12 juin 2013

Gatsby le Magnifique - Francis Scott Fitzgerald

Lu en partenariat avec LOGO 

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Audiolib - mai 2013 - lu par Emmanuel Dekoninck

Grasset - mars 1996 - 

Livre de Poche - février 1997

France Loisirs -

Grasset -

Livre de Poche - 2008 - 250 pages

Folio - janvier 2012 - 208 pages

Livre de Poche - mai 2013 - 224 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Michel Laporte (2013)

Titre original : The Great Gatsby, 1925

Quatrième de couverture : 
Nous sommes au lendemain de la Grande Guerre, le mal du siècle envahit les âmes. C'est l'époque de la Prohibition et des fortunes rapides. En 1922, Jay Gatz, désormais Gatsby, se retrouve fabuleusement riche. Mille légendes courent sur son compte, qui n'empêchent pas les gens chics - et moins chics - de venir en troupe boire ses cocktails et danser sur ses pelouses. Gatsby le Magnifique joue la carte des folles dépenses pour éblouir Daisy, mariée à Tom Buchanan, un héritier millionnaire. Le jour où l'espoir de conquérir sa bien-aimée s'évanouit, la fête prend fi n brutalement... Gatsby le Magnifi que est un des romans emblématiques de la littérature américaine du XXe siècle.
L’interprétation d’Emmanuel Dekoninck met parfaitement en lumière le mélange de naïveté et de rouerie qui tisse le destin de Gatsby, au milieu des extravagances d’une société enivrée de sa démesure naissante.

Auteur : Né en 1886 à Saint-Paul (Minnesota) dans une famille de la petite bourgeoisie. Il intègre rapidement Princeton, qu’il quitte pour se consacrer à la poésie. Il rejoint par la suite l’armée, où il fait la connaissance de Zelda Sayre, dont il tombe rapidement amoureux. Les deux amants choisissent alors de s’installer en France, et c’est à Paris que l’auteur écrit son chef-d’œuvre Gatsby le Magnifique, qui remporte immédiatement les faveurs des critiques et provoque l’enthousiasme d’Ernest Hemingway. Francis Scott Fitzgerald, écrivain de renom et touche-à-tout, est aujourd’hui considéré comme le représentant de toute une génération, celle de l’ère du Jazz.

Lecteur : Interprète de théâtre de grand talent, apprécié à Bruxelles et à Paris, metteur en scène et également compositeur, Emmanuel Dekoninck vit en Belgique. Il a déjà enregistré pour Audiolib, entre autres,  Millénium et 1Q84.

Mon avis : (écouté en juin 2013) 
Ce roman écrit en 1925 par l’un des plus grands auteurs américains est d'actualité par sa nouvelle adaptation au cinéma, voilà donc une bonne occasion pour moi de découvrir le livre avant d'aller voir le film...

Le narrateur, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s'installer à New York et travailler dans la finance. Il emménage non loin de sa cousine Daisy mariée à Tom Buchanan.
Nick a comme voisin le mystérieux Gatsby. Ce dernier est millionnaire, il organise de nombreuses fêtes somptueuses et mondaines où l'alcool coule à flots. Gasby cache un passé trouble et surtout un secret amoureux...
Dans ce livre, Nick nous raconte les événements de l’été 1922 dont il a été un témoin privilégié, il donne sa version des faits et également ses impressions sur la société américaine.
L'auteur nous plonge dans l'Amérique d'après guerre (la Première guerre mondiale), par petites touches, il brosse un portrait réaliste et fascinant des années folles américaines, où répressions et bouleversements économiques côtoies chez les plus aisés l'insouciance et la frivolité.
Gatsby est un personnage séduisant et attachant. Le style est très agréable et la lecture rapide. L'intrigue est très bien menée.

Un grand bravo au lecteur Emmanuel Dekoninck qui sait mettre parfaitement en valeur le texte de Francis Scott Fitzgerald. Je deviens une inconditionnelle de cet excellent lecteur !

Un grand Merci à Chloé et aux éditions Audiolib pour m'avoir permis de découvrir ce grand classique américain.

Extrait audio : ici

 

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40/50 :  New-York

 

Challenge New-York 2013
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10 mai 2013

Baby Love - Joyce Maynard

Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey

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Philippe Rey - avril 2013 - 302 pages

Denoël - avril 1983 - 282 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Mimi Perrin

Titre original : Baby Love, 1981

Présentation éditeur :
Fin des années 1970, quatre adolescentes confrontées à la maternité : Sandy, mariée à un paumé de dix-neuf ans peu concerné par son rôle de père ; Tara, produit d’une famille désunie, seule avec son enfant ; Wanda, toujours fêtarde malgré un bébé de trois mois ; Jill, enceinte, et dans la peur de l’annoncer à ses parents.
Un même amour maternel unit ces jeunes filles : leur bébé, c’est leur seule réussite, l’unique preuve de leur importance. Elles le nourrissent, le dorlotent, le déguisent, jouent avec comme à la poupée, le malmènent, aussi. Sur les marches d’une laverie automatique, leur lieu de rendez-vous favori, elles se racontent leurs histoires et parlent télé, cinéma, magazines… (spoiler) Jusqu’à ce que la venue de deux femmes en quête d’enfants fasse basculer ces vies d’une banalité à la fois touchante et terrifiante. (spoiler)
Avec ce premier roman paru en 1981 aux États-Unis, Joyce Maynard signe un subtil portrait – toujours d’actualité – de l’Amérique profonde.

Auteur : Née en 1953, Joyce Maynard, collaboratrice de multiples journaux, radios et magazines, est l’auteur de plusieurs romans (Long week-end, Les Filles de l’ouragan) et d’une autobiographie (Et devant moi, le monde) retraçant notamment sa relation avec J.D. Salinger. Elle vit désormais entre la Californie et le Guatemala.

