13 octobre 2010

Vivement l’avenir – Marie-Sabine Roger

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vivement_l_avenir Éditions du Rouergue – août 2010 – 301 pages

Quatrième de couverture :
« Dans les maternités, d’après moi,
il n’y a que des princesses et des princes charmants,
dans les petits berceaux en plastique.
Pas un seul nouveau-né qui soit découragé,
déçu, triste ou blasé.
Pas un seul qui arrive en se disant :
Plus tard, je bosserai en usine pour un salaire de misère.
J’aurai une vie de chiotte et ce sera super.
Tra-la-lère. »

Auteur : Née en 1957 à Bordeaux, Marie-Sabine Roger a toujours été passionnée par l'écriture. Après une carrière de 10 ans comme enseignante en maternelle, elle se consacre entièrement, depuis 1999, à son métier d'écrivain. Mère de trois enfants, elle vit dans la région de Nîmes et a publié de nombreux ouvrages pour la jeunesse et pour adultes.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
Voilà un livre plein d’espoir et de chaleur qui est également pour moi un vrai coup de cœur. Les narrateurs sont tour à tour Alex et Cédric. Alex est une solitaire aux allures de garçon qui a été embauchée en CDD dans le poulailler industriel.
Cédric est un jeune de 28 ans, désœuvré qui ne s’imagine aucun avenir. Il passe ses journées au bord du canal avec son copain Olivier, dit le Mérou, à lancer des canettes dans l'eau. Alex est émue par Gérard (ou Roswell), fortement handicapé, qui est le beau-frère de Marlène sa logeuse. Celle-ci a du mal à supporter Roswell et le malmène un peu.
Alex va s'occuper de Roswell, elle lui raconte des histoires, écoute ses poèmes, elle rit avec lui, elle le considère comme une vrai personne et pas comme un « monstre ». Alex va même fabriquer un chariot pour sortir Roswell et c'est en le promenant au bord du canal, ils vont rencontrer Cédric et Olivier. Ensemble, ils vont démontrer vis à vis de Roswell un beau sens de l'amitié, et de la solidarité. Une très belle histoire !

Extrait : (début du livre)
Comment c'était venu dans la conversation, je ne sais plus très bien. C'était venu. C'est tout.
L'origine, elle était peut-être à chercher du côté des clébards, quand la télé avait parlé de ceux qu'on abandonne à la SPA, au début des vacances. Tous ces braves chiens-chiens avec la truffe humide et dans leurs yeux marron de l'amour sans reproche.
- Abandonner son chien ! Si c'est pas malheureux ! a dit Marlène, à un moment, en caressant Tobby. La peine de mort, il leur faudrait, à tous ces salopards !
- Bah ! La peine de mort, faut pas pousser, non plus... Mais de la tôle, oui. Là, je dirais pas non ! a répondu Bertrand, de sa voix toujours calme.
Jamais je ne l'ai vu énervé, celui-là.
Marlène a secoué la tête. Quand elle a une idée, elle s'y tient.
- La peine de mort et voilà tout. Hein, mon Tobby, mon amour, mon pépère ? La guillotine, hein ? Et en plusieurs fois, tant qu'à y être. À petits coups de cisaille, tchak tchak.
- La guillotine, ben voyons ! a dit Bertrand.
Roswell s'est marré. Il se marre tout le temps.
Moi j'étais dans mon coin, je lisais, sans rien dire. Je parle rarement. Ça servirait à quoi ?   

Mais l'origine était sans doute aussi dans la bêtise de Roswell, un peu plus tôt dans la soirée. Parce qu'il avait voulu se faire du pop-corn, sans rien demander à personne.
Il pourrait se nourrir de pop-corn, de frites et de Coca, il en est fou.
Il avait allumé le gaz, tout seul, posé la poêle sur le feu, bien huilée comme il faut selon la procédure. Et puis il l'avait oubliée, forcément.
Roswell n'a pas de suite dans les idées. Peut-être pas d'idées, non plus. Tout au plus des initiatives.   

Alors, quand Marlène est allée dans la cuisine pour mettre l'eau des pâtes à chauffer, tout était envahi d'une fumée épaisse et âcre, qui piquait salement les yeux.
Elle a crié :
- Ah ben ça, ah ben ça ! Mais c'est quoi, ce bordel ?!
Elle a ouvert la fenêtre en urgence, en envoyant valser tout ce qui était devant : la passoire en métal, le pichet, la salière et les couverts en bois. Elle a balancé la poêle dans l'évier, fait couler l'eau en grand, c'est parti en vapeur. Il n'est plus resté que l'odeur.   

Quand elle est revenue dans la salle à manger, Marlène hurlait que non, alors là non ! Non, cette fois, on avait dépassé la mesure du comble ! Elle disait qu'il avait encore failli tout faire cramer, ce crétin, ce taré ! Qu'un beau jour, la maison, ça serait plus qu'un tas de cendres en ruines, et par la faute à qui ?
Roswell a rigolé, mais pas d'un rire franc.
Moi qui le connais mieux que le reste du monde, puisque je suis la seule à me soucier de lui, je voyais bien qu'il avait les miquettes, rien qu'à cette façon de coller du regard aux gestes de Marlène, de ne pas la quitter de l'oeil, surtout pas, au cas où.
Marlène, elle a parfois la main leste, avec lui. Lourde, aussi. Mais elle a seulement soupiré, en se tournant vers moi :
- Va me le mettre au pieu, tiens ! Moi je peux plus le voir, il me pile l'humeur, j'en ai les nerfs qui me sortent des gaines !
- Il a mangé ? a fait Bertrand.
- Il a pas faim !
J'ai aidé Roswell à sortir du fauteuil. On a pris l'escalier, lui devant, moi derrière, pour parer, au cas où. Je l'ai fait arrêter aux toilettes. Après, je l'ai mené jusqu'à sa chambre. Je l'ai aidé à se déshabiller, à enfiler son pyjama, je lui ai mis sa couche pour la nuit. J'ai remonté la couette sous son menton barbu, je lui ai enlevé ses lunettes, je lui ai porté un verre d'eau.
Il a chuchoté :
- Hésschantille-hein ?
J'ai dit ben oui, bien sûr ! Bien sûr, je suis gentille ! Tu le sais bien, non ?
- Hhhui. Hésschantille, toi.
- Oui, je suis gentille, moi. Et toi, tu devrais éviter de faire
du pop-corn !   

