21 janvier 2009

L'homme du lac – Arnaldur Indridason

l_homme_du_lac Editions Métailié - janvier 2008 - 348 pages

traduit de l'islandais par Eric Boury

Présentation de l'éditeur
En juin 2000, un tremblement de terre provoque un changement du niveau des eaux du lac de Kleifarvatn et découvre un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacées. Le commissaire Erlendur et son équipe s'intéressent alors aux disparitions non élucidées dans les années 60, ce qui conduit l'enquête vers les ambassades des pays de l'ex-bloc communiste et les étudiants islandais des jeunesses socialistes boursiers en Allemagne de l'Est, pendant la guerre froide.
Tous ces jeunes gens sont revenus du pays frère brisés par la découverte de l'absurdité d'un système qui, pour faire le bonheur du peuple, jugeait nécessaire de le surveiller constamment.
Erlendur, séduit par un indice peu commun, une Ford Falcon des années 60, et ému par l'amour fidèle d'une crémière abandonnée, s'obstinera à remonter la piste de l'homme du lac dont il finira par découvrir le terrible secret.
Indridason nous raconte une magnifique histoire d'amour victime de la cruauté de l'Histoire, sans jamais sombrer dans le pathos. L'écriture, tout en retenue, rend la tragédie d'autant plus poignante.


Biographie de l'auteur
Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961, où il vit. Diplômé en histoire, il a été journaliste et critique de cinéma. II est l'auteur de romans noirs, dont La Cité des Jarres (prix Clé de Verre 2002, prix Mystère de la Critique 2006), La Voix (Grand Prix de littérature policière et Trophée 813, en 2007) et La Femme en vert (prix Clé de Verre 2003, Gold Dagger 2005 (GB) et Grand Prix des lectrices de Elle policier 2007).

Mon avis : (lu en janvier 2009)

C'est le quatrième livre de cet auteur que je lis, et je l'ai trouvé excellent. J'ai retrouvé avec plaisir l'équipe du commissaire Erlendur, avec Elinborg qui écrit un livre de cuisine, Erlendur a toujours des problèmes relationnels avec ses enfants (dans ce livre, on croise son fils Sindri Snaer)…

C'est encore une histoire de disparition, un récit à deux voix : un au présent et l'autre dans le passé au temps de la guerre froide. En effet, un squelette est découvert lesté avec un appareil radio russe au fond du lac de Kleifarvath et Erlendur va enquêter sur les disparitions non élucidées dans les années soixante. On va suivre l’histoire d’un groupe d’étudiants islandais socialistes qui partaient étudier en RDA et qui découvrait le communisme derrière le rideau de fer avec la l’omniprésence de la Stasi…

Cette fois, nous voyons l'Islande en été avec le soleil qui ne se couche pas.

Je suis vraiment devenue une inconditionnelle de Indridason !

Extrait :
- Et le cadavre du lac ? demanda Erlendur.
- Je crois que l'homme que nous recherchons est étranger, répondit Erlinborg. L'idée d'un Islandais attaché à un appareil d'écoute russe me semble complètement absurde. Je n'arrive pas à m'imaginer qu'un truc pareil ait pu se passer ici.
- La guerre froide, nota Sigurdur Oli. Drôle d'époque.
- Oui, drôle d'époque, convint Erlendur.
- Cette guerre froide se résumait à une peur de la fin du monde, observa Erlinborg.J'ai l'impression d'avoir toujours vécu avec cette peur. On n'arrivait jamais à la chasser de notre esprit. La fin du monde planait constamment au-dessus de nos têtes. Voilà la seule guerre froide que je connaisse.

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20 janvier 2009

Opium – Maxence Fermine

Opium

Albin Michel – février 2002 – 180 pages

Résumé : C'est une route aux mille parfums, aux mille périls aussi : celle qui, partant de Londres pour atteindre les Indes, se perd irrémédiablement dans l'Empire de la Chine. Un périple que l'on nomme la route du thé. Pour la première fois, en 1838, un homme va s'y aventurer, décidé à percer le secret des thés verts, bleus et blancs, inconnus en Angleterre.

Au fil de son voyage, il va rencontrer Pearle, un riche négociant irlandais, Wang, le gardien de la vallée sacrée, Lu Chen, l'invisible empereur du thé, et Loan, une Chinoise aux yeux verts qui porte, tatouée sur son épaule, une fleur de pavot. Au terme de sa quête, l'opium. Un amour que l'on ne choisit pas.

Auteur : Maxence FERMINE est né à Albertville en 1968. Il a passé son enfance à Grenoble, avant de partir à Paris où il restera treize années. Il a suivi pendant un an des cours dans une faculté de Lettres, puis a décidé de voyager en Afrique. Il s'éprend du désert, travaille dans un Bureau d'Etudes en Tunisie. Il se marie et vit maintenant en Savoie avec sa femme et sa fille. Il a déjà publié " Neige " en janvier 1999, " Le violon noir " en septembre 1999 et "L'apiculteur" en août 2000. Opium est son quatrième livre.

Mon avis : (lu en 2006)

J'ai beaucoup aimé la poésie et la délicatesse de Neige et je n'ai pas été déçu par Opium.

Étant amatrice de thé, je me suis laissé emporter une nouvelle fois par l'écriture de Maxence Fermine sur la route des thés : une route aux multiples parfums, aux multiples dangers. Elle part de Londres, se poursuit aux Indes et se termine dans l'Empire de Chine. On est envouté par ce conte philosophique, ce récit d'aventures.

