19 avril 2014

Le Duel - Arnaldur Indridason

le duel Métailié - février 2014 - 308 pages

traduit de l'islandais par Eric Boury

Titre original : Einvígið, 2011

Quatrième de couverture : 
Pendant l'été 1972, Reykjavík est envahi par les touristes venus assister au championnat du monde d'échecs qui oppose l'Américain Fischer et le Russe Spassky. L'Américain se conduit comme un enfant capricieux et a de multiples exigences, le Russe est accueilli en triomphe par le parti communiste islandais, le tout sur fond de guerre froide. Au même moment un jeune homme sans histoire est poignardé dans une salle de cinéma, le magnétophone dont il ne se séparait jamais a disparu. L'atmosphère de la ville est tendue, électrique. Le commissaire Marion Briem est chargé de l'enquête au cours de laquelle certains éléments vont faire ressurgir son enfance marquée par la tuberculose, les séjours en sanatorium et la violence de certains traitements de cette maladie, endémique à l'époque dans tout le pays. L'affaire tourne au roman d'espionnage et Marion, personnage complexe et ambigu, futur mentor d'Erlendur, est bien décidé à trouver le sens du duel entre la vie et la mort qui se joue là. Un nouveau roman d'Indridason qu'il est difficile de lâcher tant l'ambiance, l'épaisseur des personnages, la qualité d'écriture et l'intrigue sont prenantes.

Auteur : Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l'auteur de romans noirs couronnés de nombreux prix prestigieux, publiés dans 37 pays.

Mon avis : (lu en avril 2014)
Voilà un nouveau roman d'Indridason qui se déroule en 1972, en pleine guerre froide lors d'un évènement historique et important qui s'est passé en Islande, la confrontation entre deux grands joueurs d’échecs l'Américain Fischer et le Russe Spassky.
Cela commence avec la mort mystérieuse d'un adolescent dans un cinéma, c'est Marion Briem, futur mentor d'Erlendur, qui va mener l'enquête. Une enquête palpitante qui va mêler politique et espionnage et en parallèle le lecteur est plongé dans l'enfance et à la jeunesse de Marion Briem, personnage mystérieux et ambigu.
Même si Erlendur est absent du livre (il n'apparaît que dans les toutes dernières lignes du livre), ce roman est passionnant à plusieurs niveaux, l'enquête intelligente et très bien construite, le contexte historique de cet été 1972 et le personnage de Marion Briem dont l'enfance a été marquée par la tuberculose, maladie qui a touchée à l'époque beaucoup d'Islandais. 

Extrait : (début du livre)
À la fin du film, lorsque la lumière fut rallumée et que les spectateurs eurent quitté la salle, l'ouvreur découvrit le cadavre.
C'était une séance de cinq heures, en milieu de semaine. Comme d'habitude, la caisse avait ouvert soixante minutes avant la projection et le jeune homme avait été le premier à acheter son ticket. La caissière l'avait à peine remarqué. Âgée d'une trentaine d'années, ses cheveux permanentes ornés d'un ruban de soie bleue, sa cigarette posée dans le cendrier, elle était plongée dans un Modes et Travaux danois et avait tout juste levé les yeux lorsqu'il s'était présenté.
- Une entrée ? avait-elle demandé. Il s'était contenté de hocher la tête.
Elle lui avait tendu son billet, rendu sa monnaie et remis le programme avant de reprendre sa lecture. Il avait rangé l'argent dans l'une de ses poches et le ticket dans une autre avant de quitter les lieux.
Il préférait aller au cinéma seul et avait un faible pour la séance de fin d'après-midi. Il achetait toujours un sac de pop-corn et un soda. Il avait également un fauteuil de prédilection dans cette salle, comme dans toutes celles que comptait la ville. Ses places préférées étaient aussi diverses que les cinémas étaient nombreux. S'il allait, par exemple, au Haskolabio, il s'arrangeait pour être assis en haut à gauche. Le Haskolabio, le plus important de la ville, offrait l'écran le plus large. Il tenait à avoir assez de recul, ainsi aucun détail ne lui échappait. Cette distance le mettait également à l'abri d'images parfois choquantes ou trop envahissantes. Quand il optait pour le Nyja Bio, il montait au balcon et s'installait sur l'un des sièges qui longeaient l'allée. Les meilleurs fauteuils au Gamla Bio se trouvaient également au balcon, dans les rangées centrales. Lorsqu'il se rendait au Austurbaejarbio, dans le quartier est, il s'asseyait toujours sur la droite, trois rangs en contrebas de l'entrée. Au Tonabio, il préférait la rangée proche de l'entrée afin de pouvoir étendre ses jambes, à cet endroit l'écran était également à distance respectable. Il en allait de même pour le Laugarasbio. 
Le Hafnarbio différait de tous les autres. Il lui avait fallu longtemps pour trouver son fauteuil de prédilection, le plus petit cinéma de la ville étant des plus Spartiates. On y entrait par un petit hall qui tenait plutôt d'un vestibule, et abritait un stand de confiseries placé entre les deux portes menant à la longue salle étroite au plafond voûté : le Hafnarbio était installé dans l'un de ces baraquements militaires datant de la guerre. Deux allées longeaient les rangées de sièges et on quittait la salle par les deux portes situées à l'autre extrémité du bâtiment, tout près de l'écran. Il s'était parfois assis dans les rangées du haut, parfois à gauche, sur le siège bordant l'allée. Puis, il avait fini par trouver sa place : en haut à droite, au plus près du bord.
Il restait encore un bon moment avant le début du film. Il descendit donc la rue Skulagata jusqu'au rivage et s'installa sur un gros bloc de pierre, au soleil de l'été. Vêtu d'un blouson vert et d'un pull-over blanc, il tenait à la main son cartable dans lequel il transportait un magnétophone presque neuf qu'il sortit pour le poser sur ses genoux. Il plaça dans le compartiment l'une des deux cassettes qu'il avait emportées dans ses poches, appuya sur le bouton rouge qui déclenchait l'enregistrement et orienta l'appareil vers la mer. Puis il l'éteignit, rembobina, enfonça la touche lecture et écouta le ressac sur la bande. Il rembobina une seconde fois, l'essai était terminé. Tout était prêt.
Il avait déjà inscrit le titre du film sur les cassettes.

Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  26/25

Challenge Voisins Voisines 2014
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Islande

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Challenge Rentrée Hiver 2014

Déjà lu du même auteur :

la_cit__des_jarres La Cité des jarres  la_femme_en_vert La Femme en vert 

la_voix La Voix l_homme_du_lac L'Homme du lac hiver_arctique Hiver Arctique 

 hypothermie Hypothermie la_rivi_re_noire La rivière noire betty Bettý 

la_muraille_de_lave La muraille de lave etranges_rivages Etranges rivages 

91768788 La cité des jarres

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18 avril 2014

Une histoire d'hommes - Zep

une histoire d'hommes Rue de Sèvres - septembre 2013 - 62 pages

Quatrième de couverture : 
- Et pourquoi tu nous as réunis exactement, Sandro ?
- Pour le plaisir de vous revoir...
et puis je pensais que ça ferait du bien à Annie...
-... Rien d'autre ?
- Quoi tu veux que je vous demande pardon d'être devenu une rockstar pendant que vous faisiez vos vies pépères ? Arrêtez avec ça ! Le rock, la scène, c'était ma vie, pas la vôtre, et ce n'est pas moi qui ai anéanti le groupe, c'est Frank, je vous le rappelle.
- Woh... J'ai juste pété le nez d'un type de la BBC !

Auteur : Zep dessine et raconte des histoires depuis ses 14 ans. Il a déjà fait rire des générations d'écoliers en 20 ans d'aventures de Titeuf (20 millions d'albums vendus, traduit en 25 langues à l'international, dessin animé traduit en 35 langues et diffusé dans 240 pays) et reçu le grand prix d'Angoulême à 37 ans en 2004. Cet homme pressé a depuis conquis le public adulte avec ses Happy Books et ouvre aujourd'hui une toute nouvelle veine de son travail.

Mon avis : (lu en avril 2014)
Je connaissais Zep avec Titeuf, j'ai du lire au moins un album mais mes enfants n'ont jamais vraiment accroché... Par curiosité, j'ai emprunté cet album "adulte" de Zep à la Bibliothèque. 
C'est l'histoire de quatre copains qui formaient au début des années 90 un groupe de rock, les Tricky Fingers. Sandro le chanteur est le seul a être devenu une star. Dix-huit ans plus tard, les quatre se retrouvent le temps d'un week-end chez Sandro. Entre souvenirs nostalgiques et discussions présentes, le récit est construit en ménageant du suspens. Le lecteur ne sait pas où veut nous conduire l'auteur, les quatre amis auront l'occasion de s'expliquer sur quelques évènements du passé, de parler de leurs vies actuelles... 
Le dessin est très différent de celui de "Titeuf", plus sombre comme les sentiments des quatre amis.
Une belle découverte.

