26 décembre 2008

Les fabuleuses aventures d'un indien malchanceux qui devint milliardaire - SWARUP Vikas

les_fabuleuses_aventures_d_un_indien 10/18 - août 2007 – 363 pages

Présentation de l'éditeur
Quand le jeune Ram Mohammad Thomas devient le grand vainqueur de " Qui veut gagner un milliard de roupies ? ", la production soupçonne immédiatement une tricherie. Comment un serveur de dix-huit ans, pauvre et inculte, serait-il assez malin pour répondre à treize questions pernicieuses ? Accusé d'escroquerie, sommé de s'expliquer, Thomas replonge alors dans l'histoire de sa vie... Car ces réponses, il ne les a pas apprises dans les livres, mais au hasard de ses aventures mouvementées ! Du prêtre louche qui laisse trop volontiers venir à lui les petits enfants à la capricieuse diva de Bollywood, des jeunes mendiants des bidonvilles de Bombay aux touristes fortunés du Taj Mahal, au fil de ses rencontres, le jeune homme va apprendre que la fortune sourit aux audacieux...

Biographie de l'auteur
Né à Allahabad, en Inde, Wikas Swarup est diplomate. Après avoir travaillé en Turquie, aux États-Unis, en Éthiopie et en Grande-Bretagne, il occupe aujourd'hui un poste au ministère des Affaires étrangères à New Delhi. Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire, son premier roman, a été traduit en quinze langues et a reçu le prix grand public du Salon du Livre de Paris en 2007.

Mon avis : (lu en décembre 2007)

C'est une façon agréable et surprenante de visiter l'Inde et de découvrir ces multiples visages.
Sous le masque de l'humour, une vision de la société indienne remarquablement bien dépeinte.
On sourit souvent, mais il y a aussi des histoires tristes et touchantes.
Le héros du livre est également très attachant, c'est un garçon avec un grand cœur et qui veut s'en sortir et faire le bien autour de lui.

Bonus : (août 2009)

Une adaptation du roman "Les Fabuleuses Aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire" de Vikas Swarup a été réalisé en 2008 par Danny Boyle (et coréalisé par Loveleen Tandan) avec Dev Patel, Freida Pinto, Ayush Mahesh Khedekar, Rubina Ali. Musique originale : Allah Rakha Rahman (composition), Gulzar et Maya Arulpragasam (paroliers des chansons du film) Le film a été récompensé par 8 Oscars, 4 Golden Globe Award 2009, 7 British Academy of Film and Television Arts. Le film est sorti en France le 14 janvier 2009.

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22 décembre 2008

Best Love Rosie - Nuala O'Faolain

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Traduit de l'anglais (Irlande) par Judith Roze

Sabine Wespieser éditeur - Septembre 2008 - 544 pages

10/18 - mars 2010 - 445 pages

Résumé : Après avoir vécu et travaillé loin de chez elle, Rosie décide qu’il est temps de rentrer à Dublin, pour s’occuper de Min, la vieille tante qui l’a élevée. Ni les habitudes ni les gens n’ont changé dans ce quartier populaire où elle a grandi, et la cohabitation avec Min, que seule intéresse sa virée quotidienne au pub, n’a rien d’exaltant : en feuilletant des ouvrages de développement personnel, censés apporter des solutions au mal-être de Min, Rosie se dit qu’elle s’occuperait utilement en se lançant elle-même dans la rédaction d’un manuel destiné aux plus de cinquante ans. Sa seule relation dans l’édition vivant aux États-Unis, elle se frottera donc au marché américain. Son vieil ami Markey tente bien de lui faire comprendre que sa manière de traiter le sujet n’est pas assez « positive »…
C’est au moment où elle va à New York, pour discuter de son projet, que le roman s’emballe : Min, qu’elle avait placée pour quelque temps dans une maison de retraite, fait une fugue et la rejoint à Manhattan. Très vite, les rôles s’inversent : la vieille dame est galvanisée par sa découverte de l’Amérique, elle se fait des amies, trouve du travail et un logement. Alors que Rosie est rentrée seule en Irlande, pour rien au monde Min ne voudrait renouer avec son ancienne vie. Surtout pas pour reprendre possession de la maison de son enfance… que l’armée lui restitue après l’avoir confisquée pendant la guerre. Rosie, elle, a besoin de cette confrontation avec ses origines. Profondément ancrée dans les valeurs de la vieille Europe, le passage du temps est maintenant au cœur de ses préoccupations.
La lucidité de Nuala 0’Faolain, sa tendresse pour ses personnages, font merveille une fois de plus dans ce livre drôle et généreux, plein de rebondissements, où l’on suit avec jubilation souvent, le cœur noué parfois, les traversées de l’Atlantique de ces deux femmes que lie toute la complexité du sentiment maternel. De ses romans, l’auteur dit souvent qu’ils révèlent plus d’elle que ses autobiographies… Best Love Rosie nous embarque aussi dans un beau voyage intérieur.

L'Auteur :
Nuala 0’Faolain est née en Irlande en 1940. Journaliste à Londres, pour la BBC, puis à Dublin, elle a publié tardivement son premier livre, On s'est déjà vu quelque part ? (Sabine Wespieser éditeur, 2002). Le succès de ce récit autobiographique, qui a suscité un véritable phénomène d'identification auprès de toute une génération de femmes, a changé sa vie. Elle la consacre désormais à l'écriture, et partage son temps entre son cottage de l’ouest de l’Irlande et New York. Après Chimères (2003), J'y suis presque (2005), L'Histoire de Chicago May (Prix Femina étranger, 2006), tous parus chez Sabine Wespieser éditeur. Nuala 0’Faolain
est décédée le 9 mai 2008 et Best love Rosie a été publié après sa mort.

Mon avis : C’est le premier livre que je lis de cet auteur et j’ai beaucoup aimé. Les personnages sont très attachants. Il est question des relations de famille, de la solitude, de l’âge, de l’amour. Les descriptions de la nature irlandaise sont également très plaisantes.

Extrait : "LE MATIN DE NOËL, j’étais au lit avec Leo dans une pensione glaciale proche des docks d’Ancône. Il m’a fallu du courage pour me décoller de son dos, sortir un bras de sous la couette et composer le numéro de ma tante à Dublin. Comme elle ne répondait pas, j’ai essayé la maison voisine. « Allô ? Reeny ? C’est toi ? Oui, bien sûr que c’est Rosie. Joyeux Noël, chère Reeny, et tous mes voeux pour la nouvelle année ! Je suis en Italie. Oui, avec un ami - qu’est-ce que tu crois - que je suis folle ? Ça ne valait pas le coup de rentrer pour le peu de congés qu’on nous donne. Écoute, Min ne répond pas au téléphone. Ça t’ennuierait d’aller appeler sous sa fenêtre ? Il est onze heures à Dublin, non ? Et je sais qu’elle doit venir chez toi pour la dinde et les choux. Elle ne devrait pas déjà être debout ? - Ah, non, t’en fais pas, m’a dit Reeny. Elle va bien. Elle était ici hier soir à regarder EastEnders. Mais elle est bizarre ces temps-ci, ta tante. Y a des jours où elle sort pas du lit alors qu’elle se porte comme un charme. Et - je veux pas te gâcher tes vacances mais j’allais t’en parler la prochaine fois que tu viendrais - elle a eu des petits ennuis l’autre jour après avoir un peu bu. La police l’a ramenée de la Poste centrale, ma parole personne sait comment elle avait fait le trajet du pub jusque là, parce qu’elle était tombée et n’arrivait plus à se lever. Enfin, c’est plutôt qu’elle voulait plus se lever. Elle racontait à tout le monde qu’elle devait envoyer un colis en Amérique. Bref, ils ont été bien braves et ils l’ont ramenée ici, mais le flic m’a dit qu’ils avaient eu du mal à l’empêcher de sauter de la voiture et que si ç’avait pas été une petite vieille dame, ils l’auraient menottée. Depuis, elle est quasiment pas sortie de chez elle et les femmes en parlaient l’autre jour au Xpress Store et y en a qui disaient comme ça que Rosie Barry ferait bien de rentrer…

- Mais Min ne veut pas de moi ! ai-je dit en riant.

