12 octobre 2016

Quatre couleurs - Blaise Guinin

ob_b33504_quatre-couleurs-couv Vraoum Editions - mai 2014 - 140 pages

Quatrième de couleur : 
Deux étudiants échangent leur identité pour réussir leurs examens.
Quatre filles croisent leur route pour le meilleur mais surtout pour le pire.
Un roman graphique noir, rouge, vert et bleu, réalisé au stylo quatre couleurs.

Auteur : Blaise Guinin a commencé sa carrière dans la bande dessinée en publiant quelques dessins sur internet en autodidacte. 
Début 2011, il publie un roman graphique de 130 pages chez Casterman, "en attendant que le vent tourne" et "Georges et la mort". 

Mon avis : (lu en septembre 2016)
J'ai emprunté par hasard ce livre à la Bibliothèque, c'est surtout le fait qu'il avait été dessiné avec un stylo quatre couleurs qui m'a donné envie de découvrir cette bande dessinée. Grégoire est un étudiant peu travailleur, après plusieurs redoublement, son père l'a menacé de lui couper les vivres s'il ne réussissait pas son année. Pour se donner toutes ses chances, il a l'idée brillante d'inverser deux cours avec Pierre, son meilleur ami, afin d'obtenir une meilleure note à l'examen de fin d'année. Mais tricher et mentir n'est pas si facile... En effet, Chloé est une ex de Grégoire, mais toujours très amoureuse de lui va s'en mêler, c'est le grain de sable qui risque de faire capoter la supercherie... 

De la farce, cette histoire va basculer dans le drame et le thriller. C'est plutôt bien réussi même si le personnage très antipathique de Grégoire m'a gêné dans certains de ses comportement.
Côté dessin, c'est à la fois original et minimaliste, j'ai aimé l'utilisation d'un code couleur pour chacun des personnages féminins, les motifs de fond d'image qui cache parfois des surprises...

Extrait :

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10 octobre 2016

C'est lundi, que lisez-vous ? [276]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

tant que dure ta colère 1540-1 41WikkDgJZL
Tant que dure ta colère - Ǻsa Larsson 
L'égalité est un long fleuve tranquille - Antoine Chereau 
L'Icône des sables - Olive Le Masne

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Je m'appelle Léon - Kit de Waal (Matchs de la Rentrée Littéraire - Priceminister)
La mort nomade - Ian Manook (partenariat Albin Michel)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Au bout du chemin - Patricia Hespel
Les Derniers Jours de Rabbit Hayes - Anna Mc Partlin 
Mon petit bled au Canada - Zarqa Nawaz (partenariat Denoël)

Bonnes lectures et bonne semaine.

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09 octobre 2016

L'Icône des sables - Olive Le Masne

41WikkDgJZL Edilivre - mars 2016 - 51 pages

Quatrième de couverture : 
Voici la rencontre entre une expatriée et une jeune femme réfugiée. Comme une fugue en musique, la vie des deux femmes est mise en miroir dans un parallèle troublant. S'en suit le combat qu'elles vont mener ensemble. Après le temps de la nuit et des épreuves, s'épanouit celui de la grâce. Le désert le plus aride au monde ne s'est-il pas couvert de fleurs ?

Auteur : Olive Le Masne est née en 1978. Elle aime pratiquer l'écriture pour retracer les petites merveilles de la vies. Après Un loup en blouse rose et Un amour de Paulette, récits centrés sur son univers familial, elle élargit son regard à la richesse humaine et spirituelle d'une rencontre.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
J'ai eu ce livre entre mes mains grâce à l'une de mes soeurs qui me la offert cet été. 
C'est une histoire à deux voix, l'une est celle d'une jeune femme réfugiée qui a dû quitter son pays, traverser la mer pour arriver dans un pays lointain. Elle n'a plus rien. "Après avoir erré ça et là dans la ville, elle a vécu la longue attente. Les portes des refuges se sont fermées devant elle. Elle a répété à l'infini des paroles étrangères qui procurent des papiers. Elle a engagé son avenir auprès de visages durs qui ont habité ses songes. Dans son nouveau lieu de passage, personne n'a su lui parler dans sa langue. Elle a tenté d'habiter son silence, laissant couler dans ses mains fléchies, des larmes pudiques de solitude."
L'autre voix est celle d'une femme d'expatrié, elle a l'habitude des déménagements et des séjours à l'étranger. "Pourtant, elle ne parvenait pas à retrouver pleinement sa place dans ce nouvel univers riche et policé. Elle cherchait son visage. La parole résonnait en elle. [...] Elle s'est sentie envahie par cet amoncellement. Sa maison si grande est devenue étouffante. Elle aurait voulu ne posséder rien..."
Les deux femmes ont en communs un sentiment de solitude. Les causes sont différentes, mais le sentiment est le même. Et elles se sont rencontrées. L'expatriée voulait donner de son temps pour se rendre utile, elle est venue garder la petite fille de la jeune femme réfugiée pendant que celle-ci et son compagnon suivaient des cours de français. Peu à peu elles vont se raconter leurs vies. Elles sont si différentes qu'il faudra un peu de temps pour que l'expatriée réagisse et s'investisse vraiment pour aider la jeune réfugiée dans les longues démarches pour obtenir des papiers et la possibilité de travailler...
Ce court livre est en réalité un témoignage très touchant, celui de la rencontre de l'auteur avec des réfugiés. Le texte est plein de poésie et de sensibilité.
Un texte en plein dans l'actualité qui évoque la richesse que l'on peut gagner dans la rencontre avec l'étranger. Cette rencontre n'est pas simple, il faut savoir être à l'écoute de l'autre...

