13 septembre 2017

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11 septembre 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [307]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Billets publiés ces deux semaines dernière ?

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La chambre des époux - Eric Reinhardt
Le prétendant - Hanne-Vibeke Holst
Paul à la pêche - Michel Rabagliati
Les bottes suédoises - Hennig Mankell
Pain amer - Marie-Odile Ascher

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Par amour - Valérie Tong Cuong (partenariat  Audiolib)
Agatha Raisin enquête, Tome 3 : Pas de pot pour la jardinière - M.C. Beaton

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Promesse - Jussi Adler Olsen (partenariat  Audiolib)
Lucie ou la vocation - Maëlle Guillaud
Entre mes doigts coule le sable - Sophie Tal Men
Le jour d'avant - Sorj Chalandon

Bonnes lectures et bonne semaine

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10 septembre 2017

Pain amer - Marie-Odile Ascher

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Anne Carrière - janvier 2011 - 428 pages

Pocket - mars 2012 - 480 pages

Quatrième de couverture :
Ils étaient des milliers à avoir fui la révolution bolchevique et la guerre civile. En 1946, auréolé de sa victoire sur le nazisme, Staline les rappelle à la mère patrie : l'URSS. Ils seront quelque quatre à six mille " Russes blancs " exilés à suivre l'étoile rouge et les promesses du Petit père des peuples.

Parmi eux, Marina qui, bien que se sentant française, suit les siens dans leur voyage de retour. Elle laisse Marc, son grand amour, certaine de revenir bientôt sur la Côte d'Azur pour l'épouser. Pour l'instant, un long périple l'attend. Elle ne se doute pas qu'une fois arrivée, se dressera entre elle et ses rêves d'avenir le mur du totalitarisme.

Auteur : Marie-Odile Ascher vit à La Gaude, près de Nice. Pain Amer est son premier roman. Vient ensuite Le serment de Maria. Dans l'un comme dans l'autre, elle met en scène une jeune femme dans les tourments de l'histoire de l'Europe de l'Est.

 

Mon avis : (lu en juillet 2017)
J’ai beaucoup aimé ce livre qui nous raconte un épisode méconnu de l’Histoire. Après la Seconde Guerre Mondiale, Staline convainc de nombreux Russes blancs émigrés en France après la révolution de 1917, à revenir au pays… A coup de propagande et de belles promesses, Marina, la narratrice de cette histoire, et sa famille vont abandonner leur vie agréable à Nice pour l’enfer...
Marina a 19 ans et promise à un belle avenir, elle est fiancée, elle poursuit des études brillantes pour devenir enseignante. Lorsque son père et sa mère décident de retourner en URSS avec leurs huit enfants, Marina tente de les dissuader. Elle a toujours vécu en France et la Russie ou l’URSS ne représentent rien pour elle. Mais à 19 ans, elle est toujours mineur et doit obéissance à son père. Elle a finalement prévu de les accompagner jusqu’à destination puis dès que la famille sera installée de repartir en France retrouver son fiancé. Dès le début du livre, on comprend que son voyage n’aura pas de retour…
Ce livre se lit comme un suspens, le lecteur est happé par cette aventure incroyable. L’auteur s’est vraiment bien documenté pour raconter l’histoire de Marina et sa famille, s’inspirant d’une histoire vraie.

Extrait : (début du livre) 
Simferopol, Ukraine, 2 décembre 1991.


