19 novembre 2013

La Transcendante - Patricia Reznikov

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

9782226249715g Albin Michel - août 2013 - 288 pages

Quatrième de couverture :
« Quelques semaines après le sinistre, en fouillant dans les décombres de ma chambre, j’ai retrouvé un ouvrage intact. Un seul. C’était La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne… J’ai creusé ce livre dans tous les sens, pour y chercher une réponse, comme on remue une tombe. »

Pour tenter de renaître, Pauline part à Boston, en Nouvelle-Angleterre. Des rencontres étonnantes et baroques – un libraire-cyclope, un homme-oiseau, un professeur fantasque – la mènent sur les traces du grand écrivain romantique. Ode au rêve américain, celui de Hawthorne, Thoreau et Melville, La Transcendante est l’émouvant parcours d’une rédemption par la littérature. On y retrouve l’univers poétique et envoûtant de l’auteur de La Nuit n’éclaire pas tout, prix Cazes-Lipp 2011.

Auteur : Patricia Reznikov est franco-américaine. Auteur de plusieurs romans, nouvelles, poèmes, pièces de théâtre et albums jeunesse, elle a reçu le prix France Culture du premier roman pour Toro, le prix Thyde Monnier de la SGDL et le prix Charles Oulmont pour Le Paon du jour, et le prix Cazes-Lipp pour son dernier roman, La nuit n'éclaire pas tout (2011).

Mon avis : (lu en novembre 2013)
Pauline a tout perdu dans l'incendie de son appartement, tout a brûlé en particulier sa bibliothèque… « Tous les auteurs que j'aimais, ceux qui m'avaient aidée à me construire, ceux qui m'avaient accompagnée comme une famille, ceux qui avaient bercé mes moments de solitude, tous sont partis en fumée. » Après un séjour de quelques semaines à l'hôpital, elle revient sur les lieux du sinistre et retrouve le seul livre rescapé « La Lettre écarlate » de Nathaniel Hawthorne. Pauline décide donc de laisser sa fille à son ex-mari et de partir à Boston pour suivre les traces de Hawthorne. 
Elle va rencontrer quelques personnages hauts en couleurs, en premier lieu, Georgia, une vieille dame très originale, ancien professeur de littérature, elle va devenir son guide. Puis elle rencontrera Blake, un jeune homme, prof de philosophie.
J'ai trouvé très agréable cette lecture, je ne connaissais pas du tout « La Lettre écarlate » de Nathaniel, ni les Transcendantalistes (courant littéraire américain de la Nouvelle-Angleterre du XIXème siècle). J'ai vraiment aimé accompagner Pauline et Georgia dans cette visite historique de Boston et de ses environs.
Certains ont été gênés par les nombreuses phrases en anglais suivie de la traduction, pour ma part, n'étant pas à l'aise avec les langues étrangères, cela m'a amusée de lire de l'anglais sans faire l'effort de chercher la traduction...
J'ai aimé les personnages de Pauline et de Georgia et leurs échanges.

Merci Claire et les éditions Albin Michel pour cette très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Un jour, mon appartement a brûlé, et avec lui, toute ma bibliothèque.
Tous les auteurs que j'aimais, ceux qui m'avaient aidée à me construire, ceux qui m'avaient accompagnée comme une famille, ceux qui avaient bercé mes moments de solitude, tous sont partis en fumée. Comme dans un mauvais rêve, une sorte d'holocauste. Sont morts des poètes russes, américains, des romanciers français, anglais, allemands. Et, d'une certaine manière, moi aussi, je suis morte avec eux.
À partir de ce moment ma vie a changé. Je n'ai plus cru en rien, ni au bonheur, ni à l'immortalité, ni que la vie puisse avoir une signification. Le fait qu'un appartement et tous les souvenirs qu'il renferme, tous les secrets, se transforment en cendres, le fait d'échapper de justesse à la mort me sont apparus comme l'événement le plus sinistre, le plus dénué de sens qui soit. L'épreuve n'a pas fait de moi une meilleure personne. Je ne suis pas devenue plus sage, plus généreuse, je n'ai pas eu de révélation. Je me suis sentie amoindrie, amère. Je me suis refermée sur moi-même pour lécher mes plaies.

