14 juillet 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? [182]

68795282_p

(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

platine 9782714457769FS la croisade s'amuse

Platine - Vincent Brunner 
Le bonheur n'est pas un sport de jeune fille - Elise Tielrooy 
La croisade s'amuse - Jul 

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

La faiseuse d'anges - Camilla Läckberg

Que lirai-je cette semaine ?

Rue du Bonheur - Anna Fredriksson (partenariat Denoël)
Le Viking qui voulait épouser la fille de soie - Katarina Mazetti 
La ville heureuse - Elvira Navarro (partenariat Orbis Tertius)

Bonne semaine, bonnes lectures !

 

Posté par aproposdelivres à 06:33 - - Commentaires [10] - Permalien [#]


13 juillet 2014

La croisade s'amuse - Jul

 la croisade s'amuse Albin Michel - avril 2006 - 47 pages

Quatrième de couverture :

axe du mal

Présentation éditeur :
Pour échapper au déluge d'images et de propagande issus du conflit entre le soit-disant Axe du Bien et Axe du mal, autrement dit Georges Bush et Ben Laden, Jul invente le déminage par l'absurde. 

La tribu Ben Laden, une famille de Bidochons islamiste

Auteur : Jul (de son vrai nom Julien Berjeaut) est né en 1974. Après Normale sup et une agrégation, il devient professeur d'histoire chinoise à l'université avant de s'orienter vers le dessin de presse. Il entre au Nouvel Observateur en 1998, puis dessine à la Dépêche du midi, à Marianne et à partir de 2000 pour Charlie Hebdo. Depuis, il collabore également à Lire, à Philosophie Magazine, à l'Huma, aux Echos ou encore à Fluide Glacial. En 2005, il publie son premier album Il faut tuer José Bové, une plongée délirante dans la jungle altermondialiste. L'ouvrage est plébiscité par les lecteurs. En 2006, son deuxième album La croisade s'amuse parodie le choc des civilisations.En 2007, le Guide du Moutard pour survivre à 9 mois de grossesse reçoit le Prix Goscinny. La planète des sages, encyclopédie mondiale des philosophes et des philosophies écrite avec Charles Pépin, a marqué l'année BD 2011. En 2009, il publie chez Dargaud sa première série Silex and the City. 4 tomes et une première saison animée plus tard, plus de 300 000 exemplaires ont été vendus et la série vue par des millions de téléspectateurs.

Mon avis : (lu en juillet 2014)
Plutôt qu'une longue histoire, La Croisade S'Amuse est une suite de petits sketchs amusants, dont les cibles principales sont Ben Laden et Bush sans oublier diverses personnalités du paysage médiatique international de 2006.

Jul s'amuse à dénoncer la politique impérialiste américaine et l'intégrisme islamique dans le contexte geopolitique de l'époque. On retrouve l'esprit des Guignols de l'Info avec Bush qui passe pour un crétin et Ben Laden père de famille comme les autres... 
Ainsi George W. pratique assiduement de la « gym chrétienne », pour la fête des Mères, les petits Ben Laden offrent à leur maman une ceinture en nouilles explosive avec un détonateur en pâte à sel, papa Oussama chante « La mauvaise réputation » ou « Allumer le feu », lorsqu'une petite fille de Ben Laden met sa burqa "devant-derrière" c'est la chute assurée dans les escaliers !
Les dialogues sont décalés, c'est souvent très drôle et bien trouvé.

 

Extrait :

croisadesamuse_pl Croisadesamusep_54889

album-page-large-2498

Posté par aproposdelivres à 09:56 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

12 juillet 2014

Le bonheur n'est pas un sport de jeune fille - Elise Tielrooy

Lu en partenariat avec les éditions Belfond

 

9782714457769FSBelfond - mai 2014 - 378 pages

Présentation éditeur : 
Dans un centre de thalasso breton, une comédie pétillante et cocasse, où le bonheur fait changer de peau. Dans un centre de thalasso qui sent bon le chlore et les algues, les clients croient être venus pour une cure de détente... Tous comptent oublier leur quotidien et leurs vergetures dans l'intimité des cabines surchauffées ; tous espèrent trouver la beauté grâce à des mains suaves et à la nourriture pour futurs minces. Tous sont prêts à ne plus s'occuper que d'une chose : leur corps. Mais Guillemette, masseuse de 22 ans, va voir son passé ressurgir et mettre un joyeux désordre dans le bel équilibre des soins, entamant au passage bien des défenses et fragilisant les curistes les plus résistants. Mona, Victor, Iris, Claudine ou encore Thomas... Tous seront secoués, tous seront transformés, pour le pire comme pour le meilleur. Car le bonheur n'est pas un sport de jeune fille. Une comédie pétillante et cocasse, où le bonheur fait changer de peau.

