12 juin 2011

Concours chez Miss Alphie

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Miss Alphie propose un petit concours avec le Livre de Poche.
A la clé, la possibilité pour l'un d'entre vous de gagner un exemplaire de
Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi.

Renseignements ICI

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11 juin 2011

Un Juif pour l'exemple – Jacques Chessex

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Grasset & Fasquelle – janvier 2009 – 102 pages

Livre de Poche – septembre 2010 – 88 pages

Quatrième de couverture :
1942 : l’Europe est à feu et à sang, la Suisse est travaillée de sombres influences. À Payerne, ville de charcutiers « confite dans la vanité et le saindoux », le chômage aiguise les rancœurs et la haine ancestrale du Juif. Autour d’un « gauleiter » local, le garagiste Fernand Ischi, et du pasteur Lugrin, proche de la légation nazie à Berne, s’organise un complot de revanchards au front bas, d’oisifs que fascine la virilité germanique. Ils veulent du sang. Une victime expiatoire. Ce sera Arthur Bloch, marchand de bestiaux. À la suite du Vampire de Ropraz, c’est un autre roman, splendide d’exactitude, à l’atmosphère lourde, que nous donne Jacques Chessex. Les assassins sont dans la ville.

Jacques Chessex, notre nouveau Flaubert, n’a pas son pareil pour décrire sans trembler des abominations, pour hurler à voix basse, pour fouiller la culpabilité dans une prose de confessionnal. Jérôme Garcin, Nouvel Observateur.

Un petit chef-d’œuvre. Il écrit en peintre, mais sobre, incisif, mordant, effarant et bref. Beauté du monde, fatalité du mal, silence de Dieu, tout est là, qu’on reçoit comme une claque. Marie-Françoise Leclère, Le Point.

Auteur : Romancier, essayiste et poète, Jacques Chessex est né en 1934 dans le canton de Vaud, en Suisse. En 1973, il a obtenu le prix Goncourt pour L’Ogre et, en 2007, le Grand Prix Jean Giono pour l’ensemble de son œuvre. Jacques Chessex est décédé le 9 octobre 2009.

Mon avis : (lu en juin 2011)
Voilà un livre qui se lit d’une traite puisqu’il ne fait qu’une centaine de pages. L’auteur nous raconte un drame qui a eu lieu dans son village suisse en avril 1942, alors qu’il était âgé de huit ans. Cet évènement sordide semble l’avoir hanté toute sa vie.
En 1942 à Payerne « les lieux sont beaux, d'une intensité presque surnaturelle », « Campagnes perdues, forêts vaporeuses à l'odeur de bête froide à l'aube, vallons giboyeux déjà pleins de brume, harpes des grands chênes à la brise tiède. » La guerre est loin de ce village prospère. Et pourtant, quelques antisémites, quelques sympathisants fascistes comme le pasteur Philippe Lugrin ou Fernand Ishi cherchent à faire grandir leur cause, admiratifs de ce qui se passe en Allemagne... Ils « ont galvanisé son public de chômeurs, d'aigris, de paysans déçus, d'appauvris, de gueulards impuissants et convulsifs ». En avril 1942, Ishi et ses compagnons décident de passer à l'action, ils choisissent une victime, Arthur Bloch un marchand de bestiaux. Ils organisent et exécutent un assassinat bestial. Les coupables seront rapidement arrêtés et jugés. Jamais ils ne manifesteront de regrets par rapport à leur acte. Et Payerne ne réagira pas, le village s'empressera d'oublier cet épisode odieux, seul reste l'inscription sur la pierre tombale : « Gott weiss warum » (Dieu sait pourquoi).
Au crépuscule de sa vie, Jacques Chessex nous dévoile avec beaucoup de sobriété un visage caché de la Suisse, soi-disant neutre et sage. Le lecteur est saisi par cette histoire vraie qui nous est raconté de façon factuelle. Le fanatisme, la violence et la bêtise ont entraîné la mort d'Arthur Bloch, « Un Juif pour l'exemple ». En lisant ce livre, je me suis pris une vraie claque.

Extrait : (début du livre)
Quand cette histoire commence, en avril 1942, dans une Europe jetée à feu et à sang par la guerre d'Adolf Hitler, Payerne est un gros bourg vaudois travaillé de sombres influences à l'extrémité de la plaine de Broye, près de la frontière de Fribourg. La ville a été la capitale de la reine Berthe, veuve de Rodolphe II, roi de Bourgogne, qui l'a dotée d'une abbatiale dès le dixième siècle. Rurale, cossue, la cité bourgeoise veut ignorer la chute récente de ses industries et les gens qu'elle a réduits à la misère, cinq cents chômeurs qui la hantent sur les cinq mille habitants de souche.

Le commerce du bétail et du tabac fait la richesse apparente de la ville. Et surtout la charcuterie. Le cochon sous toutes ses formes, lard, jambon, pied, jarret, saucisson, saucisse au chou et au foie, tête marbrée, côtelettes fumées, terrine, oreille, atriaux, l'emblème du porc couronne le bourg et lui donne son aspect débonnaire et satisfait. Dans l'ironie des campagnes, on appelle les Payernois les « cochons rouges ». Cependant les courants opaques circulent et se cachent sous la certitude et le commerce. Teint rose et cramoisi, terres grasses, mais menaces dans la cloison.
C'est loin, la guerre, pense-t-on communément à Payerne. C'est pour les autres. Et se toute façon l'armée suisse nous garantit de son dispositif invincible. Infanterie helvétique d'élite, artillerie puissante, aviation aussi performante que celle des Allemands et surtout, un dispositif anti-aérien décisif avec le 20 millimètres Oerlikon et le canon de 7.5. Sur tout le territoire accidenté les barrages, les fortins surarmés, les toblerones, et si ça se gâte, ultime défense, l'imprenable « réduit national » dans les montagnes du Vieux-Pays. Bien malin celui qui nous prendra en défaut.
Et dès le soir, l'obscurcissement. Rideaux clos, volets fermés, toutes sources de lumières éteintes. Mais qui obscurcit quoi ? Qui cache quoi ? Payerne respire et transpire dans le lard, le tabac, le lait, la viande des troupeaux, l'argent de la Banque Cantonale et le vin de la commune qu'on va chercher à Lutry sur les bords du lointain Léman, comme au temps des moines de l'abbatiale. Le vin qui soûle solairement, depuis bientôt un millénaire, une capitale confite dans la vanité et le saindoux.
Au printemps où commence cette histoire les lieux sont beaux, d'une intensité presque surnaturelle qui tranche sur les lâchetés du bourg. Campagnes perdues, forêts vaporeuses à l'odeur de bête froide à l'aube, vallons giboyeux déjà pleins de brume, harpes des grands chênes à la brise tiède. A l'est les collines enserrent les dernières maisons, les vallonnements s'allongent dans la lumière verte et dans les plantations à perte de vue le tabac commence à monter au vent de la plaine.
Et les bois de hêtres, bocages aérés, bosquets de pins, haies profondes, taillis clairs qui couronnent les collines de Grandcour. Mais le mal rôde. Un lourd poison s'insinue. O Allemagne, Reich de l'infâme Hitler. O Niebelungen, Wotan, Walkyries, Siegfried étincelant et buté, je me demande quelle fureur instille ces fantômes vindicatifs de la Forêt-Noire dans la douce sylve de Payerne. Rêve dévoyé d'absurdes chevaliers teutoniques qui assomme l'air de la Broye, un matin du printemps 1942, où Dieu et une bande d'autochtones fous se sont fait berner, une fois de plus, par Satan en chemise brune.

