04 juin 2010

Point sur mes Challenges 2010...

coeur_vs31er challenge : Les coups de coeur de la blogosphère

livre n°1 :   Seule Venise - Claudie Gallay  proposé par Gil
livre n°2 : 
Elle s'appelait Sarah - Tatiana de Rosnay proposé par Suffy
livre n°3 :
L'attrape-cœurs - J. D. Salinger proposé par Anneso
livre n°4 :
Mon enfant de Berlin -Anne Wiazemsky  proposé par Clarabel
livre n°5 : 
Ravel - Jean Echenoz proposé par Denis

livre n°6 :
Le cœur est un chasseur solitaire - Carson McCullers proposé par Brize
livre n°7 :  Le club des Incorrigibles Optimistes - Jean-Michel Guenassia proposé par Catherine

livre n°8 :
Hunger Games - Suzanne Collins proposé par Gawou et Clarabel.
livre n°9 : l'auteur Olivier Adam proposé par Amy
livre n°10 : La mécanique du cœur - Mathias Malzieu proposé par Lael

challenge_100_ans_article_300x225 2ème challenge : 100 ans de littérature américaine

livre n°1 :  Jours de fête à l'hospice - John Updike
livre n°2 : 
L'attrape-cœurs - J. D. Salinger
livre n°3 : 
La couleur pourpre – Alice Walker

livre n°4 :  Le cœur est un chasseur solitaire - Carson McCullers
livre n°5 : 
Shutter Island - Dennis Lehane

Challenge terminé (5/5 livres lus), mais je continue !

livre n°6 : Le Prince des Marées - Pat Conroy
livre n°7 : Fille noire, fille blanche - Joyce Carol Oates
livre n°8 :  Charleston Sud – Pat Conroy

livre n°9 : Un été prodigue – Barbara Kingsolver

a_lire_et_a_manger 3ème challenge : A lire et à manger - Challenge terminé !

Ce challenge est organisé par Chiffonette et il s'agit de lire un roman culinaire et d'en adapter une recette...

J'ai choisi :  Une gourmandise de Muriel Barbery, le livre a été lu et l'article et la recette ont été écrit. 

logo_challenge_ABC 4ème challenge : Challenge ABC 2010 - (19/26 livres lus)

Challenge organisé par Miss Giny et Ankya, il s'agit de lire 26 livres avec un auteur pour chaque lettre de l'alphabet... certaines lettres ont été difficiles à trouver !
Voici ma liste qui peut encore un peu évoluer :

A – Aslam Nadeem - La veine attente
B –
Benameur Jeanne – Présent ?

C – Conroy Pat – Le prince des marées

D - Decoin Didier - Les 3 vies de Babe Ozouf
E – Echenoz Jean – Ravel
F – Flynn Gillian – Les lieux sombres
G – Gavalda Anna - L'échappée belle
H –
Heuré Gilles - L'homme de cinq heures

I –
Indridason Arnaldur – Hypothermie
J – Johnson Maureen – 13 petites enveloppes bleues
K – Kingsolver Barbara - Un été prodigue
L – Läckberg Camilla – Le tailleur de pierre
M –
Mankell Henning - Les chaussures italiennes
N – Nesbø Jo - L'homme chauve-souris
O - Ovaldé Véronique - Ce que je sais de Véra Candida
P – Perez-Reverte Arturo – Le cimetière des bateaux sans noms ou Le peintre des batailles
Q – Queffelec Yann - Les noces barbares
R – Radge Anne B. – La ferme des Neshov
S –
Saubade Valérie - Happy Birthday grand-mère

T –
Tropper Jonathan - Perte et fracas

U – Udall Brady - Le destin miraculeux d'Edgar Mint

V –
de Vigan Delphine - Les heures souterraines 
W – Winkler Martin - Les Trois Médecins
X - Xinran - Chinoises
Y - Yoshida - Park Life
Z – Zweig Stefan - Le voyage dans le passé

logo_coup_de_coeur_polar_oiseaux_coeur 5ème challenge : Coup de coeur polar 2009 - Challenge terminé !

Challenge organisé par Fersenette, chaque participant fait une liste de ses 3 coups de coeur polar en 2009, puis il lira un des coups de coeur proposé qu'il ne connaît pas.

Mes trois polars coups de coeur pour 2009 sont :

1 - Millénium 1, 2 et 3 de Stieg Larsson (Suède)
2 - Hiver arctique de Arnaldur Indridason (Islande)
3 - La princesse de glace de Camilla Läckberg (Suède)

Mon choix de lecture :

livre n°1 : Shutter Island de Dennis Lehane

lire_et_cin_ma 6ème challenge : Challenge Lunettes noires sur Pages blanches

Challenge organisé par Happy Few,  il suffit de lire un roman qui a été adapté à l'écran, de voir l'adaptation en question et d'en faire un billet qui les compare.

livre n°1 prévu : Le garçon en pyjama rayé - John Boyne

film n°1 prévu : Le Garçon au pyjama rayé (The Boy in the Striped Pyjamas) - Mark Herman

Un nouveau challenge auquel je m'étais incrite en janvier et qui c'est concrétisé mi-février

challenge_caprice 7ème challenge : Challenge Caprice - Challenge terminé !

Challenge organisé par Cocola, il s'agit, à partir d'une liste de participants, de lire avant fin 2010, un livre que nous choisi un autre challengeur et soi-même de choisir un livre pour un autre challengeur.

Pour ma part, j'ai donc été défiée par La grande Stef pour lire « Le K » de Dino Buzatti.

Et j'ai défié Virginie de découvrir «La femme en vert » d'Arnaldur Indridason.

SWAP :

swap_saint_patrick Mon 1er SWAP : le Swap de la St Patrick organisé par Canel, a été une belle réussite !

swap_in_follies Je participe à un nouveau SWAP : Swap in' Follies organisé par Amanda et Manu. Je suis en train de préparer mon colis...

