09 juillet 2010

Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom – Barbara Constantine

tom_petit_tom Calmann-Lévy – janvier 2010 – 260 pages

Quatrième de couverture :
Tom a onze ans. Il vit dans un vieux mobil-home déglingué avec Joss, sa mère (plutôt jeune : elle l'a eu à treize ans et demi). Comme Joss aime beaucoup sortir tard le soir, tomber amoureuse et partir en week-end avec ses copains, Tom se retrouve souvent tout seul. Et il doit se débrouiller. Pour manger, il va dans les potagers de ses voisins, pique leurs carottes, leurs pommes de terre... Mais comme il a très peur de se faire prendre et d'être envoyé à la Ddass (c'est Joss qui lui a dit que ça pouvait arriver et qu'elle ne pourrait rien faire pour le récupérer), il fait très attention, efface soigneusement les traces de son passage, replante derrière lui, brouille les pistes. Un soir, en cherchant un nouveau jardin où faire ses courses, il tombe sur Madeleine (quatre-vingt-treize ans), couchée par terre au milieu de ses choux, en train de pleurer, toute seule, sans pouvoir se relever. Elle serait certainement morte, la pauvre vieille, si le petit Tom (petit homme) n'était pas passé par là...

Auteur : Barbara Constantine se partage entre le Berry (près Le Blanc, dans l'Indre), par amour de la campagne (entre autres), Biarritz (pour raisons familiales) et Paris (côté Ivry-sur-Seine), parce que la ville, c'est pas mal aussi (des fois). Elle est scripte et romancière. Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom est son troisième roman, après Allumer le chat et A Mélie, sans mélo.

Mon avis : (lu en juillet 2010)
Je me suis régalée en lisant cette jolie histoire à la fois tendre et drôle. Tom, 11 ans, est un petit garçon attachant, il vit avec sa jeune mère, Joss, dans un vieux mobil-home. Il doit souvent se débrouiller tout seul. Pour se nourrir, il vole des légumes dans les potagers voisins. Un jour, il découvre Madeleine, 93 ans, allongée dans son jardin et appelant à l’aide. Il va l’aider à se sortir de ce mauvais pas et il va accepter de s’occuper de son vieux chien et son vieux chat pendant que Madeleine sera à l’hôpital…

Autour de Tom, l’auteur nous offre une jolie galerie de personnages : un couple de retraités franco-anglais et leur chat boiteux Captain Achab, Joss qui fait un complexe de ses gros seins, Samy un ancien ami de Joss qui sort de prison…

L’auteur fait un petit clin d’œil à ces deux précédents livres Allumer le chat et A Mélie, sans mélo : certains des personnages sont de passage dans cette histoire…

Voilà un livre qui se lit d’une traite, plein de la fraîcheur des jardins et plein de situations cocasses et plein tendresse entre Madeleine et Tom, petit Tom, tout petit homme. A découvrir sans tarder !

Extrait : (page 49)
Tom vient d’arriver près du potager des voisins. Ceux qui se disent « vous » et qui se parlent poliment même quand ils sont énervés. Il couche son vélo dans les buissons, s’approche de la haie, écoute. Pas un chat. Le samedi, à cette heure, ils ne sont jamais là. Ils doivent aller faire des courses ou rendre visite à des copains.
C’est bon. Tom va pouvoir un peu fouiner.

Il finit de remplir son sac et le dépose tout près du trou dans la haie. Trois carottes, trois poireaux, trois oignons et neuf pommes de terre. Il est inquiet. Il ne prend pas autant de choses d’habitude. Il retourne effacer les traces de son passage. Arrose très soigneusement le plant de pommes de terre arraché et replanté. En se disant que, peut-être, il reprendra ?… On ne sait jamais.

Il reste du temps avant le retour des proprios. Pour la première fois, il pousse la porte et entre dans le cellier. En faisant attention à ne pas laisser de traces. Il s’arrête devant les grandes étagères pleines d’outils, de matériel de bricolage, de boîtes de toutes sortes. Tout est classé, rangé, étiqueté. Sur une table, des claies empilées, pleines de pommes de l’automne dernier. Il en met trois dans ses poches et croque dans une quatrième.
Il commence à se détendre. A se sentir chez lui.

Maintenant, il entre dans la serre. Il fait chaud. Ça sent bon la terre humide. Partout, des pousses de fleurs et de légumes. Avec la photo en couleurs de ce qu’ils deviendront plus tard. Des multitudes de plants de tomates. Des rouges, des oranges, des jaunes, des vertes et même des noires. En forme de poire, de piment, de cœur… jamais vu ça.