 

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Suisse

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10 juin 2011

Les enfants de la liberté – Marc Levy

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Robert Laffont – mai 2007 – 433 pages

Pocket – juin 2008 – 375 pages

Pocket – décembre 2009 – 367 pages

Quatrième de couverture :
Jeannot, Tu leur diras de raconter notre histoire dans leur monde libre. Que nous nous sommes battus pour eux. Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté capable de se soumettre au plus offrant. Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l'amour des hommes, et que toujours elle échappe à ceux qui veulent l'emprisonner, qu'elle ira toujours donner la victoire celui qui la respecte sans jamais espérer la garder dans son lit. Dis-leur Jeanne, dis-leur de raconter tout cela de ma part, avec leurs mots à eux, ceux de leur époque. Les miens ne sont faits que des accents de mon pays, du sang que j'ai dans la bouche et sur les mains.

Auteur : Né en 1961 à Boulogne dans les Hauts-de-Seine, il quitte la France pour les États-Unis à 23 ans et fonde une société spécialisée dans l'image de synthèse. Il reste en Amérique du Nord, sa seconde patrie, pendant sept ans et revient à Paris avec le projet de créer un cabinet d'architecture avec deux de ses amis. Il en est directeur pendant près de dix ans. Aimant raconter des histoires, Marc Levy se met à l'écriture en amateur. Finalement, il décide d'envoyer son manuscrit à plusieurs éditeurs et ce sont les éditions Robert Laffont qui le contacteront. Son premier roman 'Et si c'était vrai ...' est très bien accueilli par le public et adapté au cinéma en 2005. Depuis, il se consacre à l'écriture et emmène le lecteur dans son univers où tout est possible. 'La Prochaine Fois' paraît en février 2005. En janvier 2006, les ventes de ses cinq livres, toutes éditions et langues confondues, ont dépassé les dix millions d'exemplaires. Ses romans, 'Mes amis, mes amours' et 'Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites' sont venus confirmer l'engouement pour cet auteur. Marc Levy vit à Londres.

Mon avis : (relu en mai 2011)
Les enfants de la liberté est le septième roman de Marc Levy, il est très différent des histoires habituelles de l'auteur.
Ce livre est un bel hommage aux étrangers qui se sont battus pour la France lors de la Seconde Guerre Mondiale. Marc Levy raconte ici l'histoire de son père et de son oncle, deux jeunes Juifs qui rentrent dans la Résistance, ils combattent, ils ont peur, ils tuent, des camarades se font tuer ou se font arrêter, ils passeront quelques temps dans la prison St Michel de Toulouse, puis se feront déporter après un périple long et pénible en train... Malgré les trahisons, les arrestations et la mort, l'espoir, le courage et la liberté sont toujours présents pour les faire avancer et espérer à un avenir meilleur.

Ce livre est bouleversant, car ses jeunes sont des enfants devenus trop vite adultes qui rêvaient de liberté ! Je n'oublierai pas Jacques, Boris, Rosine, Ernest, François, Marius, Enzo, Antoine, Charles, Claude, Alonso, Catherine, Sophie, Marc, Emile, Robert, Damira... des copains, espagnols, italiens, polonais, hongrois, roumains, les enfants de la liberté.

Extrait : (page 13)
« Ce 21 mars 1943, j'ai dix-huit ans, je suis monté dans le tramway et je pars vers une station qui ne figure sur aucun plan : je vais chercher le maquis.
Il y a dix minutes, je m'appelais encore Raymond, depuis que je suis descendu au terminus de la ligne 12, je m'appelle Jeannot. Jeannot sans nom. A ce moment encore doux de la journée, des tas de gens dans mon monde ne savent pas ce qui va leur arriver. Papa et maman ignorent que bientôt on va leur tatouer un numéro sur le bras, maman ne sait pas que sur un quai de gare, on va la séparer de cet homme qu'elle aime presque plus que nous.
Moi je ne sais pas non plus que dans dix ans, je reconnaitrai, dans un tas de paire de lunettes de près de cinq mètres de haut, au Mémorial d'Auschwitz, la monture que mon père avait rangée dans la poche haute de sa veste, la dernière fois que je l'ai vu au café des Tourneurs. Mon petit frère Claude ne sait pas que bientôt je passerai le chercher, et que s'il n'avait pas dit oui, si nous n'avions pas été deux à traverser ces années-là, aucun de nous n'aurait survécu. Mes sept camarades, Jacques, Boris, Rosine, Ernest, François, Marius, Enzo, ne savent pas qu'ils vont mourir en criant « Vive la France », et presque tous avec un accent étranger.
Je me doute bien que ma pensée est confuse, que les mots se bousculent dans ma tête, mais à partir de ce lundi midi et pendant deux ans, sans cesse mon coeur va battre dans ma poitrine au rythme que lui impose la peur ; j'ai eu peur pendant deux ans, je me réveille encore parfois la nuit avec cette foutue sensation. Mais tu dors à côté de moi mon amour, même si je ne le sais pas encore. Alors voilà un petit bout de l'histoire de Charles, Claude, Alonso, Catherine, Sophie, Rosine, Marc, Emile, Robert, mes copains, espagnols, italiens, polonais, hongrois, roumains, les enfants de la liberté.

Lu dans le cadre du Baby Challenge Contemporain 2011
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Baby Challenge - Contemporain Livraddict :
12/20 déjà lus  Médaille de bronze

 

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08 juin 2011

L'Armée furieuse – Fred Vargas

vargas Viviane Hamy – mai 2011 – 427 pages

Quatrième de couverture :
- Cette nuit-là, dit-elle lentement, Lina a vu passer l'Armée furieuse. Et Herbier y était. Et il criait. Et trois autres aussi.
- C'est une association ?
- L'Armée furieuse, répéta-t-elle tout bas. La Grande Chasse. Vous ne connaissez pas ?
- Non, dit Adamsberg en soutenant son regard stupéfait.
- Mais vous ne connaissez même pas son nom ? La Mesnie Hellequin ? chuchota-t-elle.
- Je suis désolé, dit Adamsberg. Veyrenc, l'Armée furieuse, vous connaissez cette bande ?
Un air de surprise intense passa sur le visage du lieutenant Veyrenc.
- Votre fille l'a vraiment vue ? Avec le disparu ? Où cela ?
- Là où elle passe chez nous. Sur le chemin de Bonneval. Elle a toujours passé là.
Veyrenc retint discrètement le commissaire.
- Jean-Baptiste, vraiment, tu n'as jamais entendu parler de ça ?
Adamsberg secoua la tête.
- Eh bien, questionne Danglard, insista-t-il.
- Pourquoi ?
- Parce que, pour ce que j'en sais, c'est l'annonce d'une secousse. Peut-être d'une sacrée secousse. Nul doute que la fratrie "maudite" du village normand rejoindra la galaxie des personnages mémorables de Fred Vargas. Quant à Momo-mèche-courte, il est le fil conducteur de la double enquête que mène ici le commissaire Adamsberg, confronté à l'immémorial Seigneur Hellequin, chef de L'Armée furieuse.