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03 juin 2010

Charleston Sud – Pat Conroy

Lu dans le cadre du challenge_100_ans_article_300x225

charleston_sud Albin Michel – octobre 2009 – 583 pages

traduit de l’anglais Marie-Lise Marlière et Guillaume Marlière

Quatrième de couverture :
Les romans de Pat Conroy débordent de générosité. Attendue depuis des années par les lecteurs du Prince des marées et de Beach Music, sa nouvelle saga, formidable hymne à la Caroline du Sud dont il est originaire, confirme sa réputation de monstre sacré de la littérature américaine. Chronique familiale, Charleston Sud est aussi l'histoire d'une génération. Celle du narrateur, Leo King, et d'un groupe d'adolescents venus de tous horizons : rejetons de l'aristocratie locale, orphelins des Appalaches, fils de l'entraîneur noir de football, et jumeaux d'une étonnante beauté, Sheba et Trevor Poe, qui tentent d'échapper à une mère psychotique. Le récit alterne entre 1969, année glorieuse où Leo et ses amis partent à l'assaut des barrières religieuses, sexuelles, sociales et raciales de Charleston, et 1989, où Sheba, devenue une star d'Hollywood, les supplie de retrouver son frère gay, disparu à San Francisco.
Le grand roman d'un écrivain hors normes dont la passion pour la vie et l'écriture ne connaît pas de limite.

Auteur : Né à Atlanta en 1945, Pat Conroy publie son premier roman en 1972, mais c'est Le grand Santini (1989) qui le fait vraiment connaître du public. Il rencontre un succès international avec Le Prince des Marées, qui sera adapté au cinéma en 1991 par Barbara Streisand. Il publiera ensuite Beach music et Saison noire.

Mon avis : (lu en juin 2010)

Avec ce livre, Pat Conroy nous raconte la ville de Charleston à travers de nombreux personnages et l’histoire d’une génération sur plus de vingt années à partir de 1969.

La mère de Leo King, le narrateur, est une fervente catholique et admiratrice de James Joyce, elle est proviseur de du lycée et le père de Leo y est professeur de sciences. A l’âge de huit ans, Leo a découvert son frère aîné suicidé. Il est tombé dans la dépression, il a fait des séjours en hôpital psychiatrique et il est suivi par une psychanalyste. A l’âge de quatorze ans il est trouvé au lycée en possession de cocaïne. Depuis Leo est en liberté surveillée, condamné à des travaux d’intérêt général. En 1969, il a 18 ans et il va faire plusieurs rencontres qui le marqueront pour toute sa vie : les orphelins fugueurs Starla et Niles, les jumeaux Sheba et Trevor Poe, Molly et Chad, un jeune couple de bonne famille et Ike Jefferson le fils de l’entraîneur noir du lycée. Nous retrouverons la bande d'amis en 1989 et l’auteur nous emmènera dans les bas fonds de San Francisco avant un retour à Charleston pour la conclusion.

Une histoire d'amitié et d'amour d’un groupe de copains superbes et improbables, une histoire avec de nombreux rebondissements qui m’a enchantée. Les personnages sont attachants et les descriptions de Charleston sont très belles. J’ai dévoré ce livre avec vraiment beaucoup de plaisir.

D'autres avis chez BoB.

Extrait : (page 23)
Les jardins de Charleston étaient des énigmes dissimulées dans des coffrets à bijoux couverts de lierre qui distillaient leurs parfums singuliers par-dessus de hauts murs. L'été s'était montré propice aux magnolias dont la floraison avait été tardive. Je passai devant un vieil arbre haut de quarante pied qui donnait l'impression d'avoir été choisi par une centaine de colombes désireuses de se trouver un compagnon. Mon odorat se réveilla à mesure que la température montait, tandis que la rosée commençait à brûler le jasmin et l'olivier de Chine. Mes aisselles se mouillèrent et je me mis à gratifier de ma propre odeur les rues où le café commençait à passer dans des cuisines invisibles, où le bruit des journaux frappant le bois tendre des auvents résonnait comme si des rougets sautaient de joie dans des lagons géants. Une fois que j’eus tourné à droite dans Legare, je filai à toute allure et réussis mon jet le plus long de toute la matinée en direction de l’hôtel particulier qui se trouvait derrière la Sword Gate House. Le journal atteignit la troisième marche. En arrivant au bout de la rue, devant la Ravenel House, je fis le premier véritable raté d’une matinée remarquable par sa précision mécanique, et j’envoyai un journal dans un massif de camélias gigantesques. Je descendis de bicyclette, franchis la porte, récupérai le journal dans les branches supérieures et le lançai devant l’entrée. Le petit nez noir d’un épagneul king charles nommé Virginia pointa sous le bas de la clôture d’une maison faisant face à celle des Ravenel ; j’expédiai vigoureusement un journal au fin fond de la cour où ce chien délicieusement tricolore le retrouva en un clin d’œil et le porta triomphalement sur le paillasson de son maître. Après avoir effectué ce lancer, je jetai dans cette même cour un petit biscuit pour chiens que Virginia alla récupérer avec une grande dignité.

Quand on m'avait attribué cet emploi, trois ans plus tôt, tout ce qui avait éclairé ma vie jusqu'alors avait dévié, disparu. Aussi m'étais-je promis de bien faire ce travail. Si j'entendais un client farfouiller dans son jardin pour trouver son journal du matin, je l'appelais toujours pour m'excuser. Un bon livreur de journaux se devait d'être le modèle d'à propos, de ténacité et d'exactitude que je voulais offrir à mes clients. C'était ce qu'Eugene Haverford m'avait enseigné de son ton bougon durant ma semaine d'orientation.

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31 mai 2010

Delirium tremens – Ken Bruen

delirium_tremens_ delirium_tremens

Gallimard – novembre 2004 – 312 pages

Folio – juin 2006 – 383 pages

traduit de l’anglais (Irlande) par Jean Esch

Quatrième de couverture : Il n'y a pas de détectives privés en Irlande. Les habitants ne le supporteraient pas. Le concept frôle de trop près l'image haïe du mouchard. Jack Taylor le sait. Viré pour avoir écrasé sciemment son poing sur le visage d'un ministre, cet ancien flic a gardé sa veste de fonction et s'est installé dans un pub de Galway. Son bureau donne sur le comptoir. Il est chez lui, règle des broutilles, sirote des cafés noyés au brandy et les oublie à l'aide de Guinness. Il est fragile et dangereux. Une mère qui ne croit pas au suicide de sa fille de seize ans le supplie d'enquêter. " On l'a noyée " sont les mots qu'elle a entendus au téléphone, prononcés par un homme qui savait. De quoi ne plus dormir. Surtout si d'autres gamines ont subi le même sort. Surtout si la police classe tous les dossiers un par un...

Auteur : Ken Bruen est né en 1951 à Galway. Après une carrière qui le mène en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud, il crée les inspecteurs Roberts & Brant, puis le privé Jack Taylor dont Delirium Tremes est la première enquête. Son style incisif et la férocité désarmante de ses personnages l'ont d'emblée placé parmi les meilleurs d'une génération en passe de renouveler le roman noir anglo-saxon.

