22 novembre 2009

Seule Venise - Claudie Gallay

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Éditions du Rouergue – mars 2004 – 304 pages

Actes Sud – décembre 2005 – 302 pages

Éditions du Rouergue – mai 2009 – 236 pages

Présentation de l'éditeur :

A quarante ans, quittée par son compagnon, elle vide son compte en banque et part à Venise, pour ne pas sombrer. C'est l'hiver, les touristes ont déserté la ville et seuls les locataires de la pension où elle loge l'arrachent à sa solitude. Il y a là un aristocrate russe en fauteuil roulant, une jeune danseuse et son amant. Il y a aussi, dans la ville, un libraire amoureux des mots et de sa cité qui, peu à peu, fera renaître en elle l'attente du désir et de l'autre.
Dans une langue ajustée aux émotions et à la détresse de son personnage, Claudie Gallay dépeint la transformation intérieure d'une femme à la recherche d'un nouveau souffle de vie. Et médite, dans le décor d'une Venise troublante et révélatrice, sur l'enjeu de la création et sur la force du sentiment amoureux

Auteur : Née en 1961, Claudie Gallay vit dans le Vaucluse. Elle est institutrice dans la campagne d'Orange, deux jours par semaine. Elle passe le reste de son temps à écrire dans son village natal, Saint-Savin, où elle puise toute son inspiration. Elle a publié plusieurs romans aux éditions du Rouergue : L'Office des vivants (2000), Mon amour ma vie (2002), Seule Venise (2004) et Dans l'or du temps (2006), Les déferlantes (2008).

Mon avis : (lu en novembre 2009)

J'ai découvert Claudie Gallay avec les déferlantes qui a été pour moi un vrai coup de coeur et depuis j'ai lu presque tous ses livres. « Seule Venise » (livre que je me suis offert) est dans ma PAL depuis très longtemps car j'ai toujours des livres de la bibliothèque plus pressés à lire...

Je profite donc du challenge « Les coups de cœurs de la blogosphère » et la proposition de Gil de découvrir l'auteur Claudie Gallay pour sortir de ma PAL « Seule Venise » et enfin le lire.

Ce livre est à la fois l'histoire de la narratrice femme de 40 ans qui vient d'être quittée et qui part sur un coup de tête à Venise et un hommage à cette ville mystérieuse et envoûtante. La narratrice loge dans une pension tenue par Luigi, elle y rencontre un prince russe en chaise roulante et un couple d'amoureux, Carla et Valentino. Elle se perd dans les rues de Venise pour la découvrir, elle va rencontrer un libraire, qui lui donne le goût des livres et lui fait découvrir les côtés cachés de Venise. On est sous le charme des descriptions précises et magnifiques de la Venise envoûtante en hiver, humide, désertée par les touristes et où l'on rencontre les vrais vénitiens. On ressent à la fois la mer, l'histoire, le vent et le froid. Ce roman est plein de mélancolie mais il va accomplir son rôle de guérison.

Pour imaginer Venise que je ne connais pas, je me suis souvenue d'un film vu il n'y a quelques mois sur Arte « Vacances à Venise » de David Lean avec Katharine Hepburn (film de 1955). Et en refermant le livre, j'éprouve une véritable envie de partir en voyage à Venise, de préférence à une époque sans touriste... Un très beau livre.

Extrait : (page 39)

Le matin, je marche. Je me perds. À midi, je rejoins les quais. Je déjeune dans une trattoria avec vue sur la lagune, l'île du Lido au loin et sur la droite, le palais des Doges. Il n'y a personne. Pas de touristes. C'est l'hiver.
Luigi m'a dit profitez-en, quand la bora va se mettre à souffler vous ne pourrez plus aller là-bas.
La bora, le vent des fous.
Un vent d'est qui descend des plateaux et vient se finir là, sur les bords de l'Adriatique.
Un vent voyageur.
La bora.
Début d'après-midi. Une brume légère tombe sur la ville, la lumière devient blanche, elle recouvre tout, elle trahit les formes, les ombres. Elle trompe les distances.
Un homme qui promène son chien m'explique qu'en face, sur l'île de la Cuidecca, il y a une prison pour femmes. Il dit que l'été, quand il fait très chaud, il les entend crier. Il dit aussi que les marins s'approchent pour entendre ces cris-là. Que certains en deviennent fous. Qu'ils ne veulent plus quitter Venise à cause de ces cris.
- Au printemps dernier, le Belem a accosté ici, Riva Degli Schiavoni.
- Le Belem ?
- Un voilier magnifique. Il fait le tour du monde.
Il me montre l'endroit. Il dit que c'est quelque chose de merveilleux la vue de ce trois-mâts à Venise. Dans cette lumière, avec toutes les hommes en salut sur le pont.