Auteur : Fred Vargas est née à Paris en 1957. Fred est le diminutif de Frédérique. Vargas est son nom de plume pour les romans policiers. Pendant toute sa scolarité, Fred Vargas ne cesse d'effectuer des fouilles archéologiques. Après le bac, elle choisit de faire des études d'histoire. Elle s'intéresse à la préhistoire, puis choisit de concentrer ses efforts sur le Moyen Âge. Elle a débuté sa « carrière » d'écrivain de roman policier par un coup de maître. Son premier roman Les Jeux de l'amour et de la mort, sélectionné sur manuscrit, reçut le Prix du roman policier du Festival de Cognac en 1986 et fut donc publié aux éditions du Masque. Depuis elle a écrit : Un lieu incertain (2008), Dans les bois éternels (2006), Sous les vents de Neptune (2004), Coule la Seine (2002), Pars vite et reviens tard (2001), Petit traité de toutes vérités sur l'existence (2001), Les quatre fleuves (en collaboration avec Edmond Baudoin) (2000), L'homme à l'envers (1999), Sans feu ni lieu (1997), Un peu plus loin sur la droite (1996), Debout les morts (1995), Ceux qui vont mourir te saluent (1994), L'homme aux cercles bleus (1992)

Mon avis : (lu en juin 2011)
Quelle plaisir de retrouver le commissaire Adamsberg et son équipe avec ce nouveau livre de Fred Vargas. J'avais été déçue par le l'enquête précédente d'Adamsberg et très rapidement j'ai su que ce livre allait beaucoup me plaire.
Cela commence doucement avec la présence de miettes de pain qui intrigue Adamsberg, à la fin du chapitre, la première enquête est résolue... Puis il va venir au secours d'un pigeon dont des «enfants de salauds» ont entravé les pattes. Et l'enquête principale commence avec une petite dame âgée qui vient de Normandie, elle demande à voir le commissaire car dans son village, Ordebec, une nuit, sa fille a vu «l’Armée furieuse». C'est une vieille légende médiévale : une cohorte de morts vivants qui vient enlever ceux qui ont commis des crimes. Cette vision est le signe que de multiples meurtres vont se produire.
En même temps, à Paris, Adamsberg enquête sur le meurtre d'un industriel qui a été retrouvé carbonisé dans sa Mercédès et on suspecte très rapidement un jeune incendiaire surnommé "Mo-la-mèche-courte". Mais intrigué par cette «Armée curieuse», Adamsberg accepte facilement d’aller enquêter à Ordebec, terrorisé par les superstitions et les rumeurs...
Le plus délicieux dans les livres de Fred Vargas, ce sont les personnages étonnants et haut en couleur : Adamsberg, son fils Zerk, ses équipiers Danglard, Retancourt, Veyrenc...
Dans cette enquête, il faut rajouter Léo et son chien Flem, la famille Vendermot avec Lina et ses frères Antonin, Martin et Hippo, le capitaine Emeri, le comte Valleray...
Une intrigue bien construite, des fausses pistes, une écriture agréable à lire et une solution impossible à découvrir avant la conclusion, voilà un cocktail réussi qui mêle un pigeon, des miettes de pain, du sucre, des amours, des lacets de chaussures, une voiture incendiée... Un vrai bonheur !

Extrait : (début du livre)
Il y avait des petites miettes de pain qui couraient de la cuisine à la chambre, jusque sur les draps propres où reposait la vieille femme, morte et bouche ouverte. Le commissaire Adamsberg les considérait en silence, allant et venant d'un pas lent le long des débris, se demandant quel Petit Poucet, ou quel Ogre en l'occurrence, les avait perdues là. L'appartement était un sombre et petit rez-de-chaussée de trois pièces, dans le 18ème arrondissement de Paris.
Dans la chambre, la vieille femme allongée. Dans la salle à manger, le mari. Il attendait sans impatience et sans émotion, regardant seulement son journal avec envie, plié à la page des mots croisés, qu'il n'osait pas poursuivre tant que les flics étaient sur place. Il avait raconté sa courte histoire : lui et sa femme s'étaient rencontrés dans une compagnie d'assurances, elle était secrétaire et lui comptable, ils s'étaient mariés avec allégresse sans savoir que cela devait durer cinquante-neuf ans. Puis la femme était morte durant la nuit. D'un arrêt cardiaque, avait précisé le commissaire du 18ème arrondissement au téléphone. Cloué au lit, il avait appelé Adamsberg pour le remplacer. Rends-moi ce service, tu en as pour une petite heure, une routine du matin.
Une fois de plus, Adamsberg longea les miettes. L'appartement était impeccablement tenu, les fauteuils couverts d'appuie-tête, les surfaces en plastique astiquées, les vitres sans trace, la vaisselle faite. Il remonta jusqu'à la boîte à pain, qui contenait une demi-baguette et, dans un torchon propre, un gros quignon vidé de sa mie. Il revint près du mari, tira une chaise pour s'approcher de son fauteuil.
- Pas de bonnes nouvelles ce matin, dit le vieux en détachant les yeux de son journal. Avec cette chaleur aussi, ça fait bouillir les caractères. Mais ici, en rez-de-chaussée, on peut garder le frais. C'est pour ça que je laisse les volets fermés. Et il faut boire, c'est ce qu'ils disent.
- Vous ne vous êtes rendu compte de rien ?
- Elle était normale quand je me suis couché. Je la vérifiais toujours, comme elle était cardiaque. C'est ce matin que j'ai vu qu'elle avait passé.
- Il y a des miettes de pain dans son lit.
- Elle aimait ça. Grignoter couchée. Un petit bout de pain ou une biscotte avant de dormir.
- J'aurais plutôt imaginé qu'elle nettoyait toutes les miettes après.
- Pas de doute là-dessus. Elle briquait du soir au matin comme si c'était sa raison de vivre. Au début, c'était pas bien grave. Mais avec les années, c'est devenu une obnubilation. Elle aurait sali pour pouvoir laver. Vous auriez dû voir ça. En même temps, cette pauvre femme, ça l'occupait.
- Mais le pain ? Elle n'a pas nettoyé hier soir ?
- Forcément non, parce que c'est moi qui lui ai apporté. Trop faible pour se lever. Elle m'a bien ordonné d'ôter les miettes, mais à moi, ça m'est drôlement égal. Elle l'aurait fait le lendemain. Elle retournait les draps tous les jours. A quoi ça sert, on ne sait pas.

Déjà lu du même auteur :

Ceux_qui_vont_mourir_te_saluent Ceux qui vont mourir te saluent l_homme_aux_cercles_bleus L'Homme aux cercles bleus

Debout_les_mort Debout les morts Un_peu_plus_loin_sur_la_droite Un peu plus loin sur la droite

sans_feu_ni_lieu Sans feu ni lieu l_homme___l_envers L'Homme à l'envers

Pars_vite_et_reviens_tard Pars vite et reviens tard sous_les_vents_de_neptune  Sous les vents de Neptune

Dans_les_bois__ternels Dans les bois éternels un_lieu_incertain Un lieu incertain

les_quatre_fleuves Les Quatre fleuves (BD)

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06 juin 2011

C'est lundi ! Que lisez-vous ? [32]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou et proposé par Galleane 

Qu'est-ce que j'ai lu la semaine dernière ?

petite soeur, mon amour le_pays_des_grottes_sacr_es quatre_jours_en_mars glac_ 

Petite sœur, mon amour – Joyce Carol Oates 
Le pays des grottes sacrées  - Jean M. Auel (Partenariat) (abandon)
Quatre jours en mars - Jens Christian Grøndahl (LC avec Canel : 3/06/2011)
Glacé - Bernard Minier (Partenariat Livraddict)

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Les enfants de la liberté - Marc Levy (relecture)

Que lirai-je cette semaine ?

L'armée furieuse - Fred Vargas
La septième vague - Daniel Glattauer
Un juif pour l'exemple - Jacques Chessex

Bonne semaine, bonnes lectures et à lundi prochain !

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05 juin 2011

Glacé - Bernard Minier

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et XO Éditions

glac_ XO éditions – février 2011 – 560 pages

Quatrième de couverture :
Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. Au petit matin, les ouvriers d'une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d'un cheval sans tête, accroché à la falaise glacée.
Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.
Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval à 2 000 mètres d altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ?
Une atmosphère oppressante, une intrigue tendue à l extrême, une plongée implacable dans nos peurs les plus secrètes, ce premier roman est une révélation !

Auteur : Bernard Minier a grandi au pied des Pyrénées. Primé à l'issue de plusieurs concours de nouvelles, il publie avec Glacé son premier roman.

 

Mon avis : (lu en juin 2011)
Voilà un premier roman plutôt bien réussi. Un thriller très prenant et « glacial » avec une bonne intrigue et des personnages variés qui se déroule dans une vallée étroite et enneigée des Pyrénées à Saint-Martin-de-Comminges.

