02 décembre 2014

En Afrique - Éric Fottorino

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

product_9782207117460_195x320 Denoël - octobre 2014 - 256 pages

Photographies de Raymond Depardon

Quatrième de couverture :
« Longtemps j'ai sillonné l'Afrique ou plutôt les Afriques. J'y ai appris le questionnement, donc le journalisme. Rien n'est jamais tout noir, rien n'est jamais tout blanc. Ce continent était l'endroit privilégié pour s'en convaincre. C'est là-bas que, pendant plus d'une décennie, j'ai été un "envoyé spécial" du 
Monde, témoin des soubresauts, des drames et des espoirs de populations inoubliables.
Dans ce recueil d'enquêtes et de reportages, j'ai voulu saisir au plus près ce qui faisait le quotidien d'un reporter au milieu des années 1980, avant la révolution numérique, avant les mails et les portables, quand le temps gardait son épaisseur, et les distances leur longueur. Si le journalisme a changé de forme, il n'a pas changé de sens : informer, expliquer, trier, raconter. J'ai voulu remonter à la source de mon métier, le contact irremplaçable avec le réel. Et la lutte permanente pour préserver son indépendance. » 

Auteur : Écrivain, journaliste, Éric Fottorino est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages, dont Baisers de cinéma (prix Femina 2007), L'homme qui m'aimait tout bas (Grand Prix des Lectrices de Elle 2010) et Questions à mon père. Il a passé vingt-cinq ans au journal Le Monde, qu'il a dirigé de 2007 à 2010. Il est le cofondateur de l'hebdomadaire.

Mon avis : (lu en novembre 2014)
Dans ce livre Éric Fottorino revient sur ses années d'envoyé spécial en Afrique avec ce recueil des articles qu'il a écrit depuis 1986 jusqu'en 2011. Dans une première partie nous trouvons des reportages en Éthiopie, au Mali, à Madagascar, au Bénin, au Kenya, en Afrique du Sud et au Gabon avec pour chaque destination une petite introduction pour situer les circonstances du reportages. Dans une deuxième partie, l'auteur ressence différentes enquêtes sur les trafics de drogues, sur l'agriculture, sur le sida, sur la France-Afrique... Puis pour terminer il nous livre des chroniques d'humeur sur l'Afrique.
C'est un livre très intéressant mais plus exigeant à lire qu'un roman. Si vous aimez l'Afrique et si vous vous intéressez au métier de journaliste vous apprendrez beaucoup. La dizaine de belles photos noir et blanc de Raymond Depardon sont un bon complément au texte.

Merci Célia et les éditions Denoël pour cette découverte enrichissante.

Extrait : (début du livre)
J'ai toujours su partir. J'ai toujours eu peine à revenir. Le reportage demeure à mes yeux la vocation première de ce métier. Se rendre compte sur place. Respirer le même air que ceux dont on parle, les écouter, vouloir les connaître pour mieux les comprendre. Garder la trace, les traces, de ces moments hors de soi, hors les murs de notre existence. S'imprégner d'une époque. Justifier qu'on a vu de ses propres yeux, ne pas l'oublier, même si on a fini par rentrer... De mes reportages les plus marquants sont restés des images, des odeurs - mille odeurs de l'Afrique à peine ouverte la porte de l'avion -, des visages, des noms. La sensation de ne faire que passer. Mon compagnon de bureau d'alors au Monde, Michel Boyer, prétendait qu'on ne connaissait un pays qu'en y demeurant trois jours ou trente ans. Trois jours pour être étonné. Trente ans pour savoir que tout est plus compliqué qu'il n'y paraît. Ces Afriques ont composé en moi une multitude de petites vies dans ma vie, creusant des souterrains qui me traversent encore, et que ces pages baignent à nouveau de lumière. Dois-je préciser que ces vérités fragiles étaient glanées au XXe siècle, dans un temps ralenti où ni les ordinateurs ni les téléphones portables n'existaient ? Enfin, pour avoir si longtemps hésité à partager les eaux du journalisme et de la littérature, pour m'être si souvent cabré face à ceux, qui me sommaient de choisir, me voici au clair. Ces reportages furent ceux d'un journaliste. La démarche qui me pousse à les conserver est celle d'un écrivain pour qui rien n'est vraiment vécu qui n'ait été écrit. Pourquoi renoncer à être deux qui font un ?

