13 avril 2014

Le bonheur illicite des autres - Manu Joseph

Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey

94329851 Philippe Rey - mars 2014 - 336 pages

traduit de l'anglais (Inde) par Bernard Turle

Titre original : The Illicit Happiness of Other People, 2012

Quatrième de couverture :
« Vous n’échapperez pas au bonheur », affirme, en gros, Unni, adolescent des années 1980 fasciné par les délires collectifs, avant de sauter du toit de son immeuble d’une cité de Madras.
Pourquoi ce suicide ? Telle est la quête – l’enquête – de son père, écrivain raté, ivrogne et néanmoins journaliste d’investigation. À travers des monceaux de vignettes, de planches, de bandes dessinées réalisées par son fils, par le biais de témoignages de ses anciens camarades de classe pris entre pensées profondes et coups de ceinture paternels, Ousep tente d’adoucir ses doutes et ceux de son épouse, Mariamma, elle-même détentrice d’un secret ancien.
Dans son deuxième roman, en partie autobiographique, imprégné par l’univers volontiers sybillin des concepteurs de BD, Manu Joseph livre le portrait d’un groupe d’adolescents tourmentés par les grandes questions philosophiques (la vie est-elle un accident ?). Le tout exacerbé par le contexte indien, le goût de la procrastination, la passion distanciée des quêtes spirituelles et les défis jusqu’au-boutistes de la jeunesse.
Nourrie de plans panoramiques comme de gros plans, de séquences comme d’ellipses et jouissant de multiples angles de vue, sans oublier les flash-backs, l’enquête d’Ousep avance et piétine à la fois, entraînant le lecteur dans un per­pétuel travelling latéral dont les figurants soit lèvent le voile sur la psyché de l’adolescent indien d’aujourd’hui soit en démontrent toute l’imperméabilité.

Auteur : Manu Joseph est journaliste. Les Savants, son premier roman, déjà traduit dans une vingtaine de pays, a été remarquablement accueilli par la critique.

Mon avis : (lu en avril 2014)
A l'âge de 17 ans, Unni Chacko saute par la fenêtre du salon de ses parents. Il ne laisse aucune explication et les parents du jeune homme s'interrogent : pourquoi ce suicide ? Son père Ousep est un écrivain raté, alcoolique, journaliste d'investigation. Sa mère Mariamma est un peu bizarre, elle parle toute seule, elle se réfugie dans la religion... Le petit frère Thoma âgé de dix ans a de l'admiration pour son aîné. 
Trois ans après le drame, arrive un courrier avec quelques planches de BD dessinées par Unni, Ousep est persuadé que grâce à cela, il va pouvoir découvrir l'explication de son geste. Aussi sans relâche, il interroge les anciens camarades de classe d'Unni, il mènera son enquête pour découvrir qui était vraiment son fils... Le soir, Mariamma a de plus en plus de mal à gérer le retour de son mari ivre et bruyant. La famille est rejetée par le voisinage et a du mal à payer son loyer et sa nourriture. Thoma a du mal à trouver sa place de fils, lui aussi veut comprendre pourquoi son frère est mort...

L'histoire est triste mais le livre ne l'est pas. L'auteur nous fait découvrir l'Inde des années 1980, des personnages touchants et émouvants. Le lecteur est embarqué dans une quête de la vérité comme dans un roman policier entre passé et présent. J'ai lu ce livre presque d'une traite, la construction du livre donne à l'histoire un côté haletant et le ton n'est jamais pesant, des petites pointes d'humour dans certaines situations égaillent le propos. 

