23 novembre 2008

Syngué Sabour, pierre de patience - Atiq Rahimi

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P.O.L – août 2008 – 155 pages

Prix Goncourt 2008

Résumé : En persan, Syngué sabour est le nom d’une pierre noire magique, une pierre de patience, qui accueille la détresse de ceux qui se confient à elle. Certains, dans ce livre en tout cas, disent même que c’est elle qui est à La Mecque, et autour de quoi tournent les millions de pèlerins. Le jour où elle explosera d’avoir ainsi reçu trop de malheur, ce sera l’Apocalypse.
Mais ici, la Syngué sabour, c’est un homme allongé, comme décérébré après qu’une balle se soit logée dans sa nuque sans pour autant le tuer. Sa femme est auprès de lui. Elle lui en veut de l’avoir sacrifiée à la guerre, de n’avoir jamais résisté à l’appel des armes, d’avoir été un héros, et pour ce résultat : n’être plus à la suite d’une rixe banale qu’un légume. Pourtant elle le soigne, et elle lui parle. Elle lui parle même de plus en plus. Tandis que dans les rues les factions s’affrontent, tandis que des soldats pillent et tuent alentour, elle parle, elle dévide sa litanie sans jamais savoir si son mari l’entend et la comprend. Et c’est une extraordinaire confession sans retenue par quoi elle se libère de l’oppression conjugale, sociale, religieuse, allant jusqu’à révéler d’impensables secrets dans le contexte d’un pays semblable à l’Afghanistan. À la fin du livre cette Syngué sabour explosera...
Avec ce roman, directement écrit en français, Atiq Rahimi retrouve une forme de réalisme très proche de Terre et cendres avec une écriture qui, sèche et précise, sait aussi devenir par moments lyrique, emportée. Cependant, plus directement que dans ses précédents livres, et comme de l’intérieur, il décrit avec beaucoup d’audace, la réalité oppressante, au quotidien et plus précisément au quotidien féminin, d’une certaine conception de l’Islam.


L'auteur :
Atiq Rahimi est né en 1962 à Kaboul (Afghanistan), il vit et travaille aujourd'hui à Paris. Il a fait ses études au lycée franco-afghan Estiqlal de Kaboul puis à l'université (section littérature).
En 1984, il quitte l'Afghanistan pour le Pakistan à cause de la guerre, puis demande et obtient l'asile politique en France où il passe un doctorat de communication audiovisuelle à la Sorbonne. Il réalise des films documentaires et adapte en 2004 son roman Terre et cendres, qui, présenté à au festival de Cannes obtient le prix "Regard sur l'avenir".

Mon avis : 5/5 (lu le 20 novembre 2008)

C’est un très beau livre, qui se lit facilement même si le sujet est difficile.« Quelque part en Afghanistan ou ailleurs. » , on accompagne cette femme qui va se soulager de toutes ses pensées, de tous ses secrets auprès de son mari presque mort après avoir reçu une balle dans la tête. Au début, tout en s’occupant de lui et de ses 2 petites filles, elle prie toute la journée pour qu’il se réveille, puis elle lui parle sans savoir si son mari l’entend, et petit à petit elle se libère de l’oppression conjugale, religieuse et sociale… Elle revient sur les évènements de sa vie : enfant, jeune femme, mère de famille... On découvre la réalité difficile du quotidien des femmes afghanes. Autour d'elle, c'est la guerre.

L'écriture est superbe, facile à lire on imagine facilement ce qu'il se passe comme si on était devant un film. J'ai lu ce livre en un aller-retour en train (soit 2 fois 40 minutes de lecture).

Extrait (début du livre) :

« Quelque part en Afghanistan ou ailleurs.

La chambre est petite. Rectangulaire. Elle est étouffante malgré ses murs clairs, couleur cyan, et ses deux rideaux aux motifs d’oiseaux migrateurs figés dans leur élan sur un ciel jaune et bleu. Troués çà et là, ils laissent pénétrer les rayons du soleil pour finir sur les rayures éteintes d’un kilim. Au fond de la chambre, il y a un autre rideau. Vert. Sans motif aucun. Il cache une porte condamnée. Ou un débarras.

La chambre est vide. Vide de tout ornement. Sauf sur le mur qui sépare les deux fenêtres où on a accroché un petit kandjar et, au-dessus du kandjar, une photo, celle d’un homme moustachu. Il a peut-être trente ans. Cheveux bouclés. Visage carré, tenu entre parenthèses par deux favoris, taillés avec soin. Ses yeux noirs brillent. Ils sont petits, séparés par un nez en bec d'aigle. L'homme ne rit pas, cependant il a l'air de quelqu'un qui refrène son rire. Cela lui donne une mine étrange, celle d'un homme qui, de l'intérieur, se moque de celui qui le regarde. La photo est en noir et blanc, coloriée artisanalement avec des teintes fades.

