24 mars 2013

Celui que tu cherches - Amanda Kyle Williams

Lu en partenariat avec Albin Michel

celui_que_tu_cherches Albin Michel -mars 2013 - 421 pages

traduit de l'américain par Pierre Régnier

Titre original : The stranger you seek, 2011

Quatrième de couverture :
Keye Street : un petit gabarit pour un maximum d’énergie. Cette ex-profileuse du FBI, alcoolique (repentie), cachetonne maintenant comme enquêtrice privée. Et si elle ne veut plus d’ennuis, elle n’a pas totalement perdu le goût du danger. Aussi, quand, dans la moiteur de l’été, un tueur en série sème la terreur à Atlanta, le chef de la police fait appel à la seule personne capable d’entrer dans la tête d’un psychopathe : elle.

Face à un inconnu qui assassine et mutile sauvagement ses victimes avant d’annoncer ses crimes par lettre aux médias, Keye a une arme imparable : son Glock 10 mm… et son intelligence. Elle se lance dans une chasse à l’homme infernale, et très vite, de chasseur, elle devient gibier. Arrivera-t-elle à trouver le meurtrier avant qu’il ne la trouve ?
Une sacrée dose d’adrénaline et un sens aigu de la psychologie : Amanda Kyle Williams fait une entrée explosive dans l’univers du suspense avec Keye Street, détective aussi futée que déjantée.

Auteur : Tour à tour journaliste free-lance, représentante de commerce, huissier de justice, détective privé? Amanda Kyle Williams s'est nourrie de ses nombreuses expériences pour écrire son premier suspense, salué par la presse anglo-saxonne et élu parmi les meilleurs romans de l'année 2011 par Kirkus Reviews.

Mon avis : (lu en mars 2013)
Amanda Kyle Williams est une nouvelle auteur de la collection « spécial suspense » d’Albin-Michel, « Celui que tu cherches » est son premier roman.

L'histoire se situe à Atlanta et son personnage principale Keye Street est une jeune femme d’origine chinoise, ancienne profileuse du FBI et ancienne alcoolique. Elle a créé une agence de détectives privés. Lorsqu'au cours de cet été caniculaire, un tueur en série va effrayer la population d'Atlanta, en commettant une série de meurtres sanglants, le commissaire Aaron Rauser va faire appel à ses talents. Une enquête complexe et pleine de surprises s'annonce avec des fausses pistes pour égarer le lecteur, du rythme et un rebondissement inattendu dans les dernières pages... Keye Street est un personnage atypique et attachante qui va se trouver elle-même menacée. Une belle réussite pour ce nouveau thriller américain qui donne envie de retrouver notre héroïne dans une future aventure.

Merci à Carol et aux éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir ce nouveau livre.

Extrait : (début du livre)
Le soleil n'avait pas encore séché la rosée sur l'herbe, au pied des chênes, mais l'air était déjà lourd, sirupeux comme une masse liquide à fendre à la nage, et la chaleur estivale presque infernale.
Dans une voiture garée au bord du trottoir, l'assassin essuya une goutte de sueur sur sa tempe, sans cesser d'observer patiemment Westmore Drive qui entamait sans hâte cette journée de milieu de semaine.
Les fenêtres blanches de la petite maison en brique s'étaient ouvertes vers sept heures. Lei Koto était apparue dans la cuisine, silhouette insaisissable, presque abstraite, derrière la moustiquaire de la croisée, mais non moins objet de désir. Les ouvertures avaient bientôt laissé filtrer les odeurs de son petit-déjeuner – bacon, pain grillé, café. L'assassin avait senti son appétit s'aiguiser.
Peu avant dix heures, le calme régnait dans la rue. Le dernier voisin à partir au travail s'était mis en route à neuf heures cinquante, ponctuel comme d'habitude. Chez Lei Koto, les odeurs avaient changé ; il émanait à présent de la cuisine un relent nauséabond de légumes bouillis.
L'assassin ouvrit sa portière. Une démarche assurée sur le trottoir, un attaché-case, de bonnes chaussures, un sourire étincelant, une carte de visite.
Ils ouvrent toujours leur porte.  

Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 33/12

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40/50 :  Géorgie

 

 

 

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21 mars 2013

Etranges rivages - Arnaldur Indridason

etranges_rivages Editions Métailié - février 2013 - 298 pages

traduit de l'islandais par Eric Boury

Titre original : Furðustrandir, 2010

Quatrième de couverture : Erlendur est de retour ! Parti en vacances sur les terres de son enfance dans les régions sauvages des fjords de l'est, le commissaire est hanté par le passé. Le sien et celui des affaires restées sans réponse. Dans cette région, bien des années auparavant, se sont déroulés des événements sinistres. Un groupe de soldats anglais s'est perdu dans ces montagnes pendant une tempête. Certains ont réussi à regagner la ville, d'autres pas. Cette même nuit, au même endroit, une jeune femme a disparu et n'a jamais été retrouvée. Cette histoire excite la curiosité d'Erlendur, qui va fouiller le passé pour trouver coûte que coûte ce qui est arrivé...
C'est un commissaire au mieux de sa forme que nous retrouvons ici !

Auteur : Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l'auteur de romans noirs couronnés de nombreux prix prestigieux, publiés dans 37 pays.

Mon avis : (lu en mars 2013)
Après deux enquêtes sans notre commissaire préféré, dans ce livre, c'est le retour d'Erlendur. Nous le retrouvons sur les terres de son enfance où il est venu affronter le drame qui le hante depuis toujours : la disparition de son jeune frère, âgé de 8 ans, lors d'une terrible tempête de neige...

C'est une Islande austère et sauvage que nous découvrons dans cette histoire, il fait froid, cette nature hostile est un personnage à part entière de ce livre.
Il s'intéresse alors à d'autres disparitions qui ont eu sur la lande. En particulier, celle de Mathildur, une jeune femme disparue en 1942 en même temps qu'un régiment anglais. Cette enquête qu'Erlendur va mener seul, à son rythme et à sa façon va dévoiler des réponses aux questions que pouvait se poser le lecteur depuis les premiers romans d'Arnaldur Indridason autour de la personnalité torturée de notre héros. Ce policier est indispensable pour mieux comprendre qui est Elendur. Il est préférable de le lire après avoir lu ces précédentes aventures.

Extrait : (début du livre)
Il n'a plus froid. Au contraire, une étrange vague de chaleur lui envahit le corps. Lui, qui pensait que toute chaleur l'avait déserté, il a l'impression qu'elle se diffuse dans ses bras et ses jambes, jusqu'à ses mains et ses pieds, et brusquement son visage lui semble s'enflammer.

Allongé dans le noir, ses pensées vont et viennent, désordonnées, il ne distingue qu'à peine la frontière entre le sommeil et la veille. Il a beaucoup de peine à se concentrer et à évaluer son état. Comme plongé dans une confortable torpeur, il ne souffre pas. Des rêves, des images, des bruits et des lieux qui lui sont à la fois connus et inconnus défilent dans son esprit qui lui joue d'étranges tours et le projette constamment à travers le passé et le présent, défiant l'espace et le temps. Il n'a aucune véritable prise sur ces errances. Un instant, il est assis à l'hôpital, au chevet de sa mère qui se meurt et le quitte. L'instant d'après, un hiver sombre s'est abattu et il se retrouve à nouveau allongé sur le sol de cette ferme abandonnée qui était jadis sa maison. Il a toutefois bien conscience que ce n'est là qu'une illusion.
- Que faites-vous ici ?
Il se redresse, s'assoit et aperçoit un homme à la porte. Un voyageur vient de tomber sur lui par hasard. Il ne comprend pas sa question.
- Que faites-vous ici ? répète l'homme.
- Qui êtes-vous ?
Il ne distingue pas son visage et ne l'a pas entendu entrer, tout ce qu'il voit se résume à cette silhouette qui répète inlassablement la même question insupportable.
- Que faites-vous ici ?
- Je suis chez moi. Qui êtes-vous ?
- J'ai l'intention de passer la nuit avec vous, si ça ne vous dérange pas.
L'homme assis par terre à côté de lui a allumé un feu. Il sent la chaleur se diffuser sur son visage et tend ses mains vers les flammes. Il n'a eu aussi froid qu'une seule fois dans sa vie.
- Qui êtes-vous ? demande-t-il une nouvelle fois à son visiteur.
- Je suis venu vous écouter.
- M'écouter ? Qui est avec vous ?
Il a l'impression qu'ils ne sont pas seuls, que quelqu'un d'autre accompagne cet homme, quelqu'un qu'il ne parvient pas à distinguer.
- Personne, répond le voyageur, je suis venu seul. Vous habitiez ici ?
- Êtes-vous Jakob ?
- Non, je ne suis pas Jakob. Je m'étonne que ces murs tiennent encore debout, je vois que la maison est solide.
- Qui êtes-vous ? Êtes-vous Boas ?
- Je passais par là.
- Vous êtes déjà venu ici ?
- Oui.
- Quand ça ?
- Il y a des années. A l'époque où cette maison était encore habitée. Que sont devenus ces gens ? Savez-vous ce qu'est devenue la famille qui vivait ici ?

