25 juillet 2013

Zalbac brothers - Karel de la Renaudière

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

zalbac_brothers Albin Michel - mai 2013 - 317 pages

Quatrième de couverture :

New York, une très secrète banque d'affaires.
Un jeune français venu de nulle part.
Une héritière qui hésite sur son destin.
L'histoire d'une ascension et d'une chute.

Dans la grande tradition de John Grisham, Karel de la Renaudière, un des directeurs d'une grande banque internationale, explore les coulisses de la haute finance et du pouvoir. Ce thriller captivant dresse un tableau à la fois fascinant et terrible de notre époque.

Auteur : 38 ans. Génération bulle internet. Poursuivre les rêves construits par toutes ses lectures d'enfant et d'adolescent, l'a conduit dans l'audiovisuel aux côtés de Jean-Edern Hallier. Devenu entrepreneur dans la technologie, son succès lui a valu d'être débauché par une grande banque internationale où il a fait une ascension digne d'un de ses personnages. Par ce thriller, il paie sa dette à l'univers romanesque qui l'a formé et l'a fait directeur.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
Jean Demester travaille comme chauffeur de taxi à New-York, il a fait des études de mathématiques et de finance et il est violoniste amateur. Il fait connaissance avec Bruce Zalbac, dit le « King », le grand patron de la banque d'affaires « Zalbac Brothers » lorsque la voiture de celui-ci coupe dangereusement la route de son taxi. Après une discution autour de la musique Bruce Zalbac donne sa carte à Jean pour un éventuel travail. Jean commence donc à travailler chez  « Zalbac Brothers » en tant que stagiaire, il fait des cafés et des photocopies, puis de la saisie... Ce n'est pas facile de travailler sous les ordres du peu sympathique et ambitieux Donovan. Pourtant Jean va réussir à gravir les différents échelons de la banque.
C'est un livre qui se lit facilement, il n'est pas nécessaire de connaître la finance pour comprendre l'intrigue. Le livre est présenté à tort comme un « thriller financier », il n'y a ni crime, ni enquête policière...
J'ai trouvé très intéressant de découvrir le fonctionnement du monde de la finance, avec ses requins, du bluff et ses entourloupes... La partie sentimentale de l'histoire m'a ennuyée et je regrette que le final ne soit pas plus développé.

Merci à Laure et aux éditions Albin Michel pour m'avoir permis de passer un bon moment avec ce livre.

 

Extrait : (début du livre)
La limousine avance au pas, le long de Park Avenue rendue déserte par le froid et la neige. Soufflés par les bourrasques, les flocons volent au-dessus de Manhattan. Jean Demester colle sa tête au pare-brise. Les mains agrippées au volant, il s'énerve. Une soirée sans clients, c'est une soirée sans pourboires. Le couple de Texans qu'il devait conduire à l'Apollo Theater a finalement renoncé à sortir de l'hôtel. Le Français fait ses calculs : même avec ce qu'il a empoché hier, il n'a toujours pas de quoi rembourser sa part du loyer. Encore une journée gâchée ! La buée obscurcit son champ de vision. Il lâche un juron.
- Il ne manquerait plus qu'elle tombe en rade !
À cet instant, une Maybach bleu et marron glacé surgit de la 66e au ralenti. Son apparition dans un halo de lumière a quelque chose de fantomatique. Jean freine brusquement. La vieille Cadillac se met en travers de l'avenue, avant de s'immobiliser à quelques centimètres de la luxueuse berline bicolore. Il ouvre la portière et sort de la limousine comme un diable de sa boîte. Il s'approche en invectivant son homologue à casquette, qui le regarde, impassible.
- Mais où t'as trouvé ton permis, toi ?
- I beg your pardon ?
- Ça va, ça va... Laisse tomber.
Soudain, la vitre arrière gauche commence à s'abaisser. Un visage sévère apparaît. Ses cheveux gris et courts sont impeccablement plaqués, le sexagénaire porte un manteau en alpaga de bonne coupe.
- J'y crois pas Miss Daisy, t'écoutes encore David Oistrakh ? assène le jeune homme, tandis que le concerto pour violon et orchestre de Tchaïkovski s'échappe des haut-parleurs encastrés dans les portières.
L'homme le dévisage, l'air surpris. Contre toute attente, il parle français. Avec un fort accent américain, mais français.
- Je vois. Quel violon vous conviendrait ? demande-t-il en esquissant un sourire.
Jean hésite.
- Je sais pas, j'aime bien Heifetz. En voilà un qu'il ne connaîtra pas...
- Heifetz... C'est banal ! Pourquoi pas Menuhin, hein ?
- Menuhin...
Encore mieux ! Il est coriace.
- Auer, maybe ?
Le regard du passager de la berline est à la fois inquisiteur et bienveillant, comme s'il prenait un plaisir certain à ce petit jeu.
Le jeune homme sursaute, soudain piqué au vif.
- Vous foutez pas de moi ! There is no Auer recording, pas d'enregistrement d'Auer ! Vous me prenez pour un débutant ?
Le visage de son interlocuteur se fend d'un large sourire.
- Et pourquoi ?
- Auer n'a jamais enregistré le concerto parce qu'il n'arrivait pas à le jouer correctement ! Trop technique. Quand on pense que Tchaïkovski l'avait écrit pour lui... quel gâchis ! Bon, c'est pas que je m'ennuie, mais...
- Attendez...

Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  2/25

Challenge New-York 2013
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23 juillet 2013

Le canapé rouge - Michèle Lesbre

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Sabine Wespieser - août 2007 - 148 pages

Folio - avril 2009 - 144 pages

Quatrième de couverture : 
Dans le transsibérien qui la conduit à Irkoutsk, tandis que défilent les paysages, Anne songe à l'amitié qui la lie à une vieille dame, Clémence Barrot, laissée à Paris. Elle lisait à cette ancienne modiste la vie de femmes libres et courageuses telle Olympe de Gouges, auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne... Et partageait avec elle des souvenirs tendres et douloureux : ceux des amours passées… 
Le dixième livre de Michèle Lesbre est un roman lumineux sur le désir, un texte limpide sur le bonheur de vivre.