Il a rigolé. J'ai montré la veilleuse, d'un hochement de tête. Il a fait no-no-non, no-no-non ! Je sais bien qu'il a peur du noir. Du noir, des araignées, des guêpes, des orages. Et de Marlène, aussi. De Marlène, surtout.
J'ai touché de l'index ma visière invisible, OK chef, compris chef, je te la laisse allumée, ta lumière. Il a souri de tout son trop de dents qui encombre sa bouche, de ses gencives de mulet. Il a refait mon geste, en me saluant, la main un peu en travers de sa joue.
- Oké-sschef !
Je lui ai fait un clin d'oeil avant de refermer la porte. Il avait déjà pris le coin de son drap pour téter. Il a cligné des yeux, les deux en même temps. Un seul, il ne sait pas le faire.

Comme chaque soir, j'ai pensé : Sacré Roswell ! Tu es tombé dans un piège à cons, le jour où tu es sorti du ventre de ta mère.   

Livre 13/14 pour le Challenge du 2% littéraire 1pourcent2010

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12 octobre 2010

Lulu Femme Nue : 2ème livre – Étienne Davodeau

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lulu_femme_nue_tome2 Futuropolis – mars 2010 – 78 pages

Présentation de l'éditeur :
Avec ce second livre très attendu, Étienne Davodeau clôt magistralement un récit en tous points magnifique. C est un hymne à l'amour de vivre, joyeux et grisant. Lulu est toujours en errance. Si son escapade se déroule sur dix-neuf jours, le temps de la narration est celui d'une nuit, sur la terrasse de la maison familiale, où tous les amis de Lulu sont réunis pour une veillée funèbre. Mais cette fois, prenant le relais de Xavier, c'est Morgane, la fille de Lulu, qui raconte ce qui est arrivé à sa mère. Lulu a quitté Charles, son camping et ses improbables frangins, mais n'a pas pour autant décidé de rentrer au bercail. Elle poursuit sa quête d'elle-même, ailleurs. Elle rencontre Marthe, vieille femme solitaire et pétillante, dans des circonstances, disons, explosives. Lulu et Marthe, Marthe et Lulu, une complicité à bien des égards décisive, comme le point nodal de ce second livre. Étienne Davodeau dresse ici le double portrait magnifique d'une femme ordinaire, Lulu, et d'une vieille femme haute en couleurs, Marthe, qui, revêche de prime abord, se révèle incroyablement belle et généreuse.

Auteur : Étienne Davodeau a 44 ans. Il vit en Anjou. 1985: après des études d'arts plastiques à Rennes, il participe à la création du studio BD Psurde. 1992-94: Les Amis de Saltiel (triologie, Dargaud). 1996: Le Constat (Dargaud). 1997: Quelques jours avec un menteur (Delcourt). 1998: Le Réflexe de survie (Delcourt). 1999: s'intéressant aussi à la bande dessinée pour enfants et adolescents, il scénarise pour Joub, Les Aventures de Max & Zoé (5 tomes, Delcourt) et Géronimo (2 tomes, Dupuis). 2001: Rural!, véritable reportage, où il confirme son choix peu fréquent en bande dessinée d'inscrire le monde réel au coeur de son travail. 2003: Avec David Prudhomme au dessin, il adapte en bande dessinée l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles (Delcourt). 2004: Chute de vélo, Prix des Libraires de Bande Dessinée 2005 (Dupuis). 2005: Les Mauvaises Gens (Delcourt). Grand prix 2005 de la Critique, Prix France Info, puis à Angoulême Prix du Scénario et Prix du Public. 2006: avec Kris, il réalise Un Homme est mort, Prix France Info 2007 (Futuropolis). 2008: Lulu femme nue, tome 1 (Futuropolis). Couronné en 2009 par un Fauve au festival d'Angoulême, le Prix Ouest-France au festival Quai des Bulles de St Malo, le Prix Bédélys au Québec et le Prix Saint-Michel en Belgique.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
Dans le second livre, Lulu poursuit son voyage pour se retrouver, elle rencontre Marthe une vieille dame avec qui il se crée une certaine complicité.
C’est Morgane, la fille aînée de Lulu, qui raconte la suite du périple de sa mère et comment elle décidera de revenir vers sa famille.
Beaucoup de sensibilité et du suspense dans cette belle histoire humaine qui s’achève avec ce second livre. Dans le premier livre, il était question d’amour, dans le second on découvre une histoire d’amitié.
Très belle Bande Dessinée à découvrir.