Merci Anaïs et les éditions Philippe Rey pour cette très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
À en croire Mariamma Chacko, Ousep Chacko est le genre d'homme qui doit mourir à la fin d'une histoire. Mais il sait qu'elle n'en est pas tout à fait certaine en permanence, surtout le matin. Comme d'habitude, il est assis à son bureau, il étudie une énorme pile de bandes dessinées, tentant de résoudre la seule énigme à laquelle son épouse s'intéresse désormais. Il ne lui a pas réclamé son café, mais elle le lui apporte tout de même, posant le verre sur le bois de son bureau d'un geste presque brusque, question de lui rappeler son comportement honteux d'hier soir. Avec la même brusquerie, elle ouvre en grand les fenêtres, vide les cendriers et range les journaux sur la table. Quand, enfin, il part au travail sans un mot, elle se plante dans l'encadrement de la porte d'entrée et le regarde descendre l'escalier.
Sur le terrain de jeux, un rectangle de terre ponctué de rares touffes d'herbe, Ousep se dirige vers la grille à petits pas rapides. Il voit ses congénères, les bons maris, les bons pères, souliers noirs cirés, chemises sévères déjà mouillées par l'humidité ambiante. Ils vont jusqu'à l'abri à scooters, casque au bras, à l'envers car ils ont mis dedans leur repas végétarien scandaleusement frugal. D'autres continuent d'émerger du tunnel des escaliers du Bloc A, un austère bâtiment blanc de trois étages. Leurs épouses apparaissent alors aux balcons, leur font au revoir, vêtues de saris en coton, coquettes, de bon augure. Elles marmonnent des prières, sourient à leurs voisines, chacune vérifiant constamment d'un oeil la bonne tenue de son bustier.
Les hommes ne saluent jamais Ousep. Ils détournent le regard, nettoient leurs lunettes ou s'intéressent soudain à ce qu'il y a par terre. Alors que, entre eux, ils ne s'épargnent aucun signe d'affection. Ils appartiennent à une fraternité au sein de laquelle, pour communiquer, il suffit de chasser une glaire avec un raclement de gorge.
«Gorbatchev, lâche un homme délicat.
- Gorbatchev», acquiesce l'autre.
Ayant ainsi complété son analyse de l'article phare du Hindu, l'élection de Mikhail Gorbatchev au poste de premier président de l'URSS, chacun avance vers son scooter. À Madras, un scooter est l'assurance qu'un mari ne rentrera pas ivre le soir. Les reporters d'investigation tels qu'Ousep Chacko trouveraient insultant d'être vus juchés sur l'un d'eux mais ses voisins sont pour la plupart employés de banque. Ils saisissent d'abord leur guidon et adoptent une pose alanguie. Puis ils donnent un coup de pied à l'engin, comme pour le surprendre, le réveiller. Plusieurs coups de pied, en fait, dont certains semblent rebondir. Le moteur finit par rugir et ils partent, à la queue leu leu, assis sur leurs ischions, bien en avant sur le siège du conducteur, comme si c'était plus économique. Ils reviendront de la même manière à six heures, rapportant une tresse de jasmin à leur épouse, qui l'attachera à son chignon lavé de frais, emplissant leur intérieur d'un parfum aphrodisiaque, entamant ainsi la paix de son beau-père, qui vit sous leur toit, vieillard tellement en manque de chair qu'il caresse les enfants, caresse les hommes adultes et se claque furtivement les cuisses l'une contre l'autre en regardant le tennis féminin à la télé.

 

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11 avril 2014

Art - Yasmina Reza

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Actes Sud - octobre 1994 - 62 pages

Magnard - août 2002 - 122 pages

Albin Michel - juin 2009 - 144 pages

Quatrième de couverture :
Mon ami Serge a acheté un tableau. C'est une toile d'environ un mètre soixante sur un mètre vingt, peinte en blanc. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux. Mon ami Serge est un ami depuis longtemps. C'est un garçon qui a bien réussi, il est médecin dermatologue et il aime l'art...

Auteur : Fille d'un ingénieur russe d'origine iranienne et d'une violoniste hongroise, Yasmina Reza, née en 1959 à Paris, a étudié le théâtre et la sociologie à Nanterre. En 1994, elle acquiert une notoriété internationale avec sa pièce Art. Les suivantes ont également été adaptées en quelque trente-cinq langues et produites dans les salles les plus prestigieuses du monde entier. Son récit de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, L'Aube le soir ou la nuit, est devenu un best-seller, et son oeuvre littéraire compte aussi HammerklavierUne désolation, ou encore Dans la luge d'Arthur Schopenhauer