Allongé dans le noir et transi, il ne parvient plus à faire aucun mouvement. Il est à nouveau seul, le feu a disparu, de même que la maison abandonnée. Les ténèbres et le froid le cernent, la chaleur déserte peu à peu ses membres et son visage.
Quelque part, il entend à nouveau ce grattement.
Venu des profondeurs glacées et lointaines, le bruit approche et enfle constamment, bientôt suivi par de déchirants cris d'effroi.

Déjà lu du même auteur :

la_cit__des_jarres La Cité des jarres  la_femme_en_vert La Femme en vert 

la_voix La Voix l_homme_du_lac L'Homme du lac hiver_arctique Hiver Arctique 

 hypothermie Hypothermie la_rivi_re_noire La rivière noire betty Bettý 

la_muraille_de_lave La muraille de lave

 Challenge Voisins, voisines

voisins_voisines_2013
Islande

 Défi Scandinavie noire

dc3a9fi_scandinavie_noire
Islande

Challenge Littératures Nordiques

litterature_nordique

 Challenge Thriller 

challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 32/12

 

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14 mars 2013

Crains le pire - Linwood Barclay

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Audiolib - février 2012 - lu par Philippe Sollier

France Loisirs - février 2011 - 535 pages 

Belfond - février 2012 - 460 pages

J'ai Lu - février 2013 - 509 pages

traduit de l'américain par Marieke Merand-Surtel

Titre original : Fear the worst, 2009

Quatrième de couverture :
Votre fille de 17 ans part de bon matin pour son petit boulot d'été.

Elle vous promet d'être de retour pour le dîner.
Mais elle ne rentrera pas.
Ni ce soir là, ni les suivants.
Votre pire cauchemar a commencé...
Pour Tim Blake, le père de Sydney, une seule mission : la retrouver à tout prix. Un coup de fil mystérieux, des individus menaçants, des meurtres... et la vie sans histoire de Tim bascule dans un engrenage incompréhensible et totalement terrifiant. Pourtant, galvanisé par son amour paternel, il ira jusqu'au bout, au risque de tout perdre...

Vendeur automobile divorcé depuis cinq ans et père de Sydney, une ado de 17 ans, Tim Blake mène une existence plutôt casanière. Un soir d’été, Syd ne rentre pas. Quand Tim appelle le motel où elle travaille comme réceptionniste, mauvaise surprise : personne ne la connaît.L’adolescente a-t-elle fugué ? Les semaines passent dans une terrible attente mais Tim ne peut envisager la mort de sa fille. Il se lance à sa recherche et comprendra bien vite que sa vie est basée sur des mensonges.

Auteur : D’origine américaine, Linwood Barclay vit à Toronto, au Canada, avec son épouse et leurs deux enfants.En 2008, après une carrière de journaliste, il décide de se consacrer à l’écriture. Cette nuit-là (2009) rencontre un succès international retentissant : best-seller en Angleterre et en Allemagne, et lauréat du ArthurEllis Award, nominé pour le Barry Award et le prix du meilleur roman de l’Association internationale desauteurs de thrillers, il sera traduit dans près de quarante langues.

Lecteur : Philippe Sollier, comédien de théâtre, voix-off au talent reconnu, vous l’avez vu dans les plus célèbres séries de la télévision française : Commissaire Moulin, Avocats et associés ou En cas d’urgence.

Mon avis : (écouté en mars 2013)
Après avoir découvert Linwood Barclay avec son dernier livre Contre toute attente, j'ai trouvé celui-ci en version audio et je me suis régalée.

Tout commence un matin au petit-déjeuner, avec Tim Blake et sa fille de 17 ans Sidney et une dispute sans gravité entre le père et la fille. Ensuite, tous les deux partent chacun de son côté pour leur journée de travail. Mais le soir, Sidney ne rentre pas à la maison et elle a disparu. Tim Blake ne veut pas imaginer l'impensable et il part à la recherche de sa fille. Il se rend sur le lieu de travail de sa fille, il interroge sans relâche les collègues, les voisins... La police mène également son enquête.
Cette histoire est rythmée, captivante entre de nombreuses pistes et de nombreuses péripéties, Tim Blake va vivre des journées difficiles...
Certaines péripéties sont parfois peu crédibles mais c'est secondaire, ce père est vraiment touchant, il se donne à fond pour retrouver sa fille sans avoir peur de s'attirer des ennuis. Il y a également de l'humour dans certaines scènes décrites. 
Un livre audio que j'ai écouté en peu de jours, j'y suis entrée très facilement et il a bien occupé pour mon voyage du retour de vacances.