Extrait : "Toujours, des hommes et des femmes se sont rencontrés à Venise. Toujours, des hommes et des femmes se sont aimés. Ont bravé le vent.
Je vous regarde.
Je ne vous connais pas. Je vous rencontre.
- Vous rougissez.
Je détourne la tête.
Vous souriez.
C'est à cause de ça.
Votre sourire. Et votre voix. J'ai aimé votre voix comme on aime un corps.
On regarde ailleurs. L'eau découvre les marches, le bois pourissant des pieux.
Avec les lumières, on voit à l'intérieur des palais. Les lustres éclairés.
- Les vénitiens sont là. Ils seront là jusqu'à la fin.
Vous aussi vous êtes là, je dis, mais pas suffisamment fort. Vous n'entendez pas."

Lu dans le cadre du challenge coeur_vs3 proposition de Gil

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21 novembre 2009

La vague – Todd Strasser

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JC GAWSEWITCH EDITEUR – mars 2008 - 220 pages

Pocket – février 2009 – 221 pages

Présentation de l'éditeur
Cette histoire est basée sur une expérience réelle qui a eu lieu aux Etats-Unis dans les années 1970. Pour faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves, Ben Ross, professeur d'histoire, crée un mouvement expérimental au slogan fort : " La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l'Action. " En l'espace de quelques jours, l'atmosphère du paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire : avec une docilité effrayante, les élèves abandonnent leur libre arbitre pour répondre aux ordres de leur nouveau leader, lui-même totalement pris par son personnage. Quel choc pourra être assez violent pour réveiller leurs consciences et mettre fin à la démonstration?

Biographie de l'auteur
Todd Strasser, né en 1950, est new-yorkais. Il a publié de nombreux romans traduits dans plus d'une douzaine de langues. La Vague est parue en 2008 chez Jean-Claude Gawsewitch Éditeur. Vendu à plus d' 1,5 million d'exemplaires en Europe, le livre a été adapté au cinéma.

Mon avis : (lu en novembre 2009)

A la demande de mes fils aînés (16 et 14 ans), j'ai eu l'occasion de voir le film en mars dernier. Je voulais donc également lire le livre. Dans le film, l'histoire se passe en Allemagne et non aux États-Unis. La fin du film est différente de celle du livre sans doute pour mieux frapper les esprits. J'ai trouvé le film est aussi fort que le livre. Le livre raconte l'expérience qui a été faite aux États-Unis dans les années 1970 par un professeur d'histoire pour expliquer le mécanisme du nazisme et répondre à la question d'un élève "Comment ont-ils pu faire cela ?". Petit à petit, le professeur inculque à ses élèves les notions de discipline, de cohésion, d'action... En quelques jours, le mouvement créé par le professeur sous le nom de « La Vague » le dépasse lui-même. Comment va-t-il pouvoir arrêter l'expérience ?

Ce livre existe depuis 1981 en langue anglaise et en Allemagne il est devenu un manuel d'histoire. En France, il n'a été traduit et publié qu'en 2008. Ce livre décrit parfaitement comment le pouvoir d'un groupe peut conduire à la perte du libre arbitre de l'individu. A lire et à faire lire aux lycéens !

