15 janvier 2014

La foire de Saint-Pierre - Ellis Peters

 Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : PIERRE

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10/18 - janvier 1991 - 285 pages

10/18 - juillet 2001 - 284 pages

traduit de l'anglais par Serge Chwat

Titre original : Saint Peter's Fair, 1981

Quatrième de couverture :
La grande foire de Saint-Pierre à Shrewsbury attire tous les marchands des environs. Mais une querelle éclate entre les bourgeois de Saint-Pierre et les moines du monastère bénédictin, à propos de la répartition des bénéfices de la foire. Peu après, un marchand est retrouvé mort. Frère Cadfael est alors tiré de l'herboristerie de son monastère pour utiliser une nouvelle fois sa clairvoyance au service d'une cause juste. " Il fallait oser écrire des romans policiers avec pour héros un moine bénédictin anglais du Moyen Age... Mais Ellis Peters a osé.[...] Son héros, frère Cadfael, a le don de débrouiller les affaires policières sans jamais rater complies. C'est là tout le charme de ces romans fort arme de ces romans fort originaux ! "

Auteur : Edith Mary Pargeter est née le 28 septembre 1913 dans le Shropshire. Elle est d'abord assistante en pharmacie, et publie ses deux premiers romans. En 1940, elle s'engage, et devient officier des services de communication britanniques, tout en continuant à écrire. Auteur de nombreux romans de guerre, elle écrit en 1951 son premier roman policier, qui met en scène l'inspecteur Felse (héros récurrent de plusieurs romans). Son second roman policier paraît en 1959, sous le nom d'Ellis Peters.
En 1977, elle crée le genre des "historical whodunnits" en publiant un roman policier dont l'énigme est résolue par un moine du XIIème siècle. "Frère Cadfael, disait-elle, est apparu tout naturellement dans ma vie pour faire la jonction entre les romans historiques que je publiais et mon envie d'écrire des thrillers."
Elle est décédée le 14 octobre 1995, après avoir écrit 20 romans et 3 nouvelles mettant en scène ce personnage.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
C'est le quatrième épisode de la série des enquêtes du frère Cadfael. J'avais eu l'occasion de lire plusieurs livres de la série il y a une dizaine d'années. Cadfael ap Meilyr ap Daffyd est d'origine galloise, il est né en 1080. Après avoir été soldat puis marin-pêcheur, il revient en Angleterre et décide en 1120 de devenir moine chez les Bénédictins. A l'abbaye des Saints-Pierre-et-Paul de Shrewsbury, à la frontière du pays de Galles, frère Cadfael occupe les fonctions d'herboriste, il prépare baumes et potions pour les autres frères ou les habitants de Shrewsbury. 
Fin juillet 1139 , Shrewsbury prépare la foire de saint Pierre, un marché réputé qui attire de nombreux marchands qui viennent des Flandres, d'Allemagne, des drapiers, des bateliers négociant en vins de France... Il y a également une foire aux chevaux qui attirent beaucoup de nobles du comté et des comtés voisins. Cette foire est organisée par l'Abbaye et les marchands de la ville voudraient bien qu'une partie des taxes perçues pour l'occasion soit reversées en partie pour la rénovation de la ville. L'abbé Radulf refuse et dès le début des festivités une altercation a lieu entre des jeunes habitants de Shrewsbury mené par Philippe Corvisart, le fils du prévôt, et Thomas, un riche marchand de vin venu de Bristol en bateau.
Thomas de Bristol disparait mystérieusement dans la soirée. Accompagné d'Hugh Beringar, frère Cadfaël va mener l'enquête. Pas de police scientifique à cette époque, mais les talents d'observation et de déduction du frère Cadfael réussissent à résoudre un enquête complexe.
L'intrigue, assez classique, est bien construite avec fausses pistes et rebondissements. A la moitié du livre, j'avais une petite idée sur le coupable, mais je n'ai vraiment reconstitué le puzzle de tous les éléments de l'histoire dans les toutes dernières pages.
L'intérêt de la série n'est pas seulement l'intrigue mais la plongée du lecteur dans cette époque du XIIème siècle.

Challenge Petit Bac 2014
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"Matière" (1)

 Challenge Voisins Voisines 2014
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Angleterre

Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  17/25

 

 

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14 janvier 2014

Mattéo (Tome 1) Première époque (1914-1915) - Jean-Pierre Gibrat

2014-01-11_103705 Futuropolis - octobre 2008 - 64 pages

Quatrième de couverture : 
Mattéo, d'origine espagnole, ne reçoit pas d'ordre d'engagement lorsque la guerre est déclarée.
Mais, ses amis au front, il est pris de remords, et décide de franchir le pas.
Sa mère tente bien de s'y opposer, mais que peut-elle face à l'Amour ?
Il faut dire que Juliette, la belle fiancée, très patriotique, ne comprend pas le détachement de Mattéo, et elle le harcèle un peu.
Guillaume, le fils du noble du coin, lui, est parti au combat, même s'il sert dans l'Aviation où les risques sont moindres.
Alors, de l'Est de la France où les combats font rage à l'Amour de Juliette, il n'y a qu'un pas. Le tout est de ne pas le faire en territoire allemand...