Auteur : Michèle Lesbre vit à Paris. Elle a publié notamment La Belle Inutile (1991), Un homme assis (1993), Une simple chute (1997), Que la nuit demeure (1999), Nina par hasard et VictorDojlida, une vie dans l’ombre (2001), Boléro (2003), Un certain Felloni (2004), La Petite Trotteuse (2005), Le canapé rouge (2008), Sur le sable (2009), Disparitions bucoliques avec Gianni Burattoni (2010), Mais d’où venez-vous ? avec Sylvie Granotier (2010) et Un lac immense et blanc (2011).

Mon avis : (lu en juillet 2013)
Anne la narratrice est dans un train en direction du lac Baïkal, elle est partie retrouver Gyl un homme qu'elle a aimé et dont elle est sans nouvelles. Durant ce long voyage, elle observe aussi bien les paysages que ses compagnons de voyage. Elle laisse également vagabonder son esprit en pensant à sa voisine d'appartement Clémence Barrot. C'est une vieille dame qui vit dans le souvenir de Paul son grand amour assassiné durant la Seconde Guerre Mondiale. Clémence a été modiste, Anne vient la voir régulièrement pour lui faire la lecture et pour bavarder autour de la littérature, des souvenirs... A son retour, Anne compte bien retrouver Clémence sur son canapé rouge pour lui raconter son voyage.
Jolie histoire, j'ai préféré les échanges entre Clémence et Anne que le voyage en Sibérie où je me suis un peu perdue...

Extrait : (début du livre)
Sur un chemin de terre, un homme roulait une cigarette, debout, près d'un side-car vert, scarabée géant, compagnon de solitude. L'homme et sa machine, ensemble. De loin je reconnaissais tous les gestes, Gyl aussi roulait ses cigarettes. Il retenait la pincée de tabac au creux de la main, l'effritait du bout des doigts, la répartissait dans la pliure de la feuille, enfermait le tout après un léger coup de langue sur le bord du papier gommé. L'odeur de miel et de foin flottait, même si j'étais derrière la vitre du compartiment et l'homme à une dizaine de mètres. J'entendais presque le bruissement du tabac, j'imaginais les doigts agiles, le geste machinal, la tête ailleurs. Moment suspendu, rituel, intime. Il n'avait pas un regard pour le train qui reprenait de la vitesse et je pensais que c'était ça aussi le voyage, me réveiller quelque part en Sibérie, mais où ? Voir un homme se rouler une cigarette, le perdre de vue très vite, me souvenir de lui toujours.
Aujourd'hui encore, il m'arrive de penser à la brève apparition de cet inconnu surpris dans son intimité, à d'autres aussi qui de façon mystérieuse se sont installés dans ma mémoire, comme des témoins silencieux de mes errances.
C'était un moment de ma vie où la présence obsédante du monde, l'impuissance de tous les discours et celle de théories usées tourmentaient mes jours et mes nuits. Il me semblait n'avoir prise sur rien, le temps voulait m'engloutir, il m'engloutissait, du moins avais-je cette impression d'une lente et inexorable fin de tous nos espoirs. Je n'étais pas seule à percevoir cette insidieuse érosion des certitudes qui avaient emballé notre jeunesse, mais ce qui m'effrayait c'était le sentiment, que partageaient quelques-uns de mes amis, de ne rien pouvoir d'autre que de m'abîmer dans ce constat. J'avais lu dans un roman à propos de la mort des théories, On se demande jusqu'à quel point on les avait prises au sérieux. J'en voulais à l'auteur pour sa cruelle hypothèse. Ce monde rêvé, cette belle utopie : être soi, pleinement soi, mais aussi transformer la société tout entière, pouvaient-ils n'être qu'enfantillages ? Nous consolaient-ils seulement d'être les héritiers orphelins des dérives commises à l'Est et ailleurs, que certains de nos aînés avaient fait semblant d'ignorer ?
Gyl, lui, ne voulait pas renoncer à tout ce qui avait donné du sens à sa vie jusque-là, bâtir un monde idéal. Sur un coup de tête, il était allé vivre au bord du lac Baïkal, peindre, faire du théâtre avec les habitants, monter des pièces de Vampilov qui avait exercé toute sa carrière à Irkoutsk. Ce choix m'inquiétait, mais je comprenais à quel point il était symbolique et désespéré à la fois. Inutile de le retenir, rien ni personne ne l'avait jamais retenu. Les premiers six mois, il écrivait souvent, racontait qu'il avait le temps d'aller pêcher l'omoul dans le lac, de fabriquer des cerfs-volants pour les enfants.
Puis, le silence.
Après des semaines sans nouvelles, j'avais décidé de faire le même voyage, dans le même train. Nos quotidiens s'étaient séparés depuis longtemps, mais nous avions beaucoup partagé. L'idée d'un quelconque danger le concernant me plongeait dans une indicible angoisse. L'homme debout près de sa machine était peut-être un signe, je me rapprochais de Gyl. Ces gestes familiers pouvaient en être la preuve, j'avais besoin de m'en convaincre.

  Challenge Petit BAC 2013
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"Couleur"

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22 juillet 2013

C'est lundi que lisez-vous ? [135]

BANNIR
(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

 Heidi_and_her_grandfather_jessie_willcox_smith 9782330018962 profanes

Heidi - Johanna Spyri 
Le gardien de phare - Camilla Läckberg 
Profanes - Jeanne Benameur

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Zalbac Brothers - Karel de la Renaudière (Albin Michel)
1Q84 - Haruki Murakami (livre audio)

Que lirai-je cette semaine ?

Une odeur de henné - Cécile Oumhani
Conflit de voisinage - Rafaële Rivais (Max Milo)
Un père en colère - Jean-Sébastien Hongre (Max Milo)

Bonne semaine et bonnes lectures !

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20 juillet 2013

Profanes - Jeanne Benameur

profanes Actes Sud - janvier 2013 - 240 pages

Grand Prix RTL Lire 2013

Quatrième de couverture :
Ancien chirurgien du coeur, il y a longtemps qu’Octave Lassalle ne sauve plus de vies. À quatre-vingt-dix ans, bien qu’il n’ait encore besoin de personne, Octave anticipe : il se compose une “équipe”. Comme autour d’une table d’opération – mais cette fois-ci, c’est sa propre peau qu’il sauve. Il organise le découpage de ses jours et de ses nuits en quatre temps, confiés à quatre “accompagnateurs” choisis avec soin. Chacun est porteur d’un élan de vie aussi fort que le sien, aussi fort retenu par des ombres et des blessures anciennes. Et chaque blessure est un écho.