- Je sais », a fait Reeny.

J’ai cessé de rire. Elle ne s’en est pas aperçue. « Mais c’est comme ça qu’ils sont avec la dépression, a-t-elle poursuivi. J’ai vu un gars qui en parlait à la télé. Ils savent pas ce qu’ils veulent.

- Dis-lui que je l’appellerai ce soir, Reeny, et qu’il faut qu’elle réponde à tout prix. Et toi, comment ça va ? Monty est avec toi ? » Monty était le fils de Reeny, un quadragénaire timide et bedonnant, fan de golf, avec qui mon amie Peg sortait depuis des décennies. Son père l’avait abandonné quand il était petit et j’avais toujours vu sa passion du golf comme une protection qu’il s’était forgée à l’époque où il luttait pour devenir un homme. « Dis-lui que le Père Noël va lui apporter un trou en un. » Par-dessus l’épaule de Leo, j’apercevais un coin d’Adriatique d’un bleu éclatant, moutonné de blanc par le vent âpre qui faisait vibrer les volets. Nous avions eu des velléités de faire l’amour un peu plus tôt, mais aucun de nous n’avait été assez déterminé pour poursuivre. C’était une bonne chose, me disais-je, que nous ne nous sentions pas obligés de simuler l’enthousiasme. Cela étant, le manque de libido était mauvais pour l’âme. Sans compter qu’il restait deux jours à tirer dans une chambre sous-chauffée et qu’il n’y avait rien à faire à Ancône quand les rares attractions qu’offrait la ville étaient fermées pour les fêtes. Noël. Autrefois, ce simple mot brillait de mille feux.

« Leo ! » J’ai tenté de le réveiller en douceur en lovant mon bras autour de son ventre et en le caressant gentiment. « Leo, chéri, va voir si la signora veut bien nous préparer un café… » J’ai pris appui sur mon coude pour regarder son visage et j’ai eu un choc, comme si je venais de recevoir une décharge, en m’apercevant qu’il avait les yeux grands ouverts et fixait la fenêtre. Le lendemain, nous sommes allés écouter un récital d’orgue dans une église désaffectée balayée par les courants d’air. Leo s’est aussitôt abîmé dans une concentration absolue. Quand il écoute de la musique, on pourrait lui planter une épingle dans le bras sans qu’il s’en aperçoive.

Les choses allaient devoir changer, je le voyais, et cette triste pensée me glaçait encore plus. Nous avions été… Mais je ne voulais pas penser aux merveilleux amants que nous avions été. J’avais déjà peine à m’avouer qu’il devenait difficile de l’attirer hors de sa villa de l’arrière-pays d’Ancône, bien qu’il eût renoncé à en faire un hôtel de luxe. Pour me distraire, j’ai pensé à Min. Il fallait que quelqu’un la surveille si elle en arrivait à se couvrir de ridicule en public ; or, Reeny faisait désormais du gardiennage dans un complexe d’appartements en Espagne et, pour la première fois depuis leur jeunesse, elle n’était pas toujours disponible dans la maison d’à côté. Par ailleurs, d’ici quelques mois, mon contrat avec le service d’information de l’UE à Bruxelles, pour lequel je rédigeais de la documentation, prendrait fin et, si je décidais de partir, je toucherais une prime assez coquette pour me permettre de chercher tranquillement le boulot suivant. Certains collègues, à vrai dire, prenaient leur retraite dès cinquante-cinq ans - ceux qui n’avaient jamais aimé leur travail et savaient faire des économies. Je ne pouvais pas prendre ma retraite, et n’en avais aucune envie. Mais la prime me permettrait de tenir un an ou deux, peut-être même trois si je rentrais à Dublin. Et puis, ai-je songé en promenant délicatement ma langue autour de mon palais, les dentistes de Dublin parlent anglais. W.H. Auden disait que des milliers de personnes avaient vécu sans amour, mais aucune sans eau ; il aurait aussi bien pu mentionner les dents. Je n’avais aucun avenir devant moi si je ne m’occupais pas de celles qui me restaient. Il faisait maintenant complètement nuit derrière l’étroite fenêtre perchée en haut du mur ocre écaillé. Un ciel bleu marine où scintillait une étoile. Nous avions repéré une sympathique trattoria sur le trajet ; nous pourrions nous y réfugier dès que nous serions passés chercher un pull plus chaud et une paire de chaussettes supplémentaire à la pensione. Et ensuite, au lit…  Que faisais-je donc de tout ça ? Que faisais-je des cafés, du sexe et des fenêtres du XVIe siècle ? L’un des grands avantages de Bruxelles, c’était que je pouvais facilement venir retrouver Leo en train. Et, encore aujourd’hui, je ne supportais pas de rester longtemps loin de lui. J’entretenais soigneusement ma couleur, un discret blond cendré, et m’habillais dans des boutiques de la région flamande, où même les femmes élégantes aimaient les tartines de beurre autant  que moi et avaient ma corpulence. Quand je me promenais aux côtés de Leo en rentrant le ventre et en souriant d’un air éveillé, je me sentais une femme digne de ce nom. En Italie, où nous nous retrouvions plus souvent que partout ailleurs, il y avait pas mal d’hommes qui m’observaient attentivement avant de se détourner.

Mais à Kilbride, Dublin… Mon anniversaire n’était qu’en septembre, mais j’aurais alors cinquante-cinq ans - à peine engagée dans la seconde moitié de la décennie, mais penchant déjà vers les soixante. À Kilbride, il n’y avait jamais eu de femmes célibataires de mon âge qui pussent encore se croire « de la partie ». Ou s’il y en avait eu, elles étaient trop finaudes pour le laisser paraître. Les auditeurs applaudissaient à tout rompre ; ils essayaient sans doute de se réchauffer. En se levant, Leo m’a adressé un de ces sourires dont lui-même ignorait le charme. La musique le rendait heureux - enfin, celle qui remontait à un temps où les jupes n’avaient pas encore commencé à raccourcir. Oh. Un bis. Nous nous sommes rassis.