Quelques semaines après le sinistre, en fouillant les décombres détrempés de ma chambre, à ma sortie de l'hôpital, j'ai retrouvé un ouvrage intact. Un seul. C'était La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne, roman magnifique que j'avais eu l'intention de relire quelque temps auparavant, puis oublié près de mon lit. J'ai toujours pensé que si la vérité existait, elle ne pouvait se trouver que dans les livres, ces mêmes livres qui avaient emporté leur secret avec eux. Je me suis mise alors à le parcourir fiévreusement. J'ai creusé ce livre dans tous les sens, pour y chercher une réponse, comme on remue une tombe. Mais une réponse à quoi ?
C'est ce travail de questionnement fébrile, cette recherche un peu absurde qui m'a menée en Amérique cet été-là. J'ai voulu, pour essayer de comprendre, aller à la source du livre. À Boston, dans le Massachusetts, en Nouvelle-Angleterre.

Sans trop savoir pourquoi j'avais poussé la porte de Savenor's, une épicerie fine de Charles Street. Dehors la température était montée jusque dans les cent degrés Fahrenheit. Une chaleur inhabituelle, disaient les gens ici. La fraîcheur climatisée m'a happée dans ses bras bienfaisants. Depuis trois jours que j'avais quitté Paris et commencé d'arpenter Boston, la canicule de juillet, la fatigue, le décalage horaire et un sentiment d'absurdité se mêlaient en une sorte d'hébétude. J'étais devenue une somnambule diurne. Un hibou délogé de son trou.
J'ai circulé entre les rayons de fromages français et d épices du monde entier, regardé les produits traditionnels américains, tenté de décrypter l'étiquette de ce mystérieux apple butter, une compote de pommes longuement cuites et épicées, et étudié les différentes sortes de pains frais. Puis je me suis penchée au-dessus du petit congélateur. Des paquets étranges, de formes diverses, emballés dans du film plastique et couverts de buée, étaient rangés en bon ordre.

Challenge 4% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
19/24

50__tats
45/50 :  Massachusetts

Posté par aproposdelivres à 08:50 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , ,


18 novembre 2013

C'est lundi, que lisez-vous ? [148]

 BANNIR
(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

2013-11-01_145313 esprit_de_dhiver les_cailloux_bleus_cd 2013-11-12_152629 

Kinderzimmer - Valentine Goby 
Esprit d'hiver - Laura Kasischke 
Les cailloux bleus - Christian Signol 
Ici ça va - Thomas Vinau

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

La Transcendance - Patricia Reznikov (partenariat Albin Michel)
Double jeu - Jean-Philippe Blondel

Que lirai-je cette semaine ?

La mécanique du bonheur - David Bergen (partenariat Albin Michel)
Les gosses - Valérie Clo
La pendue de Londres - Didier Decoin
Au revoir là-haut - Pierre Lemaitre

Bonne semaine et bonnes lectures !

Posté par aproposdelivres à 06:37 - - Commentaires [14] - Permalien [#]

17 novembre 2013

Ici ça va - Thomas Vinau

2013-11-12_152629 Alma éditeur - août 2012 - 133 pages

Quatrième de couverture :
Un jeune couple s’installe dans une maison apparemment abandonnée. L’idée ? La rénover. Tandis qu’elle chantonne et jardine, lui, à pas prudents, essaie - en remuant les murs et la poussière - de retrouver ses souvenirs dans ce lieu qu’il habita enfant, avant que la mort soudaine du père coupe le temps en deux. Dans ce paysage d’herbes folles et de rivière, ce sont les gestes les plus simples, les événements les plus ordinaires qui vont réenchanter la vie. 
La petite voisine, la canne à pêche,  les ragondins, le mélodica, le frèe... Dans ce roman aérien et grave, Thomas Vinau aborde avec la légèreté d'un peintre d'estampes la douleur de l'absence, la fragilité de l'existence, l'art du recommencement.

Auteur : Thomas Vinau est né en 1978 à Toulouse et vit au pied du Luberon à Pertuis. Son premier roman, Nos cheveux blanchiront avec nos yeux a été publié en 2011.