Auteur : Jean-Pierre Gibrat, 59 ans, vit en Normandie. Il a reçu, en 2010, le Grand Prix Bd Boum de Blois pour l'ensemble de son oeuvre. Il est l'auteur des séries Le Sursis, Le Vol du corbeau et de Mattéo.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Je ne connaissais pas cette série et n'avais jamais lu cet auteur mais ayant accepté de lire le 3ème tome pour Masse Critique de Babelio, j'ai réussi à me procurer les 2 tomes précédents à la Bibliothèque.
Eté 1914, Coullioure : Mattéo est secrètement amoureux de  la jolie Juliette. Celle-ci est plutôt attirée par Guillaume, qui vient de s'engager dans l'aviation. Mattéo, fils d’un anarchiste espagnol, disparu à jamais en mer, échappe à la mobilisation générale puisu'il est étranger. Ses amis étant partis au front, Mattéo supporte mal les regards de travers que lui portent les villageois, le reproche d'être là à l'abri alors que les hommes sont partis se battre. Finalement, même si sa mère l'en disuade, pour plaire à Juliette, Mattéo décide de s'engager et va rejoindre les tranchées...
Les dessin sont superbes, à l'aquarelle. Les paysages sont magnifiques, les portraits expressifs et l'horreur des combats très réaliste. La qualité du dessin renforce le message contre l'horreur la guerre, contre le non-sens de la guerre.

Autre avis : Canel

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Extrait : (début du livre)

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Challenge Petit Bac 2014
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"Prénom" (1)

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13 janvier 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? [156]

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 (c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

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Dans le ventre des mères - Marin Ledun 
3000 façons de dire je t'aime - Marie-Aude Murail 
Au vent mauvais - Rascal et Thierry Murat
Western girl - Anne Percin
Zeitoun - Dave Eggers

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Un livre pour le Challenge Un mot, des titres... organisé par Calypso avec le mot PIERRE
Mattéo - Jean-Pierre Gibrat (BD)

Que lirai-je cette semaine ?

Une vie entre deux océans - M. L. Stedman (partenariat Livraddict)
Billie - Anna Gavalda

Bonne semaine, bonnes lectures !

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12 janvier 2014

Zeitoun - Dave Eggers

Lu en partenariat avec Livraddict et les éditions Folio

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Gallimard - avril 2012 - 416 pages

Folio - novembre 2013 - 432 pages

traduit de l'américain par Clément Baude

Titre original : Zeitoun, 2009

Quatrième de couverture :
Ce livre n’est pas un roman mais une histoire vraie. Originaire de Syrie, marié à une jeune Américaine convertie à l’islam, Zeitoun a fondé à La Nouvelle-Orléans une entreprise de bâtiment prospère avant que l’ouragan Katrina ne dévaste la ville en 2005. Malgré la fuite de sa famille, il décide de rester sur place. Sur un petit canoë, il explore les quartiers engloutis, vient en aide aux personnes prisonnières chez elles, nourrit les chiens abandonnés… Un jour, la Garde nationale l’arrête, l’accusant d’être un pilleur des rues. Dave Eggers, prix Médicis étranger pour Le grand Quoi, nous raconte l’histoire saisissante d’un homme confronté aux forces de la nature puis aux injustices d’une société violente.

Auteur : Dave Eggers est l'éditeur de la revue McSweeney's et l'auteur de romans et de recueils de nouvelles parmi lesquels  Suive qui peut (2003), Pourquoi nous avons faim (2007) et Le grand Quoi (2009). Il a créé à San Francisco 826 Valencia, une fondation à but non lucratif qui vient en aide aux enfants pauvres.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Ayant beaucoup aimé Le grand Quoi de Dave Eggers, lorsque ce livre a été proposé en partenariat par Livraddict et les éditions Folio je n'ai pas hésité. D'autant plus que j'avais déjà lu quelques romans autour de ce terrible ouragan Katrina. 
La note qui ouvre le livre est claire « Ce livre n’est pas un roman. Il repose avant tout sur les témoignages d’Abdulrahman et Kathy Zeitoun. » Ce livre est le fruit de trois ans de travail de l'auteur, il a recueilli le plus fidèlement possible les paroles de Abdulrahman Zeitoun et de sa femme Kathy. Il a également recoupé ces témoignages avec des sources indépendantes et des documents officiels.
Ce récit est fait chronologiquement et commence le 26 août 2005, la famille de Zeitoun s'apprête à passer une journée comme les autres. Zeitoun est originaire de Syrie, il est marié avec Kathy une américaine, ils ont 4 enfants et Zeitoun est entrepreneur dans le bâtiment à La Nouvelle-Orléans. L'ouragan est annoncé mais rien n'est affolant, les tempêtes sont assez fréquentes en cette saison. Mais dans le week-end, les bulletins météo deviennent de plus en plus alarmistes et Kathy préfère quitter la Nouvelle Orléans avec ses enfants, Zeitoun décide de rester pour surveiller ses maisons et ses chantiers en cours. Il pense que c'est son devoir de rester, il pourra se rendre utile. Il restera en contact avec Kathy par téléphone.
L'ouragan passé, Zeitoun va subir également l'inondation de la ville après la rupture des digues et avec le canoë qu'il avait dans son garage, il va aider des personnes âgés restées bloquées dans leur maison, il nourrira aussi des chiens abandonnés dans les maisons voisines. Kathy suivant les événements par l'intermédiaire de la télévision supplie Zeitoun de venir les rejoindre mais en vain. Jusqu'au jour où Kathy n'arrive plus à joindre son mari, elle n'a plus aucune nouvelle et craint le pire.
Zeitoun a été brutalement arrêté par la police, accusé de terrorisme, de pillage et jeté comme un chien en prison, sans jamais pouvoir prévenir les siens...
C'est très intéressant de suivre précisément les évènements, avant, pendant et après l'ouragan Katrina. Mais ce témoignage est édifiant sur l'absence d'organisation pour secourir les personnes bloquées chez elle, sur les interventions "cow-boy" de la police pour arrêter des soi-disant pillards sans aucune vérification, sans laisser à la personne la possibilité de s'expliquer ou de prévenir les siens. J'avais bien entendu dire que l'Administration Bush n'avait pas été à la hauteur lors de 
la tragédie de Katrina mais ce que j'ai découvert dans ce livre est inimaginable. Rien n'est organisé ni l'évacuation des quartiers, ni le sauvetage des sinistrés mais en quelques heures les autorités trouvent les moyens de monter une prison... Le comportement violent, hystérique, inhumain, humiliant de la police vis à vis de Zeitoun et ses camarades d'infortune est ahurissant. Difficile de croire que ce pays est une démocratie...

