28 novembre 2016

C'est lundi, que lisez-vous ? [282]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?  

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L'anniversaire de Kim Jong-Il - Aurélien Ducoudray et Mélanie Allag
Laëtitia ou la fin des hommes - Ivan Jablonka

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Le tableau - Laurence Venturi (Albin Michel)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Irmina - Barbara Yelin 
Au bout du chemin - Patricia Hespel
Le premier miracle - Gilles Legardinier (livre audio Audiolib)
 

Bonnes lectures et bonne semaine.

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26 novembre 2016

Laëtitia ou la fin des hommes - Ivan Jablonka

31edgo7Ff5L Seuil - août 2016 - 383 pages

Prix Médicis 2016

Quatrième de couverture :
Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, Laëtitia Perrais a été enlevée à 50 mètres de chez elle, avant d'être poignardée et étranglée. Il a fallu des semaines pour retrouver son corps. Elle avait 18 ans. Ce fait divers s'est transformé en affaire d'Etat : Nicolas Sarkozy, alors président de la République, a reproché aux juges de ne pas avoir assuré le suivi du "présumé coupable", précipitant 8 000 magistrats dans la rue, en février 2011. Mais Laëtitia Perrais n'est pas un fait divers. Comment peut-on réduire la vie de quelqu'un à sa mort, au crime qui l'a emporté ? Pendant deux ans, Ivan Jablonka a rencontré les proches de la jeune fille, sa soeur jumelle, ses parents, ses amis, les responsables des services sociaux, ainsi que l'ensemble des acteurs de l'enquête, gendarmes, juges d'instruction, procureurs, avocats et journalistes, avant d'assister au procès du meurtrier, en octobre 2015. De cette manière, Ivan Jablonka a pu reconstituer l'histoire de Laëtitia. Il a étudié le fait divers comme un objet d'histoire, et la vie de Laëtitia comme un fait social. Car, dès sa plus jeune enfance, Laëtitia a été maltraitée, accoutumée à vivre dans la peur, et ce parcours de violences éclaire à la fois sa fin tragique et notre société tout entière : un monde où les femmes se font harceler, frapper, violer, tuer. Ivan Jablonka poursuit son projet d'exploration des frontières entre littérature, histoire et sciences sociales. Ce livre est une expérience d'écriture autant qu'une enquête, destinée à rendre à Laëtitia sa singularité et sa dignité.

Auteur : Ivan Jablonka est historien et écrivain. Il a publié Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus (2012) et L'histoire est une littérature contemporaine (2014).

Mon avis : (lu en novembre 2016)
Il n'est pas facile de faire un billet sur ce livre... Ce n'est pas vraiment un roman mais plutôt un essai ou une enquête sur un fait divers qui a bouleversé la France en 2011 : L'affaire Laëtitia. L'auteur a enquêté pendant deux ans, il a rencontré les proches de Laëtitia : Jessica, sa sœur jumelle, ses parents, ses amis, les services sociaux mais aussi les proches de l'enquête journalistes, gendarmes, juges, avocats... Ivan Jablonka alterne les chapitres qui racontent la vie de Laëtitia et ceux qui traitent de l'enquête, cela permet au lecteur de reprendre son souffle. En effet, car ce livre se lit littérairement facilement, mais beaucoup plus difficilement émotionnellement... La quatrième de couverture résume parfaitement le livre, je n'en rajouterai donc pas.
Ce livre rend un hommage mérité à Laëtitia, sans oublier d'y associer sa sœur Jessica. 

