19 septembre 2015

1, 2, 3... foulard - Eric Sanvoisin

123 foulard Gründ - septembre 2014 - 149 pages

Quatrième de couverture :
Charlotte, douze ans, est nouvelle au collège et perdue dans la vie. Ses parents adoptifs essaient de lui faire oublier son passé tragique. Mais tout cela s'évapore quand elle rencontre Jordan. Mystérieux, froid, beau à pleurer, il occupe toutes ses pensées. Quand il lui propose de l'initier au jeu du foulard, elle plonge les yeux fermés...

Auteur : Éric Sanvoisin est un auteur de littérature de jeunesse. Il a exercé différents métiers : correcteur/relecteur dans l'édition, éducateur spécialisé, maquettiste PAO, Assistant maternel, Correcteur dans l'édition technique et bibliothécaire (depuis 1993). Toutes ces activités tournent autour des livres et des enfants. Il est actuellement bibliothécaire-adjoint à la ville de Saint-Brieuc. Il est papa de 9 enfants... tous voulus et tous venus au monde un par un. Ils ont tous la même maman... Eric Sanvoisin est membre du comité de rédaction de la revue Griffon et membre de la Charte des Auteurs et Illustrateurs de Jeunesse. 

Mon avis : (lu août 2015)
Ce livre aborde un sujet difficile et angoissant, le tristement célèbre jeu du foulard. La narratrice, Charlotte, est âgée de 12 ans, du lit d'hôpital où elle se trouve, elle s'adresse à ses parents adoptifs et revient, en quarante-quatre chapitres très courts, sur les jours précédents son hospitalisation.
Après une enfance chaotique, elle est arrivée dans cette famille d'accueil à l'âge de sept ans et y a trouvé la stabilité dont elle avait besoin. Charlotte redoute pourtant son entrée en sixième dans un collège où elle se sent toute petite... Par l'intermédiaire de Coraline, une camarade, elle va entrer dans la bande du beau Jordan qui la fascine. Ce dernier va petit à petit avoir de l'influence et de l'emprise sur Charlotte, et celle-ci va accepter de participer au "jeu des étoiles filante"...
J'émets quelques réserves sur l'âge de Charlotte, je la trouve trop jeune pour cette histoire soit crédible, de même je pense que son problème de relation avec sa mère biologique parasite un peu le sujet premier du livre... Je ne pense pas que seule une enfant "fragilisée" peut se laisser entraîner dans ce jeu dangereux...

Malgré ces réserves, j'ai trouvé Charlotte très attachante et l'histoire bouleversante. 

Autres avis : Noukette, SaxaoulJérôme

Extrait : (début du livre)
« Papa, maman, ne pleurez pas. Je suis vivante.

Je vous entends mais je ne peux pas vous répondre. Mon corps est en panne. Il ne m’obéit plus.
Je ne sens plus rien. Est-ce normal ?
J’ai quitté mon enveloppe corporelle. Je plane et je nous vois, tous les trois. Toi, papa, debout, raide, planté dans le sol de ma chambre d’hôpital comme un javelot. Toi, maman, assise près de moi, ma main dans la tienne, ta bouche près de mon oreille, murmurant des poèmes que tu as appris autrefois à l’école. Et moi, déesse immobile, reliée par un tuyau à un grand nuage blanc.
J’entends. Je vois. Et je me souviens… »

 

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17 septembre 2015

Tout ce qui est solide se dissout dans l'air - Darragh McKeon

Lu en partenariat avec Babelio et Belfond

tout ce qui est solide

Belfond - août 2015 - 425 pages

traduit de l'anglais par Carine Chichereau

Titre original : All that is solid melts into air, 2014

Quatrième de couverture : 
Dans un minuscule appartement de Moscou, un petit prodige de neuf ans joue silencieusement du piano pour ne pas déranger les voisins. Dans une usine de banlieue, sa tante travaille à la chaîne sur des pièces de voiture et tente de faire oublier son passé de dissidente. Dans un hôpital non loin de là, un chirurgien s'étourdit dans le travail pour ne pas penser à son mariage brisé. Dans la campagne biélorusse, un jeune garçon observe les premières lueurs de l'aube, une aube rouge, belle, étrange, inquiétante. Nous sommes le 26 avril 1986. Dans la centrale de Tchernobyl, quelque chose vient de se passer. Le monde ne sera plus jamais le même.