Il est temps de partir. Il récupère son sac et plonge sous la haie. Au moment de ressortir, il se fige. Le chat est là. Le regarde aussi méchamment que la dernière fois. Toujours aussi impressionné, Tom baisse le regard. Il a entendu dire quelque part qu’il ne fallait jamais fixer les chats dans les yeux. Ils pensent qu’on les défie, et ça réveille leur agressivité. Il garde son sac sur le dos, mais sort les trois pommes de ses poches. Il hausse un peu les épaules, comme pour s’excuser et l’air de dire : Juste trois, ça peut aller ? Alors le chat se lève, avance lentement vers lui. Sur trois pattes, évidemment. De cette démarche qui le rend si inquiétant. Il avance sans quitter Tom des yeux, puis… d’un bond s’engouffre sous la haie et disparaît.
Tom soupire. Il a eu très chaud cette fois encore.

allumer_le_chat Allumer le chat     a_M_lie__sans_m_lo_p A Mélie, sans mélo

Déjà lu du même auteur :

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07 juillet 2010

Pirates – Michael Crichton

Livre lu dans le cadre du Partenariat avec Blog-O-Book et les éditions Robert Laffont

pirates Robert Laffont – juin 2010 – 301 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Christine Bouchareine

Quatrième de couverture :
1665, la Jamaïque est une petite colonie britannique perdue au milieu des possessions de l'Empire espagnol.
Port Royal, capitale de l'île, n'est pas un endroit où s'établir si l'on veut vivre centenaire: c'est un véritable coupe-gorge où se bousculent aventuriers, loups de mer, filles de mauvaise vie et autres repris de justice. Du point de vue du capitaine Edward Hunter, cependant, la vie sur l'île est riche de promesses. Il faut juste s'y entendre un peu en matière de piraterie...

La rumeur circule justement qu'un navire chargé d'or est à quai dans le port voisin de Matanceros.
Gouvernée par le sanguinaire Cazalla, l'un des chefs militaires favoris du roi d'Espagne, l'île est réputée imprenable. Qu'à cela ne tienne! Hunter met rapidement sur pied une équipe pour s'emparer du galion. Une femme pirate, fine gâchette dotée de la meilleure vue des Caraïbes, un ancien esclave, muet doué d'une force herculéenne, un vieillard paranoïaque expert en explosifs, et le plus remarquable barreur du Nouveau Monde seront ses compagnons de voyage...

Auteur : Né à Chicago, Illinois le 23 octobre 1942, écrivain de science-fiction, Michael Crichton est surtout connu pour avoir produit et créé 'Jurassic Park' et la série à succès 'Urgences'. Diplômé de la Harvard Medical School, le jeune homme finance ses études grâce à ses écrits, qu'il signe de différents pseudos tels que John Lange ou Jeffery Hudson. Ses connaissances lui permettent de se spécialiser dans l'extrapolation alarmante des recherches scientifiques contemporaines. Il s'attire par exemple les foudres des climatologues et des associations de défense de l'environnement avec son roman qualifié de 'climatosceptique' 'Etat d'urgence'. L'auteur publie aussi 'La Proie', en 2002, un roman dont les héros sont de microscopiques robots - les nanorobots - qui se rebellent contre leurs créateurs et 'Congo', qui exploite le thème de la recherche diamantaire industrielle. Il a reçu en 1996, le prix de Showman of the Years remis par le magazine Variety qui distingue à la fois l'auteur, le producteur, le scénariste et l'homme de télévision. Avec plus de 150 millions de livres vendus à travers le monde, Michael Crichton est l'un des auteurs les plus populaires de la planète. Il est décédé à Los Angeles, Californie le 04 novembre 2008.

 

Mon avis : (lu en juillet 2010)
Comme l'indique le titre de ce livre, il s'agit d'une histoire de pirates ou plutôt de corsaires…
1665, la Jamaïque est une colonie de la Couronne britannique. Le Capitaine Hunter a pour projet de capturer un galion espagnol et sa cargaison d’or qui mouille dans le port voisin de Matanceros. Il organise son expédition avec quelques personnages hauts en couleurs comme Lazue, une femme déguisée en homme qui a une vue perçante et qui prend du plaisir à tuer, Enders, chirurgien barbier, qui est un as de la navigation et qui sait lire la mer. Il y a aussi Bassa, le colosse noir muet, Don Diego dit Le Juif, le spécialiste en explosifs, et Sanson, le tueur français. L’impitoyable Cazalla sera là pour défendre les espagnols. Le récit d’aventure ne manquera pas de combats, de tempêtes, de naufrages, de vengeances, de trahisons…

Ce livre ressemble plus à un scénario qu'à un roman et il semble que Steven Spielberg soit intéressé par l'adaptation cinématographique. L’histoire n’est pas toujours crédible comme l’apparition soudaine d’un monstre marin… et je n’ai pas vraiment été convaincue par une histoire assez convenue, sans grande surprise…