Merci à Livraddict et aux éditions Folio de m'avoir permis de découvrir ce témoignage qui fait froid dans le dos.

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Extrait : (début du livre)
VENDREDI 26 AOÛT 2005
Par les nuits sans lune, les hommes et les garçons de Jableh, un port de pêche poussiéreux sur la côte syrienne, avaient l’habitude de prendre leurs lanternes et de monter sur leurs bateaux les plus silencieux. Cinq ou six petites embarcations, chacune avec deux ou trois pêcheurs à son bord. À un mille de la côte, ils disposaient les bateaux en cercle sur la mer noire, jetaient leurs filets et, tenant leurs lanternes au-dessus de l’eau, imitaient la lune.Bientôt les poissons, des sardines, se rassemblaient et formaient une masse argentée qui remontait lentement des fonds. Ils étaient attirés par le plancton, et le plancton l’était par la lumière. Ils se mettaient à tourner en cercle, comme une chaîne au maillage lâche, et leur nombre ne cessait de croître pendant l’heure qui suivait. Les brèches obscures entre les maillons d’argent se comblaient, jusqu’à ce que les pêcheurs voient sous l’eau une masse d’argent compacte tournant sur elle-même. 
Abdulrahman Zeitoun n’avait que treize ans lorsqu’il commença à pêcher la sardine selon cette technique, empruntée aux Italiens, qu’on appelle la lampara. Mais avant de rejoindre les hommes et les adolescents sur les bateaux de nuit, il avait dû attendre des années, au cours desquelles il n’avait cessé de poser des questions. Pourquoi seulement par les nuits sans lune ? Car, lui expliquait son frère Ahmad, quand la lune brillait, le plancton était visible partout, répandu dans toute la mer, si bien que les sardines pouvaient voir et manger sans difficulté les organismes éclairés. Mais en l’absence de lune, les pêcheurs pouvaient en fabriquer une et attirer à la surface d’incroyables quantités de sardines. « Il faut que tu voies ça, disait Ahmad à son petit frère. Tu n’as jamais vu une chose pareille. »
Lorsque Abdulrahman vit pour la première fois les sardines former leur cercle dans le noir, il n’en crut pas ses yeux, saisi par la beauté de cette boule argentée qui ondulait sous la lumière blanc et or des lanternes. Il ne prononça pas un mot, et les autres pêcheurs aussi prenaient garde de ne pas faire de bruit, pagayant moteur coupé, de peur d’effrayer leur pêche. D’un bateau à l’autre, tout en regardant le poisson remonter et virevolter sous eux, ils murmuraient, échangeaient des blagues, parlaient des femmes ou des filles. Au bout de quelques heures, une fois que les sardines étaient prêtes et miroitaient par dizaines de milliers dans la lumière réfractée, les pêcheurs serraient leurs filets et les remontaient.
Avant l’aube, ils avaient regagné la côte, au moteur, et livré les sardines au mareyeur du marché ; celui-ci payait les hommes et les garçons, puis se chargeait de vendre le poisson dans tout l’ouest de la Syrie — Lattaquié, Banias, Damas. Les pêcheurs se partageaient l’argent. Abdulrahman et Ahmad rapportaient tout à la maison. Leur père étant mort l’année précédente et leur mère ayant les nerfs et la santé fragiles, tout l’argent gagné à la pêche allait au bien-être du foyer, où ils vivaient avec leurs dix frères et sœurs. 
D’un autre côté, Abdulrahman et Ahmad se fichaient pas mal de l’argent. Ils l’auraient fait gratis.

