21 juillet 2011

Le gang des mégères inapprivoisées – Tom Sharpe

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Belfond – février 2010 – 231 pages

 

10/18 – février 2011 – 224 pages

 

traduit de l'anglais par Daphné Bernard

 

Titre original : The Gropes, 2009

 

Quatrième de couverture :
Dans le Northumberland, depuis des générations, les dames Grope font régner la terreur autour d'elles. Signes distinctifs : un physique ingrat, une nature antipathique et des pulsions castratrices inversement proportionnelles à leur volonté de se reproduire. Qu'à cela ne tienne ! Chez les Grope, on kidnappe les hommes de mère en fille. Une coutume familiale dont le jeune Esmond Burnes va faire les frais... Forcé de se réfugier chez son oncle suite à une agression alcoolisée de son père, l'innocent garçon va tomber entre les griffes de sa tante Belinda, née Grope, épouse frustrée et ménagère forcenée... Disparitions suspectes, soûleries aggravées et torrides accès de folie... Même la police va perdre le fil. Par l'un des maîtres de l'humour british, une nouvelle farce échevelée, explosive et hilarante.


Auteur : Tom Sharpe, le bien nommé (sharp signifie « futé » en anglais), est né en 1928 en Angleterre. Après des études à Cambridge, il sert dans les marines avant de s'installer en 1951 en Afrique du Sud. Travailleur social puis professeur, il dirige également un studio de photographie. Dix ans plus tard, Tom Sharpe est expulsé pour avoir écrit et monté une pièce contre le régime de l'apartheid. De 1963 à 1972, il enseigne l'histoire au College of Art and Technology de Cambridge. Reconnu depuis Wilt 1 comme l'un des plus grands humoristes anglais contemporains, Tom Sharpe a reçu en 1986 le Grand Prix de l'humour noir pour l'ensemble de son œuvre. Tom Sharpe s'est aujourd'hui installé en Catalogne, pour fuir le système de santé britannique, comme il se plaît à le dire.

 

Mon avis : (lu en juillet 2011)

J’ai lu ce livre car il était signalé comme un coup de cœur de la Bibliothèque. Je n’irai pas jusque là, pour ma part, c’est un livre original et amusant.

C’est la première fois que je lis cet auteur qui serait, d’après la quatrième de couverture, « l’un des maîtres de l’humour bristish ».

Le livre commence par l’histoire de la famille Grope, c’est une lignée de femmes dont l’origine remonte à un Viking danois Awgard le Pâle qui avait le mal de mer. Ce dernier a abandonné ses compagnons, rencontré Ursula Grope et ensemble ils s’installèrent dans le comté de Northumberland en Angleterre. La dynastie des Gropes sont des femmes autoritaires, antipathiques et au physique disgracieux… Elles sont les chefs de famille et n’hésitent pas enlever leur futur mari qui ne servira qu’à leur donner une descendance féminine…

Belinda est une demoiselle Grope, mais son mari Albert n’a jamais pu lui donner d’héritière. Celui-ci a une sœur Vera et un beau-frère Horace qui ont un fils unique Esmond. Ce dernier est venu passer quelques jours chez son oncle et sa tante pour fuir son père qui le menaçait de mort. Cela va donner des idées à Belinda et pour suivre les traditions familiales des Grope, elle va kidnapper Esmond…

Voilà une histoire totalement farfelue et rocambolesque à la limite de la caricature dont la fin m’a semblée un peu bâclée… Je me suis bien amusée à lire ce livre !

 

Extrait : (début du livre)
C’est une des particularités les plus surprenantes de la vieille Angleterre : des familles entières vivent dans des maisons construites par leurs ancêtres des siècles auparavant, sur des domaines qui étaient déjà les leurs avant la conquête normande. Les Grope de Grope Hall sont l’une d’entre elles.
Ni riches, ni anoblis et n’ayant jamais été jalousés par des voisins plus puissants ou plus influents, les Grope ont gardé un profil bas, cultivant leur terres qui portent les mêmes noms qu’au XIIe siècle, s’occupant de leurs petites affaires sans s’intéresser le moins du monde à la politique, à la religion ou à quelque sujet susceptible de leur créer des ennuis. La plupart du temps, ce n’était pas de propos délibéré. Cette attitude relevait au contraire d’une bonne dose d’inertie et de la volonté de ne pas être pressurés par une progéniture ambitieuse et énergétique.
Les Grope de Grope Hall peuvent être localisés dans le comté du Northumberland. Ils font remonter leurs origines à un Viking danois, un certain Awgard le Pâle, qui, malade comme un chien pendant la traversée de la mer du Nord, abandonna ses compagnons de raid au beau milieu de la mise à sac du couvent d’Elnmouth. Au lieu de violer quelques nonnes, comme c’était la règle, il se jeta aux pieds de la sœur servante, qu’il avait croisée dans le fournil et qui se demandait si elle avait envie ou non de se faire violer. Pas belle pour un sou et ayant déjà été laissée pour compte lors de deux précédents raids vikings, Ursula Grope fut ravie d’être choisie par le bel Awgard ; elle l’emmena loin de l’orgie dégoûtante qui se déroulait dans le couvent et le conduisit dans la vallée solitaire de Mosedale, à la cabane en tourbe dans laquelle elle était née. Le retour de sa fille, dont il espérait être débarrassé à jamais – et en compagnie de l’immense Awgard le Pâle -, terrifia si fort son simple porcher de père qu’il n’attendit pas de vérifier les intensions réelles du Viking et prit ses jambes à son cou. La dernière fois qu’on l’aperçut, il vendait des marrons chauds près de York. Forte d’avoir épargné à Awgard les horreurs d’une traversée de retour, Ursula insista pour qu’il sauve son honneur de religieuse inviolée et fasse son devoir. C’est, dit-on, l’origine de la maison Grope.
Awgard changea son nom en Grope. Les quelques habitants de Mosedale furent tellement terrorisés par sa taille et ses accès de mélancolie qu’Ursula, désormais Mme Grope, eut l’occasion de mettre la main sur des milliers d’hectares de landes désertées. Avant de fonder la dynastie des Grope.

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

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17 juillet 2011

L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S.Spivet - Reif Larsen

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et Le Livre de Poche

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NiL éditions - avril 2010 – 374 pages

Livre de Poche – juin 2011 – 410 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Hannah Pascal

Quatrième de couverture :
T. S. Spivet est un jeune prodige de douze ans, passionné par la cartographie et les illustrations scientifiques. Un jour, le musée Smithsonian l’appelle : le très prestigieux prix Baird lui a été décerné et il est invité à venir faire un discours. À l'insu de tous, il décide alors de traverser les États-Unis dans un train de marchandises pour rejoindre Washington DC... Mais là-bas personne ne se doute qu'il n'est qu'un enfant. Muni d'un télescope, de quatre compas et des Mémoires de son arrière-arrière-grand-mère, T. S. entreprend un voyage initiatique qui lui permettra peut-être enfin de comprendre comment marche le monde... Notes, cartes et dessins se mêlent au récit avec un humour et une fantaisie irrésistibles.