Merci à Blog-o-Book et aux éditions Robert Laffont pour m'avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : (page 74)
Le Juif souleva un petit flacon de verre au goulot étroit.
- Mais avant que vous me jugiez mal, poursuivit-il tout en y versant une poignée de grenaille et quelques fragments de métal, avez-vous entendu parler de la Complicidad Grande ?
- Vaguement
- Mon fil fut accusé d'y avoir participé, expliqua le Juif tout en préparant sa grenade. Il avait abjuré la foi juive depuis longtemps et vivait à Lima, au Pérou, où il prospérait. Hélas, il avait des ennemis. Et le 11 août de l'année 1639, on vint l'arrêter sous prétexte qu'il continuait à pratiquer le judaïsme en secret.
Le Juif rajouta de la grenaille dans la bouteille.
- Il fut accusé de ne pas vouloir commercer le samedi, de ne pas manger de bacon à son petit déjeuner. Considéré dès lors comme judaïsant, il fut torturé. Et quand on lui mit aux pieds des fers chauffés à blanc, il finit par avouer tout ce qu'on voulait.
Le Juif remplit le flacon de poudre à ras bord et le scella avec de la cire.
- Au bout de six mois de prison, il fut brûlé vif avec six autres condamnés. C'est Cazalla qui commandait la garnison chargée d'exécuter cet autodafé. Les biens de mon fils furent confisqués. Sa femme et ses enfants... disparurent.
Le Juif considéra brièvement Hunter et essuya ses yeux larmoyants.
- Je ne vous raconte pas tout cela pour me plaindre. Je veux juste vous faire comprendre pourquoi j'ai fabriqué une telle arme.
Il souleva la grenade et y inséra une courte mèche.
- Vous feriez mieux de vous mettre à l'abri derrière ces arbres, ajouta-t-il.
Hunter obéit et regarda le Juif poser la bouteille sur un rocher, allumer la mèche puis courir vers lui comme un dératé.
- Que va-t-il se passer ? demanda-t-il.
- Vous allez voir, répondit le Juif et il sourit pour la première fois.
Subitement la bouteille explosa, projetant du verre et des éclats de métal dans toutes les directions. Les deux hommes s'aplatirent sur le sol en entendant les projections déchiqueter les feuillages au-dessus d'eux.
Quand Hunter releva la tête, il avait blêmi.
- Bon Dieu !
- Ce n'est pas une arme de gentilhomme ! reconnut le Juif. Elle ne cause vraiment de dommage qu'à ce qui est tendre, comme la chair.
Hunter le dévisagea avec curiosité.
- Mais les Espagnols ont mérité ce traitement, poursuivit Oeil noir. Alors qu'en pensez-vous ?
Hunter réfléchit. Tout son être se révoltait contre cet engin inhumain. Cependant, il partait avec soixante hommes capturer un galion en territoire ennemi. Soixante hommes qui devraient affronter une forteresse défendue par trois cents soldats, sans compter l'équipage du navire qui devait représenter deux ou trois cents combattants de plus.
- Fabriquez-m'en une douzaine. Emballez-les soigneusement pour le voyage et n'en parlez à personne. Ce sera notre secret.
Le Juif sourit.
- Vous serez vengé, Don Diego.
Sur cette promesse Hunter remonta sur son cheval et repartit
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06 juillet 2010

La bibliothèque de l'été

Les grilles de programme des radios sont passées à la mode "été"...
Depuis le début de la semaine, j'ai découvert cette nouvelle émission sur Europe 1 : La Bibliothèque de l'été, proposée par Catherine Frot du lundi au vendredi de 14h30 à 15h.

Cette semaine, Anna Gavalda nous lit des extraits de son premier roman, "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part".

Il est possible de réécouter les émissions : Voir plus d'informations sur le site de l'émission

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05 juillet 2010

Les noces barbares - Yann Queffélec

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Gallimard – août 1985 – 309 pages

Folio – août 1987 – 343 pages

Prix Goncourt 1985

Quatrième de couverture :
Fruit d'une alliance barbare et d'un grand amour déçu, Ludovic, enfant haï par sa trop jeune mère - Nicole et ses grands-parents, vit ses premières années caché dans un grenier. La situation ne s'arrange guère après le mariage de Nicole avec Micho, brave et riche mécanicien qui cherche à protéger Ludovic. Hantée par ses amours brisées, sombrant dans l'alcoolisme et méprisant son mari, la jeune femme fait enfermer son fils dans une institution pour débiles légers. Mais Ludovic n'est pas l'arriéré qu'on veut faire de lui. Il ne cesse de rêver à sa mère qu'il adore et qu'il redoute. Même une première expérience amoureuse ne parvient pas à l'en détourner. Son seul but, son unique lumière : la retrouver. S'enfuyant un soir de Noël, il trouve refuge sur la côte bordelaise, à bord d'une épave échouée, écrit chez lui des lettres enflammées qui restent sans réponse. Et c'est là-bas, sur le bateau dont il a fait sa maison, que va se produire entre Nicole et son fils une scène poignante de re-connaissance mutuelle - qui est aussi le dernier épisode de leurs noces barbares.

Auteur : Né à Paris en 1949, Yann Queffélec est un écrivain français. Il est le fils de l’écrivain breton Henri Queffélec et le frère de la pianiste Anne Queffélec. Bien qu’il vive encore à Paris, il a gardé de fortes attaches en Bretagne. Il entame sa carrière d’écrivain en éditant à 32 ans une biographie de Béla Bartók. Quatre ans plus tard, il reçoit le prix Goncourt pour son roman Les noces barbares. Il est l’auteur de nombreux romans et d’un recueil de poèmes et aussi des paroles de chansons, notamment pour Pierre Bachelet. En 1998, il anime sur internet la création d'un roman interactif Trente jours à tuer.

Mon avis : (relu en juillet 2010)
J'avais déjà lu ce livre il y a longtemps et il m'avait marqué et je voulais le relire et le Challenge ABC a été l'occasion de le faire.
C'est l'histoire d'un fils Ludovic qui cherche désespérément l'amour de sa mère Nicole. Mais celle-ci le rejette car il est le fruit d'un viol alors que Nicole n'avait pas quinze ans. Il a vécu ses premières années caché dans un grenier sans aucun amour de la part de sa mère et de ses grands-parents. Nicole se marie avec Micho qui a déjà un fils Tatav. Il est prêt à accueillir également Ludo. Micho est très gentil avec Ludo et il veut vraiment créer une vrai famille. Mais Nicole ne supporte pas Ludo, il lui rappelle son passé. Elle prétend qu'il est idiot et le fait enfermer dans un établissement pour débiles légers. Mais Ludovic n'est pas idiot, il recherche l'amour de sa mère et en même temps il la craint.
L'histoire est bouleversante, l'écriture est magnifique, précise, poétique. Les personnages de Ludovic et Nicole sont attachants, leur relation mère et fils est poignante : la mère est violente vis à vis du fils, mais celui-ci lui répond par un amour inconditionnel, il voudrait être accepté. C'est une histoire sombre, tragique, douloureuse, triste, bouleversante et inoubliable !

