20 mai 2016

Paul à la campagne - Michel Rabagliati

paul à la campagne La Pastèque - octobre 2002 - 60 pages

Quatrième de couverture : 
Paul à la campagne cache une œuvre semi-autobiographique pleine de sensibilité. L’album se compose de deux récits, placés sous le signe de la nostalgie de l’enfance. Paul à la campagne raconte une visite dans les Laurentides tandis que Paul apprenti-typographe pose un regard tendre sur l’affection entre un père et son fils.

Auteur : Michel Rabagliati est né en 1961 à Montréal où il a grandi dans le quartier Rosemont. Après s'être intéressé un moment à la typographie, il étudie en graphisme et il travaille à son compte dans ce domaine à partir de 1981. Puis, il se lance sérieusement dans l'illustration publicitaire à partir de 1988.
Depuis 1998, ses bandes dessinées révolutionnent le 9e art québécois. En 2007, l'auteur s'est vu décerner une Mention spéciale pour l'ensemble de son oeuvre par le Prix des libraires du Québec, et Paul à Québec a remporté plus de 7 prix, dont le Prix du public au Festival international de Bande dessinée d'Angoulême en 2010.

Mon avis : (lu en avril 2016)
C'est le premier tome de la série Paul. Il y a deux histoires : Paul à la campagne et Paul apprenti typographe.
Pour Paul à la campagne, devenu adulte, celui-ci retourne en vacances sur les lieux de son enfance, le chalet de son papa dans le nord du Québec, avec sa femme et sa fille Alice (dans les albums suivants de la série la fille de Paul s'appelle Rose...). Ce week-end sera le temps des souvenirs, des retrouvailles avec son père et de grandes découvertes pour sa fille... 
Tout jeune, Paul aimait être à l'arrière de la Oldsmobile ninety eight de son père et le regarder conduire. A 9 ans, il s'était pris de passion pour l'accordéon, mais la professeur aura raison de son enthousiasme... Il y avait les plongeons dans le lac Saint-Jean, les bibelots de tante Janette, la carabine à plomb, le copain Alain...
Dans Paul apprenti typographe, l'auteur évoque la relation entre Paul et son père, qui travaille comme typographe. C'est très intéressant, et cela a une valeur documentaire car ce métier : typographe des années 1970, a disparu aujourd'hui... Depuis, l'ordinateur a révolutionné ce métier.
C'est amusant de découvrir les premiers pas du dessinateur et ses personnages simplifiés en noir et blanc, il existe une édition de cette BD, datant de 2014, avec des planches en couleurs.
Cet épisode est très court par rapport aux albums suivant, mais je suis devenue une fan de Paul et j'ai bien apprécié également cette lecture.

Extrait : 

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9782922585018_paul a la campagne

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Déjà lu du même auteur :

107640216 Paul en appartement paul au parc Paul au parc

109131365 Paul dans le Nord 110034991 Paul à Québec

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17 mai 2016

Hors cadre - Stefan Ahnhem

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

hors cadre Albin Michel - mars 201 - 576 pages

traduit du suédois par Marina Heide

Titre original : Offer utan ansikte, 2014

Quatrième de couverture : 
Vingt anciens élèves de la même classe.
Deux assassinats violents.
Un tueur sans visage...
Près des corps sauvagement mutilés de deux victimes, une photo de leur classe de 3e sur laquelle leur visage a été raturé. Cette classe a aussi été celle de l'inspecteur Fabian Risk de la police de Helsingborg. Pour arrêter la spirale infernale et éviter d'être la prochaine cible, il s'enfonce dans les méandres de son propre passé. Au risque de s'y perdre.
Best-seller partout où il est publié, ce roman troublant et cruel qui interroge la violence de la société, impose Stefan Ahnhem comme un des auteurs de thrillers scandinaves les plus prometteurs.

Auteur : Stefan Ahnhem vit à Stockholm, sa ville natale, où il mène depuis vingt ans une brillante carrière de scénariste pour la télévision comme pour le cinéma. Il est notamment connu pour ses adaptations de romans policiers dans le cadre de séries télévisées très populaires en Suède comme Wallander et Irene Huss. Hors cadre est son premier roman, dont l'adaptation en série TV est déjà en préparation.