Extrait : "Charles Stowe entra dans la pièce. Un salon feutré envahi d'une multitudes d'objets et de plantes. Pas de clarté, hormis quelques rais de lumière filtrant des persiennes closes. Deux fauteuil, une table basse sur laquelle était disposé un service à thé en argent ciselé, quelques tableaux aux murs. Et partout une odeur d'encens. Il avança lentement et attendit.
- Vous souhaitiez me voir ?
Il fit volte face et découvrit, dans le coin le plus sombre de la pièce, une femme allongée sur un divan drapée de soie. Il ne pouvait rien voir de son visage, excepté sa bouche aussi rouge qu'un fruit. Elle fit jouer les persiennes et la lumière innonda la pièce. Il découvrit alors cette femme, aussi belle et mystèrieuse que la première fois. Elle était simplement vêtue d'une tunique de soie verte. Elle avait de long cheveux noirs. D'immense yeux verts.
Et elle fumait une pipe d'opium."

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L’Apiculteur – Maxence Fermine

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Albin Michel - août 2000 - 194 pages

Lgf - septembre 2002 - 222 pages

Présentation de l'éditeur
" Je recherche l'or du temps ", écrivit le poète André Breton. Cette maxime aurait pu être celle d'Aurélien, héros de ce roman d'aventures initiatique. Depuis qu'une abeille a déposé sur sa ligne de vie une fine trace de pollen doré, ce jeune Provençal de la fin du XIXe siècle ne rêve plus que de l'or - un or symbolique, poétique, qui représente bien plus que le métal précieux. Son rêve le décidera à se détourner des champs de lavande familiaux pour installer des ruches et fabriquer le miel le plus suave. Puis, après l'anéantissement de son travail par un violent orage, à partir pour l'Abyssinie, où l'attend une femme à la peau d'or, qu'il a vue en rêve... On croise Van Gogh et Rimbaud dans ces pages lumineuses, où le songe doré d'Aurélien lui vaudra de connaître bien des aléas, avant qu'il ne découvre l'or véritable de la vie.

Auteur : Maxence FERMINE est né à Albertville en 1968. Il a passé son enfance à Grenoble, avant de partir à Paris où il restera treize années. Il a suivi pendant un an des cours dans une faculté de Lettres, puis a décidé de voyager en Afrique. Il s'éprend du désert, travaille dans un Bureau d'Etudes en Tunisie. Il se marie et vit maintenant en Savoie avec sa femme et sa fille. Il a déjà publié " Neige " en janvier 1999 et " Le violon noir " en septembre 1999. L'apiculteur est son troisième livre.

Mon avis : (lu en février 2008)

C’est un conte plein de poésie et que l'on savoure avec plaisir.

Ce livre est lumineux et coloré de jaune, d’or. En lisant ce livre et en suivant Aurélien à travers ses rêves, à la quête de son « or », cela m’a fait penser au livre de Paulo Cuelho L’Alchimiste.

Extrait : "Aurélien Rochefer était devenu apiculteur par goût de l'or. Non qu'il fût avide de richesses, ni même qu'à récolter le miel il eût la moindre chance de s'enrichir, mais parce que, en toute chose, il recherchait ce qu'il appelait bien singulièrement l'or de la vie.
C'était un être en quête de beauté. Pour lui l'existence ne valait la peine d'être vécue que pour les instants de magie pure qui la traversaient.
En 1885, Aurélien eut vingt ans et il commença à rêver des abeilles. Il avait le projet de construire une dizaine de ruches et de faire du miel. Il savait qu'il allait devenir le seul apiculteur de Langlade et le miel qu'il allait vendre serait le meilleur de toute la Provence.
Et ce projet, aussi insolite fût-il, suffisait à faire de sa vie un rêve. "

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19 janvier 2009

Aya de Yopougon, Tome 2 - Marguerite Abouet, Clément Oubrerie

Aya2 Gallimard-Jeunesse - septembre 2006 - 106 pages

Résumé : «De nouveaux problèmes animent le quartier de Yopougon, à Abidjan. Les Sissoko refusent de croire que leur fils Moussa est le père du bébé d’Adjoua. Cette dernière se retrouve toute seule pour s’occuper de son fils et profite - un peu trop - des talents de nounou d’Aya. Bintou, elle, est tombée amoureuse d'un parisien en vacances, et n'a plus de temps à consacrer à ses amies. Comme les Ivoiriens boivent de moins en moins de bière, la Solibra va mal et le père d'Aya doit abandonner son second bureau à Yamoussoukro. Mais bientôt les filles n’ont plus qu’une idée en tête: se préparer pour le grand concours de Miss Yopougon…»

Les auteurs :
Marguerite Abouet naît à Abidjan en 1971. Elle a douze ans quand ses parents l'envoient avec son grand frère "suivre de longues études" à Paris, où les héberge leur grand-oncle maternel. Après des études moins longues que prévu, elle écrit des romans qu'elle ne fait lire à aucun éditeur, tout en devenant tour à tour punk, super-nounou pour triplés, pour mamies et papis, serveuse, opératrice de saisie, puis assistante juridique dans un cabinet d'avocats. Elle vit aujourd'hui à Romainville et se consacre entièrement à l'écriture. Aya de Yopougon est la première histoire qu'elle destine à la bande dessinée. Avec une voix et un humour inédits, elle y raconte une Afrique bien vivante, loin des caricatures trop souvent répandues. En 2006, elle reçoit avec Clément Oubrerie le prix du Premier album au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême.