Extrait : (début du livre)
Le matin du jour où j'ai perdu ma fille, elle m'a demandé de lui faire des œufs brouillés. 
— Tu veux du bacon avec ? ai-je crié en direction de l'étage, où Sydney se préparait pour aller travailler. 
— Non, a-t-elle répondu de la salle de bains. 
— Des toasts ? 
— Non plus. 
J'ai entendu le claquement du fer à lisser. Ce bruit indiquait généralement la fin de son rituel matinal. 
— Du fromage dans tes œufs ? 
— Non. Ou alors un peu, pourquoi pas ? 
Je suis retourné dans la cuisine, j'ai ouvert le frigo, en ai sorti des œufs, un morceau de cheddar, du jus d'orange, et j'ai mis la cafetière électrique en route. 
Susanne, mon ex-femme, qui venait d'emménager chez Bob, son nouveau compagnon, à Stratford, de l'autre côté du fleuve, aurait sans doute dit que je gâtais trop notre fille, qu'à dix-sept ans elle était assez grande pour se préparer son petit déjeuner. Mais l'avoir avec moi pour l'été était un tel plaisir que ça ne me dérangeait pas de la dorloter. L'an passé, je lui avais trouvé un job à la concession Honda de Milford où je suis vendeur, de ce côté-ci du fleuve. Mis à part quelques échanges virulents, partager notre quotidien avait été dans l'ensemble une expérience plutôt agréable. Cette année, toutefois, Sydney avait choisi de ne pas retourner chez Honda. Cohabiter avec moi lui suffisait. Que je garde un œil sur elle pendant qu'elle travaillait était une autre histoire. 
— Tu as remarqué, avait-elle observé l'été précédent, que tu critiques chaque garçon à qui je parle, même une minute ? 
— Une femme avertie en vaut deux, avais-je répliqué. 
— Dwayne, par exemple, à l'atelier ? 
— Il a mauvais caractère. 
— Et Andy ? 
— Tu plaisantes. Beaucoup trop vieux pour toi. Il a bien vingt-cinq ans. 
Alors cette année, elle avait trouvé un autre emploi, toujours à Milford, afin de pouvoir vivre avec moi de juin au jour de la fête du Travail, début septembre. Elle s'était fait embaucher au Just Inn Time, un hôtel pour représentants de commerce ne restant qu'une nuit ou deux. Milford est une jolie ville, sans être une destination touristique. Dans une existence antérieure, l'hôtel avait été un Days Inn ou un Holiday Inn ou encore un Comfort Inn, mais la chaîne propriétaire, quelle qu'elle fût, avait repris ses billes et un indépendant l'avait remplacée. 
Je n'avais guère été étonné quand Sydney m'avait appris qu'on lui avait donné un poste à la réception. 
— Tu es intelligente, charmante, bien élevée… 
— Je suis surtout une des rares à parler anglais, avait-elle riposté, coupant court à ma fierté paternelle. 
Il fallait lui tirer les vers du nez pour la faire parler de son nouveau travail. « C'est juste un boulot », disait-elle. Au bout de trois jours, je l'ai surprise en pleine dispute au téléphone avec sa copine Patty Swain, elle voulait trouver autre chose, même si son salaire était correct puisqu'elle ne paierait pas d'impôts. 
— Ce n'est pas déclaré ? lui ai-je demandé lorsqu'elle a raccroché. Tu es payée au noir ? 
— Tu écoutes mes coups de fil ou quoi ? 
J'ai préféré la laisser tranquille. Qu'elle règle ses problèmes elle-même. 
J'ai attendu que Sydney descende l'escalier pour verser les deux œufs battus avec du cheddar râpé dans la poêle beurrée. L'idée m'est alors venue de lui faire le même genre de surprise que lorsqu'elle était petite. J'ai pris une moitié de coquille d'œuf vide et, à l'aide d'un crayon à mine tendre, j'ai dessiné un visage dessus. Un sourire tout en dents, une demi-lune pour le nez, et deux yeux menaçants. Après avoir tiré un trait de la bouche jusque derrière la coquille, j'ai écrit : SOURIS, BON SANG ! 
Elle est entrée dans la cuisine d'un pas traînant, comme un prisonnier en route pour l'échafaud, puis elle s'est affalée sur sa chaise, le regard baissé, les cheveux sur les yeux, les bras inertes le long du corps. Une énorme paire de lunettes de soleil, que je ne lui connaissais pas, était perchée au sommet de son crâne. 
J'ai fait glisser les œufs, devenus fermes en quelques secondes, sur une assiette que j'ai déposée devant elle. 
— Votre Altesse, ai-je déclaré par-dessus le son de l'émission Today qui s'échappait du petit téléviseur de la cuisine. 
Levant lentement la tête, Sydney a d'abord regardé l'assiette, avant de s'arrêter sur le petit bonhomme qui la fixait. 
— Oh, mon Dieu, a-t-elle soufflé. 
Puis elle a tourné la salière coiffée de la demi-coquille pour lire ce qui se trouvait à l'arrière. 
— Souris toi-même, a-t-elle riposté avec une inflexion espiègle dans la voix. 
— Tu as de nouvelles lunettes de soleil ? 
D'un air absent, comme si elle avait oublié qu'elle venait de les poser là, elle a touché une des branches, les a vaguement ajustées sur sa tête. 
— Oui. 
J'ai remarqué la griffe Versace inscrite en lettres minuscules dessus. 
— Très chouette, ai-je commenté. 
Syd a hoché la tête avec lassitude. 
— Tu es rentrée tard ? ai-je poursuivi. 
— Pas tellement. 
— Minuit, ça l'est. 
Elle savait que nier l'heure de son retour ne servirait à rien. Je ne fermais jamais l'œil avant de l'entendre franchir le seuil de notre maison de Hill Street et verrouiller la porte derrière elle. Je supposais qu'elle était sortie avec Patty Swain, qui, bien qu'également âgée de dix-sept ans, donnait l'impression d'avoir un peu plus d'expérience que Syd dans les domaines qui empêchent les pères de dormir la nuit. J'aurais été naïf de croire Patty Swain encore novice en matière d'alcool, de sexe ou de drogue. 
Cela dit, Syd n'était pas un ange non plus. Je l'avais surprise une fois avec un joint, sans compter ce jour où, alors qu'elle avait quinze ans, elle était rentrée de la boutique Abercrombie & Fitch de Stamford avec un nouveau T-shirt, incapable d'expliquer à sa mère l'absence de ticket de caisse. Ç'avait bardé. 
Voilà peut-être pourquoi ces lunettes de soleil me titillaient. 
— Elles t'ont coûté cher ? ai-je demandé. 
— Pas tant que ça. 
— Et comment va Patty ? 
En fait, je voulais surtout m'assurer que Syd était bien sortie avec elle. Même si leur amitié ne remontait qu'à un an, elles passaient tellement de temps ensemble qu'on aurait dit qu'elles se connaissaient depuis le jardin d'enfants. J'aimais bien Patty, elle avait un franc-parler rafraîchissant, mais j'aurais parfois préféré que Syd traîne un peu moins avec elle. 
— Nickel, répondit-elle. 
À la télévision, Matt Lauer1 nous mettait en garde contre la radioactivité potentielle des plans de travail en granit. Chaque jour apportait son nouveau sujet d'inquiétude.
Sydney a pioché dans ses œufs. 
— Mmm, a-t-elle fait avant de relever les yeux vers le poste. Tiens, c'est Bob. 
J'ai suivi son regard. Il s'agissait d'un spot publicitaire de la chaîne locale. Un grand type avec un début de calvitie et un sourire éclatant se tenait devant un océan de voitures, les bras étendus, tel Moïse fendant les eaux de la mer Rouge. 
« Venez dare-dare chez Bob Motors ! Vous n'avez pas de reprise ? Aucun problème ! Vous n'avez pas d'acompte ? Aucune importance ! Vous n'avez pas de permis de conduire ? Bon, ça, c'est un peu embarrassant ! Mais si vous recherchez une voiture, et si vous voulez une bonne affaire, venez vous éclater dans l'une de nos trois… »
J'ai coupé le son. 
— Il est crétin sur les bords, a dit Sydney de l'homme avec lequel vivait sa mère, mon ex-femme. Mais dans ces pubs il fait carrément Supercrétin. Qu'est-ce qu'on mange ce soir ? 
Le petit déjeuner ne se terminait jamais sans que nous discutions du dîner. 
— Si on se faisait livrer un truc ? 
Avant que je puisse répondre, elle a ajouté : 
— Une pizza ? 
— Je crois que je vais préparer quelque chose, ai-je objecté. 
Syd n'a pas cherché à cacher sa déception. 
La pub de Bob passée, j'ai remis le son du téléviseur. Al Roker2 se mêlait à la foule habituelle du Rockefeller Center, où la plupart des gens agitaient des panneaux souhaitant un bon anniversaire à des parents postés devant l'émission. 
J'ai observé ma fille manger son petit déjeuner. Être père, du moins pour moi, c'est aussi être constamment fier. Sydney devenait vraiment ravissante. Cheveux blonds aux épaules, long cou gracile, teint de porcelaine, traits affirmés. Sa mère a des racines norvégiennes, d'où ce côté scandinave. 
Comme si elle sentait mon regard sur elle, Syd a demandé : 
— Tu crois que je pourrais être mannequin ? 
— Mannequin ? 
— Inutile de prendre cet air choqué. 
— Je ne suis pas choqué, ai-je riposté, sur la défensive. Simplement, c'est la première fois que tu m'en parles. 
— Ça ne m'avait jamais traversé l'esprit. C'est une idée de Bob. 

1. Journaliste présentateur de l'émission Today sur NBC. (Toutes les notes sont de la traductrice)
2. Présentateur météo et animateur sur NBC.

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Déjà lu du même auteur :

contre_toute_attente Contre toute attente 

Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 31/12

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40/50 : 
Connecticut

 

 

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10 mars 2013

Blanche-Neige doit mourir - Nele Neuhaus

blanche_neige_doit_mourir Actes Sud - octobre 2012 - 400 pages

traduit de l'allemand par Jacqueline Chambon

Titre original : Schneewittchen muss sterben, 2010

Quatrième de couverture :
Une femme est tombée d'un pont sur une voiture. Selon un témoin, elle aurait été poussée. L'enquête conduit Pia Kirchhoff et Oliver von Bodenstein à Altenhain où la victime, Rita Cramer, a vécu avant son divorce d'avec un certain Hartmut Sartorius. Onze ans plus tôt, deux jeunes filles du village avaient disparu sans laisser de trace. Sur la foi de maigres indices, un garçon de vingt ans, Tobias Sartorius, avait été arrêté et condamné à dix ans de prison. Or, depuis quelques jours, Tobias est revenu chez son père à Altenhain... Dans le village, Pia et Bodenstein se heurtent à un mur de silence. Mais bientôt une autre jeune fille disparaît et les habitants accusent Tobias Sartorius, même si ce dernier a toujours clamé son innocence. Les preuves manquent, la police piétine et certains villageois semblent bien décidés à prendre les choses en main. Dans ce deuxième roman du duo Pia-Bodenstein, Nele Neuhaus construit une fois de plus une intrigue millimétrée autour des non-dits et de l'atmosphère étouffante d'un petit village allemand. Procédant par dévoilements successifs, elle démonte patiemment les mécanismes d'une erreur judiciaire et analyse magistralement le fonctionnement de ces fascinantes machines à broyer les individus que sont parfois la justice et les préjugés. Succès colossal à sa sortie, Blanche-Neige doit mourir s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires outre-Rhin. Depuis, Nele Neuhaus règne sans partage sur le domaine du "Krimi".

Auteur : Née en 1967 à Münster, en Westphalie, Nele Neuhaus, a grandi à Taunus, près de Francfort. Après ses études, elle travaille dans une agence de publicité puis se met à écrire des romans policiers qui rencontrent aussitôt un succès immédiat. Déjà paru Flétrissure (2011).