Pour en savoir plus, Blog Lulu Femme Nue.
Lulu Femme Nue 1er livre

Extraits :

lulu_femme_nue_tome2_1

lulu_femme_nue_tome2_2

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Lulu Femme Nue : 1er livre – Étienne Davodeau

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lulu_femme_nue_tome1 Futuropolis – novembre 2008 – 77 pages

Présentation de l’éditeur :
Lulu, mère de famille de quarante ans, sans histoire, a disparu depuis plus de deux semaines, abandonnant mari et enfants à ses amis désemparés.
L'un d'eux, Xavier, a retrouvé sa trace. En une nuit, il entreprend de raconter aux autres ce qu'a vécu Lulu pendant cet étrange voyage : Lulu a quitté sa vie normale en sortant d'un énième entretien d'embauche. Elle n'avait rien prémédité. Ça s'est passé très simplement. Elle est partie avec une femme dont elle ne connaissait rien, et s'est octroyé quelques jours de liberté, seule, sur la côte, sans autre projet que de savourer pleinement, et sans culpabilité, cette vacance inédite.
Presque surprise par sa propre audace, Lulu rencontre de drôles de gens, qui sont, d'une façon ou d'une autre, eux aussi au bord du monde.
Grisante, joyeuse, dangereuse et cruelle, l'expérience improvisée de Lulu en fera une autre femme.

Auteur : Étienne Davodeau a 44 ans. Il vit en Anjou. 1985: après des études d'arts plastiques à Rennes, il participe à la création du studio BD Psurde. 1992-94: Les Amis de Saltiel (triologie, Dargaud). 1996: Le Constat (Dargaud). 1997: Quelques jours avec un menteur (Delcourt). 1998: Le Réflexe de survie (Delcourt). 1999: s'intéressant aussi à la bande dessinée pour enfants et adolescents, il scénarise pour Joub, Les Aventures de Max & Zoé (5 tomes, Delcourt) et Géronimo (2 tomes, Dupuis). 2001: Rural!, véritable reportage, où il confirme son choix peu fréquent en bande dessinée d'inscrire le monde réel au coeur de son travail. 2003: Avec David Prudhomme au dessin, il adapte en bande dessinée l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles (Delcourt). 2004: Chute de vélo, Prix des Libraires de Bande Dessinée 2005 (Dupuis). 2005: Les Mauvaises Gens (Delcourt). Grand prix 2005 de la Critique, Prix France Info, puis à Angoulême Prix du Scénario et Prix du Public. 2006: avec Kris, il réalise Un Homme est mort, Prix France Info 2007 (Futuropolis). 2008: Lulu femme nue, tome 1 (Futuropolis). Couronné en 2009 par un Fauve au festival d'Angoulême, le Prix Ouest-France au festival Quai des Bulles de St Malo, le Prix Bédélys au Québec et le Prix Saint-Michel en Belgique.

Mon avis : (lu en octbre 2010)
Voilà une très belle BD qui nous raconte l’étrange voyage de Lulu, une femme simple. Un jour, sur un coup de tête, elle abandonne son mari et ses trois enfants et elle part sans vrai but. Elle est fatiguée des entretiens d’embauche sans résultats. Elle décide de prendre un peu de liberté, de quitter son quotidien monotone. Lulu va rencontrer des personnes qui vivent en marge de la société. Elle va retrouver le sourire et revivre une autre vie pendant quelques temps. La construction de la Bande Dessinée est originale car c’est Xavier un des amis de la famille qui a retrouvée Lulu et qui durant toute une nuit va raconter aux autres amis ce que Lulu a fait pendant ce voyage.

Une bande dessinée pleine d’humanité, qui nous donne envie de découvrir la suite.

Lulu Femme Nue second livre

Extraits : 

lulu_femme_nue_tome1_1x

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11 octobre 2010

La Mécanique du Cœur – Mathias Malzieu

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Lu dans le cadre du Challenge : coeur_vs3 proposition de Lael

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Flammarion – octobre 2007 – 177 pages

J'ai lu – mars 2009 – 155 pages

Quatrième de couverture :
Édimbourg, 1874 : le jour le plus froid du monde. Lorsque Jack naît, son cœur gelé se brise immédiatement. La sage-femme le remplace par une horloge et le sauve. Depuis lors, il doit prendre soin d'en remonter chaque matin le mécanisme. Mais gare aux passions ! Le regard de braise d'une petite chanteuse andalouse va mettre le cœur de Jack à rude épreuve...

Auteur : Auteur, compositeur et interprète, Mathias Malzieu est le chanteur survolté de l'un des meilleurs groupes de rock français : Dionysos. Il est également l'auteur d'un recueil de nouvelles et d'un bouleversant premier roman, Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
C'est un conte pour les grands qui nous emmène dans un monde fantastique, un monde de rêves et de poésie. Il raconte l'histoire de Jack qui a à la place du cœur, une horloge. Il doit en prendre soin et remonter ses mécanismes chaque jour et éviter les émotions fortes. Mais un jour il rencontrera Miss Acacia, petite chanteuse andalouse, qui va lui mettre son cœur à rude épreuve.

C'est pas le genre de lecture que j'ai l'habitude de faire mais j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce livre après avoir découvert le CD audio La Mécanique du cœur de Dionysos.

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Extrait : (début du livre)

Il neige sur Édimbourg en ce 16 avril 1874. Un froid de canard paranormal cadenasse la ville. Les vieux spéculent, il pourrait s'agir du jour le plus froid du monde. A croire que le soleil a disparu pour toujours. Le vent est coupant, les flocons plus légers que l'air. BLANC ! BLANC ! BLANC ! Explosion sourde. On ne voit plus que ça. Les maisons font penser à des locomotives à vapeur, la fumée grisâtre qu'exhalent leurs cheminées fait pétiller un ciel d'acier.