Auteur : Né en 1979, Darragh McKeon a grandi dans un village des environs de Dublin. Passionné de théâtre, il dirige une troupe et voyage en Europe au gré des différents engagements de la compagnie. Parallèlement, il entame la rédaction de ce qui deviendra son premier roman. Immédiatement salué par ses pairs, Colum McCann et Colm Tóibín en tête, et par la critique, Tout ce qui est solide se dissout dans l'air révèle un immense talent littéraire.
Darragh McKeon vit aujourd'hui à New York.

Mon avis : (lu en septembre 2015)
Ce livre est une reconstitution de la catastrophe de Tchernobyl à travers les destins croisés de quatre personnages.
Il y a d'abord Evgueni, un enfant prodige de 9 ans, doué pour la musique. Mais à l'école, il est victime de brimades de la part de quelques camarades. Chez lui, pour ne pas fâcher les voisins, il obligé de jouer en silence sur un piano en plastique... Grâce au soutien de sa mère et de sa tante, il prépare son entrée au Conservatoire. 

La tante d'Evgueni, Maria, est une ancienne journaliste dissidente, sa carrière a été brisée, elle est devenue une simple ouvrière dans une usine. 
Grigori, l'ex-mari de Maria, est un chirurgien très compétent, il va faire partie l'équipe médicale envoyée à Pripiat. Les moyens sont ridicules, il reste impuissant face au pouvoir politique du Kremlin qui met tous ses efforts à verrouiller l'information.
Artiom, 13 ans, vit avec sa famille dans une ferme de la campagne biélorusse. Ce matin du 26 avril 1986, c'est la première fois qu'il accompagne son père pour aller chasser, il remarque que l'aspect du ciel à l'aube est inhabituel...  
L'auteur s'est documenté avec beaucoup de précision sur la catastrophe de Tchernobyl, sur la société et le régime de l'URSS à cette époque. En cotoyant ces quatre personnages et leurs proches, le lecteur découvre le déroulement des évènements autour de Tchernobyl : des populations déplacés, des hommes envoyés sans protection pour tenter d'éteindre le réacteur... A Moscou, le discours se veut rassurant, la vie continue...
Cette histoire est captivante et pleine d'enseignement. J'avais 20 ans lorsque le drame est arrivé, à l'Ouest aussi, les informations étaient partielles et erronées... Un livre bouleversant d'où se dégage beaucoup d'humanité.

Merci Babelio et les éditions Belfond pour ce partenariat.

Extrait : 

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rl2015
5/6

Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015
Irlande

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16 septembre 2015

Amazigh Itinéraire d'hommes libres - Mohamed Arejdal et Cédric Liano

9791090090378 Steinkis - avril 2014 - 160 pages

Prix Première bulle 2014 du festival BD d'Angers

Prix du Jury oecuménique Angoulême 2015

Quatrième de couverture :
"Majeur donc expulsable. Je suis un Maruecos et je ne peux rien faire pour changer ça. Un Maruecos clandestin et vous allez me renvoyer. Vous avez gagné. Je ne serai jamais artiste."
Amazigh signifie homme libre en berbère. Lors de son voyage vers l'Eldorado européen, Mohamed ne l'oubliera à aucun moment.