Clément Oubrerie naît à Paris en 1966. Après le bac, il entame des études d'art à l'école Penninghen, qu'il interrompt pour partir aux États-Unis. Il y passe deux années, exerce toutes sortes de métiers, mais finit dans un pénitencier au Nouveau-Mexique parce que sans papiers. De retour en France, il illustre des ouvrages pour la jeunesse - une quarantaine à ce jour - et co-fonde La Station, un studio d'animation avec lequel il prépare actuellement un long-métrage signé Anna Gavalda. Il trouve aussi le temps de jouer de la batterie avec un groupe de funk et de voyager, notamment en Côte d'Ivoire. Son talent singulier donne vie avec esprit et authenticité au récit de Marguerite Abouet.

Mon avis : (lu en janvier 2009)

J'ai retrouvé avec plaisir l'ambiance si vivante du quartier de Yopougon. Les expressions sont toujours autant colorées et imagées. Adjoua a donné naissance à un petit garçon, Aya s'occupe beaucoup du bébé de son amie, Bintou se pâme pour un bel ivoirien qui arrive de Paris et la mène dans des hôtels de luxe, et le petit groupe vit aussi au rythme de la préparation du concours de Miss Yopougon.

Comme dans le premier tome, il y a les incontournables bonus ivoiriens : le lexique, la recette du Kédjénou de poulet, comment attacher votre bébé dans le dos et une explication du proverbe « lorsqu'un bébé est dans le ventre, il appartient à la mère, lorsqu'il naît il appartient à tout le monde »

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18 janvier 2009

La voleuse de livres - Markus Zusak

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Editeur Oh ! - mars 2007 – 527 pages

Pocket Jeunesse - janvier 2007 - 559 pages

traduit par Marie-France Girod

Prix Millepages Jeunesse décerné par les librairies Millepages.

Résumé :

Allemagne, 1939. La Mort est déjà à l'oeuvre. Liesel Meminger et son jeune frère sont envoyés par leur mère dans une famille d'adoption, à l'abris, en dehors de Munich : le père de Liesel a en effet été emporté par le souffle d'un seul et étrange mot - communisme -, et Liesel a vu la peur d'un destin semblable se dessiner dans les yeux de sa mère. Sur la route, la Mort rôde autour des enfants, réussit à s'emparer du petit garçon mais c'est la petite fille qu'elle veut. Ce sera la première d'une longue série d'approches. Durant l'enterrement de son petit frère, Liesel ramasse un objet singulier pour elle qui ne sait pas lire, un livre, 'Le Manuel du fossoyeur', dont elle pressent qu'il sera son bien le plus précieux, peut-être sa protection. Commence alors entre elle et les mots une étrange histoire d'amour. Poussée par un incoercible besoin de comprendre ce qu'il se passe autour d'elle, Liesel, avec l'aide de Hans, son père adoptif, décide d'apprendre à lire. A mesure que l'histoire avance, la Mort s'empare de nombreuses vies mais Liesel et ses livres continuent à lui échapper.

Auteur : Markus Zusak est né à Sydney en 1975. Il est le benjamin de quatre enfants. Ses parents sont d’origine allemande et autrichienne. Markus Zusak écrit depuis presque toujours. Il a désormais entamé une grande carrière internationale et s’est déjà affirmé comme l’un des romanciers les plus novateurs et les plus poétiques d’aujourd’hui. La Voleuse de livres est parue en septembre 2005 en Australie et à l’automne 2006 aux Etats-Unis où il figure depuis son lancement sur les listes des meilleures ventes. Markus vit toujours à Sydney où il écrit et enseigne l’anglais à l’Université.

Mon avis : (lu en septembre 2007)

Ce livre est vraiment original et passionnant : c'est une histoire étrange et émouvante où il est question d'une fillette, de mots, d'un accordéoniste, d'allemands fanatiques, d'un boxeur juif, de vols...

Le style de narration est particulier, en effet comme le laisse entendre le sous-titre : « quand la mort vous raconte une histoire, vous avez intérêt à l'écouter ».La Mort est la principale narratrice. Mais, rassurez-vous, cette lecture n'a rien de morbide.

La Mort nous raconte comment et pourquoi elle a du travailler sans relâche pendant ce vingtième siècle à cause de la folie des hommes. Elle raconte son labeur quand elle vient prendre dans ses bras, les hommes, les femmes et les enfants qui sont au bout du chemin de la vie.

La Voleuse de livres célèbre également l'amour de la lecture, les liens familiaux, la solidarité humaine. De quoi attendrir la Mort elle-même.

Ce livre est plein de poésie et d'émotions, il fait parti des livres que l'on n'oublie pas.

La Voleuse de livres est destinée à la fois aux adolescents et aux adultes - d'où sa parution simultanée en jeunesse et au rayon adulte.