 Challenge Petit Bac 2014
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"Géographie" (13)

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01 décembre 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? [199]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

100514223 la marche de mina louis au ski

Pico Bogue - tome 7 - Cadence infernale (BD)
La Marche de Mina - Yoko Ogawa 
Louis au ski - Guy Desisle (BD)

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

En Afrique - Eric Fottorino (partenariat Denoël)
La femme tatouée - Pieter Aspe (partenariat Albin Michel)

Que lirai-je la  semaine prochaine ?

Ces instants-là - Herbjørg Wassmo (Les Matchs de la Rentrée Littéraire 2014)
Sous les couvertures - Bertrand Guillot 
Un parfum d'herbe coupée - Nicolas Delesalle (partenariat )
Lettres mortes de Robert Allison (partenariat Denoël)

Bonne semaine, bonnes lectures !

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29 novembre 2014

Louis au ski - Guy Desisle

louis au ski Delcourt - novembre 2005 - 48 pages

Quatrième de couverture : 
Tandis que son père dévale les pistes noires, Louis a pour seul compagnon un autre gamin, qui n'a de cesse de jouer à la Game Boy et d'écouter son baladeur. Et pourtant, Louis aurait bien besoin d'aide car, seul sur les pistes, il doit affronter des situations peu confortables. Par la force de l'imagination, il s'invente un ami qui ressemble étrangement à son doudou.

Auteur : Guy Delisle est né en 1966 à Québec. Il suit des études d'arts plastiques et d'animation et embarque pour l'Europe en 1988. Il entame alors une carrière d'animateur, métier qu'il exercera pendant dix ans, avant de réaliser son propre court-métrage, Trois Petits Chats. Il publie ses premiers albums à l'Association : outre Shenzhen, un récit de voyage lié à son métier d'animateur, citons Aline et les autres, remarquable exercice de style, proche de son travail en animation, suivi en 2001 par Albert et les autres. Par ailleurs, Guy Delisle n'hésite pas à s'aventurer dans d'autres univers avec la série humoristique Inspecteur Moroni ou Louis à la plage et Louis au ski, deux récits autobiographiques pleins de charme et sans parole. Par son regard, à la fois acéré et bienveillant, sur une culture étrangère, Chroniques birmanes constitue le prolongement de la démarche initiée avec Shenzhen et Pyongyang et poursuit la série d'ouvrages que Guy Delisle a consacrés à ses voyages en Asie.

Mon avis : (lu en novembre 2014)
Je pense que cette BD est plutôt destinée aux enfants, c'est une histoire muette autour d'un petit garçon Louis qui se retrouve seul sur les pistes de ski. Il a été confié par son Papa au fils d'un ami, un adolescent qui préfère dévaler les pistes à toute vitesse sans s'encombrer d'un petit... Pour surmonter les situations difficiles qu'il aura à affronter seul, Louis s'invente un ami...
L'histoire est sympathique où l'imaginaire et la réalité se mêlent...
J'ai été un peu gênée de ne pas pouvoir donner un âge à Louis : dès les premières vignettes de l'album, le petit Louis semble être un bébé de deux trois ans, il devient un peu plus grand lorsqu'à la sortie de la voiture il doit mettre ses chaussures de ski, enfin comment peut-on laisser un petit garçon si jeune faire du ski seul sous la responsabilité d'un adolescent ? Le bébé est-il en train de faire un rêve ou un cauchemar ?

Extrait : (début du livre)

louis_ski01 louis_ski02

louis_ski03louis_ski04

louis_ski05



Déjà lu du même auteur : 

chroniques_de_J_rusalem Chroniques de Jérusalem shenzhen  Shenzhen pyongyang Pyongyang 

le_guide_du_mauvais_p_re Le Guide du Mauvais Père tome 1 chroniques_birmanes Chroniques Birmanes

 Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Objet" (11)

