09 mars 2014

Wifi Génie - Luc Blanvillain

Lu en partenariat avec Scrineo Jeunesse

v_book_237 Scrineo Jeunesse - février 2014 - 147 pages

Quatrième de couverture :
En vacances chez sa grand-mère à Morlaix, Fabien, un adolescent tranquille et fan de l'informatique, hérite d'un ordinateur hors d'usage, mais pas banal. Quand Fabien le répare, il n'en sort rien de moins qu'un génie !
Un génie oui, et en plus, pas n'importe lequel. un génie de l'ordinateur, capable de créer à partir du virtuel grâce au copier-coller, tout ce que Fabien désire dans la réalité ! Dès lors, les possibilités s'avèrent sans limites. Sauter une après-midi rando avec sa grand-mère, recommencer la partie après un rendez-vous pas très concluant avec une jolie fille, etc. Mais Fabien n'est pas au bout de ses surprises. car amener le virtuel dans la réalité peut souvent s'avérer beaucoup plus dangereux qu'il ne l'imagine.

Auteur : Né en 1967, Luc Blanvillain est professeur de lettres. Il a déjà publié 4 romans pour la jeunesse, dont Un amour de geek (2011) et Une histoire de fou (2011). Dans ses romans, il aborde souvent les thèmes des adolescents, des problèmes familiaux, de la croyance fanatique et de l'indiscipline. Il s'inspire non seulement de ses enfants mais aussi des jeunes qu'il observe dans ses classes. Luc Blanvillain vit à Lannion, en Bretagne.

Mon avis : (lu en mars 2014)
Alors que ces parents sont partis en voyage à Venise, Fabien est en séjour à Morlaix chez Annette sa grand-mère. Cette dernière est très dynamique et adore les randonnées. Fabien, adolescent de quatorze ans, préfèrerait passer ses vacances allongé sur la plage  que sur les sentiers bretons... Mais lorsqu'il trouve dans sa chambre un vieil ordinateur que sa grand-mère a acheté sur une brocante, il se dit que les vacances commencent bien ! Mais il n'a pas encore tout vu... En effet, l'ordinateur est magique et un génie l'habite. En démarrant l'ordinateur, Fabien a libéré le génie et celui-ci va pouvoir lui faire découvrir tous les pouvoirs de la machine...
J'ai trouvé l'histoire charmante, originale et pleine d'humour.
Les personnages d'Annette l'adorable grand-mère, de Fabien et d'Hippolyte (dit Hippo) le génie sont sympathiques et attachants. Le personnage de Daphné est plus caricaturale mais nécessaire dans l'intrigue.
Ce livre dénonce les dangers de l'internet et des virus informatiques qui peuvent contaminer un ordinateur. En fin du livre, il se trouve un dossier très intéressant qui répertorie une petite dizaine de types de programmes malveillants.
Seul bémol à ma lecture, j'ai trouvé la typographie de la police d'écriture du livre trop fine et en condition de lumière moyenne, j'ai eu du mal à le lire. 
Livre à lire à partir de 11 ans.

Merci à l'auteur et aux éditions Scrineo Jeunesse 

Extrait : ici

Déjà lu du même auteur :

un_amour_de_geek Un amour de geek  crimes_et_jeans_slim_p Crimes et jeans slim 

2013_10_14_195047 Le Démon des brumes

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Challenge Rentrée Hiver 2014

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08 mars 2014

Comme une petite ressemblance n°7


Avec Canel nous avons pris rendez-vous pour un billet

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une chinoise ordinaire ce que je sais 

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Le billet de Canel

 Mes autres billets Comme Une Petite Ressemblance : 
billet n°1billet n°2billet n°3billet n°4billet n°5, billet n°6

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07 mars 2014

Un jour j'irai chercher mon prince en skate - Jo Witek

un jour j'irai chercher Actes Sud - août 2013 - 126 pages

Quatrième de couverture :
"Il va falloir vous accrocher parce que la puberté, c'est complexe. Cette histoire n'est pas pour les mioches, je vous préviens. Si vous croyez encore aux princes qui arrivent sur un cheval blanc un matin et vous envoient un texto "Salut, mon ange, je passe te prendre en scoot devant chez toi ! Tu as gagné à la grande loterie de mon coeur !", laissez tomber ! Mon aventure n'est pas pour vous".
Avec son physique de sportive, son caractère caustique et ses jeans troués, Fred se dit qu'elle risque d'attendre longtemps son premier baiser. Alors, assez des contes de fées, Fred préfère rester elle-même et enflammer le bitume sur son skate.

