09 novembre 2014

Trente-six chandelles - Marie-Sabine Roger

36 chandelles Editions du Rouergue - août 2014 - 277 pages

Quatrième de couverture :
Allongé dans son lit en costume de deuil, ce 15 février, à l'heure de son anniversaire, Mortimer Décime attend sagement la mort car, depuis son arrière-grand-père, tous les hommes de sa famille sont décédés à onze heures du matin, le jour de leurs 36 ans. 

La poisse serait-elle héréditaire, comme les oreilles décollées ? Y a-t-il un gène de la scoumoune ? Un chromosome du manque de pot ?
Que faire de sa vie, quand le chemin semble tout tracé à cause d'une malédiction familiale ? Entre la saga tragique et hilarante des Décime, quelques personnages singuliers et attendrissants, une crêperie ambulante et une fille qui pleure sur un banc, on suit un Mortimer finalement résigné au pire.
Mais qui sait si le Destin et l'Amour, qui n'en sont pas à une blague près, en ont réellement terminé avec lui ? Dans son nouveau roman, Marie-Sabine Roger fait preuve, comme toujours, de fantaisie et d'humour, et nous donne une belle leçon d'humanité.

Auteur : Marie-Sabine Roger est notamment l'auteur, au Rouergue, de La tête en friche (adapté au cinéma par Jean Becker), de Vivement l'avenir (prix des Hebdos en région et prix Handi-Livres), et de Bon Rétablissement (prix des lecteurs de L'Express), qui sort en salles en septembre 2014, adapté de même par Jean Becker.

Mon avis : (lu en novembre 2014)
Ce 15 février, jour de son 36ème anniversaire, Mortimer Decime est allongé sur son lit en costume de deuil, il attend sa mort. En effet, depuis plusieurs générations, tous les hommes de sa famille décèdent le jour de leurs 36 ans à l'heure de leur naissance.
Mais ce jour, l'heure est passée et Mortimer est toujours vivant, c'est une bonne surprise même si ce dernier n'a plus d'appartement ou de travail... Avant son départ prévu vers l'au-delà, il avait tout réglé. Heureusement, Nassardine et Paquita, ses amis, sont là pour l'accueillir. Mortimer ne leurs avait jamais parlé de son secret un peu particulier. 

De l'humour, de la tendresse, de l'amour, une histoire originale et étonnante que j'ai lu facilement, des personnages hauts en couleurs et attachants. Une belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Je m'étais levé plus tôt que d'habitude. Six heures du matin. La journée était importante, et je savais déjà que je n'irais pas jusqu'au bout.
Je suis allé chercher des croissants à la boulangerie, je me suis fait un café. J'ai regardé mes albums de photos. J'ai repassé un petit coup de chiffon inutile sur ma cuisinière impeccable, j'ai essayé de regarder un film, de lire, sans succès. J'ai consulté deux cents fois la pendule. C'est curieux comme le temps semble se ralentir, à l'approche d'un rendez-vous. Les heures deviennent visqueuses, s'étirent en minutes élastiques et gluantes comme un long fil de bave sous la gueule d'un chien. J'attendais ce moment final depuis tellement longtemps. Je n'irai pas jusqu'à dire que je m'en faisais une fête, mais j'étais curieux de savoir ce qui allait se passer. J'étais simplement contrarié que ça se passe ici. Au cours des dernières années, j'avais échafaudé mille projets insolites ou grandioses : tirer ma révérence au fin fond de la Chine, dans une fumerie d'opium ; chez les Aborigènes, au son mélancolique d'un vieux didgeridoo. Sur les pentes d'un volcan. Dans les bras de Jasmine, en plein coeur de Manhattan. Je n'avais rien fait de tout ça, évidemment. En bon procrastinateur que je suis, j'avais perdu mon temps à remettre au lendemain le choix de ma destination finale. Résultat, je n'avais pris aucune décision, et je mourrais chez moi, comme n'importe qui. Cette ultime matinée était très décevante, il me tardait d'en voir la fin.
Cinquante minutes avant l'heure prévue, comme je tournais en rond et que je commençais à m'enquiquiner ferme, je me suis allongé sur mon canapé-lit pour me détendre un peu, dans cette fameuse posture dite «du cadavre», bien connue des défunts et de ceux qui pratiquent plus ou moins le yoga, ce qui était mon cas depuis trois semaines. Paumes de mains tournées vers le ciel, jambes légèrement écartées, pointes de pieds tombant négligemment vers l'extérieur, diaphragme détendu, le souffle lent et calme, les yeux rivés sur cette saloperie de pendule accrochée sur la hotte, juste en face de mon lit, qui n'en finissait pas de grignoter mes secondes restantes avec la discrétion d'une vieille dame dont le dentier résiste à un quignon de pain.