Édimbourg et ses rues escarpées se métamorphosent. Les fontaines se changent une à une en bouquets de glace. L'ancienne rivière, habituellement si sérieuse dans son rôle de rivière, s'est déguisée en lac de sucre glace qui s'étend jusqu'à la mer. Le fracas du ressac sonne comme des vitres brisées. Le givre fait des merveilles en pailletant le corps des chats. Les arbres ressemblent à de grosses fées en chemise de nuit blanche qui étirent leurs branches, bâillent à la lune et regardent les calèches déraper sur une patinoire de pavés. Le froid est tel que les oiseaux gèlent en plein vol avant de s'écraser au sol. Le bruit qu'ils font dans leur chute est incroyablement doux pour un bruit de mort.

C'est le jour le plus froid du monde. C'est aujourd'hui que je m'apprête à naître.

Lu dans le cadre du challenge coeur_vs3 proposition de Lael 

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10 octobre 2010

Le garçon en pyjama rayé - John Boyne

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Lu dans le cadre du Challenge Lunettes noires sur Pages blanches 

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Folio Junior – août 2003 – 202 pagestraduit de l'anglais par Catherine Gibert

Gallimard jeunesse – août 2009 – 186 pages

Quatrième de couverture :
Vous ne trouverez pas ici le résumé de ce livre. On dira simplement qu'il s'agit de l'histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l'autre côté d'une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devraient pas exister.

Auteur : John Boyne est né à Dublin en Irlande le 30 avril 1971. Il a suivi des études de littérature anglaise au Collège de Trinité, puis il a suivi le cours d'écriture de l'université d'East Anglia. Vers l'âge de 20 ans, il commence à écrire des nouvelles, dont certaines paraissent dans la presse (Sunday Tribune,…). Il a écrit plusieurs romans. Son premier ouvrage qui était destiné à la jeunesse, "The Thief of Time", a été publié en 2000. "Le garçon en pyjama rayé" est son quatrième roman. Ce livre fut traduit dans plus de vingt langues et couronné de nombreux prix et le livre a été adapté à l'écran par le réalisateur Mark Herman.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
C'est à travers le regard de Bruno un garçon de neuf ans naïf et innocent, fils du SS commandant du camp d'Auschwitz, nous découvrons les horreurs de la guerre et de la solution final.
Bruno n'est pas content de quitter sa belle maison de Berlin et tous ses copains. Mais son père un officier nazi a eu une promotion grâce au « Fourreur », il va devenir le commandant « d'Hoche-Vite ». Il va maintenant habiter une maison triste et isolée. De sa chambre, il aperçoit des hommes, des femmes et des enfants, tous vêtus de pyjamas rayés. Mais personne ne veut lui répondre à ses questions, il va donc quitter la maison en douce et traverser la forêt pour atteindre le camp et voir par lui même. Lorsqu’il arrive devant le grillage, il aperçoit un garçon assis, tête baissée, juste en face de lui, derrière les fils barbelés électrifiés. Bruno se lie d'amitié avec Schmuel, un jeune garçon de son âge qui porte un pyjama rayé et vit de l'autre côté de la clôture. Jour après jours, Bruno retourne voir son nouvel ami et peu à peu il comprend ce qui se passe au sein du camp. Et un jour, Bruno franchit la clôture pour aider Schmuel à chercher son père qui a disparu du camp, comme son grand-père avant lui...

Une histoire à la fois belle, triste et émouvante. A lire et à faire lire.
Ce roman s'adresse à un public large, des enfants de plus de douze ans aux adultes.

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Le Film : Le Garçon au pyjama rayé (The Boy in the Striped Pyjamas) est un film anglo-américain réalisé par Mark Herman en 2008, d'après le roman de l'écrivain irlandais John Boyne. Avec comme acteurs : Asa Butterfield , Vera Farmiga, David Thewlis, Jack Scanlon, David Hayman...
L'adaptation est très proche du livre, les acteurs sont formidables en particulier les deux petits garçons qui jouent Bruno et Shmuel. Seule différence, l'impact de la fin de l'histoire : pour le film, elle est frappante, brutale et sans équivoque, dans le livre, elle est seulement suggérée, la façon dont elle est racontée paraît plus « soft » même si elle est la même.
Un film bouleversant et magnifique.

Extrait : (page 51)
- Qui sont ces gens dehors? finit-il par dire.
Père pencha la tête de côté, un peu embarrassé par la question.
- Des soldats, Bruno. Des secrétaires. Du personnel. Tu en as déjà vu.
- Non, pas ceux là, dit-il. Les gens que je vois de ma fenêtre, dans les baraques, au loin. Ils sont tous habillés pareils.
- Ah, ceux-là, dit Père en hochant la tête, avec un léger sourire. Ces gens.... ce ne sont pas des gens, Bruno.
Bruno fronça les sourcils.
- Ce ne sont pas des gens? demanda t-il, doutant de ce que Père voulait dire.
- Du moins, pas comme nous l'entendons, poursuivit Père. Mais pour l'instant, tu ne devrais pas t'en occuper. Ils n'ont rien à voir avec toi. Et tu n'as absolument rien en commun avec eux. Contente-toi de t'installer dans ta nouvelle maison et de bien te conduire, c'est tout ce que je demande. Accepte la situation et tout ira mieux.
- Oui, Père, dit Bruno que la réponse ne satisfaisait pas.
Il ouvrit la porte, mais Père le rappela. Il était debout, le sourcil relevé, comme pour signifier à Bruno qu'il avait oublié quelque chose. Cette chose lui revint à l'esprit dès que Père la lui suggéra. Alors il prononça la formule consacrée et fit exactement les mêmes gestes que lui.
Il ramena les pieds l'un contre l'autre, tendit le bras droit en l'air, fit claquer ses talons et dit les mots de circonstance à prononcer chaque fois qu'il prenait congé d'un soldat, d'une voix grave et claire (aussi ressemblante que possible à celle de Père).
- Heil Hitler, lança t-il, supposant que c'était une autre façon de dire : "Au revoir. Et bon après midi."