Tous les postes de radios et de télévision du pays crachent, sans interruption, les résultats du vote. L'effervescence est palpable partout, dans la rue, dans les médias et même chez nous : le téléphone sonne sans cesse. Nous avons tous conscience de vivre un tournant historique majeur. Demain ne sera plus jamais comme hier : l'URSS est en train d'exploser, notre monde basculera vers l'inconnu. L'Ukraine est devenue libre et indépendante, l'univers soviétique, que j'avais crû immuable à jamais, auquel j'avais tant peiné à m'adapter, est en voie de disparition.
Cette atmosphère de renversement de l'ordre du monde m'a rappelé l'époque de ma jeunesse quand, pareillement à aujourd'hui, mon univers avait basculé. C'était en 1947 et j'avais dix-neuf ans. Un interminable trajet en train, de Nice vers l'Union soviétique, nous avait emportés, ma famille et moi, vers une autre planète. J'avais alors noté mes impressions et le déroulement des péripéties du voyage dans un cahier d'écolier, à couverture verte. Il existe toujours, enfoui - j'allais dire inhumé - depuis des décennies dans une vieille valise à la cave, en compagnie d'autres traces fossilisées d'un passé lointain. Une envie irrésistible m'a poussée à aller le chercher.
Ma main tremblait un peu lorsque j'ai ouvert le cahier au hasard. L'encre bleue a à peine pâli. J'ai reconnu l'écriture fine et si aisée du stylo Waterman à plume d'or que m'avait offert Marc pour mes dix-huit ans. «À Strasbourg un petit courant d'air froid...» Un peu plus loin : «Nous mangeons dans les gamelles en fer-blanc de l'armée allemande...»
J'ai repris au tout début pour me plonger dans cet espace-temps étrange que fut le voyage vers l'URSS, sorte de sas entre deux mondes étanches. Le silence de l'oubli a volé en éclats. La violence de ce que j'avais vécu m'est revenue, tel un boomerang, en plein coeur.

 

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08 septembre 2017

Les bottes suédoises - Hennig Mankell

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Le Seuil - août 2016 - 368 pages

Point - juin 2017 - 384 pages

traduit du suédois par Anna Gibson

Titre original : Svenska gummistövlar, 2015

Quatrième de couverture :
Fredrik Welin, médecin à la retraite, vit reclus sur son île de la Baltique. Une nuit, une lumière aveuglante le tire du sommeil. Au matin, la maison héritée de ses grands-parents n'est plus qu'une ruine fumante.

Réfugié dans la vieille caravane de son jardin, il s'interroge : à soixante-dix ans, seul, dépossédé de tout, a-t-il encore une raison de vivre ?
Mais c'est compter sans les révélations de sa fille Louise et, surtout, l'apparition d'une femme, Lisa Modin, journaliste de la presse locale.
Tandis que l'hiver prend possession de l'archipel, tout va basculer de façon insensible jusqu'à l'inimaginable dénouement.

Après l'immense succès des Chaussures italiennes, auquel il fait suite, Les Bottes suédoises brosse le portrait en clair-obscur d'un homme tenaillé par le doute, le regret, la peur face à l'ombre grandissante de la mort ; mais aussi la soif d'amour et le désir, d'un être amené par les circonstances à revisiter son destin et à reprendre goût à la vie.
Tel est l'ultime roman de Henning Mankell : une œuvre d'une sobriété élégiaque et poignante, traversée et portée par la beauté crépusculaire des paysages.

Auteur : Né en Suède en 1948, Henning Mankell est considéré comme l'un des maîtres incontestés du roman policier suédois grâce à la série des Wallander, traduite en 35 langues et pour laquelle l’Académie suédoise lui a décerné le Grand Prix de littérature policière. Lauréat de nombreux prix littéraires dont le prix Mystère de la Critique, le prix Calibre 38, et le Trophée 813, il est l'auteur de romans sur l'Afrique ou des questions de société, de pièces de théâtre et d’ouvrages pour la jeunesse. Il partage aujourd'hui sa vie entre la Suède et le Mozambique.

 

Mon avis : (lu en juillet 2017)
En avant propos de ce livre l'auteur précise : "Le présent récit est la suite indépendante du roman Les Chaussures italiennes". Cela veut dire que l'on peut lire cette histoire même si on n'a pas lu Les Chaussures italiennes, mais à mon avis c'est un plus de l'avoir lu.

