02 mai 2011

C'est lundi ! Que lisez-vous ? [27]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou et proposé par Galleane 

Qu'est-ce que j'ai lu la semaine dernière ?

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Le tailleur gris - Andrea Camilleri
J'irai pas en enfer – Jean-Louis Fournier pour le Rendez-vous mensuel de Pimprenelle
Un bûcher sous la neige – Susan Fletcher

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Celui qu'on ne voit pas - Mari Jungsted (partenariat Livraddict)

Que lirai-je cette semaine ?

Le caveau de famille - Katarina Mazetti
Le jeu de l'ombre - Sire Cédric

Bonne semaine, bonnes lectures et à lundi prochain !

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01 mai 2011

Un bûcher sous la neige – Susan Fletcher

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Plon – août 2010 – 390 pages

J'ai Lu - mars 2013 - 475 pages

traduit de l'anglais par Suzanne Mayoux

Quatrième de couverture :
Au cœur de l'Ecosse du XVIIe siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie, attend le bûcher. Dans le clair-obscur d'une prison putride le Révérend Charles Leslie, venu d'Irlande espionner l'ennemi, l'interroge sur les massacres dont elle a été témoin. Mais, depuis sa geôle, la voix de Corrag s'élève au-dessus des légendes de sorcières, par-delà ses haillons et sa tignasse sauvage. Peu à peu, la créature maudite s'efface; du coin de sa cellule émane une lumière, une sorte de grâce pure. Et lorsque le révérend retourne à sa table de travail, les lettres qu'il brûle d'écrire sont pour sa femme Jane, non pour son roi. Chaque soir, ce récit continue, Charles suit Corrag à travers les Highlands enneigés, sous les cascades où elle lave sa peau poussiéreuse des heures de chevauchée solitaire. Chaque soir, à travers ses lettres, il se rapproche de Corrag, la comprend, la regarde enfin et voit que son péché est son innocence et le bûcher qui l'attend le supplice d'un agneau.

Auteur : Susan Fletcher est née en 1979 dans les West Midlands. Son premier roman, La Fille de l'Irlandais (2006) est couronné par les deux prix littéraires les plus prestigieux attribués aux premiers romans en Grande-Bretagne (le Whitbread et le Betty Trask Award). Avis de tempête (2008).

Mon avis : (lu en avril 2011)
J'avais beaucoup aimé les deux livres précédent de Susan Fletcher et lorsque j'ai su à l'automne dernier qu'elle en avait écrit un nouveau, je voulais absolument le lire. Mais en lisant la quatrième de couverture, j'ai été refroidie car une histoire de sorcière au XVIIe siècle cela m'attirait moins... Heureusement, j'ai vu de nombreux billets très positifs sur la blogosphère et j'ai emprunté ce livre pour les vacances. Je regrette de ne pas avoir lu plus tôt ce superbe livre car il est pour moi un vrai coup de cœur !
L’histoire de Corrag est émouvante et poignante.
Nous sommes au XVIIe siècle, en Écosse. Le pays est divisé en clans qui soutiennent soit Guillaume d'Orange l'Anglais soit Jacques, héritier des Stuart et émigré en France.
Corrag est accusée d'être une sorcière. Elle va être brûlée sur la place publique dès que la neige aura fondu. Elle attend l'exécution du châtiment, enchaînée au fond d'un cachot.
Elle va recevoir la visite d'un révérend irlandais jacobite Charles Leslie qui cherche à recueillir des informations sur un massacre qui a eu lieu à Glencoe et dont Corrag a été la témoin. Elle accepte de lui parler du massacre à Glencoe en échange elle lui demande de parler d'elle, de faire connaître et d'écrire son histoire à elle. « Venez vous asseoir devant moi pour écouter l'histoire de ma vie et après je vous parlerai de Glencoe. D'une nuit sous la neige. Où des gens que j'aimais soit tombés et sont morts. Quelques-uns ont survécu. »
Charles Leslie accepte ce marché car dès sa première rencontre avec Corrag, il est surpris par cette « sorcière » décrite comme sauvage, le cœur noir, colérique... car il se trouve face un être de la taille d'un enfant, repoussante de saleté qui parle de bonté et de bienfaits. Il reste cependant méfiant.