En réalité, ce qui plaidait le plus en faveur de Dublin, c’était une image, pas un argument. Si je rentrais pour m’occuper d’elle, il y avait une certaine façon dont Min pourrait me regarder. Son visage me charmait quoi qu’il arrive − si petit et si blanc, avec des yeux si ronds et enfantins. Mais j’avais vu longtemps auparavant à quoi il pouvait ressembler lorsqu’il s’ouvrait comme une feuille au soleil. Dans mon enfance, avant la mort de mon père, nous allions tous les trois passer une partie de l’été à Bailey’s Hut, un cabanon en bois environné d’herbe et de coquillages, au-delà du dernier quai du port de Milbay. Ma grand-mère paternelle, Granny Barry, pouvait nous procurer le cabanon pour nos vacances parce qu’elle travaillait pour Bailey’s Hardware and Builders’ Providers. Comme il n’y avait pas l’eau courante, nous apportions quelques jerrycans d’eau du robinet pour faire le thé et recueillions l’eau de pluie dans un tonneau posé près de la porte. Mon père utilisait l’eau de pluie pour laver les cheveux de Min. « Je veux, ma p’tite dame ! » répondait-il lorsqu’elle décrétait qu’il était temps de lui faire un bon shampoing. Il apportait une cuvette d’eau chaude devant le cabanon, puis un seau d’eau de pluie. Min s’agenouillait dans l’herbe, vêtue de sa vieille jupe et de son dessous rose qui avait un cône de chaque côté pour les seins. Il s’asseyait sur une caisse, elle posait la tête sur ses genoux et il la shampouinait avec le bout des doigts. « Attention à pas m’en mettre dans les yeux ! » disaitelle. Puis il se levait, la laissant à genoux, tête baissée, et versait délicatement un premier filet d’eau de pluie sur sa tête. Elle sursautait en criant : « Aïe ! Cette eau est glaciale ! » Mais, à mesure qu’il versait, le flot devenait plus régulier. Elle s’aidait de ses mains pour répartir l’eau sur sa chevelure et mon père suivait le mouvement, versant pile à l’endroit où elle avait les mains. Enfin, il posait le seau et enroulait fermement une serviette autour de sa tête. Elle levait alors son visage aveuglé et, avec une serviette plus petite, il le tamponnait doucement. Les cheveux de Min séchaient au soleil, peignés vers l’avant et masquant son visage, ses frêles épaules dépassant de chaque côté. Ou bien elle les brossait dans les courants d’air chauds émis par le poêle Aladdin qu’on avait installé dans un coin de la pièce, derrière un grillage pour m’empêcher de le toucher. Sa chevelure devenait épaisse et brillante et vibrait comme si un flux d’énergie la traversait. Mon père me disait : « Tu vois les cheveux de ta tante ? Ta tante Min a des cheveux magnifiques. » Sa voix était nostalgique, comme s’il évoquait un souvenir très lointain, alors qu’elle était juste devant lui et ne risquait pas de s’en aller. Je n’ai jamais oublié l’air d’abandon avec lequel elle levait son visage vers celui de mon père. Il le tenait un moment à deux mains avant de commencer à le sécher et, elle toujours si méfiante et si brusque, elle se laissait tenir. Elle n’ouvrait pas les yeux, mais elle se reposait entre ces mains comme un oiseau marin sur l’eau. Tel était le visage qu’elle tournerait peut-être vers moi ; telle était l’attitude qu’elle aurait peut-être avec moi. Va pour la prime.

Je suis rentrée à la fin de l’été et, pendant deux ou trois mois, je n’ai quasiment pas bougé de ma chaise devant la vieille table de la cuisine. Comme si j’avais pénétré dans une de ces forêts qui, dans les contes de fées, entourent le château où dort la princesse - des lieux où ne bouge aucune feuille et où ne chante aucun oiseau. Je pensais confusément : Tu as ce que tu voulais - et maintenant ? Je me sentais coupée de ma propre expérience, comme si la plupart des choses que j’avais apprises en trente ans de vie, d’amour et de travail autour du globe n’avaient aucune pertinence dans le lieu où j’avais abouti."

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30 novembre 2008

L'église des pas perdus - Rosamund Hadden

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Traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Judith Roze

Edition Sabine Wespieser – mai 2006 - 368 pages

LGF – novembre 2008 – 283 pages

4ème de couverture : Quand Catherine King s'aventure seule dans la nuit pour aller voir les ossements humains mystérieusement apparus devant l'église de sa propriété, son amie Maria Dlamini la suit. C'est la fin de l'apartheid, les leaders noirs ont été relâchés. Les deux femmes sont âgées : elles ont été élevées ensemble, près de soixante-dix ans auparavant, dans cette ferme au nord-est de Johannesburg dont le père de Catherine, d'origine britannique, était le propriétaire et où la mère de Maria était la cuisinière noire.
Très tôt, la vie les a séparées : Maria est restée à la ferme, tandis que Catherine en était brutalement arrachée dès 1931. Quand elle revient vingt ans plus tard, Tom et Isobel Fyncham en sont les nouveaux propriétaires. Entre Catherine et Tom, l'attirance est immédiate mais des ombres rôdent. C'est en partant sur les traces de son père défunt que la jeune femme parviendra à démêler les raisons du malaise et les origines du drame qui s'est joué, à son insu, entre Tom, Isobel et elle-même. Tout au long du roman, Maria veille sur son amie, secondée en cela par un voisin afrikaner, Hendrik, lui aussi fasciné par la belle et fougueuse Catherine.
Roman du retour au pays natal, roman de la perte et de la trahison, de l'amitié et de la réconciliation, L'Église des pas perdus est un livre au suspense impeccablement orchestré, aux descriptions somptueuses, qui dit la complexité des relations entre les êtres dans un pays traversé par l'apartheid.

Biographie de l'auteur
Rosamund Haden fait partie de cette jeune génération d'auteurs talentueux d'Afrique du Sud, diplômés de l'Université du Cap. Elle a publié plusieurs livres pour la jeunesse. L'Eglise des pas perdus est son premier roman.

Mon avis : 4/5 (lu en janvier 2007)

Ce livre est tout d'abord beau : le papier et la typographie sont agréables à lire. C'est l'histoire de l'amitié entre 2 femmes, une blanche et une noire, à l'époque de la fin de l'apartheid en Afrique du Sud. Un récit poignant très bien écrit.

Extrait :
C'EST UNE PETITE FILLE qui trouva les os. Elle faisait route depuis le kraal de son père pour acheter du sucre au magasin de Hebron. L'orage éclata alors qu'elle atteignait le sentier qui grimpait, en serpentant parmi les koppiei, jusqu'à l'église en tôle construite sur la crête dominant les fermes. Tandis qu'elle escaladait les rochers de granit entre les euphorbes dressées comme des sentinelles, les nuages se déchirèrent et de grosses gouttes de pluie se mirent à marteler le sol. Elle chercha refuge sous un cussonia, mais les feuilles la frôlaient et elle fut bientôt trempée. Elle dut pousser plus loin parmi les rochers. Deux d'entre eux délimitaient une sorte de tunnel. Le passage était étroit, mais elle parvint à s'y faufiler et se retrouva sur une surface plane. En contrebas, la vallée s'étendait jusqu'aux montagnes qui marquaient la fin du haut veld ; au-delà, on descendait vers le Swaziland et le bas veld.