Trente-quatre ans plus tard, à des milliers de kilomètres à l’ouest, un vendredi matin, Abdulrahman Zeitoun était dans son lit et quittait peu à peu la nuit sans lune de Jableh, dont un souvenir confus imprégnait encore son rêve. Il était chez lui, à La Nouvelle-Orléans. À ses côtés, il entendait respirer sa femme Kathy, dont le souffle ressemblait au clapotis de l’eau contre la coque d’un bateau en bois. Hormis cela, le silence régnait dans la maison. Zeitoun savait que 6 heures allaient bientôt sonner et que le calme ne durerait pas. Généralement, la lumière du jour réveillait les enfants à l’instant où elle atteignait leurs fenêtres, au premier étage. Un des quatre ouvrait les yeux ; à partir de là, l’agitation commençait, la maison devenait vite animée. Dès qu’un enfant s’éveillait, il devenait impossible de maintenir les trois autres au lit.

Kathy fut réveillée par un bruit sourd, en haut, dans une des chambres des enfants. Elle tendit l’oreille et pria pour avoir un peu de répit. Chaque matin, il y avait en effet un moment critique, entre 6 heures et 6 h 30, où une chance, même infime, s’offrait à eux de gagner encore dix ou quinze minutes de sommeil. Mais il y eut un deuxième bruit sourd, et le chien aboya, et un autre bruit sourd suivit. Que se passait-il dans cette maison ? Kathy se tourna vers son mari. Il contemplait le plafond. La journée venait de commencer en fanfare.
Comme d’habitude, le téléphone se mit à sonner avant même qu’ils aient posé le pied par terre. Kathy et Zeitoun — la plupart des gens l’appelaient par son nom de famille car ils n’arrivaient pas à prononcer son prénom — dirigeaient une société, la Zeitoun A. Painting Contractor LLC, et chaque jour les ouvriers, les clients, ou toute personne disposant d’un téléphone et de leur numéro, trouvaient normal d’appeler dès 6 h 30. Et ils ne se gênaient pas. En général, il y avait tellement d’appels à cette heure-là que la moitié d’entre eux étaient directement renvoyés vers la messagerie vocale.

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46/50 :  Louisiane

Déjà lu du même auteur :

le_grand_quoi_p Le grand Quoi : Autobiographie de Valentino Achak Deng

Autres romans autour de l’ouragan Katrina :

zola_jackson Zola Jackson – Gilles Leroy  ouragan  Ouragan – Laurent Gaudé 

bois_sauvage Bois sauvage – Jesmyn Ward

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11 janvier 2014

Western girl - Anne Percin

western girl Editions du Rouergue - mars 2013 - 201 pages

Quatrième de couverture :
Le rêve d'Élise va enfin se réaliser. Son american dream !

Trois semaines dans un ranch du Middle-West.
Tout ce qu'elle aime réuni dans un pack complet : l'équitation, la musique country, les bottes à franges, les cactus dans le désert...
Sauf qu'elle partage le séjour avec une bande de snobinards, tout ce qu'elle déteste !
Alors, comme dans tout bon western, va y avoir de la bagarre, et Élise est du genre Calamity Jane...
Les méchantes n'ont qu'à bien se tenir. Et les gentils cow-boys aussi !

Auteur : Née en 1970 à Épinal, Anne Percin grandit à Strasbourg où elle fait ses études de lettres modernes. À 25 ans, elle quitte l'Alsace pour Paris, où elle commence à enseigner le français en collège. En 2003, elle s'installe avec sa famille en Bourgogne. Là, elle prend le temps de mettre de l'ordre dans ses écrits, dont un journal intime fictionnel écrit à 17 ans, qui va devenir un roman.

 

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Depuis le jour où petite, Elise a découvert l'ambiance western dans un restaurant Buffalo Gril, la country et les chevaux sont devenus ses passions. 
Et voilà qu'Elise va pouvoir réaliser son rêve de petite fille en partant pour un séjour de trois semaines dans un ranch du Middle-West avec une dizaine autres adolescent(e)s aimant les chevaux. La cohabitation avec le groupe ne va pas toujours être facile, les uns et les autres venant de milieux différents, mais le séjour sera inoubliable !
C'est à travers le journal de bord de la jeune Elise que le lecteur découvre cette aventure aux États-Unis. Elise partage avec nous ses impressions, ses découvertes, ses activités, ses coups de cafards, ses colères avec beaucoup de franchise et d'humour.
Un roman frais, drôle, et touchant très agréable et facile à lire.
En bonus à la fin du livre, une liste des musiques country que l'auteur recommande pour se mettre dans l'ambiance.