Mon avis : (lu en mai 2016)
L’inspecteur Fabian Risk revient s’installer avec sa famille dans la ville d’Helsingborg. Il connaît bien cette ville puisqu'il y a grandi et passé toute sa scolarité. Il a encore quelques semaines de vacances avant d'intégrer son nouveau poste et il compte en profiter avec sa femme et ses enfants. 
Mais voilà que deux corps affreusement mutilés sont retrouvés par la police de Helsingborg, les deux victimes ont un rapport avec le passé Fabian Risk. Ils faisaient tous les trois partie de la même classe de 3e... L’inspecteur Risk va devoir intégrer l'équipe d'enquêteurs et se replonger dans le passé et ses souvenirs pour arrêter un meurtrier que rien n'arrête...

J'ai bien apprécié ce roman policier suédois à l'intrigue assez classique, il est captivant, avec du rythme grâce à des chapitres courts.
Tout au long du roman policier, il y a des extraits du journal d'un adolescent, qui raconte le harcèlement dont il est victime à l'école. L'auteur introduit dans ses écrits une dimension psychologique non négligeable. Tout ceci donne au lecteur de multiples pistes, quelques rebondissements et un nouvel inspecteur à découvrir, solitaire et tourmenté mais efficace...

Merci Aurore et les éditions Albin Michel pour ce premier roman policier réussi.

Extrait : (début du livre)
Dans trois jours

Le corbeau se posa sur son ventre, écorchant sa peau nue du bout des griffes. Les premières fois que l’oiseau l’avait tiré de son sommeil, il avait réussi à lui faire peur et à le chasser. Mais l’animal ne se laissait plus effrayer, il lui marchait tranquillement dessus, toujours plus impatient, toujours plus affamé. Il allait se mettre à picorer sa chair, ce n’était plus qu’une question de temps. L’homme cria de toutes ses forces. Le corbeau finit par lâcher prise et battit des ailes en croassant.
Il avait d’abord cru qu’il était en plein cauchemar, qu’il n’aurait qu’à se réveiller pour que tout s’arrange. Mais quand il avait ouvert les paupières, il n’avait vu que du noir. On avait noué un bandeau sur ses yeux.
Au souffle doux du vent, il avait compris qu’il se trouvait dehors, allongé nu sur un sol dur et froid, les bras et les jambes tendus comme sur le dessin de Léonard de Vinci. Il ne savait rien de plus. Le reste n’était que questions. Qui l’avait mis là ? Et pourquoi ?
De nouveau, il essaya de se libérer, mais plus il tirait sur les cordons, plus il sentait les épines s’enfoncer dans ses chevilles et ses poignets. Une douleur qui lui rappelait ce qu’il avait ressenti lorsqu’à l’âge de neuf ans, il n’avait pas su expliquer au dentiste que l’anesthésie n’avait pas fonctionné.
Rien à faire contre ce supplice qui survenait une fois par jour et pouvait durer des heures, comme si on passait lentement une flamme de chalumeau sur son corps nu. Parfois, la douleur pouvait disparaître, pour ressurgir aussitôt. Ou se taire de longs moments.
Il estimait qu’une nouvelle heure venait de s’écouler. Il poussa un cri, de toutes ses forces. Mais dans l’écho lointain, les fréquences aiguës du désespoir s’obstinaient en vain à percer. Et il renonça. Personne ne pouvait l’entendre. À part le corbeau.
Il resongea à ce qui s’était passé. Combien de fois avait-il tout récapitulé ? Mais un détail éclairant lui avait peut-être échappé. Il était parti peu après 6 heures du matin, avec trois gros quarts d’heure d’avance. Comme toujours quand il faisait beau, il avait laissé sa voiture au garage. Il avait le temps, et traverser le parc prenait tout juste douze minutes.
Mais une fois dehors, l’angoisse l’avait envahi. Un sentiment si fort qu’il s’était immobilisé, balayant le quartier du regard. Il n’avait rien vu d’anormal. Juste le voisin qui s’évertuait à faire démarrer sa vieille Fiat Punto, et une femme qui passait à vélo. La cycliste avait de beaux cheveux blonds, une robe qui volait au vent et un panier décoré de marguerites en plastique. On aurait dit qu’elle passait là pour répandre un peu de joie autour d’elle.
Lui n’y était pas sensible. La peur au ventre, il s’était élancé d’un pas vif, traversant au rouge, ce qui ne lui arrivait jamais. Ce matin, tout était différent, son corps était tendu comme un ressort. Une fois dans le parc, ses doutes s’étaient transformés en certitude.

  Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Suède


 

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14 mai 2016

Coup de foudre...

Vendredi 13 soir, nous avons eu droit à un coup de foudre sur ou très près de la maison...

foudrev

Depuis, plus d'internet jusqu'à... (rdv avec le technicien seulement le 25/05...)

C'est la box qui n'a pas aimée la foudre...
(nous avions fait le diagnostique depuis longtemps,
mais seulement le technicien pouvait donner le feu vert pour l'échange de la box !)

Normalement, on devrait avoir la nouvelle vendredi... (15 jours après...)

Je vais en profiter pour avancer mes lectures, mes billets sont en attente !

 Edit du 28/05/2016 : Nous avons enfin retrouvé notre connexion internet !

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12 mai 2016

Plus haut que la mer - Francesca Melandri

Lu en partenariat avec Folio

plus haut que_p plus haut que la mer

Folio - mars 2016 - 224 pages

Gallimard - février 2015 - 208 pages

traduit de l'italien par Danièle Valin

Titre original : Più alto del mare, 2011

Prix de l'Union Interalliée 2016

Prix Jean Carrière 2015

Quatrième de couverture :
1979. Paolo et Luisa ne se connaissent pas. À bord du bateau qui les emmène sur l’Île où sont détenus leurs proches, chacun ressasse la tragédie dont il a été victime. Le fils de Paolo a été condamné pour des actes terroristes. Le mari de Luisa pour avoir tué deux hommes. Le mistral empêche les visiteurs de regagner la côte. Ils passent la nuit sur l’Île, surveillés par un agent, Pierfrancesco, avec qui une étrange complicité va naître. Un roman tout en subtilité sur ces infimes moments de grâce qui font basculer les vies.
Auteur : Scénariste pour le cinéma et la télévision, Francesca Melandri est également réalisatrice. Son documentaire l'erre (2010) a été présenté dans de nombreux festivals partout dans le monde. Eva dort, son premier roman, a été plébiscité par la critique et les lecteurs en Italie, où il a obtenu plusieurs reconnaissances importantes, dont le prix des Lectrices du magazine Elle, mais aussi en Allemagne, en France et aux Pays-Bas. Plus haut que la mer est son deuxième roman.

Mon avis : (lu en mai 2016)
Voilà un livre que je voulais lire depuis plus d'un an grâce à plusieurs avis de lectrices du Café Lecture de la Bibliothèque. Aussi, lorsque les éditions Folio m'ont proposé de recevoir ce livre, je n'ai pas hésité.
1979, Luisa et Paolo se rencontrent sur le bateau qui se rend sur l'Ile où se trouve une prison de haute sécurité. 
Luisa est venue rendre visite à son mari violent emprisonné pour deux meurtres. C'est la première fois qu'elle vient le voir dans cette prison, elle est éblouie par le spectacle de la mer qu'elle n'avais encore jamais vu.
Pour Paolo, ce n'est pas la première fois qu'il vient sur l'Ile voir son fils brigadiste rouge. La tempête se lève et impossible pour Luisa et Paolo de prendre le bateau pour quitter l'Ile. Ils vont devoir y passer une nuit. Ils sont sous la responsabilité de Nitti l'un des gardien de l'Ile. Tout les trois vont passer ensemble la soirée et la nuit et une vraie complicité va naître à ces trois personnes si différentes. Une parenthèse inoubliable dans la vie de chacun.
J'ai beaucoup aimé cette histoire touchante et simple, l'auteur décrit avec beaucoup de justesse les personnages, leurs préoccupations et l'Ile perdue en pleine mer, battue par la tempête. Un vrai coup de cœur !