Mon avis : (lu en mai 2010)
J’avais fait connaissance avec Jack Taylor lors de sa troisième enquête Le Martyre des Magdalènes.
Comme le suggère le titre de ce livre, l'auteur nous donne une vision de l’Irlande un peu embrumée par les abus d’alcool... On découvre ce beau pays à travers le whisky et la Guiness. L'intrigue policière n'est pas l'essentiel, le personnage de Jack Taylor est le centre de ce polar. C’est un ancien policier devenu détective privé, il enquête sur le suicide suspect d’une adolescente. C’est un anti-héros attachant qui combat surtout pour résoudre ses problèmes et lutter contre son alcoolisme. Autour de lui gravite également une galerie de personnages remarquables.
L'écriture est vive, pleine d'humour et de dérision. Cette histoire est malgré tout pleine d'humanité. J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à suivre Jack Taylor. Et je compte bientôt retrouver Jack Taylor dans une nouvelle enquête…

Extrait : (début du livre)
Il est quasiment impossible de se faire renvoyer de la Garda Siochana. Il faut vraiment y mettre du sien. Tant que vous ne devenez pas un objet de honte, ils sont prêts à tolérer presque n'importe quoi.
J'avais atteint la limite. Plusieurs
Mises en garde
Avertissements
Dernières chances
Sursis
Et je ne m'améliorais toujours pas.
Je ne dessoulais pas non plus. Ne vous méprenez pas : les gardai et l'alcool entretiennent une vieille relation, presque amoureuse. A vrai dire, un garda abstinent est considéré avec méfiance, quand ce n'est pas avec une totale dérision, à l'intérieur et l'extérieur de la police.
Mon supérieur à la caserne de formation disait : « On aime tous boire une pinte. »
Hochements de tête et grognements chez les jeunes recrues. « Et le public aime qu'on aime ça. »
De mieux en mieux.
« Ce qu'ils n'aiment pas, c'est les canailles. »

Dix ans plus tard, j'en étais à mon troisième avertissement. Je fus convoqué devant un responsable, et on me conseilla de me faire aider.
- Les temps ont changé, mon gars. De nos jours, il existe des programmes de soins, des centres spécialisés, toutes sortes d'aides. Avoir un penchant pour la bouteille, c'est plus une honte. Là-bas, vous côtoierez le clergé et les politiciens.
J'avais envie de dire : - C'est censé me motiver ?
Mais j'y suis allé. Une fois libéré, je suis resté sobre pendant quelque temps, mais, petit à petit, je me suis remis à boire. 
Il est rare qu'un garda soit affecté chez lui, mais on estimait que ma ville natale me serait bénéfique.
Une mission un soir de février dans un froid mordant. Noir comme dans un four. Mise en place d'un contrôle de vitesse à la périphérie de la ville. Le sergent avait stipulé : « Je veux des résultats, pas d'exceptions. »
Mon collègue était un type de Roscommon nommé Clancy. D'un tempérament accommodant, il semblait ignorer mon alcoolisme. J'avais emporté une thermos de café, blindée au brandy. Tout se passait bien.
Trop bien.
C'était calme. L'info concernant notre emplacement s'était répandue. Les automobilistes respectaient la limitation de vitesse de manière suspecte. Clancy poussa un soupir et dit :
- Ils nous ont repérés.
- C'est sûr.
C'est alors qu'une Mercedes passa en trombe. Clancy s'exclama :
- Nom de Dieu !
J'enclenchais la marche avant et on démarra. Assis à la place du mort, Clancy dit :
- Ralentis, Jack. Vaut mieux laisser tomber.
- Hein ?
- La plaque... tu l'as vue ?
- Ouais, et alors ?
- C'est un type du gouvernement.
- C'est scandaleux !
Je fis beugler les sirènes, mais dix bonnes minutes s'écoulèrent avant que la Merco s'arrête. Au moment où j'ouvrais ma portière, Clancy me retint par le bras et dit :
- Un peu de doigté, Jack.
- Ouais, c'est ça.
Je frappai à la vitre du conducteur. Il prit tout son temps pour la baisser. Avec un petit sourire narquois sur les lèvres, le chauffeur demanda :
- Il y a le feu quelque part ?
- Descendez.
Avant qu'il ait le temps de réagir, un homme assis à l'arrière se pencha et demanda :
- Que se passe-t-il ?
Je le reconnus. Un politicien en vue. Je dis :
- Votre chauffeur conduisait comme un dingue.
Il demanda : - Savez-vous à qui vous parlez ?
- Oui. Au peigne-cul qui a niqué les infirmières.
Clancy essaya d'intervenir et il murmura :
- Bon Dieu, Jack, arrête.
Le politicien était descendu de voiture et il s'approchait de moi. Indigné au plus haut point, il braillait :
- Je vous ferai foutre dehors, espèce de blanc-bec impudent. Vous savez ce qui va se passer ?
Je répondis : - Je sais exactement ce qui va se passer.
Et je lui écrasai mon poing sur la gueule.

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30 mai 2010

Le baby-sitter – Jean-Philippe Blondel

le_baby_sitter Buchet-Chastel – janvier 2010 – 297 pages

Quatrième de couverture :
Dix-neuf ans. Étudiant. Pas d'argent. Pour pouvoir remplir son frigo et s'amuser un peu, il n'y a guère de solutions. Travailler dans un fast-food. Surveiller les activités périscolaires. Ou opter pour le baby-sitting C'est ce que choisit Alex, finalement. Mais lorsqu'il dépose son annonce à la boulangerie du coin, il est loin d'imaginer la série de personnages qu'il va rencontrer, et à quel point cet emploi va modifier sa perception du monde. Il ne peut surtout pas se douter combien sa présence va influer sur la vie de ses nouveaux employeurs. Parce que, au fond, ce que l'on confie à un baby-sitter, pour quelques heures, c'est ce que l'on a de plus précieux ses enfants, sa maison, le cœur même de son existence. Un roman sur les liens que l'on tisse et sur ceux que l'on tranche - et sur cette humanité qui tente, bon an mal an, de tenir et d'avancer, en rêvant de courir et de dévaler les pentes.

Auteur : Jean-Philippe Blondel est né en 1964, il est marié, il a deux enfants et il enseigne l'anglais dans un lycée de province depuis bientôt vingt ans. Il a aussi un vice – il aime lire. Pire encore, il aime écrire. Il a publié plusieurs romans comme Accès direct à la plage (2003), 1979 (2003), Juke-box (2004), Un minuscule inventaire(2005), Passage du gué (2006), This is not a love song (2007). Au rebond est son deuxième livre pour la jeunesse après Un endroit pour vivre (2007).

