27 mars 2012

De bons voisins – Ryan David Jahn

de_bons_voisins Actes Sud – janvier 2012 – 272 pages

traduit de l’américain par Simon Baril

Titre original : Acts of Violence, 2009

Quatrième de couverture : 
New York, années soixante. A la fin d’une froide nuit de mars, la jeune Katrina Marino rentre chez elle après avoir fermé le bar où elle travaille. Garant sa voiture sur le parking en face de sa résidence, elle traverse la rue et s’approche de la porte de son appartement au rez-de-chaussée… quand un homme surgit de l’ombre et la poignarde. L’homme s’enfuit, mais il reviendra une heure plus tard, pour la violer et l’achever de plusieurs coups de couteaux. Mais que s’est-il passé pendant les soixante minutes où Kat est restée seule à agoniser dans la cour de sa résidence ? Malgré l’heure tardive, de nombreux témoins se sont penchés depuis leur fenêtre et ont vu la jeune femme et son agresseur. Pourquoi personne n’a appelé la police ? Quelles pensées occupaient ces hommes et ces femmes pour qu’aucun d’entre eux ne porte secours à leur voisine ? C’est à cette question que tente de répondre le roman de Ryan David Jahn, inspiré d’un fait divers réel, le meurtre de Kitty Genovese dans le Queens, en 1964, qui a lui-même servi de base au développement de la théorie du “bystander effect” en criminologie, en faisant alterner les témoins et le récit de leur nuit : Frank, un mécanicien, part à la recherche de la poussette que sa femme Erin croit avoir renversée plus tôt dans la soirée. Fausse alerte, il n’y avait qu’une poupée dans le landau… mais entre-temps Frank a croisé la route d’Alan, un flic corrompu qui compte profiter du fait que Frank soit noir pour lui faire porter la responsabilité d’un crime violent qu’il vient de commettre. Le jeune Patrick n’arrive pas à dormir, car au lever du jour il doit se présenter à un examen médical des forces armées. S’il est sélectionné, il partira se battre au Vietnam, abandonnant sa mère malade sur laquelle il veille depuis que son père les a quittés. Diane et Larry se déchirent pour la dernière fois. Leur amour a fait long feu, et au cours de la nuit Larry finit par avouer qu’il a une maîtresse. Diane décide de faire ses valises. Thomas a sorti le revolver de son grand-père et il s’apprête à se suicider… c’est alors qu’on frappe à sa porte : Christopher, un partenaire de bowling, aide Thomas à vaincre son isolement et à accepter son homosexualité. Peter, cadre médiocre, cherche à pimenter sa vie en se lançant dans l’échangisme. Il a convaincu sa femme Anne de tenter l’expérience avec un collègue de bureau et son épouse, mais l’aventure tourne à l’humiliation pour Peter, qui risque même de perdre Anne. Enfin, cette nuit-là, le hasard va mettre David, un jeune infirmier, en position de sauver la vie de Nathan Vacanti, l’enseignant qui a jadis abusé sexuellement de lui. Pour faire ce que le devoir exige, David devra surmonter son désir de vengeance….

Auteur : Ryan David Jahn écrit depuis l’âge de dix ans. De bons voisins, son premier roman, a remporté le prix du meilleur premier roman décerné chaque année par la Crime Writers Association. Il vit à Los Angeles. Il est déjà traduit ou en cours de traduction en allemand, néerlandais, espagnol, italien, japonais, chinois, islandais, danois et norvégien.

Mon avis : (lu en mars 2012)
C’est Valérie qui m’a donné envie de découvrir ce livre. 
Ce livre est directement inspiré de l’affaire Kitty Genovese, en 1964, à New-York, une jeune femme est assassinée dans l’indifférence totale de son voisinage. Ce fait divers est devenu un cas d'école sur la théorie de « l'effet du témoin » : en cas d'urgence, plus il y a de témoins moins ceux-ci réagissent et se portent au secours d'une victime.

Cette histoire est celle de l'indifférence et de l'égoïsme. Elle se déroule dans les années 60, à New-York, dans le Queens. Kat, une jeune femme rentre chez elle à quatre heures du matin. Mais devant sa porte, un inconnu l'attaque violemment à coups de couteau. Elle hurle. Dans la cour de l'immeuble, derrière les fenêtres, des hommes et des femmes l'ont entendu et se sont bien réveillés. Ils s'interrogent tous : que se passe-t-il ? Ils aperçoivent la jeune femme blessée, l'homme qui se sauve. Chacun se rassure en pensant que quelqu'un a du appeler les secours et qu'il est inutile de le faire pour ne pas encombrer inutilement la ligne téléphonique de la police. Et chacun retourne à ses propres soucis du moment, sans plus penser à Kat qui agonise sur le trottoir.

L'auteur nous raconte de façon chronologique cette terrible soirée, à chaque chapitre, comme dans le film « Fenêtre sur cour » d'Hitchcock,  le lecteur se déplace d’appartement en appartement, découvrant peu à peu la vie et les préoccupations diverses de chacun des potentiels témoins et en parallèle, le lecteur suit la terrible agonie de Kat.

Ce livre est à la fois poignant et terrifiant, il dénonce le monde égoïsme et anonyme dans lequel nous vivons et auquel nous participons... Un livre qui fait réfléchir.

Le style est dépouillé, le ton est neutre, l'auteur ne juge pas ces personnages, ce n'est pas nécessaire, les faits suffisent à eux-même. 

Ce même fait divers a inspiré Didier Decoin pour son livre «Est-ce ainsi que les femmes meurent ?» et j'ai très envie de lire prochainement. Le livre de Decoin a été adapté au cinéma en mars 2012 dans le film « 38 témoins » réalisé par Lucas Belvaux.

Extrait :(début du livre)