Auteur : Né en 1980, Reif Larsen vit à Brooklyn. Après avoir étudié à Brown University et suivi un master en « écriture » à la Columbia University, il devient enseignant. Également réalisateur, il a fait divers documentaires aux états-unis, en Grande-Bretagne et dans le Sud du Sahara. L'Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T.S.Spiver est son premier roman.

Mon avis : (lu en juillet 2011)
Voilà un livre que j'avais déjà remarqué lors de sa parution en avril 2010, je l'avais même feuilleter au moment de Noël hésitant à l'offrir à l'un de mes proches. Aussi lorsque le Partenariat Livraddict / Livre de Poche l'a proposé, je n'ai pas hésité à m'inscrire en espérant être parmi les élus.
J'ai reçu le livre depuis quelques semaines et n'ayant pas pu le commencer à le lire plus tôt, mais je l'ai déjà feuilleté longuement car l'objet livre en lui-même est déjà unique...
En effet, le format de poche est différent de celui de d'habitude (14 cm x 19 cm) et à l'intérieur, en marge (au sens propre) de l'histoire, il y a de nombreuses notes et illustrations, des croquis d'insectes, des cartes... C'est comme si le lecteur feuilletait un carnet de voyage. Au début de ma lecture, j'avais du mal à ne pas lire les notes en marges avant la partie texte. Puis j'ai remarqué les discrètes flèches allant du récit vers les notes, permettant une lecture plus fluide.

Tecumseh Sansonnet Spivet est un garçon précoce de 12 ans, il vit dans un ranch du Montana, son père dresse des mustangs et sa mère (le Dr Clair) étudie les fourmis et les coléoptères. T.S. est passionné de cartographie et d'illustrations scientifiques.
Un jour, il reçoit un coup de téléphone, il est invité à Washington pour recevoir le prestigieux prix Baird et faire un discours devant des sommités scientifiques. Son interlocuteur ne sait pas que TS Spivet n'a que 12 ans. Mais celui-ci décide d'aller chercher son prix et d'entreprendre seul ce grand voyage d'Ouest en Est de Divide (Montana) à Washington DC... Il commence par stopper à sa façon un train pour y monter incognito, il va faire la rencontre Deux Nuages un hobo (Sans domicile fixe qui se déplace en se cachant dans les trains) qui lui donnera de précieux conseils pour continuer son voyage.
Au fil de son voyage, TS Spivet a besoin de se rassurer en évoquant des expériences qu'il a déjà faites dans le passé, il nous parle très souvent de sa famille plutôt originale... Cela donne souvent un récit un peu décousu, et comme l'esprit de TS va à toute vitesse, il n'est pas toujours facile à suivre... Malgré cela, cela m'a rappelé un roman d'aventure digne de Jules Verne qui m'a amusée et passionnée à la fois.

Bravo aux éditions du Livre de Poche d'avoir réussi à rendre en poche la particularité de ce livre vraiment unique. Merci à Livraddict et au Livre de Poche de m'avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : ici

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1/50 : Idaho
Premier état traversé par T.S Spivet durant son voyage

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13 juillet 2011

Chienne de vie - Helle Helle

chienne_de_vie Le Serpent à Plumes – février 2011 – 230 pages

Titre original : Ned til hundene, 2008

Quatrième de couverture :
Bente plaque tout. Son appart, son mari. Elle échoue dans un endroit isolé au bout du bout du Danemark. C'est là que Johnny et Cocotte la trouvent à un arrêt de bus. Ils l'adoptent. Alors que Helle Helle est connue pour son style intimiste et sait dépeindre avec grâce et humour les petits riens de la vie quotidienne, Bente entre petit à petit dans l'intimité de Johnny et Cocotte. Chienne de vie, c'est le récit troublant de l'arrivée d'un écrivain dans la vie de ses personnages.

Auteur : Helle Helle est née en 1965 au Danemark. Premier écrivain danois à recevoir le prestigieux prix Per Olov Enquist, elle est traduite en 7 langues. Chienne de vie est son cinquième roman et le premier traduit en français.

Mon avis : (lu en juillet 2011)
C'est grâce au « Café lecture » de la Bibliothèque que j'ai découvert ce livre venant du Danemark.
En revenant de son travail en vélo, Johnny aperçoit Bente assise sur un vieux banc, seule avec sa valise à roulette. Le vent souffle fort. Le ciel est gris foncé au-dessus de la mer. Quelques instants plus tard, il revient avec Cocotte sa femme et ils l'invitent à venir chez eux.
Sans poser aucune question, Cocotte et Johnny invitent Bente a partager leur vie simple dans leur petite maison du fin fond du Danemark. Le temps passe lentement, les journées se déroulent avec des occupations et des tâches simples. On prépare les repas, on s'occupe des chiens, on discute ou on joue à des jeux de sociétés au coin du feu. Bente s'adapte facilement et apprécie ce rythme lent. Le lecteur découvre peu à peu son histoire, elle est écrivain, en panne d'inspiration, en pleine dépression, elle est partie de chez elle. Cette nouvelle vie simple et calme, la gentillesse gratuite de ses hôtes et des habitants de ce bout du Danemark va aider Bente à reprendre goût à la vie...

Voilà un livre très agréable et apaisant à lire, il nous décrit un quotidien simple. Le couple Cocotte et Johnny est attachant, ils ont beaucoup de gentillesse et d'humanité. L'entraide, la solidarité et les bonheurs simples sont le quotidien de Cocotte, Johnny, Elly, Ibber... Une très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Je cherche un bon endroit pour pleurer. Ce n'est pas si facile à trouver. Mon voyage en bus a duré des heures, et à présent je suis assise sur un vieux banc tout près de la côte. Il n'y a pas de ferry ici. Seulement un bac qui traverse les bestiaux sur une île déserte au gré des saisons.
J'habite un lotissement avec de nombreuses fenêtres qui donnent sur la route. J'aurais peut-être mieux fait d'en nettoyer quelques-unes. Enfin, de toute façon, on ne voit plus à travers à cause des plantes. L'été dernier avait été humide et la végétation avait poussé d'un coup. Aujourd'hui c'est l'hiver, je ne rentrerai plus chez moi. D'habitude, à cette heure-ci, je dors un peu dans le canapé. Bjørnvig est à la clinique. Il gèle une verrue.