Dans le geste ambitieux d’ouvrir le temps, cette improbable communauté tissée d’invisibles liens autour d’indicibles pertes acquiert, dans l’être ensemble, l’élan qu’il faut pour continuer. Et dans le frottement de sa vie à d’autres vies, l’ex-docteur Lassalle va trouver un chemin.
Jeanne Benameur bâtit un édifice à la vie à la mort, un roman qui affirme un engagement farouche. Dans un monde où la complexité perd du terrain au bénéfice du manichéisme, elle investit l’inépuisable et passionnant territoire du doute. Contre une galopante toute-puissance du dogme, Profanes fait le choix déterminé de la seule foi qui vaille : celle de l’homme en l’homme.

Auteur :  Née 1952, en Algérie d'un père tunisien et d'une mère italienne, Jeanne Benameur vit en France depuis l'âge de 5 ans. Elle débute sa carrière d'écrivain avec des livres de jeunesse comme 'Samira des quatre routes' ou 'Adil coeur rebelle', avant d'ouvrir son registre à la littérature pour adulte. Lauréate du prix Unicef en 2001, Jeanne Benameur se distingue sur la scène littéraire avec 'Les Demeurées', l'histoire d'une femme illettrée et de sa fille. Directrice de collection chez Actes Sud junior ainsi qu'aux éditions Thierry Magnier, l'auteur publie son autobiographie, 'Ça t'apprendra à vivre' en 1998. Influencée par ses origines culturelles, Jeanne Benameur s'inspire aussi de son expérience d'enseignante pour évoquer les thèmes de l'enfance (' Présent ?') mais aussi de la sensation et du corps (' Laver les ombres') dans un style pudique et délicat. Elle publie aussi 'Les Mains libres'.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
A 90 ans, Octave Lassalle décide de s'entourer de quatre personnes pour l'aider dans son quotidien lorsqu'il aura perdu son autonomie. Il préfère anticiper. Il organise ses journées et ses nuits avec la présence de l'un des quatre à tout moment. Le matin, c'est Marc qui est présent, il s'occupe du petit-déjeuner d'Octave et de l'entretien du jardin. Puis c'est Hélène qui est là l'après-midi, elle a comme mission de peindre le portrait de Claire la fille d'Octave qui est morte accidentellement à l'âge de 19 ans. Puis c'est Yolande qui vient s'occuper de la maison, du ménage, du dîner et enfin c'est Béatrice qui est présente durant la nuit.
A chacun des quatre, il confie la clé de la maison et la possibilité de disposer d'une chambre au deuxième étage de la maison pour y venir même en dehors de leurs heures de travail.
Le lecteur découvre peu à peu que chacun des personnages cachent des douleurs personnelles et en accompagnant Octave dans sa vie personnelle, en se croisant ils vont faire évoluer leur vie.  
Avec une écriture sensible, émouvante et pleine de poésie, Jeanne Benameur nous livre des personnages attachants et profonds qui ensemble vont réussir à dépasser leurs douleurs et prendre confiance. Une histoire originale, magnifique, qui fait du bien et nous invite à réfléchir. Un vrai coup d
cœur pour moi. 
 

Autres avis :  Un autre endroit pour lireClara, Noukette, Stéphie, Aifelle 

Extrait : (début du livre)
Ils sont là, derrière la porte. Il ne faut pas que je rate mon entrée.

Maintenant que je les ai trouvés, tous les quatre, que je les ai rassemblés, il va falloir que je les réunisse. Réunir, ce n'est pas juste faire asseoir des gens dans la même pièce, un jour. C'est plus subtil. Il faut qu'entre eux se tisse quelque chose de fort.
Autour de moi, mais en dehors de moi.
Moi qui n'ai jamais eu le don de réunir qui que ce soit, ni famille ni amis. A peine mon équipe à la clinique, parce qu'ils y mettaient du leur. Je leur en savais gré. Ce n'est pas la même affaire dans une clinique, les choses se font parce que sinon c'est la vie qui part. Ce n'est pas autour de moi qu'ils étaient réunis, c'était contre la mort. Et ça, c'est fort.
Là, j'ai su tenir ma place.

J'ai quatre-vingt-dix ans. J'ai à nouveau besoin d'une équipe.
Il faut que ces quatre-là, si différents soient-ils, se tiennent. Pour mon temps à venir. Je m'embarque pour la partie de ma vie la plus précieuse, celle où chaque instant compte, vraiment. Et j'ai décidé de ne rien lâcher, rien.
Les quatre, là, derrière la porte, je les ai choisis avec soin, tant que ma conscience est aiguë. Pas question qu'on me colle n'importe qui pour s'occuper de ma carcasse quand il sera trop tard pour choisir. J'ai encore toutes mes facultés intellectuelles et physiques, même si le corps fatigue trop vite, regimbe et pousse trop la douleur dans les articulations. Je n'ai pas besoin d'eux aujourd'hui, mais j'ai toujours su anticiper.
C'est ce qui a fait de moi un bon chirurgien.
Un bon chasseur aussi.
Un paradoxe, oui, il a toujours fallu une once de mort dans ma vie.
Les bêtes tuées en plein élan, c'était mon tribut à payer. Juste "redonner la vie" à des patients, c'aurait été se prendre pour Dieu. La chasse, c'était ma façon de garder l'équilibre. Je n'y prenais pas vraiment de plaisir. Je buvais avec les autres après, je festoyais aussi. Et je retournais à la clinique.
J'ai arrêté la chasse le jour où je n'ai plus opéré.

Depuis j'ai eu le temps de réfléchir, de décider. Pas de pourriture dans le vivant, alors pas d'arrêt. C'est l'arrêt du désir qui fait le nid à tout ce qui crève. Plus d'élan, plus de vie.
Et moi je veux vivre. Pas en attendant. Pleinement.