Face à cette photo, au pied d'un mur, le même homme, plus âgé maintenant, est allongé sur un matelas rouge à même le sol. Il porte une barbe. Poivre et sel. Il a maigri. Trop. Il ne lui reste que la peau. Pâle. Pleine de rides. Son nez ressemble de plus en plus au bec d'un aigle. Il ne rit toujours pas. Et il a encore cet étrange air moqueur. Sa bouche est entrouverte. Ses yeux, encore plus petits, sont enfoncés dans leurs orbites. Son regard est accroché au plafond, parmi les poutres apparentes, noircies et pourrissantes.

Ses bras, inertes, sont étendus le long de son corps. Sous sa peau diaphane, ses veines comme des vers essoufflés s'entrelacent avec les os saillants de sa carcasse. Au poignet gauche, il porte une montre mécanique, et à l'annulaire une alliance en or. Dans le creux de son bras droit, un cathéter perfuse un liquide incolore provenant d'une poche en plastique suspendue au mur, juste au-dessus de sa tête. Le reste de son corps est couvert par une longue chemise bleue, brodée au col et aux manches. Ses jambes, raides comme deux piquets, sont enfouies sous un drap blanc, sale.

Oscillant au rythme de sa respiration, une main, celle d'une femme, est posée sur sa poitrine, au-dessus de son cœur. La femme est assise. Les jambes pliées et encastrées dans sa poitrine. La tête blottie entre les genoux. Ses cheveux noirs, très noirs, et longs, couvrent ses épaules ballantes, suivant le mouvement régulier de son bras.

Dans l'autre main, celle de gauche, elle tient un long chapelet noir. Elle l'égrène. Silencieusement. Lentement. A la même cadence que ses épaules. Ou à la même cadence que la respiration de l'homme. Son corps est enveloppé dans une robe longue. Pourpre. Ornée, au bout des manches, comme au bas de la robe, de quelques motifs discrets d'épis et fleurs de blé.

A portée de la main, ouvert à la page de garde et déposé sur un oreiller de velours, un livre, le Coran. »

Folio – mars 2010 – 137 pages

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Dans la ville des veuves intrépides - James Canon

Dans_la_ville_des_veuves_intr_pides Belfond - 5 mars 2008 - 379 pages

Traduit de l'américain par Robert Davreu.

4ème de couverture : Baroque, foisonnante, éblouissante de fantaisie, la chronique tragico-burlesque d'une bourgade perdue au fin fond de la Colombie. Un roman brillant, inventif, hilarant, par le fils spirituel de Garcia Márquez et de Vargas Llosa. Depuis ce jour où les guérilleros ont débarqué et réquisitionné tous les hommes du village, Mariquita tombe en ruine. Seules, livrées à elles-mêmes, les femmes ne savent plus à quel saint se vouer. Qu'à cela ne tienne. De ménagères soumises, d'épouses dociles, les femmes vont se transformer en leaders politiques de choc, instigatrices flamboyantes d'un nouvel ordre social. Ainsi, les très moustachues sœurs Morales décident de remédier à leur condition de célibataires frustrées en créant un bordel ambulant ; Francisca, la veuve d'un grippe-sou notoire, mène la grande vie après avoir découvert le magot de son mari. Et surtout, Mariquita peut compter sur la tenace Rosalba, la veuve du brigadier, auto-proclamée maire, et sur le padre Rafael, seul rescapé de la gent masculine, qui n'hésite pas à se porter volontaire pour assurer la procréation de la nouvelle génération...

Auteur : James Canon est né et a grandi en Colombie. Après des études de publicité à l'université Jorge Tadeo Lozano de Bogota, à vingt-cinq ans, il part étudier l'anglais à New York. Tout en prenant des cours à la New York University, il commence à écrire. Diplômé de l'université de Columbia, il a reçu le prix d'excellence Henfield dans la catégorie fiction. Ses nouvelles ont été publiées dans de nombreuses revues littéraires et dans des anthologies comme Bésame Mucho (Painted Leaf Press) et Virgins, Guérillas & Locas (Cleis Press). James Canon vit à New York. Dans la ville des veuves intrépides est son premier roman.

Mon avis : 3/5 (lu en octobre 2008)

Ce roman est vraiment loufoque et inattendu. Beaucoup d'imagination et d'humour pour décrire une vie utopique sans hommes et dénoncer les dévastations que font les guerres civils.

On voit la vie de ce village sans hommes (ou presque) qui petit à petit s'organise à travers des différents personnages « féminins » haut en couleurs. En parallèle, on assiste à de courtes scènes violentes et « masculines » entre militaires et guérilleros.

 

 

 

Extrait : Chapitre 1

Le jour où les hommes disparurent Mariquita, le 15 novembre 1992

LE JOUR OÙ LES HOMMES DISPARURENT commença comme un dimanche matin ordinaire à Mariquita: les coqs oublièrent d'annoncer l'aube, le sacristain ne se réveilla pas à temps, la cloche de l'église n'appela point les fidèles à assister à l'office des matines, et (comme chaque dimanche depuis les dix dernières années) une seule personne se montra à la messe de six heures : doña Victoria viuda de Morales, la veuve Morales. Celle-ci était habituée à cette routine, de même que le padre Rafael. Les toutes premières fois, cela avait été gênant pour eux deux : le petit prêtre presque invisible derrière la chaire, prononçant son homélie ; la veuve assise seule au premier rang, grande et bien en chair, complètement immobile, la tête couverte d'un voile noir qui lui descendait jusque sur les épaules. À la longue, ils décidèrent de se débarrasser de la cérémonie et prirent l'habitude de s'asseoir dans un coin à boire du café et à papoter. Le jour où les hommes disparurent, le padre Rafael se plaignit auprès de la veuve de la diminution sévère des revenus de la paroisse, et ils discutèrent des différentes façons de relancer la dîme payée par les fidèles. Après leur causette, ils convinrent de laisser tomber la confession, mais la veuve reçut néanmoins la communion. Ensuite, elle récita quelques prières avant de rentrer chez elle.