Ça commence sur un parking.
Le parking se trouve à l’arrière d’un bar sportif, un bâtiment en brique qui a accumulé les blessures et les cicatrices au cours de sa longue histoire. Il s’est fait percuter par des conducteurs en état d’ébriété qui ont passé la marche arrière au lieu de la marche avant, s’est fait taillader par des gens qui ont gravé leurs initiales sur les murs, et prendre d’assaut par des vandales ivres. Un soir, il y a quinze ans, quelqu’un a tenté d’y mettre le feu. Malheureusement pour le pyromane en puissance, la météo avait prévu de la pluie. De sorte que le bar est toujours là.
Il est presque quatre heures du matin – trois heures cinquante-huit –, un moment d’obscurité parfaite où aucun soupçon de lumière ne pointe encore à l’est. Il fait nuit noire.
Le bar est fermé et silencieux.
Seules trois voitures sont garées sur son parking habituellement bondé : une Studebaker de 1957, une Oldsmobile de 1953 et une Ford Galaxie de 1962 à l’aile cabossée. Deux d’entre elles appartiennent à des clients : l’un est un vendeur à domicile qui consacre ses journées à essayer de fourguer des aspirateurs ; l’autre, un chômeur qui passe les siennes à contempler les fissures du plafond de l’appartement dont il n’a pas payé le loyer depuis trois mois. Tous deux ont bu quelques coups de trop plus tôt dans la soirée et ont trouvé un autre moyen de rentrer chez eux – le taxi, sans doute. C’est sûrement le cas du chômeur. Le vendeur s’est peut-être fait raccompagner par un camarade, mais le chômeur, lui, a presque certainement pris un taxi. Quand il vous reste trente dollars et que le montant du loyer c’est quatre-vingts, inutile d’économiser. Buvez jusqu’à l’ivresse et payez-vous un taxi pour rentrer. Si l’on doit toucher le fond, autant prendre plaisir à la chute. C’est quand il vous reste quatre-vingt-sept dollars et que le loyer s’élève à quatre-vingts qu’il faut se restreindre.
Des gobelets en carton et d’autres déchets – journaux, emballages alimentaires – jonchent l’asphalte décoloré par le soleil. Un bref instant, une brise que l’on entend gémir chasse tous ces détritus en travers du macadam fendillé, réorganisant légèrement leur position avant de s’évanouir.
Et c’est alors qu’une jolie fille – une femme, à vrai dire, bien qu’elle ne se sente pas adulte – sort du bar, poussant la porte.
Elle se nomme Katrina – Katrina Marino –, mais presque tout le monde l’appelle Kat. Les seules personnes qui l’appellent encore Katrina sont ses parents, à qui elle parle chaque samedi au téléphone. Ils vivent à près de six cent cinquante kilomètres, mais ça ne les empêche pas de lui taper sur les nerfs, oh non ! Quand vas-tu enfin te montrer raisonnable et quitter cette ville, Katrina ? C’est un dangereux cloaque. Quand vas-tu te trouver un jeune homme bien avec qui te mettre en couple, Katrina ? Une fille de ton âge ne devrait pas être célibataire. Tu es plus près de la trentaine que de tes vingt ans, tu sais. Bientôt, tu n’auras plus cette beauté encore fraîche qui permet de décrocher un homme bien, un docteur ou un avocat, et il faudra que tu te contentes de moins. Tu ne voudrais pas te résoudre à ça, n’est-ce pas, Katrina ?
Une fois sortie, Kat tend le bras en arrière pour palper le mur, à la recherche d’une protubérance.
Elle finit par la sentir, un interrupteur qu’elle pousse vers le bas. Clic. Les fenêtres du bar plongent dans le noir, et la lumière qui débordait sur le parking, blanchissant l’asphalte gris, s’efface.
Kat referme la porte et la verrouille, tournant la poignée une dernière fois pour vérifier, puis rabat le portail en métal – vlan ! – et fixe le cadenas.

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Challenge Thriller 
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 catégorie "Même pas peur" : 14/8

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18/50 : New York (2)

Challenge New York en littérature

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Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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18 mars 2012

La Nuit des corbeaux – John Connolly

En librairie depuis le 15 mars 2012

Lu en partenariat avec les Presse de la Cité

la_nuit_des_corbeaux Presse de la Cité – mars 2012 – 450 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Jacques Martinache

Titre original : The Burning Soul, 2011

Présentation éditeur : 
Lorsqu’il était adolescent, Randall Haight a commis l’irréparable : avec un ami, il a tué sans raison une jeune fille de quatorze ans. Après avoir purgé une peine de prison pour ce meurtre, il a refait sa vie dans une petite ville du Maine, où il pense que personne ne connaît ni son identité, ni son histoire. Pourtant quelqu’un sait. Un jour, il reçoit un courrier anonyme contenant une photo de la ferme où le crime a eu lieu. Il fait alors appel à Charlie Parker afin de découvrir qui est le mystérieux corbeau. Mais une adolescente disparaît, et l’instinct du détective l’amène à soupçonner son client…

Auteur : John Connolly est né à Dublin en 1968. En neuf romans, dont L’Ange Noir et La Proie des ombres, ce journaliste à l’Irish Times a su imposer un univers noir, fantastique et poétique d’une grande originalité, à l’image de l’un de ses personnages-clés : Charlie Parker, détective privé hanté par le meurtre de sa femme et de sa fille.

Site de l'auteur : http://www.johnconnollybooks.com 

Mon avis : (lu en mars 2012)
J’ai accepté de lire ce livre en pensant lire un simple roman policier… En effet, j’ai confondu les auteurs Michael Connelly et John Connolly. J’avais déjà lu des livres de Michael Connelly mais encore jamais de John Connolly. N’étant pas du tout fan de fantastique, le fait que l’on définisse cet auteur irlandais comme un auteur de romans fantastiques noirs cela me faisait un peu peur. Finalement le côté fantastique est très peu présent, et ce livre est surtout un très bon thriller.

L’histoire commence avec la disparition d’Anna Kore, une jeune fille de quatorze ans dans la petite ville de Pastor's Bay dans l’État du Maine. Dans cette même ville vit Randall Haight, ce n'est pas son vrai nom, car lorsqu'il avait quatorze ans, il avait été coupable avec un camarade du viol et du meurtre d'une jeune adolescente noire. Il a payé sa dette à la société pendant de longues années en prison. Randall se sentant rattrapé par son passé fait alors appel à une avocate, Aimee Price, qui elle-même fait appel au détective privé Charlie Parker (personnage récurrent de John Connolly) pour enquêter sur la disparition d'Anna Kore.

J'ai beaucoup aimé ce thriller, l'histoire est très bien construite, le suspens est présent. Dès le début, l'auteur nous envoie sur plusieurs pistes et de nombreux personnages entre en scène... Le lecteur accompagne Charlie Parker tout au long de l'enquête, avec ses interrogations, ses doutes, ses questions, ses impressions. J'ai aimé les descriptions de l'ambiance, de l'atmosphère des lieux.

A découvrir sans hésiter !  

Je remercie beaucoup Pauline et les éditions Presse de la Cité pour ce partenariat.

Extrait :(début du livre)
Une mer grise, un ciel gris, mais le feu dans les bois et les arbres en flammes. Pas de chaleur, pas de fumée, et pourtant la forêt brûlait, couronnée de rouge, de jaune et d’orange, un incendie froid venu avec l’automne et la chute résignée des feuilles. Il y avait de la mortalité dans l’air, portée par les premiers signes des vents d’hiver, leur menace glacée, et les animaux se préparaient aux neiges à venir. On avait commencé à se remplir le ventre en prévision des temps de vaches maigres. La faim forcerait les bêtes les plus vulnérables à prendre des risques pour se nourrir et les prédateurs seraient à l’affût. Les araignées noires embusquées au coin de leur toile ne sommeillaient pas encore. Il restait des insectes à prendre au piège, des trophées à ajouter à leurs collections d’enveloppes corporelles desséchées. Les pelages d’hiver s’épaississaient et les fourrures s’éclaircissaient pour mieux se confondre avec la neige. Des oies en formation quadrillaient le ciel en laissant des traces dans leur sillage, abandonnant, comme des réfugiés fuyant une guerre proche, ceux qui étaient contraints de rester et d’affronter ce qui allait venir.

Les corbeaux étaient immobiles. Nombre de leurs frères du Grand Nord avaient migré vers le sud pour échapper au plus fort de l’hiver, mais pas ceux-là. Enormes et cependant racés, ils possédaient des yeux brillant d’une intelligence étrange. Sur cette route reculée, certaines personnes les avaient déjà remarqués, et si elles avaient un compagnon de marche, ou un passager dans leur voiture, elles avaient commenté leur présence. Oui, tous en convenaient, ils étaient plus gros que les corbeaux habituels et peut-être suscitaient-ils aussi un sentiment de malaise, ces volatiles voûtés, ces éclaireurs patients et perfides. Ils étaient perchés sur les branches d’un très vieux chêne, organisme dont les derniers jours étaient annoncés : ses feuilles tombaient plus tôt chaque année, si bien que fin septembre il était déjà dénudé, créature calcinée au milieu du flamboiement, comme si le feu dévorant l’avait déjà consumé, ne laissant que les restes fumants de nids depuis longtemps abandonnés. L’arbre se dressait au bord d’un taillis qui s’avançait légèrement pour suivre la courbe de la route et dont il occupait la pointe la plus éloignée. Il avait eu autrefois des compagnons semblables à lui, mais les hommes qui avaient construit cette route les avaient abattus, des années plus tôt. Il restait maintenant le seul de son espèce, et lui aussi disparaîtrait bientôt.
Pourtant les corbeaux étaient venus s’y percher, parce qu’ils aimaient les créatures mourantes. 