Le vent souffle fort. Il m'a fouetté le visage lorsque je suis descendue du bus avec ma valise à roulettes. Le ciel est gris foncé au-dessus de la mer. A droite, sur la piste cyclable qui longe l'eau, un homme en bleu de travail s'approche péniblement sur son vélo. Il incline le buste vers le guidon en pédalant. Je fais ça, moi aussi. C'est pour ça que je ne me déplace jamais à vélo. Il s'arrête et descend. Scrute l'horizon, plante ses poings sur les hanches. Il sait que je suis assise ici. Je baisse les yeux sur mes gants de pécari.
Il remonte en selle et poursuit sa route le long de la mer. Dans quelques instants, il bifurquera et s'éloignera de la piste cyclable pour passer devant le cabanon et se diriger vers moi. Il tire son vélo sur les derniers mètres qui nous séparent. Ses cheveux sont foncés et clairsemés. Il n'est pas très vieux pourtant, quelques années de moins que moi.
- Vous êtes bien, là ? Dit-il.
- Oui.
- Vous risquez d'y rester un moment.
- Je verrai, dis-je, pelotonnée dans mon châle.
Nous regardons tous les deux le panneau où sont affichés les horaires, puis la valise à roulettes.
- Eh bien, bonne chance, dit-il en remontant sur son vélo.
Il repart, rivé à sa selle, lève deux doigts en signe de salut. Il a le vent dans le dos cette fois, et disparaît rapidement.

Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Danemark

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Danemark

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Animaux"

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12 juillet 2011

Brooklyn – Colm Tóibín

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Robert Laffont – janvier 2011 – 313 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Anna Gibson

Titre original : Brooklyn, 2009

Quatrième de couverture :
Enniscorthy, Irlande, années 50. Comme de nombreux jeunes femmes de son âge, Eilis Lacey ne parvient pas à trouver du travail. Par l’entremise d’un prêtre, on lui propose un emploi à Brooklyn, aux Etats-Unis. Poussé par sa famille, Eilis s'exile à contrecœur. Au début, le mal du pays la submerge. Mais comment résister aux plaisirs de l'anonymat, à l'excitation de la nouveauté ? Loin du regard de ceux qui la connaissent depuis toujours, Eilis goûte une sensation de liberté proche du bonheur. Puis un drame familial l’oblige à retraverser l’Atlantique. Au pays, Brooklyn se voile de l'irréalité des rêves. Eilis ne sait plus à quel monde elle appartient, quel homme elle aime, quelle vie elle souhaite. Elle voudrait ne pas devoir choisir, ne pas devoir trahir.

Auteur : Né à Enniscorthy, Irlande en 1955, après des études d'histoire et d'anglais à l'Université de Dublin, Colm Tóibín s'installe à Barcelone en tant que professeur. Il retourne en Irlande peu après, travaille comme journaliste avant de sillonner l'Amérique du Sud et l'Argentine. Il écrit de nombreux ouvrages de fiction et d'essais, tout en collaborant à divers journaux et magazines. Il se voit accorder le EM Forster Award en 1995 par l'Académie Américaine des Arts et des Lettres. Son premier roman, 'The South' - dont l'action se situe en Espagne et dans l'Irlande rurale des années 1950 - reçoit le prix du 'Premier roman' de l''Irish Times'. Suivent 'The Heather Blazing' (1992) et 'The Story of the Night' (1996), puis 'The Blackwater Lightship' (1999). Le dernier ouvrage de Colm Toibin, 'The Master' (2004) constitue un portrait du romancier Henry James, et a été retenu parmi les candidats au Man Booker Prize for Fiction de 2004.

Mon avis : (lu en juillet 2011)
Nous sommes dans le sud de l'Irlande, à Enniscorthy, ville natale de Colm Tóibín dans les années 1950, Eilis vient d'une famille modeste. Avec un diplôme de comptabilité, elle n'a pu obtenir qu'un emploi de vendeuse à temps partiel dans une épicerie. Ses frères sont déjà parties en Angleterre pour travailler. Sa sœur Rose va la convaincre de tenter sa chance à New-York où le père Flood va lui trouver un travail et un logement. Pour une jeune fille qui n'a jamais quitté sa famille et l'Irlande, partir à New-York est une vraie aventure ! Cela commence par un voyage épique d'une semaine en train puis en transatlantique. Ensuite, elle découvrira la pension de famille irlandaise de Madame Kehoe et ses co-pensionnaires. Elle travaillera comme vendeuse dans un grand magasin. Au début, la nouveauté de la situation lui fera oublier un peu l'Irlande, mais à la réception de son premier courrier, elle est prise du mal du pays. Grâce au soutien de Mme Kehoe, du père Flood et de Melle Fortini du grand magasin, Eilis se reprend. Elle participe au bal du vendredi soir organisé par la paroisse, elle suit des cours du soir en comptabilité américaine. Peu à peu elle se met à apprécier la vie américaine...
J'ai beaucoup aimé ce livre qui nous raconte une histoire d'émigration et d'intégration. Eilis est très attachante, c'est jeune fille sérieuse et un peu naïve, elle n'a pas vraiment choisi de quitter l'Irlande pour les États-Unis, par devoir elle lutte contre le mal du pays et finalement apprécie cette nouvelle vie et pourtant elle va être obligée de choisir entre le devoir familial et son destin...
Je n'avais pas encore lu cet auteur irlandais et cette lecture va m'inciter à sortir de ma PAL "Le bateau-phare de Blackwater" !

Extrait : (début du livre)
Eilis Lacey, assise au premier étage de la maison de Friary Street, aperçut par la fenêtre sa soeur qui revenait du travail. Elle vit Rose traverser la rue d'un pas vif et passer du soleil à l'ombre ; elle portait son nouveau sac à main en cuir acheté chez Clery's, à Dublin, pendant les soldes, et un cardigan crème était jeté sur ses épaules. Ses affaires de golf l'attendaient dans le hall d'entrée. D'ici à quelques minutes, quelqu'un viendrait la chercher et, Eilis le savait, elle ne rentrerait pas avant la nuit.
Les cours de comptabilité touchaient à leur fin ; sur les genoux d'Eilis était posé un manuel détaillant les différents systèmes comptables et, sur la table derrière elle, son devoir en cours, un bordereau de saisie où elle avait consigné dans les colonnes débit et crédit les opérations courantes d'une société sur laquelle elle avait pris des notes en classe la semaine précédente.
Entendant la porte s'ouvrir, Eilis descendit. Rose avait tiré de son sac un miroir de poche et y examinait attentivement son reflet. Elle appliqua un peu de mascara et de rouge à lèvres, puis vérifia son apparence devant la grande glace de l'entrée, et se recoiffa. Eilis la regarda en silence s'humecter les lèvres et procéder aux dernières retouches à l'aide du petit miroir avant de le ranger.
- Tu es ravissante, Rose, dit leur mère en arrivant de la cuisine. Ce soir, au club, tu seras la vedette.
- Je meurs de faim, mais je n'ai pas le temps d'avaler quoi que ce soit.
- Je te préparerai quelque chose tout à l'heure. Eilis et moi allons dîner maintenant.
Rose ouvrit à nouveau son sac à main, puis son porte-monnaie, et déposa une pièce d'un shilling sur la table de l'entrée.
- Au cas où tu aurais envie d'aller au cinéma, dit-elle à Eilis.
- Et moi ? demanda sa mère.
- Eilis te racontera l'histoire à son retour.
- Tu es trop gentille !
Elles rirent toutes les trois. Au même moment, une voiture klaxonna devant la porte. Rose ramassa ses clubs de golf et disparut.

