18 juin 2012

La chambre mortuaire - Jean-Luc Bizien

Lecture Commune 
lecture_commune 

avec Valérie et Karine

la_chambre_mortuaire 10/18 – février 2009 – 428 pages

Quatrième de couverture :
Étrange personnage que le docteur Simon Bloomberg ! Dans son hôtel particulier de la rue Mazarine à la façade presque aveugle, conçu comme une pyramide égyptienne, cet aliéniste au regard pénétrant et à la réputation sulfureuse traite ses patients selon des méthodes avant-gardistes qui font scandale. Lorsque la jeune Anglaise Sarah Englewood entre à son service, elle tombe immédiatement sous le charme de ce scientifique hors du commun, fascinée par le mystère qui l'entoure. Pourquoi ne voit-on jamais sa femme, une archéologue de renom dont les trouvailles encombrent chaque recoin de la maison ? Et pourquoi une des pièces est-elle interdite d'accès ? Tandis qu'une série de meurtres inexpliqués défraient la chronique parisienne, une relation trouble se noue entre l'intrépide Anglaise et l'ombrageux médecin...

Auteur : Né en 1963 à Phnom Penh (Cambodge), Jean-Luc Bizien a vécu une grande partie de son enfance à l'étranger. Il a exercé pendant une quinzaine d'années la double profession d'auteur et d'enseignant avant de se consacrer totalement à l'écriture. Jean-Luc Bizien s'épanouit dans les jeux de rôles et la littérature SF : il a obtenu en 1994 le prix Cassus Belli du meilleur jeu de rôles pour Chimères et a publié de nombreux livres pour la jeunesse, dont une trilogie médiévale parue chez Bayard Jeunesse. En 2002, il a obtenu le prix du roman d'aventures pour La Mort en prime time et le prix Fantastic'Arts pour WonderlandZ. Il est aussi l'auteur du Masque de la bête et de La Muraille (Éditions du Masque) et de Marie Joly, parue aux Éditions Sabine Wespieser.

Mon avis : (lu en mai 2012)
Voilà un livre qui nous emporte à Paris à la fin du XIXème siècle, au départ ce livre m'a fait penser à la série des enquêtes de Victor Legris de Claude Izner puisque l'époque et le lieu sont les mêmes.
Sarah Englewood est une jeune anglaise qui vient  d'arriver à Paris, elle a été engagée comme gouvernante par Simon Bloomberg, un aliéniste. C'est un médecin controversé par ses collègues, ils jugent ses méthodes innovantes dangereuses. Au début du livre, Simon Bloomberg est perturbé par la disparition de sa femme Elzbiéta, égyptologue, elle a quitté la maison sans donner de nouvelles.
Sarah est une très jolie jeune femme curieuse et qui s'intéresse aussi bien au travail de son employeur, qu'aux mystères de cette drôle de maison, elle s'interroge également sur la série de meurtres inexpliqués  vu dans le journal. Et le lecteur va suivre en parallèle ce qui se passe dans la maison de la rue Mazarine et l'enquête difficile du commissaire Desnoyers.
Les deux héros principaux sont complétés par une belle galerie de personnages secondaires comme les employés de maison de l’aliéniste : Ulysse, un géant au grand cœur ; Marceline, la gentille cuisinière, et Jéromine une bonne inquiétante mais aussi les enquêteurs, Léonce Desnoyers et Raoul Mesnard.
La maison de Simon Bloomberg située rue Mazarine est au centre du livre, elle est assez étrange, inspirée des pyramides égyptiennes, elle a été conçue comme  un labyrinthe avec de nombreux couloirs. C'est un lieu austère, décoré de bibelots en tout genre et de trésors archéologiques. Il y a également une cage avec des chimpanzés. Et il s'y passe des choses plutôt troublantes. Malgré les nombreuses descriptions des différentes parties de cette maison, je n'ai pas réussi à m'imaginer son vrai plan...
Un roman policier réussi, l'intrigue est originale et bien construite qui tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page. J'ai soupçonné de nombreux coupables avant d'avoir la solution de l'auteur...
Il existe une suite à ce livre avec « La Main de Gloire ».

Un Grand Merci à Valérie qui m'a offert ce livre lors du Swap Mettez de la couleur dans votre PAL : le dernier  organisé par elle-même et qui m'a proposée cette lecture commune.

Extrait : (page 21)
Paris est un océan de goudron ce soir.
Au cœur des ténèbres, la Seine s'étire paresseusement, reptile ventru à la formidable musculature. En cette morne soirée, Paris ne vit plus, Paris s'est éteint. Quelques épaves, l'esprit engourdi par l'absinthe ou la drogue, hantent encore ses ruelles. Les plus chanceux atteindront leur domicile sans heurts. Les autres tomberont sous les coups des crocheteurs, ou seront happés par les roues d'un fiacre jaillissant de nulle part. Des chiens trop maigres les regardent passer. Leurs yeux chassieux s'interrogent un instant : faudra-t-il disputer le territoire, défendre les déchets trouvés sur les pavés luisants ? Mais déjà les danseurs de l'aube s'éloignent. Leurs pieds lourds battent le pavé. L'écho va s'amenuisant. Le calme et le silence retombent.
L'ombre est de nouveau maîtresse.

Quelque part au milieu des toits, une étincelle persiste. Son halo pâle révèle le vasistas clos d'une pièce mansardée, étroite et longue. Un réduit fleurant la négligence et la solitude. Sur les lattes fatiguées, qui n'ont pas connu la caresse de la cire depuis des lustres, un matelas est posé. Un large coffre de bois, semblable à ceux qui envahissaient les cabines des capitaines corsaires déverse des vêtements froissés. C'est un capharnaüm chamarré, où de tristes fripes côtoient des habits de spectacle aux couleurs violentes. Les draps défaits de la couche, maculés de larges traces de sueur, auxquelles viennent s'ajouter les témoignages en fleurs rêches sur la toile de plaisirs vécus sous ces combles malodorants, accentuent l'arrière-goût de lassitude planant sur les lieux.

 

  Challenge Objectif PAL Swap
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11/25

Challenge Paris
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17 juin 2012

La mort indienne – Karin Fossum

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Jean-Claude Lattès – avril 2007 – 390 pages

J'ai Lu – juin 2009 – 347 pages

traduit du norvégien par Alex Fouillet

Titre original : Elskede Poona, 2000

Quatrième de couverture :
Gunder Jomann, célibataire endurci, part en Inde dans l'espoir de rencontrer celle qui deviendra sa femme.
Ce n'est que quelques semaines plus tard que Poona le rejoint en Norvège. Mais le jour de son arrivée, rien ne se passe comme prévu. Le corps mutilé d'une jeune femme est retrouvé près de chez Gunder.
Qui est-elle ? Qui à Elvestad est capable d'une telle inhumanité ?
L'inspecteur Konrad Sejer, lui, sait que chacun est capable du pire.

Auteur : Karin Fossum est une écrivaine norvégienne en 1954 à Sandefjord dans le sud de la Norvège. Elle vit avec ses deux filles à Tyrifjorden dans la région d'Oslo. Elle écrit des poèmes, des romans et des romans policier. Son premier recueil de poésie lui a valu le prix des débutants Tarjei Vesaas en 1974. En 1995, elle se lance dans le roman policier et devient une référence dans le genre. Dans son pays, on la surnomme « la reine du crime » ; ses romans remportent toujours un vif succès et lui valent de nombreuses récompenses. Ses deux premiers romans ont été adaptés en télévision et au cinéma.