 

 

Challenge Voisins, voisines
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Irlande

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Animaux" 


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17/50 : Maine 

Challenge God Save The Livre
 Challenge_anglais

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10 mars 2012

La disparue du Père-Lachaise - Claude Izner

la_disparue_du_P_re_Lachaise 10/18 – mars 2003 – 302 pages

Quatrième de couverture :
Paris, 1890. Qu'elle n'est pas la surprise de Victor Legris de voir débarquer Denise Le Louarn, la gouvernante de son ancienne maîtresse, Odette de Valois, dans sa librairie. La jeune femme est visiblement bouleversée. Elle lui apprend qu’Odette, devenue depuis peu adepte de ce spiritisme tant en vogue, a disparu à la suite  d'un étrange rendez-vous au cimetière du Père-Lachaise. D'abord sceptique, Victor ne peut s'empêcher de s'interroger et le voilà donc lancé sur la piste de son ancienne maîtresse... A sa suite on découvre ce Paris où l'on entendait encore le bruit des sabots sur les pavés de bois et les cris des petits métiers, où les hommes portaient le haut-de-forme, les femmes le corset et où les mystères naissaient à chaque coin de rue...

Auteur : Claude Izner est le pseudonyme de deux sœurs, Liliane Korb et Laurence Lefèvre. Liliane a longtemps exercé le métier de chef-monteuse de cinéma, avant de se reconvertir bouquiniste sur les quais de la Seine, qu'elle a quittés en 2004. Laurence a publié deux romans chez Calmann-Lévy, Paris-Lézarde en 1977 et Les Passants du dimanche en 1979. Elle est bouquiniste sur les quais. Elles ont réalisé plusieurs courts métrages et des spectacles audiovisuels. Elles écrivent ensemble et individuellement depuis de nombreuses années, tant pour la jeunesse que pour les adultes. Les enquêtes de Victor Legris sont aujourd'hui traduites dans huit pays.

Mon avis : (lu en mars 2012)
C'est la seconde enquête de Victor Legris, libraire et détective amateur. Denise, la gouvernante d'Odette de Valois vient demander de l'aide à la librairie car cette dernière a disparue au cimetière du Père-Lachaise alors qu'elle rendait visite à son défunt mari mort en Colombie. Odette de Valois étant l'ancienne maîtresse de Victor, il décide de mener son enquête. C'est alors que Denise disparaît à son tour... Voilà comment commence une enquête bien construite, avec du suspense et des rebondissements. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce nouvel épisode où l'on retrouve la belle Tasha, l'énigmatique Kenji et le perspicace Joseph, dans le Paris du XIXe siècle où l'ambiance y est parfaitement décrite.

La postface est très intéressante, les auteurs reviennent sur les faits historiques évoqués durant l'enquête de Victor Legris, comme la construction du canal de Panama. Et cela nous explique bien le contexte historique.
A l'occasion, j'emprunterai la suite de la série à la Bibliothèque. Une lecture facile et agréable. 

Extrait : (page 17)
- Seigneur, il était si bon et si doux, nous l’aimions si tendrement ! Seigneur, il était…
Les mots, inlassablement répétés, filtraient à travers la voilette masquant le visage d’une femme tassée contre la portière d’un fiacre. Une autre femme, assise en vis-en-vis, les soulignait parfois d’un signe de croix à peine esquissé. Cette litanie devait, pour être perçue, lutter avec le grincement des essieux et le raclement des roues sur les pavés. Elle avait depuis longtemps perdu tout sens, semblable à ces comptines ressassées par les enfants.
Le cocher tira sur les rênes, la voiture s’arrêta rue des Rondeaux devant l’une des entrées du Père-Lachaise. L’homme descendit de son perchoir, alla parlementer avec un gardien, lui glissa la pièce, après quoi il se hissa lourdement sur sa banquette et fit claquer son fouet.
Précédant de peu un convoi funéraire, le fiacre pénétra dans le cimetière et emprunta l’avenue circulaire. La pluie nimbait d’un dôme luisant l’immense nécropole. De part et d’autre de la route se succédaient chapelles, cénotaphes, mausolées ornés d’angelots dodus ou de nymphes éplorés. Un labyrinthe d’allées et de sentes se perdait parmi les tombes, envahi par une végétation de sous-bois encore clairsemée en ce début du mois de mars. Sycomores, thuyas, hêtres et tilleuls assombrissaient un ciel déjà bas. 
Le fiacre amorça un virage et manqua percuter un grand bonhomme à cheveux blancs contemplant la croupe épanouie d'une pleureuse de bronze. Le cheval se cabra, le cocher lâcha une bordée de jurons, le vieillard montra le poing en hurlant : « Sang de bois, Grouchy, j'aurai ta peau ! » et s'éloigna en titubant.

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Déjà lu du même auteur :

myst_re_rue_des_Saints_P_res Mystère rue des Saints-Pères


Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Personne connue"

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07 mars 2012

Sous haute tension – Harlan Coben

En librairie depuis le 1er mars 2012

Lu en partenariat avec les éditions Belfond

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France Loisirs - octobre 2011 - 429 pages

Belfond – mars 2012 – 391 pages

traduit de l'américain par Roxane Azimi

Titre original : Live wire, 2011

Présentation éditeur : 
La championne de tennis, Suzze Trevantino est inquiète : d’étranges messages ont été postés sur sa page Facebook, affirmant que l’enfant qu’elle porte n’est pas celui de son époux, Lex Ryder. Depuis, Lex, chanteur de HorsePower – célèbre groupe de rock en mal d’actualité –, est introuvable. 
Ami du couple, Myron Bolitar mène l’enquête. Et lorsqu’il pense mettre la main sur Lex dans une boîte de nuit branchée, celui-ci disparaît de nouveau. Qu’essaie-t-il de fuir ? Et pourquoi se précipite-t-il chez le très mystérieux Gabriel Wire, son richissime partenaire de HorsePower, terré dans sa villa depuis des années ? 
Poursuivant sa mission, Myron fait alors une surprenante rencontre: sa belle-sœur, Kitty. Que fait-elle à New York avec son fils Mickey, dont Myron n’avait jamais entendu parler ? Et où est Brad, ce frère qu’il n’a pas vu depuis seize ans ? Shootée à l’héroïne, la jeune femme refuse de parler. Mais bientôt, Myron fait une découverte bien étrange : Kitty est l’auteur des menaces sur Facebook… 
Meurtres, drogue, rock’n’roll, mafia, traque sur Internet et secrets familiaux… Avec l’aide de son équipe, Myron va remonter le fil d’une périlleuse et délicate affaire, dont il ne sortira pas indemne. À se demander si, parfois, de jolis mensonges ne valent pas mieux qu’une cruelle vérité…

Auteur : Né en 1962, Harlan Coben vit dans le New Jersey avec sa femme et leurs quatre enfants. Diplômé en sciences politiques du Amherst College, il a rencontré un succès immédiat dès ses premiers romans, tant auprès de la critique que du public. Il est le premier auteur à avoir reçu le Edgar Award, le Shamus Award et le Anthony Award, les trois prix majeurs de la littérature à suspense aux États-Unis. Belfond a déjà publié douze de ses romans, dont Ne le dis à personne… (2002) – qui a remporté le Prix des lectrices de Elle et qui a été adapté avec succès au cinéma par Guillaume Canet –, Dans les bois (2008), Sans un mot (2009), Sans laisser d’adresse (2010), Sans un adieu (2010), Faute de preuves (2011) et Remède mortel (2011). Avec Sous haute tension, Harlan Coben signe le nouveau volet des aventures de son personnage récurrent, Myron Bolitar.