Auteurs : Mohamed Arejdal est né en 1984 à Guelmim, dans le sud du Maroc. Passionné de dessin et de sculpture, il expose même en amateur mais à 17 ans, il se déscolarise et tente une traversée clandestine vers les Canaries. Refoulé sur le sol marocain, il reprend des études pour obtenir son bac et intégrer l’Institut National des Beaux-arts de Tétouan. Il y découvre les actes d’installation et développe depuis une œuvre tournée vers l’Autre. L’un de ses projets a été sélectionné pour être présenté à la Biennale des jeunes artistes de la Méditerranée.
Cédric Liano est né en 1984 à Creil. Après des études de bande dessinée à Tournai en Belgique et plusieurs expériences de micro-éditions en Europe, Cédric part enseigner la BD à Tétouan, au Maroc, durant un an. C'est là qu'il fait la connaissance de Mohamed qui lui raconte son expérience de voyage clandestin. Il décide alors d'enregistrer scrupuleusement son récit et de le transmettre à travers ce roman graphique.

Mon avis : (lu en septembre 2015)
J'ai pris cette BD à la Bibliothèque pour son sujet d'actualité. Elle raconte l'histoire vraie de Mohamed Arejdal, il vit à Guelmim, une petite ville du sud du Maroc et à 18 ans, il décide de quitter le pays où il a grandi car il n'y voit aucun avenir. Il est décidé à partir en Europe. Il vole donc de l'argent dans la caisse du magasin de son père et avec son ami Boufouss, il compte rejoindre l'Europe en gagnant l'archipel des Canaries qui est espagnol. Mohamed a toujours aimé dessiner, avec un crayon et du papier, il nous raconte son périple avec toutes les embûches rencontrées.
Ce voyage est à la fois une histoire de migrant, une réflexion sur l'exil mais aussi un parcours initiatique pour Mohamed. Il lui aura permis de grandir, de prendre confiance à lui, après il sera bien décidé à prendre sa vie en main et à poursuivre ses études pour intégrer un jour une école d'art... 

Extrait : 

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14 septembre 2015

C'est lundi, que lisez-vous ? [227]

93122062

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu ces dernières semaines ? 

106267352 Et tu es revenu millenium4_ac

Les Crocodiles - Thomas Mathieu 
Et tu n'es pas revenu - Marceline Loridan-Ivens 
Millenium 4 - Ce qui ne me tue pas - David Lagercrantz


Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Tout ce qui est solide se dissout dans l'air - Darragh McKeon (partenariat Belfond) 
Si c'était un homme - Primo Levi (partenariat Audiolib)

Que lirai-je la semaine prochaine ?

Afghanes - Suzanne Fisher Staples
Mentine : Cette foisc'est l'internat ! - Jo Witek (partenariat Flammarion Jeunesse)

Bonnes lectures et bonne semaine !

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12 septembre 2015

Millenium 4 - Ce qui ne me tue pas - David Lagercrantz

millenium4_ac Actes Noirs - août 2015 - 482 pages

traduit du suédois par Hege Roel-Rousson

Titre original : Det som inte dödar oss, 2015

Quatrième de couverture : 
Elle est une hackeuse de génie. Une justicière impitoyable qui n’obéit qu’à ses propres lois.
Il est journaliste d’investigation. Un reporter de la vieille école, persuadé qu’on peut changer le monde avec un article. La revue Millénium, c’est toute sa vie. Quand il apprend qu’un chercheur de pointe dans le domaine de l’intelligence artificielle détient peut-être des informations explosives sur les services de renseignements américains, Mikael Blomkvist se dit qu’il tient le scoop dont Millénium et sa carrière ont tant besoin. Au même moment, Lisbeth Salander tente de pénétrer les serveurs de la NSA…
Dix ans après la publication en Suède du premier volume de Millénium, David Lagercrantz livre un thriller d’une actualité brûlante et signe les retrouvailles des personnages cultes créés par Stieg Larsson. La saga continue.

Auteur : Né en 1962, David Lagercrantz est un écrivain et journaliste suédois habitant à Stockholm. Auteur de plusieurs livres, il affirme notamment sa notoriété sur la scène littéraire suédoise en 2009 avec la parution de Syndafall i Wilmslow (La Chute de l'homme à Wilmslow), un roman centré sur le personnage du mathématicien britannique Alan Turing (à paraître en 2016).