Mon avis : (lu en mai 2013)
Ce livre est la réédition du premier roman de Joyce Maynard écrit en 1981.
Nous sommes dans les années 70, dans une petite ville du fin fond de l’Amérique, quatre très jeunes mères survivent dans leur quotidien difficile grâce à la présence de leurs bébés. Il y a Sandy, 18 ans, mariée depuis plus d'un an, elle s'occupe le mieux possible de son fils, de son intérieur et de son mari aussi jeune qu'elle. Tara a 16 ans, elle élève seule sa fille malgré la pression familiale. Wanda est tombée enceinte malgré elle, depuis son accouchement, elle a du mal supporter les cris de sa fille. Jill, lycéenne, pense être elle aussi enceinte. Elles sont à la fois inconscientes et rêveuses, elles s'imaginent un avenir heureux, avec bonheur et tendresse mais le lecteur ressent assez vite une atmosphère lourde et pesante qui annonce un drame... Surtout, éviter de lire la quatrième de couverture qui en dit bien trop...
Joyce Maynard décrit par petites scènes le quotidien de ces quatre amies en passant d'un personnage à l'autre sans oublier de nombreux personnages dits secondaires comme Ann, Greg et Carla, Mrs Ramsay, Doris et Reg... Les points de vues sont multiples, intéressants et parfois dérangeants. Tout comme les personnages, certains sont très attachants et d'autres dérangeants ou effrayants. J'ai eu un peu de mal au début pour m'y retrouver entre les différents personnages. Mais j'ai vite été prise par le rythme de la succession des scénettes et des interactions entre les protagonistes.

Ce livre est un portrait plein d'humour mais également de cruauté d'une Amérique immature, avec comme seule culture celle de la télévision... Même si le livre a plus de trente ans, il est toujours d'actualité.

Merci à Anaïs et aux éditions Philippe Rey pour m'avoir permis de découvrir cette réédition du premier livre de Joyce Maynard.

Autre avis : Clara

Extrait : (début du livre)
Quatre filles sont assises sur les marches devant le Lavomat, par une chaleur exceptionnelle pour un mois de mai. Elles partagent à trois le même sèche-linge, dans lequel chacune vient d’introduire une pièce de dix cents. Sandy, qui emploie les couches Pampers et n’a pas de lessive à faire aujourd’hui, est venue leur tenir compagnie. Tara aurait pu aussi attendre à demain pour la sienne mais, comme elle a tressé une mèche du duvet blond de Sunshine et noué un ruban autour, elle a voulu que les autres la voient… Surtout Wanda, dont le bébé a perdu les épais cheveux noirs qu’elle avait à la naissance et a maintenant le crâne tout chauve.

Sandy, qui a dix-huit ans, est mariée. Les autres ont seize ans. Elles portent des jeans taille 38, sauf Wanda qui mettait du 36 avant sa grossesse mais a pris vingt-sept kilos depuis et en a encore dix-huit à perdre.
« J’ai acheté du beurre de cacao à la boutique de diététique, confie Sandy à Jill en remontant sa chemise indienne pour lui montrer son ventre. Regarde, pas de vergetures. »
Jill vient de leur raconter que ses règles sont en retard de six semaines et quatre jours, et qu’elle est certaine d’être enceinte. Si c’est un garçon, elle l’appellera Patrick, comme son acteur préféré dans Dallas. »

Déjà lu du même auteur : 

long_week_end Long week-end les_filles_de_l_ouragan Les Filles de l'ouragan

Challenge Petit BAC 2013
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"Sentiment"

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40/50 :  New Hampshire

 Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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07 mai 2013

Les averses d'automne - Tuna Kiremitçi

les_averses_d_automne Editions Galaade - octobre 2011 - 218 pages

traduit du turc par Jean Descat

Titre original : Dualar kalicidir, 2007

Quatrième de couverture : 
« J’ai peur, si j’oublie le turc, que tout ce que j’ai vécu s’évanouisse en silence. »
Quand on a contemplé les lumières du Bosphore, il est difficile de s’accoutumer à vivre en Occident. Pourtant, Rosella Galante, juive allemande née à Berlin et qui a trouvé refuge pendant la guerre à Istanbul, vit depuis soixante ans à Genève. Là, elle y rencontre la jeune Pelin, étudiante contrainte, elle aussi, de quitter la Turquie.
Les Averses d’automne de Tuna Kiremitçi, c’est le récit d’une improbable amitié entre deux femmes que tout sépare, sauf la langue : le turc. 
C’est aussi, semaines après semaines, une conversation intime et facétieuse, qui, entre l’Europe et l’Asie, nous invite à découvrir deux destins, deux générations, deux regards sur le monde, la vie et l’amour.
Les Averses d’automne est le premier roman traduit en français de Tuna Kiremitçi, l’un des jeunes auteurs les plus prometteurs de la littérature turque.

Auteur : Né en 1973 en Turquie, Tuna Kiremitçi est romancier. Best-seller en Turquie, Les Averses d’automne est son quatrième roman et a déjà été traduit dans plus de 5 langues.

Mon avis : (lu en mai 2013)
Ce livre nous raconte les conversations entre Rosella et Pelin.

Rosella est une dame âgée, qui vit en Suisse depuis plus de soixante ans. Juive allemande, originaire de Berlin, réfugiée, elle a vécu à Istanbul pendant la guerre. Ne voulant pas oublier la langue turque qu'elle a pratiqué quelques années et dans laquelle elle a gardé beaucoup de souvenirs, elle passe une petite annonce pour trouver quelqu’un avec qui bavarder en turc. Pelin est étudiante en littérature française à Genève, elle est originaire d’Istanbul. Elle a lu par hasard la petite annonce et c’est comme cela qu’elle ose se présenter à Rosella.
Le courant va passer et régulièrement elles vont se rencontrer. A tour de rôle, elles se racontent des histoires. Rosella évoque son passé de  jeune femme juive de Berlin obligée de quitter l’Allemagne pour se réfugier à Istanbul dans sa belle-famille avec son enfant. Pelin parle de ses mésaventures quotidiennes, en amour, à la fac… elle explique également à Rosella les expressions « jeunes »…
De jour en jour, les deux femmes deviennent de plus en plus proches et leurs confidences de plus en plus intimes. J’ai été touchée par cette rencontre intergénérationnelle pleine de poésie, de douceur et d’émotion… Une bien jolie découverte. 

Autre avis : Canel

Extrait : (début du livre)
- Ah, bonjour. Bienvenue, mademoiselle.
- Enchantée.
- Je vous en prie, ne restez pas debout. Je vous conseille cette bergère rouge, elle est très confortable.
- Merci.
- J'imagine que Zelda vous a un peu effrayée. Ne lui en veuillez pas. A l'âge de six ans, elle a été expédiée dans un camp de concentration avec sa famille. Ses parents ont été tués sous ses yeux. Du coup, elle n'est pas très bavarde. Mais ne vous y trompez pas, c'est quelqu'un de bien. En tout cas, cela fait trente ans qu'elle entretient cette maison et je n'ai jamais rien eu à lui reprocher.
- Ne vous inquiétez pas, je n'ai pas eu peur.
- Pourtant, vous semblez un peu nerveuse...
- Je suis toujours comme ça lors des entretiens d'embauche. C'est pour ça que je les rate toujours.
- S'il vous plaît, mademoiselle, ne considérez pas ceci comme un entretien.
- Comme quoi dois-je le considérer ?
- Comme une simple visite. Tenez par exemple une soirée entre amis. Imaginez que vous rendez visite à une lointaine parente.