Mon avis : (lu en juin 2012)
La mort indienne est la troisième enquête du commissaire Konrad Sejer. Gunder Jomann part en Inde en espérant trouver une femme. A l'étonnement de tout le village d'Elvestad, il revient marié mais pas encore avec sa femme, Poona celle-ci doit venir le rejoindre en Norvège quelque temps plus tard. Mais le jour de son arrivée, Gunder ne peut pas la rejoindre comme prévu à l'aéroport, car sa sœur Marie vient d'avoir un très grave accident de voiture. Gunder envoie donc un taxi chercher Poona. Mais celui-ci revient sans elle. 
Le lendemain, le corps mutilé et sans vie d'une femme d'origine étrangère est retrouvé et l'inspecteur Konrad Sejer est chargé de l'affaire.
Cette histoire met un peu de temps à s'installer avant que l'enquête elle-même ne commence. La fin est également surprenante...
Les personnages sont très fouillés et vraiment très "attachants". Avec ce roman policier norvégien, j'ai découvert une nouvelle auteur que je compte bien lire de nouveau.

Un grand merci à mrs pepys qui m'a offert ce livre lors du Swap Frissons en Noir & Blanc organisé par Canel (il y a déjà 1 an 1/2...)

Extrait : (début du livre)
Le calme est déchiré par des aboiements. La mère lève les yeux de l'évier et observe ce qui se passe à l'extérieur. Le chien pousse des jappements qui montent des profondeurs de sa gorge. Tout son corps noir et musculeux vibre d'enthousiasme.
Le fils apparaît. Il s'extrait de la Golf rouge et lâche un sac bleu sur le sol. Il jette un œil vers la fenêtre, où il aperçoit la silhouette de sa mère. Il s'approche du chien et le détache. L'animal se jette sur lui et le fait basculer, ils se mettent à chahuter dans le sable qui voltige. Le chien grogne, et le fils lui crie des doux noms d'oiseau à l'oreille. De temps à autre, il pousse un cri et donne une bonne gifle sur la truffe du rottweiler. Celui-ci finit par rester couché. Le fils se relève lentement. Il tape son pantalon pour en chasser la terre et la poussière, et jette un nouveau coup d’œil vers la fenêtre. En hésitant, le chien relève et s'immobilise devant lui, tête baissée. Il peut finalement venir lui lécher avec soumission le coin de la bouche. Le fils va ensuite jusqu'à la maison et entre dans la cuisine.
- Doux Jésus, regarde de quoi tu as l'air !
Sa mère regarde le t-shirt bleu. Il est taché de sang. Ses mains sont couvertes d'égratignures. Le chien l'a également griffé au visage.
- Makan ! S'écrie-t-elle avec un renâclement coléreux. Laisse le sac. Je nettoierai plus tard.  

Challenge Voisins, voisines
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Norvège

Défi Scandinavie noire 2012
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Norvège

 Challenge Viking Lit' 
Viking_Lit

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 18/8

 Challenge Littératures Nordiques
litterature_nordique

Challenge Objectif PAL Swap
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10/37

 

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05 juin 2012

Les leçons du Mal – Thomas H. Cook

Lu dans le cadre d'un partenariat Livraddict et Points

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Seuil – mars 2011 – 356 pages

Points – janvier 2012 – 376 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Loubat-Delranc

Titre original : Master of the Delta, 2008

Quatrième de couverture :
Le mal se donne-t-il en héritage ? Peut-on sauver les gens d'eux-mêmes ? Telles sont les questions que Jack Branch, professeur dans un lycée du Mississippi dans les années 1950, pose à ses élèves. Parmi eux, Eddie Miller est tenu à l'écart, écrasé par le poids de son ascendance : il est le fils du "tueur de l'étudiante". Jack lui suggère de fouiller son passé et de mener l'enquête sur son père. Peu à peu, ils découvrent un monde chargé de violence où Bien et Mal se confondent : un monde de ténèbres.

Auteur : Thomas H Cook, né en 1947, est salué comme l'un des plus grands auteurs de sa génération. Il a écrit une vingtaine de romans, dont The Chatham School Affair (Au lieu-dit noir-étang TP, à paraître au Seuil), qui a remporté le prestigieux prix Edgar Allan Poe en 1997.

 

Mon avis : (lu en mai 2012)
J'ai découvert Thomas H. Cook avec son livre Les Feuilles mortes que j'avais beaucoup aimé. Lorsque Livraddict nous a proposé ce partenariat avec les éditions Points pour ce livre, je n'ai pas hésité pour le solliciter et j'ai été super contente de l'obtenir.
Voilà un roman policier très original et vraiment prenant. L'histoire se situe dans le vieux Sud des États-Unis, dans une petite ville du Mississippi où vivent deux sociétés que tout oppose. Le narrateur, Jack Branch revient sur son passé de jeune enseignant et des évènements qui se sont passés en 1954.
Jack Branch est issu d'une famille de la Haute société habitant le quartier des Plantations, il a une relation particulière avec son père ancien professeur reconnu. Les élèves de Jack Branch viennent pour la plupart du quartier défavorisé des Ponts, il leur donne des cours sur le Mal.
Une de ses élèves, Sheila disparaît et l'un de ses camarades, Eddie est injustement soupçonné et rejeté par tous. En effet, ce dernier est le fils du « tueur de l'étudiante » mort en prison quinze ans plus tôt. Eddie Miller est un garçon solitaire, un peu naïf, Jack se prend d'affection pour lui et va l'aider à mener à bien ses recherches sur son père.

Dès le début de ce roman le lecteur comprend que cette histoire va se terminer sur un drame, mais impossible avant la conclusion du livre de deviner ce qu'il va réellement se passer, j'ai imaginé plusieurs scénarios possible et... la fin a été inattendue !
Avec cette histoire, l'auteur nous décrit l'état d'esprit de cette société américaine des années 50 dans le Vieux Sud, il veut également nous faire réfléchir sur l'hérédité et bien sûr à travers les cours de Jack composés de nombreux exemples historiques ou littéraires nous découvrons le Mal.
J'ai cependant deux petites réserves concernant ce livre : En premier lieu, durant tout le livre, nous passons du passé au présent et parfois on peut être un peu perdu... car rien n'indique le changement d'époque. De même la révélation finale du drame, n'est pas si claire que cela, j'ai du relire plusieurs fois les dernières pages pour m'assurer que j'avais bien compris.

J'ai vraiment aimé ce livre, ce style de roman policier où la psychologie des personnages est au centre de l'intrigue me plaît vraiment beaucoup.

Un très grand Merci à Livraddict et aux éditions Points pour m'avoir permis de découvrir ce livre. J'ai dans ma PAL le dernier livre de Thomas H. Cook publié en France, Au lieu-dit Noir- Étang que j'ai très envie de lire sans tarder.

