures.

 

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie noire
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Suède : Henning Mankell

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Suède

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Animaux"

 

Challenge Thriller 
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 catégorie "Même pas peur" : 5/8

 

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