Site de l'auteur : http://www.harlan-coben.fr/

http://www.facebook.com/HarlanCobenFrance 

Mon avis : (lu en mars 2012)
Quel plaisir de retrouver Myron Bolitar, notre super agent de MB Reps, et ses acolytes Win, Esperanza et Big Cindy dans un nouvel épisode.
Cette nouvelle enquête va permettre au lecteur d’en connaître un peu plus sur Myron, son passé et sa famille.

Tout commence lorsque Suzze Trevantino, cliente et amie de Myron Bolitar, le contacte car elle a reçu sur sa page Facebook des messages révélant que le bébé qu’elle porte n’est pas de Lex Ryder, son mari. Ce dernier est le chanteur d’un célèbre groupe de rock et il a disparu. En menant son enquête Myron tombe sur Kitty Bolitar, sa belle-sœur, il ne l'a pas revu depuis 16 ans, lorsqu’elle est partie avec Brad le frère de Myron… Y a-t-il un lien entre ces évènements ?  

Comme d'habitude, Harlan Coben nous offre une histoire palpitante, pleine de suspens et de rebondissements… Un vrai « page turner » efficace qui m’a fait passer un très bon moment.

Je remercie beaucoup Pauline et les éditions Belfond pour ce nouveau partenariat.

Concours pour gagner des livres


Extrait : (début du livre)
La vérité la plus abjecte, avait dit jadis un ami à Myron, vaut mieux que le plus séduisant des mensonges.
Myron y repensait à présent, en regardant son père dans son lit d'hôpital. Il se rappela la dernière fois, voilà seize ans, qu'il avait menti à son père, mensonge qui avait engendré tant de souffrance et de destruction, mensonge à l'origine d'un tragique effet boule de neige qui, de désastres en catastrophes, allait les conduire ici.
Son père avait les yeux fermés, le souffle rauque et irrégulier. Des tubes lui sortaient de partout. Myron contempla son avant-bras. Il se souvint, enfant, d'avoir rendu visite à papa dans son entrepôt de Newark. Son père trônait derrière son énorme bureau, les manches retroussées. L'avant-bras était assez puissant alors pour tendre le tissu, transformant la manchette en une sorte de garrot autour du muscle. Aujourd'hui, le muscle paraissait flasque, raboté par l'âge. Le large torse qui lui avait inspiré un tel sentiment de sécurité était toujours là, mais il était devenu fragile, comme si en appuyant dessus on risquait de broyer la cage thoracique à la manière d'un tas de brindilles. Le visage pas rasé était constellé de plaques grises au lieu de la coutumière barbe de cinq heures ; la peau du menton pendait mollement, tel un pardessus trop grand.
La mère de Myron – mariée à Al Bolitar depuis quarante-trois ans – était assise à côté du lit. Sa main, agitée par la maladie de Parkinson, serrait celle de son mari. Elle aussi avait l'air terriblement frêle. Jeune, sa mère avait été une féministe de la première heure : elle avait brûlé son soutien-gorge au côté de Gloria Steinem, arboré des T-shirts avec l'inscription « La place d'une femme est dans la Chambre… et au Sénat ». Tous deux, Ellen et Al Bolitar (« On est El-Al, plaisantait maman, comme la compagnie aérienne d'Israël »), se maintenaient malgré l'outrage des ans, plus chanceux que la plupart des couples vieillissants… Seulement, la chance avait une drôle d'allure, à la fin.
Dieu a un sens de l'humour bien à lui.
— Alors, dit tout bas maman à Myron. Nous sommes d'accord ?
Myron ne répondit pas. Le plus séduisant des mensonges face à la vérité la plus abjecte. Il aurait dû retenir la leçon il y a seize ans, lorsqu'il avait menti à cet homme formidable qu'il aimait par-dessus tout. Mais non, ce n'était pas aussi simple. La vérité la plus abjecte pouvait faire des ravages. Elle pouvait ébranler un monde.
Voire tuer.
Si bien que, quand les yeux de son père papillotèrent, qu'il regarda son aîné d'un air implorant, éperdu presque, comme un enfant, Myron se tourna vers sa mère et hocha lentement la tête. Puis, ravalant ses larmes, il s'apprêta à servir un ultime mensonge à cet homme qu'il chérissait tant.

 

Déjà lu du même auteur :

Ne_le_dis___personne_ Ne le dis à personne sans_un_mot Sans un mot 
sans_laisser_d_adresse Sans laisser d'adresse innocent Innocent 
sans_un_adieu Sans un adieu
 faute_de_preuves Faute de preuves
rem_de_mortel
 
Remède mortel

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 13/8

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16/50 : New Jersey (2)
Harlen Coben vit dans le New Jersey

Challenge New York en littérature
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03 mars 2012

Mystère rue des Saints-Pères – Claude Izner

myst_re_rue_des_Saints_P_res 10/18 – mars 2003 – 282 pages

Quatrième de couverture :
Comme nombre de visiteurs du monde entier, Victor Legris, libraire rue des Saints-Pères, se rend à l'Exposition universelle où la tour Eiffel, qui vient d'être achevée, trône en véritable vedette. En ce début d'été 1889, les Parisiens ont bien du mal à se frayer un chemin dans la foule qui se presse entre les kiosques multicolores, dans les allées envahies de pousse-pousse et d'âniers égyptiens...
Au premier étage de la tour, Victor doit retrouver Kenji Mori, son associé, et son ami Marius Bonnet, qui vient de lancer un nouveau journal, Le Passe-partout. Mais leur rendez-vous est vite interrompu : une femme vient de s'écrouler sous le coup d'une étrange piqûre. S'ensuit une série de morts inexpliquées qui vont marquer les débuts d'enquêteur de Victor Legris...
Ces nouveaux mystères de Paris nous plongent dans la capitale des impressionnistes, ses " villages " et ses quartiers populaires.

Auteur : Claude Izner est le pseudonyme de deux sœurs, Liliane Korb et Laurence Lefèvre. Liliane a longtemps exercé le métier de chef-monteuse de cinéma, avant de se reconvertir bouquiniste sur les quais de la Seine, qu'elle a quittés en 2004. Laurence a publié deux romans chez Calmann-Lévy, Paris-Lézarde en 1977 et Les Passants du dimanche en 1979. Elle est bouquiniste sur les quais. Elles ont réalisé plusieurs courts métrages et des spectacles audiovisuels. Elles écrivent ensemble et individuellement depuis de nombreuses années, tant pour la jeunesse que pour les adultes. Les enquêtes de Victor Legris sont aujourd'hui traduites dans huit pays.

Mon avis : (lu en février 2012)
J'avais envie de découvrir cette série depuis le passage des auteurs à l'émission de La Grande Librairie et c'est à la suite de l'article de mrs pepys que j'ai emprunté les deux premiers livres à la bibliothèque.
Victor Legris est libraire rue des Saints-Pères, il est également détective amateur. Il vient d'accepter de participer à la rédaction du nouveau journal créé par son ami Marius Bonnet le "Passe-partout".
Une série de morts mystérieuses apparemment provoquées par des piqûres d’abeilles affole les Parisiens et les visiteurs de l'Exposition Universelle de 1889 dont la Tour Eiffel en est la principale attraction. Victor Legris va alors mener son enquête. Cette enquête nous plonge dans le Paris de la fin du XIXe siècle, avec ses villages et ses quartiers.
C'est un roman policier qui se lit facilement. J'ai beaucoup aimé les descriptions de Paris à cette époque. Le décor et l'ambiance avec ses bruits, ses odeurs sont très bien rendus car très bien documentés. Il est question de la vie intellectuelle de l’époque, du Paris des impressionnistes... Les personnages sont très attachants.