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28 novembre 2014

La Marche de Mina - Yoko Ogawa

la marche de mina la marche de mina_babel

Actes Sud - janvier 2008 - 317 pages

Babel - février 2011 - 315 pages

traduit du japonais par Rose-Marie Makino

Titre original : Mina no kôshin, 2006

Quatrième de couverture : 
Après le décès de son père, alors que sa mère doit s'éloigner pour parfaire sa formation professionnelle, la petite Tomoko est revue pour un an chez son oncle et sa tante. Tomoko a douze ans ; à Kobe, son oncle l'attend sur le quai de la gare. Il la serre dans ses bras et la conduit jusqu'à la très belle demeure familiale. Pour Tomoko, tout est ici singulièrement différent. Sa cousine Mina passe ses journées dans les livres, collectionne les boîtes d'allumettes illustrées sur lesquelles elle écrit des histoires minuscules ; un hippopotame nain vit dans le jardin, son oncle a des cheveux châtains, il dirige une usine d'eau minérale et la grand-mère se prénomme Rosa. Au cœur des années soixante-dix, Tomoko va découvrir dans cette maison l'au-delà de son archipel : à travers la littérature étrangère, les récits de Rosa sur son Allemagne natale et la retransmission des Jeux olympiques de Munich à la télévision, c'est un tout autre paysage qui s'offre à elle. La grande romancière japonaise explore dans ce livre, et pour la première fois dans son œuvre, le thème de l'étranger et des origines. En choisissant le prisme des liens de l'enfance, elle inscrit ce roman, comme le précédent. intitulé la formule préférée du professeur, dans un cycle voué à la tendresse et à l'initiation.

Auteur : Yoko Ogawa est l'une des plus brillantes romancières du Japon d'aujourd'hui. Ses romans sont traduits dans le monde entier. Elle a obtenu les prix les plus prestigieux de son pays.

Mon avis : (lu en novembre 2014)
Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu du Yoko Ogawa et après ma déception avec Hôtel Iris, j'ai passé un très bon moment avec La marche de Mina. En 1972, Tomoko, douze ans, est confiée pour un an à son oncle et sa tante. Elle nous raconte son séjour dans la belle demeure de Kobe avec sa cousine Mina. Dès son arrivée, elle est surprise et éblouie par cette famille qu'elle ne connaissait pas. La grand-mère Rosa est allemande, Mina de santé fragile est une petite fille précoce qui vit entourée de livres, elle collectionne les boîtes d'allumettes illustrées, le cousin Ryuichi est parti faire ses études en Suisse, l'oncle dirige une usine d'eau minérale et s'absente périodiquement, la tante est assez discrète. Il y a également les domestiques avec Madame Yoneda, intendante indispensable dans cette maison. Enfin, il y a Pochiko l'animal domestique de la famille... c'est une hippopotame nain, dernière rescapée du zoo qui avait été créé sur la propriété.  
Tomoko et Mina vont devenir très complices, elles vont se passionner pour l'équipe de volley du Japon puis pour les Jeux Olympique. L'écriture est très belle, c'est un roman de nostalgie, d'enfance, d'initiation. J'ai beaucoup aimé.

Extrait : (début du livre)
La première voiture dans laquelle on m’a transportée après ma naissance était un landau arrivé de la lointaine Allemagne à travers les mers, avec une frise de laiton ciselé appliquée tout autour. La nacelle était soutenue par un entrelacs de courbes élégantes et un tissu de dentelle tapissait généreusement l’intérieur doux comme du duvet. Le guidon bien sûr, mais aussi les soufflets de la capote et les ferrures des roues étaient étincelants. L’oreiller où je posais ma tête était brodé d’un “Tomoko” en lettres enluminées rose pâle.