Il était déjà 10 h 12.

À 10 h 13, on a toqué fermement à la porte, qui s'est ouverte dans la foulée, puis refermée aussitôt en claquant. Voilà, je me disais bien que j'avais oublié quelque chose : je n'avais pas pensé à mettre le verrou.
- Encore au pieu, gros paresseux ? ! a jeté Paquita en traversant le studio d'un pas vif, telle une antilope dodue qui trottinerait vers le point d'eau sur des talons de douze centimètres.
Elle a jeté au vol sa fourrure synthétique sur le coin de mon lit, puis est allée derrière le bar qui sépare le coin cuisine du coin séjour-chambre-bureau. Paquita est partout chez elle, encore plus lorsqu'elle est chez moi. Elle fait partie de ces gens à géométrie variable qui occupent aussitôt tout l'espace d'une pièce, quelle qu'en soit la superficie.

 

Déjà lu du même auteur : 

la_tete_en_friche La tête en friche  vivement_l_avenir Vivement l’avenir 

Bon_r_tablissement Bon rétablissement

 

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08 novembre 2014

Les mots qu'on ne me dit pas - Véronique Poulain

les mots Stock - août 2014 - 144 pages

Quatrième de couverture :
« “ Salut, bande d’enculés ! ”
C’est comme ça que je salue mes parents quand je rentre à la maison.
Mes copains me croient jamais quand je leur dis qu’ils sont sourds.
Je vais leur prouver que je dis vrai.
“ Salut, bande d’enculés ! ” Et ma mère vient m’embrasser tendrement. »

Sans tabou, avec un humour corrosif, elle raconte.
Son père, sourd-muet.
Sa mère, sourde-muette.
L’oncle Guy, sourd lui aussi, comme un pot.
Le quotidien.
Les sorties.
Les vacances.
Le sexe.
D’un écartèlement entre deux mondes, elle fait une richesse. De ce qui aurait pu être un drame, une comédie.
D’une famille différente, un livre pas comme les autres.

Auteur : Véronique Poulain travaille dans le spectacle vivant. Elle fut pendant quinze ans l’assistante personnelle de Guy Bedos. Les mots qu’on ne me dit pas est son premier livre.

Mon avis : (lu en novembre 2014)
Véronique a grandi dans une famille pas comme les autres. Ses parents sont sourds-muets et elle entend parfaitement. Elle a dû devenir bilingue, à l'école, elle utilise les sons et les mots, en famille, elle communique avec les gestes, les regards. Avec beuoup d'humour et de tendresse elle raconte son quotidien entre ces deux mondes si différents qui se connaissent mal et se comprennent mal. A l'aide d'anecdoctes, elle nous explique les codes du monde des sourds, c'est très intéressants et cela nous fait mieux comprendre les difficultés que les sourds peuvent rencontrer dans notre société si peut soucieuse d'intégration. 
Cela se lit très facilement, les phrases sont courtes, efficaces.
Un témoignage réussi. 

Extrait : (début du livre)
Je suis bilingue. Deux cultures m’habitent.
Le jour : le mot, la parole, la musique. Le bruit.
Le soir : le signe, la communication non verbale, l’expression corporelle, le regard. Un certain silence.

Cabotage entre deux mondes.
Le mot.
Le geste.

Deux langues.
Deux cultures.
Deux « pays ».

Je tire sur sa jupe pour qu’elle me regarde.
Elle se retourne, me sourit et esquisse un mouvement de tête qui signifie : « Oui ? »
Tête levée, je frappe ma poitrine avec ma main droite : « Moi. » Je mets les doigts dans ma bouche, je les retire puis les remets : « Manger. »
Mon geste est un peu maladroit. Elle rit.
Elle déplace sa main de haut en bas sur sa poitrine comme si elle attrapait son cœur pour le placer dans son ventre : « Faim. » C’est comme ça qu’on dit au pays des sourds.
Oui, maman. J’ai faim.

J’ai soif, aussi. Je cherche ma mère. C’est le temps de mes premiers pas. J’avance en vacillant jusqu’à la cuisine et je perds l’équilibre. Ma mère se retourne instantanément et me rattrape de justesse.
Elle n’a rien entendu pourtant.
Elle sent toujours quand il m’arrive quelque chose.

Si je ne suis pas entendue, qu’est-ce que je suis regardée ! Il ne peut rien m’arriver ; mes parents ont toujours un œil sur moi.
Et pas qu’un œil. Ils me touchent beaucoup. Les regards et les gestes remplacent les mots. Un sourire. Une caresse sur la joue. Un froncement de sourcils pour le mécontentement. Des bises et des câlins pour me dire : « Je t’aime. »
C’est pas si mal. Mais j’aimerais bien qu’ils m’embrassent plus souvent. Surtout mon père.