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Irlande

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"Géographie"

 

 

 

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03 juillet 2011

Persécution – Alessandro Piperno

Lu dans le cadre  d'un partenariat Libfly et Furet du Nord
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pers_cution Liana Levi – septembre 2011 – 420 pages

traduit de l’italien par Fanchita Gonzalez Batlle

Titre original : Persecuzione, Arnaldo Mondadori Editore S.p.A, 2010

Présentation éditeur :
Leo Pontecorvo est un professeur de médecine reconnu et un père de famille respecté. Avec savoir vivre et discrétion, il mène une vie confortable. Les excès et les incartades font d’autant moins partie de son univers qu’il est issu d’une famille juive romaine qui a sa place dans la bourgeoisie depuis des décennies, ce qui lui confère une tranquille approche de la vie. Mais voilà qu’un soir, en regardant le journal télévisé, il apprend qu’une gamine de douze ans, petite amie de l’un de ses fils, l’accuse d’avoir tenté de la séduire. Un gouffre s’ouvre sous ses pieds. Rien dans sa vie ne l’a préparé à affronter une situation aussi humiliante. Rien ne l’a préparé à se battre en général. Depuis toujours il s’est déchargé des contingences matérielles sur sa mère et sa femme, Rachel. Au lieu d’affirmer son innocence, Pontecorvo se replie sur lui-même et commence une lente descente aux enfers, tout en se remémorant comment le piège s’est refermé sur lui entre l’indispensable et trop raisonnable épouse, la fillette mythomane, les clinquants parents de l’accusatrice, l’intraitable magistrat, l’ami avocat pervers…
Dans ce roman magistral, Alessandro Piperno décortique les moindres détours de l’âme humaine, sa complexité, ses ambiguïtés. Avec une écriture aux milles subtilités, qui ne dédaigne pas l’inventivité, il enveloppe le lecteur dans un récit aux innombrables ramifications.

Auteur : Alessandro Piperno est né en 1972 à Rome où il vit toujours. Passionné de Proust, auquel il a consacré son premier essai, Proust antijuif (Liana Levi 2007), il enseigne la littérature française à l’université. En 2005 son premier roman, Avec les pires intentions (Liana Levi 2006, Folio 2007), suscite une polémique en Italie parce qu’il y dresse de façon provocatrice le portrait d’une famille de la bonne bourgeoisie juive et de la jeunesse dorée à Rome. C’est avec un ton plus grave, mais sans se départir d’une féroce ironie, qu’il écrit et publie en 2010 Persecuzione. Fan de littérature américaine, de pop music et de foot, Alessandro Piperno est aujourd’hui considéré comme l’un des auteurs majeurs de la Péninsule.

Mon avis : (lu en juillet 2011)
Leo Pontecorvo est un cancérologue, pédiatre réputé, il fait parti de la bourgeoisie juive de Rome. C'est un père de famille respecté et respectable. Mais le 13 juillet 1986, sa vie va basculer. En effet, rassemblé en famille pour le dîner devant la télévision, le présentateur du journal de 20 heures, l'accuse d'avoir voulu séduire la petite amie de son fils Samuel, âgée de 12 ans et demi. C'est un choc pour toute sa famille, sa femme Rachel, ses fils Filippo et Samuel et pour Leo lui-même.
Sa réaction est surprenante, en panique, au comble du désarroi, il est incapable de se défendre et il se réfugie dans le studio aménagé au sous-sol de sa propre maison. Sa femme ne lui parle plus, ses fils font comme s'il n'existait pas... Leo se remet en mémoire les circonstances qui ont fait qu'il se trouve dans cette situation absurde. Il se sent pris au piège.

J'ai mis plusieurs jours à lire ce livre assez dense, avec seulement quatre chapitres (un par partie). Le lecteur suit la lente descente aux enfers de Leo Pontecorvo, il y a du suspens, de nombreuses digressions qui nous font mieux connaître Leo, son épouse, ses fils, son travail...
J'ai été un peu perturbée au début, par les longues digressions de l'auteur, perdant un peu le fil de l'histoire, puis je me suis finalement attachée à Leo et j'avais hâte de savoir comment il allait pouvoir se défendre et faire éclater la vérité.

Merci beaucoup à Libfly et Furet du Nord et aux éditions Liana Levi pour m'avoir permis de découvrir ce livre dans le cadre de l'opération La rentrée littéraire en avant-première.

Extrait : (début du livre)
C’est le 13 juillet 1986 qu’un désir inconfortable de n’être jamais venu au monde s’empara de Leo Pontecorvo.
Un instant plus tôt, Filippo, son fils aîné, s’autorisait la plus mesquine des lamentations puériles : contester la toute petite portion de frites que sa mère avait fait glisser dans son assiette, en regard de la générosité inouïe qu’elle avait témoignée à l’égard de son petit frère. Et voilà que quelques secondes plus tard le présentateur du journal télévisé de vingt heures insinuait, devant une considérable tranche de la population, que Leo Pontecorvo ici présent avait entretenu une correspondance dépravée avec la petite amie de son fils cadet, âgé de treize ans.
Autrement dit, de ce même Samuel, avec son assiette pleine du trésor doré et croustillant qu’il ne mangerait jamais. Hésitant probablement quant à savoir si la célébrité soudaine que lui apportait la télé serait archivée par ses amis dans la case à ragots rigolos ou dans celle, encore vide, destinée à recevoir l’image la plus irrémédiablement merdique qui puisse être accolée au jeune garçon d’une tribu gâtée et indolente.
Inutile d’espérer que l’âge tendre de Samuel l'ait empêché de deviner ce qui avait instantanément été clair pour tout le monde : quelqu'un à la télé sous-entendait que son père avait baisé sa petite copine. Quand je dis « petite copine », je parle d'un oisillon de douze ans et demi aux cheveux couleur citrouille et au museau de fouine parsemé de taches de rousseur ; mais quand je dis « baiser » je parle bien de baiser. Et donc de quelque chose d'énorme, d'extrêmement grave, de trop brutal pour être assimilé. Même par une épouse et deux fils qui se demandaient depuis quelque temps déjà si ce mari et père était réellement le citoyen irréprochable dont il avait toujours été naturel de se sentir fiers.