Mon avis : (lu en avril 2014)
Au dernier Café Lecture de la bibliothèque, je me suis laissée convaincre pour essayer de lire la pièce Art de Yasmina Reza. La pièce a été jouée pour la première fois le 28 octobre 1994, interprétée par Pierre Vaneck (Marc), Fabrice Luchini (Serge) et Pierre Arditi (Yvan), dans une mise en scène de Patrice Kerbrat à la Comédie des Champs-Élysées. Elle a obtenu deux Molière et a été traduite dans trente-cinq langues et mis en scène à LondresBerlinChicagoTokyoLisbonneSt-Pétersbourg, BombayJohannesburgBuenos AiresTunis ou Bratislava.
La lecture d'une pièce de théâtre est réducteur, il manque le ton, les silences des acteurs... Et j'ai apprécié mais sans plus la pièce... 
Il s'agit d'une réflexion autour de l’art moderne et de l'art contemporain et la perception de chacun, j'ai trouvé certaines longueurs et des redites... J'ai malgré tout aimé la conclusion. 
Ayant eu l'impression d'être passé à côté de cette pièce, j'ai trouvé sur internet la captation de « Art » et jouée par les acteurs, elle reprend tout son relief ! 

Extrait : (début de la pièce)

 

Le salon d'un appartement.
Un seul décor. Le plus dépouillé, le plus neutre possible.
Les scènes se déroulent successivement chez Serge, Yvan et Marc.
Rien ne change, sauf l'oeuvre de peinture exposée.

 


Marc,seul.
MARC. Mon ami Serge a acheté un tableau.
C'est une toile d'environ un mètre soixante sur un mètre vingt, peinte en blanc. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux.
Mon ami Serge est un ami depuis longtemps.
C'est un garçon qui a bien réussi, il est médecin dermatologue et il aime l'art.
Lundi je suis allé voir le tableau que Serge avait acquis samedi mais qu'il convoitait depuis plusieurs mois.
Un tableau blanc, avec des liserés blancs.

 

*

 

Chez Serge.
Posée à même le sol, une toile blanche, avec de fins liserés blancs transversaux.
Serge regarde, réjoui, son tableau.
Marc regarde le tableau.
Serge regarde Marc qui regarde le tableau.
Un long temps où tous les sentiments se traduisent sans mot.

 

MARC. Cher ?
SERGE. Deux cent mille.
MARC. Deux cent mille ?...
SERGE. Handtington me le reprend à vingt-deux.
MARC. Qui est-ce ?
SERGE. Handtington ? !
MARC. Connais pas.
SERGE. Handtington ! La galerie Handtington !
MARC. La galerie Handtington te le reprend à vingt-deux ?...
SERGE. Non, pas la galerie. Lui. Handtington lui-même. Pour lui
MARC. Et pourquoi ce n'est pas Handtington qui l'a acheté ?
SERGE. Parce que tous ces gens ont intérêt à vendre à des particuliers. Il faut que le marché circule.
MARC. Ouais...
SERGE. Alors ?
MARC. ...
SERGE. Tu n'es pas bien là. Regarde-le d'ici. Tu aperçois les lignes ?
MARC. Comment s'appelle le...
SERGE. Peintre. Antrios.
MARC. Connu ?
SERGE. Très. Très !
Un temps.
MARC. Serge, tu n'as pas acheté ce tableau deux cent mille francs ?
SERGE. Mais mon vieux, c'est le prix. C'est un ANTRIOS !
MARC. Tu n'a pas acheté ce tableau deux cent mille francs !
SERGE. J'étais sûr que tu passerais à côté.
MARC. Tu as acheté cette merde deux cent mille francs ? !

 

 

heureux_les_heureux Heureux les heureux 

 

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10 avril 2014

L'attentat - Dauvilliers et Chapron

9782723482547-L Glénat - septembre 2012 - 152 pages

Quatrième de couverture :
Amine Jaafari, arabe et israélien, est un chirurgien reconnu à Tel Aviv où il vit avec son épouse Sihem. Il y mène une vie sans histoires quand un jour, après un attentat dans un restaurant qui fait dix-neuf victimes, la police israélienne l'informe que la kamikaze est... sa femme. Brisé par cette révélation, Amine décide d'aller à la rencontre de ceux qui ont poussé Sihem à commettre le pire 