Extrait : (début du livre)
Quand la poussière s'est levée, elle a posé ses yeux sombres sur le sable brûlant. Ses narines aspiraient l'air chaud, posément. Malgré le roulement de tambour dans sa poitrine, elle a poursuivi calmement l'impression des paysages sur sa rétine, comme si elle pouvait faire entrer le pays entier dans son corps menu. Une à une les montagnes sont venues se poser au fond d'elle-même
, puis les maisons de terre, les arbres chevelus, les feuilles craquelées, et enfin, le vent.
Quand elle s’est retournée, elle les a vus. Elle les a serrés un à un entre ses bras frêles, elle a murmuré quelques mots en une mélopée douce. Ses yeux se sont voilés mais elle a laissé couler l’émotion dans un sourire tendre. L’empreinte de leurs voix, le parfum de leur peau, une partie de leur être et les phrases du passé se sont logés quelque part dans son corps, à un endroit profond. Elle a su qu’ils partiraient avant elle. Elle a poursuivi sa route.

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08 octobre 2016

L'égalité est un long fleuve tranquille - Antoine Chereau

Lu dans le cadre de Masse Critique

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81s2Z0I6SQL Pixel Fever - octobre 2016 - 70 pages

Quatrième de couverture :
Dans l'album « L'Egalité est un long fleuve tranquille », parrainé par l'Institut Randstad pour l'Égalité des Chances et le Développement Durable,  Antoine Chereau croque avec un humour mordant toutes les situations de la vie où la discrimination s'exprime. 68 dessins désopilants autour de l'emploi des jeunes, des séniors, de l'égalité pro, de la diversité, du fait religieux et toutes ces discriminations  tout au long de la vie qui font la joie du vivre ensemble. Bref, que du bonheur à partager?! « L'Egalité est un long fleuve tranquille » s'inscrit dans le cadre d'une opération de sensibilisation menée par l'Institut Randstad, contre toutes les formes de discrimination et en soutien aux associations qui oeuvrent pour l'égalité des chances.

Auteur : Antoine Chereau est dessinateur de presse, cartoonist et jokes manager ! Dessinateur pour la presse et les entreprises depuis 1981, il a collaboré à de nombreux titres, comme Libération, France Soir, Que choisir, l’Événement du jeudi, La tribune de l’économie, l’Expansion, Telerama, France Soir ou encore l’Ordinateur individuel. Fort d’une expérience dans de nombreux domaines, Antoine Chereau est un vrai spécialiste de l’entreprise. Il s’est naturellement spécialisé dans les dessins corporate, faisant profiter de son humour en direct pendant les conventions ou pour accompagner la communication de n’importe quelle société.