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Libfly et Furet du Nord

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Italie

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Rentrée Littéraire 2011
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3/7

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29 juin 2011

A quand les bonnes nouvelles ? - Kate Atkinson

Lu dans le cadre Swap à 2 PAL swap___2__lLecture commune avec Mrs Pepys

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Éditions de Fallois – août 2008 – 366 pages

Livre de Poche – octobre 2009 – 466 pages

traduit de l'anglais par Isabelle Carron

Quatrième de couverture :
Dans un coin paisible du Devon, une petite fille de six ans, Joanna Mason, est témoin d’un épouvantable massacre, dont elle est la seule rescapée. Trente ans plus tard, l’homme qui a été condamné pour ce crime sort de prison. A Edimbourg, Reggie, seize ans, travaille comme nounou chez un médecin, le docteur Hunter. Mais celle-ci disparaît, Reggie est la seule personne qui semble s’en apercevoir...
Enfin, l'inspecteur en chef Louise Monroe retrouve son vieil ami, Jackson Brodie, le détective privé de La Souris Bleue, empêtré dans un mariage malheureux, qui part à la recherche de son fils... Avec humour et maestria, Kate Atkinson brouille les pistes, entremêlant les intrigues et tenant le lecteur en haleine jusqu'aux dernières pages.

Auteur : Kate Atkinson est entrée dans la littérature par la grande porte, en 1996, avec un roman fascinant qui ne ressemblait à rien de connu, Dans les coulisses du musée, qui obtint le Prix Whitbread en Grande-Bretagne et le Prix du Meilleur Livre de l’année en France (« Lire »). Elle a publié depuis quatre autres romans : Dans les replis du temps (1998), Sous l’aile du bizarre (2000), La Souris bleue (2004) qui a obtenu le Prix Westminster du roman anglais, Les choses s’arrangent, mais ça ne va pas mieux (2006), et un recueil de nouvelles : C’est pas la fin du monde (2003). Best-seller en Grande-Bretagne, elle a connu en France des critiques élogieuses et un large public. Elle vit actuellement à Édimbourg.

Mon avis : (lu en juin 2011)
C'est le premier livre que je lis de cette auteur, et pourtant j'ai compris en cours de lecture qu'il était le dernier d'une trilogie mais cela ne m'a pas du tout gêné.
Le livre commence avec le terrible assassinat d'une mère, de deux de ses trois enfants et du chien de la famille, un jour d'été dans la campagne paisible du Devon. Joanna, 6 ans, est le seul témoin, elle réussit à fuir et à se cacher dans un grand champ de blé.
Trente ans plus tard, à Edimbourg, Reggie, 16 ans, est assistante maternelle chez le Docteur Hunter et son mari. Jackson Brodie, détective privé, part à la recherche de son fils...
Au début, j'étais un peu perdue avec tous ces personnages et ses différentes intrigues mais lorsque les premiers liens entre ses différentes histoires paraient j'ai été emportée par ma lecture et à aucun moment je ne me suis ennuyée. Je suis passée par de nombreux sentiments, du rire, aux larmes. La plupart des protagonistes de cette histoire à tiroirs cachent un passé douloureux qui ne les empêchent pas de croire à un avenir meilleur.
J'ai beaucoup aimé la fantaisie de Kate Atkinson qui nous surprend tout au long du livre. Reggie et Joanna sont très attachantes. Quand à Ms MacDonald, le vieux professeur de lettres classiques de Reggie Chase, elle est un haute en couleur avec son « Église de l'Extase à Venir », « un groupe de gens qui croyaient à des trucs incroyables » comme le définit si bien Reggie. Elle m'a souvent bien fait rire.
Après cette lecture vraiment très plaisante, j'ai très envie de lire les deux livres précédents, "La souris bleue" et "Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux".

Ce livre a été lu dans le cadre du Swap à 2 PAL organisé par Lili Galipette, c'est Mrs Pepys qui a choisi ce livre dans sa PAL et me l'a offert pour cette Lecture Commune. Allons voir son billet... 

Extrait : (page 21)
Il parut surgir de nulle part. Elles le remarquèrent parce que le chien se mit à produire un étrange grondement guttural et bouillonnant, que Joanna n’avait encore jamais entendu. Il marchait à toute vitesse dans leur direction et grossissait à vue d’œil. Il émettait un drôle de halètement. On s’attendait à ce qu’il lance « Bel après-midi » ou « Bonjour » au passage car c’était toujours ce que les gens disaient quand on les croisait sur la petite route ou le sentier, mais il ne dit rien. D’habitude leur mère disait « Belle journée » ou « Il fait une de ces chaleurs, vous ne trouvez pas ? », mais cette fois-ci elle ne dit rien. Au lieu de ça, elle se mit à marcher vite en poussant de toutes ses forces sur la poussette. Elle abandonna les sacs de provision dans l’herbe et Joanna s’apprêtait à en ramasser un mais leur mère dit : « Laisse. » Il y avait dans sa voix, sur son visage, quelque chose qui effraya Joanna. Jessica l'attrapa par la main et dit « Dépêche-toi Joanna », sévèrement, comme une grande personne. Ça rappela à Joanna la fois où leur mère avait jeté la cruche à rayures bleues et blanches à la figure de leur père.
À présent l'homme marchait dans la même direction qu'elles, de l'autre côté de leur mère. Leur mère marchait à toute allure et leur dit : « Allez, vite, on suit. » Elle avait l'air hors d'haleine. Puis le chien courut devant l'homme et se mit à aboyer et à sauter comme pour tenter de lui barrer le chemin. Sans prévenir l'inconnu lui flanqua un coup de pied qui le catapulta en l'air et le fit atterrir dans le blé. Elles ne le voyaient pas, mais entendaient ses gémissements déchirants. Jessica se mit devant l'homme et lui cria quelque chose en le menaçant du doigt et en avalant de grandes goulées d'air, comme si elle n'arrivait plus à respirer par le nez, puis elle courut dans le champ à la suite du chien.
Ça tournait au vilain. Aucun doute là-dessus.

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne, Écosse

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25 juin 2011

Chiens féraux – Felipe Becerra Calderon

Lu dans le cadre  d'un partenariat Libfly et Furet du Nord
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chiens_ferraux Éditions Anne Carrière – août 2011 – 151 pages

traduit de l'espagnol (Chili) par Sandy Martin et Brigitte Jensen

Titre original : Bagual, Editorial Zignos. Lima, 2008. 