Mon avis : (lu en mai 2010)
Alex est étudiant en anglais, il a 19 ans. Sa bourse et l'argent qu'il a gagné l'été précédent ne lui suffisent pas pour remplir son frigo. Il décide de donner des cours de langue pour boucler les fins de mois. Quand tout à coup ce sont les pleurs du bébé de l'étage du dessus qui lui donne l'idée de devenir baby-sitter. Dès le lendemain, il dépose une petite-annonce à la boulangerie et Mélanie, la boulangère devient sa première cliente. Ensuite, le bouche à oreille fera le reste et de nombreux parents feront appel à lui.
Alex ne fait pas seulement des gardes d'enfants, il entre dans l'intimité des parents et devient un confident. Grâce à cela il va les aider et il va lui-même grandir. Une histoire pleine d’humanité sur les relations parents-enfants mais aussi sur les relations entre adultes. Des personnages attachants. J'ai passé un très bon moment en lisant ce livre.

Extrait : (page 18)
C’est un appartement minuscule de deux pièces et demie (la demie, c’est la kitchenette très fonctionnelle), niché dans un lieu improbable – un demi-étage. En fait, il faut monter l’escalier jusqu’au deuxième, emprunter un morceau de couloir dissimulé, sur la droite, redescendre quelques marches et on se trouve face à la porte de cette extension inutile et décalée – un studio très ancien qui a dû cacher de nombreux adultères, voire servir de refuge à quelques catins embourgeoisées. Catherine trouve que cela sent le moisi. Les copains d’Alex trouvent que c’est vraiment cher. Alex s’en moque éperdument. Il est amoureux de son appartement. Même si ses nuits sont régulièrement troublées par les pleurs du bébé Guilbert.
Et surtout par les angoisses de ses parents. Eux, ce dont ils auraient vraiment besoin, c’est une baby-sitter.

Et soudain, l’illumination.
Alex ne le sait pas encore, mais il repensera souvent à ce moment-là : le milieu de la nuit, le demi-étage, les placards ouverts, la décision de se faire un thé – il paraît que ça cale les estomacs creux.
Le moment où l’idée s’est imposée, dans toute sa simplicité – une femme nue sortant de la rivière, inconsciente des regards qui l’épient, par-delà les fourrés.
Baby-sitter
.
Oui, ça peut être dans ses cordes.
A condition que les enfants aient au moins trois ou quatre ans, qu’il ne faille pas changer les couches – à condition, donc, qu’on n’ait pas besoin de puéricultrice.
Alex n’a pas beaucoup l’habitude des enfants, mais il se débrouille plutôt bien avec ses petits cousins et avec le frère de son ex, un monstre de neuf ans, accro à la Wii et qui s’exprime avec à peu près autant de clarté qu’un androïde défectueux. Et ce serait une bonne expérience, comme les cours particuliers. Dans la brume de son avenir, Alex entrevoit la possibilité de devenir prof ou instit – même si ce désir n’a encore que de vagues contours. Ce serait peut-être justement l’occasion de vérifier si cette chimère pourrait se transformer ou non en réalité.

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29 mai 2010

Chinoises - Xinran

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (19/26)

chinoises_ chinoises

Éditions Philippe Picquier – janvier 2003 – 336 pages

Philippe Picquier poche – janvier 2005 – 351 pages

Présentation de l'éditeur :
Un dicton chinois prétend que " dans chaque famille il y a un livre qu'il vaut mieux ne pas lire à haute voix ". Une femme a rompu le silence. Durant huit années, de 1989 à 1997, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission au cours de laquelle elle invitait les femmes à parler d'elles-mêmes, sans tabou. Elle a rencontré des centaines d'entre elles. Avec compassion elle les a écoutées se raconter et lui confier leurs secrets enfouis au plus profond d'elles-mêmes.
Épouses de hauts dirigeants du Parti ou paysannes du fin fond de la Chine, elles disent leurs souffrances incroyables : mariages forcés, viols, familles décimées, pauvreté ou folie... Mais elles parlent aussi d'amour. Elles disent aussi comment, en dépit des épreuves, en dépit du chaos politique, elles chérissent et nourrissent ce qui leur reste.

Un livre bouleversant, " décapant, à lire de toute urgence pour voir l'importance du trajet que la femme chinoise a dû et doit encore accomplir " (Diane de Margerie, Le Figaro littéraire).

Auteur : Xinran est née à Pékin en 1958. En 1997, elle s'installe à Londres et se marie. Chinoises est son premier livre. Il paraît dans vingt pays, dont la Chine.

Mon avis : (lu en mai 2010)
J’ai déjà lu et beaucoup aimé les livres « Funérailles célestes » et « Baguettes chinoises » du même auteur. « Chinoises » est son premier livre. Ce livre n’est pas un roman, mais un livre de témoignages de femmes chinoises qui se sont livrées auprès de l’auteur lorsqu’elle animait une émission de radio la nuit. Xinran a écrit ce livre pour témoigner et contribuer à un changement. On découvre des conditions de vie effroyables de la femme chinoise lors de la Révolution culturelle.

J’ai été bouleversée par chacune de ces histoires marquantes sur la souffrance de femmes qui subissent des violences. Un livre magnifique où les histoires de chacune des femmes sont émouvantes et m'ont fait pleurer. En tant que femme, on réalise la chance que nous avons de vivre à notre époque dans un pays "privilégié" et que dans certains pays comme la Chine ce n'est pas simple d'être une femme...

Extrait : (page 17)

Personne ne m'a félicitée d'avoir sauvé cette jeune fille, par contre, j'ai eu droit à des critiques pour « avoir mis les troupes en branle et troublé l'ordre public » et avoir gaspillé le temps et l'argent de la station de radio. Ces reproches m'ont ébranlée. Une jeune fille s'était trouvée en danger et quand on allait à son secours, on vous accusait de « dilapider les deniers publics ». Que valait donc la vie d'une femme en Chine ?

Cette question a commencé à me hanter. La majeure partie des lettres que je recevais à la station de radio étaient écrites par des femmes. Leurs lettres étaient souvent anonymes, ou écrites sous un nom d'emprunt. Ce qu'elles me racontaient me surprenait et me choquait profondément. Je croyais connaître les Chinoises. A les lire, je me suis rendu compte à quel point je me trompais. Mes compatriotes menaient des vies et se débattaient avec des problèmes dont je n'avais pas la moindre idée.