Extrait : (début du livre)
Des nuées d'orage couraient au-dessus de la steppe coincée entre les fortifications et la gare de marchandises des Batignolles. La vaste étendue d'herbe galeuse dégageait des relents d'égout. Groupés autour de tombereaux d'ordures ménagères, des chiffonniers nivelaient à coups de crochet une marée de détritus, soulevant des tourbillons de poussière. Au loin, un train s'avançait, grossissait lentement. Une bande de gamins dévala les buttes en hurlant :
- Le voilà ! Buffalo Bill arrive !
Jean Méring se redressa, posa les poings sur ses hanches et se pencha en arrière pour soulager ses courbatures. La récolte était bonne : une chaise à trois pattes, un cheval à bascule éventré, un vieux parapluie, une épaulette de soldat, un morceau de cuvette à filet d'or. Il se tourna vers Henri Capus, un petit homme maigrichon à la barbe déteinte.
- Je vais voir les Peaux-Rouges, tu me rejoins ? dit-il en ajustant sa hotte d'osier sur ses épaules.
Il attrapa sa chaise, dépassa les voitures de l'agence Cook et se mêla aux badauds massés aux abords de la gare : ouvriers, petits-bourgeois, gens de la haute venus en fiacre.
Sifflant à toute vapeur, une locomotive suivie d'un interminable convoi freina le long du quai dans un panache de fumée. Jean Méring vit s'arrêter devant lui un wagon bâché où piétinaient des chevaux affolés, la crinière en bataille. Des hommes au teint brûlé coiffés de feutres bosselés, des Indiens au visage peint couronné de plumes se penchaient aux portières. Il y eu une bousculade. Jean Méring porta vivement une main à sa nuque, quelque chose l'avait piqué. D'une démarche mal assurée, il se glissa de côté, tituba, trébucha contre une femme qui le repoussa en le traitant d'ivrogne. Ses jambes se dérobèrent, la chaise lui échappa, il s'affaissa sur les genoux et bascula à terre, entraîné par le poids de sa hotte. Il tenta de soulever la tête mais il était trop faible. Il entendit la voix d'Henri Capus, assourdie.
- Qu'est-ce qui t'arrive, mon vieux ? Tiens bon, je vais t'aider. Qu'est-ce qui ne va pas ?
Un râle fusa de ses bronches, il parvint à articuler : - Ab... a-beille.  

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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Personne connue"

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22 février 2012

Le Vol des cigognes – Jean-Christophe Grangé

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Albin Michel – octobre 1994 – 379 pages

Albin Michel – juin 1998 – 380 pages

France Loisirs – janvier 1999 -

Livre de Poche – janvier 1999 – 377 pages

Albin Michel – juin 1999 – 384 pages

Audiolib – mars 2010 – 2 CD mp3

Quatrième de couverture : 
Un ornithologue suisse est trouvé mort d'une crise cardiaque... dans un nid de cigognes. Malgré cette disparition, Louis, l'étudiant qu'il avait engagé, décide d'assumer seul la mission prévue : suivre la migration des cigognes jusqu'en Afrique, afin de découvrir pourquoi nombre d'entre elles ont disparu la saison précédente...Parmi les Tsiganes de Bulgarie, dans les territoires occupés par Israël, puis en Afrique, Louis court d'énigme en énigme et d'horreur en horreur : observateurs d'oiseaux massacrés, cadavres d'enfants mutilés dans un laboratoire... Les souvenirs confus de son propre passé - ses mains portent des cicatrices de brûlures depuis un mystérieux accident - se mêlent bientôt à l'enquête.
Et c'est au coeur de l'Inde, à Calcutta, que surgira l'effroyable vérité...
Suspense, imagination, vérité documentaire : ce thriller captivant, véritable coup de maître, est le premier roman de l'auteur du best-seller Les Rivières pourpres.

Auteur : Né à Paris en 1961, après une maîtrise de lettres à la Sorbonne, Jean-Christophe Grangé devient rédacteur publicitaire, puis travaille pour une agence de presse. A partir de 1989, il parcourt le globe pour réaliser ses premiers reportages, travaillant pour des journaux et magazines variés et internationaux, parmi lesquels Paris Match ou le Sunday Times. Devenu journaliste free-lance, il fonde sa propre agence, L & G, et finance lui-même ses expéditions aux quatre coins du monde. Ces reportages lui permettent de récolter au passage les plus importantes consécrations de la profession, le prix Reuter et le prix World Press. En 1994, Jean-Christophe Grangé entame sa carrière littéraire avec 'Le Vol des cigognes' et enchaîne en 1998 avec 'Les Rivières pourpres', qui connaîtra cette fois un large succès et lui assurera la célébrité. En 2000, paraît 'Le Concile de Pierre', qui fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 2006. Traduits en 18 langues, les romans de celui que l'on surnomme le 'Stephen King français' se sont déjà vendus à plus d'un million d'exemplaires. En 2003, il publie 'L'Empire des loups'. Il est à l'origine du scénario de 'Vidocq' et des textes de la bande dessinée 'La Malédiction de Zener', de Philippe Adamov. Il est également à l'origine d'une trilogie sur la 'compréhension du mal sous toutes ses formes', entamée avec 'La Ligne noire' en 2004. Jean-Christophe Grangé, auteur prolifique, semble avoir trouvé la clé du succès.

Mon avis : (lu en 1997 et écouté et relu en février 2012)
C'est avec ce livre que j'ai découvert Jean-Christophe Grangé il y a quinze ans. J'en gardais un très bon souvenir que cette relecture n'a pas démenti.
Max Böhm, un ornithologue suisse, est retrouvé mort d'une crise cardiaque dans un nid de cigognes. Il avait engagé Louis, un étudiant pour enquêter sur la migration des cigognes jusqu'en Afrique. En effet, l'année précédente un certain nombre de cigognes ont disparu. Max Böhm voulait en comprendre la raison. Max est mort, Louis décide malgré tout de mener l'enquête, il part donc suivre le chemin des cigognes depuis la Suisse en passant par la Bulgarie, Israël puis la Centrafrique. Une dangereuse aventure commence pour lui, il n'est pas au bout de ses surprises...
C'est un très bon thriller captivant, avec beaucoup de rythme et de nombreux rebondissements.
Ce premier roman de Jean-Christophe Grangé est très efficace, l'auteur a su allier parfaitement la violence, le suspense et la psychologie des personnages. Un thriller incontournable.  

Extrait : extrait audio du 1er chapitre

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Déjà lu du même auteur :

Miserere Miserere

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 12/8

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Animal"

 

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19 février 2012

Les anges perdus – Jonathan Kellerman

les_anges_perdus Points .2 – novembre 2011 – 703 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) Frédéric Grellier

Titre original : True Detectives, 2009

Quatrième de couverture :
Une jeune fille disparaît à L A : un cas banal, à priori. Moe et Aaron, demi-frères ennemis, vont se retrouver tous les deux sur l'enquête. Le duo détonnant s'aventure sur des pistes qui risquent bien d'ébranler les plus hautes sphères de Hollywood... Un roman policier traduit pour la première fois en français.