Quatrième de couverture :
1980, Nord du Chili, sous la dictature de Pinochet. Les terres arides du désert d'Atacama ne sont ensemencées que par les fosses communes du régime. Rocio, ancienne étudiante en médecine, a suivi son mari, Carlos, lieutenant de police, affecté à la réserve de Huara où il n'y a rien à faire et trop à méditer. Carlos consigne son ennui, ses doutes et ses inquiétudes concernant l'état psychologique de sa femme. Car Rocio, elle, n'est pas seule. A la différence des autres "Blancs", elle voit les villageois andins qui fuient leur présence comme une malédiction ; elle voit les chiens retournés à l'état sauvage rôder, craintifs et affamés, autour de la déliquescence morale des oppresseurs ; et surtout elle entend ces voix d'enfants qui l'habitent, comme le remords de son ventre infécond, comme le cri vengeur d'un peuple et d'un lieu martyrisés.
"Chiens féraux", le premier roman de Felipe Becerra Calderon, a reçu au Chili le prestigieux prix Roberto Bolano en 2006.
Dans ce roman surréaliste et polyphonique, Calderon explore les effets de la folie et de la solitude sur deux êtres ordinaires qui ont la particularité d'appartenir au camp des bourreaux. Il nous offre un texte dense, où la langue se fait schizophrène pour chanter la contagion du mal, dans une ronde macabre aux accents rappelant la prosodie de Malcom Lowry.

Auteur :  Felipe Becerra Calderón est né à Viña del Mar au Chili en 1985. Très vite, il s’installe à Valdivia, où il vit toujours aujourd’hui. Avec la première version de son roman, Chiens féraux, il obtient en 2006, le premier prix du concours Roberto Bolaño dans la catégorie roman. La même année, il se voit attribuer le Premier Prix dans la catégorie Conte du même concours. Les maisons d’édition chiliennes refusent toutes son manuscrit. Chiens féraux est finalement publié en 2008 par la maison d’édition Zignos, de Lima, au Pérou. En 2009, le roman est traduit à l’anglais et, la même année, la revue The Radgeworks (Edimbourg) présente et publie quelques chapitres de sa traduction. Aujourd’hui, Felipe Becerra fait partie de La Faunita, groupement littéraire avec lequel il imprime ses propres livres de poésie et théâtre. Il écrit actuellement son second roman, Ñache. Selon le quotidien national chilien La Tercera, Felipe est l'une des promesses de la scène littéraire du Chili.

 

Mon avis : (lu en juin 2011)
Voilà un livre assez spéciale et dont il m'est difficile également de parler...
Cela commence comme cela, «On ne peut pas continuer comme ça, maman, on ne peut pas. Il fait si froid, ici, dans l'ombre, dans ce tourbillon noir. Et ce sifflement persistant, comme une douleur, maman chérie. Laisse-nous leur raconter ton histoire, laisse-nous nous délivrer de tout ce fardeau, s'il te plaît, on ne fera de mal à personne. On ne peut pas continuer comme ça. Les amis veulent connaître ton histoire. Leur confier ce qui t'est arrivé ne te fera aucun tort. Et nous, on sera soulagés. Tu vas voir, maman chérie, on ne pleurera plus, on ne va plus te griffer, la nuit, on ne cognera plus sur ta tête pour que tu t'ouvres de part en part. Tu vas voir, on sera bien sages. Allez. Laisse-nous leur raconter ta vie, ...» Il semble que les narrateurs sont des enfants qui veulent nous raconter l'histoire de leur maman Rocío , mais au bout de quelques pages le lecteur découvre que ces enfants existent seulement dans la tête de Rocío. C'est une ancienne étudiante en médecine, elle a quitté Valparaiso pour suivre son mari Carlos, lieutenant de police, affecté dans la réserve de Huara. Carlos s'ennuie dans cette région du nord du Chili au cœur du désert de l'Atacama où il ne se passe pratiquement rien et il note sur un cahier ce qu'il fait de ses journées...
Le lecteur découvre l'histoire de Rocío et de Carlos entremêlée des voix des enfants et des écrits de Carlos. Rocío entend des voix, voit des ombres... Carlos voit des taches noires à l'horizon durant ses longues heures de travail... On rencontre un hypnotiseur, des chiens féraux...
Dehors c'est le désert, la chaleur, l'isolement, l'ennui et au dedans c'est la solitude et la peur, des voix, des ombres... Bizarre...
Je n'ai pas vraiment accroché avec ce livre, car au bout d'un moment j'étais perdu, je ne faisais plus la différence entre le réel et les hallucinations auditives ou visuelles... Le livre étant court, j'ai cependant pu le lire en entier dont l'écriture est assez poétique.

Définition : féral, férale, férals ou féraux : adjectif (du latin fera, bête sauvage). Se dit d'une espèce domestique retournée à l'état sauvage : Chats férals, chiens féraux.

Merci à Libfly et Furet du Nord et aux Éditions Anne Carrière  pour m'avoir permis de découvrir ce livre dans le cadre de l'opération La rentrée littéraire en avant-première.


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Libfly et Furet du Nord

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Animal"

Challenge 1%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
2/7

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22 juin 2011

Les trois lumières – Claire Keegan

les_trois_lumi_res Sabine Wespieser – avril 2011 – 108 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Jacqueline Odin

Quatrième de couverture :
Par une radieuse journée d’été, un père emmène sa fillette dans une ferme du Wexford, au fond de l’Irlande rurale. Le séjour chez les Kinsella semble devoir durer. La mère est à nouveau enceinte, et elle a fort à faire. Son mari semble plutôt désinvolte : il oublie le bagage de la gamine dans le coffre de la voiture en partant.
Au fil des jours, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier. Livrée à elle-même au milieu d’adultes qui ne la traitent pas comme une enfant, elle apprend à connaître, au gré des veillées, des parties de cartes et des travaux quotidiens, ce couple de fermiers taciturnes qui l’entourent de leur bienveillance. Pour elle qui était habituée à une nombreuse fratrie, la vie prend une autre dimension. Elle savoure la beauté de la nature environnante, et s’épanouit dans l’affection de cette nouvelle famille si paisible. En apparence du moins. Certains détails l’intriguent : la manière dont Mrs Kinsella lui propose d’aller puiser de l’eau, les habits de garçon dont elle se voit affublée, la réaction de Mr Kinsella quand il les découvre sur elle…
Claire Keegan excelle à éveiller l’attention de son lecteur sur ces petites dissonances où transparaissent l’ambiguïté et le désarroi de ses personnages, si maîtres d’eux-mêmes. Et, dans cet envoûtant récit, le regard d’une enfant basculant à son insu dans le monde mystérieux des adultes donne toute sa force dramatique à la part cachée de leurs existences.

Auteur : Claire Keegan est née en 1968 en Irlande, où elle vit. Saluée comme une des voix importantes de la jeune génération des écrivains irlandais, elle est publiée dans de nombreux pays et a remporté plusieurs prix importants. L'Antarctique, son premier recueil de nouvelles, paru en mai 2010 chez Sabine Wespieser éditeur, a été très bien accueilli.