Elle s'accroupit, dos à la roche, et c'est là, dans la terre rouge transformée en boue, qu'elle trouva les os. Elle avait déjà vu des crânes d'animaux: de babouins, de vaches, de moutons, et même de chiens dont les restes gisaient, blanchis par le soleil, dans le veld; mais ce qu'elle avait sous les yeux était différent.

Incliné en arrière, le crâne la regardait fixement. L'eau s'engouffrait dans les orbites et entre les mâchoires, tournées vers le ciel comme pour boire la pluie. Il était entouré d'autres os qui devaient appartenir aux bras et aux jambes. Quelqu'un les avait déterrés : de longues entailles sillonnaient la terre.

Elle fit volte-face et se mit à courir, s'égratignant les jambes contre les épineux. Une fois dans l'église, elle s'assit, frissonnante, et attendit que les battements de son coeur ralentissent. Puis elle repartit, descendit en glissant la pente boueuse, dépassa l'étang formé par la rivière et suivit le sentier jusqu'à l'école de la ferme.

Un petit garçon montait et descendait les marches devant le bâtiment, disposant à la hâte des cuvettes en émail pour recueillir l'eau qui passait par le toit. «Ufunana ?» demanda-t-il, mais elle ne répondit pas et il rentra chercher de l'aide dans la salle de classe. Quand le maître d'école sortit, il trouva la fillette tremblante près de la porte.

Il plut jusqu'au lendemain, et quand la pluie cessa, les os avaient disparu. Quelqu'un les avait emportés.

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Katarina Mazetti - Les larmes de Tarzan

 

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Traduit par Lena Grumbach et Catherine Marcus

 

Gaïa - octobre 2007 - 272 pages

Actes Sud - novembre 2009 - 276 pages

Présentation de l'éditeur :
Elle c'est Tarzan, lui Janne. Ils n'auraient jamais dû se rencontrer, mais voilà qu'elle lui est tombée dessus, dans tous les sens du terme, un jour où justement elle jouait à Tarzan, suspendue au bout d'une corde. Un sacré numéro, cette Mariana, et pas du tout son genre à lui, l'homme d'affaires plein aux as, habitué à collectionner les canons qu'on voit dans les magazines. Il voudrait bien comprendre pourquoi il est obsédé par cette nana fagotée comme un sac à patates, les cheveux en pétard, qui ne s'épile même pas le maillot et qui, malgré une attirance réciproque et une formidable entente sexuelle, n'est même pas amoureuse de lui. Pour couronner le tout, elle est flanquée de deux mômes impossibles, une vraie calamité pour les sièges cuir de sa Lamborghini dernier cri. Après le succès du Mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti revient avec une histoire de couple encore plus déjantée. Savoureux.

Auteur :
Née à Stockholm en 1944, Katarina Mazetti est journaliste à la Radio Suédoise. Auteur de livres pour la jeunesse et de romans pour adultes, elle rencontre un succès phénoménal en Suède avec
Le mec de la tombe d'à côté, succès qui ne s'est pas démenti en France. 

Mon avis : 5/5 (lu en mars 2008)
Comme pour son livre précédent « Le mec de la tombe d'à côté », Katarina Mazetti nous raconte l'histoire d'une rencontre improbable entre Mariana et Janne. Un conte de fée moderne.
Mariana (dit Tarzan) vit seule avec ses 2 jeunes enfants, son mari est absent. Elle est professeur d'arts plastiques et effectue des remplacements et les fins de mois sont souvent très difficiles.
Janne est un jeune homme riche qui lors d'une rencontre insolite à la plage tombe amoureux dès le premier regard.
C'est un récit alterné de Janne, de Mariana et de sa fille Belle qui a un regard naïf mais pertinent et touchant de la situation.

Ce livre dénonce les injustices sociales et l'ignorance de Janne sur les difficultés de tout les instants de Mariana pour joindre les deux bouts. C'est un choc de culture sur fond économique, mais il y a aussi beaucoup d'humour malgré une situation grave.

Un très bon moment de lecture, j'ai été très touchée par les différents personnages du livre. Un vrai coup de cœur.

Extrait : 
Tarzan a poussé un hurlement et s'est élancée de la branche. Elle a décrit une grande courbe à travers le feuillage avant de venir s'échouer contre mon épaule gauche dans un bruit flasque et sourd. Le choc m'a propulsé à plusieurs mètres de là, bras et jambes battant comme des ailes.
Disons-le franchement, je n'étais pas à mon avantage la première fois que nous nous sommes rencontrés. Ou, plus exactement, quand elle m'est littéralement tombée dessus.
Et quels ont été ses premiers mots ?
Lâchant la grosse corde avec laquelle elle s'était catapultée, elle s'est exclamée, pas contente du tout :
— Aïe, putain de merde !
Elle s'est frotté le genou qui était un peu rouge après la collision avec ma clavicule et elle m'a reluqué, les sourcils froncés. J'avais en face de moi le portrait tout craché des pires souvenirs de mon institutrice à l'école primaire.
— D'accord, c'était un peu loupé ! a-t-elle dit ensuite. Pardon, excuse-moi, je suis désolée. Mais t'avais qu'à pas
 venir te balader juste là.
Je suis resté sans voix. La dame m'avait presque tué et voilà qu'elle se permettait aussi de critiquer mes déplacements sur une plage publique !
— Mais ferme-la, espèce de Tarzan de mes deux ! ai-je soufflé.
Elle portait en tout et pour tout une culotte de maillot de bain en tissu léopard. Je la trouvais imbuvable et l'envie me démangeait de lui flanquer une gifle, mais je n'avais pas encore complètement récupéré ma respiration, si bien que je suis resté allongé par terre à faire de l'hyperventilation. Elle s'est accroupie devant moi.
— Rien de cassé ?
Pour toute réponse, mes halètements de chien. Un petit môme blond avec une coupe au bol et de sexe indéterminé est sorti d'un buisson et s'est jeté à son cou par-derrière. Il a décollé du sol et s'est accroché à elle comme un sac à dos de grande randonnée.
— Pourquoi il respire comme ça, le bonhomme ?
Le bonhomme ! Je suppose que pour un mini-modèle comme celui-là, un homme de vingt-neuf ans est un bonhomme. Mais ça m'a fait un drôle d'effet de l'entendre, ça doit être la crise de la trentaine qui couve. Je l'ai toisé avec toute la malveillance dont j'étais capable.
Elle lui a distraitement essuyé le nez avec le dos de la main.
On s'est tamponnés. Va enfiler un pull, Bella ! Tu es restée trop longtemps dans l'eau.
Comment ça, on ? Tu m'as tamponné... ai-je fulminé. Je suis sûr que tu l'as fait exprès ! Si j'ai quelque chose de cassé, je porterai plainte, je te préviens !
Je commençais à en avoir marre de cette nana. Elle était plus vieille que moi, au moins dans les trente-cinq ans, avec des cernes noirs sous les yeux et des rides de bronzage.
J'ai senti quelque chose me brûler la fesse. Putain ! J'avais atterri sur mes lunettes de soleil Armani, celles que je venais juste d'acheter à Hongkong trois semaines auparavant ! Et je m'étais coupé avec les éclats !
— Je ne rigole pas, ai-je réussi à articuler une fois que j'eus fini de haleter comme une femme en couches. Ça s'appelle mise en danger d'autrui par imprudence, ce que tu viens de faire. Je vais te dénoncer à la police !
Elle a rigolé, mais sans la moindre joie.
— Bonne chance ! a-t-elle dit. Tu n'obtiendras pas plus de ma part que ce que l'huissier a réussi à me soutirer cette année. C'est-à-dire rien. Mais jette donc un coup d'œil sur le panneau là-bas, ça va te calmer.