Chaque jour, il va venir écouter le récit de la vie de Corrag, « C'est comme si j'avais eu plusieurs vies. » « Quatre vies, comme il y a quatre saisons ». Tout d'abord avec sa mère Cora « dans une chaumière près du ruisseau, avec les chats endormis sous l'avant-toit. », celle-ci lui apprend à reconnaître les plantes, les animaux. « Ma deuxième vie était une chevauchée. C'étaient des terres désertes, du vent, et de la boue sur mon visage, soulevée par ses sabots. Cette jument grise, je l'adorais » puis « Ma vie dans la vallée. Je l'ai vécu trop peu de temps, elle a été trop courte. C'est pourtant la meilleure que j'ai connu : où d'autre ai-je vu mon reflet et pensé tu es là où où tu dois être, enfin. Et où d'autre y a-t-il eu des gens qui n'avaient rien contre moi, m'acceptaient comme j'étais ? Ils me mettaient une coupe entre les mains en disant bois donc. Ils déposaient des poules près de ma cabane pour me remercier, me saluaient d'un signe de la main, et j'avais rêvé de ça tout au long de mon existence solitaire. Je ne souhaitais profondément que trouver l'amour et des amis humains. Être au milieu d'une foule et penser Ceux-là sont de la même espèce que moi. Ma tribu.
Voilà ce que fut ma troisième vie. »
Et sa quatrième vie, «Alors j'attends. Avec mes chaînes et la crasse.
J'attends, et le voilà qui vient. Un homme que je ne connais pas vient à cheval vers mon cachot. »
Corragh a le don de raconter, elle met en éveil tous nos sens dans des descriptions précises et pleine de sensibilité de la nature qu'elle aime, elle nous parle des plantes, des animaux, des couleurs, des bruits, des odeurs... De la pure poésie !
Chaque soir, Charles écrit à sa femme pour lui raconter sa rencontre du jour avec Corrag. Au fil des lettres nous voyons la métamorphose qui s'opère chez le révérend au contact de la bonté et de l'humanité de Corrag.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre, j'ai été touchée au larmes par la grandeur d'âme de Corrag et par l'humanité de Charles Leslie. J'ai savouré avec beaucoup de plaisir cette lecture au long de mes trajets quotidiens de cette semaine de reprise... Pour la fin du livre, je me suis isolée du bruit du train (conversations bruyantes et téléphones...) avec comme musique dans les oreilles le CD de Sting « If on a Winter's Night », et j'ai beaucoup apprécié ce moment !

J'avais également suivi le conseil d'Yspaddaden et après lu une cinquantaine de pages du livre je suis allée lire l'article de Wikipedia sur le Massacre de Glencoe pour compléter le contexte historique expliqué en postface du livre (page 391)

Extrait : (début du livre)

Édimbourg
18 février 1692

Jane,
Je ne me souviens d’aucun hiver qui fût aussi cruel ou me mît à si rude épreuve. Tempêtes de neige et gel sévissent depuis des semaines. Un féroce vent du nord s’infiltre dans ma chambre et tourmente la bougie à la lumière de laquelle j’écris. Par deux fois, elle s’est éteinte. Ce qui va m’obliger à être concis.
J’ai reçu des nouvelles aussi détestables que le temps.
Édimbourg grelotte et tousse, mais chuchote aussi. Au long des venelles comme sur ses marchés, on parle tout bas de traîtrise et d'une tuerie advenues dans la rude contrée des Highlands. La mort y est souvent violente, mais j'entends dire que les morts en question présentent une particularité méprisable. C'est un véritable massacre, semble-t-il, qu'à subi un clan. Ses hôtes ont trahi sa confiance et tué les gens dans leur lit.
A soi seul, un tel forfait serait abominable. Mais ce n'est pas tout.
Jane, on murmure qu'il a été commis par des soldats.
Mieux que quiconque, tu connais ma façon de penser. Tu connais mes sentiments, et si la chose est vraie – si ce sont des soldats qui ont versé ce sang –, alors ce doit être sur l'ordre du roi (ou l'Orange, l'appellerai-je, le prétendu roi, car il n'est pas le mien).
Il faut que je me rende dans cette vallée. Elle est sauvage et reculée, dit-on, et la neige en rendra sans doute l'accès difficile, mais c'est mon devoir. Il me faut découvrir ce que je pourrai et le communiquer, mon amour, car si Guillaume est l'instigateur de ce crime cela peut amener sa perte, et notre succès. Tout ce que je souhaite, tu le sais, c'est rétablir le vrai roi sur son trône.
Prie pour mon entreprise. Demande au Seigneur d'en favoriser l'issue. Prie pour la sauvegarde de tous nos frères en cette cause, car sa défense nous fait courir de grands risques. Et pourrais-tu aussi prier pour un temps plus clément ? Cette neige me donne la toux.
La bougie coule. Je suis contraint de terminer cette lettre, faute de quoi j'écrirai bientôt à la seule lumière du feu qui ne suffit pas pour mes yeux.
Avec l'amour de Dieu et le mien,

Charles

(page 17)
Quand ils viendront me chercher, je penserai à l'extrémité de la corniche du nord, car c'est là que j'ai été le plus heureuse, avec le ciel et le vent, et les collines toutes sombres de mousse ou de l'ombre d'un nuage les survolant. Je reverrai ce moment où un coin de montagne s'éclaire soudain, comme si ce rocher avait été choisi entre tous les autres par le soleil, marqué par ses rayons. Il va briller, puis s'assombrir à nouveau. Je serai là cheveux au vent puis rentrerai chez moi. J'aurai en moi ce rocher éclairé par le soleil. Je le garderai en sécurité.
Ou bien je penserai à ma course dans la neige. Il n'y avait pas de lune mais je voyais l'étoile du matin, on dit que c'est l'étoile du diable mais c'est aussi celle de l'amour. Elle luisait cette nuit-là, elle luisait très fort. Et moi je courais au-dessous en me répètant que tout aille bien que tout aille bien. Puis j'ai vu les terres en bas qui étaient tellement paisibles, tellement blanches et immobiles et endormies que j'ai pensé que l'étoile avait peut-être entendu, alors tout allait bien, la mort n'approchait pas. C'était une nuit de beauté, à ce moment. La plus grande beauté que j'avais vue de toute ma vie. Ma courte vie. 

 

Déjà lu du même auteur :

La_fille_de_l_Irlandais La fille de l'Irlandais Avis_de_temp_te Avis de tempête 

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

Livre 40/42 pour le Challenge du 6% littéraire
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Un brin de muguet...