Auteurs : Tour à tour scénariste, éditeur, scénographe, Loïc Dauvillier est né à Cambrai (59) en 1971. Il se lance, en 2004, avec son complice Marc Lizano dans une première série jeunesse de trois tomes, La Petite Famille (Carabas). Depuis on a vu venir des récits jeunesse (Carabas Jeunesse), une adaptation d’une nouvelle de Gogol, Le Portrait (Carabas), un Oliver Twist d'après Dickens (Delcourt), un Tour du monde en 80 jours d’après Jules Verne (Delcourt), mais aussi des livres plus sombres qui révèlent une autre facette d’un scénariste atypique et exigeant. En 2009 est paru Inès (Drugstore), en collaboration avec Jérôme d'Aviau au dessin, un récit bouleversant sur le drame de la domination physique et morale d'un homme sur une femme.

Glen Chapron, né en Bretagne, apprend la gravure à l’école Estienne avant de s’orienter vers l’illustration. Il intègre les Arts-Décoratifs de Strasbourg, y rencontre les futurs membres du collectif Troglodyte et lance le fanzine trimestriel d’illustration et de bande dessinée Écarquillettes, où seront publiées les premières planches de Vents dominants. Il vit aujourd’hui à Nantes.

Mon avis : (lu en avril 2014)
Voici un des deux premiers albums que j'ai gagné au Loto BD organisé par Valérie sur le thème des adaptations (roman ou film). Merci Mo'. Voici l'adaptation du livre de Yasmina Khadra du même nom. 
J'ai lu le livre de Yasmina Khadra en 2011, j'ai vu l'adaptation au cinéma l'année dernière et relu le livre peu de temps après. Cette adaptation en BD est plus fidèle au livre que le film. 
Amine est « un arabe intégré », chirurgien à Tel Aviv, il connaît les violences des conflits israélo-palestinienne. Mais il ne s'attendait à y être plongé malgré lui à la suite d'un attentat suicide perpétré… par sa propre femme.
Au début, Amine n'y croit pas, c'est une erreur, sa femme ne peut pas être l'auteur de l'attentat, elle est seulement une victime... Il est abattu, dépressif puis il reçoit une lettre de sa femme et il décide de découvrir la vérité, comment sa femme a pu en arriver à cette extrémité... Amine est très touchant et bouleversant.
Une histoire à découvrir sous forme de BD, de film ou mieux encore du livre original. 

Extrait : 

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l_attentat_ L’attentat – Yasmina Khadra Affiche_Attentat Film : L'Attentat - Ziad Doueiri

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08 avril 2014

Un ciel rouge, le matin - Paul Lynch

 Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226256072g Albin Michel - février 2014 - 285 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Marina Boraso

Titre original : Red sky in morning, 2013

Quatrième de couverture : 
Tableau âpre et ténébreux de l’Irlande du XIXe siècle et de sa brutale réalité sociale, Un ciel rouge, le matin possède la puissance d’évocation des paysages du Donegal où il se déroule en partie. Le lyrisme sombre et poétique de Paul Lynch, qui signe là un remarquable premier roman, en exprime la force autant que les nuances, entre ombre et lumière.
Printemps 1832. Coll Coyle, jeune métayer au service d’un puissant propriétaire anglais, apprend qu’il est expulsé avec femme et enfants de la terre qu’il exploite. Ignorant la raison de sa disgrâce, il décide d’aller voir l’héritier de la famille, qui règne désormais en maître. Mais la confrontation tourne au drame : Coll Coyle n’a d’autre choix que de fuir. C’est le début d’une véritable chasse à l’homme, qui va le mener de la péninsule d’Inishowen à Londonderry puis aux États-Unis, en Pennsylvanie. Pleine de rage et d’espoirs déçus, son odyssée tragique parle d’oppression et de vengeance, du lien viscéral qui unit les hommes à leur terre.

Auteur : Paul Lynch est né en 1977 dans le Donegal et vit aujourd'hui à Dublin. Journaliste et critique de cinéma, il écrit régulièrement dans le Sunday Times, l'Irish Daily Mail et l'Irish Times. Un Ciel rouge, le matin est son premier roman, salué comme une révélation par la presse anglo-saxonne.