Auteur : Spécialiste de psychologie enfantine, Jonathan Kellerman se tourne vers le roman policier en 1985. Son livre Le rameau brisé est couronné par l'Edgar Award du roman policier et inaugure une série qui est aujourd'hui trduite dans le monde entier. Il vit à Los Angeles avec sa femme, la romancière Faye Kellerman.

Mon avis : (lu en février 2012)
J’ai emprunté ce livre encore inédit en France à la bibliothèque en premier lieu pour tester le livre « Point 2 »
Il a fallu me résoudre à une petite adaptation dans mes habitudes :
- Au début, je ne retrouvais plus mon livre dans mon sac (qui est un peu grand...), j'ai vite résolu le problème en le glissant dans ma poche plutôt que mon sac !
- Dans ma poche, je perdais ma page, mon marque-page glissant du livre... J'ai abandonné mon marque-page habituel format (20 x 5 cm) pour un marque-page format « ticket de métro »
- Les pages sont très fines (papier Bible), elles se tournent plus difficilement, mais j'ai vite pris le coup de main.
Sinon, j'ai apprécié la petite taille du livre pour l'emporter partout, et pouvoir le sortir plus discrètement...
La typographie est identique que celle d'un livre format poche sauf pour les numéros de pages qui sont très petits. Seul point négatif : le prix... 11 euros, donc plus cher qu'un livre format poche.

Pour le fond du livre, c'est la première fois que je lisais un livre de cet auteur. Tout commence avec la disparition d'une jeune fille à Los Angelès et l'enquête que mène le policier Moe piétine depuis des mois. Son demi-frère Aaron détective privé est sollicité par l'employeur du père de la jeune fille pour rechercher également la jeune fille. Moe et Aaron sont deux demi-frères « ennemis », depuis toujours, ils ne se supportent pas... Le climat entre eux est électrique mais malgré cela ils vont arriver à mener en parallèle une enquête autour d'Hollywood et ses excès... L'intrigue du livre est plutôt bien construite avec fausses pistes, rebondissements... Malgré tout j'ai trouvé la conclusion surprenante mais peu crédible... Les deux enquêteurs Moe et Aaron sont très différents mais attachants.
En conclusion, une lecture agréable.

 

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Deux photos, pour avoir une idée de la taille du livre par rapport au format poche

Extrait : (page 26)
Vraiment, Aaron Fox comprenait M. Dmitri. Dès lors que vous aviez gagné sa confiance, il vous laissait les coudées franches.
Aaron appréciait ce genre de client.
En plus, il n'hésitait pas à sortir son carnet de chèques. Le client idéal, quoi.
Avant leur première rencontre, Aaron s'était renseigné comme à son habitude. Dans Google, il avait obtenu plusieurs dizaines de résultats pour 
« Leonid Davidovitch Dmitri », en particulier un portrait bien documenté publié par un journal économique, décrivant la réussite d'un homme parti de rien. Né à Moscou, ingénieur diplômé, Dmitri avait végété pendant quinze ans à un poste imposé par le régime communiste, chargé de mesurer le niveau sonore dans les restaurants et de pondre des rapports que personne ne lisait jamais. A trente-sept ans, il avait émigré en Israël puis aux États-Unis. Il avait enseigné les mathématiques et la physique en cours du soir aux émigrés russes. Le reste du temps, il bricolait dans sa cuisine, inventait un tas d'objets d'un intérêt limité.
Dix ans auparavant, il avait déposé un brevet pour un haut-parleur minuscule et à peine plus épais qu'une gaufrette,  qui émettait un son stéréophonique surpuissant. Idéal pour les voitures, surtout les modèles de sport haut de gamme avec leur habitacle exigu.
La Porsche customisée d'Aaron était équipée de ces petits bijoux et ça dépotait grave.
D'après l'article, la fortune de Dmitri s'élevait à deux cents millions. Aaron s'était imaginé un magnat installé à un bureau gigantesque, dans un antre époustouflant où s'entassaient les copies de Fabergé et Dieu sait quels trésors.
Au lieu de quoi il s'était retrouvé face à un petit chauve qui approchait la soixantaine. Bras courtauds, cou de taureau, visage terne comme un plat à tarte en alu, bleuté en raison d'une barbe naissante. Assis derrière un bureau en contreplaqué dans un réduit sans fenêtres, au fond d'une usine dans une zone industrielle à Sylmar. 

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Challenge Thriller 
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 catégorie "Même pas peur" : 11/8

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15/50 : Californie (2)

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03 février 2012

Le troisième pôle - Guillaume Lebeau

Lu dans le cadre d'un partenariat Livraddict et Marabout

le_troisi_me_pole Marabout – novembre 2011 – 512 pages

Quatrième de couverture :
1912, au Cap Nord en Norvège. Un enfant est atrocement sacrifié au nom d’un rituel à Gaïa. 1996, à Jökulsárlón en Islande. Le corps d’une jeune femme nue et entièrement recouvert de tatouages est découvert, emprisonné dans la glace. Novembre 2010, à Spitzberg entre la Norvège et le pôle nord. Smila, une jeune paléoclimatologue française, tente de rejoindre son père, chercheur sur la base de Ny-Ålesund, pour lui apporter une série de documents qu’il lui a demandés. Mais au moment où elle arrive sur la base, celle-ci est attaquée et mise à sac par un groupe d’hommes surentraînés. Le père de Smila meurt dans l’incendie de Ny-Ålesund avant d’avoir pu lui révéler l’objet de ses recherches. Que cherchait à détruire ce gang ? Quelles recherches menait le père de Smila ? Quels secrets renferment les documents du père de Smila ? Dans cette enquête qui la mènera aux quatre coins du monde, la paléoclimatologue découvrira qu’une sombre organisation cherche à troubler l’ordre mondial…

Auteur : Né en 1971 à Fontainebleau, Guillaume Lebeau travaille d’abord dans l’édition puis dans la presse musicale pop-rock. Il est déjà l’auteur d’une vingtaine de romans policiers, L’Algèbre du besoin (Prix Cognac 1999), L’Agonie des sphères, (Masque de l’année 2000), Cold Gotha.Guillaume Lebeau est auteur de thrillers et scénariste. Spécialiste du roman policier, il est l’auteur d’un documentaire sur le polar scandinave et a publié deux essais consacrés à Fred Vargas et à Stieg Larsson.

Mon avis : (lu en janvier 2012)
Le livre démarre sur les chapeaux de roues… Cela commence en Norvège en 1912, une secte dédiée à Gaïa s'apprête à sacrifier un enfant, puis le lecteur se retrouve en Islande en 1996, une équipe de scientifiques font une étrange découverte au cœur d'un glacier, ensuite c'est notre première rencontre avec Smila Sibir, paléoclimatologue, elle est partie rejoindre son père sur la base Jean Corbel au Spitsberg Norvège...

La lecture est très aisée, avec un rythme rapide, de nombreux lieux, de nombreux évènements, beaucoup de personnages, presque trop le lecteur ne sait plus où donner de la tête.
Moi qui aime voyager grâce aux livres que je lis, j'ai été servie ! Après le Spitsberg en Norvège, j'ai suivi Smila à Paris, en Russie de Moscou à Vladivostok, puis en Mer du Japon avant de rejoindre l'Archipel du Svalbard puis l'Antarctique. Il y a également en parallèle des évènements en Alsace, à Reykjavik, sur la côte ouest du Groenland, dans l'espace aérien de Hong-Kong, à Vancouver, à Séoul...
J'ai trouvé très original le thème du livre. L’auteur Guillaume est un spécialiste de la littérature policière scandinave, il imagine un thriller écologique avec l'avenir de notre planète au centre d’enjeux économiques, écologiques et politiques encore inavoués... C'est un livre très actuel, car il est question de convois de déchets radioactifs, du sommet de Copenhague, d’un volcan islandais qui se réveille, du dérèglement climatique, de l'effet de serre...
C'est aussi un vrai livre d'espionnage avec des méchants, des gentils, des agents doubles, des poursuites, de nombreuses exécutions... C'est très efficace même si cela n'est pas toujours très crédible...
Mais ma grosse déception, c'est la conclusion du livre… En effet, dans l’épilogue, l’auteur nous emmène en Antarctique et là... J'ai eu l'impression qu'il nous laissait en plan ! Cette fin vraiment abrupte nous annonce sans doute le retour de Smila Sibir comme personnage récurent ?