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Extrait : 
Mercredi 11 juillet
Hello, I'm Johnny Cash.
Johnny Cash commençait tous ses concerts par cette phrase. Il jouait devant des milliers de personnes venues de l'autre bout du pays (et c'est loin, « l'autre bout du pays », aux States !), exprès pour lui, et pourtant il se présentait au public, toujours de la même façon, simple, efficace et modeste : «Bonjour, je suis Johnny Cash.» J'adore.
Moi, je devrais peut-être faire pareil dans la vie : « Hello, je suis Élise Bonnel. » Le problème, c'est qu'une fois que j'aurais dit ça, je n'aurais plus grand-chose à ajouter... A part que j'ai seize ans, que je suis lycéenne, rousse, que j'aime l'équitation et la musique country. Pas de quoi déplacer les foules, quoi... Je suis quelqu'un de très ordinaire, j'en conviens, si l'on excepte mon goût prononcé pour la musique traditionnelle américaine. Comment j'en suis arrivée là ! Ça, j'en sais rien ! J'ai l'impression que ça a toujours été en moi. Je dois avoir un gène avec un chapeau de cow-boy.
Mes parents, ça n'est pas du tout leur truc, les westerns, les USA et tout ça. D'abord, mon père, il faut savoir que c'est un geek intégral : il écoute de l'électro et passe sa vie le nez dans un ordi. Ma mère s'habille comme si elle revenait des Indes, n'écoute que de la musique celte et du reggae. Ils ne se ressemblaient pas, ils se sont assemblés quand même et là, une erreur fatale s'est produite : je suis née western girl.
Évidemment, ça ne s'est pas vu tout de suite. La découverte a eu lieu quand j'avais six ans.

On revenait de vacances et on s'est arrêtés pour manger dans un restaurant blanc au toit rouge. Je m'en souviens, c'était à Poitiers, juste à côté du Futuroscope. Devant, il y avait un grand totem en bois peint et une espèce de grosse vache en plâtre avec des cornes : d'après mon papa, ça s'appelait un bison. Fascinée, j'ai devancé mes parents. Je me rappelle avoir poussé une porte de saloon et fait quelques pas sur une moquette rouge jusqu'à une statue de Sioux grandeur nature, qui m'a foutu la peur de ma vie. Heureusement, une gentille dame en jean blanc, chemise western et santiags est arrivée pour nous placer. Elle nous a fait asseoir à une table flanquée de banquettes en skaï, dans un petit recoin où on était tout seuls, et elle m'a mis sur la tête une coiffe d'Indien en carton. Un instant plus tard, elle nous apportait de l'eau, du pain et de la salade sans qu'on n'ait rien commandé. Alors, au comble du bonheur, j'ai déclaré : « On est au paradis ! » 
Oui, bon, ça va.

Déjà lu du même auteur :

comment_bien_rater_ses_vacances Comment (bien) rater ses vacances  le_premier__t_ Le premier été

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10 janvier 2014

Au vent mauvais - Rascal et Thierry Murat

9782754807289 Futuropolis - mars 2013 - 112 pages

Quatrième de couverture :
Je regardais le monde défiler à grande vitesse.
Ce monde que je n'avais vu qu'en mode pause à travers une fenêtre flanquée de trois barreaux.

Auteurs : Thierry Murat a 45 ans. Il vit dans les Landes. Après des études d’arts appliqués à Poitiers, il devient graphiste et se passionne pour l’illustration. 2002 : parution de son premier livre jeunesse, Kontrol 42 (Éditions du Rouergue). Cinq autres titres suivront dont Dieux, Pensées en suspension et autres points (Éditions l’Édune).
Parallèlement, il se lance dans la bande dessinée.
2004 : Elle ne pleure pas elle chante, avec Amélie Sarn et Corbeyran (Delcourt).
2006 : Ysoline, sur un scénario de Rascal (Delcourt).
2008 : Le Poisson-chat avec Arnaud Floc’h (Delcourt).
2011 : Les Larmes de l'assassin, librement adapté du roman d'Anne-Laure Bondoux (Futuropolis)
2013 : Au vent mauvais, avec Rascal (Futuropolis)
Thierry Murat travaille actuellement sur une adaptation en bande dessinée du Vieil homme et la mer, d'Ernest Hemingway

Rascal est né en Belgique, le 24 juin 1959. Après avoir travaillé dans la publicité, réalisé des affiches pour le théâtre, et fait plusieurs métiers, il décide de se consacrer aux livres pour enfants. Il est à la fois auteur et illustrateur mais écrit le plus souvent des histoires pour d'autres artistes. Rascal a reçu le Prix Québec-Wallonie-Bruxelles de littérature de jeunesse en 1997 et Grand prix triennal en littérature de Jeunesse de la Communauté française 2009-2012.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Abel Mérian vient de sortir de prison après sept ans sous les barreaux, il n'a comme seul bagage un sac Tati et les vêtements qu'il porte sur lui. Personne ne l'attend. Lui attendait ce jour de libération pour aller récupérer son butin qu'il a bien caché avant d'être arrêté. Cela va lui permettre de profiter sans soucis de la liberté retrouvée... Mais une surprise l'attend, la vieille usine où était sa planque a disparue, elle a été transformée en un Musée d'Art Moderne et le magot a certainement été coulé dans les fondations... C'est donc abattu et déprimé sans trop savoir que faire qu'Abel se promène dans le musée et découvre sous une banquette un portable oublié. Il sonne, c'est sa propriétaire, une jeune femme qui part en Italie qui lui demande de lui renvoyer par la poste... Abel décide de faire mieux, il vole une voiture et part direction l'Italie pour remettre le téléphone en main propre à sa propriétaire...
C'est comme un road-movie émouvant, sombre, mélancolique parfois même drôle. Un voyage sans but mais avec l'espoir de pouvoir redémarrer une nouvelle vie.
Un dessin sobre, des couleurs délavées, pas de dialogue, et comme une voix off qui raconte cette histoire.
Une très jolie découverte.