La Vague (die Welle) est un film allemand réalisé par Dennis Gansel en 2008. L'histoire se passe en Allemagne, un professeur de lycée (Gymnasium) qui suite à des questions de ses élèves sur le régime nazi lors d'une semaine thématique sur l'autocratie, décide de mettre en place dans son cours une communauté fonctionnant comme une unité possédant un symbole, un salut, un uniforme, des règles : la vague. Mais la situation finit par devenir incontrôlable.

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18 novembre 2009

En pause...

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L’été chagrin – Henri Husetowski

lu dans le cadre de l'opération babelio

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Présentation de l'éditeur
Été 42. David ne s'en laisse pas raconter. Sa mère, veuve Yourguevitch, a eu l'intelligence de se remarier avec M. Duval. Pour plus de sécurité, elle a fait baptiser David. Elle est formelle. Maintenant, tous les deux sont de vrais français. Ils n'ont rien à craindre ! Il faut juste que David fasse plaisir à sa maman, qu'il ne soit pas un fainéant comme son père, et qu'il devienne ingénieur. Mais une nuit, cet été-là, des voitures noires et des camions viennent chercher tous les juifs du quartier. Par miracle, David leur échappe. Seul, soudain, son monde s'effondre. Seul, il comprend que sa mère et les adultes lui ont menti. Sur qui pourra-t-il compter désormais, alors qu'il lui faut tout quitter ?... L'Été chagrin est un premier roman bouleversant. Sans pathos, avec humour, Henri Husetowski brosse le portrait attachant d'un enfant pris dans la tourmente de l'histoire. Un roman fort, pour les adultes comme pour les adolescents.

Auteur : Né à Bordeaux de parents émigrés de Pologne, Henri Husetowski est un éducateur, aujourd’hui à la retraite. Il vit à Paris. L’Eté chagrin, son premier roman, est inspiré de faits réels.

Mon avis : (lu en novembre 2009)

David a bientôt 11 ans, il nous raconte, avec ses mots d'enfant de 11 ans et malgré tout de l'humour, 3 semaines de cette été 1942. Il vit à Paris dans un quartier juif et en juillet 1942 c'est la rafle du Vél d’Hiv. Sa mère est d'origine juive polonaise et s'est remariée avec Monsieur Duval, David a été baptisé. Elle n'arrête pas de lui affirmer qu'ils sont maintenant devenus tous les deux de vrais français. Et pourtant, il doit faire attention, certaines nuits sa mère même l'envoie dormir chez un voisin. C'est perturbant pour ce jeune garçon, qui se réfugie dans son imagination en inventant son propre monde où il est un grand résistant qui mène le combat et qui tue les allemands et les collabos qui viennent faire du mal à ses voisins et son copain Yacov, cela lui fait faire des bêtises qui vont le mettre en danger ainsi que les autres. Il échappera aux rafles et grâce au Père Noisiel et Madame Lafayette il va être envoyé à la campagne dans les Deux-Sèvres. On lui donnera un nouveau nom Daniel Renard. David est très touchant dans sa fragilité tantôt ange, tantôt petit diable. Le choc des évènements a réveillé en lui des peurs qui le hantent. Il se sent seul, il ne sait plus si il est ou n'est pas juif... La conclusion est constituée de lettres qui nous éclairent sur la fin de l'histoire.

Un très bon roman sur la guerre qui a été inspiré par des faits réels.

Merci aux éditions Buchet * Chastel de m'avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : (page 40)
« Yacov rigole maintenant, il jubile. Moi, j’ai des larmes sur les joues, je sais pas si je pleure ou si je ris. On sort, je claque la porte de la boutique le plus fort que je peux, l’étalage dans la vitrine s’effondre. Yacov redit « olé ! ». Il se place devant la vitrine effondrée et crie : « A bas Hitler, à bas Régéla ! »