Tout commence par la découverte du cadavre d'un cheval suspendu au-dessus d'une plateforme du téléphérique qui mène à la centrale hydroélectrique, à deux mille mètres d'altitude. Une mise en scène macabre. Ce cheval, Freedom, appartient à Éric Lombard, celui-ci appartient à « une dynastie de financiers, de capitaines d'industrie et d'entrepreneurs qui régnaient sur ce coin des Pyrénées, sur le département et même sur la région depuis six décennies. » Éric Lombard ayant le bras long et c'est le commandant de police Martin Servaz qui est appelé de Toulouse pour mener l'enquête sur ce crime étrange, conjointement avec Irène Ziegler, capitaine de gendarmerie. Servaz trouve injuste d'être obligé de laisser son enquête en cours sur la mort d'un SDF pour la mort d'un cheval !
A une dizaine de kilomètres de Saint-Martin, isolé au milieu des sapins, se trouve le centre de psychiatrie pénitentiaire Charles Wargnier. La suissesse Diane Berg, jeune psychologue, vient d'y arriver comme adjoint au chef de l'établissement. Quatre-vingt-huit dangereux psychotiques sont enfermés à l'Institut Wargnier. L'auteur va commencer lentement son histoire, il prend le temps de présenter les lieux, les différents protagonistes, puis c'est la découverte d'un premier cadavre humain et un huis clos captivant et avec beaucoup de rythme s'installe dans cette vallée glacée et glaçante pyrénéenne.
Tout s'accélère dans les cent dernières pages, plusieurs fois j'avais cru deviner qui était le coupable mais plusieurs rebondissements inattendus m'ont fait mentir et j'ai été complètement surprise par le final de l'histoire...
La construction du livre avec des semblants de sous-chapitres dans chaque chapitre où le lecteur suit à la fois ce qui se passe au centre de psychiatrie pénitentiaire et l'enquête de Servaz, Ziegler et leurs équipiers donne beaucoup de rythme dans ce thriller que l'on ne veut pas lâcher.
Les épisodes avec Diane la psychologue dans le centre Wargnier créent une atmosphère oppressante et fait monter chez le lecteur un sentiment d'angoisse...
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce premier roman et j'espère pouvoir lire dans le futur d'autres enquêtes avec Servaz et/ou Ziegler...
Un grand Merci à Livraddict et XO Éditions pour m'avoir permis de découvrir ce thriller très réussi. 

Extrait : (Prologue)
Dgdgdgdgdgd – tactactac – ddgdgdgdgdg – tactactac

Les bruits : celui, régulier, du câble et, par intermittence, les roues des pylônes lorsque le sabot du téléphérique passait dessus, communiquant ses secousses à la cabine. A quoi s'ajoutait la plainte flûtée du vent, omniprésente, comme des voix d'enfants en détresse. Et celles des occupants de la cabine, gueulant pour couvrir le vacarme. Ils étaient cinq – Huysmans compris.

Dgdgdgdgdgd – tactactac – ddgdgdgdgdg – tactactac

- Putain ! J'aime pas monter là-haut par ce temps ! dit l'un d'eux.
Silencieux, Huysmans guettait l'apparition du lac inférieur – mille mètres plus bas, à travers les rafales de neige qui cernaient la cabine. Les câbles semblaient étrangement lâches, décrivant une double courbe qui s'enfonçait paresseusement dans la grisaille.
Les nuages s'entrouvrirent. Le lac apparut. Brièvement. Pendant un instant, il eut l'air d'une flaque sous le ciel, un simple trou d'eau entre les cimes et les bandes de nuages qui se déchiraient sur les hauteurs.
- Qu'est-ce que ça peut foutre, le temps ? dit un autre. On va passer une semaine coincés sous cette putain de montagne, de toute façon !
L'usine hydroélectrique d'Arruns : une série de salles et de galeries creusées à soixante-dix mètres sous terre et perchées à deux mille mètres d'altitude. La plus longue mesurait onze kilomètres. Elle conduisait l'eau du lac supérieur vers les conduites forcées : des tubes d'un mètre et demi de diamètre qui dévalaient la montagne et précipitaient l'eau du lac supérieur vers les turbines assoiffées des groupes de production, en bas dans la vallée. Pour accéder à l'usine, au cœur de la montagne, un seul chemin : un puits d'accès dont l'entrée se trouvait presque au sommet, la descente en monte-charge jusqu'à la galerie principale qu'on suivait, vannes neutralisées, à bord de tracteurs à deux places : un voyage d'une heure au cœur des ténèbres, le long de huit kilomètres de galeries.
L'autre moyen, c'était l'hélico – mais uniquement en cas d'urgence. Une aire avait été aménagée près du lac supérieur, accessible quand le temps s'y prêtait.

- Joachim a raison, dit le plus vieux. Avec un temps pareil, l'hélico ne pourrait même pas atterrir.
Ils savaient tous ce que cela voulait dire : une fois les vannes rouvertes, les milliers de mètres cubes d'eau du lac supérieur s'engouffreraient en rugissant dans la galerie qu'ils allaient emprunter dans quelques minutes. En cas d'accident, il faudrait deux heures pour la vider à nouveau, une autre heure en tracteur à travers la galerie pour revenir au puits d'accès, quinze minutes pour remonter à l'air libre, dix de descente en télécabine jusqu'à la centrale et trente autres de route jusqu'à Saint-Martin-de-Comminges – à supposer que la route ne fût pas coupée.
Si un accident survenait, ils ne seraient pas à l'hôpital avant quatre bonnes heures. Et l'usine vieillissait... Elle fonctionnait depuis 1929. Chaque hiver, avant la fonte des neiges, ils passaient là-haut quatre semaines, isolés du monde, pour l'entretien et la réfection de machines d'un autre âge. Un travail pénible, dangereux.
Huysmans suivait le vol d'un aigle qui se laissait porter sur le plat du vent, à cent mètres environ de la cabine.
Silencieux.
Il tourna son regard vers les vertiges glacés qui s'étendaient sous le plancher.
Les trois énormes tuyaux des conduites forcées plongeaient vers l'abîme, collés au relief de la montagne. La vallée avait depuis longtemps quitté leur champ de vision. Le dernier pylône était visible trois cents mètres plus bas, dressé là où le flanc de la montagne formait un épaulement, se profilant solitaire au milieu du brouillard. A présent, la cabine grimpait tout droit vers le puits d'accès. Si le câble venait à rompre, elle ferait une chute de plusieurs dizaines de mètres, avant d'exploser comme une noix sur la paroi rocheuse. Elle se balançait dans la tempête tel un panier au bras d'une ménagère.

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03 juin 2011

Quatre jours en mars - Jens Christian Grøndahl

Lecture Commune avec Canel
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quatre_jours_en_mars Gallimard – février 2011 – 437 pages

 

traduit du danois par Alain Gnaedig

 

Quatrième de couverture :
Les meilleures années appartiennent-elles toujours au passé ? En est-on responsable ? Ces questions viennent hanter Ingrid Dreyer, architecte et mère divorcée, au cours de quatre jours dramatiques, où plus rien ne se révèle être comme elle le croit. Lorsque son fils adolescent est arrêté pour des actes de violence, lorsque sa relation à un homme plus âgé et marié prend un tour inattendu, elle replonge dans les souvenirs de sa jeunesse solitaire et de son mariage raté, afin de tenter de comprendre pourquoi sa vie commence à ressembler à une impasse. Ingrid Dreyer est-elle condamnée à reproduire les comportements, les lubies et les erreurs de sa mère ou de sa grand-mère, femme de lettres qui a connu jadis son heure de gloire ? Les histoires de ces femmes ne sont-elles que les variations d'un même thème et d'un même drame ? Après "Sous un autre jour" et "Les mains rouges", Jens Christian Grøndahl propose ici un nouveau portrait de femme de notre temps, avec cette profondeur psychologique et cette maîtrise stylistique qui sont la marque du grand écrivain danois.