Auteur : Après des études d'art dramatique à Paris, Jo Witek se dirige assez vite vers l'écriture. D'abord vers le cinéma, en travaillant comme scénariste, lectrice, puis vers la presse écrite et la littérature. Depuis 2009, elle écrit particulièrement pour la jeunesse : des romans au Seuil Jeunesse. En un tour de main, Récit intégral (ou presque) d'une coupe de cheveux ratée, chez Talents Hauts Mauvaise connexion, mais aussi des documentaires et albums à La Martinière Jeunesse LeDico de la jeune fille, Tout savoir sur le sexe, Le Ventre de maman. Chez Actes Sud Junior, elle est l'auteur de deux thrillers, Peur Express et Rêves en noir, ainsi que d'un "Roman benjamin" intitulé Ma vie en chantier. Elle réside aujourd'hui dans une petite ville languedocienne et partage son temps entre la rédaction de communication, les ateliers d'écriture en milieu scolaire et son métier d'auteur.

Mon avis : (lu en mars 2013)
Fred est un peu "garçon manqué", sa grande passion, c'est le skate. A 14 ans, elle aimerait bien que les garçons s'intéressent à elle autrement que comme la bonne copine... Pourtant, il est hors de question de se "déguiser", de se maquiller, de suivre la mode pour s'habiller. 
Son grand-père étant mourant, Fred va faire connaissance avec la nombreuse famille de son père. Fille unique, elle se découvre des cousins, des cousines, des oncles, des tantes... Sa rencontre avec Diane, sa tante et marraine un peu rebelle, va l'aider à prendre confiance en elle et à grandir. Un joli roman sur une jeune fille qui se cherche avec en toile de fond des secrets de famille. 

Extrait : (début du livre)
Il était une fois, moi. 14 ans, 1,65 m, 58 kg, une humaine du genre féminin. Tour de poitrine ? Vraiment rien à signaler : c'est génétique, maman a le même. Je ne suis pas du genre à faire tourner les têtes. Je n'ai pas non plus des jambes de gazelle, ni une tignasse de gitane. Je danse comme un balai et je déteste le maquillage, le shopping, les magazines et, par-dessus tout, la manucure. Je ne monte pas à cheval le mercredi dans un haras chic et je ne crie pas comme une hystérique dès que je vois un chanteur au brushing bien lisse à la télé. De plus, je pratique assidûment le skateboard trois fois par semaine à un niveau de compétition nationale. Vous l'aurez compris : à la base, j'étais très mal partie dans ma vie sentimentale. Je ne sais pas pourquoi, mais les garçons ont toujours eu plus envie de me taper dans le dos que de m'embrasser. En plus, je m'appelle Frédérique. C'est vraiment pathétique.
Si vous avez mon âge et que vous n'avez jamais embrassé de garçon ou de fille, ne paniquez pas ! Cette histoire est pour vous et pour tous ceux qui se sentent rejetés des grandes romances.
Il était une fois, donc, moi, une fille normale, qui à onze ans a fait son entrée dans le monde magique et merveilleux de l'adolescence. Boutons, cheveux gras, fringale, kilos en trop, règles douloureuses et envie obsédante d'embrasser un garçon. Au début, j'étais comme les copines. Je m'accrochais aux contes de fées de mon enfance. La robe à paillettes, le prince, la musique, la valse et tout le bazar. J'y croyais à fond. Jusqu'à l'âge de douze ans en tout cas. Après, j'ai commencé à remettre sérieusement en cause ces histoires d'amour prêtes à consommer.