Merci les éditions Folio pour cette très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
L’air épicé, ça non, ils ne s’y attendaient pas.
Ils avaient toujours pensé qu’ils arriveraient la nuit et d’ailleurs, quand on vint les prendre dans toutes les prisons d’Italie, le ciel était noir comme une carie. On les amena en Chinook, ta-ta, ta-ta, ta-ta, comme s’ils venaient tout droit du Vietnam et non de Praia a Mare ou de Viterbe. Des militaires hurlaient et des types blonds et rasés, muets comme des pierres, contrôlaient le déroulement de la manœuvre. Ils apprirent par la suite que c’étaient des Américains. Et ils ne s’en étonnèrent même pas.
La peur de mourir était bien là, et pourtant en entrant dans le ventre de l’hélicoptère ils avaient tous levé les yeux vers le ciel. Il était noir de nouvelle lune. On avait veillé à ça aussi en montant l’opération : qu’une mer claire ne révèle pas d’en haut les contours de la côte. Mais les agents secrets de l’impérialisme et du capitalisme n’avaient pas réussi à éteindre les étoiles qui étaient donc là, palpitantes et précises. Certains d’entre eux ne les avaient pas vues depuis des mois, d’autres depuis des années. Qui sait s’ils les reverraient un jour.
Ils avaient décollé depuis un moment lorsqu’un soldat en tenue de camouflage s’adressa à eux l’air jovial : « Maintenant on va ouvrir la trappe et on va vous apprendre à voler. » Comme s’il voulait donner raison à tous ceux qui disaient ces années-là : désormais, l’Italie c’est l’Amérique du Sud. Et puis ils ne jetèrent personne.
À l’arrivée, sur les quelques mètres qui séparaient l’hélicoptère du bâtiment blanc de la prison de haute sécurité, ils les rouèrent de coups de pied et de coups de bâton pour ne pas leur laisser le temps de comprendre où ils avaient débarqué. Mais là-dessus aussi ils avaient déjà leur petite idée. Depuis des semaines, le téléphone arabe carcéral signalait des va-et-vient d’ouvriers dans ce bâtiment bas au bout de l’Île, loin des petites prisons des détenus ordinaires, des bureaux de l’administration, de l’embarcadère, du village où vivaient les gardiens, de l’école et de l’église, et même du phare à l’écart sur son rocher – bref, loin de Dieu, des hommes et de tout. De plus, il y avait déjà un moment que l’information avait filtré jusqu’aux oreilles de certains parlementaires, ceux qui depuis des mois dormaient chaque nuit dans un endroit différent avec leur portefeuille et leur passeport toujours prêts sur la table de nuit : en cas de coup d’État militaire, c’est là qu’aurait lieu la déportation, ou plutôt la concentration des principaux opposants.

  Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Italie

 

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11 mai 2016

Masse Critique Babelio

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Rendez-vous le mercredi 11 mai 2016

à partir de 7h00

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10 mai 2016

Vous n'aurez pas ma haine - Antoine Leiris

vous n'aurez pas ma haine Fayard - mars 2016 - 144 pages

Quatrième de couverture :
Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n’a qu’une arme : sa plume.

À l’image de la lueur d’espoir et de douceur que fut sa lettre « Vous n’aurez pas ma haine », publiée au lendemain des attentats, il nous raconte ici comment,
malgré tout, la vie doit continuer.
C’est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu’il nous offre. Un témoignage bouleversant.

Auteur : Ancien chroniqueur culturel à France Info et France Bleu, Antoine Leiris est journaliste. Vous n’aurez pas ma haine est son premier livre.

Mon avis : (lu en avril 2016)
Voilà un témoignage bouleversant que j'ai lu d'une traite, souvent les larmes aux yeux. 
Cela à commencé par un texte « Vous n'aurez pas ma haine » : des mots postés sur les réseaux sociaux par Antoine Leiris après la mort de son épouse dans l'attaque du Bataclan. Il se retrouve seul avec Melvil, son fils de 17 mois. Dans ce texte, tout à son immense chagrin d'avoir perdu l'amour de sa vie, sa femme et la maman de Melvil, il préfère garder tout son esprit à son chagrin et à son fils plutôt qu'à la colère. Ce message 
plein de pudeur et de retenue avait ému la France. Il est devenu un livre sincère et poignant.
Pour ne pas sombrer dans le chagrin, lorsqu'il ne s'occupait pas de son fils, Antoine s'est mis à écrire. Dans ce livre, il raconte les 12 jours après le 13 novembre. Des jours où tout s'effondre mais où il faut qu'il reste fort pour Melvil. Il faut lui annoncer que sa maman ne reviendra pas, le consoler, le nourrir, jouer avec lui... lui parler de sa maman, faire à deux ce qu'ils avaient l'habitude de faire à trois...