 

Mon avis : (lu en juin 2011)
J'ai découvert ce livre grâce au bouche à oreille de la blogosphère et les nombreux billets élogieux comme ceux de Bellesahi, LeiloonaClara.
Dans la chaleur de l’été, un père conduit sa fillette dans une ferme du Wexford en Irlande. Sa mère est à nouveau enceinte et les enfants sont nombreux à la maison. Les Kinsella vont accueillir la fillette pendant quelques temps pour décharger la famille. La narratrice est la fillette, elle raconte cet été particulier... Je n'en dirai pas plus pour vous laissez apprécier ce court livre de 100 pages.
J'ai été émue jusqu'aux larmes en lisant ce livre, il m'a fait penser à un film que j'aime beaucoup, « Le Grand Chemin » de Jean-Loup Hubert avec Anémone et Richard Bohringer.
Il y a beaucoup de poésie et de pudeur dans l'écriture de Claire Keegan, elle nous décrit à merveille l'Irlande rurale, la nature et ses habitants. Une histoire simple et authentique. A découvrir sans hésiter !

Extrait : (début du livre)
Tôt un dimanche, après la première messe à Clonegal, mon père, au lieu de me ramener à la maison, s’enfonce dans le Wexford en direction de la côte d’où vient la famille de ma mère. C’est une journée chaude, radieuse, avec des zones d’ombre et de brusque lumière verdâtre sur la route. On traverse le village de Shillelagh où mon père a perdu aux cartes notre génisse Shorthorn rouge et, plus loin, on longe le marché de Carnew où l’homme qui l’avait gagnée n’a pas tardé à la revendre. Mon père lance son chapeau sur le siège du passager, baisse la vitre et fume. Je secoue mes cheveux pour défaire mes tresses et m’étends sur la banquette, regardant par la lunette arrière. Ici le ciel est bleu, dégagé. Là le ciel bleu est garni de nuages crayeux, mais le plus souvent c’est un mélange enivrant de ciel et d’arbres strié de câbles électriques en travers desquels, de temps en temps, de petites volées brunâtres d’oiseaux fugaces se précipitent.
Je me demande comment elle sera, cette maison qui appartient aux Kinsella. Je vois une grande femme me surveiller, me faire boire du lait encore chaud du pis de la vache. Je vois une version plus improbable d’elle, en tablier, verser de la pâte à crêpes dans une poêle, demander si j’en voudrais une autre, comme ma mère le fait parfois quand elle est de bonne humeur. L’homme aura la même taille qu’elle. Il m’emmènera en ville sur le tracteur et m’achètera de la limonade rouge et des chips. Ou bien il me fera nettoyer les hangars et ramasser les pierres et arracher les séneçons et les patiences dans les champs. Je le vois tirer de sa poche ce qui, j’espère, sera une pièce de cinquante pence, mais en réalité c’est un mouchoir. Je me demande s’ils habitent dans une vieille ferme ou un pavillon neuf, s’ils auront des cabinets extérieurs ou une salle de bains avec des w.-c. et l’eau courante. Je m’imagine couchée dans une chambre sombre avec d’autres filles, en train de dire des choses que nous ne répéterons pas le matin venu.
Une éternité, ai-je l’impression, passe avant que la voiture ralentisse et tourne dans un étroit chemin goudronné, puis un frisson lorsque les roues claquent sur les barres métalliques d’une grille pour le bétail. De chaque côté, des haies épaisses sont taillées à angle droit. Au bout du chemin se trouve une longue maison blanche avec des arbres dont les branches traînent sur le sol.
« Papa, dis-je. Les arbres.
- Eh ben quoi ?
- Ils sont malades, je dis.
- C’est des saules pleureurs », dit-il, et il se racle la gorge.

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18 juin 2011

Arrêtez-moi là ! – Iain Levison

arr_tez_moi_l_ Liana Levi – mars 2011 – 245 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Fanchita Gonzalez Batle

Quatrième de couverture :
Charger un passager à l'aéroport, quoi de plus juteux pour un chauffeur de taxi ? Une bonne course vous assure une soirée tranquille. Ce soir-là, pourtant, c'est le début des emmerdes... Tout d'abord la cliente n'a pas assez d'argent sur elle et, pour être réglé, il vous faut entrer dans sa maison pourvue d'amples fenêtres (ne touchez jamais aux fenêtres des gens !). Plus tard, deux jeunes femmes passablement éméchées font du stop. Seulement, une fois dépannées, l'une d'elles déverse sur la banquette son trop-plein d'alcool. La corvée de nettoyage s'avère nécessaire (ne nettoyez jamais votre taxi à la vapeur après avoir touché les fenêtres d'une inconnue !). Après tous ces faux pas, comment s'étonner que deux policiers se pointent en vous demandant des comptes ? Un dernier conseil : ne sous-estimez jamais la capacité de la police à se fourvoyer ! Dans ce roman magistral, Levison dissèque de manière impitoyable les dérives de la société américaine et de son système judiciaire.

Auteur : IAIN LEVISON, né en Écosse en 1963, arrive aux États-Unis en 1971. A la fin de son parcours universitaire, il exerce pendant dix ans différents petits boulots, de conducteur de camions à peintre en bâtiments, de déménageur à pêcheur en Alaska ! Tous ces jobs inspireront son premier livre, Tribulations d'un précaire. Le succès arrivera de France avec Un petit boulot et les romans qui suivront.

Mon avis : (lu en juin 2011)
C’est le premier livre que je lis de cet auteur, je l’ai pris un peu par hasard à la Bibliothèque attirée par la couverture jaune du taxi new-yorkais !
Publié en mars 2011, ce livre est dans l’actualité car il nous permet de découvrir le système juridique américain. En effet, un chauffeur de taxi américain sans histoire se retrouve malgré lui inculpé dans une affaire d'enlèvement. Quelle terrible soirée ! Il n’aurait pas du rentrer dans l’appartement d’une cliente pour être payé et toucher à l’une des fenêtres. Il n’aurait pas du nettoyer à la vapeur son taxi après avoir pris en stop deux étudiantes saoules qui ont vomi sur la banquette…
Ce livre se lit comme un policier car le lecteur s’attache à Jeff Sutton et se demande jusque où l'erreur judiciaire va-t-elle l’entraîner et comment va-t-il pouvoir s’en sortir… C’est à la fois plein d’humour et de tension, on découvre l’Amérique des petits, des laissés pour compte.