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07 novembre 2014

Magasin général, tome 9 : Notre-Dame-des-Lacs – Régis Loisel et Jean-Louis Tripp

9782203062108 Casterman - octobre 2014 - 128 pages

Quatrième de couverture :
Plus de maire à Notre-Dame-des-Lacs, plus de curé ou presque, Marie enceinte d’un père que personne ne connaît et les femmes du village prises d’une frénésie d’achats comme on n’en avait encore jamais vue… Le monde s’est-il mis à marcher sur la tête, là-bas au fin fond du Québec rural ? Est-ce là l’oeuvre du démon, le commencement de la fin ?
Non, bien sûr, car ce qui imprègne avant tout chaque image, chaque scène, chaque dialogue et chaque personnage de ce spectaculaire dénouement en forme d’apothéose joyeuse, c’est le bonheur ! Loisel et Tripp ont manifestement pris un plaisir fou à mener jusqu’à son terme le destin de chacun des protagonistes de cette truculente histoire chorale à l’humour irrésistible, au fil des quelques mois de l’année 1928 où l’on passe des neiges profondes à la chaleur de l’été sur fond de retour des hommes de leur hivernage. On y apprendra, parmi bien d’autres surprises, ce qu’il advient du bateau du vieux Noël, ce qui tourmentait tant Réjean le jeune prêtre ou encore ce que cachait la grossesse inattendue de Marie… Et le village de Notre-Dame-des-Lacs, au terme de ce final enfiévré célébré comme il se doit par un grand feu de la Saint-Jean, entre à son tour dans la modernité.

Auteurs :
Régis Loisel est né dans les Deux-Sèvres en 1951. Il signe ses premiers travaux au milieu des années 70 lors de l'éclosion de la bande dessinée "adulte" dans diverses publications de l'époque (Mormoil, Pilote, Tousse-Bourin, etc.), mais c'est à partir du début des années 80 que sa carrière "décolle" réellement avec la série La Quête de l'oiseau du temps (Dargaud), scénarisée par Serge Le Tendre. Il est également l'auteur de Peter Pan (Vents d'Ouest), autre série à succès, et de divers one-shots tels que Troubles Fêtes (Les Humanoïdes Associés). Il a également collaboré à divers longs métrages d'animation et a été distingué en 2003 par le Grand Prix de la Ville d'Angoulême. Il réside à Montréal, au Canada.

Jean-Louis Tripp est né à Montauban en 1958. Il publie ses premières histoires courtes au tournant des années 70 et 80, notamment dans Métal Hurlant et chez Futuropolis. Sa première série, Jacques Gallard, paraît chez Milan à partir de 1983. Il contribue ensuite à divers albums collectifs dont Le Violon et l'archer chez Casterman en 1990, signe le récit de voyage illustré La Croisière verte (Glénat), puis bifurque vers la peinture, la sculpture et l'enseignement, avant de revenir à la bande dessinée en 2002 via sa collaboration avec Didier Tronchet (Le Nouveau Jean-Claude, Albin Michel).

Mon avis : (lu en novembre 2014)
C'est le dernier épisode de cette série si sympathique qui se déroule au Québec dans les années 20, dans le petit village rurale de Notre-Dame-des-Lacs. Comme d'habitude (après presque deux ans d'absence) j'ai apprécié de retrouver tous les personnages si attachants du village dans leur quotidien. L'histoire est toute simple, pleine d'humour et de poésie. Le dessin et les couleurs très réussis, les dialogues utilisent des expressions québéquoises savoureuses. Je suis restée sous le charme jusqu'à la fin... 
Dans cette conclusion, Marie est "en famille", elle ne sait pas qui est le père mais cela ne la préoccupe pas, Serge est très présent auprès d'elle, Gaëtan continue de régaler les villageois, Noël termine la construction de son bateau avec l'aide de Réjean toujours en "crise de foi"... La conclusion est à la hauteur de l'ensemble de la série pleine de douceur et de tendresse...
C'est une série que j'ai beaucoup aimée, qui m'a donné envie de découvrir la BD adultes qu'auparavant je ne lisais pas.
A l'occasion, je relirai certainement la série complète !