Challenge Petit BAC 2013
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"Météo"

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05 mai 2013

Oublier son passé - Karin Alvtegen

oublier_son_pass_ JC Lattès - mai 2012 - 379 pages

traduit du suédois par Magdalena Jarvin

Titre original : En sannolik historia, 2010

Présentation éditeur :
Lorsque Helena, Martin et leur fille de 14 ans, Emilie, quittent la vie survoltée de Stockholm pour repartir de zéro dans le nord de la Suède, les rêves d’Helena peuvent s’accomplir : ils restaurent une ferme dans laquelle elle a passé enfant ses vacances d’été, et la transforment en hotel de charme. Mais ce tableau idyllique va voler en éclats le jour où Martin, ne supportant plus les rêves d’Helena, retourne vivre à Stockholm avec une autre femme. 
En dépit d’une réussite professionnelle remarquable, Anders Strandberg a conscience de la vacuité de son existence. Un jour qu’il part en voiture vers le nord du pays pour tenter de récupérer une célèbre guitare ayant appartenu aux Beatles – Anders est un collectionneur éclairé et passionné de musique – il est victime d’un grave accident de la route. Et se relève avec l’horrible sentiment d’avoir voulu mourir… Il descend alors dans l’hôtel tenu par Helena et accepte son offre de travail à ses côtés. Pour la première fois, il se sent libre, il n’a rien à prouver ni à défendre. Il peut oublier son passé. Au même moment, la cousine d’Helena, Anna Karin, organise dans le village voisin une réception après les funérailles de leur tante Olga. Secrets et préjugés vont être levés pendant cette réunion de famille, au cours de laquelle les êtres en présence se révèlent capables de changer leur manière de penser vis-à-vis les uns des autres, comme à leur propre égard.

Auteur : Karin Alvtegen, née en 1965, est la petite nièce de la célèbre romancière suédoise Astrid Lindgen, auteur de Fifi Brin d’Acier. Considérée comme la reine incontestée du polar suédois, elle nous livre pour la première fois un roman psychologique saisissant qui n’a pas pour cadre une intrigue policière.

Mon avis : (lu en avril 2013) 
Je ne connaissais pas cette auteur très connue comme auteur de polar en Suède. Ce livre n'est pas un polar. Cette histoire est la rencontre entre deux personnages cabossés par la vie qui sont l'un et l'autre dans une période difficile de leur vie. 
Il y a Helena, elle, son mari Martin et leur fille Emilie sont venus s'installer à la campagne pour ouvrir un hôtel. C'est là où Helena passait les étés durant son enfance. Mais au bout de trois ans, son mari la quitte et retourne à Stockholm. Helena reste seule à s'occuper de l'hôtel encore en partie en chantier avec Emilie âgée alors de quatorze ans. Elle semble forte mais la réalité est différente.
L'autre personnage c'est Anders, homme d'affaires ayant fait fortune. Il est dans la région pour l'achat d'une guitare de collection et c'est à la suite d'un accident de voiture qu'il va pousser la porte de l'hôtel d'Helena.
Les personnages dit secondaires sont également importants et attachants comme Emilie la fille d'Helena et Martin, elle a choisi de rester avec sa mère et pourtant... ou Verner un vieil homme excentrique qui cache plusieurs secrets. Anna-Karin est l'amie d'enfance d'Helena, elle est toujours dans la critique et l'intolérance.
L’arrivée de l'étranger Anders va bouleverser la donne dans le petit village. Le passé va revenir en mémoire de chacun et ce sera l'occasion de régler quelques souffrances muettes.
Une très jolie histoire qui nous appelle à réfléchir sur le sens que l'on donne ou que l'on veut donner à sa vie.

Extrait : (début du livre)
- Anders, vous m'entendez ?
Une voix inconnue, aimable et chaleureuse, provenant d'un lieu hors de sa portée. Il devrait lui répondre, mais à peine s'était-il fait cette réflexion qu'il retomba dans sa torpeur. Délesté de toute contrainte il planait dans un monde d'insouciance, exempt de jugements et de convictions. Tout était à l'état originel et empli de possibles.
- Anders, vous m'entendez, Anders ?
Laissez-moi tranquille ! Je veux rester ici.
Il ne comprenait pas pourquoi l'on insistait pour qu'il réponde. Il tentait de s'enfuir mais quelque chose l'en empêchait. Cette odeur. Son inconscient fouilla dans ses expériences passées et soudainement il comprit ce qu'elle signifiait. Danger ! Tu es en danger !
Il se sentit tiré vers le haut, traversant un monde d'images vacillantes, au milieu d'un rugissement de plus en plus fort. Un goût de métal dans la bouche, son crâne douloureux. Une personne se tenait à ses côtés. Une lumière forte l'éblouit et son regard erra. Des doigts frais entouraient son poignet.
Seule l'odeur se distinguait nettement dans ce flou général. Cette odeur reconnaissable entre mille qu'il avait une fois appris à détester - l'odeur d'hôpital.
- Anders, essayer de vous réveiller. Savez-vous où vous êtes ? Vous avez eu un accident de voiture. Vous vous trouvez à l'hôpital de Sundsvall.

 

Challenge Voisins, voisines

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Suède

 Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche

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Suède 

Challenge Cap au Nord
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Lire sous la contrainte
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7ème session : infinitif

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02 mai 2013

Le Manuscrit retrouvé - Paulo Coelho

Lu en partenariat avec les éditions Flammarion

SORTIE AUJOURD'HUI 2 mai 2013 EN LIBRAIRIE

le_manuscrit_retrouve Flammarion - mai 2013 - 178 pages

traduit du portuguais (Brésil) par Françoise Marchand Sauvagnargues

Titre original : Manuscrito encontrado em Accra, 2012

Quatrième de couverture :
14 juillet 1099. Alors que les croisés sont aux portes de la ville, les habitants de Jérusalem se pressent autour d'un homme mystérieux connu sous le nom du Copte pour entendre ses derniers enseignements. La foule, composée de chrétiens, de juifs et de musulmans qui vivaient jusqu'alors en parfaite harmonie, s'apprête à livrer combat et la défaite semble imminente. Mais loin de toute stratégie guerrière, c'est une véritable leçon de vie qui leur est dispensée. 

Le Manuscrit retrouvé est une invitation à repenser notre humanité qui pose une question d'une brûlante actualité : quelles valeurs subsistent lorsque tout a été détruit ?