 Challenge 6% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
31/36

 Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Objet" (5)

 

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06 mars 2014

En route pour Compostelle - Monica Peetz

Lu en partenariat avec Babelio et Presses de la Cité

en route pour Compostelle Presses de la Cité - février 2014 - 318 pages

traduit de l'allemand par Michèle Valencia

Titre original : Die Dienstagsfrauen, 2010

Quatrième de couverture :
Depuis quinze ans, Caroline, Judith, Eva, Estelle et Kiki se réunissent une fois par mois au Jardin, un restaurant français de Cologne. Partageant leurs joies et leurs peines, ces cinq "dames du mardi" sont comme les doigts de la main. Aussi, quand Judith annonce qu'elle veut partir sur le chemin Saint-Jacques-de- Compostelle pour honorer la mémoire de son mari Arne, ses amies décident de l'accompagner.
Les voilà donc prêtes pour l'aventure. Mais dès le début, de vives tensions apparaissent. Peu habituées à passer autant de temps ensemble, elles se découvrent sous un nouveau jour, lequel laisse entrevoir des secrets inavouables...
Entre bonheur et déconvenues, orages et promenades ensoleillées embaumant le thym et le romarin, un pèlerinage cocasse et haut en couleur qui changera à jamais la vie de ces cinq femmes.

Auteur : Après des études de lettres et de communication à l'université de Munich, Monika Peetz a travaillé pour une chaîne de télévision allemande avant de se consacrer à l'écriture de scénarios pour le petit écran. Elle est l'auteur de plusieurs romans. En route pour Compostelle est son premier livre publié en France.

Mon avis : (lu en mars 2014)
Caroline, Judith, Eva, Estelle et Kiki sont les "Dames du Mardi", en effet depuis plus de quinze ans, elles se retrouvent entre filles tous les premiers mardi du mois dans un restaurant français de Cologne. Lorsque l'histoire commence, Arne, le mari de Judith, est décédé d'un cancer depuis six mois. Après avoir retrouver le carnet de route de son mari, Judith décide de partir en France pour poursuivre le pèlerinage que son mari faisait depuis quelques années par étapes de 2 à 3 semaines. Ses amies décident alors de l'accompagner de Narbonne-Plage à Lourdes. 

Elles sont toutes les 5 très différentes : Caroline est avocate, mariée à Philippe, médecin, ils ont eu ensemble deux enfants devenus adultes. Après son diplôme de médecin en poche, Eva s'est mariée à Frido et a eu 4 enfants, sa vie est toute dédiée à son mari et ses enfants. Estelle et son mari possèdent cinq pharmacies, elle est assez bling bling et l'apparence compte beaucoup. Il est donc hors de question de prendre un sac à dos pour partir sur ce pélerinage... La plus jeune, Kiki est l'artiste de la bande, des tenues bariolées, toujours fauchée et sentimentalement assez instable.
Le chemin va être semé d'embûches (problème d'orientation, disputes entre ses dames...) mais il y aura également de beaux moments, de belles rencontres... Des aventures cocasses, des cris, des pleurs, des fous-rires...
Au retour à Cologne, elles ne seront plus les mêmes...
Un livre distrayant et amusant avec lequel j'ai passé un très bon moment. 

Seul bémol, je n'ai pas compris le choix du titre en français... il est vraiment trompeur car la destination de nos "Dames du Mardi" n'est pas Compostelle mais Lourdes ! 

Merci Babelio et Presses de la Cité pour cette découverte.

Extrait : (début du livre)
- Allez, Tom ! Bouge ton cul ! brailla Luc. Les clientes vont arriver d'un moment à l'autre...
Sans pitié, le propriétaire du Jardin poursuivait son serveur dans tout l'établissement. Les ordres s'abattaient sur le jeune homme avec la régularité d'un tir de mitraillette.
- Les verres ! ça fait cinq que je te le dis... Non, pas la vaisselle ordinaire... Où sont les fleurs ? Faut-il vraiment que je m'occupe de tout ?
Tom n'y comprenait rien. Pour qui Luc mettait-il donc ainsi les petits plats dans les grands ? En jetant un coup d'oeil dans le registre des réservations, il ne fut pas plus avancé.
- Nous n'avons pourtant pas pris de réservation pour la table qui se trouve près de la cheminée.
Luc se figea. On aurait dit qu'il n'avait encore jamais entendu remarque plus stupide.
- Est-ce que tu as regardé le calendrier ?
- Bien sûr.
- Et alors ?
- On est mardi.
Luc éleva la voix :
- Le premier mardi du mois. Ce qui veut dire...
- C'est un jour férié en France ? risqua Tom comme s'il participait à un jeu télévisé.
Luc poussa un profond soupir. C'était peut-être une erreur de donner sa chance à un jeune qui avait quitté l'école et se retrouvait sans travail. La seule expérience que Tom avait dans le domaine de la gastronomie lui venait de sa conception. Dans une poussée de testostérone, un idiot l'avait un jour engendré dans l'auberge fréquentée par l'association sportive d'Euskirchen. Malheureusement, cet idiot, c'était Luc. C'est pourquoi il avait difficilement pu se dérober quand, cinq semaines plus tôt, son ex avait déposé le produit déficient de leur relation devant sa porte. L'enfant trouvé avait dix-neuf ans et tenait vraiment de sa mère. A en croire Luc. 