Mon avis : (lu en septembre 2015)
Comme beaucoup, je suis une "fan" de la série Millenium et lorsque j'ai appris qu'un tome 4 sortait écrit par un nouvel auteur, j'ai eu très envie de le découvrir. Je voulais retrouver les personnages cultes créés par Stieg Larsson, Mikael Blomkvist et surtout Lisbeth Salander. Je ne suis pas dupe que ce nouveau tome est une opération commerciale, même si la part des recettes revenant à la famille serait entièrement reversée au magazine antifasciste Expo, créé par Stieg Larsson...
J'ai fait abstraction de ses polémiques et je me suis plongée dans cette histoire qui est à la hauteur de l'auteur original. Lisbeth et Mikael n'ont pas changé, l'intrigue bien construite est ancrée dans le présent. Le journal Millenium a quelques difficultés, Mickael Blomkvist espère avoir un scoop pour faire mentir ses détracteurs. Le professeur Frans Balder, chercheur éminent dans le domaine de l'intelligence artificielle, le contacte en pleine nuit pour des révélations. Mais lorsque Blomkvist arrive chez le professeur, celui-ci vient d'être assassiné, laissant comme témoin August, son fils autiste. Lisbeth n'est pas loin... elle a été en contact avec le professeur Frans Balder, toujours aussi forte en informatique, elle tente de pénétrer les serveurs de la NSA, l'Agence de Sécurité Nationale des Etats-Unis... 
Je n'en dirai pas plus sur l'intrigue, mais j'ai dévoré cette histoire avec beaucoup de plaisir. Lisbeth se dévoile un peu plus, mais elle garde encore quelques secrets sur son passé. Il semble que le nouvel auteur laisse déjà une porte ouverte pour un tome 5... Si cela se révèle vrai, je serai ravie de le découvrir.

Extrait : (début du livre)
Prologue
Un an plus tôt à l'aube
Cette histoire commence par un rêve, un rêve qui n’a rien d’extraordinaire. Juste une main qui frappe régulièrement et inlassablement contre un matelas dans l’ancienne chambre de Lundagatan.

Pourtant, c’est à cause de ce rêve que Lisbeth Salander sort de son lit au petit matin, s’installe devant son ordinateur, et commence la traque.

1er - 21 Novembre

La NSA, National Security Agency, est un organisme fédéral placé sous l’autorité du département de la Défense des États-Unis. Son siège se trouve à Fort Meade dans le Maryland, au bord de l’autoroute Patuxent.
Depuis sa fondation en 1952, la NSA s’occupe du renseignement d’origine électromagnétique – aujourd’hui principalement Internet et l’activité téléphonique. Les pouvoirs de l’organisme n’ont cessé d’être élargis, il intercepte désormais plus de vingt millions de messages et conversations par jour.

Début novembre

Frans Balder s’était toujours considéré comme un père minable.
Le petit August avait déjà huit ans, et jusqu’à ce jour Frans n’avait jamais essayé d’endosser son rôle de père. Même à cet instant, il eût été faux de prétendre qu’il se sentait à l’aise face à ses responsabilités. Mais il estimait que c’était son devoir. Son fils avait la vie dure chez son ex-femme et l’enfoiré qui lui tenait lieu de fiancé, Lasse Westman.
Frans Balder avait donc lâché son poste dans la Silicon Valley et pris l’avion pour regagner son pays. Il se trouvait à présent à l’aéroport d’Arlanda et attendait un taxi. Il se sentait un peu perdu. La météo était infernale. Pluie et tempête lui fouettaient le visage et il se demandait pour la énième fois s’il avait fait le bon choix.
De tous les crétins égocentriques du monde, c’était lui qui allait se retrouver papa à plein temps. Un peu tordu, quand même… Autant aller travailler dans un zoo. Il ne connaissait rien aux enfants et pas grand-chose à la vie en général. Et le plus curieux dans l’histoire, c’est que personne ne lui avait rien demandé. Aucune mère ou grand-mère n’avait téléphoné pour le sommer d’assumer enfin ses responsabilités.
Il avait pris la décision seul et s’apprêtait à débarquer chez son ex-femme pour récupérer son fils, sans prévenir et en dépit du jugement relatif à la garde. Ça allait foutre la pagaille, évidemment. Il aurait certainement droit à une sacrée rouste de la part de cet abruti de Lasse. Tant pis.
Il s’engouffra dans le taxi. Le chauffeur était une femme qui mâchait frénétiquement son chewing-gum tout en essayant de lui faire la conversation. Peine perdue : même en temps normal, Frans Balder n’était pas du genre bavard.
Impassible, sur la banquette arrière, il songeait à son fils et à tout ce qui s’était passé ces derniers temps. August n’était pas l’unique ni même la principale raison de sa démission de chez Solifon. Frans était à un tournant de sa vie et, l’espace d’un instant, il se demanda s’il aurait le courage, finalement.