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Les Noces Barbares a été adapté au cinéma par Marion Hänsel en 1987.

Extrait : (page 85)
Ludo crut punir sa mère en lui battant froid. Il ne cracha plus dans le café du jeudi matin, ne colla plus ses lèvres sur le bol où elle avait bu, bloqua sa respiration quand ils se croisaient. Son point d'honneur, voulait que toute intimité fût désormais radiée de ces gestes par lesquels, chaque jour, il la servait. Nicole affectait de ne rien remarquer. On eut dit que la brouille installée par son fils répondait à ses vœux. Sa froideur, à lui, n'avait d'autre avenir que la tristesse, il ne s'enfonçait dans l'hostilité que pour s'y résigner le plus tard possible. « T’as raison, disait Tatav à Ludo. Elle est niaise, ta mère. Moi je voulais pas que mon père se la marie. – Ah bon », répondait Ludo.

« Faut la mettre à bout, déclara Tatav un jour. Faut qu’elle demande pardon. C’est la loi. » Il pouffa : « On va y coller des perce-oreilles dans ses affaires. Allez viens ! Toi tu surveilles l’escalier, moi je les mets. » Ludo fit la sentinelle. « Plus jamais qu’elle osera mettre sa culotte, exultait Tatav en sortant quelques instants plus tard. J’y en ai mis un régiment. Bon, moi je vais au sous-marin. »

Dès qu’il fut parti, Ludo se glissa chez Nicole et subtilisa les perce-oreilles épars dans son linge. « C’est une fine mouche, observa Tatav le lendemain sur le trajet de l’école. Elle a rien dit. Même qu’elle m’a fait la bise. Faut y mettre des boules puantes sous les draps. Quand elle va se coucher, ça va écraser les boules. Oh, la nuit qu’ils vont passer, les vieux ! » Ludo faillit se faire prendre en déminant la literie piégée par Tatav. « Moi, j’y comprends rien, s’énervait celui-ci. – Moi non plus, répondait Ludo. – J’ai une idée. Je me mets derrière elle à quatre pattes. Toi tu fonces dessus par-devant pour qu’elle recule et tombe sur moi. » Exécution. Mais à la seconde où Nicole allait buter en plein dans Tatav, Ludo s’écria : « Attention ! » et le piège échoua. Tatav s’en tira piteusement par un lacet qu’il renouait, mais commença de regarder Ludo d’un sale œil. « Ben quoi, j’ai eu peur… »

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (20/26)

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03 juillet 2010

Swap in' Follies

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Au mois de Mai, je me suis incrite au Swap in' Follies co-organisé par Amanda et Manu.
Ce Swap nous invitait à découvrir New-York à travers un film, un livre, un objet, une gourmandise...
Pour ma part, je n'ai jamais eu l'occasion d'aller à New-York et ce swap a été l'occasion de découvrir cette ville « virtuellement » et de rallonger encore plus ma LAL et ma liste de film à voir...

Quelle bonne surprise, après cette matinée pluvieuse et rafraîchissante de découvrir, dans la boîte aux lettres dégoulinante, un paquet qui venait d'arriver !
J'avoue je l'attendais un peu... Mais malgré cela une certaine excitation monte au moment où l'on découvre SON colis ! Vite l'appareil photo, un coin tranquille et on savoure l'ouverture de toutes ses surprises...
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Dès le début, sur le paquet, la couleur est annoncée... IcoeurNYC

Et cela se précise avec le message suivant : « Embarquement immédiat ! Swap'in follies Airlines. Bon voyage ! Have fun from Papillon (Journal d'une lectrice) »
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Et je poursuis l'ouverture du paquet...
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Voici une enveloppe « A ouvrir en dernier », j'obéis et je continue et surprise !
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Voilà des « chips » d'emballage originales !

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Et le déballage continue, un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept paquets ! Je suis vraiment bien gâtée !

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Des photos prises par Papillon lors d'un voyage à New-York illustrent chacun des paquets.

Vite, j'ouvre les sept paquets dans l'ordre de découverte, voilà le résultat :
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et en détail :
(en cliquant sur les photos de cet article, vous pourrez agrandir les photos...)

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un « Notebook » typiquement newyorkais
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deux livres :
L'histoire de l'amour de Nicole Krauss
Brooklyn Follies de Paul Auster
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deux gourmandises :
la première est un cheesecake au citron et à la ricotta « virtuelle »,
la deuxième, un pot de beurre de cacahuète
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un DVD : the Visitor qui n'était pas sur ma liste mais que j'ai hâte de découvrir !
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Et pour terminer, 3 superbes marque-pages que je ne me lasse pas d'admirer et qui vont étoffer ma petite collection...