Mon avis : (lu en septembre 2016)
Cet album n'est pas un bande dessinée, mais un recueil de dessins humoristique sur le thème de l'égalité. L'égalité fille et garçon, l'égalité à l'école, l'égalité dans le sport mais surtout dans le monde du travail. Il est question de la diversité, de la couleur de peau, de la couleur des cheveux, de l'orientation sexuelle, du quartier d'origine, du milieu d'origine, du poids, du handicap, de l'âge, de la place de la femme dans le monde du travail...
Les dessins sont percutants et drôles, une sensibilisation réussite contre les inégalités et les discriminations à l'embauche et au sein du monde professionnel !
Les préjugés ont la vie dure... Tu viens du 93, et c'est comme si tu avais une casserole à traîner. Tu t'appelles Mohammed et cela ne sert à rien que tu fasses de grandes études... Tu es une femme et tu as un poste important, tu n'as pas pu y arriver seulement grâce à tes études et ton travail... Tu es gros et ta place est sur le banc de touche plutôt que sur le terrain... Tu es une femme et tu ne pourras pas gérer en parallèle ta vie professionnelle et ta vie familiale...
Cette BD permet de soutenir les actions en faveur de l’égalité des chances.

 

 

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07 octobre 2016

Résultat du Prix Audiolib 2016

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La remise du Prix Audiolib 2016 avait lieu hier soir dans le cadre sympathique
du restaurant "Chez Vous" (Paris 9ème)

Les 5 livres finalistes sont mis en valeur dans le décor 

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19h30 : L'annonce des résultats commence, présentations des 5 livres finalistes,
leurs auteurs et leurs lecteurs... Remerciements aux éditeurs, aux partenaires...

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Seules sont présentes Delphine de Vigan et sa lectrice Marianne Epin 

Il faut dire que parmi les finalistes, il n'y a que deux vivantes :
Paula Hawkins et Delphine de Vigan 

Il n'y a donc pas trop de surprise lorsqu'on annonce que
le livre gagnant est "D'après une histoire vraie" !

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un petit mot de remerciement de Delphine de Vigan

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puis de Marianne Epin qui nous fait également la lecture d'un petit extrait

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Delphine de Vigan et Marianne Epin ont reçu un trophé (en chocolat)

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Photo finale avec Audiolib, les lauréates et partenaire ou éditeur

Ce n'était mon livre favori, mais j'aime l'auteur et j'étais donc ravie pour elle.
Après la sélection des 5 livres finalistes, je me doutais que le prix irait
soit à Delphine de Vigan, soit à Paula Hawkins qui étaient les seuls livres "modernes" de la sélection.
Les 3 autres étant des oeuvres du XXème siècles...

Des fleurs pour Algernon - Daniel Keyes (1959)
Ne tirez-pas sur l'oiseau moqueur - Harper Lee (1960) 
Si c'est un homme - Primo Levi (1958)

 

 

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06 octobre 2016

Remise du Prix Audiolib 2016

C'est ce soir... et j'y serai...

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Voilà les 5 finalistes :

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Qui sera l'heureux lauréat ou l'heureuse lauréate...

 ?

 

Voilà une photo en attendant un petit compte-rendu...

 

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05 octobre 2016

Tant que dure ta colère - Ǻsa Larsson

Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226323996-j Albin Michel - septembre 2016 - 336 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : Till dess din vrede upphör, 2008

Quatrième de couverture :
Le corps d’une femme repêché dans une rivière à la fonte des neiges au nord de la Suède. Une procureure au sommeil hanté par la vision d’une silhouette accusatrice. Des rumeurs concernant la mystérieuse disparition en 1943 d’un avion allemand au-dessus de la région de Kiruna. Une population locale qui préfère ne pas se souvenir de sa collaboration avec les Nazis durant la guerre. Sur les rives battues par le vent d’un lac gelé rode un tueur prêt à tout pour que le passé reste enterré sous un demi-siècle de neige et de glace… Un thriller psychologique complexe et plein de rebondissements. La nouvelle enquête de Rebecka Martinsson.

Auteur : Ǻsa Larsson a grandi à Kiruna, 145 km au-dessus du cercle polaire Arctique, où se déroulent ses romans. Avocate comme son héroïne, elle se consacre désormais à l'écriture. Les cinq tomes de la série autour de Rebecka Martinsson sont en cours de traduction dans 30 pays.

Mon avis : (lu en septembre 2016)
Wilma et Simon sont partis plonger dans un lac gelé à la recherche du secret d'une épave d'un avion tombé en 1943. Ils ne sont jamais remontés... Quelques mois après le corps de la jeune fille est retrouvé dans une rivière. C'est le début de la nouvelle enquête de Rebecka Martinsson, l'avocate fiscaliste devenue procureure, avec l'aide des inspecteurs Anna-Maria Mella et Sven-Erik Stålnacke. Tout au long du roman, on suit l'esprit de Wilma qui apparaît dans un rêve de Rebecka ou déambule dans le village et s'invite chez les proches des victimes ou chez les suspects... Cela donne au lecteur un autre point de vue intéressant sur l'intrigue.
L'enquête progresse lentement, la psychologie des personnages est parfaitement contruite, le suspens est là, l'auteur fait référence à des faits historiques datant de la Seconde Guerre Mondiale et de la vie des Suédois à cet époque.
Je prend toujours beaucoup de plaisir à suivre cette série suédoise et son duo attachant d'enquêtrices Rebecka Martinson et Anna Maria Mella. 