Dans cette histoire, nous retrouvons Fredrik Welin, le chirurgien orthopédiste, qui vit toujours seul sur son île quatre ans après l’épisode des Chaussures italiennes. Il vient de se réveiller brutalement dans l’incendie de sa maison et il a réussi à sortir indemne chaussé de deux bottes gauches, en pyjama avec une veste imperméable. Même si ses voisins arrivent rapidement pour tenter d’éteindre l’incendie, c’est peine perdue… Il n’a plus de toit, il se réfugie donc dans la vieille caravane que sa fille Louise avait laissé sur l’île et c’est l’occasion de recontacter Louise dont il n’avait plus de nouvelles. Sa fille va venir lui rendre visite et se sera l’occasion pour le père et la fille de mieux se connaître. Dès le lendemain de l’incendie, une enquête criminelle est lancée et Fredrik comprend rapidement qu’il est le premier sur la liste des suspects… Il va faire la connaissance de Lisa, une jeune journaliste venue faire un reportage sur l’incendie et avec qui il souhaiterait continuer à échanger. Il y a également son voisin, l’ex-facteur hypocondriaque, toujours prêt à rendre service. J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisirs tous les personnages de Les Chaussures italiennes, Fredrik est vieil homme attachant, à l’automne de sa vie. Il est tourmenté par la mort mais il est également toujours animé par le désir de l'amour.
Les paysages
sont toujours magnifiques, la mer, la tempête, le froid, la pluie, la neige et l'île font partis du charme de cette dernière histoire d’Hennig Mankell.

Extrait : (début du livre)
Ma maison a brûlé par une nuit d’automne. C’était un dimanche. Le vent s’était levé dans l’après-midi et, le soir, l’anémomètre indiquait des rafales à plus de 70 km/h.
Un vent du nord, très froid pour la saison. En allant me coucher vers vingt-deux heures trente, j’ai pensé : Voici la première tempête de l’année.
Bientôt l’hiver. Une nuit, la glace commencerait son lent travail jusqu’à recouvrir entièrement la mer autour de mon île.
J’avais mis des chaussettes aux pieds en me couchant le soir. Le froid prenait ses quartiers.
Un mois auparavant, j’avais réparé tant bien que mal le toit de la maison. Un gros travail pour un seul homme, beaucoup de tuiles abîmées qu’il fallait desceller, enlever, remplacer. Mes mains, autrefois habituées aux interventions chirurgicales complexes, n’étaient pas faites pour cela.
Ture Jansson, l’ancien facteur de l’archipel, désormais à la retraite, a bien voulu aller chercher les nouvelles tuiles au port et me les apporter. Il a refusé que je le paie. Vu que je le soigne gratuitement depuis toujours sur le banc de mon ponton, il s’est peut-être dit qu’il me devait un service.
Pendant des années, je l’ai examiné pour une quantité innombrable de maux imaginaires. J’ai palpé son dos et ses bras, je suis allé chercher le stéthoscope que je garde suspendu à un crochet dans la remise, j’ai ausculté son cœur et ses poumons. Jamais, au cours de ma carrière de médecin, je n’ai rencontré quelqu’un qui soit tenaillé par une telle peur de la maladie alors qu’il se porte comme un charme. Jansson est un hypocondriaque professionnel. Pratiquement son deuxième métier.
Une fois, il s’est plaint d’avoir mal aux dents. Ce jour-là je l’ai envoyé paître. Je ne sais pas s’il est allé voir un dentiste. D’ailleurs, a-t-il jamais eu la moindre carie ? J’en doute. Peut-être s’était-il fait mal à force de grincer des dents dans son sommeil ?
La nuit de l’incendie, j’avais pris un somnifère comme d’habitude et je m’étais endormi rapidement.
J’ai été réveillé par la sensation que de puissants projecteurs s’allumaient tous à la fois, qui m’ont aveuglé lorsque j’ai ouvert les yeux. Puis j’ai vu une épaisse couche de fumée grise. Je me suis jeté hors du lit, hors de la chambre, j’ai dévalé l’escalier. J’ai noté que l’horloge au mur indiquait minuit passé de dix-neuf minutes, et que j’étais pieds nus – j’avais dû me débarrasser des chaussettes dans mon sommeil, à cause de la chaleur. J’ai attrapé l’imperméable noir suspendu à côté de la porte, j’ai enfilé mes bottes en caoutchouc. La deuxième m’a donné du mal, mais j’ai quand même réussi à la mettre. Je me suis précipité dehors.