Oh ! j'allais oublier l'enveloppe « A ouvrir en dernier » avec une jolie carte...
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Un TRES GRAND MERCI à Papillon (Journal d'une lectrice) pour toutes ses surprises ! Je n'oublie pas également Manu et Amanda pour l'organisation parfaite de Swap in' Follies.

Pour ma part, j'avais préparé et envoyé un colis à Mango

(en cliquant sur les photos de cet article, vous pourrez agrandir les photos...)

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01 juillet 2010

Robe de marié - Pierre Lemaitre

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Calmann-Lévy – janvier 2009 – 270 pages

LGF – janvier 2010 – 313 pages

Présentation de l'éditeur :
Nul n'est à l'abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s'accumulent puis tout s'accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n'a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite; elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape... Les ombres de Hitchcock et de Brian de Palma planent sur ce thriller diabolique.

Auteur : Né à Paris, Pierre Lemaitre a beaucoup enseigné aux adultes, notamment les littératures française et américaine, l'analyse littéraire et la culture générale. Il est aujourd'hui écrivain et scénariste. Il a rendu hommage à ses maîtres (James Ellroy, William McIlvanney, Bret Easton Ellis, Emile Gaboriau...) dans son premier roman, Travail soigné, qui a obtenu le Prix Cognac en 2006.

 

Mon avis : (lu en juin 2010)
Ce livre a déjà été souvent commenté sur la blogosphère et j'ai été curieuse de le découvrir moi aussi.
Voici un thriller français captivant que j'ai lu d'une traite, sans lâcher mon livre. Il est question de harcèlement psychologique et de vengeance.
Le livre est construit de façon superbe en quatre parties : dans la première partie on découvre Sophie qui semble devenir folle, elle vivait une existence paisible et voilà que des personnes de son entourage meurent les uns après les autres, elle semble être la coupable mais elle ne se souvient de rien... On ne comprend pas vraiment où l'auteur veut en venir. Dans la deuxième partie, on revient sur ce qui s'est passé dans la première partie avec un autre point de vue et l'intrigue devient plus claire... mais la troisième et la quatrième partie nous réservent encore des rebondissements et des surprises !

Un livre plein de suspense et qui donne des frissons, à lire sans tarder !

Extrait : (début du livre)
Assise par terre, le dos contre le mur, les jambes allongées, haletante.
Léo est tout contre elle, immobile, la tête posée sur ses cuisses. D'une main, elle caresse ses cheveux, de l'autre elle tente de s'essuyer les yeux, mais ses gestes sont désordonnés. Elle pleure. Ses sanglots deviennent parfois des cris, elle se met à hurler, ça monte du ventre. Sa tête dodeline d'un côté, de l'autre. Parfois, son chagrin est si intense qu'elle se tape l'arrière de la tête contre la cloison. La douleur lui apporte un peu de réconfort mais bientôt tout en elle s'effondre de nouveau. Léo est très sage, il ne bouge pas. Elle baisse les yeux vers lui, le regarde, serre sa tête contre son ventre et pleure. Personne ne peut s'imaginer comme elle est malheureuse.

Ce matin là, comme beaucoup d'autres, elle s'est réveillée en larmes et la gorge nouée alors qu'elle n'a pas de raison particulière de s'inquiéter. Dans sa vie, les larmes n'ont rien d'exceptionnel : elle pleure toutes les nuits depuis qu'elle est folle. Le matin, si elle ne sentait pas ses joues noyées, elle pourrait même penser que ses nuits sont paisibles et son sommeil profond. Le matin, le visage baigné de larmes, la gorge serrée sont de simples informations. Depuis sa mort ? Depuis l'accident de Vincent ? Depuis sa mort ? Depuis la première mort, bien avant ?
Elle s'est redressée sur un coude. Elle s'essuie les yeux avec le drap en cherchant ses cigarettes à tâtons et ne les trouvant pas, elle réalise brusquement où elle est. Tout lui revient, les événements de la veille, la soirée... Elle se souvient instantanément qu'il faut partir, quitter cette maison. Se lever et partir, mais elle reste là, clouée au lit, incapable du moindre geste. Épuisée.

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29 juin 2010

En avant, route ! - Alix de Saint-André

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Gallimard – avril 2010 – 307 pages

Folio - juin 2011 - 351 pages

Présentation de l'éditeur :
Alix de Saint-André a pris trois fois la route de Compostelle. La première fois, elle est partie de Saint-Jean-Pied-de-Port, sur le chemin français, avec un sac plein d'idées préconçues, qui se sont envolées une à une, au fil des étapes. La deuxième fois, elle a parcouru le " chemin anglais " depuis La Corogne, lors d'une année sainte mouvementée. L'ultime voyage fut le vrai voyage, celui que l'on doit faire en partant de chez soi. Des bords de Loire à Saint-Jacques-de-Compostelle, de paysages sublimes en banlieues sinistres, elle a rejoint le peuple des pèlerins qui se retrouvent sur le chemin, libérés de toute identité sociale, pour vivre à quatre kilomètres-heure une aventure humaine pleine de gaieté, d'amitié et de surprises. Sur ces marcheurs de tous pays et de toutes convictions, réunis moins par la foi que par les ampoules aux pieds, mais cheminant chacun dans sa quête secrète, Alix de Saint-André, en poursuivant la sienne, empreinte d'une gravité mélancolique, porte, comme à son habitude, un regard à la fois affectueux et espiègle.