Par la fenêtre ouverte de son salon, la veuve Morales entendit les marchands ambulants essayer d'intéresser les 12 lève-tôt à leurs amuse-gueule : «¡ Morcillas !» «¡ Empanadas !» «¡ Chicharrones !» Elle ferma la fenêtre, plus incommodée par l'odeur désagréable des boudins et de la friture que par les voix stridentes qui en vantaient les mérites. Elle réveilla ses trois filles et son unique fils avant de retourner à la cuisine, où elle sifflota un cantique en préparant le petit déjeuner pour sa famille. À huit heures du matin, la plupart des portes et des fenêtres de Mariquita étaient ouvertes. Des hommes passaient des tangos et des boléros sur de vieux phonographes, ou écoutaient les nouvelles à la radio. Dans la rue principale, le premier magistrat du village, Jacinto Jiménez, et le brigadier, Napoleón Patiño, tiraient dehors sous un immense manguier une grande table ronde et six chaises pliantes pour jouer au Parcheesi avec quelques voisins triés sur le volet. Dix minutes plus tard, au coin sud ouest de la place, don Marco Tulio Cifuentes, l'homme le plus grand de Mariquita, propriétaire d'El Rincón de Gardel, le bar de la ville, transportait dehors ses deux derniers clients ivres, un sur chaque épaule. Il les étendit sur le sol, côte à côte, avant de fermer boutique et de rentrer chez lui. À huit heures trente, à l'intérieur de la Barbería Gómez, un petit bâtiment en face de la mairie de Mariquita, don Vicente Gómez se mit à affûter ses rasoirs et à stériliser à l'alcool ses peignes et ses brosses, tandis que sa femme, Francisca, nettoyait les miroirs et les fenêtres avec des journaux humides. Pendant ce temps-là, deux rues plus bas, sur la place du marché, l'épouse du brigadier, Rosalba Patiño, marchandait à un fermier au visage rougeaud une demi-douzaine d'épis de maïs, tandis que des femmes plus âgées, sous des stores verts, vendaient de tout, de la gelée de pied de veau aux cassettes piratées de Thriller, de Michael Jackson.

À huit heures trente-cinq, dans le champ situé en face de la maison de la veuve Morales, les frères Restrepo commencèrent (tous les sept) à s'échauffer en prévision de leur partie de football hebdomadaire, en attendant David Pérez, le petit-fils du boucher, qui possédait l'unique ballon. Cinq minutes plus tard, deux vieilles filles aux cheveux longs et aux corps un tantinet trapus firent le tour de la place, bras dessus bras dessous, en maudissant leur célibat et en repoussant à coups de pied les chiens errants qui se trouvaient en travers de leur chemin. À huit heures cinquante, à quelques centaines de mètres de la place, dans la maison à la façade verte située au milieu du pâté de maisons, Ángel Alberto Tamacá, l'instituteur, n'arrêtait pas de se tourner et de se retourner dans son lit, en nage, rêvant d'Amorosa, la femme qu'il aimait. À neuf heures moins trois minutes, dans les faubourgs de Mariquita, à l'intérieur de La Casa de Emilia (le bordel du village), doña Emilia (en personne) passa de chambre en chambre. Elle réveilla ses derniers clients, les avertit qu'ils allaient avoir de sérieux ennuis avec leurs épouses s'ils ne partaient pas à la minute même, cria après l'une des filles parce qu'elle laissait sa chambre en désordre.


Tout de suite après que neuf heures eurent sonné au clocher de l'église, alors que l'écho du dernier coup résonnait encore dans les oreilles du sacristain, trois douzaines d'hommes en uniformes verdâtres usés jusqu'à la corde surgirent de tous les points cardinaux de Mariquita, tirant des coups de fusil, et criant «¡Viva la Revolución!». Ils avancèrent lentement le long des rues étroites du village, leurs visages bronzés maquillés de noir, et leurs chemises collées par la sueur à leurs torses malingres. «Nous sommes l'armée du peuple, déclara l'un d'eux avec un mégaphone. Nous nous battons pour que tous les Colombiens puissent travailler et être payés selon leurs besoins, mais nous ne pouvons pas le faire sans votre soutien!» Les rues s'étaient vidées ; même les animaux errants avaient fui en entendant les premiers coups de feu. «S'il vous plaît, poursuivit l'homme, aidez-nous, apportez-nous tout ce que vous pouvez.»