 Extrait :

PlancheA_224908

 

La série : 

le_magasin_g_n_ral_Marie le_magasin_g_n_ral_Serge le_magasin_g_n_ral_les_hommes le_magasin_g_n_ral_confession 
tome 1 à 4 de la série 
ici

magasin_general5 tome 5 : Montréal 

magasin_general_6  tome 6 : Ernest Latulippe magasin_g_n_ral_7 tome 7 : Charleston 

magasin_g_n_ral tome 8 : Les femmes 

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05 novembre 2014

A la grâce des hommes - Hannah Kent

a la grace des hommes Presses de la Cité - mai 2014 - 395 pages

traduit de l'anglais (Australie) par Karine Reignier-Guerre

Titre original : Burial Rites, 2013

Quatrième de couverture : 
Agnes Magnúsdóttir, servante dans l'Islande austère et violente du XlXe siècle, est condamnée à mort pour l'assassinat de son amant et placée dans une ferme reculée en attendant son exécution. Horrifiés à l'idée d'héberger une meurtrière, le fermier, sa femme et leurs deux filles évitent tout contact avec Agnes, qui leur inspire autant de peur que de dégoût. Seul Tóti, le révérend chargé de préparer la jeune femme à sa fin prochaine, tente de la comprendre. Au fil des mois, Agnes raconte sa vérité, aussi terrible soit-elle à accepter. Mais la justice des hommes est en marche, et pourquoi Agnes réapprendrait-elle à vivre si c'est pour mourir ?
Inspiré d'une histoire vraie, A la grâce des hommes est un roman sur la vérité, celle que nous pensons connaître et celle à laquelle nous voulons croire. Avec ce premier roman à l'atmosphère lyrique et ample, Hannah Kent s'impose d'ores et déjà comme l'un des grands écrivains de sa génération.

Auteur : Hannah Kentvit en Australie où elle est cofondatrice et rédactrice en chef adjointe d'une revue littéraire. Elle donne également des cours d'écriture et d'anglais à l'Université de Flinders, où elle achève en parallèle son doctorat. A la grâce des hommes est son premier roman.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
Cette auteur australienne s'est inspirée d'une histoire vraie pour raconter la vie d'Agnes Magnúsdóttir en Islande au XlXème siècle. Agnes est accusée de complicité pour le double meurtre de Natan Ketilsson et Pétur Jonsson. Elle est condamnée à mort. En attendant d'être exécutée, Agnes est placée dans la ferme de Jon Jonsson, le policier du canton, dans la campagne islandaise, à Kornsa. Son arrivée n'est souhaitée par personne, le fermier et sa femme ont peur pour leur sécurité et celle de leurs deux filles. Seul Tóti, le sous-révérend, va être un soutien pour elle, il a été chargé de préparer Agnes à sa mort prochaine. Pour cela, il va lui demander de lui raconter toute sa vie. Visites après visites, Agnes va pouvoir donner sa vérité et le lecteur découvre vraiment qui est cette femme.
L'environnement a également toute son importance, les conditions de vie dans les fermes du nord de l'Islande sont rudes. 
Un livre bouleversant et passionnant que j'ai découvert grâce au Café Lecture mensuel de la Bibliothèque.

Extrait :

Hannah KENT - A la grâce des hommes aux éditions PRESSES DE LA CITE

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03 novembre 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? [195]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine et avant ? 

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Sixteen Kennedy Express - Bastien Quignon, Aurélien Ducoudray 
L'océan au bout du chemin - Neil Gaiman 
Pars avec lui - Agnès Ledig

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

A la grâce des hommes - Hannah Kent
Trente-six chandelles - Marie-Sabine Roger

Que lirai-je la  semaine prochaine ?

Les yeux plus grands que le ventre - Jô Soares (partenariat Folio)
Vers le bleu - Sabrina Bensalah (Babelio - éditions Sarbacane)
En Afrique - Eric Fottorino (partenariat Denoël)

Bonne semaine, bonnes lectures !

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01 novembre 2014

Pars avec lui - Agnès Ledig

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

9782226259929-j Albin Michel - octobre 2014 - 368 pages

Quatrième de couverture : 
On retrouve dans Pars avec lui l’univers tendre et attachant d’Agnès Ledig, avec ses personnages un peu fragiles, qui souvent nous ressemblent. L’auteur de Juste avant le bonheur sait tendre la main aux accidentés de la vie, à ceux qui sont meurtris, à bout de souffle. Mais aussi nous enseigner qu’envers et contre tout, l’amour doit triompher, et qu’être heureux, c’est regarder où l’on va, non d’où l’on vient.

Auteur : Agnès Ledig exerce le métier de sage-femme libérale en Alsace. En 2011, son premier roman, Marie d'en haut, connaît un succès immédiat et devient le coup de cœur du grand prix des lectrices de Femme Actuelle. En 2013, Juste avant le bonheur obtient le prix Maisons de la Presse et devient un best-seller (160 000 exemplaires vendus en France).