Extrait : (début du livre)
Laëtitia Perrais a été enlevée dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011. C’était une serveuse de dix-huit ans domiciliée à Pornic, en Loire-Atlantique. Elle menait une vie sans histoires dans la famille d’accueil où elle avait été placée avec sa sœur jumelle. Le meurtrier a été arrêté au bout de deux jours, mais il a fallu plusieurs semaines pour retrouver le corps de Laëtitia.
L’affaire a soulevé une énorme émotion dans tout le pays. Critiquant le suivi judiciaire du meurtrier, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a mis en cause les juges auxquels il a promis des « sanctions » en réponse à leurs « fautes ». Ses propos ont déclenché un mouvement de grève inédit dans l’histoire de la magistrature. En août 2011 – affaire dans l’affaire –, le père d’accueil a été mis en examen pour des agressions sexuelles sur la sœur de Laëtitia. À ce jour, on ignore si Laëtitia elle-même a été violée, que ce soit par son père d’accueil ou par son meurtrier.
Ce fait divers est exceptionnel à tous égards – par l’onde de choc qu’il a soulevée, par son écho médiatique et politique, par l’importance des moyens mis en œuvre pour retrouver le corps, par les douze semaines que ces recherches ont duré, par l’intervention du président de la République, par la grève des magistrats. Ce n’est pas une simple affaire : c’est une affaire d’État.
Mais que sait-on de Laëtitia, hormis qu’elle a été la victime d’un fait divers marquant ? Des centaines d’articles et de reportages ont parlé d’elle, mais seulement pour évoquer la nuit de la disparition et les procès. Si son nom apparaît dans Wikipédia, c’est sur la page du meurtrier, à la rubrique « Meurtre de Laëtitia Perrais ». Éclipsée par la célébrité qu’elle a offerte malgré elle à l’homme qui l’a tuée, elle est devenue l’aboutissement d’un parcours criminel, une réussite dans l’ordre du mal.
Pouvoir du meurtrier sur « sa » victime : non seulement il lui retire la vie, mais il commande le cours de cette vie, qui désormais s’oriente vers la rencontre funeste, l’engrenage sans retour, le geste létal, l’outrage fait au corps. La mort tire la vie à elle.
Je ne connais pas de récit de crime qui ne valorise le meurtrier aux dépens de la victime. Le meurtrier est là pour raconter, exprimer des regrets ou se vanter. De son procès, il est le point focal, sinon le héros. Je voudrais, au contraire, délivrer les femmes et les hommes de leur mort, les arracher au crime qui leur a fait perdre la vie et jusqu’à leur humanité. Non pas les honorer en tant que « victimes », car c’est encore les renvoyer à leur fin ; simplement les rétablir dans leur existence. Témoigner pour eux.
Mon livre n’aura qu’une héroïne : Laëtitia. L’intérêt que nous lui portons, comme un retour en grâce, la rend à elle-même, à sa dignité et à sa liberté.

 

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23 novembre 2016

L'anniversaire de Kim Jong-Il - Aurélien Ducoudray et Mélanie Allag

9daf23794fa2260bcb6815b234785c92 Delcourt - août 2016 - 128 pages

Quatrième de couverture : 
"Je suis un jeune de la Corée libérée.
La vie me tient à coeur.
L'espoir en un avenir radieux aussi.
Cependant, ma vie, mon espoir, mon bonheur valent moins que la patrie."

Auteurs : Aurélien Ducoudray est né en 1973 à Chateauroux et vit dans un petit village de l’Indre. Photographe de presse, journaliste presse écrite et TV, on lui doit de nombreux documentaires. Après Championzé et La Faute aux chinois, il sort Clichés de Bosnie chez Futuropolis. Ce dernier ouvrage connaît un beau succès. En 2014, il signe son premier ouvrage chez Grand Angle, Amère russie. 
Mélanie Allag est illustratrice. En sortant de l’école des Beaux-arts d’Angoulême, Mélanie Allag a fait ses premiers pas dans la presse jeunesse. Illustrer des thèmes imposés ou concevoir des pages jeux pour les magazines jeunesse lui a permis de varier les projets et d’acquérir l’expérience pour proposer aujourd’hui des réponses graphiques plus personnelles. Les crayons de couleur sont ses outils de prédilection. Elle vit et travaille à Nantes

Mon avis : (lu en octobre 2016)
Jun Sang est un petit garçon de Corée du Nord. Il est né le 16 février comme son cher dirigeant Kim Jong-Il, il y a toujours une grande fête ce jour là, pas exactement à son honneur... mais à celui de Kim Jong-Il. C'est à travers le regard naïf de Jun Sang que le lecteur découvre ce régime qui n'est que propagande et embrigadement. Pour lui, la Corée du Nord est un pays fantastique, son dirigeant est merveilleux, il veille sur tout son peuple, les protège des ennemis que sont la Corée du Sud et ses « chiens » d'américains... Mais un jour la famille de Jun Sang tente de passer la frontière et Jun Sang découvre progressivement l'effrayante réalité des camps destinés aux opposants ou à ceux qui on voulu fuir le pays. Un récit bouleversant servi par le dessin semblant enfantin ou naïf, au début de l'album il est coloré et en rondeur, puis il devient de plus en plus gris et sombre.
Une BD documentaire à faire découvrir !

Extrait :

challenge12016br
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21 novembre 2016

C'est lundi, que lisez-vous ? [281]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?  

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Juliette : Les fantômes reviennent au printemps - Camille Jourdy
Le fils de l'Ursari - Xavier-Laurent Petit

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Laëtitia - Ivan Jablonka
Si ce livre pouvait me rapprocher de toi - Jean-Paul Dubois

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Le tableau - Laurence Venturi (Albin Michel)
Irmina - Barbara Yelin 
Au bout du chemin - Patricia Hespel
 

Bonnes lectures et bonne semaine.