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30 avril 2011

Swap à 2 PAL - révélation des colis

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Sur une idée de Lili Galipette et en binôme avec Mrs Pepys, j'ai participé au Swap à 2 PAL 

Le but : Echanger la liste des livres de nos PAL respectives. Chaque binôme choisit quelques livres dans la PAL de son binôme. À nous ensuite de déterminer quel livre sélectionné par notre binôme dans notre PAL nous désirons lui offrir.
Ensuite, nous organisons des lectures communes autour des livres offerts et des livres en commun dans nos PAL.

Il s'agit bien de mettre un coup à nos PAL !

Les colis devaient être envoyé entre le 28 mars et le 18 avril.
Pour ma part, concentrée sur la finalisation et la préparation de mon colis je ne m'attendais pas à recevoir si tôt mon colis. Et la surprise a été totale lorsque j'ai ouvert ma Boîte Aux Lettres le 13/04 !

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Après le repas, je me suis isolée avec mon colis et l'appareil photo pour prendre mon temps
et déballer tranquillement ce colis... (j'adore ce moment de surprises)

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(en cliquant sur les photos suivantes de cet article, vous pourrez agrandir les photos...)

Une carte et pleins de paquets !

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et après ouverture, voilà le résultat :

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Et dans le détail :
les nombreuses gourmandises, chocolat au nougat,
thé dans une très mignonne petite boîte, carambars et une carte gourmande 

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deux marque-pages à rajouter à ma collection :
une bleu et vert et un marque-page magnétique

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et deux livres :
(Mrs Pepys n'a pas su résister à ne choisir qu'un livre...)

A quand les bonnes nouvelles ? - Kate Atkinson
Le retour du professeur de danse - Henning Mankell

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et pour terminer, un SLAT très rigolo

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Un grand MERCI à mrs pepys, mon binôme  !
qui a su me préparer ce très beau colis plein de belles surprises
et qui nous promet de futures belles Lectures Communes

Merci également à Lili Galipette pour l'organisation parfaite
de ce Swap à 2 PAL

Allez voir maintenant le colis que j'ai envoyé à Mrs Pepys...

Nos Lectures Communes du Swap à 2 PAL :

PAL commune - Le policier qui rit - Sjöwall Ma et Wahlöö Per (LC du 26/04/11)
PAL commune - Une pièce montée - Blandine Le Callet (LC du 21/09/11)

PAL Mrs Pepys - A quand les bonnes nouvelles ? - Kate Atkinson (LC du 29/06/11)
PAL Mrs Pepys - Le retour du professeur de danse - Henning Mankell (LC du 31/08/11)

PAL A propos de livres - La Boucherie des amants - Gaetaño Bolán (LC du 18/05/11)
PAL A propos de livres - A l'ouest - Olivier Adam (LC du 27/07/11)

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29 avril 2011

Prochainement à la télé...

Pour les inconditionnels de Marie-Aude Murail

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France 2 programme le Mardi 3 mai à 20h35 le téléfilm Simple réalisé par Ivan Calbérac
et inspiré de l'oeuvre de Marie-Aude Murail , ce film raconte la vie d'un adolescent handicapé
et de son frère qui doivent se débrouiller seuls suite au décès de leur mère.

Les acteurs : Bastien Bouillon pour interpréter Simple, Julien Drion dans le rôle de Kléber mais aussi Michel Aumont , Valentine Catzeflis , Esteban Carvajal-Algeria , Jeremie Elkaim , Francois Civil , Morgane Cabot , Shemss Audat , Martine Costes-Souyris et Patricia Karim .

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A suivre à 22h05 un débat animé par Christophe Hondelatte . Différents invités et témoins viendront expliquer leur vécu, leur quotidien dans l'entourage d'une personne handicapée. Le choc du diagnostique, la scolarisation, le regard des autres, les structures adaptées, l'avenir, les joies, les espoirs, les craintes, autant de sujets qui seront abordés par Odile, Rémi, Cédric, Véronique et Michel. Tous connaissent et côtoient le handicap mental. 

Le livre :  SimpleSimple

J'ai hâte de découvrir mardi prochain ce téléfilm...

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28 avril 2011

J'irai pas en enfer – Jean-Louis Fournier

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Stock – mars 2001 – 148 pages

Stock – avril 2009 – 148 pages

Livre de Poche – mars 2003 – 156 pages

Quatrième de couverture :
Il a mis la Sainte Vierge dans les W.-C. de l'institution Saint-Joseph.
Il regarde les dames toutes nues dans les livres.
Et, surtout, il a fait à Dieu une promesse qu'il ne va pas tenir.
Le petit Jean-Louis a toutes les bonnes raisons pour aller cuire dans les marmites de l'enfer. Pourtant, quelquefois, il va au ciel. Quand Alfred Cortot lui joue Chopin, quand Luis Mariano lui chante La Belle de Cadix...
Après ses démêlés avec un père alcoolique (Il a jamais tué personne, mon papa), ses démêlés avec le Père éternel.