Auteur : Élise Tielrooy est comédienne. Le bonheur n'est pas un sport de jeune fille est son premier roman. La saison 4 de la série Mes amis, mes amours, mes emmerdes, dans laquelle elle occupe un des rôles-titres, est en cours de tournage.

Mon avis : (lu en juillet 2014)
Ce livre m'a d'abord été proposé avant le Salon du Livre 2014 à l'occasion d'une rencontre auteurs blogueurs auquelle l'auteur participait. Comme c'était deux mois avant la parution du livre, je l'avais reçu imprimé sur une pile de feuille A4 non relié, pas très facile à lire sous cette forme ! J'attendais donc la parution du livre et l'envoi des éditions Belfond pour m'y plonger.

L'histoire se déroule dans un centre de thalassothérapie de luxe en Bretagne : Cyril le réceptionniste est là pour accueillir les clients, Guillemette est une jeune masseuse de 22 ans, Marion et Thomas sont venus en couple pour se retrouver après la naissance de leur troisième enfant, Claudine a gagné son week-end de thalasso, caissière, épouse et mère dévouée à plein temps, elle se retrouve propulsée dans un monde qui lui est vraiment inconnu, Mona, veuve septuagénaire, est une cliente habituelle, Victor, son fils, homme d'affaires avisé, cherche à obtenir de sa part le financement d'une nouvelle affaire... Voilà quelques uns des nombreux personnages qui vont se croiser dans ce lieu qui invite à la détente. Et pourtant, multiples évènements inattendus, des quiproquos vont perturber la quiétude des lieux et la vie future de ses acteurs... 
Un livre distrayant, amusant qui fait sourire le lecteur et avec lequel j'ai passé un très bon moment !

Merci Maëlys et les éditions Belfond pour cette belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Sur son vélo, elle pédale. Pousser sur un pied puis sur l'autre, respirer l'air humide de la Bretagne avec une toute nouvelle fonction pilote automatique qui turbine à plein régime. Guillemette vient de découvrir la simplicité du coup de massue.

« C'était il y a dix-huit ans, quatre mois et deux jours... »
L'émotion dans la voix de son père, la remarquable précision du récit qu'elle a entendu ce matin au petit déjeuner, tout semble indiquer qu'il a dit la vérité.

Et voilà. Il n'y a donc plus d'accident sur la nationale 10, mais des fils électriques qui se touchent dans un cabanon des Landes. Sa mère était morte, elle ne l'est plus. Sa mère était devenue folle, elle ne l'est plus. Mais s'il arrive une chose et son contraire... alors on peut affirmer n'importe quoi, tout devient absurde. Dans ce chaos, comment échapper à la question qui la ronge ?
Et si tout ça était vrai ? Si elle existait vraiment, pourquoi ma mère irait le voir lui, et pas moi ? Soit Papa est devenu fou, soit c'est moi.
Elle se sent comme un pare-brise en verre feuilleté, tout étoile après un choc, prêt à éclater à la moindre secousse. Et par ce froid matin de janvier, elle compte sur les massages pour lui faire oublier tout ça. Finalement, elle aime son boulot. Vive le boulot ! Bienvenue dans le monde feutré de la thalasso.