 

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Baguettes chinoises – Xinran

Baguettes_chinoise traduction du chinois par Prune Cornet

Editions Philippe Picquier - janvier 2008 – 341 pages

Mot de l'éditeur

Après Chinoises et Funérailles célestes , Xinran revient avec l’histoire de trois sœurs qui, comme beaucoup d’autres femmes et hommes aujourd’hui en Chine, quittent leur village pour chercher fortune dans la grande ville. Sœurs Trois, Cinq et Six n’ont guère fait d’études, mais il y a une chose qu’on leur a apprise  : leur mère est une ratée car elle n’a pas enfanté de fils, et elles-mêmes ne méritent qu’un numéro pour prénom. Les femmes, leur dit leur père, sont comme des baguettes  : utilitaires et jetables. Les hommes, eux, sont les poutres solides qui soutiennent le toit d’une maison. Mais quand les trois sœurs quittent leur foyer pour chercher du travail dans la lointaine Nanjing, leurs yeux s’ouvrent à un monde totalement nouveau  : les buildings qui poussent aussi vite que les forêts de bambous, le trafic automobile, la liberté de mœurs et la sophistication des habitants, les anciens palais et les plaisirs culinaires – et les conditions de travail. Trois, Cinq et Six vont faire la preuve de leur détermination et de leurs talents, et quand l’argent va arriver au village, leur père sera enfin obligé de réviser sa vision du monde.«   J’ai été frappée par la volonté et la confiance en elles de ces femmes qui se font une place loin de leur village et leur famille, dit Xinran. Parmi toutes celles que j’ai rencontrées, ces trois femmes sont particulièrement chères à mon cœur, et leur destin résume celui de beaucoup d’autres semblables. » Baguettes chinoises ne raconte pas seulement une histoire humaine, lumineuse et émouvante, mais livre aussi le portrait d’une ville et d’une Chine en plein changement.

L'auteur : Xinran est née en 1958 à Pékin. Elle a été journaliste et a animé une émission de radio qui l'a rendue célèbre en Chine, où elle recueillait sans tabou les confidences des femmes. Son premier livre, Chinoises, et le suivant, Funérailles célestes, sont issus de cette expérience et l'ont fait connaître dans le monde entier. Depuis 1997, Xinran vit à Londres. Elle publie une colonne bimensuelle dans The Guardian sur les questions relatives à la Chine et tient le rôle de conseiller aux relations avec la Chine pour de grandes corporations comme la BBC.

Mon avis : 5/5 (lu en mars 2008)

« Les baguettes », c'est surnom qu'on donne aux petites filles, dans la province de l’Anhui, en Chine rurale et profonde. On l’oppose aux « poutres », les enfants mâles que tout homme marié doit engendrer pour ne pas voir sa lignée s’éteindre. Le père de nos héroïnes n’a pas eu cette « chance » : il n’a eu que des filles, qu’il s’est contenté de nommer par ordre d’apparition avec un chiffre. Il décide de les marier de façon à arranger ses affaires. Fiancée au fils infirme d’un puissant local, Trois est la première à s’enfuir pour Nankin, la grande ville. Avec l'aide de sympathiques autochtones, dont une « dame Tofu » des plus folkloriques, Trois va très vite s’épanouir et trouver du travail au restaurant « l’imbécile heureux », où ses compositions légumières fascinent les citadins. Et lorsqu’elle revient dans son village, chargée de billets, son père la considère d’un autre œil… au point de laisser deux de ses sœurs la suivre. Elles aussi vont trouver leurs voies.

J'ai beaucoup aimé ce livre qui nous explique bien les conditions de la femme en Chine. On voit l'opposition de la campagne et de la ville moderne (Nankin). On est admirative devant la volonté de s'en sortir de ses femmes venant de la Chine rurale et profonde. Elles sont travailleuses.

Extrait : « J’ai été frappée par la volonté et la confiance en elles de ces femmes qui se font une place loin de leur village et leur famille. Parmi toutes celles que j’ai rencontrées, ces trois femmes sont particulièrement chères à mon cœur, et leur destin résume celui de beaucoup d’autres semblables. »

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Funérailles célestes – Xinran

fun_railles_c_lestes1 Editions Philippe Picquier – janvier 2005 – 190 pages

traduit de l'anglais par Marie-Odile Probst

Présentation de l'éditeur :
Funérailles célestes est une histoire d'amour et de perte, de loyauté et de fidélité au-delà de la mort. Xinran dresse le portrait exceptionnel d'une femme et d'une terre, le Tibet, toutes les deux à la merci du destin et de la politique. En 1956, Wen et Kejun sont de jeunes étudiants en médecine, remplis de l'espoir des premières années du communisme en Chine. Par idéal, Kejun s'enrôle dans l'armée comme médecin. Peu après, Wen apprend la mort de son mari au combat sur les plateaux tibétains. Refusant de croire à cette nouvelle, elle part à sa recherche et découvre un paysage auquel rien ne l'a préparée - le silence, l'altitude, le vide sont terrifiants. Perdue dans les montagnes du nord, recueillie par une famille tibétaine, elle apprend à respecter leurs coutumes et leur culture. Après trente années d'errance, son opiniâtreté lui permet de découvrir ce qui est arrivé à son mari... Quand Wen retourne finalement en Chine, elle retrouve un pays profondément changé par la Révolution culturelle et Deng Xiaoping. Mais elle aussi a changé : en Chine, elle avait toujours été poussée par le matérialisme ; au Tibet, elle a découvert la spiritualité.