 

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23 novembre 2008

Syngué Sabour, pierre de patience - Atiq Rahimi

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P.O.L – août 2008 – 155 pages

Prix Goncourt 2008

Résumé : En persan, Syngué sabour est le nom d’une pierre noire magique, une pierre de patience, qui accueille la détresse de ceux qui se confient à elle. Certains, dans ce livre en tout cas, disent même que c’est elle qui est à La Mecque, et autour de quoi tournent les millions de pèlerins. Le jour où elle explosera d’avoir ainsi reçu trop de malheur, ce sera l’Apocalypse.
Mais ici, la Syngué sabour, c’est un homme allongé, comme décérébré après qu’une balle se soit logée dans sa nuque sans pour autant le tuer. Sa femme est auprès de lui. Elle lui en veut de l’avoir sacrifiée à la guerre, de n’avoir jamais résisté à l’appel des armes, d’avoir été un héros, et pour ce résultat : n’être plus à la suite d’une rixe banale qu’un légume. Pourtant elle le soigne, et elle lui parle. Elle lui parle même de plus en plus. Tandis que dans les rues les factions s’affrontent, tandis que des soldats pillent et tuent alentour, elle parle, elle dévide sa litanie sans jamais savoir si son mari l’entend et la comprend. Et c’est une extraordinaire confession sans retenue par quoi elle se libère de l’oppression conjugale, sociale, religieuse, allant jusqu’à révéler d’impensables secrets dans le contexte d’un pays semblable à l’Afghanistan. À la fin du livre cette Syngué sabour explosera...
Avec ce roman, directement écrit en français, Atiq Rahimi retrouve une forme de réalisme très proche de Terre et cendres avec une écriture qui, sèche et précise, sait aussi devenir par moments lyrique, emportée. Cependant, plus directement que dans ses précédents livres, et comme de l’intérieur, il décrit avec beaucoup d’audace, la réalité oppressante, au quotidien et plus précisément au quotidien féminin, d’une certaine conception de l’Islam.


L'auteur :
Atiq Rahimi est né en 1962 à Kaboul (Afghanistan), il vit et travaille aujourd'hui à Paris. Il a fait ses études au lycée franco-afghan Estiqlal de Kaboul puis à l'université (section littérature).
En 1984, il quitte l'Afghanistan pour le Pakistan à cause de la guerre, puis demande et obtient l'asile politique en France où il passe un doctorat de communication audiovisuelle à la Sorbonne. Il réalise des films documentaires et adapte en 2004 son roman Terre et cendres, qui, présenté à au festival de Cannes obtient le prix "Regard sur l'avenir".

Mon avis : 5/5 (lu le 20 novembre 2008)

C’est un très beau livre, qui se lit facilement même si le sujet est difficile.« Quelque part en Afghanistan ou ailleurs. » , on accompagne cette femme qui va se soulager de toutes ses pensées, de tous ses secrets auprès de son mari presque mort après avoir reçu une balle dans la tête. Au début, tout en s’occupant de lui et de ses 2 petites filles, elle prie toute la journée pour qu’il se réveille, puis elle lui parle sans savoir si son mari l’entend, et petit à petit elle se libère de l’oppression conjugale, religieuse et sociale… Elle revient sur les évènements de sa vie : enfant, jeune femme, mère de famille... On découvre la réalité difficile du quotidien des femmes afghanes. Autour d'elle, c'est la guerre.

L'écriture est superbe, facile à lire on imagine facilement ce qu'il se passe comme si on était devant un film. J'ai lu ce livre en un aller-retour en train (soit 2 fois 40 minutes de lecture).

Extrait (début du livre) :

« Quelque part en Afghanistan ou ailleurs.

La chambre est petite. Rectangulaire. Elle est étouffante malgré ses murs clairs, couleur cyan, et ses deux rideaux aux motifs d’oiseaux migrateurs figés dans leur élan sur un ciel jaune et bleu. Troués çà et là, ils laissent pénétrer les rayons du soleil pour finir sur les rayures éteintes d’un kilim. Au fond de la chambre, il y a un autre rideau. Vert. Sans motif aucun. Il cache une porte condamnée. Ou un débarras.

La chambre est vide. Vide de tout ornement. Sauf sur le mur qui sépare les deux fenêtres où on a accroché un petit kandjar et, au-dessus du kandjar, une photo, celle d’un homme moustachu. Il a peut-être trente ans. Cheveux bouclés. Visage carré, tenu entre parenthèses par deux favoris, taillés avec soin. Ses yeux noirs brillent. Ils sont petits, séparés par un nez en bec d'aigle. L'homme ne rit pas, cependant il a l'air de quelqu'un qui refrène son rire. Cela lui donne une mine étrange, celle d'un homme qui, de l'intérieur, se moque de celui qui le regarde. La photo est en noir et blanc, coloriée artisanalement avec des teintes fades.

Face à cette photo, au pied d'un mur, le même homme, plus âgé maintenant, est allongé sur un matelas rouge à même le sol. Il porte une barbe. Poivre et sel. Il a maigri. Trop. Il ne lui reste que la peau. Pâle. Pleine de rides. Son nez ressemble de plus en plus au bec d'un aigle. Il ne rit toujours pas. Et il a encore cet étrange air moqueur. Sa bouche est entrouverte. Ses yeux, encore plus petits, sont enfoncés dans leurs orbites. Son regard est accroché au plafond, parmi les poutres apparentes, noircies et pourrissantes.

Ses bras, inertes, sont étendus le long de son corps. Sous sa peau diaphane, ses veines comme des vers essoufflés s'entrelacent avec les os saillants de sa carcasse. Au poignet gauche, il porte une montre mécanique, et à l'annulaire une alliance en or. Dans le creux de son bras droit, un cathéter perfuse un liquide incolore provenant d'une poche en plastique suspendue au mur, juste au-dessus de sa tête. Le reste de son corps est couvert par une longue chemise bleue, brodée au col et aux manches. Ses jambes, raides comme deux piquets, sont enfouies sous un drap blanc, sale.

Oscillant au rythme de sa respiration, une main, celle d'une femme, est posée sur sa poitrine, au-dessus de son cœur. La femme est assise. Les jambes pliées et encastrées dans sa poitrine. La tête blottie entre les genoux. Ses cheveux noirs, très noirs, et longs, couvrent ses épaules ballantes, suivant le mouvement régulier de son bras.

Dans l'autre main, celle de gauche, elle tient un long chapelet noir. Elle l'égrène. Silencieusement. Lentement. A la même cadence que ses épaules. Ou à la même cadence que la respiration de l'homme. Son corps est enveloppé dans une robe longue. Pourpre. Ornée, au bout des manches, comme au bas de la robe, de quelques motifs discrets d'épis et fleurs de blé.