Auteur : Née en 1957 à Neuilly sur Seine, fille de l’écuyer en chef du Cadre Noir, Alix grandit dans la région de Saumur avant de devenir grand reporter et journaliste, travaillant pour le magazine ELLE. En 1994, elle publie son seul polar, le farfelu L’ange et le réservoir à liquide à freins et poursuit dans le domaine de l’angéologie avec son livre Archives des anges (1998) dans lequel elle enquête sur l’existence de ces créatures aériennes aussi bien dans la Bible, le Talmud que le Coran. De Saint André revient à la fiction avec Papa est au panthéon (2001), avant de publier Ma Nanie (2003), Prix Terre de France, où Alix, dans un monologue affectueux adressé à cette femme, revisite son enfance et sa relation privilégiée avec cette Nanie, décédée en 2001. En 2007, paraît Il n’y a pas de grandes personnes, livre entièrement consacré à sa passion pour André Malraux et où elle nous raconte sa rencontre avec la fille de ce dernier, Florence Malraux.

Mon avis : (lu en juin 2010)
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre. Un récit drôle et très fort, d'Alix de Saint-André qui nous raconte ses trois Chemins vers Saint-Jacques de Compostelle.
Pour son premier Chemin, Alix est partie de Saint-Jean-Pied-de-Port sans aucune préparation et avec beaucoup d’à priori… Et elle découvre les Pyrénées où le « paysage n’arrête pas de monter et de descendre. » Les fins d’étapes difficiles « Les derniers kilomètres sont interminables. » et elle fera ses premières rencontres. Pour son deuxième voyage, Alix emprunte le « Chemin anglais » en Catalogne lors d'une année sainte. Enfin le troisième voyage est le plus vrai, Alix commence son Chemin de Compostelle à la porte de sa maison d'enfance en bord de Loire.
Dans un récit haut en couleur, Alix nous raconte le Chemin de Compostelle avec ses traditions, son folklore avec beaucoup d'humour elle décrit ses compagnons et compagnes de pèlerinage, les paysages qu'elle croise, ses bobos, ses étapes... Elle nous donne également les petits trucs des pèlerins pour charger et porter son sac, pour soigner ses pieds…
Il se dégage de ce livre un vrai sentiment d'humanité et de partage, la marche transforme aussi le rapport au temps « J'étais sûre de n'avoir marché que pour cela, pour cette surprise qui nous attendait, après tant et tant de terres traversées, pour ces joyeuses retrouvailles, ce souffle, cette libération, cette respiration, ce vrai bonheur »
J'ai également beaucoup pensé à un film que j'aime beaucoup celui de Coline Serreau « Saint-Jacques La Mecque » en lisant ce livre. A lire absolument !

Extrait : (début du livre)

Bécassine chez les pèlerins

Le 14 juillet 2003, ma cousine Cricri et moi-même étions dans le très typique village de Saint-Jean-Pied-de-Port, au Pays basque, attablées devant une nappe à carreaux rouges et blancs typique, en train d'avaler du fromage et du jambon typiques avec un coup de rouge typique aussi, en fin d'après-midi, sous la menace d'un orage de montagne, bien noir mais presque tiède. J'étais au pied du mur. D'un grand mur appelé : Pyrénées. Cricri connaissait très bien le chemin de Compostelle ; elle avait fait beaucoup de reportages dessus. Moi, je ne connaissais même pas l'itinéraire. Je fumais trois paquets de cigarettes par jour depuis vingt-cinq ans, et, selon l'expression de Florence, j'entrais dans les restaurants avec ma voiture. Je n'avais rien préparé. Aucun entraînement. Ni sportif ni géographique. Aucune inquiétude non plus : le chemin était fléché et il y avait plein de monde. Je n'aurais qu'à suivre les autres. À mon rythme. Ce n'était pas bien compliqué. Fatigant, peut-être ; dur, mais pas difficile. Cricri m'offrit un couteau ; je lui rendis une pièce de monnaie (pour ne pas couper l'amitié), et elle partit. J'achetai un bâton ferré - appelé un bourdon. Il fallait qu'il soit léger, m'avait-elle dit. Celui-ci était léger, l'air, droit, avec une courroie de cuir. En haut, un edelweiss pyrogravé couronné de l'inscription « Pays Basque » faisait plus touriste que pèlerin, pas très professionnel. Mais le vendeur m'assura que ça irait.

PREMIER JOUR

Tout de suite, ça grimpe. Il est plus tôt que tôt, l'air est chaud et humide comme à Bombay pendant la mousson, et ça monte. Sur une route asphaltée, pour voitures automobiles, dure sous les pieds ! Grise et moche. On peut juste espérer que la campagne est belle. Dès qu'on sera dégagés du gros nuage qui nous enveloppe, on verra. Pour le moment, bain de vapeur. J'ai suivi les autres, comme prévu. Je me suis levée en pleine nuit, pour faire mon sac à tâtons au dortoir. On sonne le réveil à six heures dans les refuges, mais tout le monde se lève avant l'aube. Pourquoi ? Mystère. D'ores et déjà je sais une chose : dans le noir, j'ai perdu mes sandales en caoutchouc, genre surf des mers, pour mettre le soir. Je sais aussi une autre chose : je ne ferai pas demi-tour pour les récupérer !