Extrait : (début du livre)

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Déjà lu du même dessinateur :

les_larmes_de_l_assassin Les larmes de l'assassin avec Anne-Laure Bondoux

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08 janvier 2014

3000 façons de dire je t'aime - Marie-Aude Murail

2014-01-05_145345 Ecole des Loisirs - août 2013 - 266 pages

Quatrième de couverture :
Chloé, Bastien et Neville ont eu en cinquième une professeure de français qui n'aimait que les livres qui finissent mal. Un soir, elle les a emmenés pour la première fois au théâtre voir une représentation de Dom Juan de Molière. Cette soirée a changé leur vie. C'est décidé, ils seront comédiens !

Six ans plus tard, leur désir de monter sur scène est intact et ils se retrouvent au conservatoire d'art dramatique de leur ville. Le professeur le plus réputé, Monsieur Jeanson, les prend tous les trois dans son cours.
Chloé va devoir concilier les cours de théâtre avec le rythme intensif de la classe préparatoire qu'elle vient d'intégrer. Bastien, prêt à tout pour faire rire, pense qu'il suffit de regarder une vidéo de Louis de Funès pour apprendre la tirade d'Harpagon. Le beau et ténébreux Neville a peur de se donner les moyens de son ambition, d'être un autre pour savoir enfin qui il est.
Comment le théâtre va-t-il lier pour toujours la jolie jeune première, le valet de comédie et le héros romantique que Jeanson a su voir en eux ?

Auteur : Marie-Aude Murail est née au Havre en 1954. Elle vit avec son mari et a trois enfants, deux garçons et une fille. Elle a commencé à écrire pour la jeunesse en 1986. Au début, ses romans étaient surtout destinés à des femmes, puis elle s'est mise à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans. Dans ses romans, on peut retrouver énormément de dialogues entre les personnages. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l'émotion et de l'amour. Le plus souvent, dans ses livres, les histoires se passent dans des milieux urbains et les héros sont des hommes, souvent des ados, motivés par des femmes. Elle a écrit Oh boy (2000), Simple (2004), Maïté coiffure (2004), Miss Charity (2008), Papa et Maman sont dans un bateau (2009).

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Voilà une très jolie histoire sur le parcours de trois grands adolescents amoureux du théâtre. Au début de l'histoire, Chloé, Bastien et Neville sont en classe de cinquième, grâce à leur professeur de français ils vont découvrir le théâtre avec tout d'abord une représentation de Don Juan puis l'année suivante, ils participeront au Club Théâtre. Puis ils prendront chacun des chemins différents jusqu'au jour où tous les trois vont se retrouver dans le hall du conservatoire d'art dramatique de la ville pour passer l'audition d'entrée.
Chloé est la bonne élève, en classe Prépa Lettres, avec parents qui la protège. Bastien, est le rigolo de la bande, qui n'a jamais travailler en classe, vivant sur ses acquis et qui souhaite surtout ne pas finir ses jours épicier comme ses parents. Neville, doit son prénom à une série de la BBC, né de père inconnu, il vit avec sa mère asthmatique, femme de ménage, il est beau et énigmatique. Tout les oppose mais ensemble, ils vont se retrouver dans la classe de Jeanson, un homme de théâtre exceptionnel et grâce au théâtre se découvrir eux-même et avancer dans leurs vies personnelles.
Ce livre est passionnant, avec les répétitions théâtrales nous découvrons les grands textes du théâtre et un trio attachant.
C'est pour moi, un grand coup cœur !

Note : ♥♥♥♥♥

Extrait : (début du livre)
Nous étions trois collégiens de cinquième et nous venions d'horizons si différents que rien ne nous destinait à nous dire un jour je t'aime.
Chloé avait pour parents monsieur et madame Lacouture, respectivement directeur de l'école Charles-Péguy et professeure d'allemand.
Bastien était le fils des Vion, qui tenaient un petit commerce. Comme les clients l'appelaient « le fils de l'épicerie », Bastien mit du temps à comprendre à quoi servaient les parents. Dans son cas, la réponse était : à rien.
Neville se serait appelé Steevy si la voisine de palier ne s'était emparée du prénom pour son propre fils. Magali Fersen, mère célibataire, se rabattit sur Neville, un prénom qu'elle avait entendu dans une série de la BBC pendant sa grossesse. Elle ne s'était pas avisée que le héros britannique était silencieux et tourmenté. Dès le berceau, Neville décida de lui ressembler.
Nous nous appelions donc Chloé Lacouture, Bastien Vion et Neville Fersen. Cette année-là, notre professeure de français était la célèbre madame Plantié, considérée comme folle par ses élèves et comme très compétente par les parents. Cette femme énergique et souriante était atteinte d'une allergie curieuse, elle ne supportait pas les romans qui finissent bien, qu'elle pensait écrits pour les imbéciles et les Américains. Tandis que nous autres, qui avions douze ou treize ans, des boutons d'acné, des règles douloureuses et des parents chiants, nous nous enfoncions dans la dépression de l'hiver, madame Plantié s'épanouissait en nous lisant La Mort d'Olivier Bécaille. C'était une histoire abominable où un pauvre type, enterré vivant, essayait de soulever le couvercle de son cercueil. Et un beau jour (beau pour madame Plantié, donc avec un ciel bas et lourd), notre professeure nous apprit que la prochaine séquence pédagogique serait consacrée au théâtre. Nous pouvions craindre le pire, car elle ajouta, avec des étoiles dans les yeux, que le but du théâtre était de nous faire sentir le tragique de la condition humaine. Elle avait essayé d'avoir des places au théâtre de la ville pour nous emmener voir Le roi se meurt. C'était une abominable histoire où un pauvre type, à qui on annonçait : «Tu vas mourir dans une heure vingt-cinq minutes», mourait sur scène après une agonie d'une heure et vingt-cinq minutes. Par chance pour nous, ce spectacle affichait complet, et madame Plantié dut se contenter de Dom Juan. Je crois qu'elle se consola en pensant que c'était la seule comédie de Molière qui finissait mal.
Aucun de nous trois n'était jamais allé au théâtre.