 Challenge 1%
rl2015
4/6

Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015
Suède

Les trois premiers tomes par Stieg Larsson :

Millenium_1 Millénium 1 : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

mill_nium2 Millénium 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
mill_nium3 Millénium 3 : La reine dans le palais des courants d'air

Déjà écouté :

CD_LARSSON_MILLENIUM_1 Millénium 1 millenium2_audio Millénium 2  millenium3_audio Millenium 3

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10 septembre 2015

Et tu n'es pas revenu - Marceline Loridan-Ivens

Et tu es revenuGrasset - février 2015 - 112 pages

Quatrième de couverture :
« J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »

Auteurs : Marceline Loridan-Ivens, née en 1928, déportée  à Auschwitz-Birkenau avec son père, a été actrice, scénariste, réalisatrice. On lui doit notamment « La petite prairie aux bouleaux », avec Anouk Aimée (2003), de nombreux documentaires avec Joris Ivens, et Ma vie balagan (Robert Laffont, 2008).
Judith Perrignon est journaliste et romancière. 

Mon avis : (lu en août 2015)
J'avais été ému par le passage de Madame Marceline Loridan-Ivens à la Grande Librairie. Son témoignage d'une fille à son père est bouleversant. Elle revient sur ses jours de souffrances en déportation à Auschwitz-Birkenau avec son père, à l'arrivée au camp, ils ont été séparés. Ils se croiseront une dernière fois, se prendront rapidement dans les bras... Ensuite, Marceline est revenue seule, et toutes ses années, il a fallu vivre avec cette absence.
Ce livre est cours mais intense, il m'a fait penser à Si c'est un homme de Primo Levy, c'est un devoir de mémoire indispensable. 

Extrait : (début du livre)
J'ai été quelqu'un de gai, tu sais, malgré ce qui nous est arrivé. Gaie à notre façon, pour se venger d'être triste et rire quand même. Les gens aimaient ça de moi. Mais je change. Ce n'est pas de l'amertume, je ne suis pas amère. C'est comme si je n'étais déjà plus là. J'écoute la radio, les informations, je sais ce qui se passe et j'en ai peur souvent. Je n'y ai plus ma place. C'est peut-être l'acceptation de la disparition ou un problème de désir. Je ralentis.