J'ai trop vu comment ça se passait pour ceux qu'on appelle "les patients". C'est dans les chairs aussi, leur "patience". C'est cette "patience" que j'ai essayé d'extraire chaque fois que j'opérais. Cette patience-là n'est pas une vertu, quoi qu'on en dise. J'y ai mis toute ma science de bon chirurgien.

  logo_bibli_IGN_20

Déjà lu du même auteur :
les_demeur_es Les Demeurées les_mains_libres_p_ Les Mains libres 
c_a_t_apprendra___vivre Ça t'apprendra à vivre laver_les_ombres  Laver les ombres 
si_m_me_les_arbres_meurent_2 Si même les arbres meurent pr_sent Présent ? 
les_insurrections_singuli_res Les insurrections singulières

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18 juillet 2013

Le gardien de phare - Camilla Läckberg

9782330018962 Actes Sud - juin 2013 - 460 pages

traduit du suédois par Lena Grumbach

Titre original : Fyrvaktaren, 2009

Quatrième de couverture : 
Par une nuit d’été, une femme se jette dans sa voiture. Les mains qu’elle pose sur le volant sont couvertes de sang. Avec son petit garçon sur le siège arrière, Annie s’enfuit vers le seul endroit où elle se sent en sécurité : la maison de vacances familiale, l’ancienne résidence du gardien de phare, sur l’île de Gråskär, dans l’archipel de Fjällbacka. Quelques jours plus tard, un homme est assassiné dans son appartement à Fjällbacka.
Mats Sverin venait de regagner sa ville natale, après avoir travaillé plusieurs années à Göteborg dans une association d’aide aux femmes maltraitées. Il était apprécié de tous, et pourtant, quand la police de Tanumshede commence à fouiller dans son passé, elle se heurte à un mur de secrets. Bientôt, il s’avère qu’avant de mourir Mats est allé rendre une visite nocturne à Annie, son amour de jeunesse, sur l’île de Gråskär – appelée par les gens du cru “l’île aux Esprits”, car les morts, dit-on, ne la quittent jamais et parlent aux vivants…
Erica, quant à elle, est plus que jamais sur tous les fronts. Tout en s’occupant de ses bébés jumeaux, elle enquête sur la mort de Mats, qu’elle connaissait depuis le lycée, comme Annie. Elle s’efforce aussi de soutenir sa soeur Anna, victime, à la fin de La Sirène, d’un terrible accident de voiture aux conséquences dramatiques… Avec Le Gardien de phare, Camilla Läckberg poursuit la série policière la plus attachante du moment.

Auteur : Née en 1974, Camilla Läckberg est l’auteur d’une série de romans policiers mettant en scène le personnage d’Erica Falck et de son compagnon le commissaire Patrik Hedström. L’intrigue se situe toujours à Fjällbacka, ancien port de pêche de la côte ouest en Suède, reconverti en station balnéaire, qui sous des apparences tranquilles cache de sordides relations humaines.
Après La Princesse des glaces (2008), Le Prédicateur (2009), Le Tailleur de pierre (2009), L’Oiseau de mauvais augure (2010), L’Enfant allemand (2011) et La Sirène (2012), Le Gardien de phare est le septième volet de la série policière la plus attachante du moment. 

Mon avis : (lu en juillet 2013)
C'est le 7ème épisode des aventures d'Erica Falck et Patrik Hedström. Dans l'épisode précédent, nous avions quitté Erica en mauvaise posture puisqu'elle venait d'avoir un terrible accident de voiture... Nous la retrouvons s'occupant de sa petite famille, avec Maja et ses petits frères jumeaux Noel et Anton. Patrik vient de reprendre le travail après trois mois d'arrêt de maladie. 
Tout commence avec la fuite d'une mère avec son fils de cinq ans. Annie se réfugie sur la petite île de Gråskär où se trouve sa maison d'enfance et un vieux phare. A Fjällbacka, après rénovation un établissement de remise en forme est sur le point d'être inauguré. Mais Mats Sverin, le directeur financier du projet, est retrouvé assassiné dans son appartement. Il y a également un retour vers le passé avec une histoire de gardien de phare sur l'île de Gråskär... Une intrigue haletante, des histoires multiples, des pistes nombreuses, impossible de lâcher le livre avant de le terminer !

Mon avis manque certainement d'objectivité, car je suis une inconditionnelle de cette série de Camilla Läckberg, sa recette est peut-être toujours la même mais je prend toujours autant de plaisir à suivre Erica et Patrik à Fjällbacka. Et après avoir tourné la dernière page, j'attends avec impatience la parution en français du prochain épisode... (il en existe encore un pas encore traduit).