D'habitude, les deux kilomètres qui séparent la maison du centre sont l'affaire de cinq minutes mais, aujourd'hui, le temps se dilate et se rétracte selon des lois inconnues. La thalasso se profile enfin, accrochée à sa falaise. Le centre. La terre ferme. Au bout d'une petite route qui longe le précipice, une villa fin XIXe renferme le coeur de l'hôtel. La réception, les restaurants et les plus belles suites. Tout autour, des bâtiments bas, moisissures hypermodernes, ont envahi le pied des murs anciens, de telle sorte que la partie gracieuse domine encore. Derrière les baies vitrées bien fermées, le bataillon des chambres raisonnables et l'aile de thalassothérapie si tranquille l'attendent, comme tous les jours.
Guillemette est masseuse sous affusions, cabine T21, deuxième étage. Son travail consiste à prodiguer un soin, le plus agréable possible, sur un corps aspergé, ou plutôt brûmisé d'eau de mer chaude. C'est divin. On le lui a fait une fois. Cela permet de faire le vide, de se concentrer sur son corps, d'oublier les soucis, comme disent les clients.
Pareil pour moi. Quand je masse, tout passe.

  Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Cercle familiale" (7)

Posté par aproposdelivres à 15:01 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

09 juillet 2014

Platine - Vincent Brunner

Lu en partenariat avec les éditions Flammarion Jeunesse

platine Flammarion jeunesse - juin 2014 - 348 pages

Quatrième de couverture : 
Pour Eva, le rock, c'est sa vie. Elle ne lâche pas son casque, écoute de la musique dans sa chambre, la rue, le bus, au lycée. Alors que faire de ces vieux vinyles poussiéreux ayant appartenu à ce père qu'elle n'a jamais connu ? Après quelques larmes et beaucoup de fous rires, Eva accepte son histoire et sait enfin d'où vient son âme de rockeuse !

Auteur : Vincent Brunner est journaliste, spécialisé dans la musique et la bande dessinée. 
Il a été chef de rubrique musique des Rolling Stone pendant trois ans et a écrit plusieurs ouvrages sur des chanteurs, notamment En quarantaine, avec/sur Christophe Miossec (Flammarion) et Bob Dylan au-delà du mythe (City).
Actuellement, il écrit sur la musique pour divers magazines (VSD, Spray, KR Homestudio, Beachbrother, Snatch).

Mon avis : (lu en juillet 2014)
Eva est une adolescente en classe de seconde, elle vit en musique et plus spécialement avec le rock ! Elle sait depuis son plus jeune âge que Enzo son père biologique est mort dans un accident de voiture avant sa naissance. Son père c'est Richard, celui qui l'a élevée avec sa mère. Un jour, ses grands-parents paternels lui donnent un sac contenant de vieux disques vinyles ayant appartenu à Enzo. Ces disques vont bouleverser les habitudes d'Eva et la faire grandir. Elle va être confrontée à l'histoire de ce père qu'elle laissait de côté...
L'auteur est un grand connaisseur en matière de musique, les références musicales sont nombreuses. C'est un livre très actuel, typiquement pour adolescents qui traite des thèmes tel que l'amitié, la famille, l'amour, la musique mais aussi l'identité puisqu'Eva a une histoire particulière. J'ai trouvé ce roman sympathique à lire malgré quelques longueurs. 

Merci Brigitte et les éditions Flammarion Jeunesse pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
Après avoir jeté un petit coup d'oeil dans la glace de l'entrée et calmé une mèche trop rebelle, je ferme mon blouson, j'appuie sur play et c'est parti. La voix du chanteur tellement craaaquant de My Chemical Romance résonne dans mes oreilles et me donne le courage d'affronter le froid. Ah, si ses parents lui avaient choisi un prénom moins ringard que Gerard ! Heureusement, à l'américaine, ça sonne un peu mieux.
« Na na na, na na na... »
Par la pensée, je reprends à tue-tête le refrain et marche d'un bon pas vers l'arrêt de bus. 
Comme chaque matin, je me suis préparée la playlist parfaite pour arriver au lycée avec, disons, le maximum d'enthousiasme que je puisse mettre.
Pour être honnête, pendant mon trajet, j'essaye de penser à tout sauf aux longues heures que je vais passer, assise à entendre des profs réciter des cours qui, à vrai dire, ne m'intéressent pas. Mais, bon, ça fait partie du contrat avec mes parents. Je fais mon job, je ne sèche aucune heure et tant que j'ai plus ou moins la moyenne (plus, c'est mieux), ils me laissent tranquille. De toute façon, j'ai encore un an de répit. L'année prochaine, le bac français, et ensuite la totale. Normale que je profite de la dernière année de paix, non ?

 Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Matière" (5)

Posté par aproposdelivres à 06:32 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,

07 juillet 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? [181]

91950711

(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

mémé enfant-cachee-l

Mémé - Philippe Torreton 
L'enfant cachée - Marc Lizano, Loïc Dauvillier, Greg Salsedo

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Platine - Vincent Brunner (partenariat Flammarion)

Que lirai-je cette semaine ?

Le bonheur n'est pas un sport de jeune fille - Elise Teilrooy (partenariat Belfond)
La faiseuse d'anges - Camilla Läckberg

Bonne semaine, bonnes lectures !

Posté par aproposdelivres à 06:28 - - Commentaires [14] - Permalien [#]


06 juillet 2014

L'enfant cachée - Marc Lizano, Loïc Dauvillier, Greg Salsedo

enfant-cachee-l Lombard - janvier 2012 - 78 pages

Quatrième de couverture :
Dounia est maintenant grand-mère.

Son enfance est souvent au coeur de ses pensées. Ce soir, sa petite-fille Elsa ne va pas lui laisser le choix.
Dounia va devoir tout lui raconter.
Absolument tout !
Ses amis, l'école, 
ses voisins, son papa, sa maman...
Et aussi le port de l'étoile jaune, la rafle, les délations... et sa vie d'enfant cachée.

Auteurs : Tour à tour scénariste, éditeur, scénographe, Loïc Dauvillier est né à Cambrai (59) en 1971. Il se lance, en 2004, avec son complice Marc Lizano dans une première série jeunesse de trois tomes, La Petite Famille (Carabas). Depuis on a vu venir des récits jeunesse (Carabas Jeunesse), une adaptation d’une nouvelle de Gogol, Le Portrait (Carabas), un Oliver Twist d'après Dickens (Delcourt), un Tour du monde en 80 jours d’après Jules Verne (Delcourt), mais aussi des livres plus sombres qui révèlent une autre facette d’un scénariste atypique et exigeant. En 2009 est paru Inès (Drugstore), en collaboration avec Jérôme d'Aviau au dessin, un récit bouleversant sur le drame de la domination physique et morale d'un homme sur une femme.
Né à Vannes le 26 décembre 1970, Marc Lizano a grandi à Ploërmel puis étudié à Rennes, délaissant sa licence de Philosophie pour se consacrer à l'écriture, à l'illustration et à la bande dessinée. Un passage à Paris puis à Montrouge et le voilà de nouveau à Rennes depuis 2005. Auteur complet, il travaille avec un bonheur égal pour la presse (Bayard, Milan, Normandie Junior, Famili…), pour l'édition jeunesse (Le Rouergue, Gargantua, Milan, Nathan, Casterman…) ou la bande dessinée (Le Lombard, Noctambule, Les Rêveurs, Glénat, Delcourt…)

Mon avis : (lu en juillet 2014)
Voilà une bande dessinée destinée aux enfants de 9 à 11 ans qui raconte l'histoire d'une enfant juive cachée. Le récit est simple et clair, adapté à de jeunes enfants. Dounia, une grand-mère, raconte à Elsa sa petite fille ce qui s'est passé lorsqu'elle était petite durant la Seconde Guerre Mondiale. Sa famille était juive, elle a du porter l'étoile jaune, à l'école elle est devenue quelqu'un d'autre aux yeux de ses camarades, ses parents ont été arrêtés, elle s'est cachée dans une armoire, elle a été recueillie par des voisins puis elle a été envoyée à la campagne jusqu'à la fin de la guerre. C'est Dounia petite fille qui raconte ce qu'elle a vécu, elle a alors le même âge qu'Elsa, ses mots simples donnent une vrai force à ce témoignage. Pour aborder ce sujet historique douloureux avec de jeunes enfants, c'est vraiment réussi !

À travers des mots simples, la grand-mère tente d'expliquer à sa petite fille une page d'histoire qui est aussi un peu la sienne...

Extrait : (début du livre)

1020_P1 1020_P2

1020_P3 1020_P4

1020_P5 1020_P6

1020_P71020_P8

1020_P9

  Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Famille" (6)

Posté par aproposdelivres à 06:37 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

02 juillet 2014

Mémé - Philippe Torreton

mémé Iconoclaste éditions - janvier 2014 - 162 pages

Quatrième de couverture :
« Mémé, c'est ma mémé, même si ça ne se dit plus.