Auteur : Jean-Louis Fournier est un écrivain, humoriste et réalisateur de télévision né à Arras le 19 décembre 1938. Il est le créateur, entre autres, de La Noiraude et d'Antivol, l'oiseau qui avait le vertige. Par ailleurs, il fut le complice de Pierre Desproges en réalisant les épisodes de La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, ainsi que les captations de ses spectacles au Théâtre Grévin (1984) et au Théâtre Fontaine (1986). C'est également à lui que l'on doit l'intitulé de la dépêche AFP annonçant le décès de l'humoriste: "Pierre Desproges est mort d'un cancer. Etonnant non ?". Il adore Ionesco.
Jean-Louis Fournier est l'auteur de nombreux succès depuis 1992 (Grammaire française et impertinente), Il a jamais tué personne mon papa (1999), Les mots des riches, les mots des pauvres (2004), Mon dernier cheveu noir (2006). Autant de livres où il a pu s'entraîner à exercer son humour noir et tendre. Où on va, papa est peut-être son livre le plus désespérément drôle. 

Mon avis : (lu en avril 2011)
Voilà un petit livre d'à peine 150 pages qui se lit très rapidement et qui m'a fait passer un très bon moment.
Le petit Jean-Louis est un enfant turbulent, qui n'excelle pas en classe contrairement à son jeune frère. « J'arrive pas à me faire remarquer par des choses bien, comme mon frère Yves-Marie, alors je me fais remarquer par des choses mal. Je fais des bêtises pour faire rire les autres. Pour faire rire, je suis prêt à tout. Même à faire pleurer. »
Malgré la menace de l'Enfer, Jean-Louis ne peut pas s'empêcher de faire des pitreries, des bêtises et des péchés mortels. Il se sent pourtant coupable des souffrances qu'il afflige à Jésus sur la croix à chacune de ses frasques... C'est plus fort que lui.
Il lui arrive également des moments de grâce, « J'ai toujours voulu aller au ciel. Pas seulement mon âme, mon corps aussi. » Jean-Louis imagine alors avec son frère de fabriquer un hélicoptère à pédales... et autre un jour « Je suis monté au ciel à violon, plus rapidement qu'avec un hélicoptère à pédales, avec Felix Mendelssohn et son Concerto pour violon en mi mineur. »
De même, un jour où il se retrouve dans « un jardin de campagne, pas très grand, avec de tout, des fleurs, des légumes, des fruits qui poussaient tous ensemble. » En goûtant les abricots et les prunes de ce verger, Jean-Louis s'est senti au paradis...

A travers des anecdotes de son enfance, Jean-Louis Fournier évoque avec humour, légèreté et poésie ce qu'on lui apprenait au catéchisme ou chez lui autour de la religion.
L'épisode où Jean-Louis transporte la Sainte Vierge dans les w-c est l'une de ses plus grosses bêtises, et j'ai beaucoup aimé sa justification « On m'avait appris que la Sainte Vierge était belle et pleine de grâce. Pourquoi l'avoir représentée aussi mal ? » « Si j'ai mis la Sainte Vierge dans les chiottes, c'était pas seulement pour faire rigoler. J'avais une bonne raison. Je trouvais la statue moche. » « C'était pas moi qu'il fallait punir. C'était celui qui avait fait la statue. »
Le bon sens et la naïveté du petit Jean-Louis est implacable !
Encore une fois, j'ai été touché par ce livre de Jean-Louis Fournier qui au-delà de la légèreté de ses textes sait aussi faire passer un message plus profond. Merci à Pimprenelle d'avoir organisé ce Rendez-vous avec Jean-Louis Fournier. 

Extrait : (page 11)
Il a pas l'air en forme. Il a les yeux blancs levés au ciel. Il est barbouillé de sang, il est pâle comme un mort. On l'a accroché au mur sur sa croix, bien haut pour qu'il voie tout. A cette place-là, maintenant, on met les radars pour les cambrioleurs.
Dans la maison, il y a plein de Jésus. Un dans chaque pièce, on peut pas y échapper, où qu'on aille il est là. Il n'y a que dans les w-c où il n'y en a pas. Peut-être qu'à la longue, on ne les voit plus, mais ils sont là. Ils ont l'air de dire : « Regarde dans quel état tu nous as mis, nous sommes cloués sur une croix, nous avons une couronne d'épines sur la tête, nous avons un trou de lance au côté droit, nous saignons. Sais-tu pourquoi nous saignons ? A cause de toi. Nous sommes venus racheter les péchés du monde. Chaque fois que tu fais un péché, on nous enfonce un nouveau clou dans la chair. »
Que répondre à ça ?
Je baisse la tête, confus, honteux. Je suis très mal à l'aise. Je pense à mes péchés : j'ai regardé longtemps dans le décolleté de la maîtresse quand elle se penchait vers moi ; j'ai piqué un paquet de Players à mon père ; j'ai mangé une plaque de chocolat... Quand je pense que c'est à cause de ces péchés-là qu'ils sont en train de sanguinoler sur la croix. Ça me paraît un peu cher payé. Et puis surtout, je leur ai rien demandé.
Le pire, c'est qu'ils ne disent jamais rien. Ils ne se plaignent pas. J'aimerais mieux qu'ils m'engueulent. Au lieu de ça, ils me regardent de leurs bons yeux tristes avec du sang autour, l'air de dire : « On t'en veut pas, on t'aime toujours, on souffre comme une bête à cause de toi mais c'est rien, mon petit Jean-Louis, continue tes conneries, c'est nous qui payons l'addition. »
Le petit Jean-Louis frémit, il tremble. Il se sent tout petit devant le grand crucifix. Il baisse les yeux, honteux, sur ses galoches. Il ose plus regarder en l'air, le ciel.
A l'époque, chaque fois que je faisais un péché, j'entendais derrière moi un cri de douleur, je comprenais qu'on venait de lui planter un nouveau clou. Au début, ça gâche un peu le plaisir, mais après on s'habitue.
Maintenant, le cri, je l'entends même plus.