Il avait été envoyé à ma mère par ma tante comme cadeau de naissance. Le mari de ma tante avait pris la suite de son père à la tête d’une société de boissons et sa mère était allemande. On pouvait faire le tour de la famille, non seulement il n’y avait personne pour avoir des liens avec l’étranger, mais aucun d’entre nous n’avait même jamais pris l’avion, si bien que lorsqu’on l’évoquait dans la conversation, on ajoutait toujours, comme si cela faisait partie de son nom : “Celle qui s’est mariée avec quelqu’un de l’étranger.”
À l’époque, mes parents et moi vivions tous les trois dans une maison en location de la banlieue d’Okayama, et certainement que ce landau était ce qui avait le plus de valeur dans notre mobilier. Sur une photographie prise devant la maison, le landau, disproportionné par rapport à l’aspect de la vieille maison de bois, tient à peine dans le jardin exigu, et on le remarque plus que le bébé qui devrait tenir le rôle principal. Lorsque ma mère le poussait sur les routes de campagne, tous les gens qu’elle croisait se retournaient, et lorsqu’il s’agissait de familiers, il paraît qu’ils s’approchaient pour le toucher ici ou là. Ils s’extasiaient alors en disant : “Quel magnifique landau !” puis s’en allaient sans dire s’ils trouvaient mignon le bébé à l’intérieur.
Malheureusement, je ne me rappelle plus s’il était confortable. Lorsque je me suis rendu compte de ce qui se passait autour de moi, c’est-à-dire lorsque je suis devenue trop grande pour prendre place à bord du landau, celui-ci trônait déjà au milieu du débarras. La dentelle qui avait un peu jauni gardait des taches du lait que j’avais régurgité, mais il n’avait rien perdu de son élégance d’antan. Même entouré de jerricanes en plastique ou de rouleaux de stores en bambou, il continuait à dégager un parfum de lointain pays étranger.
Tout en respirant ce parfum, j’aimais laisser vaguer mon imagination à propos de mon enfance. En réalité, j’étais une princesse d’un pays lointain enlevée par un serviteur renégat qui m’avait abandonnée avec le landau dans la forêt. Si l’on enlevait les fils qui avaient brodé le nom “Tomoko”, on trouverait certainement dessous trace de mon véritable nom laissée par l’aiguille. Elizabeth ou Angela… Pour inventer ce genre d’histoire, le landau remplissait un rôle important.
Le véhicule qui me transporta ensuite dans le monde extérieur fut la bicyclette de mon père. Une bicyclette noire, sans aucun ornement, qui émettait un grincement triste. En comparaison du landau de fabrication allemande, il fallait bien admettre qu’elle était plutôt austère. Mon père tous les matins attachait son sac sur le porte-bagages et partait travailler dans une administration. Les jours de congé, il m’installait sur ce même porte-bagages pour m’emmener au jardin public.
Je me souviens encore des sensations que me procurait cette bicyclette. Les solides mains qui me soulevaient avec aisance, le dos imprégné d’odeur de cigarette, le courant d’air généré par les roues.
— Accroche-toi bien. Ne me lâche pas, hein.

Déjà lu du même auteur :

la_formule_pr_f_r_e_du_professeur La Formule préférée du professeur  hotel_Iris Hôtel Iris 

 Challenge Petit Bac 2014
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"Prénom" (13)

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26 novembre 2014

Pico Bogue - tome 7 - Cadence infernale

pico-bogue-tome-7-cadence-infernale Dargaud - octobre 2014 - 48 pages

Présentation éditeur :
Finies les vacances, mais la vie continue, et la rigolade aussi ! Pico et toute la famille retrouvent les petites et les grandes joies de la vie quotidienne : l'école, les repas, les interrogations existentielles. Et quand Pico découvre un livre sur l'étymologie et l'histoire des mots, un nouvel univers s'ouvre à lui. Et tout son entourage va en profiter... de gré ou de force !

Auteurs : Alexis Dormal est né en 1977 à Bruxelles. Après des études de réalisation cinéma, il s'oriente vers le dessin et l'écriture. Dominique Roques, sa mère scénariste, et lui-même, créent les personnages Pico Bogue et Ana Ana.
Dominique Roques est née en 1948 à Casablanca. Quelques années plus tard, en Belgique, elle a deux fils qui partagent son goût pour la bande dessinée humoristique. L'ainé de ses fils, Alexis Dormal, dessine depuis toujours des personnages pleins de vie. Si pleins de vie qu'il est vite devenu insupportable à Dominique de les abandonner à peine nés. Elle décide donc de leur faire des "transfusions" d'histoires, trouvant les donneurs... en elle et tout autour d'elles. Ainsi tchatchent, galopent et dévorent Pico, Ana Ana et les autres.

Mon avis : (lu en novembre 2014)
Les albums de Pico Bogue sont toujours rafraîchissant et celui-ci ne déroge pas à la règle... Ce n'est pas une histoire continue mais une succession de scènes du quotidien à la maison, à l'école sur une page ou une demi-page où les acteurs principaux sont Pico et/ou Ana Ana sa petite soeur. Un fil conducteur se dessine lorsque Pico Bogue découvre un livre sur l'étymologie de la langue française. Ce livre va devenir une vraie bible pour lui, il sera en profiter à son avantage pour éviter les corvées ou surtout avoir le dernier mot... 