Mon avis : (lu en octobre 2014)
Roméo est pompier professionnel et en voulant sauver la vie d'un enfant, il fait une chute de 8 étages. Gravement blessé, il est se retrouve au service de réanimation où Juliette est infirmière de nuit. Grâce à une main tendue, elle sera la première à le rassurer et à lui donner le courage de se battre pour vivre. Roméo est le tuteur de Vanessa, sa petite soeur adolescente, cloué sur son lit d'hôpital, pas facile de jouer ce rôle de grand frère. Juliette essaye depuis longtemps d'avoir un enfant, son compagnon ne l'aide pas beaucoup en étant sec et humiliant. Heureusement, il y a Guillaume, son collègue infirmier-pâtissier devenu soutien et confident et Malou, la grand-mère de Juliette, qui veille sur sa petite-fille... 
Une histoire bouleversante, très actuelle, j'ai lu ce livre d'une traite car je n'avais vraiment pas envie de quitter en route tous ses personnages touchants et émouvants.

Merci Delphine et Albin Michel pour ce livre coup de coeur !

Extrait : (début du livre)
Elle nous supplie à genoux de sauver son fils.
Je suis en première ligne, je n'ai pas le choix, je dois y aller. Ce n'est même pas une question de choix, mais d'honneur, de dignité. C'est pour ça que je fais ce métier.
Il s'agit d'une vie humaine, là, tout de suite, celle d'un enfant, l'enfant de cette femme à terre. L'action ne souffre aucune hésitation.
L'appartement en feu se situe au huitième étage. La cage d'escalier est inaccessible. La mère, terrorisée, hurle que son fils se trouve là-haut, seul dans l'appartement. Partie faire une course pendant qu'il dormait, l'attroupement était déjà constitué à son retour, en raison de l'épaisse fumée noire qui se dégageait des fenêtres. Elle nous implore en joignant ses mains et se balance d'avant en arrière. Je ne sais pas si c'est le signe d'une folie passagère ou un bercement à la recherche d'un impossible apaisement. Les deux peut-être. C'est une femme noire, en boubou sous un blouson informe, usé aux poignets et qui s'ouvre sur un ventre énorme annonçant la venue d'un bébé, des tongs aux pieds malgré le froid de ce mois de février. La voir ainsi à genoux, désespérée, me rend dingue.

Je m'appelle Roméo Fourcade, j'ai vingt-cinq ans et je suis pompier professionnel. Sergent-chef d'agrès EPA, la grande échelle dans le langage courant.
En intervention, j'avance comme le soldat au front, en essayant d'aller le plus loin possible au milieu des obus. La rage au ventre. La peur aussi. Il en faut un peu pour rester en vie.
- Sergent, sauvetage par l'extérieur au moyen de l'EPA, exécution !
J'obéis. Je monte dans la nacelle et fixe le mousqueton au harnais sous ma veste, juste avant qu'elle ne décolle du sol. J'ajuste la bouteille d'air comprimé sur mes épaules puis le masque sur mon visage. Le Roméo des temps modernes. Plus pratique pour grimper au balcon.
Si seulement c'était vers ma Juliette que je montais...
Tu parles !
L'espace d'un instant, je repense au SMS que j'ai reçu ce matin de Carine. Elle me quitte.
« Je m'en vais, je ne t'aime plus, désolée. »
Elle me quitte par SMS. La honte ! Elle est désolée, c'est déjà ça. La honte quand même ! Mais au-dessus du vide, du vrai vide, face à cet immeuble, je dois me concentrer. Un gosse m'attend là-haut, et sa maman me supplie au sol. Alors sans plus penser à rien je regarde vers la fenêtre transformée en cheminée. Arrivé à mi-hauteur, je distingue une voix derrière le bruit de ma propre respiration qui résonne sous le masque. Il est encore vivant. Les fumées noires qui se dégagent de la fenêtre laissent deviner la violence des flammes à l'intérieur. Je ferai tout pour le sauver. Tout.

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Déjà lu du même auteur : 

JUSTE_AVANT_LE_BONHEUR Juste avant le bonheur

 

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30 octobre 2014

L'océan au bout du chemin - Neil Gaiman

Lu en partenariat avec Au Diable Vauvert

1530382_10205190887801332_4586254058997405647_n Au Diable Vauvert - octobre 2014 - 320 pages

traduit de l'anglais par Patrick Marcel

Titre original : The Ocean and the End of the Lane, 2013

Quatrième de couverture :
De retour dans le village de sa jeunesse, un homme se remémore les événements survenus l'année de ses sept ans. Un suicide dans une voiture volée. L'obscurité qui monte. Et Lettie, la jeune voisine, qui soutient que la mare au bout du chemin est un océan...

Fidèle à son imaginaire merveilleux, Neil Gaiman explore le monde de l'enfance et des contes anglo-saxons pour nous procurer une émotion toute nouvelle, dans ce roman élu par les lecteurs Book of the Year 2013.