A portée de la main, ouvert à la page de garde et déposé sur un oreiller de velours, un livre, le Coran. »

Folio – mars 2010 – 137 pages

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Dans la ville des veuves intrépides - James Canon

Dans_la_ville_des_veuves_intr_pides Belfond - 5 mars 2008 - 379 pages

Traduit de l'américain par Robert Davreu.

4ème de couverture : Baroque, foisonnante, éblouissante de fantaisie, la chronique tragico-burlesque d'une bourgade perdue au fin fond de la Colombie. Un roman brillant, inventif, hilarant, par le fils spirituel de Garcia Márquez et de Vargas Llosa. Depuis ce jour où les guérilleros ont débarqué et réquisitionné tous les hommes du village, Mariquita tombe en ruine. Seules, livrées à elles-mêmes, les femmes ne savent plus à quel saint se vouer. Qu'à cela ne tienne. De ménagères soumises, d'épouses dociles, les femmes vont se transformer en leaders politiques de choc, instigatrices flamboyantes d'un nouvel ordre social. Ainsi, les très moustachues sœurs Morales décident de remédier à leur condition de célibataires frustrées en créant un bordel ambulant ; Francisca, la veuve d'un grippe-sou notoire, mène la grande vie après avoir découvert le magot de son mari. Et surtout, Mariquita peut compter sur la tenace Rosalba, la veuve du brigadier, auto-proclamée maire, et sur le padre Rafael, seul rescapé de la gent masculine, qui n'hésite pas à se porter volontaire pour assurer la procréation de la nouvelle génération...

Auteur : James Canon est né et a grandi en Colombie. Après des études de publicité à l'université Jorge Tadeo Lozano de Bogota, à vingt-cinq ans, il part étudier l'anglais à New York. Tout en prenant des cours à la New York University, il commence à écrire. Diplômé de l'université de Columbia, il a reçu le prix d'excellence Henfield dans la catégorie fiction. Ses nouvelles ont été publiées dans de nombreuses revues littéraires et dans des anthologies comme Bésame Mucho (Painted Leaf Press) et Virgins, Guérillas & Locas (Cleis Press). James Canon vit à New York. Dans la ville des veuves intrépides est son premier roman.

Mon avis : 3/5 (lu en octobre 2008)

Ce roman est vraiment loufoque et inattendu. Beaucoup d'imagination et d'humour pour décrire une vie utopique sans hommes et dénoncer les dévastations que font les guerres civils.

On voit la vie de ce village sans hommes (ou presque) qui petit à petit s'organise à travers des différents personnages « féminins » haut en couleurs. En parallèle, on assiste à de courtes scènes violentes et « masculines » entre militaires et guérilleros.

 

 

 

Extrait : Chapitre 1

Le jour où les hommes disparurent Mariquita, le 15 novembre 1992

LE JOUR OÙ LES HOMMES DISPARURENT commença comme un dimanche matin ordinaire à Mariquita: les coqs oublièrent d'annoncer l'aube, le sacristain ne se réveilla pas à temps, la cloche de l'église n'appela point les fidèles à assister à l'office des matines, et (comme chaque dimanche depuis les dix dernières années) une seule personne se montra à la messe de six heures : doña Victoria viuda de Morales, la veuve Morales. Celle-ci était habituée à cette routine, de même que le padre Rafael. Les toutes premières fois, cela avait été gênant pour eux deux : le petit prêtre presque invisible derrière la chaire, prononçant son homélie ; la veuve assise seule au premier rang, grande et bien en chair, complètement immobile, la tête couverte d'un voile noir qui lui descendait jusque sur les épaules. À la longue, ils décidèrent de se débarrasser de la cérémonie et prirent l'habitude de s'asseoir dans un coin à boire du café et à papoter. Le jour où les hommes disparurent, le padre Rafael se plaignit auprès de la veuve de la diminution sévère des revenus de la paroisse, et ils discutèrent des différentes façons de relancer la dîme payée par les fidèles. Après leur causette, ils convinrent de laisser tomber la confession, mais la veuve reçut néanmoins la communion. Ensuite, elle récita quelques prières avant de rentrer chez elle.

Par la fenêtre ouverte de son salon, la veuve Morales entendit les marchands ambulants essayer d'intéresser les 12 lève-tôt à leurs amuse-gueule : «¡ Morcillas !» «¡ Empanadas !» «¡ Chicharrones !» Elle ferma la fenêtre, plus incommodée par l'odeur désagréable des boudins et de la friture que par les voix stridentes qui en vantaient les mérites. Elle réveilla ses trois filles et son unique fils avant de retourner à la cuisine, où elle sifflota un cantique en préparant le petit déjeuner pour sa famille. À huit heures du matin, la plupart des portes et des fenêtres de Mariquita étaient ouvertes. Des hommes passaient des tangos et des boléros sur de vieux phonographes, ou écoutaient les nouvelles à la radio. Dans la rue principale, le premier magistrat du village, Jacinto Jiménez, et le brigadier, Napoleón Patiño, tiraient dehors sous un immense manguier une grande table ronde et six chaises pliantes pour jouer au Parcheesi avec quelques voisins triés sur le volet. Dix minutes plus tard, au coin sud ouest de la place, don Marco Tulio Cifuentes, l'homme le plus grand de Mariquita, propriétaire d'El Rincón de Gardel, le bar de la ville, transportait dehors ses deux derniers clients ivres, un sur chaque épaule. Il les étendit sur le sol, côte à côte, avant de fermer boutique et de rentrer chez lui. À huit heures trente, à l'intérieur de la Barbería Gómez, un petit bâtiment en face de la mairie de Mariquita, don Vicente Gómez se mit à affûter ses rasoirs et à stériliser à l'alcool ses peignes et ses brosses, tandis que sa femme, Francisca, nettoyait les miroirs et les fenêtres avec des journaux humides. Pendant ce temps-là, deux rues plus bas, sur la place du marché, l'épouse du brigadier, Rosalba Patiño, marchandait à un fermier au visage rougeaud une demi-douzaine d'épis de maïs, tandis que des femmes plus âgées, sous des stores verts, vendaient de tout, de la gelée de pied de veau aux cassettes piratées de Thriller, de Michael Jackson.

À huit heures trente-cinq, dans le champ situé en face de la maison de la veuve Morales, les frères Restrepo commencèrent (tous les sept) à s'échauffer en prévision de leur partie de football hebdomadaire, en attendant David Pérez, le petit-fils du boucher, qui possédait l'unique ballon. Cinq minutes plus tard, deux vieilles filles aux cheveux longs et aux corps un tantinet trapus firent le tour de la place, bras dessus bras dessous, en maudissant leur célibat et en repoussant à coups de pied les chiens errants qui se trouvaient en travers de leur chemin. À huit heures cinquante, à quelques centaines de mètres de la place, dans la maison à la façade verte située au milieu du pâté de maisons, Ángel Alberto Tamacá, l'instituteur, n'arrêtait pas de se tourner et de se retourner dans son lit, en nage, rêvant d'Amorosa, la femme qu'il aimait. À neuf heures moins trois minutes, dans les faubourgs de Mariquita, à l'intérieur de La Casa de Emilia (le bordel du village), doña Emilia (en personne) passa de chambre en chambre. Elle réveilla ses derniers clients, les avertit qu'ils allaient avoir de sérieux ennuis avec leurs épouses s'ils ne partaient pas à la minute même, cria après l'une des filles parce qu'elle laissait sa chambre en désordre.