Challenge Voisins Voisines 2014
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Allemagne

Challenge Petit Bac 2014
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Géographie (4)

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Challenge Rentrée Hiver 2014

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05 mars 2014

L'Étranger - Albert Camus et Jacques Ferrandez

A64518 Gallimard - avril 2013 - 136 pages

Quatrième de couverture :
Le jour où sa mère est morte, Meursault a remarqué qu'il faisait très chaud dans l'autobus qui le menait d'Alger à l'asile de vieillards, et il s'est assoupi. Plus tard, dans la chambre mortuaire, il a apprécié le café que lui offrait le concierge, a eu envie de fumer, a été gêné par la violente lumière des lampes électriques. Et c'est avec une conscience aiguë du soleil qui l'aveugle et le brûle que l'employé de bureau calme et réservé va commettre un acte irréparable. Camus présente un homme insaisissable amené à commettre un crime et qui assiste, indifférent, à son procès et à sa condamnation à mort.

Auteur : Albert Camus naît à Mondovi, en Algérie, en 1913. Pendant la seconde guerrre mondiale, il intègre un mouvement de résistance à Paris, puis devient rédacteur en chef du journal « Combat » à la Libération. Romancier, dramaturge et essayiste, il signe notamment « L'étranger » (1942) et « La Peste » (1947), et reçoit le prix Nobel de littérature en 1957. Il meurt en 1960 dans un accident de voiture.

Dessinateur : Jacques Ferrandez naît en 1955 à Alger. Après l'École des arts décoratifs de Nice, il se tourne vers l'illustration et la bande dessinée. En 1987, il débute « Carnets d'Orient », une fresque sur l'histoire de la présence française en Algérie, qu'il achève 20 ans plus tard. Spécialiste incontesté de la question algérienne, il adapte la nouvelle de Camus, « L'Hôte », en 2009. Ses livres font l'objet de nombreuses expositions, en France et en Algérie, notamment aux Invalides à l'occasion des 50 ans de la fin de la guerre d'Algérie, en 2012. Il a reçu pour ses « Carnets d'Orient » le prix spécial du jury Historia 2012.

Mon avis : (lu en mars 2014)
Voici un des deux premiers albums que j'ai gagné au Loto BD organisé par Valérie sur le thème des adaptations (roman ou film). Merci Jérôme. Voilà l'adaptation d'un classique très réussi. J'avais lu l'Étranger lorsque j'étais au lycée mais je n'en gardais qu'un faible souvenir... (en fait que celle de la deuxième partie). 
Mon fils de 18 ans, qui a beaucoup aimé cette BD, m'a confirmé que Jacques Ferrandez a su rester très fidèle au texte de Camus. Je vous invite à lire la quatrième de couverture qui résume assez l'histoire sans en dire trop...
Le dessin est superbe. Avec de magnifiques aquarelles, le dessinateur a su décrire la beauté d'Alger, la luminosité des paysages méditerranéens, l'atmosphère étouffante sous le soleil... 
Cette bande dessinée est une très belle façon de redécouvrir l’œuvre de Camus. Une très belle lecture.

Extrait : 

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04 mars 2014

Feu pour feu - Carole Zalberg

feu pour feu  Actes Sud - janvier 2014 - 72 pages

Quatrième de couverture : 
Je couvre, en te parlant, l'entre-deux - mort/vie, lieu noir/lieu blanc, hier/demain - où nous allons des jours durant, suspendus comme viande dans un temps qui n'est pas fait pour être vécu mais franchi, respiration réduite au plus mince filet, rêves bridés, métabolisme à l'économie, et je t'emporte, ma valeureuse, emmaillotée dans les mots du pays que nous tentons de fuir.