 

Auteur : Jens Christian Grøndahl est né à Copenhague en 1959. Il est aujourd'hui un auteur vedette au Danemark et ses livres sont traduits dans de nombreux pays. Ses romans parus aux Editions Gallimard l'ont également fait connaître en France.

Mon avis : (lu en mai 2011)
Quatre jours, jeudi, vendredi, samedi et dimanche dans la vie d'Ingrid Dreyer. Elle a quarante-huit ans, elle est architecte, divorcée, mère d'un adolescent de quatorze ans et amoureuse d'un homme marié.
Elle est en voyage professionnel à Stockholm, lorsqu'on lui demande de rentrer d'urgence à Copenhague car son fils Jonas a été arrêté par la police pour avoir participé à des actes de violence contre un jeune Arabe. L'acte de son fils est comme un premier choc. Ingrid va se replonger dans son passé pour essayer de comprendre comment elle en est arrivée là. Elle revoie ses souvenirs de jeunesse, son mariage raté, sa vie amoureuse... Va-t-elle reproduire les mêmes erreurs que sa mère et sa grand-mère ?

Ce livre est très bien écrit, l'histoire est très prenante l'auteur a su parfaitement nous distiller des allers-retours entre présent et passé et petit à petit raconter ce qu'il faut pour que le lecteur comprenne peu à peu qui est Ingrid. La psychologie des différents personnages est très travaillée. Les relations entre les personnages sont subtiles.

J'ai beaucoup aimé cette lecture, je me suis sentie proche d'Ingrid même si ma vie est très différente de la sienne... Elle est touchante dans ses interrogations, son sentiment de culpabilité vis à vis de son fils. Berthe et Ava, sa mère et grand-mère, sont des personnages pas facile à vivre... J'ai également aimé les descriptions des paysages scandinaves, de la ville de Rome, des intérieurs... Une très belle découverte qui me donne envie de lire d'autres livres de cet auteur danois.

Maintenant allons voir l'avis de Canel avec qui je faisais Lecture Commune ! 

Extrait : (début du livre)
Elle a déjà mis une de ses boucles d'oreilles et cherche à se saisir de la seconde lorsque le téléphone sonne. Les pulsations de la tonalité lui semblent aussi étrangères que les meubles anonymes de la chambre. Elle reste devant le miroir. Son rouge à lèvres est trop vif, c'était un essai, d'habitude elle porte une nuance plus pâle. C'est sûrement Morten, son coordinateur de projet, qui, comme toujours, est en avance. Pourtant, il reste encore quelques minutes avant leur rendez-vous dans le hall de l'hôtel. Il sait où se trouve le restaurant. De toute façon, c'est lui qui règle les détails de logistique. Mais aujourd'hui, elle s'est bien débrouillée, encore une fois. La présentation s'est déroulée comme prévu, même les questions des maîtres d'ouvrage sont restées dans le cadre prévu, et elle s'est montrée claire et concentrée. 
Elle s'autorise à continuer de regarder son reflet dans le miroir, puisqu'elle a décidé de faire comme si elle n'était pas là. Le bourdonnement intermittent du téléphone lui donne l'impression d'être surveillée. Elle ferait mieux de mettre sa deuxième boucle d'oreille, de prendre sa pochette, de poser son manteau sur le bras et de sortir dans le couloir silencieux. Elle croise son regard. Ingrid Dreyer, quarante-huit ans. Une femme célibataire, qui a réussi et, aux yeux de certains, encore belle. Du moins, aux yeux de ceux qui lui importent, mais elle a trop maigri. On le voit avec la robe qu'elle a choisie pour la soirée, on voit son âge. Il y a quelque chose à la clavicule et à la peau des bras, mais pas seulement. 
Sa robe est belle, de style Empire, d'un vert passé comme les feuilles de sauge duveteuses. Étonnamment féminine, diront certains, et c'est bien le but recherché. Elle la porte afin de convaincre les représentants de Svensk Energi qu'elle est également une personne, une femme, et même une mère. Lorsque l'on est sur le point de lui confier un chantier d'un demi-milliard, c'est bien le moins que l'on peut attendre. D'ordinaire, elle porte des pantalons, des tailleurs et des T-shirts neutres. Pas de maquillage, pas de bijoux, à la rigueur des escarpins à bride avec des talons hauts, juste pour se différencier, mais lorsque le commanditaire invite, elle peut se permettre de céder à l'autre côté de sa personnalité. Car il est bien là. Son expérience lui dit qu'un soupçon d'humanité vulnérable ne fait que renforcer l'intégrité professionnelle, en tout cas si l'on est de sexe féminin. Le téléphone ne cesse pas de sonner. 
De sa fenêtre du dix-septième étage, elle entrevoit au loin l'archipel comme des pointillés incandescents dans l'eau bleu foncé. Un groupe de hauts immeubles de bureaux lui bouche la vue, mais la façade vitrée de l'un d'eux envoie un reflet de la claire lumière de mars dans sa chambre capitonnée au plafond bas. Elle s'assoit sur le bord du lit et décroche le combiné, toujours une boucle d'oreille à la main. La perle blanche brille dans le soleil du soir. C'est un cadeau de Frank, son amant. Ce n'est pas lui qui appelle. Elle comprend qu'elle l'espérait quand elle entend la voix inconnue se présenter. Cela fait déjà bien des années qu'il lui a donné ces boucles d'oreilles à Rome. Elle se souvient que la première chose qui lui était venue à l'esprit avait été de se demander comment il pouvait dépenser une aussi grosse somme avec sa carte de crédit sans que sa femme ne s'en aperçoive. Elle n'avait pas encore découvert que Frank était un homme qui possédait de nombreux comptes en banque. 
Après coup, cela l'agace de n'avoir pas demandé au brigadier du poste de Station City comment il a réussi à la trouver dans une chambre d'hôtel de Stockholm. Elle allume son portable après avoir raccroché et écoute les messages. Au moins, Jonas a essayé de l'appeler. Elle a la bouche sèche en écoutant sa voix bredouillante d'adolescent de quinze ans, toujours aussi brusque et tranchante. Il a été arrêté. A l'entendre, on a l'impression qu'il appelle pour dire qu'il ne rentrera pas dîner. D'habitude, il ne songe même pas à partager ce genre d'informations pratiques avec sa mère. Elle se demande soudain s'il n'a pas oublié qu'elle allait à Stockholm. Car elle le lui a bien dit, n'est-ce pas ? Oui, bien sûr. Le téléphone sur la table de nuit sonne à nouveau, cette fois-ci, c'est Morten. Mais qu'est-ce qu'elle fait ? Elle répond qu'elle descend tout de suite. 
Elle était restée indifférente au ton décontracté du brigadier et elle avait deviné dans sa voix un accent de reproche enjoué. De fait, Jonas n'avait eu droit qu'à un seul coup de fil, mais comme elle n'avait pas répondu, on lui avait permis d'appeler son grand-père. Le gamin était encore mineur, même si on avait du mal à le croire. Le policier avait déclaré cela comme si l'âge de Jonas était une forme de tromperie eu égard à la pointure considérable de ses chaussures. Elle avait demandé ce qui s'était passé. Là, le brigadier était devenu plus neutre dans son rapport. Jonas avait été arrêté dans une ruelle près de Christiania. Une voiture de patrouille était passée par hasard au moment où Jonas et ses camarades encerclaient un garçon à terre et lui donnaient des coups de pied dans la tête et dans le ventre. 
Jonas avait donné des coups de pied ? 
Sa voix s'était affaiblie et elle avait entendu que le policier avait noté le léger changement de ton, la brève difficulté à respirer. Les jeunes gens n'étaient guère communicatifs, en outre, il était important que la victime n'ait aucun souvenir de qui avait fait quoi. Quoi qu'il en soit, ils n'avaient pas l'âge de la majorité pénale et l'affaire serait du ressort des services sociaux, cependant, elle devrait apprendre à son fils à choisir ses amis avec plus de soin. Plusieurs d'entre eux étaient bien connus de la police, et l'on ne parlait pas ici de graffitis et de petits larcins. Il était question de recel organisé et de trafic de hasch, et ce que l'on avait confisqué cet après-midi n'était pas de la petite bière. Il s'agissait de crans d'arrêt et de coups de poing, et s'il était à sa place, il aurait une discussion sérieuse avec le gamin, quand elle finirait par rentrer de Stockholm. 
Y avait-il quelque chose dans la manière dont il avait dit "finirait par rentrer", ou était-elle hypersensible ? Elle avait demandé si Jonas connaissait la victime. On aurait dit que le policier souriait en donnant sa réponse. Il ne pouvait pas savoir qui son fils connaissait ou non et, de toute façon, il n'avait pas le droit de dévoiler l'identité du jeune homme. Cependant, l'affaire était d'autant plus délétère qu'il s'agissait d'un type dont les origines ethniques n'étaient pas danoises. Il serait donc possible que, à l'avenir, son fils soit obligé de bien regarder dans son dos quand il irait à l'école, au cas où il serait rattrapé par un cimeterre. 
Ingrid avait demandé où il se trouvait. Le brigadier avait demandé si elle pensait à la victime. Dans ce cas, il pouvait la rassurer, les urgences avaient renvoyé le jeune homme chez lui en lui ordonnant de rester tranquille pendant deux ou trois jours. Il s'en était sorti avec une commotion cérébrale et, tant qu'il ne se mettait pas à se cogner le front contre les tapis de la mosquée, il avait une chance de s'en tirer sans séquelles. D'ailleurs, c'était un miracle qu'il n'ait pas été plus gravement touché, car son fils et les autres garçons n'y étaient pas allés de main morte. Le policier avait marqué une pause. Mais en ce qui concernait son rejeton, en ce moment précis, il attendait que son grand-père vienne le chercher. 

Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Danemark

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Danemark

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
Viking_Lit

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02 juin 2011

Concours Stephie : Ma verrine « Fruits et Cie »

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Pour répondre au concours qu'organise Stephie (blog Mille et une pages)
en partenariat avec Marabout qui lance un nouveau site,
voici la recette d'une verrine dessert que je réalise assez souvent à la maison...

Ingrédients : (pour 4 verrines)
2 à 3 pommes
une poignée de groseilles
fromage blanc
4 spéculos
Un peu de miel ou de sucre

La recette :
1) Découper les pommes en morceaux pas trop gros, les mettre dans une casserole avec le miel et faire revenir quelques minutes, ajouter les groseilles et faire de même. On peut ajouter aussi un peu de jus de fruits (pomme ou orange) pour que cela n'attache pas. Garder au chaud.

2) Écraser grossièrement les spéculos.

3) Monter la verrine au dernier moment :
Mettre au fond les fruits encore chaud pour remplir presque la moitié de la verrine.
Mettre par dessus le fromage blanc que l'on vient de sortir du réfrigérateur.
Et pour terminer, mettre les spéculos sur le dessus.

A servir immédiatement.

Petits trucs en plus :
Je varie la recette avec les fruits, en fonction de la saison, pomme, poire, banane, ananas, fruits rouge, kiwi, clémentine... J'incorpore parfois des fruits secs (raisins, abricots) aussi...
J'essaye de créer une association qui mélange les goûts sucré/acide, les textures croquants/moelleux...

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Voilà le résultat !
Et croyez moi sur parole,  c'est un vrai régal !

Voilà une recette facile et rapide à faire, où je joue sur les mélanges de goût (fruits sucré/acide), de texture (le croquant du spéculos et des pommes en opposition au fromage blanc), de température (fruits chauds, fromage blanc froid)...

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Les Enfants de la Terre, Tome 6 : Le pays des grottes sacrées

le_pays_des_grottes_sacr_es Presses de la Cité - mars 2011 – 681 pages

Quatrième de couverture :
La petite orpheline Cro-Magnon recueillie par une tribu Neandertal a fait bien du chemin depuis Le Clan de l'Ours des Cavernes, le premier tome de ses aventures publié il y a maintenant trente ans. Ayla vient de mettre au monde une petite fille prénommée Jonayla, et a été peu à peu adoptée par les membres de la Neuvième Caverne, le clan de son compagnon Jondalar. A tel point que la Zelandoni, guérisseuse et chef spirituel de la Neuvième Caverne, la choisit pour lui succéder un jour. Pour parvenir à cette fonction, Ayla suit pendant plusieurs mois la grande prêtresse. Son initiation passe notamment par la visite des nombreuses grottes ornées de la région, l'occasion pour l'apprentie Zelandoni de découvrir des sites magnifiquement décorés, dont elle apprend à comprendre le sens. Cette formation, jalonnée de rites de passage, n'a rien d'une promenade de santé, et Ayla devra franchir bien des obstacles avant de devenir Zelandoni. Saura-t-elle trouver un équilibre entre ses obligations de jeune mère et d'épouse et les exigences de son apprentissage ? L'amour de Jondalar et d'Ayla résistera-t-il à tant d'épreuves ?

Auteur : En 1977, alors âgée de quarante ans, l'Américaine Jean Auel décide de quitter son emploi, un poste à responsabilité dans une entreprise d'électronique. En attendant d'obtenir un travail plus stimulant, cette mère de cinq enfants se met à écrire une nouvelle consacrée à une femme de la préhistoire. Ainsi naît Ayla, l'héroïne des " Enfants de la Terre ", une formidable saga préhistorique qui s'est à ce jour vendue à plus de 45 millions d'exemplaires à travers le monde.

 

Mon avis : (lu en mai 2011)
Lorsque Jérémy m'a proposé de recevoir ce livre, j'ai accepté en partie pour mon mari qui avait déjà lu les quatre premiers livres de la série. Et c'est lui qui a commencé la lecture du livre, cela fait plus d'un mois qu'il s'accroche car il trouve qu'il y a de nombreuses redites avec les tomes précédents.

Pour ma part, j'ai attendu d'avoir quelques jours de congés à la maison pour me lancer dans la lecture de ce pavé de presque 700 pages car le livre est vraiment trop lourd à emporter dans le train ! La préhistoire ne m'a jamais vraiment intéressée mais j'espérais changer d'avis en découvrant cette saga appréciée dans le monde entier. Malheureusement, j'ai eu un mal fou à lire ce livre, qui je l'avoue, m'est tombé des mains... Après plus d'une semaine de lecture (en alternance avec d'autres livres), j'abandonne... Ce livre est beaucoup trop long à mon goût, il se perd dans les détails, il y a beaucoup de répétitions et aucune action me donnant envie de connaître la suite de l'histoire... J'ai appris beaucoup de choses comme « comment élever mon enfant » ou « faire la cuisine » au temps de la Préhistoire et j'ai visité de nombreuses grottes...

Merci à Jérémy et aux éditions Presse de la Cité de m'avoir permis de découvrir ce livre et cet auteur.