Il est vraiment con ce con, on va se faire remarquer et c’est pourtant pas le moment avec tous les Allemands qu’on voit partout. Je lui dis : « Yacov, t’es con, tu peux pas savoir », mais il entend pas.
Et je suis brusquement inspiré. Je me plante devant la boutique pendant que dedans Fêtnat a l’air de discuter sec avec Régala, et je gueule : « Le garde champêtre qui pue qui pète, qui prend son cul pour une trompette ! » Elle est envoyée celle-là !
Yacov, jaloux qu’il est de moi, veut pas être en reste. A son tour il gueule : « Allô, allô, y’a d’la merde dans le tuyau ! »
Le menuisier ébéniste sort de son atelier, appuyé sur sa béquille. Il dit : « Nom de Dieu, mais c’est la révolution, comme en trente-six ! » Il gueule : « Vive la République ! » Et il s'en retourne dans son atelier. Le menuisier ébéniste, c’est Antonio Villafranca, il est arrivé en France en 1937 et s’est installé ici. Maman m’a dit qu’il a dû partir de l’Espagne parce qu’il ne s’entendait pas avec un certain Franco. Ce Franco, c'est un gars qu'a fait du mal à beaucoup de gens et qui n'aime personne, même pas les enfants, plein sont morts à cause de lui.

Là, j'ai pas cru maman, parce que quand on est un enfant on meurt pas, c'est évident. Alors je lui ai dit que c'est pas vrai et elle m'a répondu que c'est pas parce que je suis le plus intelligent de la France que j'ai toujours raison. »

lu dans le cadre de l'opération babelio avec buchet_chastel

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17 novembre 2009

Les copains d'Aristide – Claude Michelet

les_copains_d_aristide Éditions France loisirs – janvier 2005 – 170 pages

Quatrième de couverture :

Il y a ceux qui naissent sous une bonne étoile, bénis des dieux, heureux au jeu et en amour et il y a... Aristide. Roi de la guigne, prince de la poisse, il a fait de la malchance son sport favori, son hobby à plein temps. Tout ça à cause d'un nom à coucher dehors, car notre Aristide s'appelle... Klobe.
Après une scolarité passée sur le banc des colles, un service militaire à l'ombre du trou et mille petits boulots ingrats, notre homme au nom impossible mais à la plume talentueuse se fait engager comme nègre chez un éditeur aussi âpre au gain qu'aux jupons. Mais ce jour-là, Aristide aurait sans doute mieux fait de se casser une jambe ou de briser un miroir !

Auteur : Claude Michelet est né en Corrèze en 1938, dernier d'une famille de sept enfants. Son premier roman, La Grande Muraille, paraît en 1969. Suivi d'Une fois sept (1970), Mon père Edmond Michelet (1971), Roche-flame (1973). Le succès vient en 1975 avec J'ai choisi la terre, et avec Cette terre est la vôtre (1977) sur le même thème. Et la consécration en 1980, quand le prix des Libraires couronne Des grives aux loups (paru en septembre 1979). Les palombes ne passeront plus, suite du précédent roman, paraît à l'automne de 1980. La série télévisée réalisée par Philippe Monnier a accru encore la diffusion de cette suite romanesque.

Mon avis : (lu en novembre 2009)

C'est un peu par hasard que j'ai pris ce petit livre à la bibliothèque. Ayant déjà lu des livres de Claude Michelet avec La Grande Muraille puis Des grives aux loups (tome 1 à 4) il y a quelques années, j'ai été attirée par celui-ci peut-être grâce aux canetons de la couverture ?

Ce livre ne ressemble en rien à ceux que j'avais déjà lu du même auteur. Ce livre commence par la citation d'Eugène Labiche « Les chanceux sont ceux qui arrivent à tout... Les malchanceux sont ceux à qui tout arrive. » En effet c'est l'histoire d'Aristide Klobe qui a toujours été malchanceux à cause de son patronyme difficile à prononcer et à retenir qui l'entraîne dans des situations difficiles à l'école, au service militaire puis dans la vie professionnel. Ce roman se lit très facilement et est plutôt amusant, mais sans plus. Cependant, je n'ai pas compris la raison de la présence des canetons sur la couverture du livre...

Extrait : (début du livre)

« Si leur ramassage n'était pas interdit – mais qu'est-ce qui n'est pas interdit de nos jours ? - il ferait un temps à chercher les escargots, pensa l'homme en regardant la pluie qui frappait avec violence la fenêtre située derrière sa persécutrice.