Mémé me manque. Ses silences, ses mots simples au Scrabble, sa maison enfouie sous les pommiers et son buffet d'avant-guerre. Ce texte est subjectif, partial, amoureux, ce n'est pas une enquête, ce n'est pas une biographie, c'est ce que j'ai vu, compris ou pas, ce que j'ai perdu et voulu retenir, une dernière fois. Mémé, c'est mon regard de gamin qui ne veut pas passer à autre chose. »
Voici le portrait qu'à plus de quarante ans Philippe Torreton fait de celle qui fut le personnage central de son enfance, un portrait tendre et nostalgique, construit par petites touches comme la mémoire, où chacun retrouvera sa grand-mère ou celle dont il a rêvé.

Auteur : Philippe Torreton mène une brillante carrière de comédien entre théâtre et cinéma. Il a reçu de nombreux prix dont un César du meilleur acteur en 1997. Il est aussi l'auteur de Comme si c'était moi (2004) et du Petit lexique amoureux du théâtre (2009).

Mon avis : (lu en juillet 2014)
Voilà un livre très émouvant, c'est une très belle déclaration d'amour de Philippe Torreton à sa "Mémé". Une mémé "à l'ancienne" qui portait des blouses, qui faisait des confitures, du cidre, qui élevaient des poules, des lapins...
Il est question de l'enfance, des souvenirs, du temps qui passe, des odeurs, des sons, des saveurs, tous nos sens sont en éveil.
Un joli moment de tendresse, chacun d'entre nous retrouvera des souvenirs de sa relation privilégiée avec sa grand-mère, son grand-père... C'est une écriture simple, juste et sensible. Merci pour cette "madeleine" pleine de nostalgie.
Plus personnel que La première gorgée de bière de Philippe Delerm mais tout autant universelle.

Extrait : (début du livre)
Je dormais près de mémé. J'étais petit, un bésot, et après des semaines d'hôpital, de peau grise et fatiguée, les docteurs ayant jugé que le danger était loin, le loup parti, je pouvais réapprendre à me tenir debout et profiter enfin des jouets qui s'accumulaient sur ma table de chevet. Mes parents m'ont confié à mémé, à charge pour elle de remettre des couleurs dans mes pupilles, du solide dans le ventre, de la confiance dans les bras et de l'impatience dans les jambes.
Mémé dormait à côté de moi, tout près même, dans une chambre à côté de la mienne. Nous étions au bout de la maison, côté ouest, celui qui reçoit la Normandie pluvieuse en pleine face, une étrave de bateau. Ma chambre était si petite que les cloques d'humidité du papier peint empiétaient vraiment sur le volume disponible, juste la place pour un édredon glacé, un placard et une machine à coudre à pédale. Quatre murs mouillés ceinturaient mon lit, les forces du dehors les avaient repoussés jusqu'à ses abords immédiats, il fallait se faufiler pour aller dormir, pieds de profil et torse de face en évitant de toucher la sueur froide des murs. Je veillais sur ma grand-mère, pendant qu'elle veillait sur moi, ce fut mon premier emploi, gardien de nuit de mémé.
Ma mission consistait à l'écouter dormir. Je veillais tel un chien de berger sur un troupeau de ronflements broutant son sommeil afin qu'ils n'aillent pas s'égarer dans le suspect, dans le silence terrible qui précède les catastrophes. Je devais analyser sa respiration, en déduire la qualité de sa nuit, ma hantise était le suspendu. Parfois entre deux trémolos, une apnée inquiétante arrêtait ma vie. Il ne fallait pas qu elle meure mémé, pas tout de suite.
Ronfle ! Je t'en supplie !
Et les ronflements reprenaient, merci Nott, déesse de la nuit.
Je ne voulais pas qu elle meure avant mes vingt ans, car à vingt ans on est grand, on est un homme et un homme c'est dur à la peine, mémé il faut tenir ! À vingt ans, j'ai repoussé la « date de mort acceptable » à trente. Quand elle a arrêté de respirer pour de bon, j'en avais quarante et je n'étais toujours pas devenu un homme.

  Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Famille" (5)

92737225_o
Challenge Rentrée Hiver 2014

Posté par aproposdelivres à 09:54 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

01 juillet 2014

Le pavé de l'été 2014

pavc3a9-2014

Pour le troisième été, je m'inscris au Challenge Pavé de l'été organisé par Brize

Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 21 juillet et il suffit de lire un livre d'un minimum de 600 pages.

Pour le moment, je n'ai qu'un seul livre en projet :
(et c'est suffisant pour réussir le challenge...) 

22/11/63 - Stephen King (934 pages)

 Bon été !

Posté par aproposdelivres à 15:40 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

30 juin 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? [180]

91950711

(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

97110746 97208022

Un long moment de silence - Paul Colize 
Le monde d’Hannah - Ariane Bois

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Mémé - Philippe Torreton

Que lirai-je cette semaine ?

Platine - Vincent Brunner (partenariat Flammarion)
Le bonheur n'est pas un sport de jeune fille - Elise Teilrooy (partenariat Belfond)
La faiseuse d'anges - Camilla Läckberg

Bonne semaine, bonnes lectures !

Posté par aproposdelivres à 06:35 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

29 juin 2014

Le monde d’Hannah - Ariane Bois

Lu en partenaria avec J'ai Lu

le monde d'Hannah le monde d'Hannah_p

Robert Laffont - octobre 2011 - 288 pages

J'ai Lu - mars 2014 - 285 pages

Quatrième de couverture :
Paris, hiver 1939. Dans le "petit Istanbul", le quartier de la diaspora judéo-turque, vivent Hannah et Suzon, deux petites filles inséparables. Quand la guerre éclate, elles découvrent le marché noir, les sirènes qui hurlent et les rafles. Pour Hannah, c'est la peur, l'expropriation et l'exil en Turquie, le pays natal de ses parents ; pour Suzon, c'est encore la protection du douillet appartement familial. La guerre terminée, elles se reverront. Mais leur monde a disparu. Tant bien que mal, les deux jeunes filles tentent de retrouver la complicité des après-midi sucrés de leur enfance, avant l'horreur. Jusqu'au jour où Hannah découvre un terrible secret. Leur amitié résistera-t-elle à ce que la guerre a ruiné ?

Auteur : Ariane Bois est grand reporter au sein du groupe Marie Claire, spécialisée en sujets de société et critique littéraire pour le magazine Avantages. Son premier roman, Et le jour pour eux sera comme la nuit, a reçu les éloges de la critique. Traduit et récompensé par de nombreux prix, il est en cours d'adaptation pour la télévision. Elle est l'auteur de Dernières nouvelles du front sexuel et de Sans oublier.

Mon avis : (lu en juin 2014)
Le début de cette histoire m'a fait penser à deux livres, tout d'abord Les allumettes suédoises avec l'insouciance de l'enfance, l'amitié entre Hannah et Suzon dans un quartier de Paris celui du "petit Istanbul" mais également au livre Un sac de billes car nous sommes en octobre 1939, c'est l'Occupation et Hannah et sa famille sont des juifs venus de Turquie. Mais ce n'est que le début... A travers les regards d'Hannah et Suzon de 1939 à 1968, le lecteur va découvrir la grande amitié entre ses deux fillettes puis jeunes femmes, une amitié qui aura ses hauts et ses bas. L'auteur s'est bien documenté sur les faits historiques et j'ai découvert ce surprenant retour en train durant l'hiver 1944, de juifs turcs, de Paris à Istanbul à travers l'Europe nazie. Une histoire passionnante et captivante.

Merci Silvana et les éditions J'ai Lu pour cette belle découverte.