Merci à Livraddict et aux éditions Marabout pour ce partenariat.

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Extrait : (début du livre)
1912, cap Nord, Norvège

Les oiseaux rasaient l'écume, puis remontaient vers le ciel en rapides envolées, figés contre le vent, plumage tremblant, bec piaillant. Sous leurs ailes frémissantes, bientôt un morceau de terre. Au large, quelques îlots sans nom, plus au large encore l'archipel du Svalbard. Au-delà, c'était le pôle Nord. Un point dans l'infini de l'espace.

La saison était mauvaise. Les flots déferlaient contre les côtes déchiquetées de l'île de Magerøya, se brisant en d'énormes explosions laiteuses contre les vaillantes falaises qui défendaient symboliquement la limite septentrionale de l'Europe.
Un vent glacial mugissait, pareil aux cris mêlés d'une sinistre meute de bêtes sauvages. Ce souffle froid balayait un sol recouvert d'une fine pellicule de neige, se heurtait à quelques cailloux aux formes grotesques et entraînait dans son sillage des nuées de flocons en de fantastiques maelströms aériens.
Face à l'imposant promontoire du cap Nord, dont le front et les flancs se projetaient loin dans la mer de Barents, les nuages couvraient les flots d'un épais manteau. D'immenses déchirures lumineuses labouraient le ciel nocturne. Un jour falot remplaçait les ténèbres du cœur de la nuit.
Jamais aurore boréale n'avait embrasé cet horizon avec autant de brutalité, consumant l'atmosphère et les regards en nuances de vert et de rouge mêlés. Ces couleurs électrisées serpentaient, s'entrelaçaient, fusionnaient avec l'océan et le vent.

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Géographie" 

Challenge Thriller 
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 catégorie "Même pas peur" : 10/8

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28 janvier 2012

Le Poète de Gaza - Yishaï Sarid

Challenge Destination Israël :
proposé par evertkhorus

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le_po_te_de_Gaza Actes Sud – janvier 2011 – 250 pages

traduit de l'hébreu par Laurence Sendrowicz

Titre original : Limassol, 2009

Grand Prix de Littérature Policière 2011

Quatrième de couverture :
Un agent important des services secrets israéliens spécialisé dans la mise en échec des attentats suicide se voit confier une mission particulière. Il doit entrer en contact avec Dafna, une romancière israélienne, en se faisant passer pour un jeune auteur en quête de conseils. Il nouera progressivement des liens d’amitié avec elle et lui proposera d’exfiltrer de Gaza son ami Hani, un poète palestinien atteint d’un cancer en phase terminale, afin de le faire soigner en Israël. Sa cible : le fils de Hani, chef d’un dangereux réseau terroriste.
Mais à mesure qu’il pénètre les vies de Dafna et de Hani, le mur de ses certitudes s’effrite. Les deux écrivains rallument en lui des sentiments étouffés par des années d’interrogatoires musclés, de tortures et d’assassinats. Il poursuit néanmoins sa mission, tenu par un sens du devoir et des réflexes de soldat profondément enracinés. Mais pour combien de temps encore ?
Thriller captivant, Le Poète de Gaza est une véritable opération à cœur ouvert sur la société israélienne. Sans anesthésie et sans concession.

Auteur : Yishaï Sarid est né en 1965 à Tel-Aviv. Il est le fils du député de gauche et infatigable militant pour la paix, Yossi Sarid. Après avoir étudié le droit à Jérusalem et à Harvard. il devient procureur. Le Poète de Gaza, son deuxième roman, a été largement salué par la presse de son pays.

Mon avis : (lu en janvier 2012)
C'est trop réducteur de définir ce livre comme un thriller, un polar ou un livre d'espionnage. C'est surtout une réflexion sur la société israélienne.
Le narrateur (il n'a pas de nom ou de prénom) est agent des services secrets israéliens spécialisé dans la prévention des attentats. A la suite de dérapages lors d’interrogatoires trop musclés, sa hiérarchie lui donne une mission qui l’éloignera des sous-sols des services secrets de Tel-Aviv.
Il doit rencontrer Dafna, auteur Israélienne pour ensuite entrer en contact avec le poète Palestinien Hani. Ce dernier est très malade, il vit à Gaza mais ce n’est pas lui directement qui intéressent les services secrets...
Le narrateur prend donc comme couverture, celle d'un futur auteur qui cherche des conseils pour apprendre à écrire un livre. Il prend donc rendez-vous avec Dafna. Et petit à petit, il entre dans sa vie, il sait l'écouter puis il va lui proposer un marché...

Les différents personnages de ce livre sont d'origine diverses, de milieux différents et leurs interactions entre confrontation et manipulation sont vraiment bien trouvées. Dafna, Hani, le fils de Dafna et le narrateur sont vraiment très attachants.
Le lecteur assiste aux hésitations et aux doutes que cet agent peut avoir autour de ce métier si prenant. Car en parallèle, le narrateur a également une vie privée avec une femme et un enfant...
Ce livre se lit vraiment facilement et il m'a permis de mieux découvrir Israël aujourd'hui et certains aspects du conflit entre Israël et la Palestine.

Extrait : (début du livre)
Je suis resté encore un instant dans la voiture. Non seulement pour bien m’imprégner de sa photo, mais aussi pour écouter jusqu’au bout Here Comes the Sun. George Harrison ne passe pas souvent à la radio et en plus on entend rarement d’aussi bonnes chansons le matin. Me familiariser avec le visage de la personne avant de la rencontrer pour la première fois m’a toujours semblé important. Ne pas être surpris. Elle était très belle sur ce vieux cliché : cheveux attachés, front intelligent, elle me souriait au milieu d’un groupe d’intellectuels dont la notoriété n’était plus à faire.
Une matinée de fin juillet. La rue baignait dans ce calme qui gagne les villes pendant les grandes vacances, les chats escaladaient les bennes à ordures pour en tirer leur pitance, deux jeunes garçons marchaient sur l’avenue bordée de tamaris en direction de la plage avec aux lèvres des rires légers et sous le bras des planches de surf.
Au téléphone, elle m’avait dit qu’elle habitait au troisième étage. Certaines boîtes aux lettres disparaissaient sous plusieurs couches d’autocollants, souvenirs de jeunes locataires venus puis repartis, d’autres affichaient encore le nom en lettres latines de gens qui n’étaient plus de ce monde. L’immeuble était mal entretenu, sur les murs l’enduit s’écaillait et les longues fenêtres étroites de la cage d’escalier étaient, comme dans un couvent abandonné, opacifiées par la saleté.
Dafna ouvrit la porte pieds nus, les cheveux attachés, le regard particulièrement pénétrant. Voilà ce que j’ai capté au premier abord.
Elle m’a accueilli par un : “Je suis au téléphone, entrez.” J’ai saisi quelques bribes de sa conversation, un rire bref, des propos concrets. “Bon, je dois raccrocher maintenant, on m’attend.”
J’en ai profité pour examiner son salon : deux canapés confortables style années 1970, une grande fenêtre qui donnait sur la cime d’un ficus, une petite télévision, sur les murs quelques œuvres d’art intéressantes mais que je n’ai pas eu le temps de voir de près. L’appartement, inondé de lumière, donnait sur une cour intérieure, alors que, moi, étrangement, je m’attendais à me retrouver dans un endroit sombre… Son appel, “Venez par ici, on va s’asseoir dans la cuisine”, a coupé court àtoutes mes conjectures.
Sur la table ronde recouverte d’une nappe multicolore de fabrication artisanale, il y avait une pile de feuillets et un grand plat contenant des pêches en train de mûrir. Une radio diffusait discrètement de la musique, peut-être du Chopin, peut-être un compositeur que je ne connaissais pas.
“Pourquoi venez-vous me voir ? commença-t-elle d’une voix étonnamment jeune.
— On vous a recommandée à moi comme étant la personne qui pourrait m’aider. Je veux apprendre à écrire.
— A quel point est-ce important pour vous ? Êtes-vous prêt à y consacrer du temps ?” Elle parlait d’un ton calme, une esquisse de sourire sur les lèvres, et elle s’est assise sur la chaise en repliant une jambe sous ses fesses. C’est à ce moment-là que j’ai remarqué qu’elle portait un pantalon souple et très ample.