Mon avis : (lu en novembre 2013)
C'est grâce au "Café Lecture" de la Bibliothèque et Emilie que j'ai découvert ce livre.
Le narrateur et sa femme viennent d'emménager à la campagne dans la maison d'enfance de celui-ci. C'est un retour à la nature mais également une reconstruction. La maison est en très mauvais état, il faut donc la rénover. Le narrateur n'était pas revenu dans cette maison après la mort brutale de son père sur ces lieux. Il va retrouver au fond d'un cabanon de jardin une malle de souvenirs. 
La nature est apaisante, la rivière, les oiseaux...
Le narrateur va pouvoir se retrouver et apprécier la simplicité du quotidien avec sa compagne et enfin pouvoir se projeter vers un avenir.
Des chapitres de une à deux pages, des phrases courtes, parfois sans verbe. Une belle écriture poétique. Une lecture qui fait du bien. 

Extrait : (début du livre)
Ici ça va. La maison n'est pas toute neuve mais elle est propre et les plafonds sont hauts. Au moment où Ema a ouvert la porte grinçante, dont le bois humide avait gonflé autour des gonds et de la serrure, il y a eu comme un grand silence de poussière et de souvenirs. Les tomettes usées du sol, les toiles d'araignée qui voilent les fenêtres, l'odeur de renfermé, je ne sais pas pourquoi, j'ai ressenti de la tendresse pour cet endroit. C'est plutôt bon signe. Il faudra se l'approprier bien sûr, reconstruire quelque chose, mais une fois que nous l'aurons tout installé, je pense que nous ne serons pas trop mal. C'est toujours mieux qu'avant. Et puis il y a la lumière. Omniprésente. On dirait parfois qu'elle monte de la terre. Avec le bruit de la rivière. Qui lui sert d'escalier.

 

Posté par aproposdelivres à 06:35 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

16 novembre 2013

Les cailloux bleus - Christian Signol

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

_coutons_un_livre

les_cailloux_bleus_cd 12_logo_les_cailloux_bleus1984 cailloux_bleus_FL cailloux_bleus_pocket1986 cailloux bleus_1990cailloux bleus_mai1990les_cailloux_bleus_robert_laffont1992 

cailloux_bleus_pocket1999 cailloux_bleus_pocket2005  

VDB - janvier 2008 - 16h - Lu par Véronique Groux De Mieri

Robert Laffont - août 1984 - 413 pages

France Loisirs - 1985 - 

Pocket - juin 1986 - 

Pocket - mai 1990 - 

Robert Laffont - janvier 1992 - 

Pocket - octobre 1999 - 

Pocket - mars 2005 - 

Libra Diffusio - mars 2008 -

Quatrième de couverture : 
Ils s'appellent Etienne, Abel, Philomène et Mélanie. Ils ont vingt-trois, quatorze, dix et six ans quand naît le XXème siècle. Enfants de pauvres métayers du Causse de Granger (Lot) - et Dieu sait ce qu'il en allait d'être pauvres et métayers dans ces années-là et sur leur terre de misère ! - , ils ne peuvent choisir qu'entre le départ ou la soumission. 
Mais déjà le monde change, des idées nouvelles circulent qui commencent à ébranler cet univers de pierre figé dans l'Histoire. Les paroles d'Armand le sabotier, l'arrivée d'un instituteur laïc jettent des ferments de révolte qui, pour certains, la grande Guerre venue et s'éternisant en massacres, conduiront aux mutineries de 1917.
Ainsi va le destin des hommes. Mais les femmes demeurent, patientes prêtresses de la vie et de la mort. Par delà les drames, dépassant les injustices et les crimes, elles poursuivent leur oeuvre de création. Elles sont l'amour. Un jour, Philomène enfant a donné à son ami Adrien deux petits cailloux bleus pour q'ils lui portent chance. Deux petits cailloux bleus...
Voici l'histoire d'une famille, d'une terre, d'un village et d'une époque où chaque français d'aujourd'hui peut reconnaître les siens. Ici, tout est vrai et juste : les actes, les paroles, les pensées, les sentiments. Ici, se respirent l'air du Causse, glacé ou brûlant, et le parfum des pierres et des genévriers.