L'histoire de Wen est véridique. A l'époque où Xinran, journaliste à Pékin, recueillait les confidences des femmes dans son émission de radio (publiées dans Chinoises, 2003), elle a rencontré cette femme qui lui a raconté son histoire. Bouleversée par ce récit qui réveillait en elle un souvenir d'enfance, elle lui a consacré un livre, qui éclaire d'un jour poignant le rite des funérailles célestes.

Auteur : Xinran est née en 1958. Pendant la révolution culturelle, elle et son frère sont enlevés par les Gardes rouges, à leurs parents jugés « réactionnaires » et envoyés dans un orphelinat réservé aux enfants de « chiens à la solde de l’impérialisme ».
A partir de 1983, la Chine a besoin de personnes pour développer la télévision et la radio, capables de diriger des émissions de débat éducatives tout en s’assurant que les sujets « interdits » sont évités. On confie à Xinran la production de ces émissions. Mais elle devient rapidement l’animatrice d’une émission de radio, Mots sur la brise nocturne, diffusée quotidiennement entre 22h00 et minuit.
En 1997, elle décide de quitter la Chine et s’installe en Angleterre. Elle s’y marie et a un fils.
En 2002, un recueil de ces vies de chinoises est publié par Chatto & Windus. (paru aux éditions Philippe Picquier sous le titre Chinoises, en 2003). Il dit la souffrance, mais aussi l’amour et l’espoir de ces femmes.
Depuis la publication de son premier livre, un best-seller international, Xinran est connue dans le monde entier. Elle publie une colonne bimensuelle dans The Guardian sur les questions relatives à la Chine et tient le rôle de conseiller aux relations avec la Chine pour de grandes corporations comme la BBC.

Mon avis : (lu en janvier 2008)

Ce livre se lit facilement, c'est un superbe voyage tout d'abord en Chine dans les années 50, mais surtout au Tibet au rythme des nomades. On apprend beaucoup sur la vie de nomades au Tibet, sur les coutumes du pays, le côté spirituel tibétain.. Je suis en admiration sur la vie de cette femme qui est une leçon de vie, de simplicité, d'humilité et d'amour.

Ce qui est étonnant, c'est que ce livre a été écrit par une chinoise.

J'ai beaucoup aimé ce livre et peu de temps après l'avoir lu, par hasard, j'ai vu et pris à la bibliothèque de mon lieu de travail Baguettes chinoises du même auteur...

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22 novembre 2008

Les accommodements raisonnables – Jean-Paul Dubois

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Editions de l'Olivier - août 2008 - 260 pages Pas de 4ème de couverture…

Points – septembre 2009 – 275 pages

Présentation de l’éditeur :
Jean-Paul Dubois retrouve le souffle romanesque d’ Une Vie française dans ce livre qui devrait enthousiasmer ses fans. Aucun des « fondamentaux » ne manque à l’appel : Toulouse, un anti-héros (Paul Stern) et son épouse (Anna), un père encombrant, l’actuel président de la République, l’Amérique, les bateaux, les petits-enfants, etc. Cette fois, Jean-Paul Dubois nous conduit à Hollywood. Paul doit y réécrire le scénario d’un film dont il est l’auteur, pour le compte d’un producteur qui prétend en tirer un remake. En réalité, Paul est parti pour oublier la maladie de sa femme, en dépression profonde, le remariage scandaleux de son père et, de manière plus générale, son échec personnel. Embauché par la Paramount, il découvre un autre univers où le sexe, l’argent, la drogue, la célébrité, mais aussi le désespoir occupent une place centrale. Et puis, il rencontre Selma Chantz, employée comme lui par la Paramount. Et sa vie bascule. Car Selma est le double parfait d’Anna, avec trente ans de moins…Une femme fascinante et dangereuse. Après un détour par le comique ( Monsieur Tanner) et l’inquiétante étrangeté ( Hommes entre eux ), Jean-Paul Dubois a écrit le grand roman que nous attendions. Tragique et drôle, jetant sur son époque un regard lucide, ce livre de la maturité garde néanmoins le charme des héros de Jean-Paul Dubois, éternels adolescents écartelés entre leur amour de la vie et leur sens aigu de la culpabilité.

L'Auteur :
Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse où il vit actuellement. Journaliste, puis grand reporter en 1984 pour Le Nouvel Observateur, il examine au scalpel les États-Unis et livre des chroniques qui seront publiées en deux volumes aux Éditions de l'Olivier : L'Amérique m'inquiète (1996) et Jusque-là tout allait bien en Amérique (2002). Écrivain, Jean-Paul Dubois a publié de nombreux romans, Je pense à autre chose, Si ce livre pouvait me rapprocher de toi, etc. Il a obtenu le prix France Télévisions pour Kennedy et moi (Le Seuil, 1996) et le prix Femina et le prix du roman Fnac pour Une Vie française. 