« Mais évidemment, avec la malchance qui me poursuit depuis sa naissance, il a fallu que cette virago me convoque aujourd'hui ! De toute façon, si cette imbécile qui se gargarise de mots – car elle adore s'écouter parler, c'est évident ! - oui, si elle me lâche avant midi j'aurai quand même le temps de faire un saut jusqu'à la forêt de Rambouillet ; je suis sûr qu'elle regorge de champignons. Depuis qu'il tombe cette pluie, encore tiède pour la saison, je suis persuadé que les lactaires et les russules pullulent, et les girolles aussi !

« Mais au lieu de m'oxygéner et de me ramener de quoi me confectionner quelques solides omelettes, je suis là à feindre d'écouter les remontrances de cette vilaine garce ! Car avec la gueule qu'elle a, c'est sûrement une garce, une chamelle ! Je ne jurerais pas qu'elle ait jamais réussi à mettre un homme dans son lit ; mais si c'est le cas, le pauvre bougre n'a pas dû y faire la grasse matinée, pressé d'aller se réchauffer ailleurs ! Elle doit être aussi impossible à dégeler qu'un congélateur en marche et elle me fout vraiment la trouille ! Elle a des yeux à vous expédier à la guillotine...

- Vous m'écoutez au moins ? Lança sèchement la femme.

- Mais oui madame le juge, assura l'homme d'un ton qui démentait son acquiescement.

- Je vous ai déjà dit qu'on disait madame LA juge !

-Bien sûr, bien sûr, quoique du point de vue grammatical ce soit on ne peut plus douteux..., dit-il en contemplant à nouveau le ruissellement de la pluie sur les carreaux.

- Alors puisque vous m'écoutez vous comprendrez donc qu'avec les charges qui pèsent sur vous...

- Non, les soupçons, de simples soupçons infondés, coupa-t-il.

- Je dis bien les charges et je sais ce que je dis ! Vu les charges donc, je ne peux faire à moins que de préparer votre mise en examen ; elle devrait être effective sous peu. Je vous incite donc à trouver un avocat. Vous avez jusque-là négligé d'en prendre un, je ne saurai trop vous conseiller de pallier au plus vite cette carence.

- J'essaierai d'y penser.

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16 novembre 2009

Challenges

Je me suis lancée ces jours derniers dans deux Challenges pas trop difficiles à réussir, ce sont mes premiers...

1er challenge : Les coups de coeur de la blogosphère

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proposée par Audouchoc, cliquer ici pour en savoir plus...

livre n°1 : seule_venise_p  Seule Venise - Claudie Gallay  proposé par Gil

livre n°2 : elle_s_appelait_Sarah Elle s'appelait Sarah - Tatiana de Rosnay proposé par Suffy

livre n°3 : l_attrape_coeur_p L'attrape-cœurs - J. D. Salinger proposé par Anneso

livre n°4 : mon_enfant_de_berlin Mon enfant de Berlin proposé par Clarabel

2ème challenge : 100 ans de littérature américaine

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proposée par Bouboubouquine, cliquer ici pour en savoir plus...

livre n°1 : jour_de_f_tes___l_hospice_p Jours de fête à l'hospice - John Updike

livre n°2 : l_attrape_coeur_p L'attrape-cœurs - J. D. Salinger

livre n°3 : la_couleur_pourpre_p La couleur pourpre - Alice Walker 

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Le jeu de l'ange - Carlos Ruiz Zafon

le_jeu_de_l_Ange Robert Laffont – août 2009 – 536 pages

traduit de l'espagnol par François Maspero

Le Mot de l'éditeur :

« Je t’emmènerai dans un endroit secret où les livres ne meurent jamais et où personne ne peut les détruire… »