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20 novembre 2016

Juliette : Les fantômes reviennent au printemps - Camille Jourdy

1507-1 Actes Sud - février 2016 - 240 pages

Présentation éditeur : 
Après le succès de la trilogie Rosalie Blum, Camille Jourdy revient avec un nouveau roman graphique, vaudeville familial haut en couleur.

Auteur : Camille Jourdy a grandi dans le Jura, à Dole. Elle écrit et illustre son premier livre, Une araignée, des tagliatelles et au lit, tu parles d'une vie ! (Drozophile/Quiquandquoi, 2004), alors qu'elle est encore étudiante à l'Ecole des beaux-arts d'Epinal. Elle rejoint ensuite l'Ecole des arts décoratifs de Strasbourg. Après son diplôme, en 2005, elle s'installe à Lyon, où elle vit aujourd'hui.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
Après avoir lu et aimé "Rosalie Blum", j'ai eu envie de découvrir "Juliette : Les fantômes reviennent au printemps". 
Devenue parisienne d’adoption, Juliette revient pour quelques jours de congés dans la petite ville de province où elle a grandi. Elle revient voir son père, toujours seul après son divorce, sa mère qui collectionne les petis amis, sa grand-mère qui perd la tête et sa sœur Marylou, son beau-frère et ses neveux. Juliette cherche également à revoir la maison de son enfance. Elle va faire la rencontre de Pollux, le locataire actuel, c'est un solitaire qui aime passer son temps libre à jouer aux fléchettes dans le bistrot du coin. 
Cette BD, pleine de sensibilité, met en scène de vrais instants de vie, des instants du quotidien... Quelques scènes inattendues ou décalées donnent une touche d'humour à cette chronique familiale... Le dessin est toujours expressif, avec un côté assez enfantin. 

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

111573008 Rosalie Blum

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19 novembre 2016

Le fils de l'Ursari - Xavier-Laurent Petit

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Masse Critique Babelio 

112380641_o Ecole des Loisirs - août 2016 - 272 pages

Quatrième de couverture :
Quand on est le fils d'un montreur d'ours, d'un Ursari comme on dit chez les Roms, on sait qu'on ne reste jamais bien longtemps au même endroit. Harcelés par la police, chassés par des habitants, Ciprian et sa famille ont fini par relâcher leur ours et sont partis se réfugier à Paris où, paraît-il, il y a du travail et plein d'argent à gagner. À peine arrivés dans le bidonville, chacun se découvre un nouveau métier. Daddu, le montreur d'ours, devient ferrailleur, M'man et Vera sont mendiantes professionnelles, Dimetriu, le grand frère, est «emprunteur» de portefeuilles et Ciprian son apprenti. Un soir, Ciprian ne ramène rien de sa «journée de travail». C'est qu'il a découvert le paradis, le jardin du Lusquenbour où il observe en cachette des joueurs de tchèquématte. Le garçon ne connaît rien aux échecs mais s'aperçoit vite qu'il est capable de rejouer chaque partie dans sa tête. C'est le début d'une nouvelle vie pour le fils de l'Ursari.

Auteur : Xavier-Laurent Petit a suivi des études de philosophie. Il devient instituteur puis directeur d'école. 
En 1994 il se lance dans l'écriture avec deux romans policiers publiés chez Critérion. Le Crime des Marots est son premier roman. Il entre à l'École des Loisirs avec "Colorbelle-ébène" qui obtient le prix "Sorcières" en 1996. Ses premières publications sont des romans de science fiction pour la jeunesse. Il est ensuite récompensé par le Prix Goya du premier roman pour Le Monde d'en haut. Il écrit aussi pour des revues qui lui commandent des articles. Marié, quatre enfants, il vit à Saint-Maur-des-Fossés dans le Val de Marne. 

Mon avis : (lu en novembre 2016)
Ce roman est un vrai coup de cœur. Une histoire d'actualité sur l'immigration mais également une histoire pleine d'espoir avec des personnages attachants. Ciprian est le fils de l'Ursari, c'est à dire d'un montreur d'ours. Avec sa famille, il parcoure les routes de Roumanie, allant de villages en villages pour présenter leur spectacle avec Găman, leur ours. Ils sont Roms, mênent une vie de bohême et sont souvent mal reçus par la population. Un beau jour, ils sont obligés de relâcher leur ours et de fuir leur pays, ils deviennent les victimes de trafiquants qui les conduisent en France. Ciprian et sa famille arrivent donc dans un bidonville à la périphérie de Paris. Pour rembourser la dette exorbitante qu'ils doivent au passeur et qui double à chaque mois de retard, toute la famille doit « travailler » c'est à dire mendier et voler... Lassé de passer ses journées dans le métro, Ciprian part à la découverte de Paris et il arrive dans le jardin du Luxembourg. Il est captivé alors par Madame Baleine et Monsieur Enorme qui jouent aux échecs. Ciprian les observe en secret derrière une palissade, et jour après jour il revient les regarder jouer et dans sa tête, il réussit à apprendre à jouer... Il vient de découvrir une passion qui va changer sa vie...