Mon avis : (lu en mars 2013)
Altenhain est un petit village allemand proche de Francfort où y a dix ans deux jeunes filles Laura et Stefanie ont disparues. Tout accuse alors Tobias qui était le petit ami de Stefanie et l'ex de Laura. Pourtant, cette fameuse nuit, Tobias avait beaucoup bu et il ne se souvient de rien.
Lorsque le livre commence, Tobias rentre chez lui après avoir purgé sa peine. Toute sa famille a été brisée par cette condamnation, son père a fermé son restaurant, ses parents se sont séparés et Altenhain, refuse le retour de l'enfant du pays. En quelques jours, les restes du corps de Laura est découvert dans une ancienne cuve sur un aéroport désaffecté et la mère de Tobias est poussée d'un pont. Les enquêteurs Pia Kirchhoff et à Oliver von Bodenstein vont alors s'intéresser au passé et revenir sur les évènements dix ans plus tôt. L'atmosphère est pesante, le silence est de mise. J'ai trouvé cette histoire captivante et l'intrigue très bien construite, avec du rythme, des rebondissements, de nombreuses fausses pistes et un suspense haletant. J'ai pris du plaisir à lire et découvrir ce roman policier. Une découverte très plaisante.

Autres avis : Canel, Jostein, Nadael

Extrait : (début du livre)
L’escalier de fer rouillé était étroit et raide. Il tâta le mur pour trouver l’interrupteur. Une seconde après l’ampoule de vingt-cinq watts éclaira l’endroit d’une lumière chiche. La lourde porte de fer s’ouvrit sans bruit. Il en huilait régulièrement les charnières pour qu’elles ne grincent pas quand il venait la voir. Un air chaud mêlé à une odeur sucrée de leurs fanées l’accueillit. Il ferma soigneusement la porte derrière lui, éclaira et resta un moment immobile. La grande pièce, environ dix mètres de long et cinq de large, était simplement meublée, mais elle avait l’air de s’y sentir bien. Il alla vers l’appareil stéréo et appuya sur la touche Play. La voix rauque de Bryan Adams remplit la pièce. Lui-même n’appréciait pas beaucoup la musique, mais elle aimait le chanteur canadien et il tenait compte de ses goûts. S’il devait la garder cachée, au moins que rien ne lui manque. Comme d’habitude, elle ne dit rien. Elle ne lui parlait pas, ne répondait jamais à ses questions mais cela ne le dérangeait pas. Il poussa de côté le paravent qui partageait discrètement la pièce en deux. Elle était allongée, silencieuse et belle sur le lit étroit, les mains croisées sur la poitrine, la longue chevelure s’élargissant comme un noir éventail autour de sa tête. À côté du lit étaient posées ses chaussures, sur la table de nuit un bouquet de lilas blanc se fanait dans un vase de verre.
— Hello, Blanche-Neige, dit-il à voix basse.
La sueur perlait à son front. La chaleur était à peine supportable, mais elle aimait ça. Même avant elle avait vite froid. Il parcourut du regard les photos qu’il avait accrochées pour elle à côté de son lit. Il voulait lui demander s’il devait en accrocher d’autres. Mais il devait attendre le moment approprié pour que cela ne la blesse pas. Il s’assit prudemment au bord du lit. Le matelas s’inclina sous son poids et un instant il crut qu’elle avait bougé. Mais non. Elle ne bougeait jamais. Il tendit la main et la posa sur sa joue. Sa peau, au cours des années, avait pris une teinte jaune. Au toucher, elle était dure comme du cuir. Comme toujours, elle avait les yeux fermés et si sa peau n’était plus aussi douce et rose, sa bouche était aussi jolie qu’avant, lorsqu’elle lui avait parlé et lui avait souri. Il resta assis un moment à la regarder. Jamais le désir de la protéger n’avait été plus fort.
— Je dois partir, dit-il enin à regret. J’ai beaucoup à faire. 
Il se leva, prit le bouquet fané et s’assura que la bouteille de Coca-Cola sur la table de nuit était pleine.
— Tu me dis si tu as besoin de quelque chose, n’est-ce pas ?
Parfois son rire lui manquait et cela le rendait triste. Naturellement, il savait qu’elle était morte, mais il trouvait plus simple de faire comme s’il ne le savait pas. Il n’avait jamais entièrement abandonné l’espoir d’obtenir un sourire d’elle.

Grand_Prix_des_Lectrices_2013
Sélection policier 
Jury Mars

 Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Météo"

 Challenge Voisins, voisines

voisins_voisines_2013
Allemagne

 Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 30/12

Challenge 6% Littéraire 2012

   logochallenge2  
38/42

  Lire sous la contrainte

 

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5ème session : couleur

 

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16 février 2013

Miss Marple I : Le Club du Mardi et Le Sanctuaire d’Astarté – Agatha Christie

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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Éditions Theleme – novembre 2010 - lu par Michaël Lonsdale

Club des Masques – 1968 – 186 pages

Le Masque – novembre 1992 – 122 pages

Le Masque – janvier 2001 – 186 pages

Livre de Poche – juin 2002 – 186 pages

Livre de Poche – 2002 – 120 pages

Quatrième de couverture : 
C’est toujours et simplement par déductions logiques que Miss Jane Marple résoud, sans sortir de son fauteuil, tous les mystères criminels que lui soumettent ses amis. Les humains sont partout les mêmes ! De cet adage, Miss Marple fait une loi infaillible pour démasquer les intentions et les secrets de tous. Sur ce CD, deux enquêtes de Miss Marple : Le Club du Mardi et Le Sanctuaire d’Astarté.

Auteur :  Agatha Christie (1890-1976) est la reine incontestée et inégalée du roman policier classique. Née à Torquay, son premier roman La mystérieuse affaire de Styles est publié en 1920 et voit la naissance d’un écrivain et d’un personnage : Hercule Poirot. Très vite, sa renommée est mondiale. Elle est à la tête d’une prodigieuse production littéraire et reste aujourd’hui l’un des auteurs les plus lus à travers le monde, toutes générations confondues.

Lecteur : Michael Lonsdale, né le 24 mai 1931 à Paris, est un acteur français et anglais de théâtre, de cinéma, et de dramatiques radiodiffusées. 

Mon avis : (écouté en janvier 2013)
Qui ne connait pas Miss Marple, l'un des personnages phares d'Agatha Christie ?
Ce CD audio « Enquêtes de Miss Marple » est composé de deux enquêtes en provenance du recueil de 13 nouvelles policières de Miss Marple au Club du Mardi avec « Le Club du Mardi » et « Le Sanctuaire d’Astarté ».
Raymond West, le neveu, de Miss Marple a réuni chez sa tante quelques amis et ensemble ils imaginent créer le Club du Mardi pour débattre sur des affaires criminelles. A tour de rôle, chacun va proposer une énigme dont il connaît le dénouement, les autres chercheront à la résoudre.
Dans la première nouvelle, trois personnes prennent un repas ensemble, l'une d'elle meurt quelques heures plus tard, qui est coupable ?
Dans la deuxième nouvelle, la nouvelle énigme est autour un lieu magique, il y aura un mort et un blessé...
L'ambiance anglaise est délicieuse avec le thé et le feu dans la cheminée... Et même si Miss Marple tricote silencieuse au fond de son fauteuil, aucun détail ne lui échappe et sa perspicacité est inégalable !
Le lecteur, Michael Lonsdale, est bien sûr très agréable à écouter.
J'ai trouvé cette lecture bien trop courte ! (exactement 56 mn 17 s...)

Extrait : (début du livre)
- Des mystères... jamais éclaircis...
Raymond West exhala une bouffée de fumée et répéta avec un plaisir non dissimulé :
- Des mystères... jamais éclaircis...
Il regarda autour de lui avec satisfaction. La pièce avait un cachet ancien, avec de grosses poutres foncées au plafond et de bons vieux meubles en harmonie avec elle. D'où le coup d’œil approbateur de Raymond West. Écrivain de profession, il aimait que l'environnement soit sans défaut. La maison de sa tante Jane lui avait toujours plu parce qu'elle était le juste décor que réclamait sa personnalité. Elle était assise, très droite, dans un fauteuil de grand-père, de l'autre côté de la cheminée. Miss Marple portait une robe de brocart noir très cintrée, avec de la dentelle de Malines tombant en cascade sur sa poitrine et des mitaines de dentelle noire ; une mantille de dentelle noire surmontait ses cheveux blancs comme neige, relevés en chignon. Elle tricotait quelque chose de blanc, de doux et de floconneux. De ses yeux bleu très pâle, elle observait avec une aimable bienveillance son neveu et les invités du neveu. D'abord Raymond lui-même, réservé et distingué, puis Joyce Lemprière, l'artiste aux cheveux noirs et courts et aux yeux d'un bizarre vert noisette, enfin ce parfait homme du monde qu'était sir Henry Clithering. Il y avait encore deux personnes présentes, le révérend Pender, le vieux pasteur de la paroisse, et Mr Petherick, le notaire, un petit bonhomme desséché qui regardait tout par-dessus ses lunettes. Après avoir accordé un instant d'attention à ces différentes personnes, miss Marple retourna, avec un gentil sourire, à son tricot.