Extrait : (début du livre)
Gâté par le sort, je n'ai pas su voir les ténèbres ni ce qu'elles dissimulaient. Jusqu'au moment fatidique, le mal s'est tenu à distance, circonscrit à de simples notes de cours sur les crimes perpétrés par des armés, des foules et des individus sanguinaires, auteurs d'actes abominables que j'exposais avec passion à mon auditoire d'élèves captifs.
Il n'y avait donc rien de surprenant à ce que, ce matin-là, j'aie pensé au vieux roi Hérode, aux tourments que furent les siens quand, à la fin de sa vie, ses organes génitaux gangrenés grouillaient de vers. C'était le symbole de la culpabilité châtiée, d'infections méritées par un oppresseur, et je supposais que, pendant le semestre suivant, je trouverais bien l'occasion de le placer dans l'un de mes cours.
C'était une belle matinée d'avril 1954, un peu moins d'un siècle après le début d'un conflit qui, à son terme, avait rendu orphelins la moitié des enfants du Sud.
J'avais vingt-quatre ans et, depuis trois ans, enseignais au lycée de Lakeland. A l'époque, là comme partout ailleurs, il existait une ligne de démarcation entre les races et les classes sociales, matérialisée par un splendide secteur des Plantations, où mon père habitait toujours, et un nouveau quartier sud où se concentraient artisans et commerçants locaux dans de modestes maisons de plain-pied accolées les unes aux autres le long de petites rues bordées d'arbres. Les ouvriers qui travaillaient dans les quelques usines de la ville résidaient dans une zone du nom de Townsend, qui consistait en de petites maisons bâties sur des terrains tout aussi petits pouvant tout de même contenir un soupçon de pelouse. Un peu plus à l'est, on trouvait la catégorie de gens pour qui, selon l'histoire ancienne, l'auberge affichait toujours complet, et qui vivait dans le quartier connu sous le nom des Ponts.

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Déjà lu du même auteur : 

les_feuilles_mortes_p Les feuilles mortes

 

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26/50 : Mississipi

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01 juin 2012

L'âme du chasseur – Deon Meyer

Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : ÂME

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Seuil – janvier 2005 – 422 pages

Points – décembre 2005 - 472 pages

Points – janvier 2006 – 480 pages

Points collector – janvier 2011 -

traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Estelle Roudet

Titre original : The Heart of the Hunter, 2002

Quatrième de couverture : 
Véritable force de la nature, « P'tit » Mpayipheli s'est refait une vie honorable après sa mise au chômage par les services secrets sud-africains lorsque la fille d'un vieux camarade de lutte lui demande son aide : son père a été enlevé et ses ravisseurs menacent de le tuer si elle ne leur livre pas la rançon bien particulière qu'ils exigent. Que faire ? Renouer avec un passé de meurtres et de corruption qu'il a eu du mal à mettre derrière lui pour sauver son ami ou le laisser tomber pour protéger sa nouvelle existence ? Il n'hésite pas et les ennuis commencent : derrière le kidnapping, c'est en effet tout autre chose qui se joue et l'oblige à jouer son va-tout. Superbe course poursuite à travers une Afrique du Sud toujours en proie à ses vieux démons. L'Âme du chasseur a été salué comme un grand livre par le maître du policier américain Michael Connelly.

Auteur : Deon Meyer, né à Paarl le 4 juillet 1958, est un auteur de romans policiers originaire d'Afrique du Sud. Il écrit en afrikaans. Il passe son enfance à Klerksdorp, dans la province du Nord-Ouest, région des mines d'or.
Il a fait ses études à l'université de Potchefstroom avant de travailler comme journaliste pour Die Volkablad, quotidien afrikaner de Bloemfontein. Son premier roman paraît en 1994, mais il n'est pas traduit en anglais. Ses œuvres suivantes ont été traduites dans plusieurs langues. Elles reflètent la diversité culturelle de l'Afrique du Sud contemporaine, ses tensions et ses efforts pour vaincre le sous développement. Meyer est marié et père de quatre enfants, il vit actuellement à Melkbosstrand une petite ville de la municipalité du Cap, sur la côte ouest, à 35 km au nord du Cap.

Mon avis : (lu en mai 2012)
C’est la première fois que je lisais un livre de cet auteur.
Thobela Mpayipheli est un ancien tueur de l'ANC, formé par les Pays de l'Est. Depuis que Nelson Mandela est arrivé au pouvoir en Afrique du Sud, il a changé de vie. Il a rencontré Miriam et son fils Pakamile, il a un travail comme homme à tout faire dans un garage et il suit des cours par correspondance, il aspire à une vie tranquille. Mais lorsque Monica, la fille de Johnny Kleintjes, vient lui demander de l'aide pour sauver son père, il ne peut refuser car il a une dette d'honneur envers lui. Il va renouer avec le passé et les ennuis vont commencer. Il va s'en suivre une sorte de road movie haletant à travers l'Afrique du Sud jusqu'en Zambie avec embûches et péripéties pour Thobela.
Un roman riche en émotions, où le lecteur découvre de superbes paysages d'Afrique du Sud mais aussi une société sud-africaine donc les codes ont évolués avec la démocratie naissante de l'Afrique du Sud.
Au fil des pages de ce roman, dans des flash-backs il est question de services secrets d'ici ou d'ailleurs, des luttes raciales d'hier entre Boers, Anglais et Xhosas...
L'histoire est palpitante, le contexte passionnant et le personnage de Thobela Mpayipheli vraiment attachant. Une belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Il se tenait derrière l’Américain. Pratiquement collé à lui dans le métro bondé, l’esprit très loin de là, sur la côte du Transkei, où les vagues gigantesques viennent se briser dans un bruit de tonnerre.
Il se revoyait assis sur l’éperon rocheux d’où il contemplait la houle, sa progression linéaire à la surface de l’océan Indien, impressionné par ce long voyage solitaire qui s’achève en un déferlement sur les côtes accidentées du continent noir.

Entre deux lames règne un silence parfait, quelques secondes de calme absolu. Le moment est si tranquille qu'il entend la voix de ses ancêtres - Phalo et Rharhabe, Nquika et Maqoma, son sang, sa source, son refuge. Son heure venue, lorsqu’il sentira la lame effilée lui ôter la vie, c’est là qu’il retournera, il le sait. A ces moments suspendus entre deux fracas.
Il reprit peu à peu conscience, presque avec précaution. Vit qu’ils n’étaient plus qu’à quelques minutes de Saint-Michel. Pencha à demi la tête vers l’oreille de l’Américain. Ses lèvres, là, aussi proches que celles d’un amant.
- Tu sais où on va après la mort ? lui demanda-t-il d’une voix de basse, dans un anglais fortement teinté d’accent africain.
Son ennemi se ramassa sur lui-même, larges épaules voûtées, nuque contractée.
Il attendit calmement que l’homme se retourne dans la cohue compacte du wagon. Il attendit de voir ses yeux. C’était le moment auquel il aspirait. La confrontation, le défi qu’on lance. Son instinct l’y poussait, c’était sa vocation, son accomplissement. Le guerrier venu des plaines d’Afrique, muscles bandés pour cet instant. Son cœur s’accéléra, la sève guerrière courut dans ses veines, la divine folie du combat prit possession de lui.
Le corps pivota en premier, sans hâte, puis ce fut la tête et enfin les yeux. Regard perçant du prédateur sans crainte, sûr de lui, amusé même, un sourire sur les lèvres minces. Etrange intimité, à quelques centimètres l’un de l’autre.   

  Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Métier"

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09 mai 2012

Harjunpäa et l’homme-oiseau – Matti Yrjänä Joensuu

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Gallimard – novembre 2000 – 430 pages

Folio – septembre 2003 – 431 pages

Titre original : Harjunpäa ja rakkauden nälkä, 1993

Quatrième de couverture : 
Comme son surnom le laisse entendre, Titi se prend pour un oiseau. Il vole au-dessus des serrures et des toits, jusque dans la chambre d'inconnues qu'il caresse dans leur sommeil... Harjunpää, lui, est un flic fatigué, lourd comme le crime et la misère qui lui fournissent chaque jour leur lot de cadavres et de pleurs... La folie n'est pas loin. La Finlande et sa police sont bien au-delà de l'idée que l'on pourrait s'en faire... Sous les frimas aussi, l'ambivalence humaine draine son lot d'amour, de corruptions et de plaies... Titi, de simple volatile, pourrait devenir aigle... Harjunpää, à force d'amertume, risque de sortir les crocs. Surtout s'il joue sa place…

Auteur : Né en 1948, Matti Yrjänä Joensuu occupe depuis 1986 le poste d'inspecteur divisionnaire au sein de la brigade criminelle d'Helsinki. Il s'est également fait connaître en écrivant des romans policiers dont le héros, l'inspecteur Harjunpää, s'est imposé par son spleen désabusé pétri d'humanité.

Mon avis : (lu en mai 2012)
C'est en recherchant un livre d'un auteur finlandais que je suis tombée sur « Harjunpäa et l’homme-oiseau » de Matti Yrjänä Joensuu. Un auteur dont je n'avais jamais entendu parler, c'est un inspecteur de police à Helsinki, c'est pour cela que les descriptions du commissariat et des états d'âme de l'inspecteur Harjunpää sont parfaitement précises et crédibles.
Le lecteur suit en parallèle les vies d'un délinquant à la personnalité très étrange et de l'inspecteur Timo Harjunpää qui est las, fatigué, mais toujours rempli d'humanité. Il subit aussi bien sa vie privée que sa vie professionnelle. Il fait au mieux pour exercer son métier malgré une hiérarchie inefficace et peut-être corrompue, il doit faire face à des cadavres, des braquages mais aussi aux dysfonctionnements de la police finlandaise. Il est tellement pris par son travail qu'il délaisse un peu trop sa famille, femme, enfants, parents.
L’homme-oiseau c’est Asko Leinonen, ou Titi son double nocturne. Le jour Asko est cordonnier dans une galerie marchande d’Helsinki. La nuit Titi suit les couples où les femmes sont belles et jeunes jusque dans leur chambre. Il les observe et parfois il caresse la femme. Souvent, il revient voir les femmes quand elles sont seules et endormies. Asko fait également partie d'une famille de truands, tous pensent que leur petit frère est un demeuré, malgré cela ils lui reconnaissent un don, quand il est Titi, il sait rentrer n’importe où sans laisser de traces et sans se faire voir.

Le récit est assez classique, l'action se déroule lentement, il n'y aucun rebondissement tout est dans l'atmosphère et la conclusion du livre un peu surprenante. Dans cette histoire assez sombre j'ai découvert deux personnages très attachants. Une découverte plutôt réussite.

Extrait : (début du livre)
Un son très doux provenait de la nuit, ou bien une senteur à peine perceptible flottait dans l’obscurité. Quelque chose d’apaisant, semblable à l’odeur qui se dégage des barques et du bois des pontons humides. Même si Titi ne pouvait pas préciser la sensation, il percevait son effet. C’était comme si l’on déverrouillait quelque chose en lui ou si l’on ouvrait une trappe cadenassée au fond de sa conscience. Et il réalisa en un éclair que la faim était toujours là.
Elle bouillonnait à l’intérieur de son corps. Dans son bas-ventre, dans ses mollets. Mais elle se lovait surtout dans sa poitrine, s’y étendait tel un être vivant – un chat, ou alors un oiseau, un de ces oiseaux aux reflets d’argent qui déploient leurs ailes sur les écussons. Elle le faisait palpiter. C’était presque mieux que ce qu’il ressentait chez la Boucanée ou ce qu’avaient éveillé en lui les guêpières de la Biche, ou encore la Rouquine de la rue du Temple avec ses bas en Nylon noir et son petit abricot rasé aussi luisant que de la porcelaine. Malgré tout, Titi ne bougea pas d’un pouce. Il demeura impassible et s’efforça de son mieux de ne pas penser à la chose.
Titi savait ce qu’il faisait – il ne fallait pas penser à la faim. C’était interdit. Un peu comme le rire. Et ça n’avait pas été interdit par n’importe quel lampiste, mais par Dieu lui-même. Il était d’ailleurs plus sage de ne pas chercher à savoir pourquoi.
Et si malgré tout il pensait à la faim, cela équivalait à ouvrir la porte à l’horreur. Les terreurs d’enfance étaient de retour : les dents des mangeurs de quéquette grinçaient dans le noir, il était tout à coup persuadé que le cancer rongeait ses os, certain d’avoir attrapé le sida parce qu’il n’avait pas eu le temps  de traverser la rue pendant que le feu était vert ; ou alors il lui venait à l’esprit que Reino ou Douce Mère allaient mourir, qu’il allait les tuer d’une manière ou une autre, malgré lui. Pire que l’enfer. C’était la punition quand il pensait à la faim. Car la faim devait être punie, et lui aussi. Et quand la punition explosait dans son cerveau, adieu la faim ! La femme la plus splendide du monde aurait pu trotter devant lui, ivre morte, la houppe et les seins offerts, il aurait été inutile d’envisager quoi que ce soit. 

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Challenge Voisins, voisines
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Finlande

 Défi Scandinavie noire 2012
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Finlande

 Challenge Viking Lit' 
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Challenge Littératures Nordiques
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Animaux"

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05 mai 2012

Haka – Caryl Férey

Challenge Destination Nouvelle-Zélande : 5 mai 2012
proposé par evertkhorus
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Editions Baleine – Le Seuil - mars 1999 -

Folio – janvier 2003 – 435 pages

Folio – octobre 2011 – 814 pages

Quatrième de couverture : 
Il y a vingt-cinq ans, Jack Fitzgerald s'est engagé dans la police néo-zélandaise avec l'esprit de retrouver sa femme et sa fille, toutes deux mystérieusement disparues. Aujourd'hui capitaine de la police d'Auckland, il cherche à travers les affaires du quotidien un lien qui pourrait le délivrer de sa névrose. La jeune fille que l'on vient de retrouver morte, le sexe scalpé sur une plage de Devonport, n'est que le premier d'une effroyable série de cadavres autour desquels gravitent un peintre épileptique, un dandy homosexuel, sa femme et quelques membres de la communauté maorie. Malcom Kirk le géant qui sème la terreur chez les prostituées, et surtout le charmant Zinzan Bee qui, avec ses guerriers, perpétue au cri du Haka des rites ancestraux sanguinaires. Secondé par Ann Waitura, une jeune et brillante criminologue, Jack Fitzgerald mènera l'enquête jusqu'au chaos final.