Merci Aurore et les éditions Albin Michel pour cette nouvelle enquête de Rebecka et Anna Maria dans le grand nord suédois.

 

Extrait :

Déjà lu du même auteur :

9782226256096g Le sang versé 9782226318176m La piste noire

 Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Suède

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03 octobre 2016

C'est lundi, que lisez-vous ? [275]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

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Jeux de vilains - Iben Mondrup 
Pour l'amour d'une île - Armelle Guilcher
Coquelicots d'Irak - Brigitte Findakly et Lewis Trondheim

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

L'Icône des sables - Olive Le Masne
Sens dessus dessous - Milena Agus 

Que lirai-je les semaines prochaines ?

L'égalité est un long fleuve tranquille - Antoine Chereau (Masse Critique Babelio)
Je m'appelle Léon - Kit de Waal (Matchs de la Rentrée Littéraire - Priceminister)
Au bout du chemin - Patricia Hespel
Les Derniers Jours de Rabbit Hayes - Anna Mc Partlin 

Bonnes lectures et bonne semaine.

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02 octobre 2016

Jeux de vilains - Iben Mondrup

Lu en partenariat avec Denoël

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traduit du danois par Caroline Berg

Titre original : Godhavn, 2014

Quatrième de couverture : 
Godhavn est une petite ville sur l’île de Disko, située à l’ouest du Groenland. C’est là que s’est installée une famille danoise avec trois enfants qui, chacun à leur manière, tentent de trouver leur place dans cette petite communauté du bout du monde, où cohabitent trappeurs, pêcheurs et chiens de traîneaux faméliques. L’environnement hostile et le climat particulièrement rude ne facilitent pas leur intégration. Il y a Bjørk la fille cadette, capricieuse, égoïste et solitaire, Knut le garçon vulnérable et sensible, et leur grande sœur Hilde, la prunelle des yeux de leur père. Celle-ci tombe amoureuse de Johannes, un garçon de l’île, sauvage et imprévisible. Johannes se lie d’amitié avec la famille, et se retrouve au cœur d’événements violents et inattendus. 
Iben Mondrup se penche sur la vie secrète des enfants, dont elle dévoile avec poésie, force et émotion les secrets les mieux gardés et les désirs les plus inavouables.

Auteur : Née en 1969 à Copenhague, elle a vécu une partie de son enfance au Groenland. Auteur et artiste, "Jeux de vilains" est son troisième roman.

Mon avis : (lu en septembre 2016)
Histoire dépaysante par les lieux, puisqu'elle se situe sur une île au Groenland. Le climat est rude, l'isolement est parfois dur à supporter, les paysages sont sauvages mais superbes.
Le lecteur va suivre la vie d'une fratrie de trois enfants, deux filles et un garçon, leur quotidien, leurs réflexions, leur place dans cette famille où ils sont souvent livrés à eux-même. Tour à tour nous suivons chacun des trois enfants, Bjørk, Knut et Hilde. 

Bjørk est la plus jeune, elle a 7 ans, elle n'a pas sa langue dans sa poche, c'est une boule d'énergie qui observe tout autour d'elle, elle espionne sa grande sœur, elle écoute les cancans, elle a même parfois des idées morbides...   
Knut, le garçon, a 12 ans, c'est un sensible, il fuit la bagarre, on le sent mal dans sa peau. Il est proche de sa petite soeur qu'il aime tendrement, il a du mal à trouver sa place aussi bien dans sa famille que dans cette communauté.
Hilde, l'aînée, a 15 ans, c'est une jeune fille qui n'a peur de rien, elle aime aller à la chasse avec son père dont elle est la préférée. Elle est en pleine crise d'adolescence, c'est le temps des premiers émois, des premiers amours. 
C'est une lecture prenante, parfois dérangeante car l'atmosphère de cette histoire est sombre, pesante pressentant un drame...
La conclusion est un peu décevante car elle arrive brutalement et est peu explicite...

Merci Chloé et les éditions Denoël pour cette découverte dépaysante.