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Lu dans le cadre du Challenge Agatha Christie
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catégorie "Même pas peur" : 28/12

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15 février 2013

Contre toute attente – Linwood Barclay

 Lu en partenariat avec Belfond

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Belfond – février 2013 – 441 pages

France Loisirs -  - 592 pages

traduit de l'anglais (Canada) par Anne-Sylvie Homassel

Titre original : The accident, 2011

Quatrième de couverture :
Avec ce nouvel opus, Linwood Barclay nous livre un thriller d'une brûlante actualité et confirme son statut de star du polar. 
L'entreprise de Glen Garber va mal : la crise est passée par là, les contrats sont rares, les créanciers pressants, les dettes s'accumulent. Son seul réconfort ? Sa femme Sheila et leur fillette Kelly. 
Un soir, coup de fil : police, un accident fatal, Sheila était au volant, ivre. 
Désespoir, colère, incompréhension : Sheila n'aurait jamais pris un tel risque. 
Et puis il y a cette voisine qui le harcèle de questions, ces incidents répétés sur les chantiers, ces appels anonymes, le soir. 
Et quand une amie proche est retrouvée assassinée, Glen se dit que la mort de Sheila était tout sauf un accident et qu'il est grand temps de mettre Kelly à l'abri...
Aux confins de toutes nos angoisses, Linwood Barclay, créateur de frissons...

Auteur : Américain d’origine, Linwood Barclay vit à Toronto, au Canada, avec son épouse et leurs deux enfants. Après le succès de Cette nuit-là (2009), Les Voisins d’à côté (2010) couronné au Canada par le Arthur Ellis Award, de Ne la quitte pas des yeux (2011), de Crains le pire (2012) et de Mauvais pas (2012), Contre toute attente est son sixième roman. En tête des ventes en Angleterre mais aussi en Allemagne, traduit dans une dizaine de langues, Linwood Barclay s’affirme comme un auteur majeur de la littérature policière.

Mon avis : (lu en février 2013)
Je n'avais encore jamais lu de livre de Linwood Barclay et lorsque les éditions Belfond m'a proposé de m'envoyer ce livre, j'étais curieuse de le découvrir.
Glen Garber est un petit entrepreneur en construction. Un soir, sa femme meurt dans un accident de la route. L'autopsie révèlera un fort taux d'alcool dans le sang... Or Sheila ne buvait pas... Moins d'un mois plus tard, l'une des amies de Sheila est retrouvée noyée dans la marina... Glen doit s'occuper de sa fille Kelly et la protéger mais également éclaircir les incohérences de cet « accident »...
Le démarrage de ce roman policier est plutôt lent, puis le rythme s’accélère et les pistes sont multiples. De nombreux personnages gravitent autour de cette histoire, dès le départ le lecteur comprend que beaucoup d'entre eux cachent des secrets qui sont à l'origine du drame... Il est question de la crise financière et de contre-façons, de sacs, de médicaments...
C'est un roman policier que j'ai bien apprécié de découvrir et un auteur que je relirai.

Merci à Laura et aux éditions Belfond pour m'avoir permis de découvrir ce livre et cet auteur.

Extrait : (début du livre)
Si j’avais su que cela devait être notre dernier matin ensemble, je l’aurais serrée dans mes bras. Naturellement, si j’avais eu le moindre soupçon à ce sujet, si j’avais pu d’une façon ou d’une autre comprendre ce que l’avenir nous réservait, je n’aurais jamais relâché mon étreinte. Et les choses se seraient passées différemment.
J’ai longuement regardé le plafond avant de me décider à rejeter les couvertures et à poser les pieds bien à plat sur le plancher. Puis je me suis frotté les yeux.
— Tu as bien dormi ? m’a demandé Sheila en m’effleurant le dos.
— Pas terrible. Et toi ?
— Par intermittence.
— J’ai cru que tu étais réveillée, mais je ne voulais pas t’embêter : va savoir, tu dormais peut-être.
Je lui ai lancé un coup d’œil par-dessus mon épaule. Les premiers rayons du soleil perçaient derrière les tentures et caressaient le visage de Sheila. La tête contre l’oreiller, elle me regardait. Ce n’est pas le moment de la journée où les gens sont à leur avantage, mais Sheila était un cas à part. Elle était toujours belle. Même lorsqu’elle avait l’air soucieux, comme ce matin-là.
J’ai baissé les yeux vers mes pieds nus.
— J’ai mis un temps fou à m’endormir, vers deux heures, je pense. Et quand j’ai rouvert les yeux, il devait être cinq heures. Je n’ai pas réussi à retrouver le sommeil.
— Glen, ça va s’arranger.
Sheila m’a caressé le dos d’une main apaisante.
— Content de te l’entendre dire.
— Les affaires vont reprendre. Ce sont des événements cycliques, tu sais. Les périodes de crise ne durent jamais.
— Ce n’est pas le sentiment que me donne celle-là, ai-je soupiré. J’ai encore quelques chantiers sur le feu, mais, après, plus rien dans le carnet de commandes. Ou alors des bricoles. J’ai envoyé un ou deux devis la semaine dernière. Une cuisine, une cave à aménager… Les gens n’ont pas rappelé. Au fait, dis-moi, Sheila…
Je me suis levé et l’ai regardée.
— … toi, qu’est-ce qui te donne des insomnies ?
— Je m’inquiète pour toi, Glen. Et puis… j’ai pas mal de choses auxquelles penser, moi aussi.
— Quel genre de choses ?
Elle a eu un petit frisson.
— Oh, rien de spécial. Toujours les mêmes trucs. Mon cours du soir. Kelly. Ton boulot.
— Kelly ? Qu’est-ce qui ne va pas ?
— Kelly va très bien ! Mais voilà : elle a huit ans et c’est ma fille. On s’inquiète toujours un peu, forcément. Enfin : quand j’aurai fini cette formation, je pourrai vraiment t’aider.
— Oui, sauf que, lorsque tu as décidé de t’y mettre, on avait assez de chantiers pour que ça ait une utilité. Aujourd’hui, je ne sais même pas si j’aurai encore du boulot pour toi. J’ai tout juste de quoi occuper Sally, et encore…

Sheila suivait des cours de comptabilité depuis la mi-août, – deux mois, donc. Une formation qui lui plaisait beaucoup plus qu’elle ne l’avait imaginé, et qui devait lui permettre de tenir les comptes de Garber Contracting, l’entreprise de bâtiment qu’avait créée mon père et que j’avais reprise à sa mort. Sheila pourrait même se payer le luxe de travailler à domicile. Sally Diehl, notre assistante de direction, pourrait se concentrer sur la gestion des affaires courantes, les appels téléphoniques, la relance des fournisseurs et les relations avec nos clients. Sally n’avait pratiquement jamais le temps de s’occuper de la comptabilité, que je rapportais à la maison. Et que je traitais le soir ou le week-end, ce qui me prenait des heures. Mais, avec la récession, je n’avais aucune idée de la façon dont j’allais pouvoir réorganiser l’entreprise.
— Et puis, depuis le sinistre chez les Wilson…
— Ça suffit, m’a interrompu Sheila.
— Mais, chérie, cette foutue maison a brûlé à mi-chantier ! Une maison que nous étions en train de construire ! Après ça, ne me raconte pas que tout va s’arranger !
Elle s’est adossée aux oreillers, les bras croisés sur la poitrine.
— Glen, arrête de voir tout en noir à chaque fois que je te dis quelque chose ! C’est insupportable.
— Qu’est-ce que tu veux ? C’est la triste réalité.
Elle a secoué la tête.