Mon avis : (lu en avril 2014)
Irlande, plus pécisément, Donegal, printemps 1832. Coll Coyle, un jeune fermier dont la famille est au service du même propriétaire depuis plusieurs générations, apprend que lui, sa femme et son enfant sont expulsés de leur ferme. Incrédule, Coyle veut une explication et il s'adresse au fils du propriétaire et le supplie de ne pas les expulser. Pourtant, la confrontation tourne mal, Hamilton chute de son cheval et se tue. Accusé de meurtre, Coyle doit fuir en abandonnant femme et enfant. Il va avoir à ses trousses Failler homme de main d'Hamilton qui n'a qu'un seul objectif exécuter Coll Coyle et tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins...

A travers cette chasse à l'homme le lecteur découvre l'Irlande déshéritée de la fin du XIXème siècle, les conditions difficiles de la traversée de l'Atlantique en bateau et la construction du chemin de fer avec des ouvriers traités comme des esclaves...
A la violence et la noirceur auxquelles est confronté Coll Coyle s'opposent la beauté et la poésie des descriptions des paysages. La nature est un acteur à part entière de cette histoire. Le lecteur découvrira dans les toutes dernières pages comment tout à commencé et la futilité de l'évènement rend ce récit encore plus sombre.
J'ai beaucoup aimé la beauté du texte, le rythme de l'histoire qui donne envie au lecteur de connaître la conclusion de l'histoire. J'espérais cependant en savoir plus sur la femme et l'enfant restés en Irlande. 

Merci Claire et les éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir ce premier roman.

Extrait : (début du livre)
D'abord il n'y a que du noir dans le ciel, et ensuite vient le sang, la brèche de lumière matinale à l'extrémité du monde. Cette rougeur qui se répand fait pâlir la clarté des étoiles, les collines émergent de l'ombre et les nuages prennent consistance. La première averse de la journée descend d'un ciel taci­turne et tire une mélodie de la ­terre. Les arbres se dépouillent de leur vêture d'obscurité, ils s'étirent, leurs doigts feuillus frémissant sous le vent, des flèches de lumière se propagent ici et là, cramoisies puis dorées. La pluie s'arrête, il entend les oiseaux s'éveiller. Ils clignent des yeux en secouant la tête, éparpillent leurs chants à travers le ciel. La vieille terre frissonnante se tourne lentement vers le soleil levant.

 

 Challenge Voisins Voisines 2014
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Irlande

Challenge Petit Bac 2014
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"Couleur" (4)

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Challenge Rentrée Hiver 2014

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07 avril 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? [168]

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(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

 

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En kit - Laure Naimski  
Le sang versé - Åsa Larsson 
Aujourd'hui pour toujours - Christophe Paviot 
Les aventures de Pettson et Picpus : Grabuge au potager - Sven Nordqvist 
Ce qui ne nous tue pas - Antoine Dole

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Un ciel rouge le matin - Paul Lynch (partenariat Albin Michel)

Que lirai-je cette semaine ?

Le Duel - Arnaldur Indridason 
Le bonheur illicite des autres - Manu Joseph (partenariat Philippe Rey)


Bonne semaine, bonnes lectures !

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06 avril 2014

Ce qui ne nous tue pas - Antoine Dole

ce qui ne nous tue Actes Sud - janvier 2014 - 114 pages

Quatrième de couverture :
“Lola reprend ses esprits. Elle ne veut pas rester ici. Elle ramasse ses affaires. Elle n’a pas quitté ses vêtements cette nuit. Simone est folle. Simone est dingo. Lola n’arrête pas de répéter ça dans sa tête. Elle doit partir d’ici. Ses yeux ne cessent de passer d’un objet à un autre, très vite, sans jamais se poser. Rien ici n’a de sens, de début ni de fin. Rien ici n’est vrai, ni réel.”
Lola est en colère. Contre ses parents qui se disputent sans cesse, contre les profs, contre ses amis, contre tous. Alors Lola fait la dure, cogne, et finalement met les voiles. Dans sa fuite, elle trouve refuge par hasard auprès de Simone. Chez la vieille clame, le temps s'est arrêté. Ces deux solitudes vont peu à peu s'apprivoiser et découvrir cette douceur qui ne nous tue pas mais nous rend plus fort.