Barcelone, années 1920. David Martin, dix-sept ans, travaille au journal La Voz de la Industria. Son existence bascule un soir de crise au journal : il faut trouver de toute urgence un remplaçant au feuilletoniste dominical. Sur les conseils de Pedro Vidal, chroniqueur à ses heures, David est choisi. Son feuilleton rencontre un immense succès et, pour la première fois, David est payé pour ce qu'il aime le plus au monde : écrire.
En plein succès, David accepte l’offre de deux éditeurs peu scrupuleux : produire à un rythme effréné des feuilletons sous pseudonyme. Mais après quelques années, à bout de force, David va renoncer. Ses éditeurs lui accordent alors neuf mois pour écrire son propre roman. Celui-ci, boudé par la critique et sabordé par les éditeurs, est un échec. David est d'autant plus désespéré que la jeune fille dont il est amoureux depuis toujours - et à laquelle le livre est secrètement dédié - va épouser Pedro Vidal.
Son ami libraire, Sempere, choisit ce moment pour l’emmener au Cimetière des livres oubliés, où David dépose le sien. Puis arrive une offre extraordinaire : un éditeur parisien, Corelli, lui propose, moyennant cent mille francs, une fortune, de créer une texte fondateur, sorte de nouvelle Bible, « une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d’être tués, d’offrir leur âme ».
Du jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique du meurtre se met en place autour de David. En vendant sa liberté d’écrivain, aurait-il vendu son âme au diable ? Épouvanté et fasciné, David se lance dans une enquête sur ce curieux éditeur, dont les pouvoirs semblent transcender le temps et l’espace.

L’auteur : écrivain catalan, Carlos Ruiz Zafón vit à Los Angeles, où il est également scénariste. L'Ombre du vent, prix Planeta (2004), prix du meilleur livre étranger – roman (2004), a aussi sélectionné pour le prix Femina étranger.

Mon avis : (lu en novembre 2009)

Pour ceux qui ont déjà lu du même auteur, L'Ombre du vent, il ne faut surtout pas imaginer qu'il s'agit d'une suite ou alors comparer ces deux livres. Pourtant, l'auteur nous fait quelques clins d'œil par rapport à L'Ombre du vent : nous retrouvons le Cimetière des livres oubliés et la librairie Sempere & Fils. Et cette histoire se passe également dans Barcelone merveilleusement décrite.

Le début du roman raconte l'ascension d'un jeune écrivain, David Martin. Tout d'abord il écrit un feuilleton hebdomadaire pour un journal de Barcelone, "La vox de la Industria". Puis il signe un contrat avec un duo d'éditeurs qui lui impose un rythme infernal pour écrire une série de livre sous un pseudonyme. Il est également fasciné par la jolie Cristina et aimerait la séduire... Il rencontre un étrange éditeur français Andreas Correli qui lui propose une très forte somme d'argent pour écrire un livre unique, qui ne ressemble à aucun autre.

L'évocation de Barcelone et de la vie des Espagnols avant la guerre civile est faite avec beaucoup de précision et de justesse, Barcelone apparaît comme une ville à la fois mystérieuse et envoûtante où les rues sont tortueuses et les habitations inquiétantes.

Ce livre est un vrai thriller fantastique qui se lit assez facilement malgré ses 537 pages car les chapitres sont cours et le rythme de l'histoire nous invite à lire sans hésiter le chapitre suivant. J'avais adoré L'Ombre du vent et j'ai beaucoup aimé Le jeu de l'Ange.

Extrait : (page 438)

"Je revins à l’hôtel en longeant le lac. Le concierge m’indiqua comment trouver l’unique librairie du village, où je pus acheter du papier et un stylo qui attendait là depuis des temps immémoriaux. Ainsi armé, je m’enfermai dans ma chambre. Je déplaçai la table de manière à la mettre devant la fenêtre et commandai un thermos de café. Je passai presque une heure à contempler le lac et les montagnes lointaines avant d’écrire un mot. Je me souvins de la vieille photo confiée par Cristina, cette image d’une enfant marchant sur une jetée en bois qui s’avançait dans la mer, dont le mystère avait toujours fui sa mémoire. J’imaginai que je suivais cette jetée, que mes pas me conduisaient derrière elle et, lentement, les mots commencèrent à couler et l’armature d’un petit récit s’esquissa au fil de la plume. J’allais écrire l’histoire dont Cristina n’avait jamais pu se souvenir, celle qui l’avait menée, enfant, à marcher au-dessus de ces eaux luisantes en tenant la main d’un inconnu. J’écrirais l’histoire de ce souvenir qui n’aurait jamais existé, la mémoire d’une vie volée. Les images et la lumière qui se dessinaient entre les phrases me ramenèrent à cette vieille Barcelone de ténèbres qui nous avait engendrés tous les deux. Je travaillai jusqu’à ce que le soleil se couche, qu’il ne reste plus une goutte de café dans le thermos et que mes yeux et mes mains me fassent mal. Je laissai tomber mon stylo et enlevai les feuilles de la table. Quand le concierge frappa à la porte pour me demander si j’allais descendre dîner, je ne l’entendis pas. Je dormais profondément et, pour une fois, je rêvais en croyant que les mots, y compris les miens, avaient le pouvoir de guérir."