Alors je pense à toi. Je revois ce mot que tu m'as fait passer là-bas, un bout de papier pas net, déchiré sur un côté, plutôt rectangulaire. Je vois ton écriture penchée du côté droit, et quatre ou cinq phrases que je ne me rappelle pas. Je suis sûre d'une ligne, la première, «Ma chère petite fille», de la dernière aussi, ta signature, «Shloïme». Entre les deux, je ne sais plus. Je cherche et je ne me rappelle pas. Je cherche mais c'est comme un trou et je ne veux pas tomber. Alors je me replie sur d'autres questions : d'où te venaient ce papier et ce crayon ? Qu'avais-tu promis à l'homme qui avait porté ton message ? Ça peut paraître sans importance aujourd'hui, mais cette feuille pliée en quatre, ton écriture, les pas de l'homme de toi à moi, prouvaient alors que nous existions encore. Pourquoi est-ce que je ne m'en souviens pas ? Il m'en reste Shloïme et sa chère petite fille. Ils ont été déportés ensemble. Toi à Auschwitz, moi à Birkenau. 
L'Histoire, désormais, les relie d'un simple tiret. Auschwitz-Birkenau. Certains disent simplement Auschwitz, plus grand camp d'extermination du Troisième Reich. Le temps efface ce qui nous séparait, il déforme tout. Auschwitz était adossé à une petite ville, Birkenau était dans la campagne. Il fallait sortir par la grande porte avec son commando de travail, pour apercevoir l'autre camp. Les hommes d'Auschwitz regardaient vers nous en se disant c'est là qu'ont disparu nos femmes, nos soeurs, nos filles, là que nous finirons dans les chambres à gaz. Et moi je regardais vers toi en me demandant, est-ce le camp ou est-ce la ville ? Est-il parti au gaz ? Est-il encore vivant ? Il y avait entre nous des champs, des blocs, des miradors, des barbelés, des crématoires, et par-dessus tout, l'insoutenable incertitude de ce que devenait l'autre. C'était comme des milliers de kilomètres. A peine trois, disent les livres.
Ils n'étaient pas nombreux les détenus qui pouvaient circuler de l'un à l'autre. Lui c'était l'électricien, il changeait les rares ampoules de nos blocs obscurs. Il est apparu un soir. Peut-être était-ce un dimanche après-midi. En tout cas, j'étais là quand il est passé, j'ai entendu mon nom, Rozenberg ! Il est entré, il a demandé Marceline. C'est moi, je lui ai répondu. Il m'a tendu le papier, en disant, «C'est un mot de ton père».

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09 septembre 2015

Les Crocodiles - Thomas Mathieu

crocodiles Le Lombard - octobre 2014 - 176 pages

Quatrième de couverture :
Thomas Mathieu illustre des témoignages de femmes liés aux problématiques comme le harcèlement de rue, le machisme et le sexisme ordinaire. Son travail s'inscrit dans un mouvement plus large de prise de conscience et d'une nouvelle génération de féministes qui utilisent internet pour réfléchir et informer sur des concepts tels le "slut-shaming" ou le "privilège masculin". Dans ses planches, les décors et les personnages féminins sont traités en noir et blanc de manière réaliste tandis que les hommes sont représentés sous la forme de crocodiles verts. Le lecteur ou la lectrice est invité à épouser le point de vue de la femme qui témoigne et à questionner le comportement des crocodiles particulièrement quand ils endossent le rôle stéréotypé de dragueurs/ prédateurs/dominants.
Auteur : Thomas Mathieu tient un blog depuis 2006, ouvert lors de ses études de bande dessinée à Saint-Luc à Bruxelles. Depuis, il a publié quelques bandes dessinées, des récits intimes de couples et de la fiction de mauvais genre. En parallèle, il continue d'expérimenter sur son blog et participe à de nombreux projet, comme la "digiteam" de « EspritBD », le feuilleton en ligne « Les Autres Gens » de Thomas Cadène ou encore le journal numérique « Mauvais Esprit » dirigé par James et Boris Miroir. Actuellement, il se consacre principalement à son tumblr « Projet Crocodiles » qui traduit sous forme de bande dessinée des témoignages de femmes liés au harcèlement de rue et au sexisme ordinaire en général.