Extrait : (début du livre)
« Je crois que ceci t'appartient », osa Hannah, à bout de souffle, à la traîne d'une chevelure rousse qui filait dans la rue de la Roquette. Dans sa main, elle tenait une écharpe, écarlate, comme son visage. La fille, qui portait un tablier gris identique au sien, ne se retourna même pas. Hannah avait dû courir derrière ces jambes montées sur ressort, ce cartable marron qui brinquebalait, ces boucles fauves telle une myriade de feuilles mortes dans la lumière de l'automne parisien. Interloquée, elle insista :
« Dis... Elle est à toi, cette écharpe ? » Cette fois, la grande s'arrêta net et lui fit face. Une nuée de taches de rousseur, un nez long, trop long dans un visage tout rond. Ses yeux d'un vert irréel, couleur de salade mouillée, transpercèrent Hannah, qui bredouilla :
« Je l'ai trouvée par terre, là-bas... »
Silence. Hannah chercha quelque chose à répondre quand l'étrange créature lui arracha l'écharpe des mains en sifflant :
« Très bien... Et maintenant, laisse-moi tranquille. Sinon je t'étrangle avec ! »
Puis elle relança sa course infernale, ses cheveux de feu au vent, prêts à rompre l'élastique qui les retenait.
Hannah connaissait cette fille. Depuis deux semaines, elles fréquentaient la même classe de huitième, à l'école de la rue Keller. Suzanne Dupuis, elle s'appelait. Mais tout le monde disait « Suzon », avec une nuance de respect et de crainte dans la voix, à cause de ses mains de catcheuse et de sa voix de stentor. Suzon n'hésitait pas à donner du poing quand une élève faisait son intéressante ou se moquait de sa prétendue odeur de rousse. À dix ans, elle avait déjà redoublé. La maîtresse la traitait de tête brûlée, de bonne à rien. Ce dont elle se fichait éperdument.
Hannah reprit sa marche en sautant à cloche-pied, malgré le poids de son cartable. « Bizarre quand même de me répondre comme ça... », se dit-elle. Mais pourquoi une fille telle que Suzon s'intéresserait-elle à une gamine de neuf ans incroyablement timide ?
Hannah tourna au coin de la rue Popincourt, sa rue. À la vue de ses cheveux d'un blond presque blanc, Odette, la crémière à la poitrine imposante, la salua d'un ton jovial derrière son étal :
« Mademoiselle Behar, comment vas-tu aujourd'hui ? »
Odette avait un fils, René, à la bouille joufflue et aux cheveux dressés en épis sur la tête. Il regarda passer Hannah et devint écarlate. Sa maman, alors, éclata de rire, l'invitant à goûter des morceaux de fromage aux textures inconnues ou une cuillère de crème fraîche moulée à la louche. Tous les matins, de gros percherons apportaient le lait dans d'énormes bidons qui s'entrechoquaient et réveillaient Hannah. Elle aimait ce bruit et les crottins semés comme les cailloux du Petit Poucet par les chevaux en remontant la rue. Ce quartier, c'était sa vie. Quatre petites artères où son cœur battait en paix : la rue Popincourt, la rue Basfroi, la rue de la Roquette, la rue Sedaine. Un quadrilatère blotti près de la place Voltaire. Ce « Petit Istanbul », comme aimaient à répéter ses parents, ne dormait jamais vraiment avec ses airs d'accordéon, ses crieurs de journaux, ses apostrophes incessantes d'une maison à l'autre. Tout un petit peuple vivait là, composé de chaisiers, de tapissiers, d'ouvriers ébénistes, de polisseurs de glace. On se bousculait sur les trottoirs étroits, on se claquait la bise. Pendant la semaine, on travaillait dur. Le dimanche, les filles bien mises se promenaient par bancs de quatre ou cinq, les garçons les sifflaient, tentaient de leur parler, et les quelques cafés ne désemplissaient pas. L'orgue de Barbarie semblait accompagner les habitants dans leurs allées et venues, nimber leurs pas de gaieté et de douceur. Là, ils étaient chez eux, entre eux, protégés des regards un peu condescendants des autres Parisiens.
Au 4 de la rue s'élevait un immeuble étroit, haut de cinq étages. Hannah s'engouffra sous la porte cochère par laquelle passaient encore des chevaux au siècle dernier et traversa une cour intérieure où poussaient des brins d'herbe entre les pavés. Un volailler y élevait des poules rousses et blanches, leur tordant parfois le cou, au grand effroi d'Hannah. À côté, un serrurier affûtait ses outils dans son atelier. Lui aussi la salua, du menton. Pas causant, le gars. On racontait qu'il était hongrois mais personne ne connaissait son nom. On le sifflait devant chez lui et il venait dépanner les gens du quartier, sans sourire ni moufter. Hannah habitait la partie sur cour.