Extrait :

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Challenge 6% Rentrée Littéraire 2013
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35/36

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16 avril 2014

Le quatrième mur - Sorj Chalandon

Ecouté en partenariat avec Audiolib

Lu dans le cadre du Challenge
 
"Ecoutons un livre"
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Audiolib - mars 2014 - 9h10 - Lu par Féodor Atkine 

Grasset - août 2013 - 327 pages

Prix Goncourt des Lycéens 2013

Prix Goncourt Choix de l’Orient 2013

Quatrième de couverture :
« L'idée de Sam était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé. Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m'a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l'a fait promettre, à moi, petit théâtreux de patronage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne... »
Féodor Atkine, par son intensité contenue, réussit à réinstaller le pouvoir des mots dans les tumultes des combats et l’horreur des massacres : une interprétation qui est un hommage au roman bouleversant de Sorj Chalandon.

Auteur : Sorj Chalandon est né en 1952. Journaliste au Canard enchaîné, il a reçu le prix Albert Londres en 1988 pour ses reportages dans Libération et publié cinq romans chez Grasset dont Une Promesse (2006, prix Médicis), Mon traître (2008, Prix Joseph Kessel) et Retour à Killybegs (2011, Grand Prix du roman de l’Académie française).

Lecteur : Difficile de présenter ce comédien talentueux, à la carrière exemplaire et au parcours surprenant. Féodor Atkine a tourné avec W. Allen, O. Stone, R. Ruiz, G. Alghion, et tant d’autres encore. Grand admirateur de Mandela, il a participé en 2010 au documentaire de Joël Calmettes : Nelson Mandela au nom de la liberté.  

Mon avis : (écouté en avril 2014)
Après la conférence de Sorj Chalandon à l'occasion du Festival Rue des Livres à Rennes fin mars, j'ai eu le grand plaisir de relire ce livre coup de cœur en version audio. Entre mes deux lectures, j'ai eu l'occasion de lire la pièce Antigone de Jean Anouilh, ce n'est pas nécessaire pour la compréhension du livre de Sorj Chalandon mais c'est un plus de connaître la pièce.
J'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver Georges et Sam. J'ai pris mon temps pour relire ce livre et vraiment apprécier tous les détails. Dans la première partie du livre, l'auteur nous raconte la rencontre de Sam, réfugié grec d'origine juive, et Georges, le narrateur français, à la fac et leur amitié dans le combat syndical estudiantin. Dix ans plus tard, Sam est très malade, Georges est marié, papa d'une petite fille. Sam demande à Georges de prendre sa place pour mener à bien son projet un peu fou : monter Antigone à Beyrouth en pleine Guerre du Liban. Il a imaginé faire interpréter tous les rôles par ceux qui s’opposent sur le champ de bataille : Créon serait chrétien, Antigone palestinienne, Hémon Druze, il y aurait également des Chiites, des Chaldéens... Réunir le temps d'une trêve théâtrale de deux heures des acteurs que la guerre a rendu ennemis. 
Avec ce livre, Sorj Chalandon a voulu parler de la guerre car en 1982, il était dans les tous premiers journalistes à entrer dans les camps de Sabra et Chatila. "Dans le roman, c'est donc un homme plein de larmes, de colère, de tristesse qui peut enfin parler de son désarroi." Tout au long du livre, Sorj Chalandon s'interroge sur la paix et la guerre, sur les horreurs des massacres et l'espoir des hommes.
En version papier ce livre était déjà pour moi un grand coup de cœur, la version audio est également un formidable coup de cœur !
Sans en faire trop, le lecteur met vraiment très bien en valeur le texte poignant et percutant de Sorj Chalandon.
En bonus du livre audio, il y a un entretien avec Sorj Chalandon qui est aussi fort que celui auquel j'ai assisté à Rennes.

Un grand merci Margaux et les éditions Audiolib pour m'avoir permis de redécouvrir ce livre coup cœur d'une autre manière.

Autres avis : EnnaSandrine et Sylire 

Note : ♥♥♥♥♥

Extrait audio : voir ici

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Bâtiment" (3)

Déjà lu du même auteur :

Retour___Killybegs  Retour à Killybegs  mon_traitre_p Mon traître  le_petit_bonzi_p Le petit Bonzi  

la_l_gende_de_nos_p_res_p La légende de nos pères sorj_chalandon_le_quatrieme_mur Le quatrième mur 

 

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15 avril 2014

Là où naissent les nuages - Annelise Heurtier

 Lu en partenariat avec Casterman

la ou naissent les nuages Casterman - avril 2014 - 208 pages

Quatrième de couverture :
Fille unique de parents très aimants, mais très occupés, Amélia, 16 ans, s'est réfugiée dans la gourmandise. Elle traîne son corps adolescent et ses kilos en trop comme une punition. Mais l'arrivée d'une lettre étrange venue de Mongolie va bouleverser la banalité un peu mélancolique de son quotidien...