 Challenge Voisins Voisines 
voisins_voisines2017
Suède

 

Déjà lu du même auteur : 
tea_bag  Tea-Bag  les_chaussures_italiennes  Les chaussures italiennes

 

meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

 

l_homme_inquiet L'homme inquiet le_retour_du_professeur_points Le Retour du professeur de danse

 

la_lionne_blanche_p La lionne blanche  profondeurs_p Profondeurs le_chinois Le Chinois

 

l_homme_qui_souriait_p L’homme qui souriait le_guerrier_solitaire_p Le guerrier solitaire 

 

la_faille_souterraine La faille souterraine et autres enquêtes la_cinqui_me_femme La cinquième femme

 

les_morts_de_la_st_jean_point Les morts de la Saint-Jean 2013-12-30_081744 Les chaussures italiennes 

la muraille invisible_cd La muraille invisible

 

 

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06 septembre 2017

Paul à la pêche - Michel Rabagliati

71nKTU+vqxL Editions de la Pastèque - octobre 2006 - 199 pages

Quatrième de couverture :
Paul et Lucie sont désormais installés à Montréal où la vie se poursuit sans heurts. L'été venu, ils tentent un séjour dans un village au bord d'un lac aménagé pour les pêcheurs. La pêche ne les passionne pourtant guère. Mais leur principal souci est ailleurs : leur premier enfant si ardemment souhaité tarde à venir...

Auteur : Michel Rabagliati est né en 1961 à Montréal où il a grandi dans le quartier Rosemont. Après s'être intéressé un moment à la typographie, il étudie en graphisme et il travaille à son compte dans ce domaine à partir de 1981. Puis, il se lance sérieusement dans l'illustration publicitaire à partir de 1988.
Depuis 1998, ses bandes dessinées révolutionnent le 9e art québécois. En 2007, l'auteur s'est vu décerner une Mention spéciale pour l'ensemble de son oeuvre par le Prix des libraires du Québec, et Paul à Québec a remporté plus de 7 prix, dont le Prix du public au Festival international de Bande dessinée d'Angoulême en 2010.

Mon avis : (lu en juillet 2017)
C’est le dernier album de la série que je découvre, c’est en fait le cinquième de la série...
C’est l’été, Paul et Lucie partent en vacances dans un chalet près d'un lac. Ils y retrouvent Monique, la sœur de Lucie, Clément, son mari et leurs deux petites filles. C’est l’occasion, pour le lecteur, de connaître un peu mieux la famille de Lucie et pour Paul de découvrir grâce à Clément le monde de la pêche et des pêcheurs québécois.
Lucie est enceinte et avec Paul, ils se réjouissent d’être prochainement parents… Malheureusement, Lucie perd son bébé et cet album, qui avait commencé sur des épisodes légers et anecdotiques de la vie de Paul et Lucie, aborde un sujet plus douloureux sur les difficultés d’un couple à avoir un bébé. C'est un album plein de tendresse, d’humanité et de pudeur, j’ai toujours beaucoup de plaisir à découvrir les québécois à travers les épisodes de la vie de Paul et les siens.

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

107640216 Paul en appartement paul au parc Paul au parc

109131365 Paul dans le Nord 110034991 Paul à Québec 

paul à la campagne Paul à la campagne 110765699 Paul dans le métro 

paul02 Paul a un travail d'été 

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02 septembre 2017

Et si je repartais en vacances…

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Après l’installation de notre étudiant « breton »,
une nouvelle semaine de vacances au bord de la mer !

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31 août 2017

Le prétendant - Hanne-Vibeke Holst

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Héloïse d'Ormesson - octobre 2015 - 717 pages

Pocket - avril 2017 - 752 pages

traduit du danois par Caroline Berg

Titre original : Kongemordet, 2005

Quatrième de couverture :
Danemark, novembre 2001. À la suite de l'écrasante défaite du gouvernement aux élections, Gert Jacobsen, ancien ministre, brigue la tête du parti et se lance dans une ambitieuse course à la popularité pour s'attirer les suffrages. Toutefois, derrière l'excellence de son parcours, cet assoiffé du pouvoir dissimule un secret et une part d'ombre. Sa femme, Linda, ne cesse d'en faire les frais. Quand les accès de violence du " prétendant " dépassent la sphère intime, sa campagne est mise en péril. 
Sait-on vraiment qui nous gouverne ? 
Jusqu'où la vie privée des politiques doit-elle être protégée ? 