Auteur : Christian Signol est né dans le Quercy. Son premier roman a été publié en 1984, et son succès n’a cessé de croître depuis. Il est l’auteur, entre autres, des Cailloux bleus, de La Rivière Espérance, des Vignes de Sainte-Colombe, des Noëls blancs ou encore d’Une si belle école. Récompensée par de nombreux prix littéraires, son œuvre a été adaptée à plusieurs reprises à l’écran.

Lecteur : Véronique Groux De Mieri

Mon avis : (écouté en octobre et novembre 2013)
J'ai entrepris cette lecture pour répondre au thème " " du rendez-vous "Ecoutons un livre". Ce livre se classe dans les romans du terroir, mais c'est également un rappel d'histoire de France. En effet, Philomène a dix ans lorsque naît le XXe siècle, elle nous raconte son histoire et celle de sa famille dans un village du Quercy proche de Rocamadour, avec en toile de fond, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, les prémices de la guerre puis la Première Guerre Mondiale. A travers la vie de Philomène, de ses frères et soeur, de ses parents métayers, nous retrouvons la vie des paysans du début du 20ème siècle. L'histoire est simple, très agréable, les personnages attachants, les paysages rudes mais superbes, tous nos sens sont en éveil.
J'ai mis du temps à écouter ce livre audio (16 heures) car le ton du lecteur était assez monotone surtout au début du livre, il y a également parfois un fond sonore, crépitement de feu, bruit de guerre, chants d'oiseaux... Et j'ai trouvé désagréable le passage d'un chapitre à l'autre, la musique s'interrompt brutalement puis reprend.

 Challenge Petit BAC 2013

petit_bac_2013
"Couleur"

 Défi 1er roman
d_fi_du_1er_roman

Posté par aproposdelivres à 06:27 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

15 novembre 2013

Anniversaire : 5 ans !

5-bougies-a-souffler

Eh oui, mon blog fête aujourd'hui ses 5 ans !

 plus de 1500 billets, dont 1080 livres commentés...

bannière_hiver3_30 bannière_noir_rose 

banniere_noel2010 bannière_fleur_25

bannière_trèfle_27 bannière_printemps_27

bannière_fleur_pim_27 bannière_noel2_878

bannière_janvier_83 bannière

bannière juillet_27 bannière_sept_27

bannière_jan2013_27 bannière_mars2013_27

bannière_juin2013_27 bannière_14062013_48

bannière_aout2013_27 bannière_automne_27

De la couleur sur les bannières et dans mes lectures...

Des rencontres, des échanges, des découvertes...

Du plaisir, des rires, des larmes, des émotions...

etc...

Posté par aproposdelivres à 06:15 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :


14 novembre 2013

Goncourt des Lycéens 2013

Les lycéens ont choisi

sorj_chalandon_le_quatrieme_mur 
Le quatrième mur - Sorj Chalandon

Le quatrième mur était en compétition avec quatre autres romans :
Au revoir là-haut, de Pierre Lemaitre (Goncourt 2013) 
Palladium, Boris Razon, 
Le cas Eduard Einstein, Laurent Seksik et 
L'invention de nos vies, Karine Tuil

Je suis ravie pour ce choix, ce livre est l'un de mes coups de coeur de la Rentrée Littéraire !

Posté par aproposdelivres à 16:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

13 novembre 2013

Esprit d'hiver - Laura Kasischke

Lu en partenariat dans le cadre des 
Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister

PM2013

esprit_de_dhiver Christian Bourgeois - août 2013 - 284 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Aurélie Tronchet

Titre original : Mind of Winter, 2013

Quatrième de couverture : 
Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

Auteur : Laura Kasischke est née en 1961 à Grand Rapids, dans l’État du Michigan. Elle a fait ses études à l'Université du Michigan. Elle a publié des recueils de poésie, également parus en revues, pour lesquels elle a gagné de nombreux prix littéraires ainsi que le Hopwood Awards. Elle a également reçu la Bourse MacDowell. Laura Kasischke est aussi romancière. Les Éditions Christian Bourgois ont déjà publié huit de ses romans, dont À suspicious river (1999), La Couronne verte (2008), En un monde parfait (2010) et Les Revenants (2011). Deux d’entre eux, La Vie devant ses yeux, et A suspicious river ont été adaptés au cinéma. Laura Kasischke vit actuellement à Chelsea, dans le Michigan, avec sa famille. Elle enseigne l'art du roman à l’université de Ann Arbor.