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09 octobre 2010

Read-A-Thon, c'est terminé...

RAT_9_10_10_2010

C'est le jour J, la deuxième édition du Read-A-Thon.

Le départ sera donné à 10h00, et je partirai pour
un Marathon de 12 heures de lecture !

le_gar_on_en_pyjama_ray_ Le garçon en pyjama rayé - John Boyne  (186 pages)  (lu)

la_m_canique_du_coeur La Mécanique du Coeur - Mathias Malzieu (178 pages) (lu)

PAUSE Déjeuner

la_vie_de_ma_m_re La vie de ma mère ! - Thierry Jonquet (147 pages) (lu)

il_a_jamais_tu__personne_mon_papa Il a jamais tué personne, mon papa - Jean-Louis Fournier (143 pages) (lu)

vivement_l_avenir Vivement l'avenir - Marie-Sabine Roger (302 pages) (lu)

les_fautes_de_Lamm__Bouret Les fautes de Lammé Bouret - Jean Failler (114 pages) (lu)

les_bruines_de_Lanester Les bruines de Lanester - Jean Failler (175 pages) (lu)

lulu_femme_nue_tome1 Lulu Femme Nue 1er livre -  Étienne Davodeau (BD - 77 pages) (lu)

lulu_femme_nue_tome2 Lulu Femme Nue 2ème livre -  Étienne Davodeau (BD - 78 pages) (lu)

blue_cerise1_amos Blue cerise - Octobre : Amos - Sigrid Baffert (59 pages) (lu)

blue_cerise1_satya Blue cerise - Octobre : Satya - Jean-Michel Payet (63 pages) (lu)

blue_cerise1_violette Blue cerise - Octobre : Zik - Maryvonne Ripert (55 pages) (lu)

PAUSE Dîner

blue_cerise1_zik Blue cerise - Octobre : Violette - Cécile Roumiguière (57 pages) (lu)

un_secret Un secret - Philippe Grimbert (192 pages) (lu)

la_fille_du_docteur_Baudoin La fille du Docteur Baudouin - Marie-Aude Murail (108 pages lues /260 pages)

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Un grand merci à tous et toutes pour les nombreux encouragements que je reçois depuis ce matin !
Cela fait super plaisir. Et pour le moment, le RAT se passe super bien !
Le choix des livres y est certainement aussi pour beaucoup.

C'est fini pour aujourd'hui, il faudra les jours prochains que je fasse les billets de tous ces livres lus...

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08 octobre 2010

Rosa Candida – Audur Ava Ólafsdóttir

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Rosa_candida Zulma – août 2010 – 336 pages

traduit de l'islandais par Catherine Eyjólfsson

Quatrième de couverture :
Le jeune Arnljótur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens. Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s'en rendre compte les dernières paroles d'une mère adorée. Un lien les unissait : le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales. C'est là qu'Arnljótur aura aimé Anna, une amie d'un ami, un petit bout de nuit, et l'aura mise innocemment enceinte. En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d'Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.

Auteur : Audur Ava Ólafsdóttir est née en 1958 à Reykjavík. Rosa candida, largement salué par la presse et la critique lors de sa parution en 2007 et deux fois primé, est traduit pour la première fois en français.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
Ce livre est pour moi un vrai coup de cœur, c’est frais, c’est tendre, c’est touchant, c’est poétique.
Arnljótur est un jeune homme de 22 ans, il quitte son père et son frère jumeau autiste, avec quelques boutures de Rosa candida dans son sac-à-dos. Il part sur le continent pour restaurer une roseraie renommée laissée à l’abandon au sein d'un monastère. C’est sa mère décédée dans un accident de voiture il y a quelques années qui lui a appris à jardiner et à aimer les plantes. Après une relation d’une soirée avec Anna, il devenu « accidentellement » père d’une petite fille Flóra Sól.
Ce voyage est pour Arnljótur une façon de se retrouver, d’apprendre à se connaître. Il va faire des rencontres, en particulier le père Thomas un moine cinéphile, qui répond aux questions d’Arnljótur en lui conseillant des films…
Cette histoire est pleine de poésie, il n’y a aucune indication géographique précise mais des descriptions de paysages qui donnent au livre une atmosphère toute particulière.
J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire ce livre islandais. A découvrir sans hésiter !