Nombre des questions qu'elles posaient avaient trait à la sexualité. L'une d'elles voulait savoir pourquoi les battements de son cœur s'accéléraient quand il lui arrivait d'entrer accidentellement en contact avec le corps d'un homme dans le bus. Une autre demandait pourquoi elle se mettait à transpirer quand un homme lui touchait la main. Pendant trop longtemps, toute discussion ayant trait à la sexualité avait été interdite et tout contact physique entre un homme et une femme qui n'étaient pas mariés avait encouru la condamnation publique – avait été combattu, et même puni d'emprisonnement. Jusqu'aux « conversations sur l'oreiller » entre mari et femme qui pouvaient servir de preuves d'un comportement délinquant ; dans les querelles de famille, les gens menaçaient souvent de dénoncer leurs conjoints à la police pour s'y être adonnés. En conséquence de quoi, deux générations de Chinois avaient grandi en se défiant de leurs instincts naturels. Moi-même, j'étais si ignorante qu'à l'âge de vingt-deux ans j'avais refusé de donner la main à un professeur pendant que nous assistions à un feu d'artifice, de peur d'être enceinte. Ce que je connaissais de la conception, je le tenais d'un vers glané dans un livre : « Ils se tinrent la main au clair de lune... Au printemps, ils eurent un fils vigoureux. » Cela m'a donné envie d'en savoir plus sur les vies intimes des Chinoises et j'ai décidé de débuter mon enquête par l'étude de leur environnement culturel.

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (19/26)

Déjà lu du même auteur :

Baguettes_chinoise Baguettes chinoises    fun_railles_c_lestes1 Funérailles célestes

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28 mai 2010

L’étrange disparition d’Esme Lennox – Maggie O’Farrell

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Belfond – mars 2008 – 231 pages

10/18 – novembre 2009 -

traduit de l’anglais par Michèle Valencia

Quatrième de couverture :
A Edimbourg, un asile ferme ses portes, laissant ses archives et quelques figures oubliées resurgir à la surface du monde. Parmi ces anonymes se trouve Esme, internée depuis plus de soixante ans et oubliée des siens. Une situation intolérable pour Iris qui découvre avec effroi l'existence de cette grand-tante inconnue. Quelles obscures raisons ont pu plonger la jeune Esme, alors âgée de seize ans, dans les abysses de l'isolement ? Quelle souffrance se cache derrière ce visage rêveur, baigné du souvenir d'une enfance douloureuse ? De l'amitié naissante des deux femmes émergent des secrets inavouables ainsi qu'une interrogation commune : peut-on réellement échapper aux fantômes de son passé ?

Auteur : Née en 1972 en Irlande du Nord, Maggie O'Farrell a grandi au pays de Galles et en Ecosse. Depuis le succès de son premier roman, Quand tu es parti, elle se consacre à l'écriture. Maggie O'Farrell a également publié La Maîtresse de mon amant, La Distance entre nous, qui a reçu le prix Somerset Maugham, et L'Etrange disparition d'Esme Lennox, qui a connu un immense succès en Angleterre.

Mon avis : (lu en mai 2010)
Ce livre m’a été conseillé après ma lecture de "
Le testament caché – Sebastian Barry".
Elles sont 3 femmes : Esme, internée depuis soixante et un ans, cinq mois et quatre jours, Kitty, sa sœur ainée qui est atteinte aujourd'hui d'Alzheimer et Iris, la petite fille de Kitty.
A Édimbourg, l'asile de Cauldstone ferme ses portes et contacte Iris à propos de sa grande tante Esme Lennox qui y est pensionnaire depuis plus de soixante ans. Iris n'a jamais entendu parler d'elle jusque-là, elle va donc chercher à comprendre pourquoi Esme a été enfermée à l'âge de 16 ans dans cet asile.
A travers les souvenirs du passé d’Esme et les quelques mots souvent confus de Kitty, Iris va découvrir peu à peu les secrets de sa famille. Maggie O'Farrell décrit avec beaucoup de sensibilité le destin de ses femmes du début du XXème siècle. Le personnage d’Esme est très attachant.

La construction du livre est particulière, en effet, il n'y a pas de chapitre et les trois voix se succèdent et j'ai eu parfois un peu de mal à comprendre qui parlait. Une très belle histoire.

Extrait : (page 21)
Au bout de la ville, Esme se tient devant une fenêtre. A sa gauche, un escalier monte ; à sa droite, un autre descend. Son souffle s'accumule sur le verre froid. Dehors, la pluie cingle la vitre et le crépuscule commence à teinter les brèches entre les arbres. Esme observe la route, les deux files de voitures qui se croisent et, en arrière-plan, le lac, avec des canards qui strient sa surface ardoise.
En bas, des voitures sont arrivées et reparties toute la journée. Des gens y montent après avoir franchi la porte de derrière, le moteur est lancé, et les automobiles s’éloignent dans l’allée courbe en faisant crisser le gravier. Au revoir, s’écrient des gens sur le pas de la porte en agitant la main, au revoir.
« Hé là ! » La voix crie au-dessus de sa tête.
Esme se retourne. Un homme se trouve en haut de l’escalier. Le connaît-elle ? Il lui semble familier, mais elle n’en est pas sûre.
« Qu’est-ce que vous fabriquez ? » lâche l’homme d’un ton exaspéré, ce qui est curieux pour quelqu’un qu’elle n’a peut-être jamais vu. Esme ne sait pas quoi répondre, alors elle se tait.
« Ne traînez pas devant la fenêtre comme ça. Venez. »
Esme jette un dernier coup d’œil à l’allée et voit une femme qui occupait le lit voisin du sien plantée à côté d’une voiture marron. Un vieil homme range une valise dans le coffre. La femme pleure et ôte ses gants. L’homme ne la regarde pas. Esme pivote et monte l’escalier.

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27 mai 2010

Ma sœur, ce boulet – Claire Scovell-Lazebnik

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Fleuve noir – décembre 2004 – 369 pages

Edition France Loisirs – 2006 – 498 pages

traduit de l’américain par Valérie Dariot

Présentation de l’éditeur :
Comment faites-vous quand vous avez vingt ans, une mère farfelue, et un père remarié qui se tue dans un accident de voiture, vous laissant en héritage une immense maison et une gamine de trois ans, la demi-sœur que vous ne voyez qu'une fois par an ? Comment faites-vous quand votre chargé de cours, ce Joe Lowden qui tombe les filles comme des mouches, vous fait les yeux doux ? Comment faites-vous quand un confrère et ami de votre père vous force la main pour accepter cet encombrant héritage ? Et surtout, comment faites-vous, vous qui n'avez aucune habitude des gosses, pour calmer une petite Célia qui réclame sa maman en hurlant ?