Auteur : Né en 1967, à Caen, remarqué lors de la parution de son troisième roman 'Haka', Caryl Férey s'inscrit rapidement parmi les figures importantes du polar à la française. La singularité de ses oeuvres : le dépaysement. Grand voyageur, l'écrivain situe ses romans noirs, parmi lesquels 'Zulu' ou 'Utu', aux quatre coins de la planète, de la Nouvelle-Zélande, où il a vécu, au Maroc en passant par la France ou l'Afrique du Sud. Inspiré par la culture rock, on lui doit des titres comme 'La Jambe gauche de Joe Strummer', référence directe à sa passion pour les Clash, ou 'D'amour et dope fraîche', qui constitue un nouvel épisode des aventures du Poulpe. Férey distille également son talent en direction d'un public plus jeune avec des livres comme 'Jour de colère' ou 'Ma langue de fer'. Lui qui a débuté auprès d'une petite maison d'édition rennaise, La Balle d'Argent, fait désormais partie des valeurs sûres de la prestigieuse Série noire.

 

Mon avis : (lu en avril 2012)
Lorsque  evertkhorus a proposé la Nouvelle-Zélande pour le Challenge Destination, j'ai rapidement choisi le livre « Haka » de Caryl Férey qui se trouvait dans ma PAL.
J'avais découvert Caryl Férey avec « Zulu », un livre à la fois terrifiant et bouleversant. Cette nouvelle lecture n'est pas très différente dans le style : voilà un roman policier d'une violence et d'une noirceur totale.

« Zulu » avait pour cadre l'Afrique du Sud, ici dans « Haka » nous partons en Nouvelle-Zélande.

 

D'origine moitié maori moitié écossaise, Jack Fitzgerald est hanté depuis vingt-cinq ans par la soudaine disparition de sa femme et sa fille. Depuis, il est devenu l'un des meilleurs flics d'Auckland. Il a en lui beaucoup de rage et de violence.
Lorsque l'histoire commence, le corps d'une femme vient d'être retrouvé sur une plage, le pubis entièrement scalpé. Jack Fitzgerald est appelé pour mener l'enquête, il est secondé par Ann Waitura, une jeune et jolie spécialiste en criminologie. Dans le passé un meurtre équivalent a déjà été perpétré...
L'intrigue est bien mené, il y a de nombreuses pistes, du suspens, du rythme et un dénouement inattendu, des personnages souvent excessifs dont la psychologie a été bien travaillé. Seul bémol, les très nombreux morts qui se succèdent cela fini par vraiment altérer la crédibilité de l'intrigue...
A travers ce thriller ethnique plutôt passionnant, j'ai découvert certains côtés de la culture et l'histoire de la Nouvelle Zélande. Caryl Férey a su parfaitement décrire des Maoris puissants, fiers qui revendiquent leur propre culture face aux colons blancs mais aussi les paysages grandioses et sauvages de Nouvelle-Zélande.

Extrait : (début du livre)
Naturellement. C'était forcément une chose vomie mille fois qui lui tordait le ventre. Et chaque matin, Jack Fitzgerald pouvait mesurer l'ampleur du chaos ; une partie d'infini qu'aucun stratagème mathématique ne comblerait jamais. Il l'avait juré.
Sa famille avait disparu. Depuis, Jack allait se réfugier dans la chambre isolée au fond du couloir, celle de la gamine. Il n'en ressortait qu'à l'aube, moribond, sans larmes, à moitié fou. Outre les photos, exposées aux murs par dizaines, il avait réuni là dossiers, ordinateurs, cartes d'état-major, témoignages divers et autres rapports de police liés à leur disparition. De cette histoire, Jack connaissait tout mais ne savait rien. Avec le temps, la chambre de la petite était devenue son bureau parallèle, une sorte de cimetière sans tombe : tant qu'on n'aurait pas retrouvé les corps, il resterait son propre fossoyeur - et accessoirement capitaine de la police d'Auckland.
Ce petit manège durait depuis bientôt vingt-cinq ans. Fitzgerald en avait aujourd'hui quarante-cinq ans et sombrait peu à peu vers le Pandémonium de son seul imaginaire. Car ce qui le poussait à se réfugier dans le bureau secret relevait plus du comportement psychotique que du rite obsessionnel. Dans le langage psychiatrique, la fonction était précise : il entretenait son délire.
D'après les experts, c'était la seule façon de guérir.
D'après lui, c'était la seule raison de vivre.

Déjà lu du même auteur : 

zulu Zulu

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012

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"Sport / Loisirs"

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 17/8

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20 avril 2012

Le Chien des Baskerville - Arthur Conan Doyle

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traduit de l'anglais

Hachette – janvier 1907

J'ai Lu – 1961

J'ai Lu – 1964

Livre de Poche – 1966 – 256 pages

Livre de poche – septembre 1967 – 256 pages

Gallimard – janvier 1976

Pocket – janvier 1981 – 191 pages

Livre de poche – janvier 1988 – 256 pages

Pocket – septembre 1988 – 190 pages

Pocket – juillet 1995 – 190 pages

Livre de poche Jeunesse - 1994 – 316 pages

Nathan – octobre 1998 – 194 pages

Flammarion - avril 1999 – 270 pages

Folio junior - avril 1999 – 300 pages

Librio – mai 1999 – 187 pages

Gallimard – juin 2001 – 349 pages

Folio jeunesse - novembre 2001 –

Livre de poche Jeunesse – février 2002 – 282 pages

Pocket – février 2002 – 191 pages

Librio – juin 2003 -

Librio – juin 2003 – 187 pages

Hachette éducation – février 2004 -

Pocket – novembre 2004 – 191 pages

Litté Geo Ado - octobre 2006 -

Livre de poche Jeunesse - décembre 2007 – 316 pages

Folio jeunesse - janvier 2008 – 264 pages

Dodo Press – janvier 2009 – 216 pages

Larousse – septembre 2011 -

traduit de l'anglais par Bernard Tourville

Titre original : The Hound of the Baskervilles, 1902

Quatrième de couverture : 
Un chien diabolique parcourt une lande désolée du Devonshire et Sir Henry, dernier héritier des Baskerville, commence à croire qu’il va subir le sort tragique de ses ancêtres, victimes d’une étrange malédiction. Sherlock Holmes, toujours rationnel, ne croit pas aux mystères et il envoie son ami Watson observer le pays et ses habitants. Il découvre des serviteurs silencieux, un criminel en fuite, un chasseur de papillons et d’autres personnages étonnants. Le célèbre détective devra finalement affronter un ennemi d’une intelligence redoutable.

Auteur : Sir Arthur Ignatius Conan Doyle, né le 22 mai 1859 à Édimbourg et mort le 7 juillet 1930 à Crowborough, dans le Sussex, est un écrivain et médecin écossais. Il doit sa célébrité à ses romans mettant en scène le détective Sherlock Holmes, considérés comme une innovation majeure du roman policier, et les aventures du professeur Challenger. Cet écrivain prolifique a également été l'auteur de livres de science-fiction, de romans historiques, de pièces de théâtre, de poésies et d'œuvres historiques. Conan Doyle était lié à l'écrivain J. M. Barrie. Il a été fait Chevalier par le roi Édouard VII le 24 octobre 1922.