Extrait : 

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Déjà lu des même auteurs : 

picobogue  Pico Bogue tome 1 : La vie et moi

pico_bogue_T2  Pico Bogue tome 2 : Situations critiques

pico_bogue_T3 Pico Bogue tome 3 : Question d'équilibre

5468  Pico Bogue, Tome 4 : Pico love 

9782205068153_150 Pico Bogue, Tome 5 : Légère contrariété

92114288 Pico Bogue, Tome 6 : Restons calme

 

Challenge 4% Rentrée Littéraire 2014 
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24/24

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24 novembre 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? [198]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

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Vers le bleu - Sabrina Bensalah 
La Lune est blanche - Emmanuel Lepage et François Lepage 
Profanes - Jeanne Benameur 

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

En Afrique - Eric Fottorino (partenariat Denoël)
La femme tatouée - Pieter Aspe (partenariat Albin Michel)

Que lirai-je la  semaine prochaine ?

Ces instants-là - Herbjørg Wassmo (Les Matchs de la Rentrée Littéraire 2014)
Sous les couvertures - Bertrand Guillot 
Un parfum d'herbe coupée - Nicolas Delesalle (partenariat )
Lettres mortes de Robert Allison (partenariat Denoël)

Bonne semaine, bonnes lectures !

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22 novembre 2014

Mois du film documentaire 2014 en Seine et Marne :

Mois du film documentaire 2014 : découvrir l'oeuvre de Carmen Castillo et Rithy Panh

77

La Médiathèque départementale met à l’honneur deux cinéastes francophones : l'un d'origine cambodgienne, l'autre d'origine chilienne, qui questionnent l'histoire douloureuse de leur pays. 

Plus de 30 projections-débats sont donc programmées en Seine-et-Marne pendant tout le mois de novembre.

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Hier soir, la Bibliothèque organisait une soirée autour du film :

La Terre des âmes errantes de Rithy Panh :

En 1999, les travaux de pose du premier câble de fibre optique d’Asie du Sud-Est ont traversé le Cambodge. Ils impliquent le creusement d’une tranchée d’un mètre de profondeur de la frontière thaïlandaise à la frontière vietnamienne, pour y enfouir un câble à peine plus gros que le pouce. C’est là l’occasion pour de nombreux Cambodgiens - paysans pauvres, soldats démobilisés, familles sans ressources - de trouver du travail.
La tranchée rencontre les mines et la présence obsédante des millions de morts dont les âmes errent, harcelant les survivants, faute de sépultures. Tout au long de son creusement à la pioche, à la houe, à la main, elle met en scène l’angoisse de pouvoir continuer à travailler tout en subissant quotidiennement la violence économique.
Le film suit sa progression, s’attachant à quelques personnages centraux qui symbolisent les difficultés et les contradictions que doit surmonter ce pays, dans la nécessité de survivre et la volonté de renouer avec une culture ancestrale laminée, elle aussi, par les années de guerre.

1999, 100 minutes – Rithy Panh

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Auteur : Cinéaste franco-cambodgien, né le 18 avril 1964 à Phnom Penh, Rithy Panh est âgé de onze ans au moment de l’arrivée des Khmers rouges à Phnom Penh (1975). Cadet d’une famille de neuf enfants, il a d’abord été intégré à une brigade mobile de jeunes, puis à un hôpital en tant qu’aide-soignant. En 1979, il s’échappe du Cambodge et parvient au camp de Mairut, en Thaïlande. Un an après, il s’exile en France. En
1985, il intègre l’Institut des hautes études cinématographiques (aujourd’hui Fémis) dont il sort diplômé. Il devient réalisateur et l’ensemble des films qu’il tourne ensuite trouvent leur matière dans l’histoire de son pays d’origine. Si le cinéma peut nous raconter l’Histoire, il peut aussi être le lieu d’une suture, d’une réhabilitation ou, pour employer un terme moins ampoulé et cher à Rithy Panh, d’une rencontre.

Mon avis :
Un film très fort, il n'y a pas de voix off, seuls les personnages s'expriment et ainsi le spectateur découvre le contexte historique, social, économique de ces Cambodgiens pauvres, obligés de creuser cette tranchée pour gagner un peu d'argent pour faire vivre leurs familles. 

A la fin de la projection, nous avons pu poser des questions et échanger avec Cati Couteau la productrice du film. 

TERRE DES AMES PAHN_Rithy_1999_La-terre-des-ames-errantes_01

L’association REASMEY ANGKOR a clôt la soirée avec des collations, des danses et une vente d’artisanat au profit des enfants des rues du Cambodge.