Déjà lu du même auteur :

Simple Simple et Simple (relecture)

 papa_et_maman_sont_dans_un_bateau Papa et Maman sont dans un bateau

MissCharityGRAND Miss Charity la_fille_du_docteur_Baudoin Le fille du docteur Baudoin 

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Verbe" (1)

Challenge 5% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
26/30

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07 janvier 2014

Dans le ventre des mères - Marin Ledun

Lu en partenariat avec les éditions J'ai Lu

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J'ai Lu - septembre 2013 - 479 pages

Ombres noires - septembre 2012 - 462 pages

Quatrième de couverture : 
Une explosion anéantit un village ardéchois. Dans un décor apocalyptique, les sauveteurs exhument un charnier. Les cadavres, véritables cobayes humains, ont subi des mutations génétiques. Une femme, Laure Dahan, apparaît dans les décombres. Mais ses jours sont comptés. Sa seule obsession : mettre à l'abri sa fille avant qu'il ne soit trop tard. Pour cela, elle est prête à tout et n'hésite pas à semer la désolation sur son passage. Une course-poursuite s'engage à travers l'Europe entre Laure et Vincent Auger, le commandant en charge de l'enquête. Dans un monde où s'effritent les frontières entre le bien et le mal, il devra choisir son camp.

Auteur : Marin Ledun est né en 1975 à Aubenas, en Ardèche. Traduit dans plusieurs pays, ses romans ont reçu de nombreux prix littéraires comme le trophée 813 du roman noir français et le Grand Prix du roman noir du Festival de Beaune pour Les Visages écrasés ainsi que le Prix mystère de la critique pour La Guerre des Vanités, et le Prix Plume libre pour Modus Operandi.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Entre thriller et livre de science fiction, ce policier est haletant. Une terrible explosion détruit un petit village d’Ardèche. Seule survivante, Laure, infectée par un virus, est en fuite, elle tente de retrouver son père Peter Dahan et sa fille âgée de 9 ans qui lui a été retirée et qu'elle veut protéger. Sur son passage les cadavres se multiplient... 
Vincent  Auger, le commandant en charge de l'enquête, est à sa poursuite. Il est intrigué par cette coupable idéale.  En particulier lorsque sa hiérarchie et l’armée veulent lui retirer l'enquête. Et malgré la dépression de sa femme, Vincent décide de poursuivre l'enquête qui le plongera dans l’horreur de la manipulation génétique...

Une histoire très prenante mêlant la folie meurtrière, et dérives scientifiques. Un livre qui semble très documenté et que je compte prêter à mon fils étudiant en biotechnologie pour tester la crédibilité de la partie scientifique...

Merci à Silvana et aux éditions J'ai Lu pour m'avoir permis de découvrir ce thriller.

Extrait : 

Déjà lu du même auteur :

les_visages_ecrases_p Les visages écrasés 

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Cercle familiale" (2)

Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  16/25

 

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06 janvier 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? [155]

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 (c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

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Bacha Posh - Charlotte Erlih 
Pas assez pour faire une femme - Jeanne Benameur 
Un petit détour et autres racontars - Jørn Riel, Gwen de Bonneval, Hervé Tanquerelle (BD)
Les chaussures italiennes - Henning Mankell

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Dans le ventre des mères - Marin Ledun (partenariat J'ai Lu)
3000 façons de dire je t'aime - Marie-Aude Murail
Western girl - Anne Percin

Que lirai-je cette semaine ?

Zeitoun - Dave Eggers (partenariat Livraddict)
Une vie entre deux océans - M. L. Stedman (partenariat Livraddict)
Un livre pour le Challenge Un mot, des titres... organisé par Calypso avec le mot PIERRE

Bonne semaine, bonnes lectures et Bonne Année !