 

Mon avis : (relu en avril 2012)
J’ai déjà lu ce livre lorsque j’étais adolescente mais je n’en avais plus aucun souvenir. C’est l’enquête la plus célèbre de Sherlock Holmes.
Dans le Devonshire, une terrible malédiction pèse sur la famille de Baskerville. Depuis des générations, « un chien de l'enfer » serait la cause des morts et des membres de la famille. La mort de Sir Charles Baskerville dans des circonstances troubles, ravive cette légende. Le seul héritier Sir Henry est lui-même averti par une lettre anonyme qu'il est menacé d'un très grave danger. Sherlock Holmes et le Docteur Watson vont mener une enquête efficace et pleine de suspense. Le lecteur suit pas à pas l'enquête, les observations puis les déductions de Sherlock Holmes. Le cadre de l'enquête dans cette lande mystérieuse et brumeuse rend encore plus forte l'atmosphère pesante du lieu.
C'est une réussite totale que j'ai relu avec beaucoup de plaisir.

 

J’ai eu l’occasion, il y a quelques semaines de voir à la télévision l’adaptation très réussite de cette enquête dans la série policière britannique Sherlock (2ème épisode de la saison 2) créée par Mark Gatiss et Steven Moffat et diffusée depuis le 25 juillet 2010 sur BBC One avec comme acteurs Benedict Cumberbatch et Martin Freeman.  

Extrait : (début du livre)
Ce matin-là, M. Sherlock Holmes qui, sauf les cas assez fréquents où il passait les nuits, se levait tard, était assis devant la table de la salle à manger. Je me tenais près de la cheminée, examinant la canne que notre visiteur de la veille avait oubliée. C’était un joli bâton, solide, terminé par une boule — ce qu’on est convenu d'appeler « une permission de minuit ».

Immédiatement au-dessous de la pomme, un cercle d’or, large de deux centimètres, portait l’inscription et la date suivantes : « À M. James Mortimer, ses amis du C. C. H. — 1884 ».
Cette canne, digne, grave, rassurante, ressemblait à celles dont se servent les médecins « vieux jeu ». « Eh bien, Watson, me dit Holmes, quelles conclusions en tirez-vous ? »
Holmes me tournait le dos et rien ne pouvait lui indiquer mon genre d’occupation.
« Comment savez-vous ce que je fais ? Je crois vraiment que vous avez des yeux derrière la tête.
— Non ; mais j’ai, en face de moi, une cafetière en argent, polie comme un miroir. Allons, Watson, communiquez-moi les réflexions que vous suggère l’examen de cette canne. Nous avons eu la malchance de manquer hier son propriétaire et, puisque nous ignorons le but de sa visite, ce morceau de bois acquiert une certaine importance.
— Je pense, répondis-je, suivant de mon mieux la méthode de mon compagnon, que le docteur Mortimer doit être quelque vieux médecin, très occupé et très estimé, puisque ceux qui le connaissent lui ont donné ce témoignage de sympathie.
— Bien, approuva Holmes… très bien !
— Je pense également qu’il y a de grandes probabilités pour que le docteur Mortimer soit un médecin de campagne qui visite la plupart du temps ses malades à pied.
— Pourquoi ?
— Parce que cette canne, fort jolie quand elle était neuve, m’apparaît tellement usée que je ne la vois pas entre les mains d’un médecin de ville. L’usure du bout en fer témoigne de longs services.
— Parfaitement exact ! approuva Holmes.
— Et puis, il y a encore ces mots : « Ses amis du C. C. H. ». Je devine qu’il s’agit d’une société de chasse…. Le docteur aura soigné quelques-uns de ses membres qui en reconnaissance, lui auront offert ce petit cadeau.
— En vérité, Watson, vous vous surpassez, fit Holmes, en reculant sa chaise pour allumer une cigarette. Je dois avouer que, dans tous les rapports que vous avez bien voulu rédiger sur mes humbles travaux, vous ne vous êtes pas assez rendu justice. Vous n’êtes peut-être pas lumineux par vous-même ; mais je vous tiens pour un excellent conducteur de lumière. Il existe des gens qui, sans avoir du génie, possèdent le talent de le stimuler chez autrui. Je confesse, mon cher ami, que je suis votre obligé. »

Auparavant, Holmes ne m’avait jamais parlé ainsi. Ces paroles me firent le plus grand plaisir, car, jusqu’alors, son indifférence aussi bien pour mon admiration que pour mes efforts tentés en vue de vulgariser ses méthodes, m’avait vexé. De plus, j’étais fier de m’être assimilé son système au point de mériter son approbation quand il m’arrivait de l’appliquer.
Holmes me prit la canne des mains et l’examina à son tour pendant quelques minutes. Puis, soudainement intéressé, il posa sa cigarette, se rapprocha de la fenêtre et la regarda de nouveau avec une loupe.

« Intéressant, quoique élémentaire, fit-il, en retournant s’asseoir sur le canapé, dans son coin de prédilection. J’aperçois sur cette canne une ou deux indications qui nous conduisent à des inductions. 
— Quelque chose m’aurait-il échappé ? dis-je d’un air important. Je ne crois pas avoir négligé de détail essentiel.
— Je crains, mon cher Watson, que la plupart de vos conclusions ne soient erronées. Quand je prétendais que vous me stimuliez, cela signifiait qu’en relevant vos erreurs j’étais accidentellement amené à découvrir la vérité…. Oh ! dans l’espèce, vous ne vous trompez pas complètement. L’homme est certainement un médecin de campagne… et il marche beaucoup.
— J’avais donc raison.
— Oui, pour cela.
— Mais c’est tout ?
— Non, non, mon cher Watson… pas tout – tant s’en faut. J’estime, par exemple, qu’un cadeau fait à un docteur s’explique mieux venant d’un hôpital que d’une société de chasse. Aussi, lorsque les initiales « C. C. » sont placées avant celle désignant cet hôpital, les mots « Charing Cross » s’imposent tout naturellement.
— Peut-être.
— Des probabilités sont en faveur de mon explication. Et, si nous acceptons cette hypothèse, nous avons une nouvelle base qui nous permet de reconstituer la personnalité de notre visiteur inconnu.
— Alors, en supposant que C. C. H. signifie « Charing Cross Hospital », quelles autres conséquences en déduirons-nous ?
— Vous ne les trouvez-pas ?… Vous connaissez ma méthode…. Appliquez-la ! 
— La seule conclusion évidente est que notre homme pratiquait la médecine à la ville avant de l’exercer à la campagne.

Baby Challenge Polar - Livr@ddict 2012
polar
Médaille de Bronze à 14/20

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Animaux"

Challenge God Save The Livre
 Challenge_anglais

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17 avril 2012

Noir océan – Stefán Máni

Lu dans le cadre d'un partenariat Livraddict et Folio

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Gallimard – février 2010 – 474 pages

Folio – mars 2012 – 543 pages

Traduit de l'islandais par Eric Boury

Titre original : Sipid, 2006

Présentation éditeur :
De lourds nuages noirs s'amoncellent dans le ciel zébré d'éclairs au moment où le Per se quitte le port de Grundartangi en Islande en direction du Surinam. À son bord, neuf membres d'équipage qui, tous, semblent avoir emporté dans leurs bagages des secrets peu reluisants. Ceux qui ont entendu dire que la compagnie de fret allait les licencier et qu'il s'agit là de leur dernier voyage sont bien décidés à prendre les choses en main, une fois que la météo sera plus favorable. La mutinerie n'est pas loin et, très vite, l'atmosphère se charge de suspicion, de menaces et d'hostilité. Quand les communications sont coupées par l'un des membres de l'équipage - mais lequel ? -, la folie prend peu à peu le contrôle du bateau qui n'en finit pas de dériver vers des mers toujours plus froides et inhospitalières...