Ce texte est beau, extrêmement touchant. C'est un hymne d'amour d'un homme à sa femme tragiquement disparue, un hymne d'amour d'un père à son fils pour qui la vie continue.
Une leçon de courage et d'humanité à découvrir sans hésiter ! 

Extrait : (page 63)
Vendredi soir, vous avez volé la vie d'un être d'exception, l'amour de ma vie, la mère de mon fils, mais vous n'aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a faits à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son coeur.
Alors, non, je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l'avez bien cherché pourtant, mais répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j'aie peur, que je regarde mes concitoyens avec un oeil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.
Je l'ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d'attente. Elle était aussi belle que lorsqu'elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j'en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de douze ans. Bien sûr, je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu'elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n'aurez jamais accès.
Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus forts que toutes les armées du monde. Je n'ai d'ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a dix-sept mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l'affront d'être heureux et libre. Car non, vous n'aurez pas sa haine non plus.

 

 

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09 mai 2016

C'est lundi, que lisez-vous ? [260]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu'est-ce que j'ai lu la semaine dernière ? 

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Un bon garçon - Paul McVeigh 
L'assassin qui rêvait d'une place au paradis - Jonas Jonasson

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Plus haut que la mer - Francesca Melandri (partenariat Folio)
Boussole - Mathias Enard (Prix Audiolib 2016)

Que lirai-je la semaine prochaine ?

À l'orée du verger - Tracy Chevalier (partenariat)
Snjór - Ragnar Jónasson (partenariat La Martinière)
Les Secrets de l'Ile - Viveca Stern (partenariat Albin Michel)

Bonne semaine et bonnes lectures !

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06 mai 2016

L'assassin qui rêvait d'une place au paradis - Jonas Jonasson

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Audiolib - avril 2016 - 8h25 - Lu par Féodor Atkine

Presse de la Cité - février 2016 - 480 pages

Quatrième de couverture : 
Après trente ans de prison, Johan Andersson, alias Dédé le Meurtrier, est enfin libre. Mais ses vieux démons le rattrapent vite : il s’associe à Per Persson, réceptionniste sans le sou, et à Johanna Kjellander, pasteur défroqué, pour monter une agence de châtiments corporels. Des criminels ont besoin d’un homme de main ? Dédé accourt ! Per et Johanna, eux, amassent les billets.
Alors, le jour où Dédé découvre la Bible et renonce à la violence, ses deux acolytes décident de prendre les choses en main et de le détourner du droit chemin…
Après son vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, son analphabète qui savait compter, c’est à un malfrat repenti que Jonas Jonasson donne une seconde chance.

Auteur : Né en Suède en 1961, Jonas Jonasson, ancien journaliste et consultant pour les médias, est l’auteur du Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, son premier roman, qui a connu un immense succès dans la trentaine de pays où il a été publié. Après L’Analphabète qui savait compterL’assassin qui rêvait d’une place au paradis est son troisième livre.

Lecteur : Comédien talentueux, à la carrière exemplaire et au parcours surprenant, Féodor Atkine a tourné avec Woody Allen, Oliver Stone, Raoul Ruiz, Gabriel Aghion, et tant d’autres encore. Théâtre, films et doublages se succèdent ; Féodor Atkine est notamment la voix de Dr House. Ce lecteur passionné a obtenu en 2014 le Coup de cœur de l’Académie Charles Cros pour sa lecture du Quatrième mur. Il a aussi enregistré pour Audiolib, entre autres, Un long chemin vers la liberté de Nelson Mandela, Le Vieux qui lisait des romans d'amour de Luis Sepúlveda, ou Faillir être flingué de Céline Minard. 