Mon avis : (lu en juillet 2015)
J'ai découvert l'existence de cette BD grâce à la blogosphère en décembre dernier... Il était temps que je découvre cette BD témoignage ! Thomas Mathieu a recueilli des témoignages de femmes autour du harcèlement, du sexisme. Il a illustré ces témoignages en représentant les hommes sous forme de crocodiles verts. Dans cette BD, l'auteur conseille le lecteur de s'identifier aux femmes et la violence des "crocodiles" est édifiante. Dans le cas d'une agression, l'absence de réaction des témoins est également violent pour la victime...
Un sondage, fait sur des femmes de région parisienne et sorti au printemps dernier, disait que 100% des femmes utilisant les transports en communs ont subi au moins une fois dans leur vie du harcèlement sexiste ou une agression sexuelle. Cette BD est vraiment d'utilité publique et je conseille à chacun de la lire.
Après les témoignages, Thomas Mathieu donne des stratégies pour réagir en tant que victime ou en tant que témoins . C'est la meilleure façon de faire retourner les "Crocodiles" dans leur marigot... A eux d'avoir honte !

Autres avis : Enna, Mo 

Extrait : voir ici

 

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07 septembre 2015

C'est lundi, que lisez-vous ? [226]

93122062

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu ces dernières semaines ? 

106019616 106019627 105626630 105625583

Tout foutre en l'air - Antoine Dole 
Checkpoint - Jean-Christophe Rufin 
Le Secret de la manufacture de chaussettes inusables - Annie Barrows 
Macadam - Jean-Paul Didierlaurent


Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Tout ce qui est solide se dissout dans l'air - Darragh McKeon (partenariat Belfond)

Que lirai-je la semaine prochaine ?

Si c'était un homme - Primo Levi (partenariat Audiolib)
Mentine : Cette foisc'est l'internat ! - Jo Witek (partenariat Flammarion Jeunesse)

Bonnes lectures et bonne semaine !

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06 septembre 2015

Macadam - Jean-Paul Didierlaurent

Lu en partenariat avec les éditions Au Diable Vauvert

macadam Au Diable Vauvert - septembre 2015 - 160 pages

Quatrième de couverture :
Pour tromper l’ennui lors des confessions, un prêtre s’adonne à un penchant secret. Une jeune femme trouve l’amour aux caisses d’un péage. Pendant la guerre, un bouleau blanc sauve un soldat. Un vieux graphologue se met en quête de l’écriture la plus noire. Une fois l’an, une dame pipi déverrouille la cabine numéro huit…

Auteur : Jean-Paul Didierlaurent habite dans les Vosges. Nouvelliste exceptionnel lauréat de nombreux concours, trois fois finaliste et deux fois lauréat du Prix Hemingway, Le Liseur du 6h27 est son premier roman.

Mon avis : (lu en août 2015)
En acceptant de recevoir ce livre en partenariat, je n'avais pas fait attention qu'il s'agissait d'un livre de nouvelles. En effet, avant d'écrire son premier roman Le Liseur du 6h27, l'auteur a été nouvelliste et a gagné quelques prix prestigieux.
Voilà donc onze nouvelles variées et très réussites. C'est une galerie de personnages très différents, dans des situations multiples et avec souvent une conclusion étonnante. Certaines nouvelles sont amusantes, d'autres plus sombres et beaucoup émouvantes...
Tour à tour, vous ferez la rencontre d'un prêtre qui s'ennuie pendant les confessions, d'une jeune femme trouvant l'amour aux caisses d'un peage, d'un soldat sauvé pendant la guerre par un bouleau blanc, d'un musicien de corrida, d'une dame pipi, d'un vieillard attendant la mort dans sa maison de retraite... Avec une imagination sans borne, l'auteur nous transporte dans des univers différents, avec une écriture à la fois subtile et sans concession. A découvrir sans modération !

Merci et les éditions Au Diable Vauvert pour cette lecture savoureuse.