Auteur : Né en 1947 à Rio de Janeiro, Paulo Coelho est l'auteur de L'Alchimiste, best-seller mondial paru en 1988 au Brésil, aujourd'hui traduit dans 73 langues et publié dans 168 pays. Membre de l'Académie brésilienne des Lettres depuis 2002, élevé au rang de Chevalier de l Ordre National de la Légion d'Honneur en 1999, il a été nommé Messager de la paix des Nations Unies en 2007. Après Le Zahir ou La Solitude du vainqueur, Aleph est son seizième livre publié en France. 

Mon avis : (lu en avril 2013)
Dans la préface, l'auteur nous explique que « ce livre est la transcription d'un manuscrit trouvé à Accra, ». Ce manuscrit écrit en arabe, hébreu et latin et qui raconte l’histoire d'un Sage Copte qui à la veille de l’invasion de Jérusalem par les Croisés le 14 juillet 1099, donne des conseils à la population en répondant à des questions diverses et variés comme : « Parle-nous de la défaite. », « Parle-nous de la solitude », « J'ai toujours eu peur de changer », « Parle-nous de la beauté »...

Il a à ses côtés les patriarches des trois religions qui sont présentes à Jérusalem. Cette échange a pour but de transmettre la connaissance afin que la population parte ensuite aux quatre coins du monde transmettre à leur tour cet enseignement et ainsi l'âme de Jérusalem ne mourra pas.

C'est un mélange de fiction et de réalité. Le livre se lit très facilement et questions et réponses restent encore d'actualité 900 ans après. J'y ai retrouvé le ton de « L'Alchimiste » même si le plus important c'est le fond plus qu'une intrigue. Ce livre nous amène à réfléchir sur les valeurs de notre monde. En mélangeant des éléments spirituels et philosophiques Paulo Coelho a su donner aux lecteurs des idées profondes et stimulantes. Les idées ne sont pas nouvelles mais cela fait toujours du bien de se les rappeller. Une belle découverte.

Merci Virginie et les éditions Flammarion pour m'avoir permis de découvrir le nouveau livre de Paulo Coelho.

Extrait : (début du livre)
J'aimerai tellement commencer ces lignes en écrivant : « Maintenant que je suis à la fin de ma vie, je laisse à ceux qui viendront après tout ce que j'ai appris pendant que je cheminais sur la Terre. Qu'ils en fassent bon usage. »
Mais malheureusement il n'en est rien. Je n'ai que vingt et un ans, des parents qui m'ont donné amour et éducation, et une femme que j'aime et qui m'aime en retour - mais la vie se chargera de nous séparer demain, quand chacun devra partir en quête de son chemin, de son destin ou de sa manière d'affronter la mort.

Pour notre famille, c'est aujourd'hui le 14 juillet 1099. Pour la famille de Jakob, mon ami d'enfance, avec qui je jouais dans les rues de cette ville de Jérusalem, nous sommes en 4859 - il adore dire que la religion juive est plus ancienne que la mienne. Pour le respectable Ibn al-Athir, qui a passé sa vie à essayer d'enregistrer une histoire qui va maintenant prendre fin, l'année 492 est sur le point de se terminer. Nous ne sommes d'accord ni sur les dates ni sur la façon d'adorer Dieu, mais pour tout le reste nous nous sommes toujours très bien entendus.

Déjà lu du même auteur :

 alchimiste  L'alchimiste Comme_le_fleuve_qui_coule  Comme le fleuve qui coule

 Brida Brida aleph Aleph

Challenge le nez dans les livres
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La Reine des Lectrices : 12/6

Challenge Petit BAC 2013
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"Objet"

 

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18 avril 2013

A moi seul bien des personnages – John Irving

Lu en partenariat avec les éditions Thélème

SORTIE AUJOURD'HUI 18 avril 2013 EN LIBRAIRIE

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Editions Thélème - avril 2013 - lu par Bertrand Suarez-Pazos

Seuil - avril 2013 - 480 pages

traduit de l'américain par Josée Kamoun et Olivier Grenot

Titre original : In One Person, 2012

Quatrième de couverture : 
À moi seul bien des personnages est une histoire d'amour inassouvi - une histoire tourmentée, drôle et touchante - et une approche passionnée des sexualités différentes. C'est la représentation intime et inoubliable de la solitude d'un homme bisexuel qui s'efforce de devenir "quelqu'un de bien". Irving nous livre une formidable chronique ; du grand renfermement puritain face à la libération sexuelle et à la guerre du Viet Nam, sans oublier l'évocation de l'épidémie de sida et ses ravages ainsi que l'effarant silence des gouvernants (Reagan). Mais toujours de l'humour, beaucoup d'humour, arraché à la tristesse et la mélancolie.

Auteur : John Irving est né en 1942 et a grandi à Exeter (New Hampshire). La publication de son quatrième roman, Le Monde selon Garp, lui a assuré une renommée et une reconnaissance internationales. Depuis, l’auteur accumule les succès auprès du public et de la critique. À moi seul bien des personnages est son treizième roman. Marié et père de trois garçons, John Irving partage son temps entre le Vermont et le Canada.

Lecteur : Bertrand Suarez-Pazos a mis en scène "Derrière les murs" dont il est l’auteur, à la Scène Nationale de Poitiers où est implantée sa compagnie. Voix familière des dramatiques de France Culture et France Inter, il a reçu le Prix Arthur Rimbaud pour "Vers des espoirs" publié à La Maison de Poésie en 1999.

Mon avis : (écouté en avril 2013)
Après avoir écouté et beaucoup apprécié Dernière nuit à Twisted River fin février, les éditions Thélème m'ont proposé de découvrir le prochain livre de John Irving et j'ai accepté sans hésiter et sans avoir regardé la présentation de l'éditeur... Je n'avais pas réalisé que le sujet du livre était autour de l'identité sexuel du narrateur. Le sujet est abordé avec beaucoup de délicatesse mais sans hésiter à appeler « un chat un chat », l'auteur veut dénoncer le puritanisme américain. 