Déjà lu du même auteur :

ou_on_va_papa_p Où on va papa ? le_cv_de_Dieu Le CV de Dieu

 

l_arithm_tique_impertinente L'arithmétique appliquée et impertinente

 

la_grammaire_impertinente La grammaire française et impertinente

 

il_a_jamais_tu__personne_mon_papa Il a jamais tué personne, mon papa

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27 avril 2011

Le tailleur gris - Andrea Camilleri

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Éditions Métailié - octobre 2009 – 135 pages

Points – mars 2011 – 182 pages

traduit de l'italien par Serge Quadruppani

Quatrième de couverture :
Le directeur d'une banque, à la retraite, a épousé en secondes noces une veuve bien plus jeune que lui, Adele, dont on découvre peu à peu la double personnalité. Affamée de reconnaissance sociale et parangon de respectabilité, elle est aussi dotée d'un appétit sexuel sans bornes et sans morale, au point d'imposer à son vieil époux la présence d'un jeune cousin qui sait la satisfaire. Est-elle totalement insensible ou aime-t-elle en réalité son mari plus que tout ? Le vieil homme creuse l'énigme. Tout en perçant à jour les faux-semblants d'une société bourgeoise qui affecte la bienfaisance et pratique le compromis mafieux, tout en acceptant sa déchéance contre quelques moments de bonheur sensuel, il découvre des facettes contradictoires d'Adele, incroyable figure féminine, en attendant le jour où elle revêtira le tailleur gris... Écrit dans une langue sobre, ce roman d'Andrea Camilleri nous fait découvrir un nouvel aspect, totalement inconnu jusque-là, du talent du grand auteur sicilien, dans la lignée des Simenon sans Maigret. Dans cette histoire où le tragique se fait quotidien, les virtuosités langagières se font discrètes comme le désespoir qui pointe. Une grande et splendide réussite d'un écrivain octogénaire qui est aussi, et de très loin, le plus lu en Italie depuis une quinzaine d'années.

Auteur : Andrea Camilleri est né en Sicile en 1925. Scénariste et metteur en scène de théâtre, il est l'auteur de nombreux romans policiers, dont les aventures du commissaire Montalbano, et de romans historiques : L'Opéra de Vigàta, Le Coup du cavalier, La Disparition de Judas, La Pension Eva.

Mon avis : (lu en avril 2011)
Voilà un court polar (135 pages) assez inattendu. C'est la première fois que je lisais cet auteur.
Au début j'ai été gênée par les mots déformés volontairement pour rendre les prononciations (comme areconnu, passque, rin,...). Je ne voyais pas l'intérêt et c'est comme lorsque l'on lit du langage SMS, je ne comprenais rarement le mot du premier coup. Puis peu à peu, je n'ai plus fait attention à ce style et j'ai privilégié l'histoire.
Un directeur de banque vient de prendre sa retraite, sa seconde épouse Adele à 25 ans de moins que lui. Il va peu à peu chercher à découvrir qui est vraiment Adele. C'est une femme respectée mais avec également un fort appétit sexuel, elle fait chambre à part depuis plusieurs années. Adele le trompe et il le sait... Le lecteur suit les interrogations et les découvertes du mari dans cette histoire noire à l'atmosphère digne d'un Simenon.

Extrait : (début du livre)
Il rouvrit l'œil comme tous les matins à six heures tapantes.
En se redressant d'un quart et en se penchant de côté au risque de tomber du lit, il tâtonna de la main gauche sur la table de nuit, trouva la montre, la prit se recroquevilla de nouveau, de l'autre main alluma, mata la montre et eut la confirmation qu'il était six heures.
D'un autre côté, il n'aurait pu en être autrement : après plus de quarante ans, son corps était maintenant habitué et avait réglé sur cet horaire une horloge interne toute personnelle qui ne faisait jamais défaut. Donc, même si la veille au soir il s'était couché avec le projet de s'aréveiller une heure plus tard que d'habitude, le réveil corporel sonnait toujours à six heures pile, et il n'y avait pas moyen de changer l'horaire.
Elles étaient nombreuses les choses matutinales que faisait son corps, pour ainsi dire, en mode automatique. Pourquoi, rien que pour donner un exemple, devait-il se mettre à tâtonner dans l'obscurité jusqu'à ce que la pointe des doigts sente le verre de la montre, la prendre en main, allumer la lumière de l'autre main et mater enfin quelle heure il était ? Est-ce qu'il n'aurait pas été plus logique d'utiliser une seule main pour allumer la lumière, prendre la montre et mater l'heure, sans qu'il soit besoin de faire tout ce ramdam ? Avant tout, c'eût été une économie d'énergie. Et de montre, à bien considérer la situation. Passque, durant quarante ans, à force de tâtonner dans l'obscurité, des montres, il en avait cassé trois en les faisant tomber à terre.
Mais comment faire pour régler l'horloge interne sur un horaire différent ? Si ça se trouvait, après quarante ans durant lesquels l'aiguille était restée fixée sur six heures, même un réveil normal, de ceux qu'on met sur la table de nuit, aurait été difficile à débloquer de cette position.
Passqu'à partir de ce matin-là, de s'aréveiller à cette heure, il n'en avait plus besoin.
La veille, il avait pris sa retraite.