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05 janvier 2014

Les chaussures italiennes - Henning Mankell

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Sixtrid - septembre 2011 - lu par Marc-Henri Boisse

Points - février 2011 - 384 pages

Point2 - mars 2013 - 576 pages

Point - novembre 2013 - 384 pages 

traduit du suédois par Anna Gibson

Titre original : Italienska skor, 2006

Quatrième de couverture : 
A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l'archipel. Depuis qu'une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s'est isolé des hommes. Pour se prouver qu'il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s'y immerge chaque matin. Au solstice d'hiver, cette routine est interrompue par l'intrusion d'Harriet, la femme qu'il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer.

Auteur : Henning Mankell, né en 1948, partage sa vie entre la Suède et le Mozambique. Lauréat de nombreux prix littéraires. Outre la célèbre « série Wallander », il est l'auteur de romans sur l'Afrique ou sur des questions de société, de pièces de théâtre et d’ouvrages pour la jeunesse.

Lecteur : Marc-Henri Boisse acteur et réalisateur.

Mon avis : (écouté en décembre 2013)
C'est un relecture de ce livre sous forme audio. Je gardais un très bon souvenir de cette lecture et je confirme mon coup de cœur avec cette relecture. 
Depuis douze ans, Fredrik Welin vit seul avec son chien et son chat dans une île de la Baltique. Il a comme seul contact le facteur qui passe le voir tous les jours même s'il ne reçoit pas de courrier. En plein hiver, Fredrik voit apparaître sur la glace, une vieille femme avec un déambulateur. C'est Harriet, la femme qu'il a abandonnée sans explication, il y a trente-sept ans. Elle est très malade et elle est venue lui demander de tenir une promesse faite autrefois : aller voir un lac aux eaux noirs. Ils partent donc tous les deux pour un voyage en voiture dans la forêt suédoise enneigée et silencieuse à la recherche de ce lac. A la fin du voyage, au fond des bois, Fredrik va faire la rencontre de Louise, puis de Giaconelli, un vieux cordonnier de génie qui lui confectionnera ses chaussures italiennes... Fredrik est alors rattrapé par son passé qu'il décide enfin d'affronter...
Ce livre reste pour moi un grand coup de cœur, les personnages sont attachants, les lieux sont dépaysants et apaisants... Beaucoup de douceur, de poésie et de sensibilité se dégage de ce roman magnifique et poignant. 

Extrait : (début du livre)
Je me sens toujours plus seul quand il fait froid.
Le froid de l'autre côté de la vitre me rappelle celui qui émane de mon propre corps. Je suis assailli des deux côtés. Mais je lutte, contre le froid et contre la solitude. C'est pourquoi je creuse un trou dans la glace chaque matin. Si quelqu'un, posté sur les eaux gelées avec des jumelles, me voyait faire, il me prendrait pour un fou. Il croirait que je prépare ma mort. Un homme nu dans le froid glacial, une hache à la main, en train de creuser un trou ?!
Au fond je l'espère peut-être, ce quelqu'un, ombre noire dans l'immensité blanche qui me verra un jour et se demandera s'il ne faut pas intervenir avant qu'il soit trop tard. Pour ce qui est de me sauver, en tout cas, c'est inutile. Je n'ai pas de projets de suicide.
Dans un autre temps, juste après la catastrophe, il m'est arrivé, oui, de vouloir en finir. Pourtant, je ne suis jamais passé à l'acte. La lâcheté a toujours été une fidèle compagne de ma vie. Maintenant comme alors, je pense que le seul enjeu, pour un être vivant, est de ne pas lâcher prise. La vie est une branche fragile suspendue au-dessus d'un abîme. Je m'y cramponne tant que j'en ai la force. Puis je tombe, comme les autres, et je ne sais pas ce qui m'attend. Y a-t-il quelqu'un en bas pour me recevoir ? Ou n'est-ce qu'une froide et dure nuit qui se précipite à ma rencontre ?
La glace se maintient.
L'hiver est rude, en cette année des débuts du nouveau millénaire. Quand je me suis réveillé ce matin, dans l'obscurité de décembre, j'ai cru entendre la glace chanter. Je ne sais pas d'où me vient cette idée que la glace chante. Peut-être de mon grand-père, qui est né sur cette île ; peut-être est-ce quelque chose qu'il me racontait quand j'étais petit.
Le bruit qui m'a réveillé ne venait pas de la chatte, ni de la chienne. J'ai deux animaux qui dorment plus profondément que moi. Ma chatte est vieille et pleine de courbatures ; ma chienne est sourde de l'oreille droite et elle entend mal de l'oreille gauche. Je peux passer à côté d'elle sans qu'elle s'en aperçoive.
Mais ce bruit ?
J'ai écouté dans le noir. Vu la provenance du son, ce devait être la glace qui bougeait, malgré tout – bien qu'ici, au fond de la baie, elle ait une épaisseur d'au moins dix centimètres. Un jour de la semaine dernière où j'étais plus inquiet que d'habitude, je suis parti à pied vers l'endroit où la glace rencontre la mer. J'ai vu alors que la glace s'étendait sur plus d'un kilomètre au-delà des derniers îlots. Ici, au fond de la baie, elle ne devrait donc pas être en mesure de bouger. Pourtant, ce matin, elle bougeait. Elle se soulevait, s'abaissait, craquait et chantait.

Déjà lu du même auteur : 
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Suède

Challenge Petit Bac 2014
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