Auteur : Claire Scovell LaZebnik, originaire de Boston, a été diplômée de l'Université de Harvard avec les félicitations du jury. Elle vit à Los Angeles avec son mari, également écrivain, et ses quatre enfants. Ma sœur, ce boulet est son premier roman.

Mon avis : (lu en mai 2010)
Ce livre se lit très facilement et rapidement, pour ma part ce fut le week-end dernier lors d'un voyage en TGV vers l'Ouest.

Olivia a vingt et un ans, elle est étudiante en littérature. Elle a un caractère assez fort, elle n'a pas sa langue dans sa poche et elle est égoïste, un peu rebelle. Mais son père et sa jeune belle-mère disparaissent dans un accident de voiture et lui laisse en héritage non seulement une belle maison et beaucoup d'argent mais surtout sa demi-sœur Célia âgée de trois ans... Olivia la connaît à peine et ne se sent pas de taille à assumer ce rôle de tutrice. Pour l'aider, sa mère est là, mais sera-t-elle vraiment une vrai ? Il y aura aussi Dennis Klein le bras droit de son père et Joe Lowden son professeur qui dit être amoureux d'Olivia.

Le ton est léger, plein d'humour et tout au long du livre on découvre le personnage d'Olivia évoluer dans son rôle de grande sœur responsable. J'ai passé avec ce livre un très agréable moment de détente.

Extrait : (début du livre)
- Tu crois qu'elle sera là ?
C'est la première question de ma mère lorsqu'elle grimpe dans la voiture. Je n'ai pas pris la peine de descendre. J'ai juste donné un coup d'avertisseur et j'ai attendu. Je supporte stoïquement son baiser sur ma joue puis passe la première et démarre en trombe sans même lui laisser le temps de boucler sa ceinture.
- Oui, Barbara, je crois qu'elle sera là, vu qu'elle est la maîtresse de maison et qu'il est son mari. Question suivante ?
Elle baisse le pare-soleil et étudie son reflet dans le miroir.
- Pour le moment, oui, il est son mari, mais ça ne durera pas. Avec lui, ça ne dure jamais.
- Avec deux tourtereaux comme Richard et Alicia, ça durera forcément.
- Quand j'y pense, j'ignore pourquoi je vais là-bas. De quoi j'ai l'air ?
- Tu es superbe. Il va retomber amoureux de toi, il la quittera pour revenir avec nous, je retrouverai mon petit papa et ma petite maman et nous vivrons heureux tous ensemble comme avant.
- Je ne le reprendrais pas, même s'il me suppliait à genoux.
- T'en fais pas pour ça, il ne te suppliera jamais.
- Je ne sais vraiment pas pourquoi j'y vais, répète-t-elle.
À vrai dire, moi non plus. Mais notre famille dysfonctionnelle éprouve ce besoin irrépressible de se réunir pour Thanksgiving. Ça fait pourtant belle lurette que nous ne formons même plus une famille, elle, moi et le paternel.
Et me voilà donc en train de conduire ma mère à un dîner de Thanksgiving chez mon père qui ne peut pas la souffrir, mais qui retrouve en moi assez de lui-même pour supporter cette épreuve une fois l'an. Pas étonnant, je suis sa copie conforme, même cheveux noirs, même yeux bruns. Comme lui, je suis nerveuse et courte sur pattes, autrement dit l'exact opposé de la femme qui m'a mise au monde. Ainsi que vous pouvez l'imaginer, ce dîner est pour nous tous une vraie partie de plaisir.

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26 mai 2010

L'homme chauve-souris - Jo Nesbø

Une enquête de l'inspecteur Harry Hole

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (18/26)

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Gaïa – février 2003 – 374 pages

Folio – mars 2005 – 474 pages

traduit du norvégien par Elisabeth Tangen et Alexis Fouillet

Quatrième de couverture :
Parce qu'une jeune Norvégienne a été sauvagement jetée d'une falaise à l'autre bout du monde en Australie, l'inspecteur Harry Hole de la police d'Oslo est envoyé sur place par une hiérarchie soucieuse de l'évincer. Ce qui n'aurait dû être que routine diplomatique va se transformer en traque impitoyable au fur et à mesure de meurtres féroces qu'Harry Hole refuse d'ignorer. Autre hémisphère, autres méthodes... Associé à un inspecteur aborigène étrange, bousculé par une culture neuve assise sur une terre ancestrale, Hole, en proie à ses propres démons, va plonger au cœur du bush millénaire. L'Australie, pays de démesure, véritable nation en devenir où les contradictions engendrent le fantastique comme l'indicible, lui apportera, jusqu'au chaos final, l'espoir et l'angoisse, l'amour et la mort : la pire des aventures.

 

Auteur : Né en 1960, Jo Nesbø est journaliste économique, chanteur et a été propulsé sur le devant de la scène littéraire en 1998 en recevant le prix du meilleur roman policier nordique de l'année. L'homme chauve-souris inaugure la série des enquêtes menées par Harry Hole. Du pur thriller.

Mon avis : (lu en mai 2010)
C'est le premier livre que je lis de cet auteur norvégien. J'ai donc été surprise que l'histoire se déroule en Australie. L'inspecteur Harry Hole de la police d'Oslo a été envoyé en Australie pour suivre l'enquête menée par la police australienne à propos de la mort d'une jeune Norvégienne sauvagement assassinée. Harry enquête en double avec Andrew, un policier aborigène. Andrew lui fait découvrir Sydney et les coutumes locales. Nous apprenons ainsi beaucoup d'informations intéressantes sur l'Australie et les Aborigènes.
On découvre dans le personnage d'Harry Hole un être très attachant, ancien alcoolique, il n'est pas parfait mais je l'ai beaucoup aimé. L'intrigue est captivante, elle est construite autour d'une vieille légende aborigène et l'enquête est très bien menée.
Un bon roman dépaysant qui m'a donné très envie de lire de nouvelles enquêtes de l'inspecteur Harry Hole. Encore un auteur venu du froid qui me plaît beaucoup !