Extrait : (début du livre)
C’est seulement lorsqu’elle posa ses mains sur le volant qu’elle vit qu’elles étaient pleines de sang. Ses paumes collaient au cuir. Elle enclencha quand même la marche arrière et sortit un peu trop brutalement de l’allée du garage. Le gravier crissa sous les pneus.
Le trajet en voiture allait être long. Elle jeta un coup d’œil vers le siège arrière. Sam dormait, enveloppé dans une couverture. Elle aurait dû lui mettre la ceinture de sécurité, mais elle n’avait pas le cœur de le réveiller. Elle conduirait prudemment. Par réflexe, elle leva le pied de l’accélérateur.
La nuit d’été commençait déjà à s’éclaircir. Les heures sombres étaient passées avant même d’avoir eu le temps de s’installer. Pourtant cette nuit paraissait interminable. La donne avait complètement changé. Les yeux bruns de Fredrik fixaient le plafond, immobiles, et elle avait compris qu’elle ne pouvait rien faire. Elle était obligée de se mettre en sécurité avec Sam.
Ne pas penser au sang, ne pas penser à Fredrik.
Il n’y avait qu’un endroit où elle pouvait se réfugier.
Six heures plus tard, ils arrivèrent. Fjällbacka se réveillait tout juste. Elle gara la voiture devant le Sauvetage en mer et se demanda un instant comment elle ferait pour tout emporter.
Sam dormait toujours profondément. Elle trouva un paquet de mouchoirs en papier dans la boîte à gants et s’essuya les mains du mieux qu’elle put. Le sang était tenace, il était difficile à nettoyer. Puis elle sortit les valises du coffre arrière et les tira rapidement vers Badholmen où le bateau était amarré. De peur que Sam ne se réveille pendant son absence, elle avait fermé la voiture à clé pour qu’il ne puisse pas en sortir et tomber à l’eau. Elle descendit péniblement les valises jusqu’au bateau et ouvrit le cadenas de la chaîne censée protéger des vols. Puis elle retourna à la voiture en courant presque et constata avec soulagement que Sam dormait encore paisiblement. Elle le souleva et le porta, enveloppé dans sa couverture. Le regard fixé sur ses pieds, elle parvint à monter à bord sans glisser. Doucement, elle posa Sam directement sur le plancher et tourna la clé de contact. Le moteur toussa, puis démarra à la première tentative. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas piloté ce bateau, mais elle était confiante, elle y arriverait. Quittant l’emplacement en marche arrière, elle sortit du port.
Le soleil s’était levé mais ne chauffait pas encore. Elle sentait ses muscles se relâcher petit à petit, la tension cédait et l’horreur de la nuit perdait un peu de son emprise. Elle regarda Sam. Pourvu qu’il n’en garde pas de séquelles. À cinq ans, on est fragile. Comment savoir si rien ne s’était brisé en lui ? Elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour le guérir. Des bisous pour éloigner le mal, comme quand il tombait à vélo et s’écorchait les genoux. 
Elle connaissait bien le trajet. Chaque île, chaque rocher. Elle mit le cap sur Väderöbod et s’éloigna de plus en plus de la côte. Les vagues étaient plus grosses ici, et l’étrave cognait contre l’eau en retombant après chaque crête. Elle savoura la sensation des embruns lui éclaboussant le visage et s’autorisa à fermer les yeux quelques secondes. En les rouvrant, elle aperçut Gråskär au loin. Son cœur frétilla comme toujours quand l’île apparaissait et qu’elle voyait la petite maison et le phare, blanc et fier, dressé vers le ciel bleu. Elle était encore trop loin pour voir la couleur de la maison, mais elle se rappelait sa nuance gris clair et les menuiseries blanches. Et les roses trémières qui poussaient devant le mur le plus abrité. C’était son refuge, son paradis. Son île. Gråskär.

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Déjà lu du même auteur :

la_princesse_des_glaces La Princesse des glaces  le_pr_dicateur Le Prédicateur

le_tailleur_de_pierre Le Tailleur de pierre l_oiseau_de_mauvais_augure L'Oiseau de mauvais augure

l_enfant_allemand L'Enfant allemand cyanure Cyanure la_sir_ne La Sirène 

  Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Objet"

Challenge Trillers et Polars
 88054471_o
catégorie "Même pas peur" :  1/25

 Challenge Voisins, voisines

voisins_voisines_2013
Suède

  Défi Scandinavie noire 2012

dc3a9fi_scandinavie_noire
Suède

Challenge Cap au Nord
cap_au_nord

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16 juillet 2013

Heidi - Johanna Spyri

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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 Heidi_and_her_grandfather_jessie_willcox_smith heidi_flammarion heidi_nathan heidi_casterman heidi_rouge_et_or heidi_folio_2011

litteratureaudio.com - novembre 2011 - lu par Florent

Flammarion - octobre 1995 - 

Nathan - juin 2002 - 188 pages

Casterman - mars 2005 - 210 pages

Rouge et Or - février 2010 - 188 pages

Folio junior - octobre 2011 - 200 pages

traduction anonyme (1882)

Présentation : Dans le massif alpin, un matin d’été, une jeune femme revient dans son village natal, accompagnée d’une petite fille, Heidi. Cette arrivée inattendue ne tarde pas à éveiller la curiosité des habitants. La jeune femme leur apprend qu’elle vient avec la ferme intention de laisser l’enfant à son grand-père. Les villageois sont stupéfaits. Comment est-il possible de songer, ne serait-ce qu’un instant, à laisser une fillette à un vieil homme bourru vivant presque comme un ermite, en haut des montagnes ?

Auteur : Johanna Spyri-Heuser (1827-1901) est née en Suisse. Le premier volume de Heidi paraît en Allemagne en 1880, suivi d'un second en 1881, Heidi grandit. Ce fut immédiatement un immense succès à tel point que ses livres furent traduits en des dizaines de langues et qu'ils furent adaptés pour le cinéma, la télévision et même l'opéra.

Mon avis : (écouté en juin 2013)
Je n'ai pas trouvé de livre audio "jeunesse" en bibliothèque, j'ai donc été chercher sur internet des livres audio gratuit. Le premier livre choisi était un Jules Verne que j'ai finalement abandonné le lecteur ayant un accent trop prononcé... 

Je me suis donc rabattue sur "Heidi", livre que j'ai lu et relu lorsque j'étais enfant. Je n'avais pas réalisé à l'époque que le livre avait été écrit à la fin du XIXème siècle. 
Heidi est orpheline, elle va habiter chez son grand-père sur l'alpage. Elle se lie avec Peter le petit chevrier, la grand-mère et bien sûr son grand-père. Elle est heureuse dans les montagnes. Pourtant, sa tante vient la chercher pour aller vivre à Francfort en Allemagne pour tenir compagnie à Clara Sesemann qui est paralysée. Heidi découvre la grande ville et une grande maison avec domestiques. Malgré sa nature gaie et optimiste, les montagnes et la nature lui manquent et elle tombera malade. 
Même si l'histoire et le vocabulaire ont pas mal vieilli, le personnage d'Heidi m'a touchée comme la première fois que je l'ai découvert. J'avais oublié la partie de l'histoire à Francfort...