Je marche derrière un jeune couple de fiancés catholiques. Des vrais. Au-delà de l'imaginable. Courts sur pattes musclées sous les shorts en coton. Très scouts des années cinquante. Ils sont venus à pied de Bordeaux. Il doit y avoir une réserve là-bas. Gentils, polis, souriants : je hais les catholiques, surtout le matin. Ils me vouvoient et ne savent pas encore quand ils vont se marier. Pour le moment, la situation leur convient : un long voyage de non-noces dans des lits superposés ! Devant marche un curé rouquin. Je l'ai vu au petit déjeuner. En clergyman avec un col romain, le tout synthétique et bien luisant, armé d'un bourdon d'antiquaire, énorme, sculpté, digne des Compagnons du Tour de France sous le second Empire. Une semaine par an, il quitte sa paroisse de banlieue pour le chemin de Saint- Jacques. Respirer, dit-il. Suer, c'est sûr. Il a les joues rose bonbon. Le nuage s'évapore, et des vaches apparaissent. Bien rectangulaires, avec de beaux yeux sombres et mélancoliques sous leurs longs cils. Un peintre m'a expliqué un jour pourquoi les juments avaient l'œil si joyeux, alors que celui des vaches était si triste : pas des choses à raconter à des fiancés catholiques.

Très vite, ça fait mal. Dans les jambes, les épaules et le dos. Ça grimpe et ça fait mal. Je n'y arriverai pas seule. N'ayant aucune forme physique, je dois m'en remettre aux seules forces de l'Esprit. Comme au Moyen Âge. Je pique mon bâton dans le sol à coups d'Ave Maria, comme des mantras. Une pour papa, une pour maman, une cuiller de prières, une dizaine par personne, et en avant ! Ça passe ou ça casse. À la grâce de Dieu ! Comme on dit. Mais pour de vrai. En trois dimensions. Mine de rien, ça rythme, ça concentre. Ça aide. Ça marche. J'ai l'impression de traîner toute une tribu derrière moi, des vivants et des morts, leurs visages épinglés sur une longue cape flottant aux bretelles de mon sac à dos. Un monde fou.

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28 juin 2010

Brèves de Football – Renaud Dély

Livre lu dans le cadre du Partenariat avec Blog-O-Book et François Bourin Éditeur

br_ves_de_football François Bourin Éditeur – mai 2010 – 270 pages

Présentation de l'éditeur :
Les joueurs de foot ne se contentent pas de jongler avec le ballon, ils jonglent aussi avec les mots, malaxent la syntaxe, pétrissent la langue, jouent avec les phrases, maltraitent la grammaire. Du vestiaire au plateau de télévision, du comptoir de bistrot au canapé du salon, les stars du ballon rond, les entraîneurs, les commentateurs et les spécialistes autoproclamés du football multiplient les aphorismes et les mots d'esprit. Passionné par ce sport, Renaud Dély propose ici une anthologie réjouissante de ces brèves étonnantes, drolatiques ou absurdes.

Auteur : Rédacteur en chef de la matinale de France Inter, Renaud Dély a publié de nombreux ouvrages dont Besancenot, l'idiot utile du sarkozysme (2009). Ancien participant à l'émission "On refait le match", il collabore régulièrement à So foot.

Mon avis : (lu en juin 2010)
J'ai reçu ce livre le lendemain de la défaite et l'humiliation des Bleus, c'était tout à fait de circonstance. Ce livre ne se lit pas en continue, mais se feuillette ce sont de petites phrases de footballeurs, d'entraineurs, de journalistes, d'auteurs, cinéastes... avec en dessous de chacune, un commentaire de l'auteur. Un drôle de mélange... Certaines phrases sont justes et très bien vu, d'autres sont drôles ou pitoyables.
Ce livre a été mis en vente juste avant le début de la Coupe du Monde pour surfer avec l'engouement des pro-foot, malgré cela, je l'ai lu avec amusement.
Je regrette qu'il manque souvent le contexte dans lequel chacune des phrases ont été dites.

Merci à Blog-O-Book et François Bourin Éditeur pour la découverte de ce livre.

Quelques extraits :

« Le football est le reflet de notre société. Regardez bien l'expression d'un joueur sur le terrain, c'est sa photographie dans la vie. » Aimé Jacquet

« Le football est un miracle qui a permis à l'Europe de se détester sans se détruire. » Paul Auster

« Il y a toujours quelque chose à retenir d'un médiocre match de football : une talonnade, un tir... On lit un livre raté avec la conviction que le suivant sera meilleur. » Bernard Pivot

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23 juin 2010

Les jardins du vent – Annie Degroote

les_jardins_du_vent Presses de la cité - avril 2010 - 319 pages   

Présentation de l'éditeur :
Qu'est-ce qui fait qu'une personne, un jour, renonce à être elle-même ?
Parce qu'il s'estime responsable de la tragique disparition de son fils, Sam, âgé de trois ans, David sombre, comme si sa vraie vie s'était arrêtée à ce même instant. Il faudra un accident grave, le patient amour de Pauline, l'amitié attentive de quelques fidèles et la magie débridée du carnaval de Dunkerque pour qu'il se reconstruise. Et prenne un nouveau départ.
Sublime célébration du Nord, de Lille à Dunkerque et de Berck au Touquet, Les Jardins du vent est un roman magnifique sur la fragilité de la vie, les parts d'ombre et de lumière de chacun.