Extrait : (début du livre)
Quelque chose clochait.
La préposée au contrôle des passeports avait d'abord souri de toutes ses dents :
" Comment ça va, mon pote ?
- Bien ", avait menti Harry Hole. Cela faisait plus de trente heures qu'il était parti d'Oslo via Londres, il avait passé tout le voyage depuis le transfert à Bahrein assis dans ce satané fauteuil, juste devant l'issue de secours. Pour des raisons de sécurité, il ne pouvait s'incliner que partiellement, et la colonne vertébrale de son occupant avait commencé à se tasser avant l'arrivée à Singapour.
Et à présent, pour ne rien arranger, la fille derrière son comptoir ne souriait plus.
Elle avait parcouru le passeport avec un intérêt stupéfiant. Il était difficile de dire si c'était la photo ou la façon dont s'écrivait le nom de son possesseur qui l'avait mise de si bonne humeur.
« Boulot ? »
Harry Hole avait conscience que dans d'autres pays les préposés au contrôle des passeports auraient ajouté « Monsieur », mais à ce qu'il avait lu, les formules de politesse de ce type n'étaient pas très usitées en Australie. Peu importait d'ailleurs, Harry n'étant ni un grand voyageur ni un snob impénitent ; tout ce qu'il désirait pour l'heure, c'était une chambre d'hôtel et un lit, et ce le plus rapidement possible.
« Oui », avait-il répondu en laissant ses doigts tambouriner sur le comptoir.
Et c'est à ce moment-là que la bouche de la fille s'était crispée, avait perdu son charme, et demandé d'une voix désagréable : « Pourquoi n'y a-t-il pas de visa dans votre passeport, Monsieur ? »
Le cœur de Harry avait fait un bond dans sa poitrine, comme il le fait fatalement au pressentiment d'une catastrophe imminente. On n'employait peut-être « Monsieur » qu'à partir du moment où la situation se gâtait ?
« Désolé, j'ai oublié », murmura Harry tout en cherchant fébrilement dans sa poche intérieure. Pourquoi n'avaient-ils pas fixé son visa spécial dans son passeport, comme ils le font avec les visas classiques ? Il entendit juste derrière lui le faible grésillement d'un baladeur, et sut que c'était celui de son voisin dans l'avion. Il avait écouté la même cassette tout au long du voyage. Et pourquoi Diable n'était-il jamais fichu de se souvenir dans quelle poche il mettait les choses ? La chaleur l'importunait aussi, même s'il n'était pas loin de vingt-deux heures. Harry sentit une démangeaison naître à la base de son crâne.
Il finit par trouver le document qu'il cherchait et le déposa, soulagé, sur le comptoir.
« Officier de police, n'est-ce pas ? »
La préposée abandonna le visa spécial et leva des yeux scrutateurs vers son détenteur, mais la bouche n'était plus pincée.
« J'espère qu'aucune blonde Norvégienne ne s'est fait tuer ? »
Elle partit d'un grand rire et apposa joyeusement son cachet sur le visa spécial.
« Eh bien, juste une », répondit Harry Hole.

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22 mai 2010

La Belle et la Bête - Thierry Jonquet

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Gallimard – avril 1995 – 157 pages

Gallimard – septembre 1998 - 156 pages

Folio – septembre 1999 – 156 pages

CDL – novembre 2005 (3 CD audio)

Folio – avril 2010 – 1014 pages (Les orpailleurs ; Moloch ; Mygale ; La Belle et la Bête)

Quatrième de couverture :
Léon est vieux. Très vieux. Lévi, est moche. Très moche. Léon est sale. Vraiment très sale ! Léon se tient très mal à table. C'est dans sa nature... C'est triste ? Non : Léon a enfin trouvé un ami, un vrai de vrai ! Seulement voilà, le copain en question est un peu dérangé. Parfois dangereusement. Mais Léon est indulgent envers ses amis. Pas vous ?

Auteur : Né en janvier 1954 à Paris et décédé le 9 août 2009, Thierry Jonquet, ergothérapeute, enseignant, scénariste et militant durant toute sa vie, a écrit son premier roman noir, Mémoire en cage, en 1982. La construction impeccable et parfois jubilatoire de ses livres a tout simplement dynamité le roman noir français et l'a imposé comme un auteur majeur du genre.

Mon avis : (lu en mai 2010)
Ce livre a le titre d'un conte de fée. Il y a bien une Bête, une Belle, mais c'est loin d'être un conte de fée ! C'est un polar comme sait les écrire Thierry Jonquet avec des flashbacks qui nous permettent peu à peu de découvrir les personnages et les dessous de l'intrigue.
Parmi les personnages, seul le commissaire Rolland Gabelou a un nom, les autres sont le Gamin, la Vieille, le Commis, le Visiteur, l'Emmerdeur, le Coupable. Mais il ne faut pas oublier Léon, le vieil ami de l'assassin et principal témoin et qui par moment sera le narrateur. Et pour ne pas dévoiler les surprises bien cachées de l'histoire, je n'en dirai pas plus...

J'ai lu très facilement, rapidement et avec beaucoup de plaisir ce roman policier. J'ai encore été surprise par cette histoire et à aucun moment je n'ai deviné la révélation finale du livre. A lire !

Extrait : (page 22)
Je sais tout, je sais tout, c'est vite dit... S'ils comptent sur moi pour les aider, les flics peuvent toujours s'accrocher ! Je ne ferai pas le moindre geste ! Tant pis pour tout le monde. Parce que c'est mon copain. Le seul que j'ai jamais eu dans ma sale vie. Et le Gabelou, je le regarde s'agiter sans broncher. Il voudrait bien savoir, pourtant. Mais la Vieille, le Gamin, le Commis, et le Visiteur, je m'en tape, moi...
Je suis là, tassé dans mon coin, assis dans un fauteuil à côté du bureau de Gabelou qui est parti en vadrouille je ne sais où. Je moisis ici depuis cinq jours... Le Visiteur et le Coupable, on les a retrouvés le 2 janvier, ah les Joyeuses Fêtes! Cinq jours... ça n'en finit plus. Les flics, ça les énerve, de me voir patienter sans m'énerver. Ils ne vont pas me torturer, ça servirait à rien. Je suis pas responsable. Juste un peu pour le Visiteur, mais c'est bien tout.
Le Coupable, c'est mon copain, mon pote, mon n'importe quoi, mettez le nom que vous voudrez là-dessus, c'est ce qui fait que je vais pas le trahir, quelque chose de plus fort que toutes leurs salades et il n'y a rien à ajouter. Ah, ils ont essayé, pourtant. Et mon Vieux Léon par ci, et mon Vieux Léon par là, la pommade, les compliments, le baratin, total : néant, c'est tout juste si je leur fais un petit signe de la tête quand ils m'apportent à manger. Un mur. Ils auraient mieux fait de s'adresser à un mur, à une vieille godasse perdue dans un tas d'ordures...
Ils sont là, les flics, tout autour de moi; à me lancer des regards vachards, comme dans les films, avec la lampe braquée dans la gueule, leurs gros bras poilus, et de temps en temps, en prime, ils se foutent de moi. «Vieux Léon, qu'ils braillent, dis-nous tout, t'es le seul à avoir tout vu...» Et ça les fait rire. Je collaborerai pas. Je me le suis juré sur ce qu'il me reste de dignité. Et ça les étonne, ça, la dignité. Eux. S'imaginent du haut de leurs certitudes que tout leur est dû, eh bien, non, moi, Vieux Léon, je les envoie sur les roses.