Ce livre audio peut-être téléchargé gratuitement ici

Extrait : (début du livre)
Quand on quitte le riant village de Mayenfeld pour gravir la montagne à l’aspect imposant et sévère qui domine cette partie de la vallée, on s’engage d’abord dans un joli sentier de plaine à travers champs et vergers. Au pied de la montagne le sentier change brusquement de direction et monte tout droit jusqu’au sommet ; à mesure qu’on s’élève, l’air devient plus vif, et l’on respire à pleines bouffées les fortes senteurs des pâturages et des herbes alpestres. 
C’est ce sentier que gravissait par une brillante matinée de juin une grande et robuste fille de la contrée, tenant par la main une enfant dont le visage paraissait en feu malgré sa peau brunie. Ce n’était pas étonnant, car, en dépit de la chaleur de juin, la pauvre enfant était empaquetée comme au gros de l’hiver. Elle pouvait avoir cinq ans, mais véritable taille disparaissait sous une accumulation de vêtements : deux robes l’une sur l’autre, un gros mouchoir de coton rouge croisé par dessus, et d’épais souliers de montagne garnis de clous ; la pauvre petite suffoquait et avait bien de la peine à avancer. 
Il y avait une heure environ que les deux voyageuses avaient commencé à gravir le sentier, lorsqu’elles arrivèrent au hameau de Dörfli, situé à mi-chemin du sommet ; c’était le village natal de la jeune fille, aussi s’entendit-elle bientôt appeler de tous côtés ; les fenêtres s’ouvraient, les femmes paraissaient sur le seuil de leur porte, chacune voulait l’arrêter au passage et échanger quelques mots avec elle. Mais elle ne fit halte nulle part, se contenta de répondre en passant aux salutations et aux questions, et ne ralentit sa marche que lorsqu’elle se trouva devant une maison isolée à l’extrémité du hameau. Une voix l’appela par la porte ouverte : 
– C’est toi, Dete ? Attends un instant ; nous ferons route ensemble, si tu vas plus loin. Ainsi interpellée, la jeune fille s’arrêta, et l’enfant en profita aussitôt pour dégager sa main et s’asseoir sur le bord du sentier. 
– Es-tu fatiguée, Heidi ? demanda sa compagne. 
– Non, mais j’ai trop chaud, répondit la fillette. 
– Nous serons tout de suite en haut ; il te faut prendre encore un peu courage et faire de grands pas ; dans une heure nous serons arrivées. 
À ce moment, une grosse femme à la figure jeune et bienveillante sortit de la maison et les rejoignit. L’enfant se leva et se remit à marcher derrière les deux amies qui entamèrent aussitôt une conversation animée sur tous les habitants de Dörfli et des localités voisines. 
– Mais, où vas-tu donc avec cette petite, Dete ? demanda enfin la nouvelle venue. C’est sans doute l’enfant que ta sœur vous a laissé ? 
– Oui, répondit Dete, je la mène chez le Vieux de l’Alpe où elle restera. 
– Comment, tu veux que cette enfant reste chez le Vieux de l’Alpe ? Je crois vraiment que tu as perdu la tête, Dete ; comment peux-tu faire une chose pareille ! Tu verras comme il va t’envoyer promener avec ta proposition. 
– Par exemple ! il est le grand-père de la petite, il faut qu’il fasse sa part ; c’est moi qui l’ai eue sur les bras jusqu’à présent. Du reste, tu peux bien être sûre, Barbel, que ce n’est pas à cause d’elle que je vais laisser échapper une place comme celle qu’on m’offre. C’est le tour du grand-père, à présent.


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15 juillet 2013

C'est lundi que lisez-vous ? [134]

BANNIR
(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

la_grande_odalisque completement_crame les_lumi_res_du_ciel

Un livre pour la Rentrée Littéraire 2013 (Libfly) 
La Grande Odalisque - Vivès, Ruppert et Mulot 
Complètement cramé ! - Gilles Legardinier 
Les lumières du ciel - Olivier Maulin

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Le gardien de phare - Camilla Läckberg
1Q84 - Haruki Murakami (livre audio)

Que lirai-je cette semaine ?

Profanes - Jeanne Benameur
Zalbac Brothers - Karel de la Renaudière (Albin Michel)
Conflit de voisinage - Rafaële Rivais (Max Milo)

Bonne semaine et bonnes lectures !

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Les lumières du ciel - Olivier Maulin

 Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : LUMIERE

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Balland - octobre 2011 - 252 pages

Pocket - février 2013 - 245 pages

Quatrième de couverture :
Paul-Emile Bramont n'est pas un foudre de guerre. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne voue pas au travail la vénération exigée par l'époque. Prince des ratés, il explore avec sérénité les bas-fonds de l'ambition, passant d'un hôtel miteux à un boulot minable et à des combines louches. Accompagné de son copain Momo, dj de patinoire de son état, et Bérangère, la femme d'un chirurgien plasticien, sa maîtresse du moment, il décide de fuir cette société basée sur le culte de la technique et de la consommation à tout-va et prend la route. Au cours de ce road-trip chaotique, ils découvriront Jérusalem, un hameau paisible où la loi du marché n'existe pas. On y boit sous les étoiles, on y lance des grenades pour combattre des chimères et les nuits sont enchantées. Ils y croiseront un curé anarchiste, un clochard amoureux des armes à feu et un militant primitiviste radical, tous en guerre contre le monde moderne et toute forme de production. Ils entrevoient alors un autre monde, un monde auquel il faudrait d'ores et déjà se préparer.

Auteur : Né en Alsace en 1969, Olivier Maulin vit et travaille aujourd'hui à Paris. Après des études sur l'histoire du Brésil à la Sorbonne et avoir exercé divers métiers (employé de banque, barman, conférencier, vendeur de sapins de noël ou facteur), il écrit aujourd'hui pour la presse notamment sur l'écologie ainsi que des scénarios. 
En 2006, il publie son premier roman En attendant le roi du monde, Prix Ouest France/Étonnants Voyageurs, pour lequel il est sélectionné au Festival du Premier Roman de Laval. Suivront quatre autres romans :Les Évangiles du Lac (2008), Derrière l'horizon (2009) et Petit monarque et catacombes (2009), ainsi que Les lumières du ciel (2011), sélectionné pour le Prix Flore 2011.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
Livre que j'avais remarqué à sa sortie par sa couverture surprenante...
Paul-Emile Bramont ou Mimile ne court pas après le travail, il se contente de petits boulots ou profite de la gentillesse de ses amis. Après un travail de vendeur de sapins de Noël sur un parking de supermarché qui lui a permis de gagner une belle somme pour lui, il décide de partir quelques jours en vacances sur la Côte d'Azur. Il part vers le sud à bord d'une vieille Fiat Panda avec Bérangère, une femme au foyer sans enfants, très riche et son ami Momo, DJ dans une patinoire. La rencontre avec un auto-stoppeur vont leur faire faire un détour par Jérusalem, un petit hameau des Cévennes où une dizaine d'habitants vivent en autarcie, un peu à la baba cool, loin du monde moderne.
Une histoire pleine d'humour, avec des personnages haut en couleurs qui fait la critique de notre société de consommation. J'ai trouvé ce livre amusant et facile à lire mais sans plus, certaines situations peu crédibles ont alourdi l'histoire. Je n'en garderai pas un grand souvenir.