Elle monta l'escalier où flottait une odeur d'oignons, de viande et d'épices. Sa mère avait dû aller chez Abramoff, aux Cinq Continents, l'épicerie orientale qui sentait si bon la Turquie, au 66 rue de la Roquette : la menthe, les épices, le kashkaval, ce fromage sec comme un coup de trique, et même le raki dégusté parfois sans façon, près de la caisse, entre habitués. Une fois par semaine (pas plus, l'argent manquait), les familles se rendaient en procession chez le bakal, l'épicier en turc. Dès la porte franchie, la fête pouvait commencer. Les femmes goûtaient aux olives conservées dans les tonneaux, les hommes découvraient les épices présentées dans les bassines en émail. Quand le vendeur était de bonne humeur, il offrait aux enfants de la halva aux pistaches ou au chocolat, qu'ils dévoraient sur le trottoir.
Hannah poussa la porte de la maison, la referma doucement, et s'immobilisa en percevant des éclats de voix. Celle de son père, sèche. Celle de sa mère, pincée. Ses parents ne s'entendaient pas. Un mariage arrangé, à la fin des années vingt, à Istanbul, comme il y en avait tant. Il avait fallu marier Haïm, ce doux solitaire qui ne vivait que dans les livres et la poésie, incapable d'exprimer ses émotions, surtout avec les filles. Cécile Levinescu avait souhaité pour sa part échapper à sa Roumanie natale, à un milieu modeste, à l'antisémitisme forcené. Passant facilement de l'euphorie à l'abattement, cette jolie blonde un rien fragile rêvait de changer son fiancé, de s'installer à Istanbul, de mener la vie confortable d'une femme de fonctionnaire. Mais Haïm avait d'autres projets : il avait appris le français à l'Alliance israélite universelle, admirait les Lumières, Hugo, Baudelaire et Verlaine. À la fin de l'Empire ottoman, après la confiscation des biens des minorités par Mustafa Kemal sous couvert de nationalisme, il avait quitté la Turquie pour s'installer à Paris. Pas pour des raisons politiques. Par amour de la France. Un amour presque mystique. Pour lui les bals du 14 Juillet, les Grands Boulevards en été, le Tour de France incarnaient le bonheur sur terre. Cécile s'était inclinée, mais le lui faisait payer tous les jours, toutes les nuits aussi.
Depuis l'entrée en guerre contre l'Allemagne, le mois dernier, les Behar se disputaient souvent pour des peccadilles. Mais là, cela paraissait plus grave.
« Tu n'as pas pu faire cela, Haïm, ce n'est pas possible !
— Tu ne comprends pas... Je suis obligé !
— Obligé ? Obligé à quoi ? Tu es citoyen turc ! Cette guerre, tu n'as pas à t'en mêler... »
Son père continuait, un ton plus haut.
« Tu te trompes, Cécile. La France m'a tout donné. Quand je suis arrivé seul en 1925, je ne possédais rien. Je lavais mes chaussettes dans l'évier d'une chambre crasseuse, louée au mois à l'hôtel de l'Europe. J'ai dû travailler, m'accrocher, porter les "bogos" les ballots, vendre à la postiche, sur les marchés, des tricots de corps et du linge de maison, tout cela pour quelques francs. Aujourd'hui, nous avons une belle boutique, tu gagnes ta vie comme couturière, notre fille est française. Fini l'exil, nous ne sommes plus de passage. Je dois servir ce pays, me montrer digne de lui, me battre avec les autres. »
Cécile aussi se battait, à sa manière.
« Mais ils ne veulent pas de toi ! Un étranger, juif en plus...
— C'est vrai, concéda Haïm. À la Légion, ils n'aiment ni les Juifs ni les étrangers. Un sous-off rigolait même en parlant d'un régiment Royal Youpin... Mais depuis septembre, j'ai tellement insisté qu'ils ont fini par me prendre. Dix fois, j'y suis retourné ! Tu aurais dû voir la foule à la caserne de Reuilly ! Tout le monde voulait se battre : des pères de famille, des étudiants, des commerçants. Ces gars ont compris le danger que représente Hitler. Pour nous tous, les étrangers, les Français, les Juifs.
— Exactement, c'est trop dangereux. Comment va-t-on vivre ? Qui va s'occuper de la botika ? »
 Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Géographie" (6)

Posté par aproposdelivres à 08:41 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,