Extrait : (début du livre)
Comme je vais quitter le pays et qu’il est difficile de dire quand je reviendrai, mon vieux père de soixante-dix-sept ans veut rendre notre dernier repas mémorable. Il va préparer quelque chose à partir des recettes manuscrites de maman – quelque chose qu’elle aurait pu cuisiner en pareille occasion.
« J’ai pensé, dit-il, à de l’églefin pané à la poêle et ensuite une soupe au cacao avec de la crème fouettée. » Pendant que papa essaie de trouver comment s’y prendre pour la soupe au cacao, je vais chercher mon frère à son foyer dans la vieille Saab qui va sur ses dix-huit ans. Jósef m’attend depuis un moment, planté sur le trottoir et visiblement content de me voir. Il est sapé à bloc parce que c’est ma soirée d’adieu, il porte la chemise que maman lui a achetée en dernier, violette à motifs de papillons.
Pendant que papa fait revenir l’oignon alors que les morceaux de poisson attendent, tout prêts, sur leur lit de chapelure, je vais dans la serre chercher les boutures de rosier que je vais emporter. Papa m’emboîte le pas, ciseaux à la main, pour couper de la ciboulette destinée à l’églefin et Jósef, silencieux, le suit comme son ombre. Il n’entre plus dans la serre depuis qu’il a vu les débris de verre causés par la tempête de février qui a réduit en miettes beaucoup de vitres. Il reste dehors, près de la congère, et nous suit du regard. Papa et lui portent le même gilet noisette avec des losanges jaunes.
«Ta mère mettait toujours de la ciboulette avec l’églefin », dit papa, tandis que je lui prends les ciseaux des mains et m’étire pour atteindre dans le coin de la serre la touffe toujours verte dont je lui tends une poignée. C’est moi le seul héritier de la serre de maman, comme papa me le rappelle régulièrement. Ce n’est pas qu’il s’agisse d’une culture de grande envergure comme trois cent cinquante pieds de tomate et cinquante plants de concombre qui se transmettraient de mère en fils ; il ne s’agit en fait que de roses qui poussent toutes seules, sans qu’on ait besoin de s’en occuper spécialement, et peut-être de la dizaine de plants de tomate qui restent. Papa se chargera d’arroser en mon absence.
« Je n’ai jamais été porté sur les légumes, mon petit Lobbi, c’était le dada de ta mère. Moi, je pourrais tout au plus manger une tomate par semaine. À ton avis, à la récolte, ça va donner combien de fruits par plant ?
— Tâche de les donner, alors.
— Je ne peux tout de même pas frapper à tout bout de champ chez les voisins avec mes tomates.
— Et Bogga ? »
Je dis cela tout en me doutant bien que la vieille amie de maman doit avoir les mêmes goûts que papa.
«Tu ne veux tout de même pas que j’aille toutes les semaines rendre visite à Bogga avec trois kilos de tomates. Elle insisterait pour que je reste à dîner. »
Je pressens aussitôt ce qu’il va dire ensuite.
« J’aurais voulu inviter la demoiselle et l’enfant, poursuit-il, mais va savoir si tu n’y serais pas opposé.
— Oui, j’y suis opposé. La demoiselle, comme tu dis, et moi, on n’est pas un couple et on ne l’a jamais été, même si on a un enfant ensemble. Ça a été un accident. »
J’ai déjà mis les choses au point et papa doit bien se rendre compte que l’enfant est le fruit d’un instant d’imprudence, et que ma relation avec la mère s’est limitée au quart, que dis-je, au cinquième d’une nuit.
«Ta mère n’aurait pas vu d’objection à les inviter au dernier repas. » Chaque fois que papa a besoin de donner du poids à ses paroles, il tire maman de sa tombe pour l’appeler en renfort.
Moi, je me sens tout drôle de me trouver sur le lieu même, si j’ose dire, de la procréation, en compagnie de mon vieux père et de mon demeuré de frère jumeau qui est là, juste derrière la vitre. Papa ne croit pas aux coïncidences, du moins pas quand il s’agit des événements primordiaux de l’existence, comme la naissance et la mort ; la vie ne s’allume pas, ni ne s’éteint comme ça, par hasard, dit-il. Il ne peut pas comprendre que la conception puisse résulter d’une rencontre fortuite, que l’occasion de coucher avec une femme puisse se présenter à l’improviste, pas plus qu’il ne peut comprendre que la mort puisse résulter d’une flaque d’eau ou de gravillons dans un virage, quand on peut se référer à autre chose : aux chiffres et aux calculs arithmétiques. Papa pense les choses autrement, le monde tient par des chiffres ; ils sont au cœur même de la création et on peut lire dans les dates une vérité profonde, y voir de la beauté. Ce que moi j’appelle hasard ou occasion, selon le cas, est pour papa un élément d’un système complexe. Trop de coïncidences, ça n’existe pas, une à la rigueur, mais pas trois ; pas de coïncidences en série, dit-il : l’anniversaire de maman, la date de naissance de sa petite-fille et le jour de la mort de maman, tout ça le même jour du calendrier, le sept août. Pour ma part, je ne comprends pas les calculs de papa ; d’après mon expérience, c’est justement quand on se met à escompter quelque chose de précis, que tout autre chose arrive. Je n’ai rien contre la marotte d’un électricien à la retraite à condition que ses calculs n’aient rien à voir avec ma négligence en matière de préservatifs.
« Tu n’es pas en train de filer à l’anglaise, mon petit Lobbi ?
— Non, je leur ai dit au revoir hier. » Je n’irai pas plus loin dans son sens et il change alors de conversation.
«Tu ne sais pas si ta mère avait par hasard une bonne recette de soupe au cacao ? J’ai acheté de la crème à fouetter.
— Non, mais on pourrait peut-être trouver ensemble comment faire. »

Livre 12/14 pour le Challenge du 2% littéraire 1pourcent2010

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit' Viking_Lit

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05 octobre 2010

En cuisine – Monica Ali

Lu dans le cadre de babelio_masse_critique

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Belfond – août 2010 – 627 pages

traduit de l'anglais par Isabelle Maillet

Quatrième de couverture :
Après l'extraordinaire succès de Sept mers et treize rivières, Monica Ali nous plonge dans le melting-pot des cuisines d'un grand restaurant londonien. Profonde, douce-amère, une œuvre ambitieuse qui dépeint les désarrois d'une société attachée à ses traditions, confrontée à un monde nouveau qu'elle ne comprend pas. Chef des cuisines de l'hôtel Imperial, un palace plus vraiment à la hauteur de sa splendeur d'antan, Gabriel I.ightfoot doit composer chaque jour avec une équipe cosmopolite et chahuteuse, une petite amie chanteuse qui se pose des questions sur leur relation et un père malade qui lui laisse des messages aussi laconiques que culpabilisants sur son répondeur. Une mort va faire voler en éclats son fragile équilibre : le corps d'un des plongeurs est retrouvé dans les sous-sols du restaurant. Une mort solitaire, anonyme, parmi ces travailleurs immigrés interchangeables. Soudain, Gabriel prend conscience que ses cuisines cachent bien des secrets : trafics en tous genres, prostitution, chantages, violence quotidienne... Surgit Lena, une fille de l'Est, mystérieusement liée à la mort du plongeur. Irrésistiblement attiré par cette femme en perdition, Gabriel va prendre une décision qui remettra en question tout ce en quoi il avait cru jusqu'ici...