Extrait :

«Procédons dans l'ordre», dit Hans Hubermann cette nuit-là. Il lava les draps, puis les étendit. «Maintenant, on peut y aller, fit-il en revenant. La classe de minuit peut commencer.»
La poussière dansait dans la lumière jaune.
Liesel était assise sur des draps propres et froids, honteuse et ravie. L'idée qu'elle avait mouillé son lit la taraudait mais, en même temps, elle allait lire. Elle allait lire son livre.
L'excitation s'empara d'elle.
Faisant naître des images d'un génie de la lecture de dix ans.
Si seulement tout était aussi simple !
«Pour être franc, expliqua sans détour Papa, je ne lis pas très bien moi-même.»
Quelle importance, après tout ? C'était peut-être mieux, au contraire. Cela risquerait moins de frustrer la fillette qui, elle, n'en était pas capable.
Néanmoins, au début, quand Hans Hubermann prit le livre et le feuilleta, il n'était pas très à l'aise.
Il vint s'asseoir auprès d'elle sur le lit et s'installa, les jambes pendantes. Il examina de nouveau le livre, puis le posa sur la couverture. «Dis-moi, pourquoi une gentille enfant comme toi veut-elle lire une chose pareille ?»
Liesel haussa de nouveau les épaules. Si l'apprenti fossoyeur avait lu les oeuvres complètes de Goethe ou d'un autre grand écrivain, c'était ce qui se serait trouvé sur son lit maintenant. Elle tenta de l'expliquer. «Eh bien, quand... j'étais assise dans la neige et...» Les mots murmurés glissèrent sur le lit et tombèrent en pluie sur le sol.
Papa sut quoi répondre. Il savait toujours.
Il passa une main ensommeillée dans ses cheveux et déclara : «Promets-moi une chose, Liesel. Si je meurs bientôt, fais en sorte qu'on m'enterre dans les règles de l'art.»
Sérieuse, elle hocha affirmativement la tête."

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Ensemble c’est tout – Anna Gavalda

ensemble_c_est_tout Le Dilettante – mars 2004 – 604 pages

Mot de l'éditeur : L'action se déroule à Paris, au pied de la tour Eiffel très exactement, et couvre une année. Ce livre raconte la rencontre puis les frictions, la tendresse, l'amitié, les coups de gueule, les réconciliations et tout le reste encore, tout ce qui se passe entre quatre personnes vivant sous un même toit. Quatre personnes qui n'avaient rien en commun au départ et qui n'auraient jamais dû se rencontrer. Un aristocrate bègue, une jeune femme épuisée, une vieille mémé têtue et un cuisinier grossier. Tous sont pleins de bleus, pleins de bosses et tous ont un cœur gros comme ça (non, plus gros encore !)... C'est la théorie des dominos à l'envers. Ces quatre-là s'appuient les uns sur les autres mais au lieu de se faire tomber, ils se relèvent. On appelle ça l'amour.

Biographie de l'auteur
Anna Gavalda est née le 9 décembre 1970. Elle vit dans la région parisienne. Elle a deux enfants très mignons et écrit quand ils sont à l'école. Le reste du temps, elle regarde les gens vivre. Ensemble, c'est tout est son quatrième livre après Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, Je l'aimais (Le Dilettante) et 35 kilos d'espoir (Bayard jeunesse)

Mon avis : (lu en mai 2004)

J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre. Je l'ai lu avec beaucoup de bonheur et j'avais beaucoup de mal à lâcher le livre. C'est une histoire de solidarité entre des personnages « cabossés » par la vie mais si attachants. On voudrait les connaître pour de vrai et faire partie de cette vie qu'ils se construisent doucement "ensemble". Ce livre nous fait du bien. A la fin du livre, j'aurai aimé qu'il ne soit pas fini, tellement cette histoire était belle !

ensemble_c_est_tout_film

J'ai également bien aimé le film tiré du livre, même s'il est difficile d'adapter un livre de 600 pages en 1h37. Film réalisé par Claude Berri, avec Audrey Tautou, Guillaume Canet, Laurent Stocker, Françoise Bertin. Sortie le 21 Mars 2007.

Extraits :

1

Paulette Lestafier n’était pas si folle qu’on le disait. Bien sûr qu’elle reconnaissait les jours puisqu’elle n’avait plus que ça à faire désormais. Les compter, les attendre et les oublier. Elle savait très bien que c’était mercredi aujourd’hui. D’ailleurs elle était prête ! Elle avait mis son manteau, pris son panier et réuni ses coupons de réductions. Elle avait même entendu la voiture de la Yvonne au loin… Mais voilà, son chat était devant la porte, il avait faim et c’est en se penchant pour reposer son bol qu’elle était tombée en se cognant la tête contre la première marche de l’escalier. Paulette Lestafier tombait souvent, mais c’était son secret. Il ne fallait pas en parler, à personne. «À personne, tu m’entends? » se menaçait-elle en silence. «Ni à Yvonne, ni au médecin et encore moins à ton garçon…» Il fallait se relever lentement, attendre que les objets redeviennent normaux, se frictionner avec du Synthol et cacher ces maudits bleus. Les bleus de Paulette n’étaient jamais bleus. Ils étaient jaunes, verts ou violacés et restaient longtemps sur son corps. Bien trop longtemps. Plusieurs mois quelquefois… C’était difficile de les cacher. Les bonnes gens lui demandaient pourquoi elle s’habillait toujours comme en plein hiver, pourquoi elle portait des bas et ne quittait jamais son gilet. Le petit, surtout, la tourmentait avec ça :

Alors mémé? C’est quoi ce travail ? Enlève-moi tout ce bazar, tu vas crever de chaud !