Mon avis : (lu en novembre 2013)
C'est ma troisième lecture de Laura Kasischke. Et mon avis est mitigé.
C'est le jour de Noël, Holly et sa fille Tatiana âgée de 15 ans sont seules à la maison. Eric, le mari et père, est parti chercher ses parents à l'aéroport. Holly doit préparer le repas de Noël. Dès le matin, Holly a un sentiment bizarre, elle se rappelle l'époque où elle et Eric sont partis en Sibérie adopter leur fille, c'était également au moment de Noël. 
Est-ce parce que ses parents se sont levés trop tard que le comportement de Tatiana est étrange ? Elle s'enferme dans sa chambre, ne répond pas à sa mère lorsque celle-ci lui demande un peu d'aide pour préparer la table, elle n'arrête pas de changer de robes... Holly n'est pas très efficace ce matin, elle est toujours en train de revenir sur l'adoption et l'enfance de sa fille qui est devenue une jolie adolescente. Dehors, il neige et bientôt le blizzard va paralyser la ville. Les invités vont peu à peu tous se décommander et Holly n'aura des nouvelles de son mari que très tardivement... Dans la maison, la tension monte, un anonyme téléphone plusieurs fois, des verres se cassent... Que se passe-t-il ? Est-ce Holly qui devient folle ? Ou Tatiana qui ne va pas bien ?
Je n'ai pas aimé les aller-retour perpétuels entre passé et présent. Les répétitions, j'ai eu souvent le sentiment de relire des passages identiques sur l'adoption de Tatiana, sur les disputes entre mère et fille... J'ai eu du mal à lire ce livre qui me semblait traîner en longueur...
J'ai aimé l'atmosphère inquiétante et angoissante de l'histoire parfaitement en adéquation avec ce huit-clos dans cette maison isolée par le blizzard.
J'ai aimé (le terme est peut-être mal choisi) la dernière page qui éclaire tout ce que j'ai lu depuis le début...
Cela donne même envie de relire le livre 
tout  en connaissant cette conclusion, mais cela ne sera pas pour tout de suite...

Merci à Price Minister, à Oliver et aux Editions Christian Bourgois pour ce partenariat.

Autres avis : BénéClara, Agatha ont aimé, CanelJérômeCynthia n'ont pas aimé.

Note : ♥♥♥♥♥ 

Extrait : (début du livre)
Ce matin-là, elle se réveilla tard et aussitôt elle sut : Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux.
C'était dans un rêve, pensa Holly, que cette bribe d'information lui avait été suggérée, tel un aperçu d'une vérité qu'elle avait portée en elle pendant - combien de temps au juste ?
Treize ans ?
Treize ans !
Elle avait su cela pendant treize ans, et en même temps elle l'avait ignoré - c'est du moins ce qu'il lui semblait, dans son état de demi-veille, en ce matin de Noël. Elle se leva du lit et s'engagea dans le couloir en direction de la chambre de sa fille, pressée de voir qu'elle était là, encore endormie, parfaitement en sécurité.
Oui, elle était là, Tatiana, un bras blanc passé sur un couvre-lit pâle. Les cheveux bruns répandus sur l'oreiller. Si immobile qu'on aurait dit une peinture. Si paisible qu'on aurait pu la croire...
Mais ce n'était pas le cas. Elle allait bien. Rassurée, Holly retourna dans sa chambre et se glissa de nouveau dans le lit près de son époux - mais, à peine allongée, elle pensa encore une fois :
Cela les avait suivis jusque chez eux !
C'était quelque chose que Holly avait su, apparemment, au plus profond de son coeur, ou de son inconscient ou quel que soit l'endroit où ce genre d'information se terre à l'intérieur d'une femme, à son insu, pendant des années, jusqu'à ce qu'un événement lui fasse prendre conscience qu'elle a oublié, ou refoulé, ou...
Ou bien était-ce une chose qu'elle avait volontairement ignorée ? À présent, elle s'en apercevait :
Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux !
Mais quoi ?
Et Holly pensa alors : Je dois l'écrire avant que cela ne m'échappe. Elle avait déjà ressenti ça plus jeune - l'envie presque paniquée d'écrire à propos d'une chose qu'elle avait entraperçue, de la fixer sur la page avant qu'elle ne file à nouveau. Certaines fois, il avait failli lui soulever le coeur, ce désir d'arracher d'un coup sec cette chose d'elle et de la transposer en mots avant qu'elle ne se dissimule derrière un organe au plus profond de son corps - un organe un peu bordeaux qui ressemblerait à un foie ou à des ouïes et qu'elle devrait extirper par l'arrière, comme si elle le sortait du bout des doigts d'une carcasse de dinde, si jamais elle voulait l'atteindre une nouvelle fois. Voilà ce que Holly avait ressenti chaque fois qu'elle écrivait un poème, et pourquoi elle avait cessé d'en écrire.
Mon Dieu, cette pensée était pourtant comme un poème - un secret, une vérité, juste hors de portée.