Mon avis : (écouté en avril 2016)
J'avais plutôt bien aimé le premier livre de Jonas Jonasson Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire , donc j'attaquais cette lecture avec un a priori positif. J'ai été déçu.
Johan Andersson, dit Dédé le meurtrier, va faire la rencontre de Per Persson, réceptionniste d'un hôtel miteux dont la famille a été ruinée, et croiser sur la route de Johanna Kjellander, un pasteur défroquée. Tous les trois vont très vite s'associer pour monter une affaire une société « de Châtiments Corporels » aussi dangereuse que lucrative... Dédé casse des bras ou des jambes contre de grosses sommes d'argent. Tout se passe à merveille jusqu’au jour où Dédé découvre Dieu et décide de changer pour gagner sa place au Paradis... L’intrigue semblait originale et les personnages plutôt haut en couleurs, mais au fil des pages l'ennui gagne le lecteur, les rebondissements sont prévisibles, l'humour noir plombe l'histoire et l'intrigue tourne en rond... Voilà une lecture que j'oublierai vite !
La mécanique ne fonctionne pas comme dans son premier livre, ce style loufoque et décalé que Jonas Jonasson a emprunté à Arto Paasilinna n'est pas à la hauteur de son modèle...
Dommage pour le lecteur de ce livre audio qui est toujours très bon, mais cela ne suffit pas pour faire un bon livre...

Extrait : (début du livre)
Le jeune homme dont la vie serait bientôt remplie de mort, de violence, de voleurs et de bandits rêvassait derrière le comptoir d’un des hôtels les plus tristes de Suède.

Unique petit-fils de Henrik Bergman, défunt marchand de chevaux, il attribuait tous ses malheurs à son grand-père, qui avait été, dans son domaine, le numéro un de la Suède méridionale : chaque année, il ne vendait jamais moins de sept mille bêtes, toutes de premier choix.
Hélas, à partir de 1955, les paysans – ces traîtres – commencèrent à délaisser les bêtes au profit des tracteurs, et ce à une allure que l’aïeul refusa de présager. Les sept mille transactions devinrent sept cents, qui devinrent soixante-dix, qui devinrent sept. En cinq ans, les millions de la famille s’envolèrent en un nuage de diesel. Le père du petit-fils pas encore né essaya de sauver ce qui pouvait l’être. En 1960, profitant des rumeurs qui allaient bon train, il alla prêcher les répercussions de la mécanique auprès des paysans de la région. Dans le sillage des théories selon lesquelles une projection de carburant décuplait les forces – or, ces hommes en recevaient souvent ! –, le père évoqua des études qui démontraient que le diesel pouvait entraîner la stérilité masculine.
Il n’aurait pas dû. Primo, c’était faux. Et secundo, les paysans, accablés par la voracité de leur abondante progéniture, mais toujours libidineux, trouvèrent cela merveilleux. Se procurer des préservatifs était embarrassant, ce qui n’était pas le cas pour un Massey Ferguson ou un John Deere. 
Le grand-père mourut indigent, d’une ruade de son dernier animal. Son fils, abattu et sans cheval, remonta en selle en suivant une nouvelle formation. 
Quelque temps plus tard, il obtint un emploi chez Facit AB, une des premières entreprises mondiales de production de machines à écrire et à calculer. Une deuxième fois, il fut broyé par le progrès, car soudain, la calculatrice électronique débarqua sur le marché. À la différence des produits Facit, de la taille d’une brique, la variante japonaise tenait dans la poche intérieure d’une veste.
Les machines du groupe Facit ne rétrécirent pas (du moins pas assez vite), contrairement à la firme qui finit par se ratatiner tout à fait.
Le fils du marchand de chevaux se vit signifier son congé. Pour oublier qu’il avait été floué à deux reprises par la vie, il se mit à la boisson. Sans emploi, aigri, jamais douché et toujours ivre, il perdit vite tout son charme aux yeux de son épouse, de vingt ans sa cadette, qui tint le coup un moment.