Dans ce livre, le narrateur a soixante-dix ans lorsqu'il revient sur sa vie. Bill Abbott est né dans les années 40, élevé par sa mère et son beau-père, son père biologique est absent. Il vit à First Sister une petite ville rurale du Vermont, sa famille assez originale participe à la troupe de théâtre amateur de la ville. Bill nous raconte ses premiers émois amoureux, il est troublé par ses béguins contre nature pour son beau-père, pour Kittredge, un camarade de classe, et pour son attirance pour Miss Frost la bibliothécaire qui lui fait découvrir la littérature dont Dickens qui donnera sens à sa future vocation d'écrivain... Je n'en dirai pas tellement plus sur l'intrigue mais le ton passe de l'humour à la gravité, l'auteur évoque la littérature et le théâtre avec Shakespeare, Dickens, Flaubert... mais également les années 80 et l'arrivée du sida et ses ravages...
J'ai vraiment passé un excellent moment en écoutant ce nouveau livre de John Irving, dont le livre-audio paraît en même que le livre papier. Je ne connais pas encore bien l'œuvre de cet auteur américain mais plus je le lis et plus il me plaît.

Un grand Merci à Julie et aux éditions Thélème pour m'avoir permis de découvrir ce livre audio en avant première.

Un autre avis enthousiaste avec Valérie

Extrait : (début du livre)
Je commencerais bien par vous parler de Miss Frost. Certes, je raconte à tout le monde que je suis devenu écrivain pour avoir lu un roman de Charles Dickens à quinze ans, âge de toutes les formations, mais, à la vérité, j'étais plus jeune encore lorsque j'ai fait la connaissance de Miss Frost et me suis imaginé coucher avec elle. Car cet éveil soudain de ma sexualité a également marqué la naissance tumultueuse de ma vocation littéraire. Nos désirs nous façonnent : il ne m'a pas fallu plus d'une minute de tension libidinale secrète pour désirer à la fois devenir écrivain et coucher avec Miss Frost - pas forcément dans cet ordre, d'ailleurs. 
La première fois que j'ai vu Miss Frost, c'était dans une bibliothèque. J'aime bien les bibliothèques, même si j'éprouve quelques difficultés à prononcer le vocable. J'ai comme ça du mal à articuler certains mots : des noms, en général - de personnes, de lieux, de choses qui me plongent dans une excitation anormale, un conflit insoluble ou une panique absolue. Enfin, c'est ce que disent les orthophonistes, logopédistes et autres psychanalystes qui se sont penchés sur mon cas - hélas sans succès. En primaire, on m'a fait redoubler une année en raison de mes "troubles sévères du langage", diagnostic très excessif. J'ai aujourd'hui largement passé la soixantaine, je vais sur mes soixante-dix ans, et comprendre la cause de mon défaut de prononciation est le cadet de mes soucis. Pour faire court, l'étiologie, je m'en contrefous. 
Etiologie : un mot que je ne me risquerais pas à prononcer, mais en revanche, si je m'applique, j'arrive à produire quelque chose qui s'approche de bibliothèque ; le mot estropié éclot alors, fleur exotique, et ça donne "bibilothèque" ou "billothèque" - comme dans la bouche des enfants. 
Comble d'ironie, ma première bibliothèque était bien modeste. C'était la Bibliothèque municipale de la petite ville de First Sister, dans le Vermont - un bâtiment trapu, en brique rouge, situé dans la même rue que la maison de mes grands-parents. J'ai vécu chez eux, à River Street, jusqu'à l'âge de quinze ans, c'est-à-dire jusqu'au second mariage de ma mère. Ma mère a rencontré mon beau-père sur les planches. 
La troupe de théâtre amateur de la ville s'appelait The First Sister Players ; et d'aussi loin que je me souvienne, j'ai vu toutes les pièces qu'elle montait. Ma mère était souffleuse - quand on oubliait ses répliques, elle les rappelait, et les vers oubliés en route n'étaient pas rares dans une troupe amateur. Pendant des années, j'ai cru que le souffleur était un acteur comme les autres - à ceci près que, pour des raisons qui m'échappaient, il ne montait pas sur scène et restait en tenue de ville pour dire sa part du texte. 
Mon beau-père venait d'entrer dans la troupe quand ma mère a fait sa connaissance. Il s'était installé en ville pour enseigner à la Favorite River Academy - boîte privée pseudo-prestigieuse, alors réservée aux garçons. Dès ma plus tendre enfance, et en tout cas dès l'âge de dix, onze ans, je savais sans doute que, l'heure venue, on m'y inscrirait. J'y découvrirais une bibliothèque plus moderne et mieux éclairée, mais la Bibliothèque municipale de First Sister fut ma première bibliothèque, et la bibliothécaire qui y officiait, ma première bibliothécaire. Soit dit en passant, je n'ai jamais eu de difficulté à prononcer le mot bibliothécaire. 
Miss Frost m'a certes marqué bien davantage que la bibliothèque elle-même. A ma grande honte, c'est longtemps après notre première rencontre que j'ai appris son prénom. Tout le monde l'appelait Miss Frost, et le jour où j'ai enfin pris ma carte de lecteur et l'ai vue pour la première fois, je lui ai donné l'âge de ma mère - peut-être un peu moins. Ma tante, femme impérieuse, m'avait dit que Miss Frost "avait été superbe", mais comment aurais-je pu imaginer que Miss Frost ait été plus belle que lors de notre rencontre - moi qui ne manquais pourtant pas d'imagination, à cet âge ? Ma tante prétendait que les hommes disponibles de la ville tombaient tous à la renverse quand ils la rencontraient. Quand l'un d'entre eux avait le cran de se présenter - le culot d'annoncer son nom à Miss Frost -, la bibliothécaire encore dans sa splendeur lui répondait, l’œil polaire et des glaçons dans la voix : "Miss Frost, pas mariée et pas près de l'être." 
Voilà pourquoi Miss Frost était encore célibataire lorsque je l'ai rencontrée ; chose incroyable pour l'adolescent que j'étais, les cœurs à prendre de la ville avaient cessé depuis longtemps de se présenter à elle. 

  livre_audio

Déjà lu du même auteur : 

un_pri_re_pour_owen Une prière pour Owen une_veuve_de_papier_points2000 La veuve de papier 

TH968 Dernière nuit à Twisted River

 A Challenge for John Irving

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40/50 :  Vermont

Challenge Petit BAC 2013
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"Sentiment"

 

 

 

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17 avril 2013

Yellow birds - Kevin Powers

Lu dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs 
Sélection avril

yellows_birds Stock – février 2013 – 264 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Emmanuelle et Philippe Aronson

Titre original : The Yellow Birds, 2012

Quatrième de couverture :
Bartle, 21 ans, est soldat en Irak, à Al Tafar. Depuis l’entraînement, lui et Murph, 18 ans, sont inséparables. Bartle a fait la promesse de le ramener vivant au pays. Une promesse qu’il ne pourra pas tenir… Murphy mourra sous ses yeux et hantera ses rêves de soldat et, plus tard, de vétéran.
Yellow birds nous plonge au coeur des batailles où se déroule la vie du régiment conduit par le sergent Sterling. On découvre alors les dangers auxquels les soldats sont exposés quotidiennement. Et le retour impossible à la vie civile.
Kevin Powers livre un roman fascinant sur l’absurdité de la guerre, avec une force aussi réaliste que poétique

Auteur : Kevin Powers est né à Richmond,Virginie, États-Unis. Diplômé en littérature, il a obtenu une bourse en poésie auprès de l’université d’Austin, au Texas. Il s’est enrôlé dans l’armée et a combattu en Irak en 2004 et 2005. Yellow birds est son premier roman. Il a été sélectionné parmi les « 10 best books of the year » du New York Times.