Auteur : Annelise Heurtier est née en 1979. Parallèlement à un début de carrière éloignée du milieu des lettres (une prépa HEC suivie d'une école de commerce la conduisent à travailler dans le marketing et le management), elle commence à écrire des textes à destination de la jeunesse. Son premier roman est rapidement publié aux éditions du Rouergue. Aujourd'hui, Annelise Heurtier habite à Tahiti où elle vit avec son compagnon et ses deux enfants. 

Mon avis : (lu en avril 2014)
Amélia, 16 ans, est une adolescente assez gâtée, fille unique dans un milieu aisé. Ayant quelques kilos en trop, elle n'est pas à l'aise dans son corps et manque de confiance en elle. Elle a la chance de pouvoir faire un grand voyage pour la Mongolie dans une association qui aide des enfants. Au début, elle devait faire ce voyage avec son père mais celui-ci est obligé de rester à Paris et c'est toute seule qu'elle part pour l'inconnu...
Ce voyage va la transformer. Elle va découvrir la misère du pays, des enfants qui se contentent de peu, en comparaison sa vie parisienne va lui paraître bien futile et douillette.
Amélia est la narratrice du livre, le lecteur suit dans le récit de son voyage : son évolution, ses réflexions, ses sentiments. 
Un récit émouvant et instructif.
Petit bémol dans l'intrigue sur le "rebondissement" final qui n'apporte rien à l'histoire mais qui fait un peu "cliché"...
Je trouve très belle l'illustration de la couverture du livre.

Merci Brigitte et les éditions Casterman 

Autres avis : Gambadou, CanelSaxaoul

Extrait : (début du livre)
Je détestais ça.
Je détestais que l'on me regarde comme ça.
Du bout des doigts, la fille de la boulangère me tendait le petit sac en papier, le sourire dégoulinant de mépris. Elle avait les ongles chargés d'une épaisse couche de vernis pailleté, sauf celui de l'index, qui se singularisait grâce au palmier miniature qu'on y avait habilement dessiné.
J'ai croisé le reflet d'un visage dans la glace. A côté d'un éventail de sucettes multicolores, il y avait une fille yeux rouges paupières gonflées cheveux ébouriffés saloperie d'humidité.
Moi.
Je me suis contentée de placer la monnaie sur le comptoir et je lui ai quasiment arraché le sac brun, déjà auréolé de gras par les trois pains au chocolat. Je suis sortie et j'ai commencé à marcher sur le trottoir mouillé. Un pas devant l'autre. Je me foutais complètement de ce qu'elle pouvait penser, avec sa manucure de dinde. Un pas et puis l'autre. Ce n'est pas elle qui venait de découvrir le garçon de ses rêves en train d'embrasser (dévorer) sa meilleure amie contre la grille du lycée.

 Challenge Petit Bac 2014
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"Couleur" (5)

 

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14 avril 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? [169]

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(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

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Un ciel rouge, le matin - Paul Lynch 
L'attentat - Dauvilliers et Chapron (BD) 
Art - Yasmina Reza 
Le bonheur illicite des autres - Manu Joseph

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Là où naissent les nuages - Annelise Heurtier (partenariat Casterman)

Que lirai-je cette semaine ?

Le Duel - Arnaldur Indridason 
Pour quelques milliards et une roupie - Vikas Swarup (Masse Critique Babelio / Belfond)

Bonne semaine, bonnes lectures !

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13 avril 2014

Le bonheur illicite des autres - Manu Joseph

Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey

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traduit de l'anglais (Inde) par Bernard Turle

Titre original : The Illicit Happiness of Other People, 2012

Quatrième de couverture :
« Vous n’échapperez pas au bonheur », affirme, en gros, Unni, adolescent des années 1980 fasciné par les délires collectifs, avant de sauter du toit de son immeuble d’une cité de Madras.
Pourquoi ce suicide ? Telle est la quête – l’enquête – de son père, écrivain raté, ivrogne et néanmoins journaliste d’investigation. À travers des monceaux de vignettes, de planches, de bandes dessinées réalisées par son fils, par le biais de témoignages de ses anciens camarades de classe pris entre pensées profondes et coups de ceinture paternels, Ousep tente d’adoucir ses doutes et ceux de son épouse, Mariamma, elle-même détentrice d’un secret ancien.
Dans son deuxième roman, en partie autobiographique, imprégné par l’univers volontiers sybillin des concepteurs de BD, Manu Joseph livre le portrait d’un groupe d’adolescents tourmentés par les grandes questions philosophiques (la vie est-elle un accident ?). Le tout exacerbé par le contexte indien, le goût de la procrastination, la passion distanciée des quêtes spirituelles et les défis jusqu’au-boutistes de la jeunesse.
Nourrie de plans panoramiques comme de gros plans, de séquences comme d’ellipses et jouissant de multiples angles de vue, sans oublier les flash-backs, l’enquête d’Ousep avance et piétine à la fois, entraînant le lecteur dans un per­pétuel travelling latéral dont les figurants soit lèvent le voile sur la psyché de l’adolescent indien d’aujourd’hui soit en démontrent toute l’imperméabilité.