Autre avis : Canel

Extrait : (début du livre)
J'avais laissé la fenêtre ouverte pendant la nuit. Il avait plu à l'intérieur de la piaule. Le parquet était tout taché, ça sentait le bois mouillé. Les toits brillaient, les pigeons roucoulaient, la matinée était froide mais ensoleillée, une belle journée de fin d'automne. Je ne sais pas pourquoi mais j'avais l'impression qu'elle était pleine de promesses pour moi. J'ai rempli le lavabo d'eau froide, j'ai plongé ma tête dedans, j'ai soigneusement peigné mes cheveux mouillés, je me suis habillé et je suis descendu.

À peine le patron m'a-t-il vu qu'il s'est mis à tapoter de ses gros doigts sur le comptoir de la réception d'un air agacé. Il avait une gueule d'hippopotame, des chemises jaunes puantes en lin froissé et se croyait à la tête du Georges- V. Un vrai con.
- Salut, patron, belle journée en perspective, j'ai dit d'un air enjoué.
- Te fous pas de ma gueule, par-dessus le marché, petit salaud ! il a répondu. J'en ai plein le dos de tes boniments ! C'est pas l'Armée du salut, ici !
- Ben alors, en voilà des manières ! Et la politesse ? La courtoisie ? Piliers de la civilisation !
- Tu veux mon pied au cul, dis ?
Il y avait une lettre dans mon casier. Je l'ai saisie d'un petit geste élégant.
- Du calme, j'ai dit. Figure-toi qu'il n'est pas exclu que je devienne millionnaire avant la fin de la journée... J'attends une grosse somme d'argent...
J'agitais la lettre sous son nez. L'hippopotame secouait la tête en levant les yeux au ciel.
- J'en ai rien à renifler que tu soyes millionnaire ! Tout ce que je veux, c'est que tu paies tes nuits ! C'est tous les jours le même baratin ! T'émerges à midi, tu dis que tu vas être millionnaire et tu rentres bourré à pas d'heure ! J'en ai marre, si tu veux savoir...
- Pas de problème, patron. Fais-moi donc un petit café, s'il te plaît.
- Va te faire foutre.
J'ai décacheté l'enveloppe et lu la lettre.
« Cher petit enculé, non content de m'avoir arnaqué comme une ordure que tu es, voilà que tu tournes autour de ma femme. Alors écoute-moi bien parce que je le dirai pas deux fois. Si je te croise à moins de cent mètres de chez moi, je te pète la gueule sans sommation. Cent mètres, pas un de moins. Signé : qui tu sais. »
Les emmerdes, ça arrive généralement par nuées, comme les sauterelles dans la Bible.

 Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Couleur"

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12 juillet 2013

Complètement cramé ! - Gilles Legardinier

completement_crame Fleuve noir - octobre 2012 - 391 pages

Quatrième de couverture :
Arrivé à un âge où ceux qu'il aimait sont loin ou disparus, Andrew Blake n'a même plus le coeur à orchestrer ses blagues légendaires avec son vieux complice, Richard. Sur un coup de tête, il décide de quitter la direction de sa petite entreprise anglaise pour se faire engager comme majordome en France, pays où il avait rencontré sa femme. Là-bas, personne ne sait qui il est vraiment, et cela lui va très bien.

En débarquant au domaine de Beauvillier, rencontres et situations qui dérapent vont vite bousculer ses plans... Entre Nathalie, sa patronne veuve aux étranges emplois du temps ; Odile, la cuisinière et son caractère aussi explosif que ses petits secrets; Manon, jeune femme de ménage perdue; Philippe, le régisseur bien frappé qui vit au fond du parc, et même l'impressionnant Méphisto, Andrew ne va plus avoir le choix. Lui qui pensait en avoir fini va être obligé de tout recommencer...

Auteur : Auteur de thrillers réputé, Gilles Legardinier a magistralement révélé une autre facette de son talent avec Demain j'arrête !, sa première comédie, qui a enthousiasmé des dizaines de milliers de lecteurs et s'est imposée comme une des surprises de l'année traduite dans déjà 6 pays. Il revient pour une histoire surprenante, avec ce ton, cette humanité débordante, ce regard décalé sur la vie qui font sa marque, nous entraînant auprès de gens qui nous parlent de très près... quel que soit leur âge. Complètement cramé ! est un hymne à la vie poignant, hilarant, qui réconcilie avec le monde.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
Une histoire qui fait du bien, pleine d'humanité. J'y ai retrouvé un peu le même esprit que dans "Ensemble, c'est tout" de Gavalda... Un livre qui donne envie d'aimer la vie et son prochain.

Andrew Blake, 66 ans veuf, chef d'entreprise, décide du jour au lendemain de tout plaquer... Il quitte l'Angleterre pour se faire engager comme majordome en France au Domaine de Beauvillier. Il va partager son quotidien avec quatre personnages Odile la cuisinière, Manon la jeune femme de ménage et lingère, Philippe le régisseur et Madame de Beauvilliers la maîtresse de maison sans oublier le chat Méphisto... Ces personnages sont des solitaires, un peu cabossés par la vie. Jusqu'à l'arrivée de Blake, ils se cotoyaient au château pour le travail mais jamais ils n'avaient vraiment communiqué... La gentillesse et l'empathie de Blake va faire changer les choses...

Cette histoire mêle humour et fantaisie, tendresse et émotions. Les personnages sont touchants, sincères et plein de tendresse. Cette lecture donne de la bonne humeur, plein de gaieté et véhicule des pensées positives. A découvrir ! 