Mon avis : (lu en avril 2013)
Bartle, 21 ans, et Murph, 18 ans, sont deux engagés volontaires, ils sont devenus amis. Ils ont fait près de vingt mois de guerre à Al Tafar en Irak. Murph va mourir en Irak. Barth est de retour chez sa mère à Richmond en Virginie mais il lui est impossible d'oublier. Il se sent coupable d'être vivant, il ne supporte plus le regard des gens, il ne se sent pas légitime d'accepter les honneurs.

La construction du livre est telle que nous suivons en alternance le présent aux États-Unis et le passé avec les combats en Irak.
L'auteur américain Kevin Powers est parti de sa propre expérience pour écrire ce livre, en effet à l'âge de 17 ans, il s'est enrôlé dans l'armée des États-Unis et a combattu en Irak en 2004 et 2005. On comprend donc la précision et le réalisme des descriptions des combats, de l'état psychique et physique des soldats. Ils ont en permanence la peur au ventre. 
Cette description implacable des ravages intérieurs de la guerre chez ce jeune soldat est à la fois violente et poétique. Une très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
La guerre essaya de nous tuer durant le printemps. L'herbe verdissait les plaines de Ninawa, le temps s'adoucissait, et nous patrouillions à travers les collines qui s'étendaient autour des villes. Nous parcourions les herbes hautes avec une confiance fabriquée de toutes pièces, nous frayant, tels des pionniers, un chemin dans la végétation balayée par le vent. Pendant notre sommeil, la guerre frottait ses milliers de côtes par terre en prière. Lorsque nous poursuivions notre route malgré l'épuisement, elle gardait ses yeux blancs ouverts dans l'obscurité. Nous mangions, et la guerre jeûnait, se nourrissant de ses propres privations. Elle faisait l'amour, donnait naissance, et se propageait par le feu.

Puis, durant l'été, elle essaya encore de nous tuer tandis que la chaleur blanchissait les plaines et que le soleil burinait notre peau. Elle faisait fuir ses citoyens qui se réfugiaient dans les recoins sombres des immeubles couleur de craie, et jetait une ombre blême sur tout, tel un voile sur nos yeux. Jour après jour, elle tentait de nous supprimer, en vain. Non pas que notre sécurité fut prévue. Nous n'étions pas destinés à survivre. En vérité, nous n'avions pas de destin. La guerre prendrait ce qu'elle pourrait. Elle était patiente. Elle n'avait que faire des objectifs, des frontières. Elle se fichait de savoir si vous étiez aimé ou non. La guerre s'introduisit dans mes rêves cet été-là, et me révéla son seul et unique but : continuer, tout simplement continuer. Et je savais qu'elle irait jusqu'au bout.
Quand septembre arriva, la guerre avait décimé des milliers de personnes. Les corps jonchaient ici et là les avenues criblées d'impacts, étaient dissimulés dans les ruelles, et entassés dans les creux des collines aux abords des villes, les visages boursouflés et verts, allergiques à présent à la vie. La guerre avait fait de son mieux pour tous nous éliminer : hommes, femmes, enfants. Mais elle n'avait réussi à tuer qu'un peu moins d'un millier de soldats comme moi et Murph. Au début de ce qui était censé être l'automne, ces chiffres signifiaient encore quelque chose pour nous. Murph et moi étions d'accord. Nous refusions d'être le millième mort. Si nous mourions plus tard, eh bien soit. Mais que ce chiffre fatidique s'inscrive dans la vie de quelqu'un d'autre.
Nous ne remarquâmes presque aucun changement en septembre. Mais je sais à présent que tout ce qui allait compter dans ma vie s'amorça alors. Peut-être la lumière descendait-elle un peu plus doucement sur Al Tafar, car elle se perdait au-delà des silhouettes fines des toits et dans la pénombre des renfoncements sur les boulevards. Elle inondait les briques de terre et les toitures en tôle ondulée ou en béton des bâtiments blancs et ocres. Le ciel était vaste et grêlé de nuages. Un vent frais nous parvenait des lointaines collines à travers lesquelles nous avions patrouillé toute l'année. Il soufflait sur les minarets qui s'élevaient au-dessus de la citadelle, s'engouffrait dans les ruelles en agitant les auvents verts, et poursuivait son chemin jusqu'aux champs en friche qui encerclaient la ville, pour finir par se briser contre les demeures hérissées de fusils dans lesquelles nous étions disséminés. Les membres de notre unité se déplaçaient sur le toit terrasse où nous étions en position - traînées grises dans les lueurs qui précédaient l'aube. C'était la fin de l'été, un dimanche me semble-il. Nous attendions.

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Challenge Petit BAC 2013
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40/50 :  Virginie

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15 avril 2013

Qu'avons-nous fait de nos rêves ? - Jennifer Egan

 Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
un_mot_des_titres 

Le mot : REVE

 

qu_avonsnous_fait_de_nos_reves Stock - août 2012 - 384 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Sylvie Schneiter

Titre original : A Visit from the Goon Squad, 2010

Prix Pulitzer 2011

Présentation éditeur :
Sasha a une petite trentaine. Elle vivote à New York, après avoir quitté son poste d’assistante de production dans une grande maison de disques. On la découvre sur le canapé de son psychothérapeute, tentant de régler son problème de kleptomanie et de remettre de l’ordre dans sa vie. Sans amis, sans travail, elle est une âme solitaire et prédatrice. Bennie, lui, a la quarantaine passée. Ancien producteur star des Conduits, un groupe de rock emblématique, il se contente désormais d’éditer des tubes insipides. Divorcé, il essaie d’entretenir des liens avec son fils, sans trop y parvenir. Déprimé, il n’arrive même plus à avoir la moindre érection.
D’une écriture acérée, Jennifer Egan nous plonge dans la conscience et l’histoire de ces deux personnages dont les chemins un jour se sont croisés. Jeune homme timide, Bennie se passionna pour le punk, dans un San Francisco débridé. Adolescente au tempérament fougueux, Sasha partit pour Naples afin d’oublier des parents destructeurs. Une foule de personnages jalonnent leur existence, qu’il s’agisse de Lou Kline, le mentor allumé de la bande, ou de l’oncle de Sasha, un homme au bord du gouffre.
Ces histoires de vie s’enchaînent, des personnalités très fortes se dégagent, une véritable tension naît autour de leurs destinées. En restituant le passage du temps et les aléas du désir, Jennifer Egan ausculte notre capacité à avancer et à devenir ce que nous sommes, sans rien nier du passé.  