Auteur : Manu Joseph est journaliste. Les Savants, son premier roman, déjà traduit dans une vingtaine de pays, a été remarquablement accueilli par la critique.

Mon avis : (lu en avril 2014)
A l'âge de 17 ans, Unni Chacko saute par la fenêtre du salon de ses parents. Il ne laisse aucune explication et les parents du jeune homme s'interrogent : pourquoi ce suicide ? Son père Ousep est un écrivain raté, alcoolique, journaliste d'investigation. Sa mère Mariamma est un peu bizarre, elle parle toute seule, elle se réfugie dans la religion... Le petit frère Thoma âgé de dix ans a de l'admiration pour son aîné. 
Trois ans après le drame, arrive un courrier avec quelques planches de BD dessinées par Unni, Ousep est persuadé que grâce à cela, il va pouvoir découvrir l'explication de son geste. Aussi sans relâche, il interroge les anciens camarades de classe d'Unni, il mènera son enquête pour découvrir qui était vraiment son fils... Le soir, Mariamma a de plus en plus de mal à gérer le retour de son mari ivre et bruyant. La famille est rejetée par le voisinage et a du mal à payer son loyer et sa nourriture. Thoma a du mal à trouver sa place de fils, lui aussi veut comprendre pourquoi son frère est mort...

L'histoire est triste mais le livre ne l'est pas. L'auteur nous fait découvrir l'Inde des années 1980, des personnages touchants et émouvants. Le lecteur est embarqué dans une quête de la vérité comme dans un roman policier entre passé et présent. J'ai lu ce livre presque d'une traite, la construction du livre donne à l'histoire un côté haletant et le ton n'est jamais pesant, des petites pointes d'humour dans certaines situations égaillent le propos. 

Merci Anaïs et les éditions Philippe Rey pour cette très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
À en croire Mariamma Chacko, Ousep Chacko est le genre d'homme qui doit mourir à la fin d'une histoire. Mais il sait qu'elle n'en est pas tout à fait certaine en permanence, surtout le matin. Comme d'habitude, il est assis à son bureau, il étudie une énorme pile de bandes dessinées, tentant de résoudre la seule énigme à laquelle son épouse s'intéresse désormais. Il ne lui a pas réclamé son café, mais elle le lui apporte tout de même, posant le verre sur le bois de son bureau d'un geste presque brusque, question de lui rappeler son comportement honteux d'hier soir. Avec la même brusquerie, elle ouvre en grand les fenêtres, vide les cendriers et range les journaux sur la table. Quand, enfin, il part au travail sans un mot, elle se plante dans l'encadrement de la porte d'entrée et le regarde descendre l'escalier.
Sur le terrain de jeux, un rectangle de terre ponctué de rares touffes d'herbe, Ousep se dirige vers la grille à petits pas rapides. Il voit ses congénères, les bons maris, les bons pères, souliers noirs cirés, chemises sévères déjà mouillées par l'humidité ambiante. Ils vont jusqu'à l'abri à scooters, casque au bras, à l'envers car ils ont mis dedans leur repas végétarien scandaleusement frugal. D'autres continuent d'émerger du tunnel des escaliers du Bloc A, un austère bâtiment blanc de trois étages. Leurs épouses apparaissent alors aux balcons, leur font au revoir, vêtues de saris en coton, coquettes, de bon augure. Elles marmonnent des prières, sourient à leurs voisines, chacune vérifiant constamment d'un oeil la bonne tenue de son bustier.
Les hommes ne saluent jamais Ousep. Ils détournent le regard, nettoient leurs lunettes ou s'intéressent soudain à ce qu'il y a par terre. Alors que, entre eux, ils ne s'épargnent aucun signe d'affection. Ils appartiennent à une fraternité au sein de laquelle, pour communiquer, il suffit de chasser une glaire avec un raclement de gorge.
«Gorbatchev, lâche un homme délicat.
- Gorbatchev», acquiesce l'autre.
Ayant ainsi complété son analyse de l'article phare du Hindu, l'élection de Mikhail Gorbatchev au poste de premier président de l'URSS, chacun avance vers son scooter. À Madras, un scooter est l'assurance qu'un mari ne rentrera pas ivre le soir. Les reporters d'investigation tels qu'Ousep Chacko trouveraient insultant d'être vus juchés sur l'un d'eux mais ses voisins sont pour la plupart employés de banque. Ils saisissent d'abord leur guidon et adoptent une pose alanguie. Puis ils donnent un coup de pied à l'engin, comme pour le surprendre, le réveiller. Plusieurs coups de pied, en fait, dont certains semblent rebondir. Le moteur finit par rugir et ils partent, à la queue leu leu, assis sur leurs ischions, bien en avant sur le siège du conducteur, comme si c'était plus économique. Ils reviendront de la même manière à six heures, rapportant une tresse de jasmin à leur épouse, qui l'attachera à son chignon lavé de frais, emplissant leur intérieur d'un parfum aphrodisiaque, entamant ainsi la paix de son beau-père, qui vit sous leur toit, vieillard tellement en manque de chair qu'il caresse les enfants, caresse les hommes adultes et se claque furtivement les cuisses l'une contre l'autre en regardant le tennis féminin à la télé.