Auteur : Stefán Máni est né à Reykjavik le 3 juin 1970 et a grandi à Olafsvik. un village de pêcheurs situé à l'extrémité de la péninsule de Snaefellsnes. Noir Océan a reçu, en 2007, le prix de la Goutte de Sang qui récompense le meilleur roman policier/thriller islandais. En France, le magazine Lire l'a élu Meilleur polar 2010.  

Mon avis : (lu en avril 2012)
Neuf hommes vont embarquer sur le cargo islandais Per se et prendre la mer pour le Surinam. Il y a par ordre d'apparition Sæli premier matelot, Ási le cuisinier, Jóhann le Géant chef mécanicien,Rúnar maître d'équipage, Jón dit le Président commandant, Jónas commandant en second, Guðmundur Berdsen le capitaine du cargo Per se, Óli Johnsen, dit le Soutier, mécanicien et Jón Karl embarqué malgré lui sur le bateau.
Dès le début, l'ambiance est lourde à bord. Certains ont eu vent de menaces de licenciement sur l'équipage après ce voyage. Ils ont prévu à mi-voyage de manifester leur mécontentement en simulant une panne. Chaque membres de l'équipage a ses petits secrets, ils laissent à terre, famille, dettes... Le capitaine s'apprête à faire sa dernière traversée, ensuite il compte prendre sa retraite et la vivre auprès de sa femme Hrafnhildur.
Au début, il n'est pas toujours facile de s'y retrouver entre les différents personnages aux noms islandais qui se confondent. Ainsi pendant une centaine de pages, l'auteur nous présente l'équipage et sa vie à terre.
Puis le cargo largue les amarres pour le Surinam. Et contrairement à ce que semble le faire penser la phrase suivante « Le cargo Per se vogue à pleine vitesse vers l'hémisphère Sud,... » le Surinam (ancienne Guyane Néerlandaise) est situé dans l'hémisphère Nord (4°N 56°O), au nord de l'Amérique du Sud.
Une fois en mer, cette histoire devient un huit clos où méfiance et malentendus rendent l'ambiance à bord de plus en plus insupportable... Cela commence par les moyens de communication radio, radar, GPS qui tombent en panne, on découvrira plus tard que ce n'est pas une panne mais un sabotage. Et les conditions météorologiques changent avec l'arrivée de tempêtes. Les suspicions sont partout, tout le monde se méfie de tout le monde... Des évènements se succèdent et le voyage devient de plus en plus noir... Le rythme de l'histoire est en phase avec l'état de la mer où se succède tempête et mer plus calme.
J'ai beaucoup aimé les descriptions de ce voyage en mer, le lecteur ressent très bien l'état de la mer, les bruits du bateau, la vie à bord. Plongée dans ma lecture, j'avais très souvent l'impression d'être à bord. C'est à la fois palpitant et stressant... Le lecteur se demande à tout moment comment ce voyage va-t-il pouvoir se conclure et l'imagination de l'auteur nous offre quelques rebondissements inattendues...
La fin m'a laissé un peu sur ma faim, en effet elle est plus suggérée que clairement posée, elle laisse faire l'imagination du lecteur... Et après ce long voyage, c'est un peu frustrant...
Merci à Livraddict et aux éditions Folio pour m'avoir permis de découvrir ce livre et faire un voyage plutôt angoissant sur l'Atlantique ! 

Extrait : (début du livre)
Lundi 10 septembre 2001.
Huit heures moins vingt-quatre minutes. Dans cette cuisine exiguë du quartier Þingholt, une famille de trois personnes mange du chou farci au beurre fondu accompagné de pommes de terre nouvelles.
A l'extérieur règnent le froid et la nuit de l'automne, mais chez le jeune couple il fait chaud et clair.

- J'aurais quand même préféré quelque chose de meilleur pour toi, mon chéri, observe la compagne de Sæli qui coupe en même temps une boulette de viande à leur fils, âgé de trois ans.
- Je ne pouvais pas rêver mieux, ma petite Lára, dit Sæli alors qu'il se ressert. Je vais m'empiffrer de grillages, de sauces et de veloutés tout le mois prochain.
- Mon pauvre !
- Enfin bon, tu vois ce que je veux dire ! précise Sæli. Il lui pince doucement la taille.
Sæli est premier matelot à bord d'un cargo et Lára exerce le métier de coiffeuse dans le 101, le centre-ville de Reykjavík.

- Au fait, est-ce que je t'ai montré cet appartement dans la rue Framnesvegur ? Lára essuie le gros de la sauce tomate qui barbouille le visage du petit garçon. Il était en photo dans le journal d'aujourd'hui !
- Oui, enfin, non... je ne l'ai pas vu, répond Sæli avec un léger soupir, sa main posée sur celle de sa compagne. On a déjà assez de factures à payer pour l'instant et...
- Mais on ne va quand même pas moisir ici éternellement, objecte Lára. Elle adresse un sourire maternel à son fils qui boit l'eau de son verre poisseux. Pas une fois que... enfin, tu sais quoi.

- Oui, je sais, marmonne Sæli avant de reprendre une bouchée malgré son manque d'appétit.
- On en reparlera à ton retour, hein ? propose Lára, d'un ton doux.
Sæli acquiesce. Il plonge son regard tendre dans les yeux de cette femme qu'il aime, mais il est bientôt dérangé, agacé par la sonnerie de son téléphone qui retentit dans la poche intérieure de sa veste, accrochée dans l'entrée.
- Tu es vraiment obligé de décrocher ?
- Je n'en ai pas pour longtemps, rassure Sæli. Il se lève brusquement de table, sort son portable et consulte l'écran illuminé : Withheld. Appel masqué.
- Allô ?
- Ici, le Démon.  

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Challenge Voisins, voisines
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Islande

 Défi Scandinavie noire 2012
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Islande

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Challenge Thriller 
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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Challenge Littératures Nordiques
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08 avril 2012

L’homme qui souriait – Henning Mankell

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Seuil – février 2005 – 361 pages

Points – avril 2006 – 422 pages

Livraphone CD – juin 2011

traduit du suédois par Anna Gibson

Titre original : Mannen som log, 1994

Quatrième de couverture : 
Le brouillard est épais en cette nuit automnale. Le vieil avocat Gustaf Torstensson est au volant. Soudain, une étrange silhouette surgit au milieu de la route : c’est un mannequin de taille humaine, assis sur une chaise. Torstensson freine brutalement, sort de sa voiture. On ne le reverra jamais vivant. Son fils fait appel au commissaire Wallander. Celui-ci va découvrir un réseau criminel derrière lequel se profile un homme singulier, élégant et sûr de lui. Un homme qui sourit toujours.

Auteur : Henning Mankell, né en 1948, partage sa vie entre le Mozambique et la Suède. Ecrivain multiforme - auteur de théâtre, d'ouvrages pour la jeunesse, d'essais et de contes philosophiques - il est célèbre dans le monde entier pour sa série d'enquêtes policières menées par l'inspecteur Wallander.