Auteur : Né en 1960 en Angleterre, qualifié par Stephen King de « trésor d'histoires », Neil Gaiman est auteur de célèbres comtes, scénariste et romancier. Lauréat de nombreux prix, il est lu dans le monde entier.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
Je ne connaissais cet auteur que de nom et devant l'enthousiasme d'un inconditionnel de Neil Gaiman, par curiosité j'ai accepté de recevoir et de découvrir "L'Océan au bout du chemin". En premier lieu, j'aime beaucoup le titre et je trouve la couverture très belle.
De retour dans le village de son enfance, le narrateur se souvient de ses 7 ans. A l'époque, il rêvait grâce aux livres, il se réfugiait dans son "laboratoire" au fond du jardin... il y avait Lettie, son amie et voisine de onze ans, qui vivait à la ferme des Hempstock avec sa mère et sa grand-mère. Cette année là, Ursula Monkton, une méchante gouvernante est venue s'installer dans la maison du narrateur et c'est comme si un monstre avait pris le contrôle de la maison... Heureusement Lettie et sa famille vont secourir le petit garçon... 
Au bout du chemin de la ferme des Hempstock, il y a une mare, et pour Lettie cette mare est un océan.
Ce n'est pas le genre de lectures auxquelles je suis sensible mais ici l'auteur a un vrai talent de conteur mêlant le réel et le fantastique et j'ai lu très facilement cette histoire pleine d'imagination et de poésie qui évoque l'enfance et ses peurs. J'ai beaucoup aimé les personnages du petit garçon, de Lettie, de Ginnie sa mère et de la grand-mère.

Merci Anaïs et les éditions Au Diable Vauvert pour cette découverte.

Extrait : (Prologue)
Je portais un costume noir, une chemise blanche, une cravate noire et des chaussures noires, bien cirées et brillantes : des vêtements dans lesquels j'aurais été mal à l'aise, en temps ordinaire, comme si j'avais endossé un uniforme volé ou si je voulais passer pour un adulte. Aujourd'hui, ils m'apportaient une sorte de réconfort. Je portais les vêtements appropriés à une rude journée.
J'avais accompli mon devoir, le matin, prononcé les paroles que je devais prononcer, et j'étais sincère en les disant; et puis, une fois le service terminé, je suis monté en voiture et je suis parti au hasard, sans plan défini, avec environ une heure à tuer avant de rencontrer d'autres gens que je n'avais plus vus depuis des années, serrer d'autres mains et boire trop de tasses de thé dans le beau service en porcelaine. J'ai suivi des routes de campagne sinueuses du Sussex dont je ne me souvenais qu'à demi, jusqu'à ce que je me retrouve dans la direction du centre-ville, aussi ai-je obliqué, au hasard, sur une autre route, et tourné à gauche, puis à droite. C'est seulement alors que j'ai compris où j'allais vraiment, où j'allais depuis le début, et ma sottise m'a fait grimacer.
Je roulais vers une maison qui n'existait plus depuis des décennies.
J'ai à ce moment-là songé à faire demi-tour, alors que je suivais une rue large qui était autrefois un chemin empierré de silex au long d'un champ d'orge; à faire demi-tour et à laisser le passé en paix. Mais je ressentais de la curiosité.
L'ancienne maison, celle où j'avais vécu sept ans, de l'âge de cinq ans jusqu'à celui de douze, avait été démolie et elle était perdue pour de bon. La nouvelle, celle que mes parents avaient construite au bas du jardin, entre les bosquets d'azalées et le rond vert dans l'herbe que nous appelions le cercle des fées, celle-là avait été vendue trente ans plus tôt.
En vue de la nouvelle maison, j'ai ralenti la voiture. Ça resterait toujours la nouvelle maison, dans ma tête. Je me suis engagé dans l'allée, pour observer de quelle façon ils avaient développé son architecture du milieu des années 70. J'avais oublié que ses briques étaient brun chocolat. Les nouveaux habitants avaient transformé le tout petit balcon de ma mère en un jardin d'hiver sur deux niveaux. J'ai contemplé la maison, me rappelant moins que je m'y attendais mes années d'adolescence : ni bons moments, ni mauvais. Adolescent, j'avais habité ici quelque temps. Ça ne semblait pas être une composante de ce que j'étais à présent.
J'ai reculé avec la voiture pour sortir de leur allée.

Challenge 3% Rentrée Littéraire 2014 
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"Géographie" (12)

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Angleterre

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28 octobre 2014

Sixteen Kennedy Express - Bastien Quignon, Aurélien Ducoudray

1431_couv Editions Sarbacane - février 2014 - 100 pages

Quatrième de couverture :
1968, aux Etats-Unis, une petite ville "in the middle of nowhere" bordée par les champs de blé à perte de vue et seulement animée par le chantier de son futur rentre commercial en construction... Rob, 14 ans, le bras dans le plâtre et un oeil sur la jolie Sixteen, s'ennuie ferme, jusqu'au moment où entre en gare le train dans lequel est transportée la dépouille du sénateur Robert F Kennedy. tout juste assassiné... Dans une ambiante en demi-teintes, parfois drôle et un peu tragique, Ducoudray et Quignon explorent les fissures du supposé "rêve américain", autour de la question du racisme et de l'engagement.