Déjà lu du même auteur :

le_vieux_qui_ne_voulait_pas_feter_son_anniversaire Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

  Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Suède

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04 mai 2016

Un bon garçon - Paul McVeigh

Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey

un bon garçon Philippe Rey - mars 2016 - 255 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Florence Lévy-Paoloni

Titre original : The Good Soon, 2015

Quatrième de couverture :
Irlande du Nord, fin des années 80, en plein conflit entre catholiques et protestants à Ardoyne, quartier difficile de Belfast. Mickey, le narrateur, vit sa dernière journée à l'école primaire avant les vacances d'été. Bon élève, il se réjouit d'avoir été admis dans une Grammar school - collège " d'élite " -, et d'échapper ainsi à ses condisciples actuels. Mais, lors d'un surréaliste rendez- vous chez le directeur, il apprend que son père a dépensé l'argent censé payer sa scolarité. Ce sera donc St. Gabriel, le collège de base fréquenté par son grand frère et tous les gamins du coin. Le petit chien offert par ses parents ne suffit évidemment pas à faire oublier le goût âpre de ces vacances qui commencent, et Mickey décompte avec angoisse le nombre de semaines le séparant de la rentrée. Rêveur, il passe son temps à inventer des histoires et à imaginer ce que serait sa vie en Amérique. Il adore sa mère et sa petite soeur, mais redoute son père alcoolique et sa brute de grand frère qui, comme tous les garçons du quartier, n'aime rien tant que le tourmenter. Parce que, tous s'accordent à le dire, Mickey est " différent " : enfant doué et sensible pour la plupart des adultes, " petit pédé " qui joue avec les filles pour les autres... L'IRA, les bombes, les émeutes, les affrontements avec l'armée britanniques : Mickey évolue au milieu de ce climat troublé avec son innocence et ses rêves de gamin. Son chien est tué par une bombe, un soldat meurt devant ses yeux... Les " Troubles " viennent frapper à sa porte et Mickey réalise que pour protéger sa mère et sa soeur il va lui falloir franchir quelques lignes. Avec beaucoup de sensibilité, de tendresse et d'humour, Paul McVeigh réussit à nous faire partager le point de vue du petit Mickey. Et là est la grande force de ce roman : donner à nos yeux d'adultes ce regard d'enfant.

Auteur : Né à Belfast, Paul McVeigh a commencé sa carrière d'écrivain comme dramaturge avant de déménager à Londres, où il a écrit des comédies pour le théâtre, qui se sont jouées au Festival d'Edimbourg et à Londres. Directeur du London Short Story Festival, il est lui-même l'auteur de nouvelles, publiées dans des revues et des anthologies littéraires, et lues dans différents programmes à la radio. Il signe ici son premier roman.

Mon avis : (lu en avril 2016)
Mickey Donnelly a 10 ans, il vit à Belfast dans les années 80 pendant les "Troubles". Il est le narrateur de ce roman, il rend compte des conflits entre catholiques et protestants, de son quotidien dans une famille où son père est alcoolique et boit ou joue les économies familiales. 
C'est un garçon attachant, intelligent, il est différent des autres garçons de son quartier. Il préfère lire et étudier ou s'occuper de P'tite Maggie sa petite soeur que de se battre avec les autres garçons. Son grand frère, Paddy, est un dur qui n'est pas le dernier pour le tourmenter, le traiter de "fille" ou de "pédé"...
Le récit commence le dernier jour d'école, à l'automne Mickey ira au Collège. Il a réussi l'examen pour entrer dans une Grammar school et il se réjouie d'abandonner enfin tous les garçons de son école. Sa joie sera courte car il va apprendre que son père est parti avec l'argent destiné à ses études et qu'il faudra qu'il intègre finalement le Saint-Gabriel, le collège ordinaire. C'est donc avec une angoisse certaine qu'il va passer ses deux mois de vacances d'été...
J'ai beaucoup aimé ce livre et découvrir la vie, pas toujours facile, et les interrogations de Mickey sur son avenir dans ce quartier difficile de Belfast durant les conflits entre catholiques et protestants.

Merci les éditions Philippe Rey pour cette lecture poignante.