Déjà lu du même auteur : 

les_revenants Les revenants un_monde_si_parfait En un monde parfait

Challenge 3% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
18/18

50__tats

45/50 :  Michigan

   Challenge Petit BAC 2013

petit_bac_2013
"Météo"

 

Posté par aproposdelivres à 09:02 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,

12 novembre 2013

Kinderzimmer - Valentine Goby

2013-11-01_145313

 Actes Sud - août 2013 - 224 pages

Quatrième couverture : 
“Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?
– Je ne sais pas.
– Si tu dis oui c’est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.
Mila se retourne :
– Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que tu veux ?
– La même chose que toi. Une raison de vivre.”
 
En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.
Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

Auteur : Valentine Goby est née en 1974. Elle est notamment l’auteur de L’Échappée (2007), Qui touche à mon corps je le tue (2008), Des corps en silence (2010) et Banquises (2011). Elle écrit également pour la jeunesse. Kinderzimmer (2013) est son huitième roman.

Mon avis (lu en novembre 2013)
Voilà un livre qui m'a bouleversée et dont il n'est pas facile de faire un billet... 
Kinderzimmer nous raconte l’histoire de Mila qui arrive en 1944, enceinte, au camp de Ravensbrück. Elle a été arrêtée pour faits de résistance. 

Le lecteur est plongé au cœur du camp avec des descriptions très précises et justes des conditions de vie : la promiscuité, la faim, la peur, les odeurs, la maladie, la fatigue, le froid... Il faut également s'habituer au vocabulaire spéciale du camp, l'auteur utilise au début du livre cette typographie [chneller] [rouhe] [chwaïneraille] [apel] [chtoubova], le lecteur peut imaginer la rudesse et la difficulté à comprendre ces ordres...
Mila garde son secret le plus longtemps possible, car ne voyant aucun bébé dans le camp elle craint que cet enfant ne l'envoie à la mort.
Après la naissance du bébé, Mila va découvrir la Kinderzimmer. Un block réservé aux bébés où les conditions de vie ne sont pas tellement meilleures qu'ailleurs dans le camp...
Tout autour de Mila, c'est l'enfer mais cet enfant est son seul espoir pour survivre, sa seule raison de vivre. Non seulement pour elle mais également pour les femmes qui l'entourent et qui vont l'aider à nourrir, à réchauffer et à protéger son bébé...

J'ai aimé découvrir qu'en opposition à la cruauté, à la déshumanisation et à l’horreur du camp de concentration, il pouvait exister de la solidarité, de l'entraide chez les femmes du camps qui entourent Mila : Lisette, Theresa, Irina, Georgette... Ce témoignage m'a appris beaucoup de choses puisque je n'avais jamais imaginé de naissances au sein d'un camp de concentration...
Un livre très fort sur un sujet difficile, une histoire touchante et bouleversante que je vous encourage à découvrir !

Autres avis : Sandrine, Val JérômeNoukette,  MirontaineSaxaoulClaraJosteinStephie

Note : ♥♥♥♥♥ 

Extrait : (début du livre)
Elle dit mi-avril 1944, nous partons pour l’Allemagne. 