Auteur et personnalité du Nord de premier plan, Annie Degroote a publié de nombreux romans aux Presses de la Cité, notamment L'Oubliée de Salperwick, Les Silences du maître drapier, La Splendeur des Vaneyck, Les Amants de la petite reine, Un palais dans les dunes, Renelde, fille des Flandres et L'Etrangère de Saint-Pétersbourg.

Mon avis : (lu en juin 2010)
C'est sur le conseil d'une lectrice lors du dernier Café Lecture de la Bibliothèque que j'ai lu ce livre. Tout d'abord, j'adore la couverture du livre qui évoque de belles choses pour moi qui suis si amoureuse des bords de mer ! Le titre est également sympa et mystérieux.

Tout commence en 2004, à Bray les Dunes, sur la Côte d'Opale, non loin de Dunkerque. David Aston est écrivain, il est le papa de Sam un petit garçon âgé de 3 ans. Un jour lors d'une promenade avec son fils en bord de mer, le petit Sam disparaît...
Trois ans plus tard, David ne se remet pas de la disparition de Sam, sa femme l'a quitté et est partie en Nouvelle-Zélande. Ses deux amis de Carnaval "l'Arsouille" et Fanfan, dit la "Tulipe" tentent sans grand succès de lui remonter le moral.
A Lille, Pauline est médecin, elle élève seule Lilou, sa fille de 15 ans. Elle a le soutien de sa copine de toujours Mathilde et de son meilleur ami Rémi.
Romain Meusla est photographe. C'est un bel homme athlète et sportif. Lors d'un rassemblement de cerfs volants à Berck, où il prend des photos d'enfants et de familles, il sauve de la noyade un petit garçon d'environ six ans. Mais le comportement plutôt bizarre du père qui ne le remercie pas, suscite la curiosité de Romain.
A Paris, Rachel est une vieille dame de 90 ans, ancienne artiste. Elle va tous les jours au Cimetière du Père Lachaise pour apporter à manger aux nombreux chats errants et pour se rendre sur la tombe de Sarah Bernhardt.
Voici certains des personnages que l'on découvre dans ce livre, ils vont avoir les uns et les autres l'occasion de se croiser. L'intrigue est parfaitement construite un peu comme un roman policier avec des rebondissements. A travers des descriptions précises et imagées, Annie Degroote nous fait également découvrir le Nord, les plages de Berck, du Touquet et les cerfs-volants, le Carnaval de Dunkerque vu de l'intérieur. Le lecteur découvre aussi le cimetière du Père Lachaise, ses occupants célèbres et ses rassemblements nocturnes.

Un livre que j'ai dévoré avec beaucoup de plaisir et qui m'a donné envie d'aller me promener le long des plages du Nord.

Extrait : (début du livre) 
20 juin 2004
David Biot-Aston ressentit un pincement au cœur à l'instant précis où la petite main potelée lâcha la sienne. La peur de la séparation s'exprime souvent lors de gestes banals. En apparence.
Je deviens une vraie mère poule en vieillissant, songea-t-il. De plus en plus émotif...
Il oublia ses appréhensions, et sourit au bonheur de son enfant de trois ans, qui s'élançait de ses petites jambes vers la voiture à pédales.
Prudent, il resta toutefois à sa hauteur, sur la digue.

A Bray-Dunes, la mer du Nord se respire dès l'«avenue de la plage», qui traverse la commune et mène droit à la digue. Les poumons se remplissent avec délice d'air salé et marin, signe avant-coureur de la proximité de la mer. La lumière elle-même semble s'apaiser.
Dans cet environnement, les angoisses de David s'évaporaient. Atténuées avec la rencontre d'Élise, disparues avec la naissance de leur petit garçon, elles avaient reflué avec ses «déceptions». Le mot était lâché, la mort dans l'âme. Il ne reconnaissait plus le visage de l'amour, sous les frustrations et les déchirures.

La mer possédait ce pouvoir d'agir sur son être comme un antidépresseur naturel. Ses démons intérieurs se dissipaient au profit de forces créatrices.

Il déplorait la disparition, à maints endroits du littoral du Nord, des villas parsemant les digues. Des immeubles sans caractère les remplaçaient. Il se traitait d'égoïste. Ces appartements, décriés par les esthètes, les nostalgiques et les privilégiés comme lui, permettaient à de nouveaux vacanciers de jouir du spectacle inlassable des vagues. Ici et là, quelques villas avaient résisté aux assauts des bombes, puis des marteaux-piqueurs. Elles témoignaient du charme suranné d'un autre siècle, celui de monsieur Bray, l'armateur dunkerquois à l'origine du village.

La digue, elle, était toujours là.

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21 juin 2010

C'est l'été !

van_gogh
Van Gogh - Les blés jaunes

Nuits de juin

L’été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte
La plaine verse au loin un parfum enivrant ;
Les yeux fermés, l’oreille aux rumeurs entrouverte,
On ne dort qu’à demi d’un sommeil transparent.

Les astres sont plus purs, l’ombre paraît meilleure ;
Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;
Et l’aube douce et pâle, en attendant son heure,
Semble toute la nuit errer au bas du ciel.

Victor Hugo, Les rayons et les ombres

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