Auteur : Hanne-Vibeke Holst, née en 1959 à Hjørring, est une auteur danoise. Avant de se consacrer à l'écriture, elle a longtemps été journaliste politique et s'est également illustrée par son engagement pour la cause des femmes. Elle siège aujourd'hui comme membre de la Commission danoise de l'Unesco. Véritables best-sellers au Danemark, ses romans ont été traduits en plusieurs langues, dont l'allemand, le néerlandais et le suédois. L'Héritière (2014) et Le Prétendant (2015) ont été publiés en France aux Éditions Héloïse d'Ormesson. Hanne-Vibeke Holst a reçu plusieurs prix littéraires, notamment le Søren Gyldendal en 2003 et le Laurel d'Or, prix annuel des libraires danois, en 2008. 

Mon avis : (lu en juillet 2017)
C'est la suite du roman politique "L'Héritière". Après la défaite écrasante du parti social démocrate, Per Vittrup perd son poste de Premier ministre et rendu responsable de l'échec des élections par quelques uns du parti. Son rival, Gert Jacobsen, ex-ministre des finances, a très envie de prendre sa place à la tête du parti... Charlotte Damgaard, restée fidèle à Per Vittrup, est toujours aussi populaire. Elle est moins présente dans cet épisode dont le personnage principal est Gert Jacobsen. Ce dernier a quelques secrets à cacher, en particulier le harcèlement et la violence qu'il pratique contre son épouse... Il a également la mauvaise habitude de draguer les jolies jeunes femmes qu'il côtoit... Cela pourrait lui causer du tort...
Dans ce livre, Hanne-Vibeke Holst aborde des sujets très variés comme la violence conjugale, l'intégration des immigrés, les relations avec la presse, les rivalités en politique...
C'est un roman est captivant, le lecteur se passionne pour ce suspens politique qui dévoile les dessous de la politique... Dès que possible, je me procurerai le troisième épisode de cette série !

Extrait : (début du livre)
Seuls quelques intimes, ceux qu’un futur ex-conseiller appelle la junte, sont présents dans le bureau du Premier ministre ce 20 novembre 2001, le soir des élections. Ils ne sont pas plus d’une poignée à partager le vin et la petite collation servie pour l’occasion. Le même futur ex-conseiller, le seul à faire honneur à l’excellent plat de poisson, comparera ce dernier repas à la cène, avec l’humour noir qui le caractérise. Il qualifiera l’ambiance dans le bureau du Premier ministre, où deux écrans de télévision sont allumés simultanément, l’un sur DR1, l’autre sur TV2, de surréaliste, dès le moment où les premières estimations anéantissent tout espoir pour le gouvernement de Per Vittrup de rester en place, comme l’avaient prédit les oracles. Avec son sens du détail, il décrira les narines frémissantes d’Elisabeth Meyer et la chevelure incendiaire de Gert Jacobsen, mais en premier lieu, il déplorera le refus presque autistique de la tête de file des sociaux-démocrates de s’exprimer sur cette débâcle. Moins de 30% des suffrages exprimés ! La gifle est si cuisante que le pessimiste le plus invétéré, en l’occurrence le conseiller lui-même, n’aurait jamais pu imaginer pire. Qu’attend-on d’un véritable leader dans une situation aussi dramatique ? Qu’il demande à ce qu’on le laisse seul, peut-être ? Qu’il sorte un revolver du tiroir de son bureau ou un sabre de son fourreau pour en finir avec l’existence ? Ou qu’il prenne dans sa poche un beau discours et se présente devant ses pairs pour assumer l’entière responsabilité de la défaite qui, contrairement à la victoire, est le plus souvent orpheline ? Toutes sortes de réactions sont admissibles, sauf la sienne, que le bientôt ex-conseiller comparera à celle d’une « poule qui continue à tourner en rond dans la basse-cour, refusant d’admettre qu’on vient de lui couper la tête». Quand le résultat final est annoncé, se souviendra le conseiller, c’est Elisabeth Meyer qui se révèle une fois de plus être le membre le plus viril du gouvernement. Elle est la seule à lui poser tout haut la question que tout le monde se pose tout bas : « Quel enseignement comptes-tu tirer de cette déculottée, Per ? – Pardon ? » dit le Premier ministre sortant, en même temps qu’il téléphone au président de l’antenne régionale de l’Ouest-Jutland pour savoir où ils en sont du comptage des suffrages personnels. Pour s’assurer qu’il est toujours dans le top cinq. Le futur ex-conseiller remarquera, tout en écrasant sa cigarette dans la carcasse dépouillée du poisson, que c’est à ce moment précis que Meyer et Jacobsen se détachent de lui, physiquement. Brusquement. Comme un couple qui se prend par la main pour sauter d’un train qui déraille.