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 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Métier" et "Géographie" 

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06 janvier 2012

Le Chinois – Henning Mankell

le_chinois Seuil – octobre 2011 – 554 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : Kinesen, 2008

Quatrième de couverture :  
Par un froid matin de janvier 2006, la police de Hudiksvall, dans le nord de la Suède, fait une effroyable découverte. Dix-neuf personnes ont été massacrées à l’arme blanche dans un petit village isolé. La policière Vivi Sundberg penche pour l’acte d’un déséquilibré. Mais la juge de Helsingborg, Birgitta Roslin, qui s’intéresse à l’affaire car les parents adoptifs de sa mère sont parmi les victimes, est persuadée que ce crime n’est pas l’œuvre d’un fou. Elle mène une enquête parallèle à partir d’un ruban de soie rouge trouvé sur les lieux qui raconte une tout autre histoire et l’entraîne dans un voyage vers d’autres époques et d’autres continents, et surtout en Chine, cette nouvelle superpuissance en pleine expansion sur la scène mondiale. À son insu, Birgitta Roslin est prise dans l’engrenage d’une machination géopolitique qui finira par mettre sa vie en danger.

Auteur : Né en 1948, Henning Mankell partage sa vie entre la Suède et le Mozambique. Lauréat de nombreux prix littéraires, outre la célèbre « série Wallander », il est l'auteur de romans sur l'Afrique ou des questions de société, de pièces de théâtre et d’ouvrages pour la jeunesse. Son dernier titre, L’Homme inquiet, est l'ultime enquête de Kurt Wallander.

Mon avis : (lu en janvier 2012)
Avec ce livre aux dimensions mondiales, à travers trois récits dont les liens sont parfois un peu tirés par les cheveux, Henning Mankell nous invite à voyager en Suède, en Chine, aux Etats-Unis et au Mozambique…
Tout commence en janvier 2006 avec le massacre à l’arme blanche de dix-neuf personnes dans un petit village isolé au nord de la Suède. L’enquête est menée par la policière Vivi Sundberg, elle se tourne rapidement vers la piste d’un crime perpétué par un déséquilibré. Birgitta Roslin, juge à Helsingborg, s’intéresse également à l’affaire car parmi les victimes il pourrait avoir les parents adoptifs de sa mère. Elle va donc mener en parallèle son enquête. Elle découvre une piste à partir d’un ruban rouge retrouvé sur les lieux du crime. Un mystérieux Chinois aurait séjourné la nuit du massacre dans un hôtel voisin, une caméra de vidéo-surveillance l’a même filmé.
Puis dans la deuxième partie, nous nous retrouvons en 1863 en Chine, puis aux États-Unis. Nous suivons les aventures du chinois San et de ses deux frères. Ayant quitté leur village pour Canton, sans ressource, ils se font kidnapper et envoyer aux États-Unis pour travailler comme des esclaves à la construction du chemin de fer. Retour en 2006, en Chine où le lecteur découvre la politique actuelle et surtout future de ce pays émergent.
Ces différentes parties du livre sont très intéressantes et documentées mais les liens créés entre elles par Henning Mankell sont pas vraiment crédibles… L’enquête policière est un peu délaissée pour la partie sociétale et politique…
Le livre se lit facilement, l’intrigue bien construite en ménageant les révélations donne au lecteur l’envie de connaitre la conclusion de l’histoire.

Extrait : (début du livre)
Neige gelée, grand froid. Le cœur de l’hiver.

Un des premiers jours de janvier 2006, un loup solitaire venu de Norvège traverse la frontière invisible et passe en Suède par la vallée de Vauldalen. Le conducteur d’un scooter des neiges croit l’apercevoir près de Fjällnäs, mais le loup disparaît dans les bois, vers l’est, avant que l’homme ait le temps de voir où il allait. En s’enfonçant dans les vallées d’Österdalarna, côté norvégien, l’animal a trouvé un bout de cadavre de renne gelé, avec encore quelques os à ronger. Mais deux jours ont passé. Il commence à être affamé et cherche de nouveau de quoi manger.
C’est un jeune mâle parti à la recherche d’un territoire. Il continue vers l’est, sans s’arrêter. Vers Nävjarna, au nord de Linsell, il trouve un autre cadavre de renne. Il se repose une journée entière avant de se remettre en route, repu. Toujours vers l’est. À la hauteur de Kårböle, il traverse le Ljusnan gelé, puis suit le cours sinueux de la rivière vers la mer. Par une nuit de pleine lune, il passe sur le pont de Järvsö puis s’enfonce dans les forêts qui s’étendent jusqu’à la côte.
Tôt, le 13 janvier, le loup parvient à Hesjövallen, petit village au sud du lac Hansesjön, dans la région du Hälsingland. Il s’arrête, le nez au vent. Il y a dans l’air une odeur de sang. Le loup regarde autour de lui. Les maisons sont habitées, mais les cheminées ne fument pas. Son ouïe fine ne perçoit aucun bruit.
Mais il y a une odeur de sang, le loup en est certain. Depuis l’orée du bois, il essaie d’en repérer l’origine. Il se met alors à courir lentement dans la neige. L’odeur arrive par bouffées d’une maison à l’extrémité du village. Il est sur ses gardes : près des humains, il faut être à la fois prudent et patient. Il s’arrête de nouveau. L’odeur vient de l’arrière de la maison. Le loup attend. Il se décide à avancer. En approchant, il aperçoit un cadavre. Il traîne la lourde proie à couvert, à l’orée du bois. Personne ne l’a encore repéré, aucun chien n’a même aboyé. En cette froide matinée, le silence est total.
Le loup commence à manger. Comme la viande n’est pas encore gelée, c’est facile. Il est affamé. Après avoir arraché une chaussure en cuir, il mordille le bas de la jambe, tout près du pied.
Il a neigé pendant la nuit, puis plus rien. Tandis que le loup mange, quelques légers flocons recommencent à tomber sur le sol glacé.

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Challenge 4%
Rentrée Littéraire 2011
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27/28

Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Suède

 Défi Scandinavie noire 2012
dc3a9fi_scandinavie_noire

Suède : Henning Mankell

 Challenge Viking Lit'
Viking_Lit

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 9/8

 

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