 

rithy_pahn Ce film est disponible dans le DVD "Le Cinéma de Rithy Panh" (2008)

Pour en savoir plus : Fiche Arte sur le film  La Terre des âmes errantes de Rithy Panh

 

Déjà lu du même auteur :

 lelimination L'élimination - Rithy Panh (Grand Prix Elle 2013 - document) 

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21 novembre 2014

Profanes - Jeanne Benameur

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Editions Thélème - octobre 2013 - 8h30 - Lu par Antoine Louvard

Actes Sud - janvier 2013 - 240 pages

Babel - mai 2014 - 288 pages

Quatrième de couverture : 
Ancien chirurgien du coeur, il y a longtemps qu'Octave Lassalle ne sauve plus de vies. À 90 ans, bien qu'il n'ait encore besoin de personne, Octave anticipe : il se compose une "équipe". Comme autour d'une table d'opération mais cette fois-ci, c'est sa propre peau qu'il sauve.

Auteur :  Née 1952, en Algérie d'un père tunisien et d'une mère italienne, Jeanne Benameur vit en France depuis l'âge de 5 ans. Elle débute sa carrière d'écrivain avec des livres de jeunesse comme 'Samira des quatre routes' ou 'Adil coeur rebelle', avant d'ouvrir son registre à la littérature pour adulte. Lauréate du prix Unicef en 2001, Jeanne Benameur se distingue sur la scène littéraire avec 'Les Demeurées', l'histoire d'une femme illettrée et de sa fille. Directrice de collection chez Actes Sud junior ainsi qu'aux éditions Thierry Magnier, l'auteur publie son autobiographie, 'Ça t'apprendra à vivre' en 1998. Influencée par ses origines culturelles, Jeanne Benameur s'inspire aussi de son expérience d'enseignante pour évoquer les thèmes de l'enfance (' Présent ?') mais aussi de la sensation et du corps (' Laver les ombres') dans un style pudique et délicat. Elle publie aussi 'Les Mains libres'.

Lecteur : Antoine Louvard est élève au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris

Mon avis : (écouté en novembre 2014)
J'ai redécouvert cette lecture avec autant de plaisir que la première fois en écoutant ce livre audio. Il a fallu cependant que je m'habitue au ton, malgré tout, assez monotone du lecteur. 
A 90 ans, Octave Lassalle préfère anticiper, il décide donc de s'entourer de quatre personnes pour l'aider dans son quotidien : Marc s'occupe du petit-déjeuner d'Octave et de l'entretien du jardin. Hélène a comme mission de peindre le portrait de Claire la fille d'Octave, morte accidentellement à l'âge de 19 ans. Yolande s'occupe de la maison, du ménage, du dîner et Béatrice est présente durant la nuit.
L'écriture est sensible, émouvante et pleine de poésie. Jeanne Benameur nous livre des personnages attachants et profonds qui ensemble vont réussir à dépasser leurs douleurs et prendre confiance. Une histoire originale, magnifique, qui fait du bien et nous invite à réfléchir. Un vrai coup dcœur pour moi.  

Extrait : (début du livre)
Ils sont là, derrière la porte. Il ne faut pas que je rate mon entrée.
Maintenant que je les ai trouvés, tous les quatre, que je les ai rassemblés, il va falloir que je les réunisse. Réunir, ce n'est pas juste faire asseoir des gens dans la même pièce, un jour. C'est plus subtil. Il faut qu'entre eux se tisse quelque chose de fort.
Autour de moi, mais en dehors de moi.
Moi qui n'ai jamais eu le don de réunir qui que ce soit, ni famille ni amis. A peine mon équipe à la clinique, parce qu'ils y mettaient du leur. Je leur en savais gré. Ce n'est pas la même affaire dans une clinique, les choses se font parce que sinon c'est la vie qui part. Ce n'est pas autour de moi qu'ils étaient réunis, c'était contre la mort. Et ça, c'est fort.
Là, j'ai su tenir ma place.