Non, Paulette Lestafier n’était pas folle du tout. Elle savait que ses bleus énormes qui ne partaient jamais allaient lui causer bien des ennuis un jour… Elle savait comment finissent les vieilles femmes inutiles comme elle. Celles qui laissent venir le chiendent dans leur potager et se tiennent aux meubles pour ne pas tomber. Les vieilles qui n’arrivent pas à passer un fil dans le chas d’une aiguille et ne se souviennent même plus de comment on monte le son du poste. Celles qui essayent tous les boutons de la télécommande et finissent par débrancher l’appareil en pleurant de rage. Des larmes minuscules et amères. La tête dans les mains devant une télé morte. Alors quoi ? Plus rien ? Plus jamais de bruit dans cette maison ? Plus de voix ? Jamais ? Sous prétexte qu’on a oublié la couleur du bouton ? Il t’avait mis des gommettes pourtant, le petit… Il te les avait collées les gommettes ! Une pour les chaînes, une pour le son et une pour éteindre ! Allons, Paulette ! Cesse de pleurer comme ça et regarde donc les gommettes ! Arrêtez de me crier dessus vous autres… Elles sont parties depuis longtemps, les gommettes… Elles se sont décollées presque tout de suite… Ça fait des mois que je cherche le bouton, que j’entends plus rien, que je vois juste les images avec un tout petit murmure… Criez donc pas comme ça, vous allez me rendre sourde encore en plus…

[...]

4

À quand remontent vos dernières règles ?

Elle était déjà derrière le paravent en train de se battre avec les jambes de son jean. Elle soupira. Elle savait qu’il allait lui poser cette question. Elle le savait. Elle avait prévu son coup pourtant… Elle avait attaché ses cheveux avec une barrette en argent bien lourde et était montée sur cette putain de balance en serrant les poings et en se tassant le plus possible. Elle avait même sautillé un peu pour repousser l’aiguille… Mais non, ça n’avait pas suffi et elle allait avoir droit à sa petite leçon de morale…

Elle l’avait vu à son sourcil tout à l’heure quand il lui avait palpé l’abdomen. Ses côtes, ses hanches trop saillantes, ses seins ridicules et ses cuisses creuses, tout cela le contrariait. Elle finissait de boucler son ceinturon tranquillement. Elle n’avait rien à craindre cette fois-ci. On était à la médecine du travail, plus au collège. Un baratin pour la forme et elle serait dehors.

Alors ?

Elle était assise en face de lui à présent et lui souriait. C’était son arme fatale, sa botte secrète, son petit truc en plumes. Sourire à un interlocuteur qui vous embarrasse, on n’a pas encore trouvé mieux pour passer à autre chose.

Hélas, le bougre était allé à la même école… Il avait posé ses coudes, croisé ses mains et posé par-dessus tout ça un autre sourire désarmant. Elle était bonne pour répondre. Elle aurait dû s’en douter d’ailleurs, il était mignon et elle n’avait pas pu s’empêcher de fermer les yeux quand il avait posé ses mains sur son ventre…

Alors ? Sans mentir, hein ? Sinon, je préfère que vous ne me répondiez pas.

Longtemps…

Évidemment, grimaça-t-il, évidemment… Quarante-huit kilos pour un mètre soixante-treize, à ce train-là vous allez bientôt passer entre la colle et le papier…

Le papier de quoi ? fit-elle naïvement.

Euh… de l’affiche…

Ah ! De l’affiche ! Excusez-moi, je ne connaissais pas cette expression…

Il allait répondre quelque chose et puis non. Il s’est baissé pour prendre une ordonnance en soupirant avant de la regarder de nouveau droit dans les yeux :

Vous ne vous nourrissez pas ?

Bien sûr que si je me nourris !

Une grande lassitude l’envahit soudain. Elle en avait marre de tous ces débats sur son poids, elle en avait sa claque. Bientôt vingt-sept ans qu’on lui prenait la tête avec ça. Est-ce qu’on ne pouvait pas parler d’autre chose ? Elle était là, merde ! Elle était vivante. Bien vivante. Aussi active que les autres. Aussi gaie, aussi triste, aussi courageuse, aussi sensible et aussi décourageante que n’importe quelle fille. Il y avait quelqu’un là-dedans ! Il y avait quelqu’un… De grâce, est-ce qu’on ne pouvait pas lui parler d’autre chose aujourd’hui ?

Vous êtes d’accord, n’est-ce pas ? Quarante-huit kilos, ça ne fait pas bien lourd…

Oui, acquiesça-t-elle vaincue, oui… Je suis d’accord… Il y a longtemps que je n’étais pas descendue aussi bas… Je…

Vous?

Non. Rien.

Dites-moi.

Je… J’ai connu des moments plus fastes, je crois…

Il ne réagissait pas.

Vous me le remplissez, ce certificat ?

Oui, oui, je vais vous le faire, répondit-il en s’ébrouant, euh… C’est quoi cette société déjà ?

Laquelle ?

Celle-ci, là où nous sommes, enfin la vôtre…

Touclean.

Pardon?

Touclean.

T majuscule o-u-c-l-i-n-e, épela-t-il.

Non, c-l-e-a-n, rectifia-t-elle. Je sais, ce n’est pas très logique, il aurait mieux valu « Toupropre », mais je pense qu’ils aimaient bien ce côté yankee, vous voyez… C’est plus pro, plus… wondeurfoule drim tim…

Il ne voyait pas.

C’est quoi exactement ?

Pardon?

Cette société ?