Auteur : Né en 1981, Antoine Dole vit entre Chambéry et Paris. Après un premier roman remarqué en 2008, Je reviens de mourir puis Laisse brûler en 2010, ainsi que K-cendres en 2011. Il cosigne Ely Girls avec la rappeuse Sté Strausz. En 2013, a paru le roman A copier cent fois, un court roman sur la différence et l'acceptation de soi. En parallèle, il crée le personnage de bande dessinée Mortelle Adèle ainsi que différentes sagas pour la presse jeunesse.

Mon avis : (lu en avril 2014)
Lola est une jeune fille en colère, une jeune adolescente qui vit mal la séparation de ses parents. Elle se brouille avec ses amis, accumule les mauvaises notes, les retards... Jusqu’au jour où elle agresse un de ses camarades de collège et prend la fuite.
Lola croise le chemin de Colette, une vieille dame seule dans un appartement où s'entassent tous ses souvenirs et qui perd un peu la mémoire... Leurs deux solitudes vont les rapprocher et Lola va devoir mettre de côté sa colère pour aider la vieille dame oubliée de tous. Pour lui faire oublier son abandon, avec beaucoup de tendresse, Lola lui raconte de belles histoires, lui invente une vie... En prenant soin de Colette, Lola se réconcilie avec elle-même et la colère l'abandonne. 
L'auteur a construit son livre en mettant en alternance un chapitre racontant, à la 3ème personne et tout en douceur, le présent dans l'appartement de la vieille dame et un chapitre, à la 1ère personne, revenant sur le passé et la colère de Lola.

Une histoire qui n'est pas seulement adressée aux adolescents et qui nous amène à réfléchir sur l'isolement et les relations intergénérationnelles. Une belle découverte.

Autres avis : GambadouNouketteStephie et Jérôme 

Extrait : (début du livre)
- ANNA !
Lola tourne la tête vers les étages en entendant la voix qui vient de résonner dans la cage d'escalier. Aussitôt, son coeur martèle sa poitrine, comme si d'une seconde à l'autre sa cage thoracique allait se démanteler sous l'effet des vibrations pour ne laisser à sa place qu'un tas d'os et d'organes inertes. Lui reviennent d'un bloc les voix menaçantes qu'elle cherchait tant à fuir dans le noir, ces voix qui l'ont conduite à se perdre ici. Les larmes montent aux yeux mais s'arrêtent aussitôt qu'elle entend à nouveau la voix :
- Anna ! Anna !
La voix flotte au-dessus de sa tête, par-delà l'obscurité. Une voix de vieille dame, au timbre usé et sec. Une voix sans fioriture, qui tranche le vide à chaque intonation. Une voix qui semble savoir qu'elle est là, tapie dans l'obscurité. C'est comme si, quel que soit l'endroit où elle se tient, quelle que soit la position qu'elle prend, Lola ne pouvait se cacher. Elle s'accroupit, prête à détaler, mais les fourmis dans ses jambes l'empêchent de bouger. Quand la vieille dame passe la tête par la rambarde deux étages plus haut, Lola manque de tomber à la renverse. Ce visage ridé qui la toise d'en haut, et cette voix qui a désormais des traits :
- Enfin Anna, ne restez pas là par terre, montez ! Lola ne parvient même plus à déglutir, immobile, comme un lapin dans les phares d'une voiture. Sans savoir ce qu'elle peut craindre ou espérer. La vieille femme remet ça :
- Vous m'entendez ? Allez, dépêchez-vous, le petit-déjeuner est prêt.
Et puis elle disparaît. Et Lola reste seule. Ses jambes tremblent. Quelques biscuits dans le ventre, digérés depuis un moment. Elle n'a plus de force, plus d'énergie. Plus de peur non plus, elle n'est plus capable. Là, tout de suite, elle ne ressent plus rien. Juste la faim. Elle imagine le chocolat chaud et les tartines. Et cette vieille dame qui l'appelle Anna. Lola pourra lui expliquer qu'elle a fait une erreur, puis elle lui dira qu'elle s'appelle Lola et qu'elle s'est perdue, elle pourra lui demander de l'aide et manger quelque chose en attendant qu'on appelle ses parents. Alors, tout lui apparaît un peu plus clair, même si rien ne semble encore tout à fait simple.
Lola monte les escaliers doucement, en essayant de ne pas tomber malgré son corps qui tangue d'un côté puis de l'autre à chaque pas. Les planches craquent sous ses pieds, le poids du monde sûrement. Elle arrange ses cheveux comme elle peut, son blouson, elle ne sait pas quelle tête elle a, elle ne veut pas faire peur à cette personne qui l'attend. Lola ne se doutait pas que si peu de temps pouvait suffire à se couper des siens ; en une seule nuit elle a cassé tout ce qu'il y avait de solide sous ses doigts. Elle a mal partout, broyée sous le poids des erreurs successives. Il ne reste que ces marches, et ce craquement sur lequel s'attarde son esprit lui rappelle qu'elle est toujours là, connectée à la surface du monde. Elle y va lentement. Pas capable de mieux.