— Non, Glen. Moi, je vais te dire à quoi elle va ressembler, la réalité. Tout va s’arranger. Avec nous, tout s’arrange toujours. Toi et moi, on ne baisse jamais les bras. On se bat, on s’en sort.
Elle a détourné les yeux, comme pour me dire quelque chose que je n’étais peut-être pas prêt à entendre.
— J’ai des idées sur la question, a-t-elle fini par murmurer.
— Quel genre ?
— Des idées pour que nous tenions le coup. Pour surmonter cette mauvaise passe.
Au pied du lit, les bras ballants, j’ai attendu qu’elle m’en dise un peu plus.
— Glen, en ce moment, tu es tellement surmené, tellement absorbé par tes soucis… Je sais, il y a de quoi être inquiet, mais tu n’as même pas remarqué…
— Remarqué quoi ?
— Les vêtements que j’ai achetés à Kelly, pour la rentrée.
— Oui, et alors ?
— Ils sont plutôt chic, non ?
— Qu’est-ce que ça prouve ?
— Que j’ai gagné des sous, mon chéri.
Ce qui n’était pas une nouveauté. Sheila travaillait à mi-temps dans un magasin Hardware Depot. La direction avait installé des caisses en libre-service, ce qui déconcertait une bonne partie de la clientèle. Le temps que les gens s’habituent, Sheila avait de quoi faire. De surcroît, depuis le début du mois de juillet, elle donnait un coup de main à notre voisine, Joan Mueller. Ely, le mari de Joan, avait été tué dans l’explosion d’une plateforme pétrolière l’année précédente. Joan, qui n’avait touché aucune indemnité de la compagnie, avait décidé, en attendant que l’affaire se règle, de créer une entreprise de garde d’enfants à domicile. Tous les matins, les parents venaient lui déposer leurs tout-petits. Elle en avait toujours quatre ou cinq sous sa responsabilité. Pendant l’année scolaire, quand Sheila était chez Hardware Depot, Kelly allait toujours chez Joan, de la fin des cours à notre retour. Sheila avait aidé Joan à mettre sur pied une comptabilité basique. Joan adorait les gamins, mais elle était incapable d’additionner deux et deux.
— Je sais bien que tu gagnes des sous, Sheila. Hardware Depot, Joan… Et chaque dollar compte, crois-moi !
— Oh, ce n’est pas ça qui va mettre du beurre dans les épinards, a-t-elle répondu, énigmatique. Je te parle de rentrées un peu plus substantielles.
J’ai haussé les sourcils. Puis un vague malaise m’a envahi.
— Ne me dis pas que tu as accepté de l’argent de Fiona !
Fiona, c’était la mère de Sheila.
— Tu sais ce que j’en pense…
— Bon Dieu, Glen, a-t-elle dit, visiblement blessée. Tu sais très bien que jamais je ne…
— Naturellement. Mais franchement, entre ça et revendre de la drogue, je crois que je préfère encore les substances illicites.
Elle a cligné des paupières et rejeté les couvertures d’un geste brusque. Puis elle est allée s’enfermer dans la salle de bains.
— Allez, Sheila, ne te fâche pas ! l’ai-je suppliée.

  Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 27/12

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39/50 : 
Connecticut

  Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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12 février 2013

L'Ange du matin – Arni Thorarinsson

ange_du_matin Métaillié – août 2012 – 310 pages

traduit de l'islandais par Éric Boury

Titre original : Morgunengill, 2010

Quatrième de couverture :
La postière, sourde et sans le sou, tuée à Akureyri, et le capitaliste de Reykjavik, "nouveau Viking" à la tête d'un portefeuille de millions en créances, n'ont aucun rapport. Pourtant le destin fait se croiser leurs chemins lorsque, malgré l'opposition du commissaire de police qui le déteste, Einar enquête pour son journal en perte de vitesse sur la disparition d'une petite fille.
Einar, ironique et tendre, a rarement été confronté à un crime aussi complexe. Rien ne s'est passé comme le voulait la logique. Portrait caustique et désabusé de l'Islande contemporaine, ce roman témoigne de l'évolution rapide des mœurs et de la corruption des âmes. Le surprenant retournement final est dérangeant dans sa description de l'innocence perdue et de l'irréversibilité des changements de société. L'intrigue resserrée et bien menée entraîne le lecteur fasciné aux côtés de cet enquêteur à la fois nonchalant et lucide. Un roman passionnant, éclairant et terrifiant. Une vraie réussite.

Auteur : Arni Thorarinsson est né en 1950 à Reykjavik, où il vit actuellement. Après un diplôme de littérature comparée à l'université de Norwich en Angleterre, il travaille pour différents grands journaux islandais. Il participe à des jurys de festivals internationaux de cinéma et a été organisateur du Festival de cinéma de Reykjavik de 1989 à 1991. Ses romans sont traduits en Allemagne et au Danemark.

Mon avis : (lu en février 2013)
Quelle plaisir de découvrir la nouvelle enquête de l'auteur islandais Arni Thorarinsson, de retrouver son personnage Einar, journaliste du « Journal du soir ». Einar est rappelé à Reykjavik pour interviewer Ölver un "nouveau Viking", un des financiers qui ont fait fortune puis entraîné toute l'Islande à la ruine avec la ruine. Il préférerait enquêter sur l'agression dont a été victime une employée de la poste sourde dans la petite ville d'Akureyri. Quelques jours après l'interview, la fille d'Ölver âgée de 11 ans est enlevée. Einar se retrouve être l'homme de la situation pour enquêter et traiter l'information.
Ces deux intrigues croisées et ce suspense policier sont également le prétexte pour découvrir le quotidien de l'Islande et des Islandais frappé par la Crise. Une peinture sans concession d’une société islandaise pervertie par le profit et où la solidarité a disparue.
Un roman passionnant, à la fois tendre et terrifiant.

Extrait : (page 9)
UN MERCREDI MATIN AU DÉBUT DE JANVIER
J'arrive trop tard. Si le temps est le moyen qu'a trouvé la nature pour éviter que tous les événements se produisent simultanément, il n'est pas très efficace. Je ne disposais pas d'assez de temps. Peut-être était-ce une question de secondes, ou peut-être de minutes. Mais, conformément à une loi implacable, j'arrive trop tard.
Alors que je quitte tranquillement la maison jumelée que j'occupe dans le quartier de Hlidahverfi, je n'ai pourtant pas l'impression que le temps me manque. Mon haleine sort de ma bouche pour s'élever dans l'air glacial et immobile de la ville d'Akureyri. C'est la preuve indéniable que je respire, avec les volutes de vapeur afférentes et tout le bataclan. Mes jambes m'obéissent et me transportent, lentement mais sûrement, jusqu'à mon poste de travail sur la place de l'Hôtel de Ville. Toute chose est encore conforme à mes plans, au vœu que j'ai formulé en silence et à la résolution personnelle que j'ai prise lorsque nous sommes entrés d'un bond avec ma fille Gunnsa dans la nouvelle année. Mes vieux parents n'ont pas voulu tenter leur chance, du reste, ils auraient hypothéqué leur futur si, comme nous, ils étaient montés sur cette chaise pour faire le grand saut à cloche-pied au risque de se casser une jambe en se réceptionnant. Dans ce genre de situation, mieux vaut reculer que sauter.
Il suffit d'y croire un peu pour envisager les sommets des Sulur, Kerling, Hlidarfiall, la lande de Vadlaheidi et les montagnes qui cernent le fjord d'Eyjafjördur, ainsi qu'Akureyri et son Pollur comme les géants tutélaires de la ville, les anges gardiens donnés par mère nature. Mais dans la pénombre matinale de ces premiers jours de l'année, peu de choses viennent confirmer cette croyance, si ce n'est la foi elle-même.
Les lampadaires projettent à peine leur clarté pâlotte sur l'environnement immédiat : immeubles, entrepôts, usines et bâtiments à usage de bureaux. L'allée piétonne qui longe la rue Skardshlid et traverse le pont enjambant la rivière Glera avant d'entrer dans la rue Glerargata est loin d'offrir la plus jolie vue de la charmante capitale du Nord. Mais je vais devoir m'en contenter pour me bâtir un futur et faire ce que les experts nous conseillent : chercher le positif au sein du négatif, se battre pour remporter la victoire y compris dans la défaite, voir les ouvertures au bout des impasses et la lumière au fond de la plus noire des nuits. Et ainsi de suite. En général, je ne suis pas très doué pour me bercer d'illusions sans avoir ingurgité un verre d'alcool et je n'ai aucune idée de la raison pour laquelle, en ce moment, je me satisfais entièrement de la déliquescence.
L'esprit occupé par ces considérations, je marche d'un pas léger dans le petit matin. À l'angle des rues Glerargata et Eyrarvegur, je croise une vieille femme qui n'est pas de cette humeur. Elle jure et maugrée tout ce qu'elle sait dans son coin. Je ne me laisse pas décontenancer et pose un pied sur la chaussée pour traverser.
- Hé, vous, là-bas, me crie-t-elle alors. Vous travaillez bien au Journal du soir, n'est-ce pas ?
Et moi qui m'imaginais ne pas être un visage connu.
- Euh, oui, dis-je alors que je maudis en silence la politique du droit à l'image appliquée par mon journal.
Elle me fait signe de me retourner. Rien ne m'oblige à lui obéir, mais je m'exécute quand même.