 

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11 avril 2014

Art - Yasmina Reza

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Actes Sud - octobre 1994 - 62 pages

Magnard - août 2002 - 122 pages

Albin Michel - juin 2009 - 144 pages

Quatrième de couverture :
Mon ami Serge a acheté un tableau. C'est une toile d'environ un mètre soixante sur un mètre vingt, peinte en blanc. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux. Mon ami Serge est un ami depuis longtemps. C'est un garçon qui a bien réussi, il est médecin dermatologue et il aime l'art...

Auteur : Fille d'un ingénieur russe d'origine iranienne et d'une violoniste hongroise, Yasmina Reza, née en 1959 à Paris, a étudié le théâtre et la sociologie à Nanterre. En 1994, elle acquiert une notoriété internationale avec sa pièce Art. Les suivantes ont également été adaptées en quelque trente-cinq langues et produites dans les salles les plus prestigieuses du monde entier. Son récit de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, L'Aube le soir ou la nuit, est devenu un best-seller, et son oeuvre littéraire compte aussi HammerklavierUne désolation, ou encore Dans la luge d'Arthur Schopenhauer

Mon avis : (lu en avril 2014)
Au dernier Café Lecture de la bibliothèque, je me suis laissée convaincre pour essayer de lire la pièce Art de Yasmina Reza. La pièce a été jouée pour la première fois le 28 octobre 1994, interprétée par Pierre Vaneck (Marc), Fabrice Luchini (Serge) et Pierre Arditi (Yvan), dans une mise en scène de Patrice Kerbrat à la Comédie des Champs-Élysées. Elle a obtenu deux Molière et a été traduite dans trente-cinq langues et mis en scène à LondresBerlinChicagoTokyoLisbonneSt-Pétersbourg, BombayJohannesburgBuenos AiresTunis ou Bratislava.
La lecture d'une pièce de théâtre est réducteur, il manque le ton, les silences des acteurs... Et j'ai apprécié mais sans plus la pièce... 
Il s'agit d'une réflexion autour de l’art moderne et de l'art contemporain et la perception de chacun, j'ai trouvé certaines longueurs et des redites... J'ai malgré tout aimé la conclusion. 
Ayant eu l'impression d'être passé à côté de cette pièce, j'ai trouvé sur internet la captation de « Art » et jouée par les acteurs, elle reprend tout son relief ! 

Extrait : (début de la pièce)

 

Le salon d'un appartement.
Un seul décor. Le plus dépouillé, le plus neutre possible.
Les scènes se déroulent successivement chez Serge, Yvan et Marc.
Rien ne change, sauf l'oeuvre de peinture exposée.

 


Marc,seul.
MARC. Mon ami Serge a acheté un tableau.
C'est une toile d'environ un mètre soixante sur un mètre vingt, peinte en blanc. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux.
Mon ami Serge est un ami depuis longtemps.
C'est un garçon qui a bien réussi, il est médecin dermatologue et il aime l'art.
Lundi je suis allé voir le tableau que Serge avait acquis samedi mais qu'il convoitait depuis plusieurs mois.
Un tableau blanc, avec des liserés blancs.

 

*

 

Chez Serge.
Posée à même le sol, une toile blanche, avec de fins liserés blancs transversaux.
Serge regarde, réjoui, son tableau.
Marc regarde le tableau.
Serge regarde Marc qui regarde le tableau.
Un long temps où tous les sentiments se traduisent sans mot.