J'ai quatre-vingt-dix ans. J'ai à nouveau besoin d'une équipe.
Il faut que ces quatre-là, si différents soient-ils, se tiennent. Pour mon temps à venir. Je m'embarque pour la partie de ma vie la plus précieuse, celle où chaque instant compte, vraiment. Et j'ai décidé de ne rien lâcher, rien.
Les quatre, là, derrière la porte, je les ai choisis avec soin, tant que ma conscience est aiguë. Pas question qu'on me colle n'importe qui pour s'occuper de ma carcasse quand il sera trop tard pour choisir. J'ai encore toutes mes facultés intellectuelles et physiques, même si le corps fatigue trop vite, regimbe et pousse trop la douleur dans les articulations. Je n'ai pas besoin d'eux aujourd'hui, mais j'ai toujours su anticiper.
C'est ce qui a fait de moi un bon chirurgien.
Un bon chasseur aussi.
Un paradoxe, oui, il a toujours fallu une once de mort dans ma vie.
Les bêtes tuées en plein élan, c'était mon tribut à payer. Juste "redonner la vie" à des patients, c'aurait été se prendre pour Dieu. La chasse, c'était ma façon de garder l'équilibre. Je n'y prenais pas vraiment de plaisir. Je buvais avec les autres après, je festoyais aussi. Et je retournais à la clinique.
J'ai arrêté la chasse le jour où je n'ai plus opéré.

Depuis j'ai eu le temps de réfléchir, de décider. Pas de pourriture dans le vivant, alors pas d'arrêt. C'est l'arrêt du désir qui fait le nid à tout ce qui crève. Plus d'élan, plus de vie.
Et moi je veux vivre. Pas en attendant. Pleinement.

J'ai trop vu comment ça se passait pour ceux qu'on appelle "les patients". C'est dans les chairs aussi, leur "patience". C'est cette "patience" que j'ai essayé d'extraire chaque fois que j'opérais. Cette patience-là n'est pas une vertu, quoi qu'on en dise. J'y ai mis toute ma science de bon chirurgien.

 

Déjà lu du même auteur :
les_demeur_es Les Demeurées les_mains_libres_p_ Les Mains libres 
c_a_t_apprendra___vivre Ça t'apprendra à vivre laver_les_ombres  Laver les ombres 
si_m_me_les_arbres_meurent_2 Si même les arbres meurent pr_sent Présent ? 
les_insurrections_singuli_res Les insurrections singulières profanes Profanes 

2013-12-31_160044 Pas assez pour faire une femme

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19 novembre 2014

La Lune est blanche - Emmanuel Lepage et François Lepage

la lune est blanche Futuropolis - octobre 2014 - 256 pages

Quatrième de couverture :
L'Antarctique est le continent le plus sec, le plus froid, le plus difficile d'accès. C'est le monde des extrêmes. En 2011, l'Institut polaire français invite François et Emmanuel Lepage à rendre compte, dans un livre mêlant bande dessinée et photos, d'une mission scientifique sur la base française antarctique Dumont d'Urville, en Terre-Adélie. En outre, il leur propose de participer, comme chauffeurs, au raid de ravitaillement de la base Concordia, située au cœur du continent antarctique, à 1 200 km de Dumont d'Urville ! Le Raid, comme on l'appelle, est LA grande aventure polaire ! Pour les deux frères, ce serait l'aventure de leur vie... Mais rien ne se passera comme prévu !

Auteurs : Emmanuel Lepage est un dessinateur, scénariste et coloriste de bande dessinée, né en 1966 à Saint-Brieuc. Il vit dans les Côtes-d'Armor.
François Lepage est reporter-photographe. Il vit à Rennes. 

Mon avis : (lu en novembre 2014)
Après le beau voyage dans les Terres Australes, Emmanuel Lepage et son frère François, photographe, repartent pour le voyage de leur vie, un rêve inespéré : un voyage en Antarctique ! Ils ont été invités par l'Institut Polaire Français à découvrir la base française antarctique Dumont d'Urville, en Terre-Adélie et à participer au ravitaillement de la station Concordia.
Emmanuel et François nous racontent en dessins et en photos cette expérience extrême.
Depuis les préparatifs, le départ repoussé, le voyage pas toujours agréable sur le bateau (l'Astrolabe) entre l'Australie et la Terre Adélie, les deux frères racontent avec simplicité leur quotidien, leurs rencontres avec les participants de la mission, les douze jours de « Raid » vers Concordia. Ils rendent compte de leurs émotions, de leurs inquiétudes... Les conditions météorologiques extrêmes sont seul maître de cette aventure polaire qui ne se passera pas vraiment comme prévu mais le résultat est un album vraiment réussi.
La beauté des paysages est formidablement bien rendue par les aquarelles d'Emmanuel ou les photos de François. Le dépaysement est assuré ! Une bande dessinée coup de cœur  !