Tout de suite après que neuf heures eurent sonné au clocher de l'église, alors que l'écho du dernier coup résonnait encore dans les oreilles du sacristain, trois douzaines d'hommes en uniformes verdâtres usés jusqu'à la corde surgirent de tous les points cardinaux de Mariquita, tirant des coups de fusil, et criant «¡Viva la Revolución!». Ils avancèrent lentement le long des rues étroites du village, leurs visages bronzés maquillés de noir, et leurs chemises collées par la sueur à leurs torses malingres. «Nous sommes l'armée du peuple, déclara l'un d'eux avec un mégaphone. Nous nous battons pour que tous les Colombiens puissent travailler et être payés selon leurs besoins, mais nous ne pouvons pas le faire sans votre soutien!» Les rues s'étaient vidées ; même les animaux errants avaient fui en entendant les premiers coups de feu. «S'il vous plaît, poursuivit l'homme, aidez-nous, apportez-nous tout ce que vous pouvez.»

 

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Baguettes chinoises – Xinran

Baguettes_chinoise traduction du chinois par Prune Cornet

Editions Philippe Picquier - janvier 2008 – 341 pages

Mot de l'éditeur

Après Chinoises et Funérailles célestes , Xinran revient avec l’histoire de trois sœurs qui, comme beaucoup d’autres femmes et hommes aujourd’hui en Chine, quittent leur village pour chercher fortune dans la grande ville. Sœurs Trois, Cinq et Six n’ont guère fait d’études, mais il y a une chose qu’on leur a apprise  : leur mère est une ratée car elle n’a pas enfanté de fils, et elles-mêmes ne méritent qu’un numéro pour prénom. Les femmes, leur dit leur père, sont comme des baguettes  : utilitaires et jetables. Les hommes, eux, sont les poutres solides qui soutiennent le toit d’une maison. Mais quand les trois sœurs quittent leur foyer pour chercher du travail dans la lointaine Nanjing, leurs yeux s’ouvrent à un monde totalement nouveau  : les buildings qui poussent aussi vite que les forêts de bambous, le trafic automobile, la liberté de mœurs et la sophistication des habitants, les anciens palais et les plaisirs culinaires – et les conditions de travail. Trois, Cinq et Six vont faire la preuve de leur détermination et de leurs talents, et quand l’argent va arriver au village, leur père sera enfin obligé de réviser sa vision du monde.«   J’ai été frappée par la volonté et la confiance en elles de ces femmes qui se font une place loin de leur village et leur famille, dit Xinran. Parmi toutes celles que j’ai rencontrées, ces trois femmes sont particulièrement chères à mon cœur, et leur destin résume celui de beaucoup d’autres semblables. » Baguettes chinoises ne raconte pas seulement une histoire humaine, lumineuse et émouvante, mais livre aussi le portrait d’une ville et d’une Chine en plein changement.

L'auteur : Xinran est née en 1958 à Pékin. Elle a été journaliste et a animé une émission de radio qui l'a rendue célèbre en Chine, où elle recueillait sans tabou les confidences des femmes. Son premier livre, Chinoises, et le suivant, Funérailles célestes, sont issus de cette expérience et l'ont fait connaître dans le monde entier. Depuis 1997, Xinran vit à Londres. Elle publie une colonne bimensuelle dans The Guardian sur les questions relatives à la Chine et tient le rôle de conseiller aux relations avec la Chine pour de grandes corporations comme la BBC.

Mon avis : 5/5 (lu en mars 2008)

« Les baguettes », c'est surnom qu'on donne aux petites filles, dans la province de l’Anhui, en Chine rurale et profonde. On l’oppose aux « poutres », les enfants mâles que tout homme marié doit engendrer pour ne pas voir sa lignée s’éteindre. Le père de nos héroïnes n’a pas eu cette « chance » : il n’a eu que des filles, qu’il s’est contenté de nommer par ordre d’apparition avec un chiffre. Il décide de les marier de façon à arranger ses affaires. Fiancée au fils infirme d’un puissant local, Trois est la première à s’enfuir pour Nankin, la grande ville. Avec l'aide de sympathiques autochtones, dont une « dame Tofu » des plus folkloriques, Trois va très vite s’épanouir et trouver du travail au restaurant « l’imbécile heureux », où ses compositions légumières fascinent les citadins. Et lorsqu’elle revient dans son village, chargée de billets, son père la considère d’un autre œil… au point de laisser deux de ses sœurs la suivre. Elles aussi vont trouver leurs voies.

J'ai beaucoup aimé ce livre qui nous explique bien les conditions de la femme en Chine. On voit l'opposition de la campagne et de la ville moderne (Nankin). On est admirative devant la volonté de s'en sortir de ses femmes venant de la Chine rurale et profonde. Elles sont travailleuses.

Extrait : « J’ai été frappée par la volonté et la confiance en elles de ces femmes qui se font une place loin de leur village et leur famille. Parmi toutes celles que j’ai rencontrées, ces trois femmes sont particulièrement chères à mon cœur, et leur destin résume celui de beaucoup d’autres semblables. »

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Funérailles célestes – Xinran

fun_railles_c_lestes1 Editions Philippe Picquier – janvier 2005 – 190 pages

traduit de l'anglais par Marie-Odile Probst

Présentation de l'éditeur :
Funérailles célestes est une histoire d'amour et de perte, de loyauté et de fidélité au-delà de la mort. Xinran dresse le portrait exceptionnel d'une femme et d'une terre, le Tibet, toutes les deux à la merci du destin et de la politique. En 1956, Wen et Kejun sont de jeunes étudiants en médecine, remplis de l'espoir des premières années du communisme en Chine. Par idéal, Kejun s'enrôle dans l'armée comme médecin. Peu après, Wen apprend la mort de son mari au combat sur les plateaux tibétains. Refusant de croire à cette nouvelle, elle part à sa recherche et découvre un paysage auquel rien ne l'a préparée - le silence, l'altitude, le vide sont terrifiants. Perdue dans les montagnes du nord, recueillie par une famille tibétaine, elle apprend à respecter leurs coutumes et leur culture. Après trente années d'errance, son opiniâtreté lui permet de découvrir ce qui est arrivé à son mari... Quand Wen retourne finalement en Chine, elle retrouve un pays profondément changé par la Révolution culturelle et Deng Xiaoping. Mais elle aussi a changé : en Chine, elle avait toujours été poussée par le matérialisme ; au Tibet, elle a découvert la spiritualité.

L'histoire de Wen est véridique. A l'époque où Xinran, journaliste à Pékin, recueillait les confidences des femmes dans son émission de radio (publiées dans Chinoises, 2003), elle a rencontré cette femme qui lui a raconté son histoire. Bouleversée par ce récit qui réveillait en elle un souvenir d'enfance, elle lui a consacré un livre, qui éclaire d'un jour poignant le rite des funérailles célestes.