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Italie

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Objet"

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26 avril 2011

Le policier qui rit - Maj Sjöwall et Per Wahlöö

Lu dans le cadre Swap à 2 PAL swap___2__lLecture commune avec Mrs Pepys

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10/18 – juillet 1985 – 277 pages

Rivages – novembre 2008 – 327 pages

traduit de l'anglais par Michel Deutsch

Quatrième de couverture :
Par une pluvieuse soirée de novembre, tous les passagers d'un autobus sont massacrés au fusil mitrailleur. Jamais la Suède n'avait connu pareille tuerie, et l'opinion publique s'affole. Parmi les neuf victimes, un flic que Beck connaissait. Que faisait-il dans ce bus, à cette heure ? D'après sa compagne, il était surchargé de travail, mais Beck sait bien, lui, qu'il était pratiquement en congé... L'identification des victimes, puis l'étude minutieuse de leur passé, apportent peu à peu des indices. Et comme souvent, derrière la façade lisse des apparences, ce sont des réalités sordides qui émergent. Adapté au cinéma par Stuart Rosenberg en 1973 sous le titre : The laughing policeman (Le flic ricanant).

Auteurs : Per Wahlöö (né le 5 août 1926 à Göteborg et mort le 23 juin 1975 à Stockholm), diplômé de l'Université de Lund en 1946 consacra ses dix premières années de vie professionnelle au journalisme (il fut notamment reporter criminel) tout en publiant à partir de la fin des années 1950 quelques romans relevant pour l'essentiel du genre politique-fiction.
Maj Sjöwall (née le 25 septembre 1935 à Stockholm), était éditrice pour la maison d'édition suédoise Wahlström & Widstradt lorsqu'en 1961 elle rencontra Per Wahlöö qu'elle épousa l'année suivante.
Maj Sjöwall et Per Wahlöö ont écrit, entre 1965 et 1975, une série de dix romans mettant en scène l'enquêteur martin Beck et son équipe. Cette œuvre, influencée par Ed McBain et qui a marqué la littérature policière occidentale, est republiée dans des traductions entièrement revues à partir de l'original suédois.

Mon avis : (lu en avril 2011)
Nous avons décidé d'inauguerer nos Lectures Communes pour le Swap à 2 PAL avec ce livre qui faisait parti de nos PAL respectives. Pour ma part, il m'a été offert par Mrs Pepys lors du Swap Frissons en Noir & Blanc organisé par Canel.
C'est la première fois que je lisais ce couple d'auteurs. « Le Policier qui rit » a été écrit en 1968 et a été publié pour la première fois en France en 1970 sous le titre « Le massacre de l'autobus ». C'est le quatrième livre de la série.
Tout commence avec le mitraillage des passagers d'un bus à impériale de Stockholm, tuant huit personnes et en blessant grièvement une neuvième. Des passagers qui, a priori, n'ont rien à voir les uns avec les autres. Pas de témoins, pas d'indices et plus surprenant, parmi les victimes, l'inspecteur Ake Senstrom, jeune collaborateur de Martin Beck. Ce dernier avec son équipe d'enquêteurs va tout d'abord s'intéresser au passé des victimes, cela permet au lecteur de découvrir un certain échantillon de la société suédoise mais aussi le fonctionnement du commissariat et l'avancée pas à pas de l'enquête. L'intrigue est fort bien construite, des pistes nombreuses à explorer.
Avec cette enquête, j'ai découvert l'inspecteur Martin Beck un homme calme, très consciencieux dans son travail et qui mène scrupuleusement son enquête. Côté vie privé, il est marié depuis dix-sept ans, mais il préfère dormir sur le canapé du salon, il a deux enfants.
La météo exécrable de la saison est également présente dans ce livre, « Ce soir-là, il pleuvait à verse sur Stockholm. », « Le temps était abominable. Des nappes d'eau dégringolaient des toits, crépitaient sur les fenêtres, et les rues étaient presque vides. », « Quel temps, songea-t-il avec écœurement en regardant par la fenêtre. Novembre, l'obscurité, la pluie, le froid. L'hiver approchait. Bientôt, ce serait la neige. »
J'ai été très contente de cette découverte suédoise qui m'a beaucoup plu et je lirai volontiers d'autres livres de la série.

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Ce livre a été adapté au cinéma par Stuart Rosenberg en 1973 sous le titre : The Laughing Policeman (en français : Le Flic ricanant ).

Merci à Mrs Pepys de m'avoir offert ce livre et allons voir son avis.

La révélation des colis du Swap à 2 PAL sera pour le 30/04 (samedi prochain !)