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15 novembre 2009

Joyeux Anniversaire

Voilà un an, je créais ce blog pour répertorier mes livres lus et partager avec tous, les découvertes et les émotions que je pouvais ressentir à travers mes lectures.

Je me suis prise au jeu de la publication de messages et à ce jour, j'en suis à près de 300 livres commentés...

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Vous êtes bientôt 13500 visiteurs réguliers, occasionnels ou accidentels... Je suis toujours ravie de voir que mes visiteurs viennent du monde entier et je me réjouie de voir de nouveaux pays apparaître. De même pour la France, les visiteurs viennent de tous les coins de l'hexagone et même certains hors de la Métropole !

Un grand merci à celles et ceux qui laissent des commentaires que je découvre avec beaucoup de plaisir et qui participent ainsi à la vie de mon blog.

Et... je profite de l'occasion pour donner une nouvelle bannière à mon blog !

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14 novembre 2009

Dans mes yeux – Bastien Vivès

dans_mes_yeux Casterman (KSTR) – mars 2009 – 133 pages

Présentation de l'éditeur

Il la rencontre, un soir, dans une bibliothèque universitaire. Elle est étudiante, elle est séduisante, elle l’émeut immédiatement. Il va entreprendre de la conquérir, sans brusquerie, à pas comptés… De lui, on ne saura rien, ou presque. Mais l’on saura tout, en revanche, de la manière dont il la découvre et l’observe, dont il la désire, et de sa manière à elle de s’exposer, parfois plus et parfois moins, à ce regard masculin saisi par le sentiment amoureux.

Car toute la narration de Dans mes yeux – et c’est là l’un des tours de force de cet album véritablement bluffant, tant dans la forme que dans le fond – est menée de A à Z en caméra subjective et à hauteur d’homme, comme pour mieux convoquer le lecteur au coeur même de cette patiente, lente et profonde entreprise de séduction, du point de vue de ce narrateur silencieux dont on ne verra jamais le visage, dont on n’entendra jamais les mots.

Tous les menus événements ordinaires d’une vie de jeune adulte d’aujourd’hui s’y égrènent tranquillement – l’inviter au restaurant, au cinéma, l’écouter se raconter, subir ses copains rencontrés au détour d’un trottoir, aller ensemble à une soirée d’anniversaire… –, portés par une inventivité graphique et une justesse d’observation peu communes.

Très remarqué pour ses précédents livres sous la bannière de KSTR (notamment Le goût du chlore), Bastien Vivès déploie ici une nouvelle facette de son talent de dessinateur (Dans mes yeux est entièrement traité au crayon de couleur, dans une chromie très accrocheuse) et démontre avec cet album d’une grande maturité qu’il est déjà un auteur d’envergure, tout simplement.

Quatrième de couverture : "Depuis le moment où tu es venu me chercher devant la fac, j'avais envie de t'embrasser. On parlait, on parlait, mais tu ne m'embrassais pas ..."

Auteur : Né en 1984, Bastien Vivès, fraîchement dipômé de l’école des Gobelins, débute son parcours professionnel en mettant sur pied, avec quelques camarades de sa génération, un atelier de bandes dessinées en plein Paris.
On le connaît aussi sur le web sous le nom de Bastien Chanmax. il y dessine POUNGI, le Manchot rappeur amateur de gros seins…
Bastien Vivès est l’auteur de Elle(s), paru au printemps 2007, de Hollywood Jan, de Le goût du chlore sous le label KSTR.