Mon avis : (lu en octobre 2008)

Le titre est un peu mystérieux : Les accommodements raisonnables

L'accommodement raisonnable est une notion juridique canadienne issue de la jurisprudence associée au monde du travail. Elle désigne l'assouplissement d'une norme afin de contrer la discrimination que peut créer cette norme et que subit une personne, dans le but de respecter le droit à l'égalité du citoyen (source Wikipédia)

Le livre se lit facilement. Les personnages sont bien décrits mais le sujet est assez déprimant : les échecs, les renoncements, la dépression, la fuite…

Il y a cependant de l’humour : Cela commence par la cérémonie de crémation de l’oncle, le tapis roulant qui emmène le cercueil tombe en panne…

A chaque fois qu’il prend des nouvelles auprès de son père sur ce qu’il se passe chez lui, ce dernier lui donne des nouvelles de la campagne des élections présidentielles de 2007…

La partie aux Etats-Unis m’a paru un peu longue.

Je ne peux pas dire que j’ai aimé ce livre… mais n’ayant pas lu une vie française, je me suis empressée de le lire et cela m’a beaucoup plu.

Extrait : "Mon père avait basculé le premier, Anna ensuite, et moi enfin. Nous étions partis chacun dans des directions lointaines ou opposées, aveuglés par diverses formes de nos vies. L'origine de cette étrange épidémie rôdait quelque part en nous-mêmes. Les accommodements raisonnables que nous avions tacitement conclus nous mettaient pour un temps à l'abri d'un nouveau séisme, mais le mal était toujours là, tapi en chacun de nous, derrière chaque porte, prêt à resurgir."

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Le mec de la tombe d'à côté - Katarina MAZETTI

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Traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus

Gaïa Edition – Juin 2006 - 254 pages

Actes Sud - mars 2009 - 253 pages

Résumé : Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire de métier, et citadine pragmatique, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance. Au cimetière, elle rencontre le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que la tombe avec sa stèle tape-à-l'œil. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, de façon assez rustique, et grâce à une bonne dose d'humour et d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il s'énerve contre la "Crevette" qui occupe le banc au cimetière avec lui, avec son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d'un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres, pour qu'ils soient tous deux éblouis. C'est le début d'une histoire d'amour assez cocasse. Ils sont tout le contraire l'un de l'autre. Elle ne sait pas cuisiner, il lit tout au plus un livre par an. Elle veut aller à l'opéra, lui doit traire les vaches. Il traîne avec lui une odeur d'étable, elle vit dans un appartement aseptisé. Mais leur passion amoureuse est sans bornes. Roman d'amour drôle, tendre, à l'humour décapant, Le mec de la tombe d'à côté touche pourtant là où ça fait mal : ce fossé qui sépare les catégories sociales. On ne peut plus contemporain…

Auteur : Née en 1944, Katarina Mazetti est journaliste à la Radio Suédoise. Auteur de livres pour la jeunesse et de romans pour adultes, elle rencontre un succès phénoménal avec Le mec de la tombe d'à côté, vendu à plus de 450 000 exemplaires, dans un pays de 9 millions d'habitants !

Mon avis : (lu en septembre 2006)

C'est la rencontre improbable de 2 héros si différents et si bien décrits : Désirée la bibliothécaire, veuve, habitant la ville, aimant l’opéra et Benny l’agriculteur, orphelin, aimant son tracteur et ses vaches…Tout les oppose et pourtant ils vont s’aimer.

L’écriture est géniale : un chapitre sur deux c’est la vision de Désirée (la bibliothécaire), puis c’est le récit de Benny l’agriculteur.

Il y a beaucoup d’humour mais également une analyse pointue de la société moderne. C'est la confrontation des oppositions féminin et masculin, ville et campagne, intellectuelle et manuel...

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre.

Extrait du livre :
Putain, je ne peux pas la blairer, je ne peux vraiment pas la blairer !

Pourquoi elle est tout le temps assise là ?

J'avais l'habitude de me poser un moment sur le banc après l'entretien de la tombe pour reprendre le fil de mes pensées. J'essayais de trouver un petit bout de ficelle auquel m'accrocher et qui me permettrait d'avancer encore un jour, ou deux. À la ferme, quand je cavale entre tout ce qu'il y a à faire, je n'arrive pas à penser. Si je ne me concentre pas sur ce que j'ai en mains, inévitablement arrive une mini-catastrophe qui me donne un jour de travail supplémentaire. Je plante le tracteur sur un rocher et l'essieu arrière pète. Une vache s'abîme un trayon parce que j'ai oublié d'attacher son protège-pis.

Me rendre sur la tombe est mon seul bol d'air, mais même là, j'ai du mal à me dire que j'ai le droit de faire une pause et de simplement penser. Il me faut d'abord biner et planter et m'activer, avant de m'autoriser à m'asseoir.

Et alors je la trouve assise là.

Décolorée comme une vieille photo couleur qui a trôné dans une vitrine pendant des années.