Extrait : (début du livre)
C'était le 13 novembre. Ce soir-là, il pleuvait à verse sur Stockholm. Martin Beck et Kollberg étaient plongés dans une partie d'échecs. Ils étaient chez ce dernier, qui habitait un appartement de la banlieue sud, pas bien loin de la station de métro Skärmarbrink. Les derniers jours avaient été plutôt calmes et les deux hommes n'étaient pas de service.
Martin Beck jouait très mal aux échecs mais cela ne le décourageait pas. Kollberg avait une petite fille de deux mois à peine et, aujourd'hui, il lui fallait faire office de baby-sitter. Beck, de son côté, n'avait aucune envie de rentrer chez lui à moins d'une nécessité absolue. Le temps était abominable. Des nappes d'eau dégringolaient des toits, crépitaient sur les fenêtres, et les rues étaient presque vides. Les rares passants qui y déambulaient avaient certainement des raisons impérieuses pour être dehors par une nuit pareille.
[…]
Là-bas, dans l'appartement de Skärmarbrink, Kollberg rangea les pièces dans la boîte de bois et le couvercle à glissière se referma avec un bruit sec. Sa femme était rentrée de faire ses courses. Elle était aussitôt allée se coucher.
- Tu ne t'y mettras jamais, soupira-t-il.
- Il paraît qu'il faut un sens particulier, répondit Martin Beck d'une voix lugubre. Je suppose que ça doit s'appeler le sens de l'échec.
Kollberg changea de sujet :
- Je parie qu'il doit y avoir un drôle de foutoir du côté de Strandvägen.
- Sûrement. Mais pourquoi ?
- Ils devaient remettre une lettre à l'ambassadeur.
Une lettre... Pourquoi ne l'ont-ils pas envoyée par la poste ?
- Cela n'aurait pas fait autant de bruit.
- Effectivement. Mais quand même, c'est d'une telle stupidité qu'on en a honte.
- Oui, approuva Martin Beck.
Il avait mis son manteau et son chapeau. Il était prêt à partir. Kollberg se leva vivement.
- Je descends avec toi.
- Pour quoi faire ?
- Oh ! Histoire de me dégourdir un peu les jambes.
- Par ce temps ?
- J'aime la pluie, dit Kollberg en enfilant un imperméable de popeline bleu marine.
- Ça ne suffit pas que je sois déjà enrhumé ?
Martin Beck et Kollberg étaient policiers. Ils appartenaient à la brigade criminelle. Pour le moment, ils n'avaient rien de spécial à faire et pouvaient s'estimer libres de disposer de leur temps sans mauvaise conscience.
Il n'y avait pas un seul policier dans les rues. C'était en vain que, devant la gare centrale, une vieille dame attendait qu'un agent s'approche d'elle, la salue et, le sourire aux lèvres, la fasse traverser. L'individu qui venait de lancer une brique dans une vitrine n'avait pas à s'inquiéter : aucun hululement de sirène ne viendrait brusquement interrompre ses activités.
La police était occupée.
Une semaine auparavant, le chef de la police avait publiquement déclaré que cette dernière serait contrainte de négliger une grande partie de ses missions pour protéger l'ambassadeur des États-Unis des lettres et autres expressions du mécontentement des gens qui n'aimaient ni Lyndon Johnson ni la guerre du Vietnam.
L'inspecteur Lennart Kollberg n'aimait pas Lyndon Johnson, il n'aimait pas non plus la guerre du Vietnam mais il aimait marcher sous la pluie.
A 23 heures, il pleuvait toujours et on pouvait considérer que la manifestation était dispersée.
A la même heure, huit meurtres et une tentative d'assassinat eurent lieu à Stockholm.

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie noire
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Suède : Maj Sjöwall et Per Wahlöö

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Suède

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Métier"

 

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25 avril 2011

C'est lundi ! Que lisez-vous ? [26]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou et proposé par Galleane 

Qu'est-ce que j'ai lu la semaine dernière ?

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Automne - Mons Kallentoft
Le policier qui rit - Maj Sjöwall et Per Wahlöö (LC pour Swap à 2PAL, billet le 26/04)
La Terre Fredonne en si bémol - Mari Strachan (partenariat Bob)

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Le tailleur gris - Andrea Camilleri

Que lirai-je cette semaine ?

Un livre de Jean-Louis Fournier pour le Rendez-vous mensuel de Pimprenelle
Un bûcher sous la neige - Susan Fletcher
Le caveau de famille - Katarina Mazetti

Bonne semaine, bonnes lectures et à lundi prochain !

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24 avril 2011

La Terre fredonne en si bémol – Mari Strachan

Lu en partenariat avec Blog-O-Book et Éditions NiL

la_terre_fredonne_en_si_b_mol Éditions NiL – mars 2011 – 378 pages

traduit de l'anglais par Aline Azoulay-Pacvon

Présentation éditeur :
Âgée d'une dizaine d'années, Gwenni Morgan grandit dans un petit village du pays de Galles. Friande de romans policiers, elle se pose beaucoup de questions sur sa famille et la petite communauté au sein de laquelle elle évolue. Face aux énigmes et aux secrets du monde adulte, elle décide un jour de lancer son enquête, comme les détectives de ses livres préférés. Où est donc passé Ifan Evans, ce berger au visage tout rouge dont elle s'est toujours méfiée ? Pourquoi son épouse, la douce Mme Evans, semble-t-elle si mystérieuse et si troublée depuis quelque temps ? Et que veulent dire ses filles, la petite Catrin et sa sœur Angharad, lorsqu'elles répètent que leur père est parti avec un gros chien noir ? Lorsque le corps d'Ifan Evans est retrouvé, flottant dans le réservoir d'eau, c'est toute la petite communauté qui est soudain en émoi. S'agit-il d'un drame passionnel ou d'un crime commis par Guto, l'idiot du village ? Les langues commencent à se délier. Alwenna, la meilleure amie de Gwenni, bien " trop délurée " aux yeux de tous, semble disposer d'informations cruciales au sujet de sa grand-mère. A travers le regard fantaisiste d'une enfant un peu précoce, Mari Strachan nous montre combien il est difficile de construire son histoire dans un monde où tout se sait mais rien ne se dit. Lorsque la vérité éclate enfin au grand jour, les secrets de famille brisent l'harmonie apparente du petit village paisible de l'après-guerre. Mais Gwenni a compris depuis longtemps qu'il faut sortir des sentiers battus pour créer la carte géographique de sa propre vie... Le soir, portée par le murmure de la Terre, Gwenni s'envole de son lit pour parcourir la campagne, et alors certaines réponses se dessinent.