Auteur : Xinran est née en 1958. Pendant la révolution culturelle, elle et son frère sont enlevés par les Gardes rouges, à leurs parents jugés « réactionnaires » et envoyés dans un orphelinat réservé aux enfants de « chiens à la solde de l’impérialisme ».
A partir de 1983, la Chine a besoin de personnes pour développer la télévision et la radio, capables de diriger des émissions de débat éducatives tout en s’assurant que les sujets « interdits » sont évités. On confie à Xinran la production de ces émissions. Mais elle devient rapidement l’animatrice d’une émission de radio, Mots sur la brise nocturne, diffusée quotidiennement entre 22h00 et minuit.
En 1997, elle décide de quitter la Chine et s’installe en Angleterre. Elle s’y marie et a un fils.
En 2002, un recueil de ces vies de chinoises est publié par Chatto & Windus. (paru aux éditions Philippe Picquier sous le titre Chinoises, en 2003). Il dit la souffrance, mais aussi l’amour et l’espoir de ces femmes.
Depuis la publication de son premier livre, un best-seller international, Xinran est connue dans le monde entier. Elle publie une colonne bimensuelle dans The Guardian sur les questions relatives à la Chine et tient le rôle de conseiller aux relations avec la Chine pour de grandes corporations comme la BBC.

Mon avis : (lu en janvier 2008)

Ce livre se lit facilement, c'est un superbe voyage tout d'abord en Chine dans les années 50, mais surtout au Tibet au rythme des nomades. On apprend beaucoup sur la vie de nomades au Tibet, sur les coutumes du pays, le côté spirituel tibétain.. Je suis en admiration sur la vie de cette femme qui est une leçon de vie, de simplicité, d'humilité et d'amour.

Ce qui est étonnant, c'est que ce livre a été écrit par une chinoise.

J'ai beaucoup aimé ce livre et peu de temps après l'avoir lu, par hasard, j'ai vu et pris à la bibliothèque de mon lieu de travail Baguettes chinoises du même auteur...

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22 novembre 2008

Le mec de la tombe d'à côté - Katarina MAZETTI

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Traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus

Gaïa Edition – Juin 2006 - 254 pages

Actes Sud - mars 2009 - 253 pages

Résumé : Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire de métier, et citadine pragmatique, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance. Au cimetière, elle rencontre le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que la tombe avec sa stèle tape-à-l'œil. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, de façon assez rustique, et grâce à une bonne dose d'humour et d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il s'énerve contre la "Crevette" qui occupe le banc au cimetière avec lui, avec son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d'un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres, pour qu'ils soient tous deux éblouis. C'est le début d'une histoire d'amour assez cocasse. Ils sont tout le contraire l'un de l'autre. Elle ne sait pas cuisiner, il lit tout au plus un livre par an. Elle veut aller à l'opéra, lui doit traire les vaches. Il traîne avec lui une odeur d'étable, elle vit dans un appartement aseptisé. Mais leur passion amoureuse est sans bornes. Roman d'amour drôle, tendre, à l'humour décapant, Le mec de la tombe d'à côté touche pourtant là où ça fait mal : ce fossé qui sépare les catégories sociales. On ne peut plus contemporain…

Auteur : Née en 1944, Katarina Mazetti est journaliste à la Radio Suédoise. Auteur de livres pour la jeunesse et de romans pour adultes, elle rencontre un succès phénoménal avec Le mec de la tombe d'à côté, vendu à plus de 450 000 exemplaires, dans un pays de 9 millions d'habitants !

Mon avis : (lu en septembre 2006)

C'est la rencontre improbable de 2 héros si différents et si bien décrits : Désirée la bibliothécaire, veuve, habitant la ville, aimant l’opéra et Benny l’agriculteur, orphelin, aimant son tracteur et ses vaches…Tout les oppose et pourtant ils vont s’aimer.

L’écriture est géniale : un chapitre sur deux c’est la vision de Désirée (la bibliothécaire), puis c’est le récit de Benny l’agriculteur.

Il y a beaucoup d’humour mais également une analyse pointue de la société moderne. C'est la confrontation des oppositions féminin et masculin, ville et campagne, intellectuelle et manuel...

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre.

Extrait du livre :
Putain, je ne peux pas la blairer, je ne peux vraiment pas la blairer !

Pourquoi elle est tout le temps assise là ?

J'avais l'habitude de me poser un moment sur le banc après l'entretien de la tombe pour reprendre le fil de mes pensées. J'essayais de trouver un petit bout de ficelle auquel m'accrocher et qui me permettrait d'avancer encore un jour, ou deux. À la ferme, quand je cavale entre tout ce qu'il y a à faire, je n'arrive pas à penser. Si je ne me concentre pas sur ce que j'ai en mains, inévitablement arrive une mini-catastrophe qui me donne un jour de travail supplémentaire. Je plante le tracteur sur un rocher et l'essieu arrière pète. Une vache s'abîme un trayon parce que j'ai oublié d'attacher son protège-pis.

Me rendre sur la tombe est mon seul bol d'air, mais même là, j'ai du mal à me dire que j'ai le droit de faire une pause et de simplement penser. Il me faut d'abord biner et planter et m'activer, avant de m'autoriser à m'asseoir.

Et alors je la trouve assise là.

Décolorée comme une vieille photo couleur qui a trôné dans une vitrine pendant des années.

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16 novembre 2008

L'Alchimiste – Paulo Coelho

alchimiste Edition Anne Carrière - mars 1994 - 252 pages

Traduit du portugais (Brésil) par Jean Orecchioni 

Grand Prix des Lectrices de Elle

Résumé : L'Alchimiste est le récit d'une quête, celle de Santiago, un jeune berger andalou parti à la recherche d'un trésor enfoui au pied des Pyramides. Dans le désert, initié par l'alchimiste, il apprendra à écouter son coeur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve.
Destiné à l'enfant que chaque être cache en soi, L'Alchimiste est un merveilleux conte philosophique, que l'on compare souvent au Petit Prince, de Saint-Exupéry, et à Jonathan Livingston le Goéland, de Richard Bach.

L'auteur : Paulo Coelho est né en 1947 à Rio de Janeiro. Sa notoriété en Amérique latine est comparable à celle de Gabriel Garcia Marquez. Ses livres figurent en tête des listes de best-sellers au Brésil. L'Alchimiste a été publié dans 48 pays et rencontre partout un immense succès.

Extrait : "Mon cœur craint de souffrir, dit le jeune homme à l'alchimiste, une nuit qu'ils regardaient le ciel sans lune.
- Dis-lui que la crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même.
Et qu'aucun cœur n'a jamais souffert alors qu'il était à la poursuite de ses rêves."

Mon avis : (lu en 1995 et relu depuis plusieurs fois...)

Ce livre fait partie de mes livres préférés. Beaucoup d'émotions passent à travers ce voyage initiatique. Chacun d'entre nous peut se reconnaître de près ou de loin dans le personnage de Santiago. L'écriture est sobre, simple et accessible à tous. Ce livre ne laisse personne indifférent, il nous fait réfléchir sur nous-même, notre vie, nos rêves et notre futur...

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