Auteur : Née en 1965, Carole Zalberg vit à Paris. Romancière et poète, elle anime des ateliers d'écriture en milieu scolaire et des rencontres littéraires. Son roman, A défaut d'Amérique (Actes Sud, 2010) a reçu le prix du Roman métis des lycéens 2012.

Mon avis : (lu en février 2014)
Ce tout petit livre est magnifique.
Le narrateur s'exprime à la première personne du singulier, c'est un père qui s'adresse à sa fille. Il revient sur leur histoire commune qui a commencé quinze ans plus tôt. Amada était alors un tout petit bébé. Fuyant la guerre et les massacres, avec sa fille nichée sous son bras, le narrateur quittait sa terre, son pays, l'Afrique pour une Europe pleine de promesses...
Aujourd'hui, Amada est en prison, elle a mis le feu à la cité où ils vivent depuis leur exil.
Depuis toujours, le père avait voulu protéger sa fille, il ne lui a pas tout dit sur son passé, il a voulu l'épargner et lui donner la chance de vivre en quittant l'Afrique pour l'Europe. 
Le récit du père dans un style littéraire et poétique est par moment entrecoupé par quelques mots de sa fille qui tente d'expliquer les circonstances de son acte dans un style langage parlée, avec un faible vocabulaire, genre texto ou sms.
Un message très fort en peu de mots. Inoubliable.

Autre avis : Leiloona

Extrait : (début du livre)
Ces heures à faire le cadavre au milieu des cadavres, si longtemps que la puanteur est restée dans ma gorge, corrompt encore quinze ans après l’air le plus pur et le goût de toutes choses, ces heures lentes, lentes, tellement lentes à rester aussi immobile qu’une souche malgré le grouillement de mille bêtes et la position impossible, les jambes trop pliées et la tête à angle droit posée sur un membre étranger, déjà froid dans la chaleur de four, ces heures à tenir jusqu’au coeur de la nuit et enfin leurs pas, leurs voix de rapaces repus qui s’éloignent, la clameur triomphante des moteurs de leurs engins réveillés ensemble, troupeau de malheur éructant une ultime menace et tournant une dernière fois autour du charnier avant d’aller tuer plus loin, tout ce temps et cette peur plus grande alors que le chagrin pour me risquer hors de l’amas des corps et retrouver parmi eux celui de ta mère, ton silence affolant sous son ventre mort et à l’instant où je te sors, où ta peau retrouve la sensation du vide, ton hurlement, l’amer miracle de notre survie et le chemin si long jusqu’à ce pays où tu peux t’endormir chaque soir sans rien redouter, toi tu en fais ça ?Tu ne sais rien.
Ou seulement dans le secret de ton corps minuscule d’il y a quinze années, collé au mien quand ensuite je cours et marche et parfois rampe l’oeil rivé à l’horizon. La naissance du jour nous renverra à l’attente, forcera au repos.

Je vais donc jusqu’à l’épuisement, ne sens pas les plaies à mes pieds nus et partout où des branches, des ronces, des cailloux ont mordu ma chair. J’ai deux coeurs au travail. Quand le mien faiblit, le tien, petit battement d’oisillon dans mon dos, le ranime – j’ai noué un pagne comme le faisait ta mère et t’ai accrochée à moi peau à peau. Contre ton buste je suis ton monde doux et tu ne cries plus. Mon coeur d’homme obéit à ton coeur d’enfant.
C’est ainsi que nous t’appelions encore à l’arrivée des tueurs, “l’enfant”. Nous attendions qu’un nom te choisisse. Il faudrait, croyions-nous, quelques nuits de rêves et la visite de nos fantômes. C’est notre cauchemar qui finalement te baptisera. Tu es fille mais tu t’appelleras Adama. Tu ne sais pas cela non plus, qu’en ce jour de morts et de destruction, toi tu es née une deuxième fois de la terre rouge qui t’a dérobée aux bourreaux.