Déjà lu du même auteur :

le_temps_de_la_sorci_re_1 Le Temps de la Sorcière le_dresseur_d_insectes Le dresseur d'insectes 

le_septi_me_fils Le septième fils

 

 Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 26/12

 Challenge Voisins, voisines

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Islande

  Défi Scandinavie noire 2012

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Islande

Challenge Littératures Nordiques

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  Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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PAL Noire

Challenge 5% Littéraire 2012

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35/35

 

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10 février 2013

Chiens de sang - Karine Giebel

Lu dans le cadre du Rendez-Vous Karine Giebel
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Fleuve Noir - novembre 2008 - 282 pages

Pocket - septembre 2010 - 220 pages

Quatrième de couverture : 
Courir, toujours plus vite. Plus loin.
Fuir la mort qui plane au-dessus d'eux ;
oiseau de proie aux ailes gigantesques
dont l'ombre les dévore déjà.

Diane a choisi la fuite. D'instinct.
Elle sait qu'ils sont derrière. Juste derrière.
Avance minime, infime.
Comme son espérance de vie, désormais.
Pourtant, elle marche.
Pourtant, elle veut vivre.

Rémy avance.
Avec le poids de la peur qui comprime son cœur.
Le poids de la fatigue, comme un boulet enchaîné à ses jambes.
Il devrait être ailleurs, en ce moment même.
En compagnie de sa femme et de sa fille.
Mais non, il est là, errant dans ces bois
inhospitaliers, avec ces inconnus
qui fuient comme lui.
Il est devenu une proie. Rien qu'une proie.
Il n'existe plus.
Déjà mort.
Alors, pourquoi a-t-il aussi peur ?

Le monde est ainsi fait, qui ne changera jamais.
Les chasseurs d'un côté, les proies de l'autre.

Auteur : Karine Giébel est née en 1971 dans le Var, où elle vit toujours. Depuis qu'elle sait tenir un stylo, elle écrit... Après une scolarité sans histoire où il lui arrive de s'ennuyer, elle poursuit des études de droit tout en s'essayant à divers métiers. Parallèlement, elle se lance dans l'écriture, son premier roman, Terminus Elicius (2004) reçoit le prix Marseillais du Polar en 2005. Ce premier succès est suivi de Les Morsures de l'ombre (2007), lauréat du prix Intramuros à Cognac, du prix SNCF du polar 2009 et du prix Derrière les murs. Après Chiens de sang en 2008 et Jusqu'à ce que la mort nous unisse en 2009 (Lauréat du Prix des Lecteurs 
au Festival Polar de Cognac), Meurtres pour rédemption (2006 réédition 2010). Ses livres sont traduits aux Pays-Bas, en Espagne, en Russie et en Italie. Certains d'entre eux sont en cours d'adaptation cinématographique.

Mon avis : (lu en février 2013)
C'est le premier livre que je lis de cette auteur, cela fait quelques temps que je voulais la découvrir et le rendez-vous de Stephie était l'occasion trouvée !
C'est l'histoire en parallèle de deux chasses à l'homme en forêt. D'un côté, Diane, une photographe, qui est par hasard témoin du meurtre d'un marginal par une bande de quatre chasseurs du village voisin. Elle devient alors le témoin à abattre.
D'un autre côté, Rémy un SDF qui a été piégé par un homme qui lui a promis un travail de réinsertion. Rémy se retrouve avec trois sans-papier à être lâchés dans un parc comme le gibier d'une chasse spécialement organisée pour des clients fortunés. Les chiens sont lâchés derrière eux et commence alors une chasse à l'homme redoutable et cruelle. Une seule solution pour espérer s'en sortir et ne pas mourir... fuir...
Je n'ai pas été convaincue par cette histoire, j'ai trouvé cette chasse à l'homme très dérangeante et assez répétitive. Le suspens est là, le lecteur suit à tour de rôle les péripéties de Rémy et celles de Diane et la tension est présente tout au long du livre...

Extrait : (début du livre)
Vendredi 3 octobre - 16 h 00


Diane respire. 
À fond.
L'impression que cet air pur, froid et sec va embraser ses poumons, comme une allumette sur un fétu de paille séché au soleil.
Elle prend quelques instants pour admirer. Silence irréel, grandiose ; espace immense qui semble infini ; couleurs flamboyantes qui ensanglantent la forêt cévenole.
Elle sourit, ferme les yeux. Elle sera bien, ici, pendant quelques jours. Même si elle est venue pour travailler, ça ressemblera à des vacances. L'avantage d'avoir un boulot passionnant ! Une chance que beaucoup n'ont pas.
Mais Diane n'a pas eu que de la chance, ces derniers temps.
Elle attrape ses bagages dans le coffre de la voiture, se dirige vers le gîte...
Rémy rie respire plus.
Ça pue tellement qu'il préfère éviter.
Il remonte la braguette de son jean, quitte à la va-vite la ruelle coupe-gorge.
Même pas cinquante centimes pour taper l'incruste dans les chiottes de la gare. Dommage. Là-bas, lavabos, savon, PQ ; là-bas, ça empeste bon l'eau de Javel... Mais aujourd'hui, plus une seule pièce dans la poche de son froc.
Il marche d'un pas rapide vers le carrefour le plus proche, son vieux sac à dos sur l'épaule.
Faire la manche ou... se jeter sous les roues d'une bagnole.
Deux options, il n'en voit pas une troisième. À quoi bon continuer ?
Question récurrente. Surtout lorsqu'il faut tendre la main. Rémy déteste ça par-dessus tout. Quel autre choix, pourtant ?
Il s'arrête près d'un feu tricolore - son feu - sort la petite pancarte en carton griffonnée à la main. Un travail ou quelques euros pour ne pas mourir de faim, SVP, merci.
Pour ne pas mourir tout court, devrait-il ajouter en post-scriptum. Tellement de choses qu'il aimerait écrire sur cette pancarte ; un véritable roman. Son histoire, simplement.
Mais qui prendrait la peine de la lire ?

  Challenge Petit BAC 2013
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"Animal"

Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 25/12

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Ma 1ère lecture
d'un auteur : 4/13

Lire sous la contrainte

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5ème session : couleur

 

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06 février 2013

Le Pacte - Lars Kepler

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Audiolib – avril 2012 – 16h - lu par Thierry Janssen

Actes Sud – octobre 2011 – 450 pages

traduit du suédois par Hege Roel-Rousson

Titre original : Paganinikontraktet, 2010

Quatrième de couverture :
Une jeune femme est retrouvée morte à bord d'un bateau dérivant dans l'archipel de Stockholm. Ses poumons sont remplis d'eau de mer, pourtant il n'y a pas une seule goutte d'eau sur ses vêtements. La sœur de la victime, une célèbre militante pour la paix, est quant à elle poursuivie par un tueur implacable. Le même jour, un corps est découvert pendu à une corde à linge dans un appartement à Stockholm. Il s'agit de Carl Palmcrona, le directeur général de l'Inspection pour les produits stratégiques, l'homme chargé de valider les contrats d armement de la Suède. Tout semble indiquer un meurtre car la pièce est vide et rien n'a pu lui permettre de grimper jusqu'au nœud coulant qui l'a étranglé. Pourtant l'inspecteur Joona Linna est persuadé qu'il s'agit d'un suicide... En menant de front ces deux enquêtes, Joona Linna ignore qu'il entre de plain-pied dans un univers trouble fait de commissions secrètes, d'ententes tacites et de pactes diaboliques. Un univers où les desseins machiavéliques le disputent aux pires cauchemars. Un univers où les contrats ne peuvent être rompus, même par la mort.
Après L'Hypnotiseur, Lars Kepler signe encore une fois un thriller haletant et continue d explorer la face sombre de la Suède.

Auteurs : Lars Kepler est le pseudonyme du couple d'écrivains Alexander et Alexandra Ahnoril. L'Hypnotiseur (2010), le premier opus de la série, a été un best-seller international.

Lecteur : Tierry Janssen, né en 1972 et diplômé de l'IAD Théâtre en 1995, il est à la fois comédien, auteur et metteur en scène. Formé au clown et à la commedia dell'arte, il a travaillé entre autres avec Carlo Boso et Franco Dragone. Il a déjà enregistré pour Audiolib Vendetta, Sukkwan Island L'Hypnotiseur, Pars vite et reviens tard et L'Armée furieuse.