Mon avis : (lu en avril 2012)
C'est le quatrième épisode de la série du Commissaire Wallander. Gustav Torstensson, avocat, roule au volant de sa voiture par un brouillard épais lorsqu'il aperçoit au milieu de la route un mannequin assis sur une chaise. Intrigué, il sort de sa voiture et se fait mortellement agresser par derrière.

En pleine déprime, Kurt Wallander est parti se reposer sur l'île de Jylland au Danemark. Il songe même à quitter la police. Il est en train de se promener sur la plage lorsqu'il voit arriver son ami l'avocat Sten Torstensson. Il vient lui demander de l'aide pour enquêter sur l'accident de voiture qui a tué son père. Sten ne croit pas à l'accident. Kurt refuse de l'aider, il a décidé de quitter la police.
A son retour à Ystad, Kurt apprend que Sten Torstensson a été tué par balle, il abandonne son idée de démission, il est bien décidé à mener l'enquête...

Nous voici plongé dans une enquête sombre et complexe mais passionnante autour des milieux du pouvoir et de l'argent. Il est également question de trafics d'organes. Wallander est un personnage vraiment attachant, il est secondé par l'équipe des policiers d'Ystad avec une petite nouvelle plutôt douée en la personne d'Ann-Britt.  

En 2010, ce livre a été adapté par la BBC dans la série télévisée Wallander (saison 2 – épisode 2) réalisé par Andy Wilson avec Kenneth Branagh, Benedict Taylor, David Sibley, Roland Hedlund, Rupert Graves. Cette adaptation très réussie est assez proche du livre et nous permet de découvrir de très beaux paysages de Suède.


Extrait : (début du livre)
Le Brouillard.
Comme l'approche d'un prédateur silencieux.
Je ne m'y habituerai jamais, pensa-t-il. Bien que j'aie vécu toute ma vie en Scanie, où la brume entoure constamment les gens d'invisibilité.
Vingt et une heure, le 11 octobre 1993.
La nappe de brouillard avançait très vite, du coté de la mer. Il serait bientôt rentré à Ystad. Il venait de dépasser les collines de Brösarp lorsque sa voiture entra tout droit dans la blancheur.
Son angoisse devint immense.
Pourquoi ai-je peur du brouillard ? Je devrais plutôt craindre l'homme que je viens de quitter à Farnholm. Le châtelain aimable aux collaborateurs effrayants toujours discrètement postés dans l'ombre. Je devrais penser à lui et à ce qui se cache derrière son sourire, son intégrité de citoyen au-dessus de tout soupçon. C’est lui qui devrait me faire peur, pas le brouillard montant de la baie de Hanö. Maintenant que je sais qu’il n’hésite même pas à tuer ceux qui se mettent en travers de son chemin.
Il fit fonctionner les essuie-glaces pour chasser l'humidité collé au pare-brise. Il n'aimait pas conduire la nuit. Le reflet des phares l'empêchait de distinguer les lièvres sur la route.  

Déjà lu du même auteur : 
tea_bag  Tea-Bag  les_chaussures_italiennes  Les chaussures italiennes

meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

l_homme_inquiet L'homme inquiet le_retour_du_professeur_points Le Retour du professeur de danse

la_lionne_blanche_p La lionne blanche  profondeurs_p Profondeurs le_chinois Le Chinois

 

Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Suède

 Défi Scandinavie noire 2012
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Suède : Henning Mankell

 Challenge Viking Lit' 
Viking_Lit

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 15/8

 Challenge Littératures Nordiques
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01 avril 2012

Tout est sous contrôle – Hugh Laurie

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Sonatine - janvier 2009 – 380 pages

Points – mai 2010 – 425 pages

Pointdeux – avril 2011  - 630 pages

traduit de l'anglais par Jean-Luc Piningre

Titre original : The Gun Seller, 1996

Quatrième de couverture : 
Depuis qu'il a refusé 100 000 dollars pour liquider un homme d'affaires, la vie de Thomas Lang est un enfer. La morale est sauve, mais les conséquences seront lourdes ! Tout est sous contrôle est le premier roman de Hugh Laurie, acteur mondialement célèbre pour sa prestation dans la série Dr House.

Auteur : Scénariste et comédien, Hugh Laurie est né en 1959 à Oxford. Les droits d'adaptation de Tout est sous contrôle ont été achetés par la MGM.

Mon avis : (lu en mars 2012)
Hugh Laurie a écrit ce thriller avant le succès du Dr House.
Thomas Lang est un ancien militaire d'élite, on lui propose un contrat de 100 000 dollars pour tuer Mr. Woolf, un riche homme d'affaire londonien. Thomas refuse le « travail » et s'empresse de contacter la future victime pour la prévenir que sa tête est mise à prix. Et l'aventure commence...
C'est un roman d'espionnage parsemé de répliques où se mêlent l'ironie, le cynisme et un humour très british.
Tout comme dans la série Dr House je trouve plus amusant les frasques du cher Docteur plus que la résolution des énigmes médicales, dans ce livre ce sont les frasques et les réflexions décalées de Thomas Lang qui m'ont  plu, le côté roman d'espionnage m'a, je l'avoue, un peu ennuyé...
En effet, les bons mots de Thomas Lang deviennent vite des digressions qui parasitent l'intrigue et j'ai souvent perdu le fil de l'histoire...

Extrait : (début du livre)
Imaginez que vous deviez casser le bras de quelqu'un.
Le gauche ou le droit, aucune importance, la question étant de passer à l'acte, faute de quoi... enfin, qu'importe également. Disons seulement que, sinon, ça risque d'aller mal.
Le problème est en réalité le suivant : allez-vous au plus vite — crac ! oh, désolé, laissez-moilaissez-moi vous mettre une attelle, monsieur — ou faites-vous traîner l'affaire pendant huit bonnes minutes, en procédant par minuscules poussées, certes de plus en plus fortes, jusqu'à ce que la douleur devienne verte et rose, glacée, brûlante, et finalement insupportable au point de le faire gueuler comme un veau ?
Eh oui, bien sûr. C'est évident. La chose à faire, la seule chose à faire, c'est d'en finir le plus rapidement possible. Cassez-moi ce bras, payez la tournée, soyez un bon citoyen.
À moins que.
Que, que, que...

Et si vous détestiez la personne au bout dudit bras ? Ou, plus précisément : si vous la haïssiez grave ?
Je devais maintenant y réfléchir.
Je dis maintenant, mais en réalité je veux parler d'un moment passé ; le moment situé une fraction de seconde — quelle fraction, cependant ! — avant que mon poignet arrive aux environs de ma nuque, et que mon humérus gauche se brise en deux éléments plus ou moins faciles à recoller. Deux, voire beaucoup plus.

Parce que le bras dont on discute, voyez, c'est le mien. Pas le bras abstrait de quelque philosophe. L'os, la peau, les poils, la petite cicatrice blanche à la pointe du coude, cadeau d'un radiateur à accumulation de l'école primaire de Gateshill — tout ça, c'est à moi. C'est aussi le moment où je me demande si cet homme dans mon dos, qui me serre le poignet et le pousse avec un zèle quasi érotique en haut de ma colonne vertébrale... eh bien, si cet homme ne me haïrait pas. S'il ne me hait pas carrément.
Car il n'en finit pas.

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 Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Grande-Bretagne

Challenge God Save The Livre
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Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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Posté par aproposdelivres à 10:30 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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