 Challenge Voisins Voisines 
voisins_voisines2017
Danemark

Déjà lu du même auteur :

51frwe-dTzL L'Héritière

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29 août 2017

La chambre des époux - Eric Reinhardt

Lu en partenariat avec Babelio et Gallimard

A19720 Gallimard - août 2017 - 176 pages

Quatrième de couverture :
Nicolas, une quarantaine d’années, est compositeur de musique. Un jour, sa femme Mathilde apprend qu’elle est atteinte d’un grave cancer du sein qui nécessite une intense chimiothérapie. Alors que Nicolas s’apprête à laisser son travail en plan pour s’occuper d’elle, Mathilde l’exhorte à terminer la symphonie qu’il a commencée. Elle lui dit qu’elle a besoin d’inscrire ses forces dans un combat conjoint. Nicolas, transfiguré par cet enjeu vital, joue chaque soir à Mathilde, au piano, dans leur chambre à coucher, la chambre des époux, la symphonie qu’il écrit pour l’aider à guérir. 

S’inspirant de ce qu’il a lui-même vécu avec son épouse pendant qu’il écrivait son roman Cendrillon voilà dix ans, Éric Reinhardt livre ici une saisissante méditation sur la puissance de la beauté, de l’art et de l'amour, qui peuvent littéralement sauver des vies.

Auteur : Né en 1965, Eric Reinhardt est l'auteur de six romans, parmi lesquels Cendrillon (2007), Le système Victoria (2011) et L'amour et les forêts (2014), qui lui a valu le prix Renaudot des lycéens 2014, le prix Roman France Télévisions 2014 et le prix Roman des étudiants France Culture - Télérama 2015.

Mon avis : (lu en août 2017)
C'est la première fois que je lisais cet auteur. J'ai été touché par le premier chapitre où l'auteur raconte comment, en couple, il a lutté sa femme, Margot, et lui contre le cancer de celle-ci. Ils avaient passé un marché, lui terminait d'écrire son livre en cours en quelques mois pendant qu'elle suivait ses chimios pour se soigner. Et chaque soir, Eric lisait des extraits de son livre à son épouse et lui donnait également tout son amour pour la soutenir. Le livre est un succès et Margot est en rémission.
Ensuite, j'ai été déstabilisée par le tournant que prend le livre... Il vient de témoigner très joliment de tout l'amour qu'il a pour sa femme, et voilà qu'il raconte sa rencontre avec Marie à l'occasion d'un salon professionnel. Marie a survécu miraculeusement à un cancer du pancréas alors que les médecins ne lui donnaient que quelques semaines à vivre. En voyant Marie, le narrateur voit en elle la vie et il en tombe immédiatement amoureux... Etant un homme fidèle, malgré leur complicité réciproque durant la soirée, ils ne se passera rien de plus.
Le narrateur imagine écrire un livre à partir de cette rencontre, pour lui donner une suite... Eric devient Nicolas, compositeur, Margot  devient Mathilde et Marie reste Marie...
Pourquoi nous raconter deux fois la même histoire où presque ? Et surtout pour conclure qu'il n'écrira finalement pas le livre imaginé !
J'ai été également dérangée par l'abus de texte mis entre parenthèses... Il y a même parfois deux niveaux de parenthèses ! Cela a du sens pour une équation mathématique mais en littérature c'est incongru et cela complexifie la lecture.
Conclusion, le rendez-vous avec ce livre est manqué, je n'ai pas aimé cette mise en abyme...