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Challenge Rentrée Hiver 2014

Challenge Petit Bac 2014
91121022
Verbe (6)

 

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05 avril 2014

Les aventures de Pettson et Picpus : Grabuge au potager - Sven Nordqvist

 Lu en partenariat avec Autrement Jeunesse

grabuge au potager Autrement jeunesse - mars 2014 - 26 pages

texte français de Camille Gautier

Titre original : Kackel i grönsakslanddet, 1990

Présentation éditeur :
C'est bientôt le Printemps ! Pettson, aidé de Picpus, décide de se lancer dans la confection d'un potager. Mais celui-ci attire bien des convoitises nocturnes... Qui sont les mystérieux coupables ?

Auteur : Né en 1946, Sven Nordqvist est un écrivain et illustrateur suédois de livres pour enfants. Il est connu pour sa série Pettson and Findus, dont les héros sont un vieux paysan, Pettson, et son chat futé, Findus. Il a étudié l'architecture à Lund Institute of Technology, et il a enseigné quelque temps l'architecture, tout en essayant de se conformer à sa première vocation d'illustrateur. En 1983 il a obtenu son premier prix dans un concours de livres pour enfants, et depuis il se consacre à ce type de publications.

Mon avis : (lu en avril 2014)
Avec le printemps, voilà la huitième aventure du duo Pettson et Picpus, un vieux bonhomme et son chat malicieux... Pettson décide de créer un potager pour y faire pousser des carottes, des pommes de terre... Picpus n'est pas trop emballé... il n'aime pas trop les légumes... Mais pourquoi pas essayer de faire pousser des boulettes de viande qu'il aime tant... 
Pendant que Pettson prépare la terre, creuse des sillons et sème des graines, Picpus creuse un petit trou, y met une boulette, la recouvre de terre et l'arrose. Mais cultiver son potager n'est pas de tout repos... Car tout à coup, c'est l'invasion des poules, elles sont sorties du poulailler attirées par la terre fraîchement retournée et la promesse de trouver des vers de terre... Difficile de les convaincre de retourner dans leur enclos... Et Pettson et Picpus ne sont pas au bout de leur peine et des (mauvaises) surprises !
En bonus en fin de livre une page intitulée "Au potager" propose quelques conseils pour planter dans son potager carottes, salades, oignons, pommes de terre, tomates et petits pois. On y découvre les périodes de semis, de récolte.
Toujours aussi attachants Pettson et Picpus sont vraiment drôles et plein d'astuces surtout Picpus... Et c'est un vrai bonheur pour les petits et les grands...
Chez moi, toute la famille a savouré cette nouvelle aventure de Pettson et Picpus, texte et dessins, avec le même plaisir que lorsque les enfants étaient petits... 

Merci à Brigitte et aux éditions Autrement Jeunesse pour cette promenade au potager...

Extrait : 

Petson_et_Picpus_1 Petson_et_Picpus_2

Petson_et_Picpus_3 Petson_et_Picpus_4

Déjà lu du même auteur :

l_inoubliable_No_l_de_Pettson L'inoubliable Noël de Pettson et Picpus 

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Qu'est-ce que je faisais le 04/04 à 14h04 ?