Pour en savoir plus : site de l'auteur et page FB

 

Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
challenge_100_ans

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01 juin 2011

Mes Challenges en cours... (juin 2011)

Voici un petit bilan de mes challenges en cours... :

1pourcent2010 1er challenge : Challenge 1% littéraire 2010 

Challenge organisé par Schlabaya, il s'agit de lire au moins 1% des 701 sorties littéraires prévues cet automne. Soit au moins 7 livres...  (fin du challenge juin 2011)

livre n°1 : Desert Pearl Hotel - Pierre-Emmanuel Scherrer
livre n°2 : Une affaire conjugale - Eliette Abécassis
livre n°3 : Le Délégué - Didier Desbrugères
livre n°4 : Des gifles au vinaigre - Tony Cartano
livre n°5 : Ouragan - Laurent Gaudé
livre n°6 : Passé sous silence – Alice Ferney
livre n°7 : En attendant la montée des eaux – Maryse Condé       Challenge 1%
livre n°8 : Le coeur régulier- Olivier Adam
livre n°9 : La maison d'à côté - Lisa Gardner
livre n°10 : L’amour est une île - Claudie Gallay
livre n°11 : En cuisine – Monica Ali
livre n°12 : Rosa Candida – Audur Ava Ólafsdóttir
livre n°13 : Vivement l'avenir - Marie-Sabine Roger
livre n°14 : De deux choses l'une - Christine Détrez                         Challenge 2%

livre n°15 : Grandir - Sophie Fontanel                    
livre n°16 : Haïti Kenbe la ! - Rodney Saint-Eloi
livre n°17 : Sans un adieu - Harlan Coben
l
ivre n°18 : Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent... - Eric-Emmanuel Schmitt
livre n°19 : Jours toxiques - Roxana Robinson
livre n°20 : L'insomnie des étoiles - Marc Dugain
livre n°21 : Le septième fils – Arni Thorarinsson                              Challenge 3%
livre n°22 : Oscar Pill, Tome 3 : Le secret des Éternels – Eli Anderson
livre n°23 : Theodore Boone. Enfant et justicier - John Grisham
livre n°24 : L'Hypnotiseur - Lars Kepler
livre n°25 : Mon vieux et moi - Pierre Gagnon
livre n°26 : La Ballade de Lila K - Blandine Le Callet
livre n°27 : La couleur des sentiments - Kathryn Stockett
livre n°28 : Sanctuaires ardents – Katherine Mosby                   Challenge 4%
livre n°29 : La malédiction des colombes - Louise Erdrich
livre n°30 : Purge - Sofi Oksanen
livre n°31 : Double faute – Lionel Shriver
livre n°32 : Les Anonymes - R.J. Ellory

livre n°33 : Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants – Mathias Enard
livre n°34 : Une année chez les Français - Fouad Laroui
livre n°35 : Kyoto Limited Express - Olivier Adam          Challenge 5%
livre n°36 : Le confident – Hélène Grémillon
livre n°37 : Des éclairs – Jean Echenoz
livre n°38 : L'homme inquiet – Henning Mankell
livre n°39 : Des étoiles au plafond - Johanna Thydell
livre n°40 : Un bûcher sous la neige – Susan Fletcher
livre n°41 : Brida – Paulo Coelho
livre n°42 : Petite sœur, mon amour – Joyce Carol Oates         Challenge 6%

Viking_Lit 2ème challenge : Challenge Viking Lit'

livre n°1 : Été – Mons Kallentoft (Suède)

livre n°2 : L'héritage impossible - Anne B. Ragde (Norvège)
livre n°3
: Rosa Candida – Audur Ava Ólafsdóttir (Islande)
livre n°4 : L'Hypnotiseur - Lars Kepler (Suède)
livre n°5 : Purge - Sofi Oksanen (Finlande)
livre n°6 : Meurtriers sans visage – Henning Mankell (Suède)
livre n°7 : Les chiens de Riga - Henning Mankell (Suède)
livre n°8 : L'Enfant allemand - Camilla Läckberg (Suède)
livre n°9 : L'écriture sur le mur - Gunnar Staalesen (Norvège)
livre n°10 : La vierge froide et autres racontars - Jørn Riel (Danemark)
livre n°11 : La rivière noire - Arnaldur Indridason (Islande)
livre n°12 : L'homme inquiet – Henning Mankell (Suède)
livre n°13 : Des étoiles au plafond - Johanna Thydell (Suède)
livre n°14 : Sang chaud, nerfs d'acier – Arto Paasilinna (Finlande)
livre n°15 : Le Roi Oscar et autres racontars – Jørn Riel (Danemark)
livre n°16 : Automne – Mons Kallentoft (Suède)
livre n°17 : Le policier qui rit - Maj Sjöwall et Per Wahlöö (Suède)
livre n°18 : Celui qu'on ne voit pas – Mari Jungstedt (Suède)
livre n°19 : Le caveau de famille - Katarina Mazetti (Suède)
livre n°20 : Zona frigida – Anne B. Ragde (Norvège)

 

 

 

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3ème challenge : Baby Challenge - Contemporainorganisé par Livraddict

Livres déjà lus :  11 /20    Médaille en chocolat  

1 - Une Prière Pour Owen de John Irving
2 - La Saga Malaussène, tome 1 : Au bonheur des ogres de Daniel Pennac
3 - Le Clan des Otori, tome 1 : Le Silence du Rossignol de Lian Hearn
4 - Entre chiens et loups, tome 1 de Malorie Blackman
5 - Kafka sur le rivage de Haruki Murakami
6 - La porte des enfers de Laurent Gaudé
7 - Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer
8 - Les Thanatonautes de Bernard Werber
9 - Oscar et la dame rose de Eric-Emmanuel Schmitt
10 - L'évangile selon Pilate, suivi de Journal d'un roman volé de Eric-Emmanuel Schmitt
11 - Seul le silence de R.J. Ellory
12 - La vie devant soi de Emile Ajar
13 - Le monde de Sophie de Jostein Gaarder
14 - L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon
15 - La ferme des animaux de George Orwell
16 - L'enfant de Noé de Eric-Emmanuel Schmitt
17 - Ensemble, c'est tout de Anna Gavalda
18 - Les enfants de la liberté de Marc Levy
19 - Cosmétique de l'ennemi de Amélie Nothomb
20 - Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé

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4ème challenge : Baby Challenge - Polar organisé par Livraddict
Livres déjà lus :  13/20   Médaille de bronze    

1 - Blacksad, tome 1 : Quelque part entre les ombres de Juan Diaz Canales
2 - La Trilogie berlinoise – Philip Kerr
3 - Un lieu incertain de Fred Vargas
4 - Dix petits nègres – Agatha Christie
5 - Innocent de Harlan Coben
6 - Spellman et associés de Lisa Lutz
7 - Le crime de l'Orient-Express de Agatha Christie
8 - Millénium, tome 1 : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes de Stieg Larsson
9 - L'étrangleur de Cater Street de Anne Perry
10 - Le huit de Katherine Neville
11 - Les fables de sang de Arnaud Delalande
12 - L'homme à l'envers de Fred Vargas
13 - Le chien des Baskerville d'Arthur Conan Doyle
14 - Cadres noirs de Pierre Lemaitre
15 - Le Poète de Michael Connelly
16 - Un monde sans fin de Ken Follett
17 - Nous n'irons plus au bois de Mary Higgins Clark
18 - Le Mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux
19 - L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde
20 - L'homme aux cercles bleus de Fred Vargas