Merci Babelio et Gallimard pour ce partenariat "Rentrée Littéraire 2017"

Extrait : (début du livre)
Son cancer lui a été annoncé, à la suite d’une mammographie effectuée à son initiative en raison d’une grosseur, en décembre 2006. Comme cette tumeur d’un peu plus de quarante millimètres n’avait pas été détectée six mois plus tôt par le même examen, les médecins ont émis l’hypothèse d’un cancer à évolution rapide, éventuellement inflammatoire. Le délai nécessaire à l’analyse
de la ponction a été ce que j’ai vécu de plus douloureux de toute mon existence.
Pendant ces quelques jours, pour échapper à l’angoisse de l’attente, j’allais me réfugier dans mon bureau, où j’écrivais les pages de Cendrillon consacrées à Margot. Le hasard avait voulu que j’en sois là de mon roman quand elle m’avait téléphoné pour m’annoncer qu’elle était malade. Ces mots d’amour qui sortaient du clavier comme des larmes, j’ai parfois frémi de les sentir comme une nécrologie, mais que faire d’autre ? Ces pages de Cendrillon sont pour moi comme le sortilège qu’éperdu j’ai lancé avec rage au visage du cancer.
Les examens ont révélé qu’il n’était pas inflammatoire mais à évolution rapide, stade 4. Il a été décidé d’un protocole en trois temps, huit cures de chimiothérapie à partir du 5 janvier, une opération début juillet pour extraire ce qui subsisterait de la tumeur, enfin pendant deux mois une séance de rayons quotidienne.
Quoi de plus banal qu’un cancer du sein ? Mais c’est rien, de nos jours, un cancer du sein ! Toutes les femmes ont un cancer du sein ! J’ai prononcé et entendu ces phrases un nombre incalculable de fois, lancées vers elle pour la tranquilliser. Mais personne, à l’hôpital, bien entendu, ne peut tenir ce genre de propos. Les cancérologues ne peuvent pas dire que le cancer du sein est anodin. Rien n’est dit, jamais, pour rassurer le malade. Quand celui-ci, affaibli, mendie un mot encourageant, il ne l’obtient jamais. Il doit vivre avec cette hypothèse que la chimio sera peut-être inefficace. J’ai vu réapparaître les symptômes de ces crises de panique que j’avais connus chez elle quand nous nous étions rencontrés. Je me suis dit que le pire n’était pas tant la maladie, dont s’occupaient désormais les médecins, que l’effroi, l’angoisse, une panique dévastatrice. J’avais peur qu’elle ne s’abandonne à son mal. Elle était déjà partie pour une croisière fatale dans les ténèbres. C’est contre ça, je l’ai compris, que nous devions lutter. Car cette croisière et le cancer dont elle ferait son océan nocturne pourraient fort bien nous engloutir.
Elle commençait à regretter que nous ayons fait un deuxième enfant. Pourquoi tu dis ça ? je l’interrogeais. Elle se mettait à pleurer. Il est trop petit… elle me répondait. Trop petit… mais trop petit pour quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ? L’idée que morte elle laisse derrière elle un enfant de quatre ans lui était insupportable. Elle se sentait coupable d’avoir donné naissance à un enfant qu’elle allait devoir abandonner. Pour moi la question n’était déjà plus là, qu’elle vive ou qu’elle meure, car je m’étais convaincu qu’elle n’était plus en danger. Tu ne vas pas mourir. Tu ne vas pas le laisser seul. Crois-moi. Tu vas vivre. Il va te voir vieillir ton enfant ! Je passais des heures à ses côtés à combattre ses démons mortifères.

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28 août 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [306]

93122062

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Billets publiés la semaine dernière ?

116575859  116673106 116659900

Un appartement à Paris - Guillaume Musso
Ça aussi, ça passera - Milena Busquets
Maman est en haut - Caroline Sers

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Par amour - Valérie Tong Cuong (partenariat  Audiolib)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Promesse - Jussi Adler Olsen (partenariat  Audiolib)
Le jour d'avant - Sorj Chalandon

Bonnes lectures et bonne semaine

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27 août 2017

Maman est en haut - Caroline Sers

41jrpLDQ6oL Buchet Chastel - octobre 2016 - 251 pages

Quatrième de couverture :
Cerise, la quarantaine bien entamée, vit seule avec ses deux enfants, supporte sa mère, a des élans hypocondriaques, se demande si elle ne devrait pas changer de boulot et, dans les moments extrêmes, ouvre une bouteille de vin blanc pour réfléchir. Un matin, lors du traditionnel appel téléphonique maternel, elle perd le fil de la conversation et n'écoute plus. Pourtant, quand Marie lui assène "J'ai eu raison, n'est-ce pas ?", prise de court, Cerise acquiesce. Le soir même, la gendarmerie l'informe que sa mère est en garde à vue, et refuse de lui en dire plus... Qu'a-t-elle pu faire encore ? Pendant les semaines qu'il lui faudra pour comprendre, Cerise va traverser quelques turbulences... Maman est en haut : perchée depuis des années ; en haut de l'arbre généalogique. Une position idéale pour lâcher quelques bombes !