Mon avis : (lu en novembre 2009)

Même auteur que Le goût du chlore que je viens de lire et dessin totalement différent, pour cet album, ce sont de superbes dessins au pastel. C'est l'histoire d'une rencontre entre une fille et un garçon. C'est le point de vue de l'auteur qui est vraiment original, en effet on ne verra jamais le jeune homme car c'est à travers son regard que l'on assiste à leur rencontre à la bibliothèque universitaire, aux premiers mots échangés, au premier baiser, à une visite au zoo, à une soirée d'anniversaire... Avec ce point de vue, cette histoire simple et si banale devient pleine de poésie et de sensibilité. Le lecteur ne peut qu'imaginer la présence du jeune homme qu'on ne voit pas, qui ne parle pas. Comme pour Le goût du chlore l'essentiel est dans le geste, l'attitude plutôt que dans la parole.

Une très jolie BD que je vous encourage à découvrir avec vos propres yeux !

Extrait :

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13 novembre 2009

Le goût du chlore – Bastien Vivès

le_gout_du_chlore Casterman (KSTR) – mai 2008 – 135 pages

Présentation Éditeur : C’est une histoire toute simple, d’une rare sobriété. Parce qu’il souffre du dos, un très jeune homme, dont au final on ne saura pratiquement rien de plus, se met à fréquenter une piscine sur les recommandations insistantes de son kinésithérapeute. Là, dans le bassin à la fois anonyme et rassurant où les individus ne sont plus que des corps qui nagent, au rythme monotone des longueurs ajoutées les unes aux autres, il fait la connaissance d’une jeune fille au corps et au sourire séduisants. C’est l’épanouissement de leur relation ténue, toute en silences, en esquives, en pudeur et en gestes esquissés, que va raconter Le Goût du chlore, avec une grande légèreté et un sens remarquable de la narration en images… Avec ce récit intimiste et pudique, façonné par les nuances et les non-dits, Bastien Vivès confirme qu’il est déjà devenu, en à peine plus d’un an d’intense activité, l’un des talents les plus originaux et les plus prometteurs de la nouvelle génération des auteurs français.

Auteur : Né en 1984, Bastien Vivès, fraîchement dipômé de l’école des Gobelins, débute son parcours professionnel en mettant sur pied, avec quelques camarades de sa génération, un atelier de bandes dessinées en plein Paris.
On le connaît aussi sur le web sous le nom de Bastien Chanmax. il y dessine POUNGI, le Manchot rappeur amateur de gros seins…
Bastien Vivès est l’auteur de Elle(s), paru au printemps 2007, et plus récemment de Hollywood Jan, l’un et l’autre sous le label KSTR.

Mon avis : (lu en novembre 2009)

J'avais lu la critique de cette BD il y a quelques jours sur un blog (je n'ai pas retrouvé lequel...) et tout à l'heure par hasard je le découvre à la bibliothèque. Je le feuillète... et je l'emprunte. La bibliothécaire me conseille alors d'emprunter du même auteur Dans mes yeux (prochaine lecture) .

C'est une très belle découverte. L'histoire a un lieu unique, la piscine. Les personnages : il y a le garçon atteint de scoliose qui doit aller régulièrement à la piscine sur le conseil de son kiné. Il y rencontre une jeune fille ancienne championne de natation qui va lui donner des conseils techniques. Il y a très peu de dialogues, tout est dans la suggestion : les gestes, les regards... L'univers et l'atmosphère de la piscine sont parfaitement rendus : on assiste à des scènes sous l'eau et à l'air libre, on passe par le vestiaire, la douche avant d'arriver dans le grand bain. L'esthétique du dessin est superbe : la couleur utilisée est presque essentiellement le bleu-vert. Petit bémol pour la fin où l'auteur laisse le récit ouvert, libre à l'interprétation du lecteur... Un magnifique album de BD dans lequel je vous invite à vous plonger sans tarder !

Extrait :

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Posté par aproposdelivres à 18:19 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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