Mon avis : (écouté en janvier 2013)
Dans ce thriller rythmé et prenant, nous retrouvons l'inspecteur Joona Lina au commande de l'enquête. Tout commence par la découverte du cadavre d'une jeune femme sur un voilier dérivant au large de l'archipel de Stockholm. Pendant ce temps, sa sœur Pénélope et son petit ami Bjorn sont pourchassés par un tueur efficace. Le même jour, Carl Palmcrona, directeur de l'Inspection pour les produits stratégiques est retrouvé pendu dans son appartement, est-ce un meurtre ? Ou un suicide ?
L'intrigue est est parfaitement construite avec du rythme, du suspens sur fond de corruption, de marchands d'armes, de tueur à gage, de génocide au Darfour... Une histoire efficace qui incite le lecteur à ne pas lâcher son livre...
Il y a cependant certaine longueur en particulier la traque de Pénélope et Bjorn traîne vraiment trop longtemps.

J'ai eu un peu de mal à m'y retrouver avec les nombreux personnages, la prononciation les noms suédois ne se retiennent pas aussi bien à l'oreille que visuellement. Les chapitres sont courts et nombreux et les auteurs passent souvent d'un personnage à un autre.
Remarque personnelle sur l'enregistrement : J'ai trouvé l’intro de chaque chapitre beaucoup trop long… 30 secondes : musique, le titre, re-musique… il y a 116 chapitres… c’est donc très vite pénible ! En revanche, j'ai bien apprécié le lecteur.

 

Extrait : (début du livre)
Quand, par une nuit claire, un large bateau de plaisance est retrouvé à la dérive dans le pertuis de Jungfrufjärden, au sud de l’archipel de Stockholm, c’est le calme plat. L’eau bleu-gris s’abandonne à des mouvements doux comme la brume.

Le vieux qui approche dans sa barque appelle à plusieurs reprises mais il se doute qu’il n’obtiendra pas de réponse. Cela fait presque une heure qu’il observe le bateau à moteur dériver lentement vers le large sous l’effet du courant.

L’homme manœuvre son embarcation et vient l’accoler au yacht. Il remonte les rames, s’amarre à la plate-forme située à l’arrière du bateau, grimpe à l’échelle en inox et enjambe le bastingage. Un transat rose trône au milieu du pont arrière. Le vieux attend un petit moment et tend l’oreille. N’entendant pas le moindre bruit, il ouvre la porte vitrée et descend un petit escalier menant au salon. Au travers des grandes fenêtres, une lueur grise tombe sur les meubles en teck verni et le tissu bleu nuit des canapés. Il avance dans le prolongement des marches au lambris éclatant, passe devant la kitchenette obscure, la salle de bains et pénètre dans la grande cabine. Une faible lumière s’infiltre par les hublots situés près du plafond, éclairant un lit double en forme de flèche. Près de la tête de la couchette, une jeune femme vêtue d’une veste en jean est appuyée contre le mur, en position assise, les cuisses écartées. Sa main repose sur un coussin rose. Elle regarde le vieil homme droit dans les yeux avec un mélange d’étonnement et d’inquiétude. Il lui faut un moment pour comprendre que la femme est morte.

Une pince en forme d’oiseau blanc retient ses longs cheveux noirs. Une colombe de la paix. Quand le vieux s’approche et touche sa joue, sa tête bascule en avant, un filet d’eau s’échappe de la commissure de ses lèvres et coule le long de son menton.  

 livre_audio

Déjà lu du même auteur : 

l_hynoptiseur L'Hypnotiseur 

 Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 24/12

 Challenge Voisins, voisines

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Suède

  Défi Scandinavie noire 2012

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Suède

Challenge Littératures Nordiques

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PAL Noire

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20 janvier 2013

L'anneau de Moebius – Franck Thilliez

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Audiolib – février 2009 – lu par Philippe Allard

Le Passage – octobre 2008 – 539 pages

Pocket – octobre 2010 – 604 pages

Quatrième de couverture :
Pour sa première enquête, Victor Marchal aborde son métier de flic par sa face la plus noire : une ex-star du porno torturée, une mise en scène macabre, et une plongée dans le monde interlope des déviants sexuels et des monstres de la nature.
Depuis toujours, Stéphane Kismet est, quant à lui, hanté par des images prémonitoires mais cette fois elles obéissent à une indéchiffrable et terrifiante logique. Dans ses rêves, Stéphane possède une arme, il est recherché par la police, une petite fille est morte…
Les trajectoires de Victor et Stéphane vont se rejoindre. 
L'un n'a encore rien vu, l'autre ignore qu'il sait déjà tout…

Auteur : Né en 1973 à Annecy, Franck Thilliez est ingénieur en nouvelles technologies. Son premier roman Train d'enfer pour ange rouge (2003) a été nominé au prix Polar SNCF en 2004. Il est également l'auteur de Deuils de miel (2006) et La Forêt des ombres (2006). La Chambre des morts (2005), classé à sa sortie dans la liste des meilleures ventes et salué par la critique, a reçu le prix des lecteurs Quais du Polar 2006. Franck Thilliez vit actuellement dans le Pas-de-Calais.

Lecteur : Né à Bruxelles en 1968, Philippe Allard est comédien et improvisateur. Acteur de théâtre et habitué des scènes belges depuis 1986, il exerce également son métier à la RTBF depuis 2007.

Mon avis : (écouté en décembre 2012)
Vic Marchal est un jeune flic sortant de l'école de police grâce à ses bons résultats, il a rejoint la Crim. Sa première affaire est particulièrement macabre, une ex-star du porno a été torturée sur son lit.
En parallèle, Stéphane Kismet, un maquilleur de génie qui travaille pour le cinéma et fabrique des monstres, des masques, des crimes sanglants est perturbé par des cauchemars très précis le mettant en scène. Les deux personnages principaux sont attachants.
L'intrigue est diabolique, construite avec une grande intelligence, entre thriller et fantastique. Le livre est captivant et le rythme est soutenu, difficile de le lâcher avant de connaître le dénouement. Âme sensible s'abstenir car l'univers de Thilliez est comme toujours morbide, noir et violent...
Je ne suis pas généralement une adepte de ce genre de thriller, mais lorsque l'histoire est aussi bien construite, le côté violence et noirceur est acceptable. J'aime également les côtés scientifiques du roman avec cette anneau de Moebius : une histoire qui défie le temps.

Extrait : (début du livre)
Jeudi 3 mai, 6h30
Les bouteilles de vin.

Devant ses yeux, l’image vibrait, grossissait, rapetissait. C’était à lui en faire exploser les tempes. Stéphane s’arrêta au milieu de l’escalier, se retourna brusquement, avant de continuer sa descente vers le rez-de-chaussée. Il chercha l’interrupteur du salon, l’actionna plusieurs fois. Aucune lumière, juste une traînée de sang que ses doigts abandonnèrent sur le plâtre. Il fixa un instant ses mains rouges de vie, de mort, toutes tremblantes, puis reprit sa progression rapide. Sa lampe torche découpait l’obscurité. Sa respiration le brûlait. De douleur. De terreur.
Tout s’enchaînait très vite dans son champ de vision. En face, entre deux colonnes, le portrait hiératique, venimeux, de la baronne de Reille. Puis, sur la gauche, une statuette asiatique en céramique, magnifique, qu’il fracassa d’un mouvement du coude. Enfin, sur le carrelage, des cartons déchirés, des valises empilées, un cutter à la lame déployée.
Il se précipita vers une porte, dévala huit marches qui le jetèrent au sous-sol. Dans cette partie froide de la gigantesque demeure, les rares fenêtres s’ouvraient juste au niveau du jardin, comme si le navire de pierre sombrait sous terre. Là, à cette heure, les vitres ne laissaient paraître que des ombres. Plus loin, le faisceau de lumière ricocha sur un miroir. Stéphane s’immobilisa. Ses doigts effleurèrent alors trois griffures sur son visage, avant de remonter vers son œil gauche, boursouflé, trempé de larmes.
Avec une violence sourde, son poing percuta la surface réfléchissante. Sa veste kaki de pêcheur sembla alors se fragmenter comme une grenade.

  livre_audio

Déjà lu du même auteur : 
la_foret_des_ombres La forêt des ombres la_chambre_des_morts La chambre des morts

 Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 22/12

Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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PAL Noire

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Objet"

Baby Challenge - Policier Livraddict 
policier
15/20

 

 

 

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