Extrait : (début du livre)
Il faisait nuit, un peu froid. Au coeur de Londres, devant l'hôtel Savoy, sous la verrière, un homme d'un certain âge vêtu d'un smoking faisait les cent pas en consultant fébrilement son téléphone portable. L'organisateur de la soirée qui se déroulait dans le grand salon sortit du hall et s'approcha, laissant échapper par la porte tambour le son des cuivres de l'orchestre qui jouait du Cole Porter.
- Toujours pas de nouvelles de M. Blake ? demanda-t-il.
- Je fais tout ce que je peux pour le joindre, mais il ne répond pas. Laissez-moi encore une minute.
- C'est très ennuyeux. J'espère qu'il ne lui est rien arrivé de grave...
«Être mourant serait pourtant sa seule excuse valable !» pensa l'homme au téléphone.
A peine l'organisateur reparti, il composa le numéro du domicile de son plus vieil ami. Après le message d'accueil du répondeur, il déclara d'une voix blanche :
- Andrew, c'est Richard. Si tu es là, je t'en supplie, décroche. Tout le monde t'attend ici. Je ne sais plus quoi leur dire...
Soudain, son comparse prit l'appel.
- Tout le monde m'attend où ?
- Dieu soit loué, tu es là ! Ne me dis pas que tu as oublié la soirée du Prix d'Excellence industrielle... Je t'avais prévenu que je m'arrangerais pour que tu sois nommé.
- C'est gentil à toi, mais je n'ai pas le coeur à ça.
- Andrew, non seulement tu es nommé, mais c'est toi le vainqueur. Je te l'annonce, c'est toi qui remportes le prix.
- C'est bouleversant. Et qu'est-ce qu'on gagne ? Vu l'âge des participants, ce n'est sûrement pas un truc qui se croque. Un lavement ? Une coelioscopie ?
- Ce n'est vraiment pas le moment de plaisanter. Tu t'habilles et tu rappliques.
- Je ne rapplique nulle part, Richard. Je me souviens que tu m'avais parlé de ce prix, et je me souviens aussi parfaitement t'avoir dit que cela ne m'intéressait pas.
- Tu te rends compte de la position dans laquelle tu me mets ?
- C'est une situation dans laquelle tu t'es mis tout seul, mon lapin. Je n'ai rien demandé. Imagine que je te commande deux tonnes d'huîtres parce que je t'aime bien et qu'après, je fasse la comédie pour que tu les manges...
- Arrive immédiatement, sinon je dis à ta femme de ménage que tu fais du vaudou et elle ne mettra plus jamais les pieds chez toi.
Blake éclata de rire au nez de son ami.
- Il faut que tu sois dans un sale traquenard pour brandir ce genre de foutaises ! Faire peur à Margaret, la pauvre. Franchement. C'est comme si je menaçais de balancer ta femme au Service de Protection du Bon Goût pour ce qu'elle a fait à sa coiffure et à votre caniche...

 

Challenge 7% Littéraire 2012

  logochallenge2  
44/49

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10 juillet 2013

Challenge Thrillers et Polars - Bilan

challenge_thriller_polars 
 Challenge Thrillers et Polars, chez Liliba
j'avais choisi la catégorie "Même pas peur",
l'objectif était de lire au moins 12 thrillers ou polars du 5 juillet 2012 au 5 juillet 2013

Objectif atteint !

livre n°1 : La Sirène - Camilla Läckberg (Suède)
livre n°2 : Comme dans un miroir - Gunnar Staalesen (Norvège)
livre n°3 : Au lieu-dit Noir-Etang –Thomas H. Cook 
livre n°4 : L'enfant aux cailloux – Sophie Loubière 
livre n°5 : Le guerrier solitaire - Henning Mankell (Suède)
livre n°6 : Des ombres dans la rue - Susan Hill (Grande-Bretagne)
livre n°7 : A découvert - Harlan Coben
livre n°8 : La ville des serpents d’eau - Brigitte Aubert
livre n°9 : La Reine de la Baltique – Viveca Sten
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ivre n°10 : Les visages écrasés - Marin Ledun
livre n°11 : Freezing - Clea Koff
livre n°12 : La faille souterraine et autres enquêtes - Henning Mankell 
livre n°13 : L'Affaire Jennifer Jones - Anne Cassidy
livre n°14 : Marée blanche - Jean Failler
livre n°15 : Le cercle - Bernard Minier 
livre n°16 : Avenue des géants - Marc Dugain 
livre n°17 : L’interprétation des peurs - Wulf Dorn 
livre n°18 : Furioso – Carin Bartosch Edström 
livre n°19 : Enfant 44 - Tom Rob Smith 
livre n°20 : Alex - Pierre Lemaitre
livre n°21 : Les apparences – Gillian Flynn 
livre n°22 : L'anneau de Moebius – Franck Thilliez 
livre n°23 : Orages ordinaires - William Boyd 
livre n°24 : Le Pacte - Lars Kepler 
livre n°25 : Chiens de sang - Karine Giebel 
livre n°26 : L'Ange du matin – Arni Thorarinsson 
livre n°27 : Contre toute attente – Linwood Barclay 
livre n°28 : Miss Marple I : Le Club du Mardi et Le Sanctuaire d’Astarté – Agatha Christie 
livre n°29 : La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert - Joël Dicker 
livre n°30 : Blanche-Neige doit mourir - Nele Neuhaus 
livre n°31 : Crains le pire - Linwood Barclay 
livre n°32 : Etranges rivages - Arnaldur Indridason 
livre n°33 : Celui que tu cherches - Amanda Kyle Williams 
livre n°34 : Le clandestin – John Grisham 
livre n°35 : Tabloid City - Peter Hamill 
livre n°36 : Ne t'éloigne pas - Harlan Coben 
livre n°37 : La cinquième femme - Henning Mankell 
livre n°38 : Adrenaline - Jeff Abbott 
livre n°39 : Millénium 1 : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes - Stieg Larsson 
livre n°40 : Ne lâche pas ma main – Michel Bussi 
livre n°41 : Millénium 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette - Stieg Larsson 
livre n°42 : Millenium 3 : La reine dans le palais des courants d'air - Stieg Larsson 
livre n°43 : La 5e saison - Mons Kallentoft 
livre n°44 : Les morts de la Saint-Jean - Henning Mankell 
livre n°45 : Avant d'aller dormir - SJ Watson 
livre n°46 : Miséricorde - Jussi Adler Olsen 
livre n°47 : La proie pour l'ombre - PD James 
livre n°48 : La Maison des absents - Tana French 

 

Avec un nouveau logo, Challenge Thrillers et Polars, c'est reparti pour une année !

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