Extrait : (début du livre)

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 Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Couleur" (12)

Challenge 4% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
23/24

Déjà lu du même auteur : 

1151_couv  Un Printemps à Tchernobyl  97888941 Voyage aux îles de la Désolation 

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18 novembre 2014

Vers le bleu - Sabrina Bensalah

 

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vers le bleu Editions Sarbacane - octobre 2014 - 188 pages

Quatrième de couverture :
Coincée dans une caravane entre une mère irresponsable et une petite soeur farfelue, Nel, 18 ans, voudrait fuir sa vie trop étroite. Partir loin, juste après l'élection de la Mini-Miss Camping à laquelle Noush rêve de participer... Mais rien ne se passera comme prévu, dans la vie « cabossée bizarre » de Nel et Noush. Et tant mieux, au fond : sinon, comment pourraient-elles espérer aller un jour vers le Bleu.

Auteur : Sabrina Bensalah est née en 1979 à Roanne. Diplômée des Beaux-Arts de Saint-Étienne en communication visuelle, elle décide de devenir auteur-illustratrice tout en enseignant le dessin.
Vers le bleu est son premier roman.

Mon avis : (lu en novembre 2014)
Vers le bleu est un titre à la fois poétique et mystérieux.
A 18 ans Nel (Ornella) rêve de quitter sa vie difficile dans une caravane avec la Mère et Noush (Anoushka) sa petite soeur âgée de neuf ans. Elle rêve de prendre son indépendance, de pouvoir reprendre des études. En attendant, elle doit s'occuper de Noush une petite fille nature, pleine de vie : son dernier projet, c'est l'élection de la Mini-Miss Camping. Nel a décidé de rester jusqu'à cette élection ensuite, elle partira vivre sa vie !
Mais rien ne se passera comme prévu... La Mère a accepté de suivre un homme plein de promesse et elle est partie sans prévenir... Laissant Noush sous la responsabilité de Nel.
Celle-ci va se débrouiller comme elle peut pour subvenir aux moyens de toutes deux. Heureusement il y a les commerçants et habitués du camping  
Anémone, Marcus, Emilien, Gaston, Arsène, Gino qui sont solidaires avec les deux soeurs, toujours prêts à les aider dans le quotidien. Et l'espoir de jours meilleurs est toujours là.
Au début, j'ai été un peu gênée par le style oral et les mots familiers très présent mais 
cette écriture simple est cohérente avec la situation.
Une lecture émouvante, des personnages très attachants et authentiques.

Merci Babelio et les éditions Sarbacanes pour cette très belle découverte et pour les marque-pages joints avec le livre.

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Extrait : (début du livre)
Le haut-parleur braille le programme de la journée. Juste au-dessus de la caravane. Même en écrasant l'oreiller sur ma tête, j'entends qu'on nous promet 28° cet après-midi ! Impossible de dormir : j'enjambe ma petite soeur, puis recouvre d'un plaid la Mère affalée sur la banquette.
J'ouvre la caravane sur N'oubliez pas la soirée Michel François et ses Michettes en essayant de faire le moins de bruit possible - raté, Noush se réveille. Ses yeux tout ronds me trouvent puis très vite me supplient de ne pas la laisser ici. Je ne refuse pas. J'aurais préféré être seule, mais ce matin je devine que moi sans elle, c'est impossible.
- Habille-toi, alors ! Je vais aux toilettes.
Sa bouche s'étire en un sourire rassuré.
Je referme la porte, bruyamment ; même un hélicoptère atterrissant sur la caravane ne réveillerait pas la Mère.

Dans le lavabo douteux, j'arrose mon visage. Le miroir couvert d'éclaboussures de dentifrice. Camping 2 étoiles. Filantes !
Noush arrive en courant, je reconnais le vacarme que font ses tongs sur les graviers. Elle porte sa robe bleue assortie à ses yeux, assorties à ses genoux surtout.
Elle s'accroche à ma taille et me serre fort.
- T'as soif, Noush ?
Elle me libère de son câlin qui me broyait le bassin puis lape goulûment mes mains pleines d'eau. Sa robe se mouille et elle rit aux éclats. A la commissure de ses lèvres, il reste une petite trace du choco sans doute englouti à la va-vite ; je l'essuie avec mon doigt.

  Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Animal" (10)

Challenge 4% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
22/24

 

 

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