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5ème challenge : Voisins, voisines organisé par kathel, il s'agit de lire un ou plusieurs livres d'auteurs européens.
livre n°1 : Le cimetière des bateaux sans nom - Arturo Pérez-Reverte (Espagne)

livre n°2 : Le chuchoteur - Donato Carrisi (Italie)
livre n°3 : La mort à marée basse - Pieter Aspe (Belgique)
livre n°4 : Purge - Sofi Oksanen (Finlande/Estonie)
livre n°5 : Les Anonymes - R.J. Ellory (Grande-Bretagne)
livre n°6 :
Un monde sans fin – Ken Follett (Grande-Bretagne)
livre n°7 :
Les pingouins n'ont jamais froid - Andreï Kourkov (Ukraine)
livre n°8 :
Meurtriers sans visage – Henning Mankell (Suède)
livre n°9 :
Les chiens de Riga - Henning Mankell (Suède)
livre n°10 :
Le pingouin - Andreï Kourkov (Ukraine)
livre n°11 :
Entre chiens et loups, tome 1 de Malorie Blackman (Grande-Bretagne)
livre n°12 :
L'Enfant allemand - Camilla Läckberg (Suède)
livre n°13 : L'écriture sur le mur - Gunnar Staalesen (Norvège)
livre n°14 : La vierge froide et autres racontars - Jørn Riel (Danemark)
livre n°15 : La rivière noire - Arnaldur Indridason (Islande)
livre n°16 : Les lieux infidèles - Tana French (Irlande)
livre n°17 : Dix petits nègres – Agatha Christie (Grande-Bretagne)
livre n°18 : L'homme inquiet – Henning Mankell (Suède)
livre n°19 : Meurtres en soutane – P.D. James (Grande-Bretagne)
livre n°20 : La Trilogie berlinoise – Philip Kerr (Grande-Bretagne)
livre n°21 : Marina – Carlos Ruiz Zafon (Espagne)
livre n°22 : Des étoiles au plafond - Johanna Thydell (Suède)
livre n°23 : Sang chaud, nerfs d'acier – Arto Paasilinna (Finlande)
livre n°24 : Haute fidélité – Nick Hornby (Grande-Bretagne)
livre n°25 : Le Roi Oscar et autres racontars – Jørn Riel (Danemark) 
livre n°26 : Automne – Mons Kallentoft (Suède)
livre n°27 : La Terre fredonne en si bémol – Mari Strachan (Grande-Bretagne)
livre n°28 : Le policier qui rit - Maj Sjöwall et Per Wahlöö (Suède)
livre n°29 : Le tailleur gris - Andrea Camilleri (Italie)
livre n°30 : Un bûcher sous la neige – Susan Fletcher (Grande-Bretagne)
livre n°31 : Celui qu'on ne voit pas – Mari Jungstedt (Suède)
livre n°32 : Le caveau de famille - Katarina Mazetti (Suède)
livre n°33 : La Bonté : mode d'emploi – Nick Hornby (Grande-Bretagne)
livre n°34 : Zona frigida – Anne B. Ragde (Norvège)
livre n°35 : Là-haut, tout est calme – Gerbrand Bakker (Pays-Bas)

 

logo_challenge_Petit_BAC
6ème challenge : Challenge Petit BAC  organisé par Enna, il s'agit de lire des romans ayant dans leurs titres un mot correspondant aux différentes rubriques du "Petit BAC". Au moins 1 livre pour chacune des rubriques.
Prénom (fille ou garçon) : 1) La double vie d'Irina– Lionel Shriver
2) Aya de Yopougon tome 6 - Marguerite Abouet et Clément Oubrerie
3) Bons baisers de Cora Sledge - Leslie Larson 
4) Marina - Carlos Ruiz Zafon
5) Maria – Pierre Pelot 
6) Le Roi Oscar et autres racontars – Jørn Riel
7) Brida – Paulo Coelho
Lieu géographique (ville, pays, continent...) : 1) D'où je suis, je vois la lune – Maud Lethielleux
                                                                   2) Les chiens de Riga- Henning Mankell
3) Aya de Yopougon tome 6 - Marguerite Abouet et Clément Oubrerie
4) Kyoto Limited Express - Olivier Adam 
5) L’homme de Kaboul - Cédric Bannel
6) Nuits Blanches à Manhattan - Robyn Sisman
7) Une vie de Pintade à Berlin – Hélène Kohl

Métier  : 1) Maman – Isabelle Alonso
2) Taxi – Khaled Al Khamissi
3) Le policier qui rit - Maj Sjöwall et Per Wahlöö
Animal : 1) Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants– Mathias Enard
             2) Les pingouins n'ont jamais froid - Andreï Kourkov
             3) Les chiensde Riga - Henning Mankell
             4) Le pingouin - Andreï Kourkov
             5) Entre chiens et loups, tome 1 de Malorie Blackman
             6) Confessions d'une taupe à Pôle Emploi - Gaël Guiselin, Aude Rossigneux
             7) Une vie de Pintade à Berlin – Hélène Kohl

Végétal (plante, fleur, fruit, légume...) :  1) Les Années cerises – Claudie Gallay
Objet : 1) Chute de vélo – Étienne Davodeau 
2) Meurtres en soutane – P.D. James
3) Le tailleur gris - Andrea Camilleri
4) Le caveau de famille - Katarina Mazetti
Sport / Loisirs : 1) L'écriture sur le mur - Gunnar Staalesen
                       2) Le poète – Michael Connelly

challenge_agatha_christie 7ème challenge : Challenge Agatha Christie organisé par George à l’occasion du 120ème anniversaire de la naissance d’Agatha Christie, il s'agit de lire autant de romans que vous le souhaitez, de 1 à l’œuvre intégrale !!! et de voir une ou plusieurs adaptations TV ou ciné de ses oeuvres (que vous pourrez éventuellement mettre en rapport avec les romans que vous aurez lus!)

livre n°1 : Dix petits nègres – Agatha Christie

d_fi_1000 8ème challenge :  Défi des Mille organisé par Fattorius pour nos lectures de plus de 1000 pages, livre ou série.

livre n°1 : Un monde sans fin - Ken Follett
livre n°2 : La Trilogie berlinoise – Philip Kerr

 


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9ème challenge : Défi Scandinavie blanche et Défi Scandinavie noire organisé par Prune faire des lectures scandinaves, au moins une lecture par pays et pour un pays choisi (pour moi la Suède) lire au moins trois auteurs et pour un des auteurs (pour moi Henning Mankell) lire au moins trois livres différents.

Danemark :
Finlande : Sang chaud, nerfs d'acier – Arto Paasilinna (blanche)
Islande :
Norvège : Zona frigida – Anne B. Ragde (blanche)
Suède :
livre n°1 : Des étoiles au plafond - Johanna Thydell (blanche)
livre n°2 : Automne – Mons Kallentoft (noire)
livre n°3 : Le policier qui rit - Maj Sjöwall et Per Wahlöö (noire)
livre n°4 : Celui qu'on ne voit pas – Mari Jungstedt (noire)
livre n°5 : Le caveau de famille - Katarina Mazetti (blanche)
Suède : Un auteur Henning Mankell
livre n°1 : La lionne blanche - Henning Mankell (noire)

 


Nick_Hornby_s_challenge 10ème challenge : Nick Hornby's Challenge organisé par Sofinet, il s'agit de lire au moins 3 livres de Nick Hornby et voir au moins un film adapté d'un des livres. 

livre et film n°1 : Haute fidélité – Nick Hornby
livre n°2 : La Bonté : mode d'emploi – Nick Hornby

swap___2__l Swap à 2 PAL : Lecture Commune avec Mrs Pepys
lecture n°1 : Le policier qui rit - Maj Sjöwall et Per Wahlöö (26/04/11)
lecture n°2 : La Boucherie des amants - Gaetaño Bolán (18/05/11)
lecture n°3 :

 Edit : 2/06/2011
challenge_100_ans 11ème challenge : Challenge 100 ans de littérature américaine 2011 organisé par Marion qui prolonge le challenge 2010.
livre n°1 : On dirait vraiment le paradis – John Cheever
livre n°2 : Omakayas – Louise Erdrich
livre n°3 : Le poète – Michael Connelly
livre n°4 : Nuits Blanches à Manhattan - Robyn Sisman
livre n°5 : Le signal – Ron Carlson
livre n°6 : Petite sœur, mon amour – Joyce Carol Oates
livre n°7 : Les Enfants de la Terre, Tome 6 : Le pays des grottes sacrées - Jean M.Auel 


 

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