Dans la cellule où tu dors – mais sûrement tu ne dors pas – il n’y a pas de terre où cacher ton remords. Oh dis-moi que tu éprouves du remords ! Dis-moi que je n’ai pas couvé une enfant sans conscience ou seulement un être mauvais. / elle m’a trop chauffée la Cindy, là. Enfin pas moi moi mais ZorA, c’est pareil tu cherches Zo ou NabilA tu me trouves moi, AdamA, tu nous trouves nous les PrincessA, on dit comme ça parce que nos noms y finissent tous par a et on l’écrit avec un grand A comme Amour et Argent et Attention à ta gueule si tu fais trop le bonhomme avec nous. /
Mauvais, je ne suis toujours pas capable de dire si ton frère l’était – oui tu as eu un frère mais pourquoi t’aurais-je parlé de lui ? – ou s’il a juste voulu être du côté de la force, des hordes fières.
Car sans doute les voyait-il ainsi, avec ses jeunes yeux fatigués du mépris, fatigués de la crainte oubliée des heures parce que dans le travail, la répétition des gestes, les ébats c’est ainsi, elle s’oublie, et courant soudain parmi nous, une onde qui envoyait chacun se terrer.
Longtemps ils n’ont fait que fondre sur le village à toute allure, à eux seuls aussi bruyants qu’une multitude de bêtes saccageuses. Ils stoppaient net là où les anciens se tenaient, avant même que la poussière retombe exigeaient armes braquées le fruit des récoltes, enlevaient en riant une jeune fille ou deux.
Ton frère, terrorisé comme nous tous, a dû envier leur puissance. Le jour où il a disparu, dans sa douzième année, j’ai su que, comme d’autres avant lui, il les avait rejoints.

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Challenge Rentrée Hiver 2014

 Challenge Petit Bac 2014
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"Couleur" (2)

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Qu'est-ce que je faisais le 03/03 à 15h03 ?

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Je participe au rendez-vous d'Enna du 03/03 à 3h03... (plutôt 15h03)

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Dimanche soir, j'ai oublié que le 3/03 c'était le lendemain...
Donc pas de vrai appareil photo avec moi pour le jour J...

Il est un peu plus de 15h03 lorsque je pense à lever le nez de mon ordinateur pour prendre ma photo...

Je suis au travail, j'ai changé de bureau depuis la dernière fois...
Avant, j'avais vu sur quelques arbres, 
maintenant c'est un immeuble de bureaux en rénovation... 

 

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03 mars 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? [163]

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 (c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

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La tête de l’emploi - David Foenkinos 
Le chien qui louche - Etienne Davodeau 
14 - Jean Echenoz 
Si tu meurs, elle reviendra - Maud Tabachnik 
La petite communiste qui ne souriait jamais - Lola Lafon 
La lettre à Helga - Bergsveinn Birgisson

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

En route pour Compostelle - Monika Peetz (partenariat Babelio Presse de la Cité)

Que lirai-je cette semaine ?

Et tu danses, Lou - Pom Bessot et Philippe Lefait
Wifi Génie - Luc Blanvillain 
Le Duel - Arnaldur Indridason

Bonne semaine, bonnes lectures !

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02 mars 2014

La lettre à Helga - Bergsveinn Birgisson

Ecouté dans le cadre de Masse Critique avec Audiolib

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Audiolib - janvier 2014 - 2h54  - Lu par Rufus

Zulma - août 2013 - 144 pages

traduit de l’islandais par Catherine Eyjólfsson

Titre original : Svar við bréfi Helgu, 2010

Quatrième de couverture :
Au seuil de sa fin de vie, Bjarni – fermier islandais – décide de rompre le silence et d’écrire une longue lettre à son grand amour perdu, Helga, sa belle voisine. Il y raconte l’existence qui s’est écoulée, de l’après-guerre à nos jours, les temps qui changent, la solitude glacée, mais surtout livre le secret d’une âme simple et le regret qui la torture : n’avoir pas su rompre avec son mode de vie immémorial en fuyant avec elle à Reykjavík. Bouleversante, brûlante et souvent drôle, cette 
Lettre à Helga est aussi prétexte à l’évocation d’un monde révolu : celui d’une vie paysanne traditionnelle islandaise qu’anime une âme pétrie de lectures bibliques et de légendes, entre mer et glace. Un roman épistolaire rafraîchissant et grave à la fois.
Rufus interprète La Lettre à Helga en usant de toutes les facettes de son immense talent, mélange de mélancolie et de passion brûlante.