Extrait :
Des échanges ne devaient pas excéder le temps de référence fixé en début d’année par son responsable lors de son entretien de progrès et qui était de quatorze secondes exactement en ce qui la concernait. Selon le dernier suivi mensuel, elle était encore à plus de trois secondes de son objectif. Mathilde emmerdait son objectif. Elle ne manquait jamais de glisser une petite phrase supplémentaire au milieu du plan de dialogue lorsqu'elle en avait l'occasion (...) Mais la nouvelle Mathilde se foutait des consignes. La nouvelle Mathilde avait soif de contacts, qu’ils soient visuels ou tactiles, fussent-ils brefs. Et puis trois secondes, ce n’était pas la lune. Si ça ne leur plaisait pas que le signal lumineux de la file numéro douze reste au rouge un peu plus longtemps que les autres, ils n’avaient qu’à le lui dire en face. Mais on ne lui disait plus rien en face, à Mathilde, pas même le responsable de zone, ce même responsable qui, avant l’accident, n’aurait jamais manqué une occasion de lui balancer une vanne graveleuse et pleine de sous-entendus en la regardant droit dans les seins et qui à présent l’évitait comme une pestiférée.

 Challenge 1%
rl2015
3/6

Déjà lu du même auteur :

96496883 Le liseur du 6h27

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04 septembre 2015

Le Secret de la manufacture de chaussettes inusables - Annie Barrows

le secret de la manufacture Nil - juin 2015 - 621 pages

traduit par Claire Allain et Dominique Haas

Titre original : The Truth According to Us, 2015

Quatrième de couverture :
Ce n'était pas le projet estival dont Layla avait rêvé. Rédiger l'histoire d'une petite ville de Virginie-Occidentale et de sa manufacture de chaussettes, Les Inusables Américaines. Et pourtant... Eté 1938. Layla Beck, jeune citadine fortunée, refuse le riche parti que son père lui a choisi et se voit contrainte, pour la première fois de sa vie, de travailler. Recrutée au sein d'une agence gouvernementale, elle se rend à Macedonia pour y écrire un livre de commande sur cette petite ville. L'été s'annonce mortellement ennuyeux. Mais elle va tomber sous le charme des excentriques désargentés chez lesquels elle prend pension. Dans la famille Romeyn, il y a... La fille, Willa, douze ans, qui a décidé de tourner le dos à l'enfance... La tante, Jottie, qui ne peut oublier la tragédie qui a coûté la vie à celui qu'elle aimait... Et le père, le troublant Félix, dont les activités semblent peu orthodoxes. Autrefois propriétaire de la manufacture, cette famille a une histoire intimement liée à celle de la ville. De soupçons en révélations, Layla va changer à jamais l'existence des membres de cette communauté, et mettre au jour vérités enfouies et blessures mal cicatrisées.

Auteur : Annie Barrows est née en 1962 en Californie. Mariée, mère de deux enfants, elle se consacre à l'écriture et a publié de nombreux livres jeunesse. Elle a écrit avec sa tante Mary Ann Shaffer Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates.

Mon avis : (lu en août 2015)
Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates est un de mes livres préféré et je voulais vraiment découvrir le nouveau roman d'Annie Barrows. Cette histoire est très différente du premier livre mais cela ne m'a pas empêcher de beaucoup aimer cette lecture.
Nous sommes en 1938, aux États-Unis, dans la petite ville de Macedonia en Virginie-Occidentale. La ville vit grâce à son usine de chaussettes, les Inusables Américaines. Layla Beck, fille d'un sénateur puissant et fortuné, refuse d'épouser le mari que son père lui a choisi. Elle se retrouve donc sans ressource et la voilà contrainte de travailler pour une agence gouvertementale. Elle est envoyée à Macedonia pour écrire l'histoire de la ville qui fête ses 150 ans. Layla prend pension chez la famille Romey qui était autrefois propriétaire de la manufacture. Cette famille est assez excentrique et très attachante en particulier Willa, fillette âgée de 12 ans, qui se pose pleins de questions sur les adultes et Jottie, sa tante, qui l'élève elle et sa jeune soeur...
A travers les voix de Layla, Willa et Jottie nous plongeons dans le présent et le passé de Macedonia et de ses habitants hauts en couleur...
J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce livre plein de fantaisie, de poésie et d'humour, j'ai particulièrement aimé le personnage de Willa et j'ai été touchée par Jottie.

Autre avis : Unautreendroit

Extrait : 
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