 

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Je participe au rendez-vous d'Enna du 04/04 à 4h04... (plutôt 16h04)

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Je viens d'attraper le métro pour aller prendre mon train et rentrer chez moi...

C'est le premier vendredi du mois, je sors plus tôt du travail car
c'est le jour du "Café Lecture" à la Bibliothèque !

 

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04 avril 2014

Comme une petite ressemblance n°8

Avec Canel nous avons pris rendez-vous pour un billet

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 Le mois du poisson...

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et des papillons...

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les ames perdues 2013-11-01_085220 linceuls

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Le billet de Canel

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03 avril 2014

Aujourd'hui pour toujours - Christophe Paviot

Lu en partenariat avec les éditions Belfond

aujourd'hui_ Belfond - avril 2014 - 285 pages

Quatrième de couverture :
Acteur star à Hollywood, William plaque tout pour changer de vie. Sur une île de la côte Est l'attend un fulgurant coup de foudre. Mais d'autres rencontres se profilent, étranges et fantomatiques...
William Baker était la plus grande star de Hollywood. Trois Oscar, une vie débridée, le monde à ses pieds. Mais sa carrière s'est effondrée après une chute qui l'a laissé avec une jambe abîmée. Venu sur la côte Est pour se reconstruire loin des frasques hollywoodiennes, il aspire à une vie plus solitaire. A peine débarqué sur l'île de Martha's Vineyard, il a pourtant un coup de foudre pour une New Yorkaise de passage, Lisa Hamilton. Lumineuse, intense, électrisante, leur histoire est en phase avec la beauté et la paix des lieux. Ensemble, William et Lisa découvrent une île pittoresque, magnifique, protégée... et plongent dans une bulle d'amour vrai. Mais cette belle harmonie va être troublée par quelques surprises et par l'apparition d'une étrange petite fille surgie de nulle part... ou plutôt venue du passé. Elle bouleverse leur bonheur et sème la pagaille dans un havre de paix à l'équilibre bien précaire. Car William et Lisa ont plus d'un secret à exhumer. 
D'une écriture imagée et rythmée, Christophe Paviot brosse avec humour et élégance le décor superbe et lointain d'une île du Massachusetts au large de Boston. Une comédie romantique pleine d'inattendu et de fantaisie.

Auteur : Après avoir travaillé comme docker à Valparaíso puis dans une ferme de crocodiles en Australie, Christophe Paviot est aujourd'hui rédacteur dans la publicité. Auteur de romans parmi lesquels Le ciel n'aime pas le bleu (2001) ou La guerre civile est déclarée 2013), il a aussi publié une fiction sur Kurt Cobain, Cassé (2008). Né à Rennes, il vit entre Paris, Rennes et Quiberon. Avec Aujourd'hui pour toujours, il change radicalement de registre.

Mon avis : (lu en mars 2014)
C'est le premier livre que je lisais de cet auteur, la couverture était attirante mais malheureusement j'ai reçu le livre sous forme d'épreuves donc sans couverture illustrée...
William Baker est une ex-star d'Hollywood. A la suite d'un accident, il boite et sa carrière s'est peu à peu arrêté. L'acteur a donc pris la décision de prendre sa retraite à Martha's Vineyard, île située sur la côte sud de la presqu'île du Cap Code et qui accueille la jet set américaine. William Baker vient d'y acheter par internet une superbe maison. Là il rencontre Lisa, une jeune femme venue de New-York pour le week-end dont il tombe amoureux...
Ce livre commençait comme une romance et tout à coup l'auteur y introduit une touche de fantastique et je deviens plus sceptique et je n'avais pas tout vu puisque cela se termine comme un polar avec une enquête autour de la disparition d'un des personnages de l'histoire... Il ne faut pas oublier qu'il y a des secrets d'enfance qui nous serons révélés...

Cela se lit presque trop bien car ces différents évènements sont trop beaux ou trop gros pour être crédibles... 

Merci à Jérémy et aux éditions Belfond pour m'avoir permis de découvrir ce roman et rencontrer son auteur lors du Salon du Livre.

Autres avis : Saxaoul, Keisha

 

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Moment/Temps" (5)

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