Elle s’adossa en tendant ses bras devant elle pour s’étirer et c’est avec une voix d’hôtesse de l’air qu’elle déclina, le plus sérieusement du monde, les tenants et les aboutissants de ses nouvelles fonctions :

Touclean, mesdames et messieurs, répond à toutes vos exigences en matière de propreté. Particuliers, professionnels, bureaux, syndics, cabinets, agences, hôpitaux, habitats, immeubles ou ateliers, Touclean est là pour vous satisfaire. Touclean range, Touclean nettoie, Touclean balaye, Touclean aspire, Touclean cire, Touclean frotte, Touclean désinfecte, Touclean fait briller, Touclean embellit, Touclean assainit et Touclean désodorise. Horaires à votre convenance. Souplesse. Discrétion. Travail soigné et tarifs étudiés. Touclean, des professionnels à votre service !

Elle avait débité cet admirable laïus d’une traite et sans reprendre son souffle. Son petit french docteur en resta tout abasourdi :

C’est un gag ?

Bien sûr que non. D’ailleurs vous allez la voir la dream team, elle est derrière la porte…

Vous faites quoi au juste ?

Je viens de vous le dire.

Non, mais vous… Vous!

Moi? Eh bien, je range, je nettoie, je balaye, j’aspire, je cire et tout le bazar.

Vous êtes femme de mén…?

Ttt…technicienne de surface, je préfère…

Il ne savait pas si c’était du lard ou du cochon.

Pourquoi vous faites ça ?

Elle écarquilla les yeux.

Non, mais je m’entends, pourquoi « ça » ? Pourquoi pas autre chose ?

Pourquoi pas ?

Vous n’avez pas envie d’exercer une activité plus… euh…

Gratifiante ?

Oui.

Non.

Il est resté comme ça encore un moment, le crayon en l’air et la bouche entrouverte puis a regardé le cadran de sa montre pour y lire la date et l’a interrogée sans lever le nez :

Nom?

Fauque.

Prénom?

Camille.

Date de naissance ?

17 février 1977.

Tenez, mademoiselle Fauque, vous êtes apte au travail…

Formidable. Je vous dois combien ?

Rien, c’est… euh… C’est Touclean qui paye.

Aaaah Touclean ! reprit-elle en se levant et dans un grand geste théâtral, me voilà apte à nettoyer des chiottes, c’est merveilleux…

Il la raccompagna jusqu’à la porte. Il ne souriait plus et avait remis son masque de grand ponte consciencieux. En même temps qu’il appuyait sur la poignée, il lui tendit la main :

Quelques kilos quand même ? Pour me faire plaisir…

Elle secoua la tête. Ça ne marchait plus ces trucs-là avec elle. Le chantage et les bons sentiments, elle en avait eu sa dose.

On verra ce qu’on peut faire, elle a dit. On verra…

Samia est entrée après elle. Elle descendit les marches du camion en tâtant sa veste à la recherche d’une cigarette. La grosse Mamadou et Carine étaient assises sur un banc à commenter les passants et à râler parce qu’elles voulaient rentrer chez elles.

Alors ? a rigolé Mamadou, qu’est-ce que tu trafiquais là deu-dans? J’ai mon RER, moi ! Il t’a maraboutée ou quoi ?

Camille s’est assise sur le sol et lui a souri. Pas le même genre. Un sourire transparent, cette fois. Sa Mamadou, elle ne faisait pas sa maligne avec elle, elle était bien trop forte…

Il est sympa ? a demandé Carine en crachant une rognure d’ongle.

Super.

Ah, je le savais bien ! exulta Mamadou, je m’en doutais bien de ça ! Hein que je te l’ai dit à toi et à Sylvie, qu’elle était toute nue là-deu-dans !

Il va te faire monter sur sa balance…

Qui ? Moi ? a crié Mamadou. Moi ? Il croit que je vais monter sur sa balance !

Mamadou devait peser dans les cent kilos au bas mot, elle se frappait les cuisses :

Jamais de la vie ! Si je grimpe là-deu-ssus, je l’écrabouille et lui avec ! Et quoi d’autre encore ?

Il va te faire des piqûres, a lâché Carine.

Des piqûres deu quoi d’abord ?

Mais non, la rassura Camille, mais non, il va juste écouter ton cœur et tes poumons…

Ça, ça va.

Il va te toucher le ventre aussi…

Mais voyons, se renfrognait-elle, mais voyons, bonjour chez lui. S’il touche à mon ventre, je le mange tout cru… C’est bon les petits docteurs blancs… Elle forçait son accent et se frottait le boubou.

Oh oui, c’est du bon miam-miam ça… C’est mes ancêtres qui me l’ont dit. Avec du manioc et des crêtes depoule… Mmm…

Et la Bredart, qu’est-ce qu’il va lui faire à elle ?