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19 novembre 2008

A l’abri de rien – Olivier Adam

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Edition de l’Olivier – août 2007 - 219 pages

Points - août 2008 - 218 pages

Prix France-Télévisions 2007

Résumé : Marie se sent perdue. Son mari, ses enfants sont le dernier fil qui la relie à la vie. Ce fragile équilibre est bouleversé le jour où elle rencontre les « kosovars », ces réfugiés dont nul ne se soucie et qui errent, abandonnés, aux confins de la ville. Négligeant sa famille, Marie décide de leur porter secours. Et de tout leur donner : nourriture, vêtements, temps, argent, elle ne garde rien pour elle. Entraînée par une force irrésistible, elle s’expose à tous les dangers, y compris celui d’y laisser sa peau.

Avec ce roman, Olivier Adam nous rappelle que la violence qui frappe les plus faibles est l’affaire de chacun. Et trace le portrait inoubliable d’une femme dépassée par la force de ses sentiments.

Auteur : Né à Draveil le 12 juillet 1974, romancier de renom, Olivier Adam connaît un succès populaire et critique indéniable qui le place parmi les écrivains les plus connus de sa génération. Ancien étudiant en gestion des entreprises culturelles, il participe à la création du festival littéraire 'Les Correspondances de Manosque' et travaille comme directeur de collection aux éditions du Rouergue. C'est son premier roman paru en 2000, 'Je vais bien, ne t'en fais pas' qui lui permet d'accéder à la notoriété. Lauréat du prix Goncourt de la nouvelle en 2004 pour 'Passer l'hiver', l'auteur poursuit néanmoins dans la veine romanesque avec 'Falaises' ou 'A l'abri de rien'. Influencé par les écrivains américains contemporains, Adam aborde aussi bien des thèmes sociaux et politiques, comme la question des sans-papiers, que des aspects plus psychologiques et sentimentaux. Le travail de scénariste qu'il effectue pour l'adaptation de son premier livre lui permet d'ajouter une nouvelle corde à son arc, cette fois encore avec le succès à la clé.

Mon avis : (lu en décembre 2007)

Avant de lire ce livre, j’avais vu un téléfilm « Maman est folle » de Jean-Pierre Améris tiré de ce livre avec Isabelle Carré dans le rôle de Marie. Ce téléfilm m’avait beaucoup touchée et j’ai lu avec plaisir le livre d’Olivier Adam.

Il se dégage une grande sensibilité de ce livre, on partage avec Marie ses humeurs, ses sentiments, sa tristesse, sa fragilité, son humanité. Elle fuit la routine de sa vie quotidienne avec son mari, ses enfants, sa maison, elle est dans un état dépressif et le hasard lui fait rencontrer un réfugié de Sangatte.

Elle va essayer de donner du sens à sa vie en apprenant à les connaître et en essayant de les aider.

Ce livre est bouleversant ! On s’attache aux différents personnages et le scénario nous fait réfléchir aux problèmes des réfugiés qui vivent dans des conditions inhumaines.

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Téléfilm "Maman est folle" Diffusé le 22/11/07 sur France 3

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18 novembre 2008

Une vie française - Jean-Paul DUBOIS

une_vie_francaise Edition de l'Olivier – août 2004 – 357 pages

Prix Fémina 2004

Prix du Roman Fnac 2004

4ème de couverture : Petit-fils de berger pyrénéen, fils d'une correctrice de presse et d'un concessionnaire Simca à Toulouse, Paul Blick est d'abord un enfant de la Ve République. L'histoire de sa vie se confond avec celle d'une France qui crut à de Gaulle après 58 et à Pompidou après 68, s'offrit à Giscard avant de porter Mitterrand au pouvoir, pour se jeter finalement dans les bras de Chirac. Et Paul, dans tout ça ? Après avoir découvert, comme il se doit, les joies de la différence dans le lit d'une petite Anglaise, il fait de vagues études, devient journaliste sportif et épouse Anna, la fille de son patron. Brillante chef d'entreprise, adepte d'Adam Smith et de la croissance à deux chiffres, celle-ci lui abandonne le terrain domestique. Devenu papa poule, Paul n'en mène pas moins une vie érotique aussi intense que secrète et se passionne pour les arbres, qu'il sait photographier comme personne. Une vraie série noire - krach boursier, faillite, accident mortel, folie - se chargera d'apporter à cette comédie française un dénouement digne d'une tragédie antique. Jardinier mélancolique, Paul Blick prend discrètement congé, entre son petit-fils bien-aimé et sa fille schizophrène.

Si l'on retrouve ici la plupart des " fondamentaux " de Jean-Paul Dubois - dentistes sadiques, femmes dominatrices, mésalliances et trahisons conjugales, sans parler des indispensables tondeuses à gazon -, on y découvre une construction romanesque dont l'ampleur tranche avec le laconisme de ses autres livres. Cet admirateur de Philip Roth et de John Updike est de retour avec ce roman dont le souffle n'a rien à envier aux grandes sagas familiales, dans une traversée du siècle menée au pas de charge.

Auteur : Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse, où il vit actuellement. Auteur de nombreux romans (Je pense à autre chose, Si ce livre pouvait me rapprocher de toi) et de récits de voyage (L'Amérique m'inquiète), il a obtenu le prix France Télévision pour Kennedy et Moi (Seuil, 1996). Il est journaliste-reporter au Nouvel Observateur.