Auteur : Née en 1967 à Dacca (ex-Pakistan oriental), Monica Ali a émigré en Angleterre à l'âge de trois ans. Sélectionnée par la revue Granta parmi les vingt meilleurs romanciers britanniques de la décennie avant même que son premier roman, Sept mers et treize rivières (2004), ne soit publié, finaliste du Man Booker Prize 2003, lauréate de nombreux prix, Monica Ali est devenue en moins de un an un véritable phénomène dans le paysage littéraire international. Après le recueil de nouvelles Café; Paraiso (2007), En cuisine est son deuxième roman à paraître chez Belfond. Monica Ali vit à Londres avec son mari et leurs deux enfants.

Mon avis : (lu en octobre 2010)

Ce roman a pour cadre  la cuisine d’un grand restaurant londonien, le personnage principal est le chef de cuisine Gabriel, il a été embauché il y a quelques mois pour redorer le blason de l’ancien palace, mais il avait tout planifié : un an à l’Impérial avant d’ouvrir son propre restaurant à Londres puis son mariage avec sa petite amie Charlie. Mais l'évènement qui ouvre le livre va bouleverser sa vie tranquille. Cet événement, c'est la découverte du corps de Yuri, un des employés à la plonge, dans les caves de l’établissement.

Gabriel va réaliser que pratiquement toute son équipe est constituée de clandestins qui viennent du monde entier d’Inde, d’Afrique ou des pays de l’Est de l’Europe. Il va faire la rencontre de Lena une jeune plongeuse, qui s’était installée avec Yuri dans les catacombes du restaurant. Comme elle est seule et à la rue, Gabe va l’accueillir chez lui. En parallèle, il apprend que son père va mourir d’un cancer. Sa relation avec son père n’ayant jamais été très bonne, il va faire l’effort de renouer avec lui. Mais Gabriel Lightfoot va perdre peu à peu pied, et devenir dépressif.

Malgré des descriptions parfois un peu longue, j’ai plutôt aimé ce livre qui nous plonge dans les coulisses d’un grand restaurant mais aussi dans l’univers des clandestins avec les abus et la misère dans laquelle ils sont obligés de survivre.

Merci à Babelio et aux éditions Belfond pour m’avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : (début du livre)
Avec le recul, il avait le sentiment que la mort de l'Ukrainien marquait le début de la débâcle. Il n'aurait pu affirmer qu'elle en était la cause, ni même que c'était une cause en soi, car les événements qui avaient suivi lui paraissaient à la fois inévitables et imprévisibles ; s'il parvenait aujourd'hui à les assembler pour former une trame susceptible de lui apporter du réconfort, il avait cependant suffisamment changé pour comprendre qu'il s'agissait juste d'une histoire à raconter, et que les histoires sont en général peu fiables. Tout n'en avait pas moins commencé, à son sens, avec la mort de l'Ukrainien puisque, dans la mesure où l'on peut dire d'une existence qu'elle prend parfois un tournant décisif, la sienne était partie en vrille dès le lendemain.

En cette matinée de la fin octobre, Gleeson, le directeur de la restauration, s'assit en face de Gabriel pour leur réunion habituelle. Il semblait avoir perdu son charme professionnel tout d'onctuosité.
«Vous êtes bien conscient que ça s'est produit sur votre secteur, dit-il. Vous en êtes conscient, n'est-ce pas ?»
C’était la première fois que Gabe voyait se lézarder la façade du personnage. Lui-même savait parfaitement que le plongeur ukrainien faisait partie de son « secteur ». Donc, qu’est-ce qui tracassait Gleeson ? Dans ce métier, tant qu’on ne connaît pas toutes les données, mieux vaut ne pas poser de questions. Gabe tapota le col du vase en cristal posé sur la table en déclarant : « Les fleurs en plastique, c’est bon pour les relais routiers et les funérariums. »

Déjà lu du même auteur :

sept_mers_et_treize_rivi_res Sept mers et treize rivières

Livre 11/14 pour le Challenge du 1% littéraire 1pourcent2010

En cuisine par Monica Ali

En cuisine

En cuisine

Monica Ali

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04 octobre 2010

Read-A-Thon, J-5

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Je me suis inscrite à la deuxième édition du Read-A-Thon.
Il s'agit d'un marathon de lecture, il faut essayer de lire pendant 12 heures (mini-RAT)
ou 24 heures (Big-RAT) pour les plus courageux.

C'est prévu le week-end du 9-10 Octobre 2010 de 10h à 22h ou de 22h à 10h pour le mini-RAT de 10h à 10h pour le Big-RAT

Pour ma part, je suis inscrite au mini-RAT de 10h à 22h, je vais tenter cette expérience avec soixante-quinze autres blogo-lecteurs francophones et 304 blogo-lecteurs américains.