Auteur : Jennifer Egan, née en 1962, est l’auteur de plusieurs romans, La parade des anges (1996), L’envers du miroir (2003), The Keep et d’un recueil de nouvelles Emerald City. Ses nouvelles sont parues dans le New YorkerHarper’s MagazineGQZoetrope etPloughshares, et ses récits sont souvent publiés dans le New York Times Magazine. Elle remporte en 2011 le Pulitzer ainsi que le National Book Critics Circle Award avecQu’avons-nous fait de nos rêves ? et est également finaliste du Pen/Faulkner Award. Elle vit à Brooklyn.

Mon avis : (lu en avril 2013)
C'est un livre qui part dans tous les sens et j'ai eu beaucoup de difficulté à rassembler les pièces du puzzle. Chaque chapitre raconte la vie d'un personnage à un moment donné et il est souvent difficile de situer le personnage ou l'époque. Les prénoms américains m'ont également « paumé », à chaque nouveau personnage, il me fallait plusieurs pages pour comprendre s'il était féminin ou masculin, ainsi Bennie, Lou sont masculin et Jocelyn est féminin... Le style change également à chaque chapitre... l'auteur utilise tour à tour la première personne, comme la troisième et même la deuxième personne, un autre chapitre est comme un reportage people et un autre est une présentation PowerPoint de 75 slides...

J'ai réussi à comprendre que les personnages se sont connus à San Francisco dans les années 70, insouciants, profitant d'une époque de la musique punk, où l'alcool, les drogues et le s3xe sont consommés sans limite... A cette époque, ils avaient la tête pleine de rêves, aujourd'hui ils sont devenus des adultes, désabusés, mariés, divorcés dans une Amérique décevante et sans but.

J'avoue m'être plutôt ennuyée en lisant ce livre... La deuxième moitiée du livre a même été survolée car j'avais hâte de le terminer !

 

Challenge 7% Littéraire 2012
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43/49

 Challenge Petit BAC 2013
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"Sentiment"

 

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04 avril 2013

Luke et Jon - Robert Williams

Lu dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs 
Sélection avril

luke_et_jon Nil - janvier 2013 - 222 pages

traduit de l'anglais par Marie-Hélène Sabard

Titre original : Luke and Jon, 2010

Quatrième de couverture :
Pour ses copains, Luke, treize ans, est un peu bizarre : il a des yeux trop verts à cause d'une très rare combinaison génétique, il est extrêmement doué pour la peinture... et sa mère est morte dans un accident de voiture. Depuis, il est en perdition.
Puis Luke rencontre Jon, son nouveau voisin. Si Luke est bizarre, Jon, lui, est un ovni. Il porte des vêtements des années 1950, il possède une mémoire phénoménale, il collectionne les faits, rien que les faits, et il a un secret. Quand Luke découvre ce secret, il doit oublier sa peine pour aider Jon. Commence alors pour les deux adolescents blessés par la vie l'heureux chemin vers la guérison.

Auteur : Robert Williams a été bibliothécaire puis libraire à Manchester. Son premier roman, Luke et Jon, a remporté le « National Book Tokens NYP Prize ».

Mon avis : (lu en avril 2013)
Un très joli roman, Luke est le narrateur de cette histoire, il a des yeux d’un vert extraordinaire, il est donc isolé et ses camarades se moquent de lui. Il supporte plutôt bien sa différence car il aime et est doué pour le dessin et la peinture. Son père fabrique des jouets traditionnels en bois. Leur vie a été bouleversée par la mort tragique dans un accident de voiture de la maman de Luke. Ils ont quitté leur ancienne maison pour une maison un peu bancale à Duerdale. Avec le chagrin, le père s’est mis à boire et délaisse son fils de treize ans.
Luke va faire la rencontre d’un petit voisin, Jon un garçon également différent.  Ils vont apprendre à se connaître et ensemble ils se sentiront plus forts pour affronter le quotidien, les moqueries, les coups durs…
C’est une belle histoire pleine d’optimisme et de tendresse, d’une amitié entre deux adolescents malmenés par la vie. Luke et Jon sont très attachants. 

Extrait : (début du livre)
J'ai les yeux verts. Sans doute pas le vert auquel vous pensez tout de suite. Ils sont vert vif. Saisissants. Je ne dis pas ça pour me vanter. J'essaie juste d'être précis. Exact et clair. Si je vous disais que j'ai les yeux verts, sans plus, vous pourriez les imaginer avec des nuances noisette ou olive. Ils sont d'un vert éclatant. Je veux être honnête dès le début.
La première fois que les gens me voient, il y a souvent un choc, un temps d'arrêt, après quoi ils se remettent tant bien que mal. Et on poursuit normalement. Ensuite, les timides ou les biens élevés risquent un rapide regard en coin. Les sûrs d'eux ou les mal élevés me dévisagent. Ils vérifient juste qu'ils ne se trompent pas, que ce n'est pas une illusion d'optique, que ce sont bien mes yeux.
J'habite une maison en haut de Bowland Fell. Elle surplombe une petite ville appelée Duerdale. On s'est installés là avec mon père il y a quelques temps. Mon ancienne vie s'est finie ailleurs, et la nouvelle est censée commencer ici. On a atterri à Duerdale pour plusieurs raisons, dont une raison pratique : la maison était dans nos moyens. Et si elle était dans nos moyens, c'est parce qu'elle tombe en ruine. Il y a des trous dans la toiture, des lézardes dans les murs, et les châssis de fenêtres sont pourris. 
« Des problèmes superficiels, a marmonné mon père On la prend. » Il a serré la main de l'agent immobilier et a éclaté de rire, puis a souri. Il a pris mon père pour un dingue. Mon père n'est pas dingue. Il nous fallait un toit, et voilà ce qu'on pouvait se payer.
Il fabrique des jouets, mon père. Des jouets en bois. Les enfants ne veulent pas de jouets en bois. Ils préfèrent les téléphones, les fringues et le fric. Heureusement, certains parent sont assez bêtes ou démodés pour acheter les jouets de mon père. C'est ce qui fait qu'on peut se payer une maison, quelle qu'elle soit. Le gosse reçoit un jouet en bois et fait la gueule ; et moi, je reçois une maison en ruine.