Extrait : (début du livre)
Je suis né le jour où les Troubles ont commencé.
« Pas vrai, M’man ?
– C’est toi qui les as déclenchés », répond-elle, et on rit tous sauf Paddy. Je mets ça sur le compte de ses boutons et parce qu’il est vraiment moche. Ça doit être dur d’être heureux avec une tête pareille. J’ai presque pitié de lui. Je repère un gros suçon dégueulasse sur son cou que je garde comme munition pour riposter aux attaques à venir.
Une note fleurie de désinfectant m’emplit les narines et vient se mêler au goût sucré des Frosties dans ma bouche quand M’man passe avec le seau en fer-blanc et la brosse. Elle ne nettoie la cour que lorsqu’il arrive quelque chose. C’est sans doute P’pa, comme d’habitude.
« Tu veux que je t’aide, M’man ? je demande.
– Non, fiston. » Elle disparaît derrière, sans même me regarder. Je m’inquiète pour elle à cause d’hier soir.
« Tu veux qu’je t’aide ? » répète Paddy d’une voix de fille. Lèche-cul.
« J’vais le dire à M’man.
– J’vais le dire à M’man… », fait Paddy en m’imitant.
Je jette un coup d’œil à P’tite Maggie, l’air de dire On le déteste, hein ? Elle me répond d’un regard qui signifie Et comment, c’est un gros cochon bien gras ! C’est un moine de Cave Hill qui m’a appris à lancer des regards. Je me suis entraîné comme un Chevalier Jedi, mais moi, mon sabre laser c’est mon visage. Je suis devenu Look Skywalker. Ma mission : défendre les faibles et les petits dans les familles contre la plaie que sont les grands frères. P’tite Maggie est ma disciple.
Pour tester son niveau en télépathie, je lui envoie : T’inquiète pas, il va se faire renverser par une bagnole, puis un camion va lui rouler dessus et ses yeux vont lui sortir de la tête. P’tite Maggie sourit. Elle a pigé. Je crois qu’en fait on est des jumeaux mais pas nés en même temps, une super expérience génétique en éprouvette de la CIA.
Paddy se lève et laisse son bol sale sur la table comme s’il était le roi Farouk.
« Le laisse pas à M’man, je dis.
– Le fifils à sa maman.
– Ta gueule. Au moins moi j’ai pas un gros suçon dégueulasse. »
P’tite Maggie rit et s’étouffe. Des Frosties jaillissent de sa bouche sur le pull de Paddy, exactement comme fait la fille dans L’Exorciste, que j’ai vu à la Maison des jeunes du pape Jean-Paul II.
« C’est ta faute, p’tit pédé ! » Paddy me tape sur la tête.
J’essaie de lui balancer un coup, mais mon tibia cogne contre le pied de la table.
Paddy rigole, essuie son pull. « Et paraît que t’es intelligent ? Grammar school ? Ben voyons.

– Je suis plus intelligent que toi, andouille. Au fait, ta copine, elle aime sucer les boutons sur ton cou ? »
Paddy me fonce dessus et m’agrippe par le pull pour me faire descendre de ma chaise.
« M’man ! je crie vers l’arrière-cour.
– Quoi ? » hurle M’man. La maison tremble comme quand des bombes explosent. Paddy me lâche. Personne, même pas Mohamed Ali, ne se frotterait à M’man.
« Rien », je réponds toujours en criant. Paddy attrape son blazer sur le dossier de la chaise et s’en va. Je hausse les sourcils et souris à P’tite Maggie. « À moi la victoire ! » Je ris comme le Comte dansSesame Street.
La belle table de M’man est sale. Je me précipite vers l’évier, mouille l’éponge et reviens en courant avant que M’man rentre et tue quelqu’un. Quelqu’un = moi. J’ai beau être le bon fils de la famille, c’est moi qui trinque si P’tite Maggie fait une bêtise, parce que c’est la plus jeune et que je m’occupe d’elle. Même si ma sœur me transformait en torche, c’est moi qui prendrais une raclée pour avoir laissé les allumettes à sa portée.

 Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Irlande du Nord

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02 mai 2016

C'est lundi, que lisez-vous ? [259]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu'est-ce que j'ai lu la semaine dernière ? 

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Zaï Zaï Zaï Zaï - Fabcaro 
Juliette à Amsterdam - Rose-Line Brasset

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Hors cadre - Stefan Ahnhem (partenariat Albin- Michel)

Que lirai-je la semaine prochaine ?

Plus haut que la mer - Francesca Melandri (partenariat Folio)
À l'orée du verger - Tracy Chevalier (partenariat)
Snjór - Ragnar Jónasson (partenariat La Martinière)

Bonne semaine et bonnes lectures !

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