Extrait : (début du livre)
Elle ferme la porte derrière elle. « Voilà on est seuls, annonce-t-elle, plus besoin de parler tout bas. »
Elle s’adresse au garçon qui est avec elle dans la pièce. Il ne tient pas en place. Il a l’air de vouloir s’enfuir et pourtant il se glisse sous la couette.
« Tu as les yeux fermés ? » demande-t-elle au garçon dans le lit. Avant qu’il ait eu le temps de répondre, elle s’assied à côté de lui, elle le pousse, elle lui grimpe dessus. Puis elle écarte les cuisses, se laisse tomber en avant. Elle saisit les coins de l’édredon et le referme, bien serré autour du visage du garçon. « Tu es mon prisonnier », déclare-t-elle.
Il secoue la tête pour se débarrasser du duvet.
« Pourquoi tu ne dis rien ? lui reproche-t-elle. Tu ne vois pas que je suis en train de t’étouffer ? » Elle est agacée et souffle par le nez, comme un chien.
« Parce que », répond-il. Brusquement, il se retourne et la renverse. « Parce que, contrairement à toi, je n’ai pas besoin de parler sans arrêt.
Elle a l’air déçue. Maintenant ils sont tous deux debout au milieu de la pièce. « Alors tu n’as qu’à t’en aller, dit-elle, puisque tu ne m’aimes pas.

— Chut », murmure-t-il, posant un doigt sur ses lèvres.
Elle attrape la couette sur le lit. Elle la soulève et la secoue, faisant à moitié tomber la housse à fleurs qui la protège. « C’est bon, il n’y a personne », le rassure-t-elle.
Il lui arrache la couette des mains et finit de retirer la housse qu’il laisse tomber par terre.
« Fais-nous une tente. » Elle se recouche sur le lit.
Il soulève la couette dans toute sa largeur et la laisse retomber sur le corps allongé.
Elle a disparu. Elle n’est plus qu’une vague silhouette qui gigote sous la couverture. Soudain un vêtement tombe au pied du lit.
Maintenant, c’est lui qui respire fort, les yeux rivés sur la forme sous la couverture.
« Allez, viens. » Le corps sous le duvet se trémousse avec impatience.
Il détache le bouton de son pantalon, ses doigts cherchent la fermeture Éclair. Mais il change d’avis, se reboutonne et retire seulement son pull-over.
Il vient se coucher à côté d’elle sous le duvet, elle pouffe de rire. Puis sa voix se fait dure à nouveau. « Pourquoi es-tu toujours habillé ? » Elle soulève la couverture et bondit sur lui.
Puis elle lui martèle le torse à coups de poing et lui griffe sauvagement les bras. « Je veux que tu te déshabilles, hurle-t-elle, je le veux, je le veux, je le veux. Mais d’abord, embrasse-moi sur la joue, je te l’ordonne… non, embrasse-moi dans le cou. »

Elle ferme les yeux, bascule la tête en arrière, lui présente sa gorge. Ses cheveux sont électriques, collés à ses joues.
Il pose les mains autour de son cou.
« Non, pas comme ça », dit-elle.
Il serre plus fort.

 Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Danemark

challenge12016br
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30 septembre 2016

Pour l'amour d'une île - Armelle Guilcher

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Nouvelles Plumes - 2014 - 336 pages

Pocket - janvier 2016 - 400 pages

Quatrième de couverture :
Elle s'appelle Marine. Un prénom qui évoque sa passion, la mer. Cette mer qui entoure la petite île bretonne où elle est née et a grandi, jusqu'à la mort brutale de ses parents. 

Devenue médecin, Marine décide de retourner sur l'île perdue dans les brumes, au milieu des écueils qu'elle aime tant. 
Mais les mois passent et elle ne parvient pas à amadouer les habitants pour le moins distants. Les patients restent rares et l'hostilité est palpable. Une hostilité qui semble trouver sa source dans l'histoire familale, ne laissant au " nouveau docteur ", au bord du découragement, d'autres choix que de raviver le passé pour comprendre. Au risque de rouvrir des blessures enfouies.

Auteur : Retraitée, Armelle Guilcher vit et écrit en Bretagne. Pour l'amour d'une île est son premier roman.