Auteur : Caroline Sers vit entre Paris et le Gers. 

Mon avis : (lu en juillet 2017)
J'ai pris un peu au hasard ce livre à la Bibliothèque avant mon départ en vacances, encore un livre sur la relation mère-fille... C'est le hasard, la thématique de ce livre et celle du livre précédent est très proche... Ici la mère de la narratrice est vivante...
Cerise a la quarantaine, elle a deux enfants, Rose et Vladimir qu'elle élève seule depuis son divorce. Marie, sa mère, appelle au téléphone systématiquement sa fille tous les jours et cette dernière n'écoute plus que d'une oreille les maux de sa vieille mère...
Le soir même, Cerise reçoit un appel de la gendarmerie qui l'informe que Marie est en garde à vue, mais aucun détail supplémentaire ne lui est communiqué...
Cerise s'inquiète mais d'autres soucis la préoccupent, au travail une réorganisation est en cours, son ex-mari voudrait bien revenir avec elle, Rose, sa fille, est en pleine adolescence difficile... Elle tente de trouver du secours auprès de son frère Sébastien. Mais ce dernier a coupé toute relation avec leur mère...
J'attendais un livre léger et amusant. Je me suis ennuyée dans cette lecture qui explore les relations familiales... 

Extrait : (début du livre)
Procrastination. C’était le terme que Cerise cherchait la veille. Impossible de… – comment dit-on déjà? –, pas « remettre la main dessus », se le remémorer, voilà ! Et encore un mot qui lui échappait. C’était parce qu’elle ne dormait pas assez, sûrement. Ou parce qu’elle avait toujours dix fers au feu en même temps. De plus en plus souvent, un mot lui venait pour un autre, elle tordait les expressions, les mélangeant comme le font parfois les jeunes enfants – mais, à quarante-cinq ans, ce n’était plus du tout mignon. Elle faisait mine de s’en amuser, pourtant, surjouant volontiers, avec les copines, la mère débordée qui en perd son latin. Mais une inquiétude sourde l’habitait, tapie derrière les mille choses dont elle devait s’occuper chaque jour. Une petite graine sournoise qu’elle avait peur de nourrir en y pensant trop.
Procrastination. Alors que son temps était si précieux. Elle n’avait jamais « rien à faire » et elle gâchait les moments où, miraculeusement, personne ne comptait sur elle par des hésitations sans fin et des remises en question de décisions pourtant prises, la veille, avec toute la fermeté possible.
Depuis déjà cinquante minutes, elle triturait la page d’accueil du site qu’elle était en train de créer, changeant de modèle compulsivement sans être capable d’en préférer un. Peut-être devrait-elle imaginer un environnement graphique original, qu’elle élaborerait elle-même, plutôt que de se contenter de modèles proposés à la chaîne? Avoir un site vraiment personnel, au lieu de se contenter d’un visuel commun, banal, déjà utilisé par quelqu’un d’autre? Mais il lui faudrait alors apprendre à utiliser un logiciel de création de site, et se former au design graphique… L’idée de mettre encore un obstacle entre son idée et sa concrétisation la tenta pendant quelques minutes. Ah ! qu’il était bon de se dire : « Je le ferais bien, mais il faut d’abord que… » Elle tapa sur Google quelques mots-clefs pour se faire une idée de ce qui existait en termes de formation, puis cliqua sur un lien vers un article et se plongea dans la lecture d’une étude comparée de l’utilisation d’Internet selon les pays. Ça, ce n’était pas à proprement parler une perte de temps, si on y réfléchissait. Il fallait tout de même qu’elle comprenne le marché, qu’elle soit au fait de ce que désiraient les gens, là, dehors… Ces « gens » qu’elle voulait absolument convaincre d’aller voir son futur site.

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