Déjà lu de Thierry Jonquet :

Ils_sont_votre__pouvante Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte

les_orpailleurs_p Les orpailleurs  mon_vieux Mon vieux

du_pass__faisons_table_rase_p Du passé faisons table rase ad_vitam_aeternam_p Ad vitam aeternam

m_moire_en_cage Mémoire en cage  moloch_p Moloch  mygale_p Mygale

le_secret_du_rabin_p Le secret du rabbin

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18 mai 2010

Allumer le chat – Barbara Constantine

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Calmann-Lévy – décembre 2006 - 261 pages

Points – septembre 2008 – 261 pages

Présentation de l'éditeur :
Bastos, le chat philosophe et pédant, parvient à échapper au fusil de Raymond. N'empêche qu'il le nargue ce chat ! Et il faut encore s'occuper du môme, un peu nul en foot, qui n'a rien trouvé de mieux que de choper de l'eczéma sur le visage... Sans compter son imbécile de père qui se fait encastrer par un cerf de deux cents kilos. Il y a franchement de quoi devenir allumé dans cette famille !

Auteur : Barbara Constantine, romancière, céramiste et scripte - elle a travaillé avec Cédric Klapisch - vit en région parisienne. Elle est également l'auteur d'A Méli, sans mélo, son second roman.

Mon avis : (lu en mai 2010)
Un petit livre de 70 chapitres très courts qui nous racontent des tranches de vie. Cela commence avec Raymond et Mine qui « ce sont des vieux qui s’aiment ». Sous prétexte que « Quand il le regarde, il a l’impression qu’il se fout de sa gueule », Raymond veut « allumer » son chat Bastos avec son fusil. Raymond est fâché depuis sept ans avec sa fille Josette, elle a épousé un crétin, Martial. Mais Rémi, 5 ans, le fils de Josette a de l’eczéma et c’est l’occasion de renouer les liens avec Raymond qui est un peu guérisseur…
On va croiser une galerie de personnages : en premier lieu Bastos, un chat qui parle, Paul, alcoolique de dix ans, Pierrot passionné de photos et employé des pompes funèbres, Marie-Rose grande cuisinière dont les spécialités sont le ragoût de vipère aux châtaignes et le pâté de rat…
On va assister à des situations loufoques, émouvantes ou improbables : la rencontre de Martial et d’un cerf, la complicité qui se noue entre Raymond et son petit fils Rémi…
Une lecture où le tendre, le cruel, le léger ou l’émouvant se mêlent… Un livre qui se lit facilement qui nous fait sourire et même rire aux éclats, avec pleins de situations cocasses ou poétiques… A lire pour se détendre !

Extrait : (début du livre)
Il se plante devant la porte ouverte, jambes écartées, poings sur les hanches. Il hume l’air. La nuit s’annonce douce et tranquille. Mais d’un coup, ses sourcils se froncent, une ombre passe, et sans se retourner…
- Passe-moi le fusil, j’vais allumer le chat !
Il n’a pas bu pourtant, juste quelques verres de rouge au dîner, autant dire rien.
- Et pourquoi tu veux l’allumer, dis ?
- Quand il me regarde, j’ai l’impression qu’il se fout de ma gueule. Alors, là, j’en ai marre… Je vais lui régler son compte à ce salopard !
Elle, ça ne l’amuse pas du tout. Parce qu’à chaque fois qu’il se sert de son fusil, et malgré tout l’amour qu’elle lui porte, elle ne peut que constater son peu de talent pour cet instrument. Les cages à lapins étaient loin de la direction qu’avait prise le chat la dernière fois, et pourtant elle en avait ressorti quatre, criblés de plombs ! Les huit autres n’avaient pas survécu longtemps et même en civet, n’avaient pas été bons à manger… Ca leur avait tourné les sangs, cette histoire. Et le chat, lui, moins d’une heure après le carnage, était tranquillement retourné se chauffer près du poêle.
Depuis ce jour-là, elle aussi le soupçonne de se foutre de leur gueule… Mais ça, elle le garde pour elle, parce que quand même, un chat, c’est pas autre chose qu’une bête, hein… alors, se foutre…
Et maintenant, elle aimerait essayer de détourner Raymond de son idée. Elle se dit que c’est vraiment le moment de lui parler de…
- Tu sais qui j’ai croisé au marché ce matin ? Et qui est même venu me saluer et me demander comment tu allais, par la même occasion ?
- Tu veux me détourner de mon idée, ou quoi ?
- Non, juste gagner du temps, c’est tout…
- Ah ! ben, dit comme ça, d’accord. Alors, c’est qui que t’as vu ce matin, ma petite Mine ?
- Josette…
Il s’emporte immédiatement. Elle s’y attendait. Elle le connaît par cœur, son bonhomme. Il rougit d’un coup et les veines de tempes enflent légèrement.
- Elle est venue te voir ? Elle t’a parlé… et toi, tu lui as répondu ?
- Eh ! C’est que je ne pouvais pas faire autrement !
- Ah oui, bien sûr ! Tu ne pouvais pas ! Et qu’est-ce qu’elle voulait ?
- Elle a besoin de toi. Son petit Rémi est couvert d’eczéma et le docteur Lubin ne sait pas bien quoi faire pour le soigner. C’est même lui qui lui qui a conseillé de te…
- Lubin ? Il est juste bon qu’à soigner sa tenue, celui-là ! De l’eczéma, tu dis ? Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Et puis, son môme à Josette, c’est sûrement qu’un petit merdeux !

Déjà lu du même auteur : a_M_lie__sans_m_lo A Méli, sans mélo

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