Voilà une histoire forte et bouleversante. 

Merci Babelio et les éditions Ecole des Loisirs pour cette découverte coup de cœur !

Extrait : (début du livre)
Un jour Mică est morte.

C'était notre voiture.
Arrivée au sommet d'une côte, elle a lâché un pet effroyable et s'est arrêtée net. La cage de Găman a cogné l'arrière de la caravane, et mon père a poussé un juron. On n'a plus entendu que le piaillements des oiseaux qui s'enfuyaient et les ronflements de Mammada. Lorsque grand-mère dort, rien ne saurait la réveiller. 
Mică était une spécialiste des pannes et ce n'était pas la première fois qu'elle nous laissait au bord de la route. Lorsque Daddu, mon père, a ouvert le capot, l'intérieur ressemblait à une bouillie de cambouis et de ferraille, un liquide noirâtre dégoulinait sur la route, et de la fumée s'échappait du moteur... Il nous a lancé un coup d'œil navré.
- Cette fois, c'est grave, a-t-il annoncé.
Rien n'aurait pu ressusciter Mică. 
A son habitude, m'man n'a rien dit et ma sœur à vérifié son maquillage dans le rétroviseur. Depuis quelques mois, rien ne semblait plus important pour Vera que la longueur de ses cils et la couleur de ses lèvres. Dimetriu, mon frère, s'est roulé une cigarette et Mammada a ouvert un œil. Găman, lui, tournait en grondant dans sa minuscule cage. Le choc l'avait réveillé de sa sieste et les ours n'aiment pas les réveils brutaux.

 

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18 novembre 2016

A voir à la Télé : ce soir...

Carole Matthieu

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Vendredi 18 novembre 2016 à 20h55 sur Arte

Réalisé par Louis-Julien Petit

C'est l'adaptation du roman Les Visages écrasés de Marin Ledun

Synopsis : Médecin du travail à Melidem, une entreprise aux techniques managériales brutales, Carole Matthieu est témoin de la détresse des salariés harcelés. En totale empathie avec eux, elle tente en vain d’alerter sa hiérarchie sur les conséquences de ces pratiques, à l’origine d’un premier suicide. Alors quand Vincent, un employé dont elle suit depuis des années la descente aux enfers, la supplie à son tour de l’aider à en finir, elle y voit le seul moyen de contraindre les dirigeants à revoir leurs méthodes…

Acteurs : Isabelle Adjani, Corinne Masiero, Lyès Salem, Ola Rapace, Pablo Pauly, Arnaud Viard, Alexandre Carrière, Sarah Suco, Christian Joubert, Marie-Christine Orry, Sébastien Chassagne 

Rediffusion : dimanche 20 novembre à 09h45
Sur Arte + du 18 au 25 novembre

Au cinéma à partir du 7 décembre

 

 

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15 novembre 2016

8 ans d'âge...

Déjà une année de plus... et huit bougies à souffler !

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14 novembre 2016

C'est lundi, que lisez-vous ? [280]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?  

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Mon petit bled au Canada - Zarqa Nawaz 
S'enfuir, récit d'un otage - Guy Delisle 
Grossir le ciel - Franck Buysse

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Le fils de l'Ursari - Xavier-Laurent Petit (Masse Critique Babelio)
Mourir partir revenir Le jeu des hirondelles - Zeina Abirached
Laëtitia - Ivan Jablonka

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Le tableau - Laurence Venturi (Albin Michel)
Irmina - Barbara Yelin 
Au bout du chemin - Patricia Hespel
Les Derniers Jours de Rabbit Hayes - Anna Mc Partlin 

Bonnes lectures et bonne semaine.