 

MARC. Cher ?
SERGE. Deux cent mille.
MARC. Deux cent mille ?...
SERGE. Handtington me le reprend à vingt-deux.
MARC. Qui est-ce ?
SERGE. Handtington ? !
MARC. Connais pas.
SERGE. Handtington ! La galerie Handtington !
MARC. La galerie Handtington te le reprend à vingt-deux ?...
SERGE. Non, pas la galerie. Lui. Handtington lui-même. Pour lui
MARC. Et pourquoi ce n'est pas Handtington qui l'a acheté ?
SERGE. Parce que tous ces gens ont intérêt à vendre à des particuliers. Il faut que le marché circule.
MARC. Ouais...
SERGE. Alors ?
MARC. ...
SERGE. Tu n'es pas bien là. Regarde-le d'ici. Tu aperçois les lignes ?
MARC. Comment s'appelle le...
SERGE. Peintre. Antrios.
MARC. Connu ?
SERGE. Très. Très !
Un temps.
MARC. Serge, tu n'as pas acheté ce tableau deux cent mille francs ?
SERGE. Mais mon vieux, c'est le prix. C'est un ANTRIOS !
MARC. Tu n'a pas acheté ce tableau deux cent mille francs !
SERGE. J'étais sûr que tu passerais à côté.
MARC. Tu as acheté cette merde deux cent mille francs ? !

 

 

heureux_les_heureux Heureux les heureux 

 

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10 avril 2014

L'attentat - Dauvilliers et Chapron

9782723482547-L Glénat - septembre 2012 - 152 pages

Quatrième de couverture :
Amine Jaafari, arabe et israélien, est un chirurgien reconnu à Tel Aviv où il vit avec son épouse Sihem. Il y mène une vie sans histoires quand un jour, après un attentat dans un restaurant qui fait dix-neuf victimes, la police israélienne l'informe que la kamikaze est... sa femme. Brisé par cette révélation, Amine décide d'aller à la rencontre de ceux qui ont poussé Sihem à commettre le pire 

Auteurs : Tour à tour scénariste, éditeur, scénographe, Loïc Dauvillier est né à Cambrai (59) en 1971. Il se lance, en 2004, avec son complice Marc Lizano dans une première série jeunesse de trois tomes, La Petite Famille (Carabas). Depuis on a vu venir des récits jeunesse (Carabas Jeunesse), une adaptation d’une nouvelle de Gogol, Le Portrait (Carabas), un Oliver Twist d'après Dickens (Delcourt), un Tour du monde en 80 jours d’après Jules Verne (Delcourt), mais aussi des livres plus sombres qui révèlent une autre facette d’un scénariste atypique et exigeant. En 2009 est paru Inès (Drugstore), en collaboration avec Jérôme d'Aviau au dessin, un récit bouleversant sur le drame de la domination physique et morale d'un homme sur une femme.

Glen Chapron, né en Bretagne, apprend la gravure à l’école Estienne avant de s’orienter vers l’illustration. Il intègre les Arts-Décoratifs de Strasbourg, y rencontre les futurs membres du collectif Troglodyte et lance le fanzine trimestriel d’illustration et de bande dessinée Écarquillettes, où seront publiées les premières planches de Vents dominants. Il vit aujourd’hui à Nantes.

Mon avis : (lu en avril 2014)
Voici un des deux premiers albums que j'ai gagné au Loto BD organisé par Valérie sur le thème des adaptations (roman ou film). Merci Mo'. Voici l'adaptation du livre de Yasmina Khadra du même nom. 
J'ai lu le livre de Yasmina Khadra en 2011, j'ai vu l'adaptation au cinéma l'année dernière et relu le livre peu de temps après. Cette adaptation en BD est plus fidèle au livre que le film. 
Amine est « un arabe intégré », chirurgien à Tel Aviv, il connaît les violences des conflits israélo-palestinienne. Mais il ne s'attendait à y être plongé malgré lui à la suite d'un attentat suicide perpétré… par sa propre femme.
Au début, Amine n'y croit pas, c'est une erreur, sa femme ne peut pas être l'auteur de l'attentat, elle est seulement une victime... Il est abattu, dépressif puis il reçoit une lettre de sa femme et il décide de découvrir la vérité, comment sa femme a pu en arriver à cette extrémité... Amine est très touchant et bouleversant.
Une histoire à découvrir sous forme de BD, de film ou mieux encore du livre original. 