Extrait : (début du livre)
Ce mardi-là je vais à l’aéroport en fin d’après-midi. Juste après six heures, quand ceux qui voyagent pour affaires ont l’habitude de rentrer. Il y a d’ordinaire une longue file de taxis à la station, tous les chauffeurs le savent, et s’il y a plus de taxis que de clients, vous pouvez attendre là pendant des heures pour rien. C’est pour ça qu’en général je laisse tomber l’aéroport de la gare, et que je ne vais plus à la gare routière depuis des années (si ces gens-là avaient de l’argent pour un taxi ils n’auraient pas pris le car), mais ce soir je me sens en veine.
Et j'en ai. La circulation est fluide, et il n'y a que deux taxis devant moi à la station. L'un des chauffeurs est Charlie White, qui a probablement passé tout l'après-midi là, rien que pour pouvoir être le premier aux arrivés. Charlie conduit depuis trente ans, et sa philosophie est qu'une grosse course vaut mieux qu'une douzaine de petites. Dans les années quatre-vingt il a fait une course de l'aéroport Fort Worth de Dallas jusqu'à Waco, plusieurs centaines de dollars plus le pourboire assorti. Depuis, il traîne à l'aéroport.
Un plein avion de cadres supérieurs sort par les portes automatiques, chacun traînant sa mallette à roulettes. Je réfléchis à l'évolution des styles de bagages quand j'entends ma portière s'ouvrir. Je me retourne et vois une jolie blonde en tailleur marron clair. Je hume un parfum de luxe.
Elle me demande : « Vous connaissez Westboro ?
- Ouais, je connais. » Je sais que c'est à une demi-heure au moins. Ça devrait faire dans les soixante dollars. Je vois Charlie démarrer et je me demande si sa longue attente lui a procuré une aussi bonne course. La plupart des voyageurs ne vont que jusqu'à un hôtel du centre.
Elle jette sa mallette sur le siège, monte, et me donne l'adresse. Puis, comme tout le monde, elle sort son portable.

 Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
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16 juin 2011

Un jour glacé en enfer – Anne B. Ragde

un_jour_glac_ Balland – novembre 2010 – 301 pages

 

traduit du norvégien par Hélène Hervieu

 

Quatrième de couverture :
Dans un chalet isolé, perdu dans les montagnes norvégiennes, vit un homme rustre et sauvage, entouré de ses chiens. On ne sait ni comment ni pourquoi "elle" est arrivée là, une jeune femme délicate sans nom ni passé. De ce roman érotique se dégage une atmosphère à la fois poétique et singulière. Entre soumission acceptée, animosité ambiguë et jeux sensuels, le rapport de force homme-femme s'installe progressivement, magnifié par la nature hostile du Grand Nord. Avec la même tension sexuelle que L'Amant de Lady Chatterley et la même puissance que Le Boucher d'Alina Reyes, Anne B. Ragde déploie dans ce roman toutes les nuances de son style et démontre, une nouvelle fois, la force de son écriture.

 

Auteur : Anne Birkefeldt Ragde est née en Norvège en 1957. Auréolée des très prestigieux prix Riksmal (équivalent du Goncourt français), prix des Libraires et prix des Lecteurs pour sa "Trilogie de Neshov", Anne B. Ragde est une romancière à succès, déjà traduite en 15 langues, aux millions d'exemplaires vendus.

 

Mon avis : (lu en juin 2011)

Lorsque j’ai lu Zona frigida, j’ai découvert que j’avais « raté » la parution de ce livre. Voilà l’erreur réparée.

J’avais lu la quatrième de couverture en diagonale et l’image de la couverture aurait du me mettre la puce à l’oreille… J’ai pourtant été surprise dès la première page, car malgré le titre glacial, ce livre est plutôt chaud ou érotique…

C’est l’histoire d’une femme qui vit avec un homme rustre dans la forêt norvégienne. Nous ne savons rien du passé de la jeune femme et pourquoi elle est arrivée là. Tout deux cohabitent et s’occupent d’un élevage de chiens de traineau. La relation qu’il existe entre les deux êtres est particulière, elle accepte avec soumission les assauts sexuels de son compagnon. L’auteur décrit avec beaucoup de lenteur la vie de ce couple, la nature fait partie intégrante de l’histoire, elle est rude, le froid, l’hiver donnent  une atmosphère spéciale, un peu inquiétante au roman.

Dans la Trilogie des Neshov, nous avions beaucoup appris sur l’élevage des cochons, après la lecture de Un jour glacé en enfer l’élevage des chiens de traîneaux n’a presque plus de secrets pour le lecteur…

Ce livre d’Anne B. Ragde se lit plutôt facilement mais j’avoue que c’est celui que j’ai le moins aimé.

 

 

 

Extrait : (début du livre)
Elle a débarqué dans un endroit si boueux que ses chaussures de ville ne lui sont plus d’aucune utilité et qu’elle a dû enfiler une paire de gros sabots, un endroit où elle ne peut plus porter ses vêtements noirs d’avant. C’est pourquoi il lui a acheté une combinaison de travail rouge à manches longues, un modèle bon marché. Elle n’est jamais venue dans un endroit comme celui-ci, n’a jamais connu un homme comme lui, n’aurait jamais cru qu’elle serait capable de coucher avec quelqu’un aux mains si crasseuses et au jean si crotté, un homme taciturne qui n’ouvre la bouche que pour parler de ses chiens.
Elle déplace le dernier sac de croquettes et le range à côté des autres. Voilà. Maintenant, le passage est dégagé.
- C’est pas à toi de traîner ces gros sacs, lui dit-il dans son dos.
Elle ferme les yeux.

Prends-moi par derrière, là, tout de suite, enlève ce que j’ai sur le dos et […]
- Mais j’y arrive très bien, proteste-t-elle en se redressant.
Il croise son regard.
- Ce genre de corvée, c’est moi qui m’en charge. Qu’est-ce-que t’as ? Tu chiales ?
- Non, pourquoi ça ?
- T’as les yeux qui brillent.

Son regard s’attarde sur le dos de l’homme qui se dirige vers les enclos et elle entend les aboiements des trente-deux chiens de traineau se propager à la vitesse d’un feu de brousse. Dès que l’un d’eux aperçoit le maître, il se met à aboyer et entraîne tous les autres. Elle n’en revient pas que certains chiens soient capables de faire la différence entre différents types d’aboiement. Parfois, alors que la meute se repose à l’ombre, il suffit d’un chien, s’imaginant avoir repéré quelque chose à l’orée du bois, donne de la voix pour qu’aussitôt cinq ou six chiens – les plus jeunes et les plus craintifs – se lèvent et fassent un boucan d’enfer, la tête tournée en direction de la forêt, le poil dressé, prêts à affronter un danger invisible et s’excitant entre eux, dans un mouvement allant crescendo, avant d’admettre qu’ils se sont trompés et, penauds, de s’allonger à nouveau en formant un gros tas de fourrures. Pendant tout ce cirque, les chiens plus âgés se sont contentés de cligner des yeux d’un air agacé, car au premier aboiement, ils avaient compris qu’il s’agissait d’une fausse alerte, bref, un moyen un peu hystérique de passer le temps. Eux aimeraient seulement faire leur sieste en paix.

 

Déjà lu du même auteur :

la_terre_des_mensonges La Terre des mensonges  la_ferme_des_Neshov La Ferme des Neshov
l_h_ritage_impossible L'héritage impossible zona_frigida  Zona frigida

Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Norvège

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Norvège

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
Viking_Lit

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