Auteurs : Bastien Quignon est né en 1986 en région parisienne. Après avoir beaucoup déménagé dans son enfance, à l’âge de 10 ans il accompagne sa famille dans un périple de six mois en Asie du sud-est (Thaïlande, Indonésie, Malaisie). Il a passé un bac littéraire au lycée de Dreux, puis a suivi quatre années d’enseignement de la bande dessinée à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai, en Belgique, dont il est diplômé. Trois jours en été est son premier livre.

Aurélien Ducoudray est né en 1973 à Chateauroux et vit dans un petit village de l’Indre. Titulaire d’un bac économie et d’une licence d’anglais ratée, Aurélien Ducoudray a touché à toutes les facettes du journalisme. Photographe de presse, journaliste rédacteur écrit, journaliste reporter de télévision, on lui doit de nombreux documentaires. Après Championzé (avec Eddy Vaccaro, 2010) et La Faute aux chinois (avec François Ravard, 2011), il travaille en ce moment sur différents projets, dont une autre biographie de boxeur avec Eddy Vaccaro sur Young Perez, et Bekame avec Jeff Pourquié.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
Rob, âgé de 14 ans, est immobilisé chez lui depuis le début des grandes vacances avec le bras dans le plâtre. C'est un passionné de la famille Kennedy et lorsqu'il apprend que le train transportant la dépouille de Robert F. Kennedy, assassiné 3 jours plus tôt, passera par leur petite ville, Rob ne peut s’empêcher d'aller voir le train. Il va faire la rencontre de Sixteen, une jeune fille intrépide, qui lui offrira son premier baiser et ce sera le début de grandes vacances inoubliables...
Cette bande dessinée est plus qu'une histoire d'amour entre deux adolescents, le lecteur découvre aussi l'Amérique des années 60, le "rêve américain" a aussi ses côtés plus sombres.
J'ai emprunté cette BD sans l'ouvrir et le dessin au fusain couleur sépia m'a un peu surpris au début, il colle pourtant bien à l'ambiance de cet été chaud et lourd.

Extrait : (début du livre)

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Déjà lu du même auteur :

Trois_jours_en_ete-248x335 Trois jours en été 

 Challenge Petit Bac 2014
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"Prénom" (13)

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27 octobre 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? [194]

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 (c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine et avant ? 

9782070145683_1_75 le chat qui ne mangeait molière à la campagne

Charlotte - David Foenkinos 
Le Chat qui ne mangeait pas de souris - Carmen Agra Deedy et Randall Wright 
Molière à la campagne - Emmanuelle Delacomptée

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

L'océan au bout du chemin - Neil Gaiman (Partenariat Au Diable Vauvert)

Que lirai-je la  semaine prochaine ?

Pars avec lui - Agnès Ledig (Partenariat Albin Michel)
Les yeux plus grands que le ventre - Jô Soares (Partenariat Folio)
A la grâce des hommes - Hannah Kent 

Bonne semaine, bonnes lectures !

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25 octobre 2014

Molière à la campagne - Emmanuelle Delacomptée

molière à la campagne JC Lattès - août 2014 - 188 pages

Quatrième de couverture : 
« Sur le quai de la gare Saint-Lazare, entre trois grosses valises et une poignée de pigeons, je reste étourdie.
Après des dissertations de sept heures, une maîtrise imparable de l'exophore mémorielle, une science sans faille de l'évolution des sons [aü] et [eü] au XVIIIe siècle, une acquisition sûre de la notion de valence et d'analyse actancielle, une compréhension intime des hypotyposes, une fréquentation assidue du Canzionere de Pétrarque, l'Éducation nationale m'expédie dans les tréfonds de l'Ouest, au coeur de la Haute-Normandie, entre les départementales D32 et D547, à Saint-Bernard de l'E., au collège des 7 Grains d'Or, au beau milieu des champs de maïs. »
Douglas, Jordan, Jeffrey, Kelly, Charlotte et quelques autres seront les premiers élèves de cette enseignante envoyée dans un collège de campagne. Des élèves tour à tour exténuants et attachants, qui ont perdu leur culture rurale et ressemblent étrangement aux enfants des villes. A côté des cours, il y aura aussi la formation de l'IUFM, hilarante à force d'inepties, qui tient à tout prix à transformer les « parents d'élèves » en « géniteurs d'apprenants ».
Molière à la campagne retrace le parcours héroï-comique d'une jeune femme qui oppose aux absurdités du système scolaire l'humour et l'espoir.