Extrait : 

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l_attentat_ L’attentat – Yasmina Khadra Affiche_Attentat Film : L'Attentat - Ziad Doueiri

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08 avril 2014

Un ciel rouge, le matin - Paul Lynch

 Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226256072g Albin Michel - février 2014 - 285 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Marina Boraso

Titre original : Red sky in morning, 2013

Quatrième de couverture : 
Tableau âpre et ténébreux de l’Irlande du XIXe siècle et de sa brutale réalité sociale, Un ciel rouge, le matin possède la puissance d’évocation des paysages du Donegal où il se déroule en partie. Le lyrisme sombre et poétique de Paul Lynch, qui signe là un remarquable premier roman, en exprime la force autant que les nuances, entre ombre et lumière.
Printemps 1832. Coll Coyle, jeune métayer au service d’un puissant propriétaire anglais, apprend qu’il est expulsé avec femme et enfants de la terre qu’il exploite. Ignorant la raison de sa disgrâce, il décide d’aller voir l’héritier de la famille, qui règne désormais en maître. Mais la confrontation tourne au drame : Coll Coyle n’a d’autre choix que de fuir. C’est le début d’une véritable chasse à l’homme, qui va le mener de la péninsule d’Inishowen à Londonderry puis aux États-Unis, en Pennsylvanie. Pleine de rage et d’espoirs déçus, son odyssée tragique parle d’oppression et de vengeance, du lien viscéral qui unit les hommes à leur terre.

Auteur : Paul Lynch est né en 1977 dans le Donegal et vit aujourd'hui à Dublin. Journaliste et critique de cinéma, il écrit régulièrement dans le Sunday Times, l'Irish Daily Mail et l'Irish Times. Un Ciel rouge, le matin est son premier roman, salué comme une révélation par la presse anglo-saxonne.

Mon avis : (lu en avril 2014)
Irlande, plus pécisément, Donegal, printemps 1832. Coll Coyle, un jeune fermier dont la famille est au service du même propriétaire depuis plusieurs générations, apprend que lui, sa femme et son enfant sont expulsés de leur ferme. Incrédule, Coyle veut une explication et il s'adresse au fils du propriétaire et le supplie de ne pas les expulser. Pourtant, la confrontation tourne mal, Hamilton chute de son cheval et se tue. Accusé de meurtre, Coyle doit fuir en abandonnant femme et enfant. Il va avoir à ses trousses Failler homme de main d'Hamilton qui n'a qu'un seul objectif exécuter Coll Coyle et tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins...

A travers cette chasse à l'homme le lecteur découvre l'Irlande déshéritée de la fin du XIXème siècle, les conditions difficiles de la traversée de l'Atlantique en bateau et la construction du chemin de fer avec des ouvriers traités comme des esclaves...
A la violence et la noirceur auxquelles est confronté Coll Coyle s'opposent la beauté et la poésie des descriptions des paysages. La nature est un acteur à part entière de cette histoire. Le lecteur découvrira dans les toutes dernières pages comment tout à commencé et la futilité de l'évènement rend ce récit encore plus sombre.
J'ai beaucoup aimé la beauté du texte, le rythme de l'histoire qui donne envie au lecteur de connaître la conclusion de l'histoire. J'espérais cependant en savoir plus sur la femme et l'enfant restés en Irlande. 

Merci Claire et les éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir ce premier roman.

Extrait : (début du livre)
D'abord il n'y a que du noir dans le ciel, et ensuite vient le sang, la brèche de lumière matinale à l'extrémité du monde. Cette rougeur qui se répand fait pâlir la clarté des étoiles, les collines émergent de l'ombre et les nuages prennent consistance. La première averse de la journée descend d'un ciel taci­turne et tire une mélodie de la ­terre. Les arbres se dépouillent de leur vêture d'obscurité, ils s'étirent, leurs doigts feuillus frémissant sous le vent, des flèches de lumière se propagent ici et là, cramoisies puis dorées. La pluie s'arrête, il entend les oiseaux s'éveiller. Ils clignent des yeux en secouant la tête, éparpillent leurs chants à travers le ciel. La vieille terre frissonnante se tourne lentement vers le soleil levant.

 

 Challenge Voisins Voisines 2014
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Irlande

Challenge Petit Bac 2014
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"Couleur" (4)

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Challenge Rentrée Hiver 2014

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07 avril 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? [168]

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(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

 

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En kit - Laure Naimski  
Le sang versé - Åsa Larsson 
Aujourd'hui pour toujours - Christophe Paviot 
Les aventures de Pettson et Picpus : Grabuge au potager - Sven Nordqvist 
Ce qui ne nous tue pas - Antoine Dole

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Un ciel rouge le matin - Paul Lynch (partenariat Albin Michel)

Que lirai-je cette semaine ?

Le Duel - Arnaldur Indridason 
Le bonheur illicite des autres - Manu Joseph (partenariat Philippe Rey)


Bonne semaine, bonnes lectures !

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