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Challenge Petit BAC 2013
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27 mars 2013

Arrive un vagabond - Robert Goolrick

arrive_un_vagabond Editions Anne Carrière - août 2012 - 320 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Marie de Prémonville

Titre original : Heading out to wonderful, 2012

Grand Prix Elle 2013

Quatrième de couverture :
C'est au cours de l'été 1948 que Charlie Beale arriva à Brownsburg. Il était chargé de deux valises - l'une contenait quelques affaires et des couteaux de boucher, l'autre une importante somme d'argent. Charlie y tomba deux fois amoureux. D'abord, il s'éprit de cette ville paisible de Virginie dont les habitants semblaient vivre dignement, dans la crainte supportable d'un Dieu qu'ils avaient toutes les raisons de trouver plutôt bienveillant à leur égard. Une preuve parmi d'autres : il n'y avait encore jamais eu de crime à Brownsburg. La deuxième fois que Charlie tomba amoureux fut le jour où il rencontra Sylvan Glass. Après Féroces et Une femme simple et honnête, Robert Goolrick nous offre, avec Arrive un vagabond, une plongée sensuelle et enivrante au coeur de la passion. Il y dépeint les membres d'une communauté face à une tragédie en marche. Des hommes et des femmes simples, qui se retrouvent partagés entre la terreur de ce qu'il va advenir de leur fils préféré et la fascination devant les événements qui écriront le souvenir de leur passage sur terre dans la poussière des siècles.

Auteur : Robert Goolrick vit à New York. Il est l'auteur de The End of the World as We Know It, un récit acclamé par la critique américaine. "Une femme simple et honnête" son premier roman, N°1 sur la liste du New York Times, fera prochainement l'objet d'une adaptation cinématographique confiée au réalisateur David Yates. 
Féroces a reçu en france un accueil prodigieux de la part des critiques, des libraires et des lecteurs. 
Robert Goolrick reçoit le Prix Virgin Megastore 2012 pour « Arrive un vagabond ».

Mon avis : (lu en mars 2013)
« Arrive un vagabond », c'est un joli titre mystérieux et plein de promesse…
Été 1948, Brownsburd est une petit ville sans histoire de Virginie. Charlie est le vagabond, il arrive au volant de son pick-up, il est sans passé mais possède deux valises. Dans l'une, il y a de l’argent et l’autre contient des couteaux de boucher, c’est son métier. Dès son arrivée, Charlie tombe amoureux de la ville et décide de s'y installer, il achète un bout de terrain pour y dormir et propose ses services à Will le boucher. Petit à petit il se fait accepter par la population, il y a Alma la femme de Will, Sam leur petit garçon de 6 ans avec qui il noue une belle complicité, Claudie la couturière noire de génie, Boaty Glass l'homme le plus riche de Brownsburd... Mais sa rencontre la plus marquante sera celle avec Sylvan Glass. Dès le premier regard, Charlie tombe amoureux de Sylvan...
Dès le début du livre on ressent une certaine tension, et le lecteur comprend que l’issue sera dramatique. Mais ce roman n'est pas seulement une simple histoire d’amour et d’adultère, il y a une atmosphère de nostalgie, les différents personnages sont originaux et attachants. Sam est l'un de mes préférés, témoin particulier de toute cette histoire.
L'écriture est belle, empreinte de beaucoup de poésie et de tendresse... Une très belle découverte.

Autres avis : Valérie, Clara, Constance, Hélène

Extrait : (début du livre)
Tout souvenir est une fiction, gardez bien ça à l'esprit. Bien sûr, il y a des événements dont on est certain qu'ils ont eu lieu, sur lesquels on peut sans hésiter mettre une date et une heure, à la minute près, mais si on y réfléchit, cela concerne surtout ce qui arrive aux autres.
Ce que je m'apprête à vous raconter s'est bel et bien produit - et, à peu de chose près, de la manière dont je vais le décrire. C'est une histoire vraie, du moins a-t-elle la vérité que lui ont laissée soixante années passées à se la remémorer et à la répéter. Le temps modifie nos perceptions, et parfois la confusion s'en mêle. On pourra se rappeler un détail avec une précision implacable - le temps qu'il faisait, ou bien le reflet que le soleil glissant entre les pins noirs faisait miroiter à la surface ondoyante de la rivière, des broutilles même pas reliés à un événement en particulier - alors que d'autres faits, parfois majeurs, nous reviendront de manière complètement décousue, sans forme visuelle ou sonore. Les détails ont finalement plus de réalité que certains événements importants.
Aujourd'hui encore, les gens me posent des questions sur ces événements et sur leurs causes. Comme si je le savais, après tout ce temps. Car toute cette affaire date de plusieurs décennies, et il n'en reste que les on-dit, et le mythe - je ne sais pas comment l'appeler autrement. Je ne suis plus jeune, et je ne peux pas toujours faire la différence entre ce qui appartient réellement à mes souvenirs et ce que d'autres m'ont raconté. On me parle de choses que j'ai faites, que pour la plupart je ne me rappelle pas, et pourtant il n'y a pas que des menteurs par ici. Alors je persiste à les croire, jusqu'à finir par me rappeler vraiment les choses telles qu'ils me les décrivent.
Mais, tard le soir, il m'arrive encore de m'interroger sur tout ça, sur le cours qu'ont suivi des choses et la vie que j'ai menée. Je tourne et retourne inlassablement ces mêmes questions que les gens m'ont posées, ceux qui n'en ont entendu parler que par ouï-dire, qui n'étaient pas sur les lieux quand c'est arrivé. Que s'est-il passé, et pourquoi ?
Est-ce que tout ça m'a atteint ? Voilà ce qu'ils veulent savoir. Est-ce que j'ai été meurtri d'une manière ou d'une autre ? Je réponds non, systématiquement. Je ne crois pas avoir été abîmé. Mais changé, oui, profondément et à tout jamais, et j'en vois un peu plus chaque jour les retombées. De toute manière, il est trop tard pour faire machine arrière, pour ôter de l'eau le rocher qui a modifié le cours de la rivière.
Voici comment a commencé toute cette histoire. C'était ici même, il y a plus de soixante ans.

 

Grand_Prix_des_Lectrices_2013
Sélection roman 
Jury Avril

 50__tats
40/50 : 
Virginie

  Challenge 6% Littéraire 2012

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40/42

 

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