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80 hommes pour changer le monde - Sylvain Darnil, Mathieu Le Roux

80_hommes_pour_changer_le_monde Lattès - Avril 2005 – 282 pages

Présentation de l'éditeur
Imaginez un monde... Où une banque permet aux trois quarts de ses clients de se sortir de l'extrême pauvreté tout en étant parfaitement rentable... Où un hôpital soigne gratuitement deux patients sur trois et fait des bénéfices... Où les agriculteurs se passent de produits chimiques tout en augmentant leurs rendements... Où les emballages sont biodégradables et nourrissent la terre au lieu de la polluer... Où un entrepreneur de textile qui refuse les délocalisations parvient à doubler son chiffre d'affaires tout en payant ses employés deux fois le salaire minimum... Ce monde existe. Sylvain Darnil et Mathieu le Roux l'ont exploré. Pendant quinze mois, ils ont parcouru la planète à la recherche de ces entrepreneurs exceptionnels. Qu'ils soient architecte, chirurgien, agriculteur ou chimiste, ils ont réinventé leur métier, brisé des préjugés économiques réputés indestructibles. Loin du fatalisme ambiant, ils réussissent à construire le monde auquel ils rêvent au lieu de subir celui qui existe. Ces 80 histoires d'hommes et de femmes prouvent que les initiatives de développement durable ne sont pas des lubies d'écolos babas mais des entreprises qui marchent.

Biographie de l'auteur
Sylvain Darnil est né en 1980 ; après l'ESSCA, il part pour un grand groupe français au Brésil. Mathieu Le Roux est né en 1977; après HEC, il a travaillé au Brésil et aux Etats-Unis. Ensemble ils ont visité trente-huit pays et analysé cent treize initiatives.

Mon avis : (lu en octobre 2007)

Ce livre est vraiment très intéressant et qui redonne de l'espoir dans l'homme et dans le futur de la planète. Tous ces témoignages venant du monde entier sont riches d'enseignements. Ce livre se lit très facilement c'est un ensemble de petites "histoires vraies", de trois pages chacune environ, qui relatent des expériences originales et uniques. Les résultats de ses expériences sont exceptionnels. On voit que le bon sens et l'ingéniosité de certains tordent le cou à beaucoup de préjugés économiques.

A lire absolument pour regarder le monde avec un nouveau regard.

Extraits : voir Site dédié au livre

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17 janvier 2009

Toxic Planet, Tome 1 : Milieu naturel - David Ratte

Toxic_planet_1 Edition Paquet - mai 2006 - 55 pages

Mot de l'éditeur :
Voilà! On y est!
À force de scier la branche sur laquelle nous étions assis, elle a fini par tomber. Aujourd'hui la pollution est telle que tout le monde est obligé de porter des masques à gaz en permanence. Sam est un citoyen de ce nouveau monde. Il vit avec une charmante jeune femme dont il n'a pas vu le visage depuis des années. Il faut reconnaître que ça pose quand même quelques petits problèmes au quotidien. Mais il trouve ça normal... Il est habitué Sam... Comme tout le monde. Et puis, surtout, il ne se pose pas trop de questions. «C'est comme ça et puis c'est tout! Et puis d'abord, qu'est ce qu'on y peut?»
À l'usine où il travaille, tout le monde pense comme lui. Sauf Tran. Lui, c'est un écolo, un des derniers... Mais Sam l'aime bien quand même. Il n'est pas dangereux... Enfin, la plupart du temps.

Auteur :  David Ratte est né le 13/08/1970 à Besançon (Doubs), d'une mère franc-comtoise et d'un père guadeloupéen. Passionné de BD depius toujours, il empoigne son premier crayon vers l'âge de 2 ans et ne le lâche plus. Marié et père de deux enfants, il est installé dans le Sud de la France, à Pezenas depuis 10 ans.

Mon avis : (lu en novembre 2007)

Le sujet est grave mais le rire est très souvent présent. Entre cauchemar et réalité, l'auteur a choisi l'humour pour dénoncer le triste d'état de notre planète et nous faire réagir avant qu'il soit trop tard... Ses personnages portent en permanence des masques à gaz, une fumée toxique et verdâtre omniprésente et une nature qui a définitivement abdiqué…

Une façon originale et efficace pour nous sensibiliser aux problèmes écologiques.

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14 janvier 2009

L'homme qui voulait être heureux – Laurent Gounelle

l_homme_qui_voulait__tre_heureux Anne Carrière Editions – février 2008 – 221 pages

Présentation de l'éditeur
Imaginez...
Vous êtes en vacances à Bali et, peu de temps avant votre retour, vous consultez un vieux guérisseur. Sans raison particulière, juste parce que sa grande réputation vous a donné envie de le rencontrer, au cas où...
Son diagnostic est formel : vous êtes en bonne santé, mais vous n'êtes pas heureux.
Porteur d'une sagesse infinie, ce vieil homme semble vous connaître mieux que vous-même. L'éclairage très particulier qu'il apporte à votre vécu va vous entraîner dans l'aventure la plus captivante qui soit : celle de la découverte de soi. Les expériences dans lesquelles il vous conduit vont bouleverser votre vie, en vous donnant les clés d'une existence à la hauteur de vos rêves.
Avec L'homme qui voulait être heureux, c'est tout un monde de possibilités nouvelles qui s'ouvre à nous à la lecture de cette histoire passionnante, où l'on découvre comment se libérer de ce qui nous empêche d'être vraiment heureux.

Biographie de l'auteur
Laurent Gounelle est spécialiste du développement personnel. Depuis quatorze ans, il parcourt le monde à la rencontre de praticiens exceptionnels, qu'ils soient experts américains en neurosciences, shamans péruviens ou sages balinais.

Mon avis : 5/5 (lu en janvier 2009)

Une lecture qui fait beaucoup de bien. Ce livre est riche d'enseignements, il nous amène à nous poser les bonnes questions pour mieux diriger sa vie. On ressort de cette lecture avec de vraies pistes de réflexions et plein d'optimisme.