Auteur : Bergsveinn Birgisson est né en 1971. Titulaire d’un doctorat en littérature médiévale scandinave, il porte la mémoire des histoires que lui racontait son grand-père, lui-même éleveur et pêcheur dans le nord-ouest de l’Islande. Immense succès dans les pays scandinaves ainsi qu’en Allemagne, La Lettre à Helga est enfin traduit en français.

Lecteur : Rufus est né le 19 décembre 1942 à Riom. Comédien et humoriste, Il mène de front sa carrière au théâtre, du Café de la gare aux pièces de Beckett, et au cinéma en jouant des rôles importants entre autres pour Lelouch, Godard, Mocky ou Jean-Pierre Jeunet, pour qui il sera le père d’Amélie dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain.

Mon avis : (écouté en février 2014)
J'avais beaucoup aimé le livre papier et j'ai adoré le relire en version audio. 
Bjarni Gislason est un vieux monsieur proche de la mort lorsqu'il écrit cette lettre à Helga, la femme qu'il a aimé le plus au monde mais qu'il n'a pas su garder. Ils étaient voisins et mariés l'un et l'autre lorsque leur liaison a commencé. Un jour, il a fallu choisir, partir vivre avec Helga loin de son village, de ses terres, de son bétail ou rester avec sa femme dans cette belle campagne islandaise.
Dans cette lettre, Bjarni revient sur sa longue vie, sur ses regrets... Il nous raconte son quotidien à la ferme, les souvenirs de sa passion avec Helga mais
aussi quelques épisodes dignes des racontars de Jørn Riel...
Bjarni est bouleversant de sincérité, il regrette encore le choix qu'il a fait et qui a gâché plusieurs vies. 
Une histoire dépaysante dans une nature rude mais authentique.
Le comédien Rufus exprime avec beaucoup de talent les différentes émotions contenues dans cette histoire.
Seule réserve, la couverture du livre audio...

Merci Babelio et Audiolib pour m'avoir permis de découvrir cette histoire touchante.

Autre avis : Valérie

Extrait lu : voir ici

Version papier :

la_lettre_a_helga La Lettre de Helga

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01 mars 2014

La petite communiste qui ne souriait jamais - Lola Lafon

la-petite-communiste-qui-ne-souriait-jamais Actes Sud - janvier 2014 - 272 pages

Quatrième de couverture : 
Parce qu’elle est fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux jo de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu’elle imagine de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques ?
Mimétique de l’audace féerique des figures jadis tracées au ciel de la compétition par une simple enfant, le romanacrobate de Lola Lafon, plus proche de la légende d’Icare que de la mythologie des “dieux du stade”, rend l’hommage d’une fiction inspirée à celle-là, qui, d’un coup de pied à la lune, a ravagé le chemin rétréci qu’on réserve aux petites filles, ces petites filles de l’été 1976 qui, grâce à elle, ont rêvé de s’élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue.

Auteur : Ecrivain et musicienne, Lola Lafon est fauteur de trois romans : Une fièvre impossible à négocier (2003) ; De ça je me console (2007) et Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce (2011). Elle a également signé deux albums : Grandir à l'envers de rien (2006) et Une vie de voleuse (2011).

Mon avis : (lu en février 2014)
Nadia Comaneci, pour moi c'est mon premier souvenir des JO à la télévision, j'avais un oncle passionné de sport à la télévision et c'est en sa compagnie que j'ai découvert cette petite gymnaste roumaine de quatorze ans capable d'évoluer sur les agrès avec grâce et facilité apparente en exécutant des figures de gymnastique improbables...
Le livre commence sur l'attente de la note à la poutre de Nadia Comaneci lorsqu'elle obtiendra le premier 10.0 dans une épreuve de gymnastique, en juillet 1976 à Montreal. Elle entre alors dans l'histoire de la gymnastique, elle devient l'emblème de son pays : la Roumanie alors sous l'emprise du dictateur communiste Ceausescu.
Pour raconter la vie de l'athlète de 1969 à 1990, l'auteur imagine un échange entre Nadia et la narratrice. Elle s'appuie sur les événements et les dates connues, pour le reste c'est un travail de fiction très bien documenté. Cela permet d'avoir les points de vues de quelqu'un de l'Est et de quelqu'un de l'Ouest...
J'ai beaucoup aimé ce livre, le personnage de Nadia est attachant même si le titre du livre "La Petite Communiste qui ne souriait jamais" la décrit assez bien. Avec son parcours on découvre les méthodes d'entraînement des petites gymnastes, le régime communisme en Roumanie... Les victoires de Nadia ont permis à la Roumanie de sortir de l'ombre. Mais sa vie n'a pas été facile, lorsque son corps se transforme et qu'elle devient femme, j'ai été touchée par sa douleur, même si elle continue à s'entraîner sans relâche, son corps ne lui permet plus de renouveler ses exploits. Puis, elle va être accusée d'être complice du régime de Ceausescu. Quinze jours avant la chute de ce dernier, elle fuit la Roumanie pour les États-Unis où la conquête de sa liberté ne sera pas facile... En 1976, Nadia Comaneci a fait rêver le monde ce livre nous permet de découvrir le revers de ses belles médailles. En lisant ce livre, je n'ai pas pu m'empêcher de revoir des images de la petite gymnaste... 