Auteur : Emmanuelle Delacomptée-Dugain est née en 1981 à Sartrouville. Elle enseigne le français depuis 2005, et travaille aujourd'hui en Seine-Saint-Denis, après une expérience en Normandie. Elle est par ailleurs lectrice aux éditions Gallimard.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
On connait les difficultés de l'enseignement dans les « zones urbaines sensibles », on oublie que l'enseignement dans les déserts modernes que sont certaines zones rurales n'est pas facile non plus. Ici, l'auteur, une jeune enseignante, nous raconte sa première année de professeur de français. Parisienne, sans permis de conduire, elle a été affectée "par ordinateur" en Normandie dans le collège des 7 Grains d'Or à la campagne, au milieu des champs de maïs. Elle doit également se rendre 2 jours par semaine à Evreux situé à 71 km du collège pour la formation IUFM. Avec humour Emmanuelle Delacomptée raconte sa difficulté à tenir sa classe, à enseigner les auteurs classiques à des jeunes qui n'ont comme référence que la télévision... Elle fait de son mieux, elle ne se décourage pas, ses élèves sont attachants et semblent l'apprécier même si pour beaucoup les bonnes notes ne sont pas au rendez-vous... En parallèle, le lecteur découvre l'absurdité de la formation de professeur, complètement déconnectée de la réalité du terrain, utilisant un vocabulaire incompréhensible limite pédant (voir l'extrait ci-dessous)... Grâce à la solidarité entre les professeurs du collège ou des élèves de l'IUFM, Emmanuelle survivra à cette première année sans perdre aucunement la vocation d'être professeur.
Un témoignage très intéressant qui se lit très facilement.

Extrait : (page 176)
- Prenons par exemple un apprenant en gymnastique quienvoie un "référentiel bondissant"...
- Un "référentiel bondissant" ?
- Oui, un ballon, ce terme n'est pas nouveau. Si c'est un ballon de rugby, on parle de "référentiel bondissant oblique", souligne Mme Castaing
- Je croyais que c'était fini ce jargon de fous ! chuchote Romain.
- Et comment dites-vous pour une balle de ping-pong ? demande Muriel les yeux ronds.
- Un référentiel bondissant aléatoire, répond Mme Castaing avec une pointe d'agacement.
- Oh non, y en a marre..., se plaint Sophie à voix basse.
- Tu vois, dis-je en chuchotant, pas de surprise.
- Et un javelot ? s'esclaffe Muriel.
- Vous allez cesser de m'interrompre pour des points secondaires ? s'irrite Mme Castaing. Je perds le fil de mon discours ! Vous vouliez un exemple ? Alors je continue. Si un apprenant envoie un rebondissant avec ses "segments mobiles"...
- Vous voulez dire ses "bras" ? coupe Romain sidéré.
- Comment ?
- Par "segments mobiles", vous entendez les "bras" ?
- Evidemment ! Que voulez-vous que ce soit ? Un bras, ça bouge, c'est mobile ! s'énerve Mme Castaing. C'est un segment mobile ! Je reprends : si un apprenant envoie un rebondissant à un autre apprenant, et que celui-ci ne le rattrape pas, ou qu'il utilise ses segments mobiles supérieurs...
- Marre de chez marre ! geint Sophie.
- Et s'il fait une tête, on dit comment ? en rajoute Muriel.
- Sans doute qu'il réceptionne avec le réfléchissant ! Mais ce n'est pas la question ! Je ne vous donne pas des conseils didactiques d'éducation physique et sportive ! Il s'agit d'être précis dans son discours ! Vous êtes bien placés pour le comprendre ! ça y est maintenant ? Dans ce cas donc, il ne faut pas le sanctionner, il faut lui réexpliquer les règles, alors que dans le cas d'une offense verbale, il faut vous adresser aux géniteurs d'apprenants...
- Les "géniteurs d'apprenants" ? répète cette fois Sophie exaspérée.
- OUI, LES GÉNITEURS D'APPRENANTS ! VOUS ÊTES PÉNIBLES ! VOUS SAVEZ CE QU'EST UN APPRENANT, VOUS SAVEZ CE QU'EST UN GÉNITEUR ? EH BIEN ? UN GÉNITEUR D'APPRENANT, C'EST QUELQU’UN QUI A GÉNÉRÉ BIOLOGIQUEMENT UN APPRENANT, C'EST UN PARENT D’ÉLÈVE QUOI ! QUAND JE PENSE QUE VOUS ENSEIGNEZ DES MÉTHODES SCRIPTO-LECTURIQUES A NOS JEUNES APPRENANTS, ILS ONT DU SOUCI A SE FAIRE !

Challenge 3% Rentrée Littéraire 2014 
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15/18

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