Auteur : Mari Strachan a toujours été entourée de livres. Elle a été bibliothécaire dans des écoles privées, publiques, des institutions et même des prisons. Elle a également été lectrice, traductrice et éditrice. Elle vit avec son mari la moitié du temps dans une petite maison perchée sur les collines de Ceredigion, à l'ouest du pays de Galles, et l'autre moitié sur une étroite péniche amarrée à un canal de Londres, où elle a écrit une bonne partie de son premier livre, La Terre fredonne en si bémol.

 

Mon avis : (lu en avril 2011)
Gwenni Morgan est une petite fille de douze ans et demi pleine de vie et très attachante. C'est la narratrice de ce livre, elle bouillonne d'idées, de fantaisie au grand dam de sa mère qui la gronde très souvent. Elle vit dans un petit village du Pays de Galles vers la fin des années 50. Elle adore lire et se passionne pour les romans policiers. La nuit, elle vole au dessus de la ville et de la campagne mais personne ne veut la croire.

Lorsque le berger Ifan Evans disparaît, elle décide de faire elle-même son enquête. Aidée de son amie Alwenna qui est au courant de tous les commérages du village, elle commence par interroger les membres de la communauté sans grand résultat car c'est uniquement la colère de sa mère qu'elle va obtenir. Elle va donc se contenter d'écouter les conversations des adultes... Et elle va découvrir certains secrets de famille qui va bouleverser sa vie.
Gwenni est un personnage très attachant, son imagination débordante, ses questions et remarques naïves et souvent innocentes exaspèrent sa mère, heureusement elle a le soutien de son père. Le récit qu'elle fait de sa vie est plein d'humour. L'auteure brosse également des portraits réalistes et sans concession de cette petite communauté galloise, et elle nous offre aussi beaucoup de belles descriptions pleines de poésie.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre qui m'a renvoyé vers mes souvenirs de petit fille...

Un grand Merci à Blog-O-Book et aux éditions Nil pour cette très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Chaque nuit, je vole pendant mon sommeil. Quand j'étais petite, je pouvais voler éveillée, mais plus maintenant ; même si je m'entraîne sans arrêt. Et, après ce que j'ai vu hier soir, j'ai encore plus envie de voler éveillée. Ma' dit toujours : Vouloir n'est pas pouvoir. C'est bien vrai ?
La nuit dernière a débuté comme les autres nuits. Je suis montée dans ma chambre et je me suis changée sous les couvertures pour me cacher du regard de Buddy Holly. J'ai étalé mon ruban rose à pois au milieu du matelas pour le séparer en deux comme toujours, Bethan m'a lancé : J'ai pas envie de dormir de ton côté pourri de toute façon. Mais à peine commençait-elle à ronfler que son bras s'est abattu en travers de mon visage. Je l'ai pincée et elle a envoyé sa jambe sur mon ventre.
Après, j'ai eu du mal à m'endormir. Quand j'ai enfin réussi, j'ai abandonné tout le lit à Bethan et je suis montée en flèche vers le ciel, portée par l'air du soir, aussi léger et chaud qu'un duvet. J'ai tendu l'oreille vers la ville endormie, en bas, et écouté son souffle délicat, rhh, pfff, rhh, pfff. Et tout autour de moi, la terre chantait.
J'ai observé un moment le fatras des maisons, cramponnées à leurs rues comme si elles craignaient de rouler bouler jusqu'à la mer. Mais hier, comme chaque soir, aucune d'elles n'a relâché sa vigilance, je n'ai eu personne à sauver. Je me suis éloignée, j'ai pris de la hauteur pour esquiver le Dragon rouge qui battait contre son mât au-dessus de la demeure du gardien du château. Je suis redescendue, j'ai survolé la mairie et la plage en rase-mottes, puis filé vers la mer, où l'air forme toujours une croûte sur mes lèvres – comme si j'avais léché un de ces petits sachets de sel que l'on trouve dans les paquets chips.
La mer respire, elle aussi. Sa poitrine se soulève tant à chaque inspiration que j'ai peur que le Léviathan de la Bible jaillisse de ses profondeurs et m'asperge d'écume. Des baleines, des marsouins, des sirènes et des tritons, des marins morts, des poissons, des crabes, des petites crevettes : la mer est pleine d'yeux qui m'observent. Je ne vole jamais loin de la rive. Si ma ville était une carte, « Ici vivent les monstres » serait marqué à l'encre d'or sur la baie.
Comme chaque nuit, j'ai tourné le dos à la mer pour suivre la route qui serpente au-delà du bassin de baptême et du réservoir d'eau, puis grimper les collines qui dominent la ville. En passant au-dessus du bassin, j'ai vu un homme qui flottait à la surface de l'eau, les bras écartés. La lune se noyait dans ses yeux. C'était la première fois que ça m'arrivait, et j'ai eu si peur que je me suis écrasée sur le lit, en plein sur Bethan. Comme je n'arrivais pas à la repousser de son côté du matelas, je me suis levée de bonne heure pour m'entraîner à voler éveillée.

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Grande-Bretagne

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