Une leçon de sagesse à consommer sans modération !

Extraits :

Le vieil homme ( Maître Samtyang)
«
- Une vie réussie est une vie que l'on a menée conformément à ses souhaits, en agissant toujours en accord avec ses valeurs, en donnant le meilleur de soi-même dans ce que l'on fait, en restant en harmonie avec qui l'on est, et, si possible, une vie qui nous a donné l'occasion de nous dépasser, de nous consacrer à autre chose qu'à nous-mêmes et d'apporter quelque chose à l'humanité, même très humblement, même si c'est infime. Une petite plume d'oiseau confiée au vent. Un sourire pour les autres » (p.179)

« - C'est juste pour vous dire que le choix vous appartient.  À certains moments, dans la vie, on n'a pas forcément beaucoup de choix, et ceux-ci sont peut-être douloureux, mais ils existent et, au final, c'est vous qui  déterminez ce que vous vivez: vous avez toujours le choix, et c'est bien de garder à l'esprit cette idée » (p.188)

« Pour moi une nouvelle vie commençait, et dorénavant, ce serait MA vie, fruit de mes décisions, de mes choix, de ma volonté. Adieu les doutes, les hésitations, les peurs d'être jugé, de ne pas être capable, de ne pas être aimé. Je vivrai chaque instant en conscience, en accord avec moi-même et mes valeurs. je resterai altruiste, mais en gardant à l'esprit que le premier cadeau à faire aux autres est mon équilibre. J'accepterai les difficultés comme des épreuves à passer, des cadeaux que m'offrent la vie pour apprendre ce que je dois apprendre afin d'évoluer. Je ne serai plus victime des évènements, mais acteur d'un jeu dont les règles se découvrent au fur et à mesure, et dont la finalité gardera toujours une part de mystère. » (p.216)

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Elle fait des galettes, c’est toute sa vie – Karine Fougeray

Elle_fait_les_galettes__c_est_toute_sa_vie Pocket – février 2005 - 118 pages

Présentation de l'éditeur
" Elle nous nourrit de galettes. C'est sa façon à elle de donner de l'amour. " C'est la Bretagne avec un bistrot sur la cale, une chapelle en haut de la falaise, une grève à marée basse. Avec ses hommes de mer aimés par des femmes à terre, ses jeunes, ses petites vieilles, ses pêcheurs qui n'en sont pas, ses fillettes qui n'aiment pas naviguer. C'est aussi un stage de voile et des chansons de marins. Et ce sont, surtout, des caractères bien trempés... Une promenade inattendue qui vous laissera sur les lèvres un goût d'embruns et de beurre salé.

Biographie de l'auteur
Karine Fougeray est graphiste. Elle est née à Saint-Malo en 1963 où elle passe son enfance et son adolescence. Après 17 années de vie parisienne, elle revient s'installer en Bretagne, de retour dans sa région, l'envie d'écrire la gagne. Son premier ouvrage, Elle fait des galettes, c'est toute sa vie, a paru en 2005 aux éditions Delphine Montalant. Son premier roman est paru en 2008, Ker Violette.
Mon avis : 5/5 (lu en février 2008)

C'est un recueil de 14 nouvelles qui sentent bon la Bretagne mais pas seulement... C'est un hymne à la Bretagne et à la mer, aux gens de mer. Les personnages sont attachants, ils nous semblent familiers. Ce livre est un concentré de simplicité, de tendresse et d'humour mais aussi de dérision et de cruauté.
Moi qui aime la Bretagne et le bord de mer j'ai été ému et j'ai trouvé ce livre savoureux comme des galettes !
Extrait : (p.11)

« Pour la pâte, elle sait parfaitement comment s'y prendre, elle possède le coup de main comme on dit. A huit heures, chaque vendredi matin, le rituel se met en marche. Elle extirpe du placard la bassine en émail et la pose au fond de l'évier. A côté, sur l'égouttoir, elle place le paquet de sarrasin, libère au robinet un mince filet d'eau et fait en sorte que celui-ci ruisselle doucement sur la paroi de céramique blanche. Ses gestes sont si huilés, si répétés, si râpés aux coudes que son chat Mistigri pourrait les mimer s'il était moins gros.

Louise, ma cousine qui commence à avoir des seins, utilise des grands mots en racontant qu'elle monte sa pâte en plusieurs étapes religieuses et éternelles. Elle dit que c'est une messe de quatre heures, une confession d'amoureuse éternellement recommencée du fond de cette bassine cabossée.

Amoureuse de sa bassine, Mémé ? Moi, je vois juste de l'eau, de la farine. De la farine et de l'eau. On n'ose pas lui demander les quantités. On n'ose pas lui demander les proportions. On n'ose pas lui demander d'expliquer.

A midi, elle remonte des profondeurs de la cave le lourd galetier qui lui vient de sa mère, et qui, du temps de sa mère, lui venait de sa mère à elle. Mistigri lui jette un regard envieux au moment où elle enfonce dans le pot de saindoux le tampon à graisser, lui faisant opérer une légère rotation de gauche à droite pour l'imbiber suffisamment, mais pas trop. Le galetier est déjà chaud et, comme on n'a plus le droit d'être dans ses pattes, on entend sans le voir le grésillement de la graisse animale qui se liquéfie en traînées circulaires et brillantes sur la fonte noire et brûlante.

Elle nous nourrit de galettes. C'est sa façon à elle de donner de l'amour. »

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