Mon avis : (lu en novembre 2008)
J'ai bien aimé ce livre. C'est une vie « ordinaire » française de 1958 à 2002. Au début de l'histoire Paul est un petit garçon de 8 ans, on le suit dans sa vie quotidienne d'enfant, d'adolescent et d'adulte, on l'accompagne dans des évènements familiaux et en filigrane les évènements politiques, les évolutions de la société nous sont rappelés par petites touches. Le style est simple avec de l'humour. Le découpage des chapitres est original : par mandat présidentiel de la 5ème République.

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Mon bel oranger - José Mauro de Vasconcelos

mon_bel_oranger Hachette Jeunesse -1968

Résumé : « Mon bel oranger » est un livre autobiographique (un livre inspiré de son enfance)... Zézé est brésilien. Né dans une famille pauvre où tout le monde le maltraite, sauf sa sœur Gloria, il a été élevé dans la rue et y a tout appris : de la lecture au troc de billes. Quand il est vraiment trop malheureux, c’est auprès de Minguinho, un pied d’oranges douces, qu’il va trouver du réconfort. Cet arbre lui parle comme personne ne sait le faire… Une histoire touchante et inattendue qui, depuis bientôt trente ans, continue d’émouvoir ses jeunes lecteurs.

Auteur : José Mauro de Vasconcelos (26 février 1920 à Rio de Janeiro - 25 juillet 1984 à São Paulo) est un écrivain brésilien. Écrivain aux origines indiennes et portugaises, il est l'auteur de Mon bel oranger, Allons réveiller le soleil et Le Palais Japonais, inspiré de son enfance difficile et devenu un classique de la littérature enfantine, ainsi que d'une quinzaine de romans et de récits. Sportif et voyageur, il a pratiqué de nombreux métiers, notamment dans le monde du cinéma et de la télévision.

Mon avis :(lu en 1975 et relu depuis plusieurs fois...) mon_bel_oranger_ini

Ce livre fait partie de mes livres préférés. J’ai un souvenir très précis du jour où je l’ai découvert et lu pour la première fois,aucun livre ne m'avait jamais autant ému que celui là. Il dégage une telle sensibilité, une grande émotion. Ce livre est un condensé de douceur, d'innocence, d'amitié, de tristesse... Ce livre est tout simplement merveilleux, une histoire des plus touchantes, très émouvante également, on s'attache très vite au petit ZéZé.

Zézé vit une enfance douloureuse, il se crée un monde imaginaire qui lui rend le réel supportable. Pour lui, le rêve et la vie ne font plus qu'un.

Au début on découvre la vie de Zézé et ses souffrances, ensuite Zézé se transforme sous la pression des évènements, de la rencontre avec son ami portugais. Des scènes de joie, de tendresse et de souffrance font alterner sans oublier les dialogues qu'il a avec son oranger.

Il fait la découverte de l'amitié, de la tendresse et de la solitude, il grandi.

Ce livre nous rappelle aussi que tous les jours, beaucoup de personne vivent dans la pauvreté et en souffrent. De l'émotion à l'état pur, de l'intelligence et un regard révélateur sur la vie en Amérique Latine ...

J’ai fait découvrir ce livre à mes enfants et ils ont adoré. La suite : « Allons réveiller le soleil » est également à découvrir…

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16 novembre 2008

Le théorème du perroquet – Denis Guedj

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Seuil – septembre 1998 – 528 pages

Points - août 2000 - 654 pages

Résumé : Pierre Ruche, un vieux libraire de Montmartre, reçoit une lettre d’Amazonie ; elle provient de son ami Edgar Grosrouvre, disparu depuis, qui lui lègue la totalité de sa bibliothèque consacrée aux… mathématiques ! Pierre Ruche va devoir se remettre à étudier pour classer ce trésor et surtout, il va lui falloir élucider la mort énigmatique d’Edgar. Accompagné de ses compagnons, une femme, trois enfants et d’un perroquet amnésique, il se lance dans un voyage à travers l’histoire des mathématiques tout en menant l’enquête… Humour et suspense garantis.

Auteur : Denis Guedj est à la fois écrivain, mathématicien, professeur d'histoire et d'épistémologie des sciences (à Paris VIII) et aussi scénariste de cinéma. Il est l'auteur de nombreux romans sur le thème des mathématiques. Denis Guedj avec Le Théorème du perroquet fait découvrir au néophyte l'univers des mathématiques sous la forme d'un roman policier.

Mon avis : (lu en 1999)

Un roman policier sur fond de mathématiques. A travers l'amitié de Pierre Ruche et de son mystérieux ami du bout du monde, on voyage au travers du temps et de l'espace, on partage la vie des plus grands génies de nos vieilles civilisations.

Ce livre est palpitant et on essaye également de résoudre les problèmes mathématiques au fil de la lecture.

C’est un livre idéal pour aborder l’histoire des mathématiques sans s’en apercevoir ! Pas besoin d'être fort en mathématiques pour adorer ce livre !

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