J'ai déjà préparé une PAL avec des livres pas trop épais pour l'occasion :

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Les années cerises - Claudie Gallais
Le voyage dans le passé - Stefan Zweig
Le garçon en pyjama rayé - John Boyne
La mécanique du cœur - Mathias Malzieu
La vie de ma mère ! - Thierry Jonquet
Une ardente patience (le facteur) - Antonio Skarmeta
A l'ouest - Olivier Adam
Il n'a jamais tué personne, mon papa - Jean-Louis Fournier
Un secret - Philippe Grimbert
Leur histoire - Dominique Mainard
Ma Nanie, - Alix de Saint-André
La fille du docteur Baudoin - Marie-Aude Murail
Une pièce montée - Blandine Le Callet
Blue cerises : Violette : L'amour basta ! - Cécile Roumiguière
Blue cerises : Amos : Cibles mouvantes - Sigrid Baffert
Blue Cerise : Zik- Octobre. l'Ange des toits de Maryvonne Rippert
Blue cerises : Satya : L'attentat de Jean-Michel Payet
A propos d'un gamin - Nick Hornby
La boîte à musique - J.M. Defromont
Un safari arctique - Jørn Riel
Le livre de Dina, tome 1 - Herbjørg Wassmo
Cosmétique de l'ennemi - Amélie Nothomb
...
Et j'ai également ma PAL normale dans laquelle je piocherai peut-être aussi...
Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent - Eric-Emmanuel Schmitt
Grandir – Sophie Fontanel
L'ange et le réservoir de liquide à freins - Alix de Saint-André

J'attends les encouragements de tous et toutes !

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03 octobre 2010

Innocent - Harlan Coben

Lu dans le cadre du Baby Challenge Polar 2011
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Baby Challenge - Polar Livraddict : 6/20 déjà lus

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Pocket – mars 2007 – 517 pages

Belfond – mars 2006 – 389 pages

traduit de l'américain par Roxane Azimi

Quatrième de couverture :
Un ami en danger
Une bagarre qui dégénère
Un accident
À vingt ans, Matt Hunter est devenu un assassin.
Treize ans plus tard, il mène enfin une vie paisible avec la femme qu’il aime, Olivia, enceinte de leur premier enfant.
Et puis, un jour, sur son portable, une vidéo d’Olivia dans une chambre d’hôtel en compagnie d’un inconnu.
Le cauchemar recommence.
Meurtres, disparitions, faux-semblants… un suspense explosif par le maître de nos nuits blanches.

Auteur : Harlan Coben est né et a grandi dans le New Jersey, où il vit avec sa femme et leurs quatre enfants. Après Ne le dis à personne... (2002), Disparu à jamais (2003), Une chance de trop (2004) et Juste un regard (2005), Innocent est son cinquième roman publié chez Belfond.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
Matt est un jeune homme dont la vie bascule à 20 ans, lors d'une bagarre il tue accidentellement un jeune homme. Il va être obligé de faire quatre ans de prison à sa sortie son grand frère va l'aider à s'en sortir. Il se marie avec Olivia et fonde une famille. Mais lorsque 11 ans après, il reçoit sur son portable une photo lui montrant sa femme en compagnie d'une homme dans une chambre d'hôtel. Matt ne veut pas croire que sa femme le trompe.
En parallèle, Loren Muse, enquêtrice de la brigade criminelle, est devant le cadavre d'une bonne sœur, qui a des implants mammaires. Sœur Mary Rose était professeur dans le lycée de jeunes filles Ste Margaret, là même où Loren a été élève. Bien sûr il y a un lien entre ses deux histoires... Comme d'habitude Halan Coben construit une intrigue pleine de surprises et de rebondissements. Ses personnages sont attachants et à travers cette histoire, Halan Coben dénonce des injustices et des souffrances : il est question de pauvreté, de prostitution, d'adoption et d'adolescence. C'est un bon thriller que j'ai beaucoup de plaisir à lire.

Extrait : (début du livre)
Prologue
VOUS N’AVEZ JAMAIS EU L’INTENTION DE LE TUER.
Votre nom est Matt Hunter. Vous avez vingt ans. Vous avez grandi dans une banlieue résidentielle du New Jersey, non loin de Manhattan. Votre quartier ne paie pas de mine, mais la ville elle-même est relativement riche. Vos parents travaillent dur et vous aiment inconditionnellement. Vous êtes leur deuxième enfant. Vous avez un grand frère que vous idolâtrez et une petite soeur que vous supportez.
Comme tous les gosses du voisinage, vous vous faites du souci pour votre avenir et vous interrogez sur l’université qui va vous accepter. Vous vous appliquez, vos notes sont bonnes, mais pas extraordinaires. Vous avez une moyenne de A –. Vous n’êtes pas dans les dix premiers, mais de peu. Vous avez d’honnêtes activités parascolaires ; entre autres, vous exercez la fonction de trésorier du lycée. Vous faites partie à la fois de l’équipe de foot et de celle de basket – vous êtes assez fort pour jouer en troisième division, mais pas suffisamment pour décrocher une bourse. Vous avez légèrement tendance à la ramener et vous ne manquez pas de charme. En termes de popularité, vous vous classez juste après le peloton de tête. Quand vous vous présentez aux tests de sélection qui vont décider de votre cursus universitaire, votre conseiller d’orientation est surpris par vos bons résultats.
Vous visez l’Ivy League, mais à vrai dire vous ne faites pas le poids. Harvard et Yale vous refusent tout net. Penn et Columbia vous placent sur liste d’attente. Pour finir, vous entrez à Bowdoin, un petit établissement select de Brunswick, dans le Maine. Vous vous y sentez bien.
Les classes sont petites. Vous vous faites des amis. Vous n’avez pas de copine attitrée, sans doute
parce que vous n’en voulez pas. En deuxième année, vous intégrez l’équipe de foot en tant qu’arrière. En troisième, vous commencez le basket, et maintenant que leur joueur vedette a terminé ses études, vous avez de grandes chances de gagner de précieuses minutes de temps de jeu.
C’est là, en revenant sur le campus entre le premier et le deuxième semestre de cette troisième année de fac, que vous tuez quelqu’un.

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