Mon avis : (lu en août 2016)
J'ai lu ce livre cet été avec beaucoup de plaisir, le lieux principal de cette histoire est une petite île bretonne et l'auteur a su parfaitement nous la décrire dans tous ses états, sous le soleil, dans la tourmente des tempêtes... 
1971. Marine le Guellec , jeune médecin s'installe sur l'île bretonne où elle est née. Elle va remplacer le docteur Le Guen qui aspire à la retraite. Mais rien est simple, car elle se trouve face à l'hostilité des habitants qui évitent alors de fréquenter son cabinet.
1960. Le lecteur revient sur l'enfance de Marie. Après la mort de ses parents, elle a été élevée avec Yves, son frère aîné, par son grand-père François qui a voulu protéger ses petits-enfants. Marie va comprendre que 
l'hostilité à son égard est dû à son histoire familiale et quelques secrets de famille...
J'ai beaucoup aimé cette histoire, dont les personnages sont attachants et donc l'intrigue se dévoile peu à peu. J'ai eu du mal à quitter cette petite île bretonne... Heureusement, c'étaient les vacances et le bord de mer était proche...

Extrait : (début du livre)
À la fin de ses études de médecine, Marine décide de retourner vivre sur la petite île bretonne où elle a grandi jusqu'à la mort de ses parents. Mais dans le froid venteux de novembre, l'installation se révèle difficile : les habitants désertent son cabinet et affichent ouvertement leur hostilité. Marine comprend que le secret de cette haine est caché dans le passé de sa famille.
La traversée s'était effectuée dans des conditions plutôt idéales pour la saison. En dépit d'un temps maussade, la mer était calme.

On était fin novembre.
Ce n'était pas la période rêvée pour venir s'établir sur cette île hostile, perdue dans les brumes, au milieu des écueils. À peine arrivée, elle allait devoir affronter les tempêtes de l'hiver, les plus rudes, celles qui vous mettent l'angoisse au cœur, avec en supplément l'appréhension de démarrer une carrière de médecin en se heurtant à la défiance probable des habitants à son égard.
Marine n'avait pas choisi son moment. Son installation était programmée au début de l'été et puis des circonstances imprévues (la maladie de François, son grand-père) avaient bouleversé ses plans. Il n'existait sur l'île aucune structure hospitalière susceptible de recevoir le vieillard en cas d'aggravation de son état et, dans ce contexte, ne sachant comment évoluerait la santé de son aïeul, Marine avait préféré se montrer prudente en demeurant sur le continent. Finalement, le vieil homme s'était éteint sans avoir assouvi son rêve : retourner vivre sur son île en compagnie de sa petite-fille.
La douleur ressentie par Marine à la mort de son grand-père avait été immense. Elle avait d'ailleurs failli abandonner tous ses projets. Et puis les blessures se refermant, elle s'était persuadée que François lui-même n'aurait pas souhaité une pareille conclusion, après tant d'années d'efforts et de persévérance pour mener ses études à leur terme. Elle avait donc confirmé au docteur Le Guen qu'elle reprenait sa clientèle, juste le temps pour elle d'expédier quelques affaires courantes. Ce qu'elle appelait « affaires courantes » était le règlement de la succession de son grand-père. Il n'avait pour toute richesse que sa petite maison du continent, au bord de la falaise, et Marine ne voulait en aucun cas s'en séparer malgré les exhortations de son frère Yves, toujours à la recherche de plus de moyens pour entretenir dans un confort que lui-même n'avait jamais connu, sa femme et ses deux petites-filles, des gamines pleurnichardes et capricieuses.
Elle avait alors proposé à Yves de lui racheter sa part et celui-ci avait ironisé : « Avec quel argent ? Ce n'est pas ta clientèle de marins ivrognes et miséreux qui va t'enrichir. »
— Ma clientèle miséreuse assurera ma subsistance, n'aie aucune inquiétude à ce sujet. Et puisque tu négliges la maison de grand-père, tu ne discuteras pas de son prix en prétendant qu'elle vaut plus cher que ce que je t'en offre.
Effectivement, Yves avait accepté le montant fixé. Et c'est le notaire de famille qui, après avoir établi les documents, lui prêta la somme nécessaire au rachat de la résidence familiale.
— J'aurai peut-être quelques difficultés à vous rembourser mais j'honorerai ma dette.
— J'ai confiance en toi, avait répondu le notaire. En souvenir de François, mon ami, je ne peux me résoudre à ce que cette demeure, obtenue grâce à un labeur de tous les instants, parte entre les mains du premier venu. Pour lui et pour toi. Et je suis peiné qu'Yves s'en dessaisisse avec une si grande désinvolture.

 

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