Extrait : (début du livre)
Quel âge a-t-elle, demande la juge principale, incrédule, à l’entraîneur. Ce chiffre, quatorze, lui donne un frisson. Ce que la petite a effectué à l’instant dézingue le déroulement des chiffres, des mots et des images. Il ne s’agit plus de ce que l’on comprend. On ne saurait noter ce qui vient d’advenir. Elle jette la pesanteur par-dessus son épaule, son corps frêle se fait de la place dans l’atmosphère pour s’y lover.

Mais pourquoi personne ne les a prévenus qu’il fallait regarder par là, ragent ceux qui ratent le moment où, sur les dix centimètres de largeur de la poutre, Nadia C. se lance en arrière et, les bras en croix, donne un coup de pied à la lune, saut à l’aveugle, et ils se tournent les uns vers les autres, est-ce que quelqu’un a compris, est-ce que vous avez compris ?
Le panneau électronique affiche COMANECI NADIA, ROMANIA suivi de 73, son dossard, et là où il devrait y avoir sa note : rien.
On attend. Blêmes, les gymnastes soviétiques vont et viennent dans les travées réservées aux entraîneurs et aux compétitrices qui ont terminé. Elles savent. Les coéquipières de la Roumaine, elles, semblent au désespoir, Dorina tient ses mains jointes, Mariana murmure une phrase en boucle, une autre est affalée, les yeux fermés ; Nadia, elle, un peu à l’écart, sa queue de cheval de travers, ne jette pas un regard au tableau d’affichage. Et c’est lui qu’elle voit en premier, Béla, son entraîneur, debout, les bras au ciel, la tête renversée en arrière ; elle se tourne enfin et découvre sa sanction, ce terrible 1 sur 10 qui s’inscrit en nombres lumineux face aux caméras du monde entier. Un virgule zéro zéro. Elle repasse de possibles fautes dans sa tête, l’arrivée du périlleux arrière éventuellement, pas assez stable, qu’est-ce qu’elle a pu faire pour mériter ça ? Béla la serre dans ses bras, t’en fais pas chérie, on va déposer une réclamation. Mais un des juges attire son attention. Parce que le Suédois se lève. Parce qu’il a les larmes aux yeux et la fixe. Et tous raconteront cet instant tant et tant de fois qu’elle n’est plus sûre aujourd’hui de l’avoir vécu, peut-être l’a-t-elle vu à la télé, peut-être cet épisode a-t-il été écrit pour un film. Le public s’est levé et de leurs dix-huit mille corps provient l’orage, leurs pieds grondent rythmiquement au sol et le Suédois dans le vacarme ouvre et ferme la bouche, il prononce des mots inaudibles, des milliers de flashs forment une pluie d’éclats inégaux, elle entrevoit le Suédois, que fait-il, il ouvre ses deux mains et le monde entier filme les mains du juge vers elle. Alors, la petite tend ses deux mains vers lui, elle demande confirmation, c’est un… dix ? Et lui, doucement, hoche la tête en gardant ses doigts ouverts devant son visage, des centaines de caméras lui cachent l’enfant, les gamines de l’équipe roumaine dansent autour d’elle, oui, amour, oui, ce un virgule zéro zéro est un dix.

 

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