On y est. Ce qui a précédé, la Résistance, l’arrestation, Fresnes, n’est au fond qu’un prélude. Le silence dans la classe naît du mot Allemagne, qui annonce le récit capital. Longtemps elle a été reconnaissante de ce silence, de cet effacement devant son histoire à elle, quand il fallait exhumer les images et les faits tus vingt ans ; de ce silence et de cette immobilité, car pas un chuchotement, pas un geste dans les rangs de ces garçons et filles de dix-huit ans, comme s’ils savaient que leurs voix, leurs corps si neufs pouvaient empêcher la mémoire. Au début, elle a requis tout l’espace. Depuis Suzanne Langlois a parlé cinquante fois, cent fois, les phrases se forment sans effort, sans douleur, et presque, sans pensée.

Elle dit le convoi arrive quatre jours plus tard.
Les mots viennent dans l’ordre familier, sûrs, elle a confiance. Elle voit un papillon derrière la vitre dans les branches de platane ; elle voit couler la poussière dans la lumière oblique rasant les chevelures ; elle  voit battre le coin d’un planisphère mal scotché. Elle parle. Phrase après phrase elle va vers l’histoire folle, la mise au monde de l’enfant au camp de concentration, vers cette chambre des nourrissons du camp dont son fils est revenu vivant, les histoires comme la sienne on les compte sur les doigts de la main.

C’est aussi pourquoi elle est invitée dans ce lycée, l’épreuve singulière dans la tragédie collective, et quand elle prononcera le mot Kinderzimmer, tout à l’heure, un silence plus dense encore tiendra la classe comme un ciment. Pour l’instant, elle est juste descendue du train, c’est l’Allemagne, et c’est la nuit.

Elle dit nous marchons jusqu’au camp de Ravensbrück.

Une fille lève la main. À ce moment du récit ce n’est pas habituel. Une main levée comme un signal, une peau très pâle, et dans le sourcil droit, un minuscule anneau rouge. La main levée déroute Suzanne Langlois, le récit bute contre la main, une main sur sa bouche, et se fragmente.
La fille demande si Suzanne Langlois avait entendu parler de Ravensbrück en France, avant le départ.
Suzanne Langlois dit j’ai su qu’il y avait des camps, c’est tout.
Et dans le train pour l’Allemagne, elle connaissait la destination ?
— Non.
— Alors quand vous avez compris que vous alliez à Ravensbrück ?
Suzanne Langlois hésite, et puis : je ne sais pas. De toute façon elle n’aurait pu comprendre qu’elle allait à Ravensbrück, quand bien même elle aurait su ce nom il n’aurait évoqué qu’un assemblage de sons gutturaux et sourds, ça n’aurait eu aucun sens avant d’y être, avant de le vivre.
— Alors, vous ne saviez pas où vous étiez ?
Suzanne Langlois sourit, hésite, puis : non.

Challenge 3% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
17/18
 

Déjà lu du même auteur : 

2013-11-11_095542 Banquises 

Posté par aproposdelivres à 07:58 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 novembre 2013

Qu'est-ce que je faisais le 11/11 à 11h11 ?

rdv_enna

Je participe au rendez-vous d'Enna du 11/11 à 11h11...

Jour férié pour la plupart... 

Pour ma part, c'était l'heure de préparer le déjeuner, dernier repas en famille du week-end.

C'est une bonne occasion pour réaliser un bon dessert...

P1010437_600

... des moelleux au chocolat

et une heure plus tard,

P1010438_600

 le résultat dans l'assiette...

Posté par aproposdelivres à 14:04 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

C'est lundi, que lisez-vous ? [147]

 BANNIR
(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

d_fendre_jacob mod_article1529675_2 01074660542 palmerbretagne

Défendre Jacob - William Landay 
Silex and the city tome 2 - Réduction du temps de Trouvaille - Jul (BD) 
Une fille comme les autres - Jack Ketchum (partenariat Livraddict et Folio) 
Palmer en Bretagne - Pétillon (BD)

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Kinderzimmer - Valentine Goby
Esprit d'hiver - Laura Kasischke

Que lirai-je cette semaine ?

Double jeu - Jean-Philippe Blondel
La mécanique du bonheur - David Bergen (partenariat Albin Michel)
La Transcendance - Patricia Reznikov (partenariat Albin Michel)

Bonne semaine et bonnes lectures !

Posté par aproposdelivres à 08:01 - - Commentaires [15] - Permalien [#]