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13 novembre 2016

Grossir le ciel - Franck Buysse

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Manufacture de livres - octobre 2014 - 240 pages

Livre de Poche - janvier 2016 - 240 pages

Quatrième de couverture : 
Les Doges, un lieu-dit au fin fond des Cévennes. C’est là qu’habite Gus, un paysan entre deux âges solitaire et taiseux. Ses journées : les champs, les vaches, le bois, les réparations. Des travaux ardus, rythmés par les conditions météorologiques. La compagnie de son chien, Mars, comme seul réconfort. C’est aussi le quotidien d’Abel, voisin dont la ferme est éloignée de quelques mètres, devenu ami un peu par défaut, pour les bras et pour les verres. Un jour, l’abbé Pierre disparaît, et tout bascule : Abel change, des événements inhabituels se produisent, des visites inopportunes se répètent.
Un suspense rural surprenant, riche et rare.

Auteur : Franck Bouysse, né en 1967, vit à Limoges. Il a publié Noir Porcelaine, Vagabond et Pur Sang.

Mon avis : (lu en novembre 2016)
Voilà un roman noir très original que j'ai découvert grâce à Canel
Dans les Cévennes, au lieu-dit Les Doges vit Gus, un paysan ayant la cinquantaine, taiseux et solitaire qui n'a que son chien, Mars, comme seul compagnie et réconfort. Son seul voisin, Abel est lui aussi un paysan solitaire et il a vingt ans de plus. Tous deux ne sont pas vraiment amis, mais se fréquentent et s'échangent des services et quelques verres... Voilà le cadre de ce huis clos campagnard posé. 

Un jour d'hiver, Gus entend des cris et des coups de feu en provenance de la ferme de son voisin, pourtant il fait comme s'il ne s'était rien passé et en effet le lendemain tout semble normal, Abel est à sa tâche... Et pourtant quelque chose à changé... Petit à petit, le suspense s'installe, la tension monte... Le lecteur comprendra le sens du titre « grossir le ciel » dans les toutes dernières pages de ce roman sombre et dépaysant.
Un petit bémol pour la conclusion que je n'ai pas trouvé à la hauteur du reste de ce roman... A vous de découvrir ce roman néanmoins marquant !

Extrait : (début du livre)
C’était une drôle de journée, une de celles qui vous font quitter l’endroit où vous étiez assis depuis toujours sans vous demander votre avis. Si vous aviez pris le temps d’attraper une carte, puis de tracer une ligne droite entre Alès et Mende, vous seriez à coup sûr passé par ce coin paumé des Cévennes. Un lieu-dit appelé Les Doges, avec deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres, de grands espaces, des montagnes, des forêts, quelques prairies, de la neige une partie de l’année, et de la roche pour poser le tout. Il y avait aussi des couleurs qui disaient les saisons, des animaux, et puis des humains, qui tour à tour espéraient et désespéraient, comme des enfants battant le fer de leurs rêves, avec la même révolte enchâssée dans le cœur, les mêmes luttes à mener, qui font les victoires éphémères et les défaites éternelles.

Le hameau le plus proche s’appelait Grizac, situé sur la commune du Pont-de-Montvert. Une route les reliait et devait bien mener quelque part : si on prenait le temps de s’y attarder.
Gus vivait ici, depuis plus de cinquante hivers. C’était en décembre que ce pays l’avait pris et que sa mère l’avait craché sur des draps durs et épais comme des planches de châtaignier, sans qu’il se sente dans l’obligation de crier, comme pour marquer son empreinte désastreuse dans un corps ancestral, une manière de se cogner à la solitude, déjà, dans ce moment qui le faisait devenir quelqu’un par la simple entrée d’une coulée d’air dans sa bouche tordue. Des gens diraient plus tard qu’on n’aurait pas dû le secouer comme on l’avait fait pour lui extorquer le fameux cri et que, si dans le futur il s’était mis à parler plus volontiers aux animaux qu’aux hommes, c’était un peu à cause de ce retard à l’allumage. Mais qui peut dire ce qu’il serait advenu si tout s’était déroulé normalement ? Et qui aurait pu soutenir que, justement, la volonté du Tout-Puissant n’était pas de changer la donne pour Gus, et que cette singularité n’augurait pas d’un destin supérieur ? Ce qui était certain, c’était que même les âmes les plus charitables ne se gênaient pas pour montrer du doigt ce poisson-là qui nageait à contre-courant depuis sa naissance.
La ferme de Gus était pinquée dans la partie la plus haute des Doges, à une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau du Pont-de-Montvert. Elle était constituée de vieux bâtiments, de terres cultivées et de taillis acoquinés en forêt de châtaigniers, de pins, de chênes, de hêtres et de mélèzes, pour l’essentiel. Le tout s’étendait sur vingt-quatre hectares. Pour être précis, il faudrait dire qu’entre Les Doges et le village les kilomètres ne duraient pas pareil, selon qu’on était en bonne ou en mauvaise saison. Les distances, dans ce coin-là, c’est du temps, pas des mètres. Et Gus n’était pas un oiseau.



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