12 avril 2012

Juste avant – Fanny Saintenoy

juste_avant Flammarion – août 2011 – 119 pages

Quatrième de couverture : 
Voici un texte qui alterne poésie douce et drôlerie franche. Par la voix d'une très vieille dame sur son lit de mort, et par celle de son arrière-petite-fille, une jeune femme que la vie moderne bouscule, cinq générations parlent. Face aux duretés de la vie, face à la mort qui sème la zizanie, leurs histoires transmettent une gaieté indéfectible. Un premier roman, un récit court qui traverse le siècle, réussite rare de vigueur et de simplicité.

Auteur : Professeur de français langue étrangère, puis responsable du centre d'apprentissage des langues de la Cité internationale universitaire de Paris, Fanny Saintenoy travaille aujourd'hui au cabinet du Maire de Paris.

Mon avis : (lu en avril 2012)
Ce livre nous présente tour à tour une narration à deux voix. Il y a celle de Juliette, âgée de presque cent ans, elle est « Juste avant » de mourir et elle revient sur les souvenirs de toute sa vie et celle de Fanny son arrière petite-fille, trente ans qui revient sur ses souvenirs avec son arrière grand-mère.
Malgré une sujet empreint de tristesse, le ton n'est jamais larmoyant car Juliette revient sur les petits détails de sa vie, des instants de joie ou de tristesse qui se succèdent dans sa vie elle ne garde que les souvenirs heureux ou des anecdotes. En toile de fond de ce récit sur un siècle d'histoire le lecteur suit la vie de cinq générations de femmes avec Juliette, Jacqueline, Martine, Fanny et la petite Milena , fille de Fanny. Cela commence avec la Première Guerre Mondiale, puis le Front Populaire, la Seconde Guerre Mondiale, puis Mitterrand... J'ai beaucoup aimé les chapitres de Juliette dans lequel je retrouvais un peu de mes propres grands-mères. Cette arrière-grand mère est émouvante et touchante. Les chapitres de Fanny sont moins réussis, il n'apporte rien de plus aux souvenirs de Juliette. Une lecture sympathique, mais mitigée.

Extrait : (page 47)
Bizarrement, c'est le retour qui a été très difficile, après la folie de la Libération. Le jour où de Gaulle a descendu les Champs-Élysées, on aurait dit que la France entière était là, de chaque côté du trottoir. On s'était mises sur notre trente et un avec ma fille. J'avais fait une folie pour l'occasion, je m'étais payé un beau chapeau, avec une plume sur le côté, très chic. Y avait des sacrées bousculades, d'une main je tenais fort ma fille, de l'autre mon chapeau, mais ma plume est tombée et ça m'a fait du souci toute la journée. L'histoire des grands jours envolée par la légèreté de ma plume, une si petite chose.
C'était beau cette euphorie générale mais il fallait reprendre sa vie. Paris avait des airs de ville en fête, et pourtant les gens n'étaient plus comme avant ; ça se voyait sur les visages. On apprenait, jour après jour, tout ce qui s'était passé, tout ce qu'on n'aurait jamais voulu savoir. J'ai essayé de retrouver mon mari. Un type m'a dit qu'il était à Buchenwald avec Louis, que mon mari faisait toujours le pitre, qu'il racontait toujours autant de bêtises. Ça m'a rassurée, je me suis dit qu'ils avaient pas réussi à le pourrir. Un autre m'a raconté qu'il était vivant le jour de la libération du camp, par les Russes, paraît-il. Un jour j'ai cru le reconnaître, un monsieur qui lui ressemblait. Je me suis rendu compte que j'avais presque oublié son visage.

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Challenge 6% 
Rentrée Littéraire 2011
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40/42

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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11 avril 2012

Swap Yello(w)range exotic : billet de Sophie

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J’ai eu le grand plaisir de trouver le colis de Claire à mon retour d’un voyage en Pologne. J'avais prévenu mon fils (19 ans) qu'un colis risquait d'arriver dans la boite et qu'il me le garde précieusement...

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Avec tout d’abord trois romans qui m’ont fait bien plaisir :
-       Tea Bag, LE Mankell qui n’est pas un polar et dont j’ai entendu beaucoup de bien
-       L’enfant multiple de Chedid, lu mais que je ne possédais pas dans ma bibliothèque je suis donc ravie de l’y rajouter
-       Passagère du silence, qui est une découverte pour moi, je n’en avais jamais entendu parler et il est en bonne place sur ma PAL, tout près de mon lit
-       Un petit carnet personnalisé et super joli qui a déjà pris place dans mon sac pour noter mes idées lectures avec le stylo qui l’accompagne
-       Des marques pages très sympas , notamment le petit magnétique (mon coup de cœur !)
-       Des magnets pour ma collection (super !)
-       Du thé orange à tomber par terre
-       Du chocolat enfilé à vitesse grand V tellement il était bon
-       Et une belle carte avec un mot sympa

Tout cela emballé dans du papier jaune orangé pour coller au thème, merci Claire pour ce très beau colis ! Et Merci Val pour l’organisation parfaite !


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10 avril 2012

Ouvrière - Franck Magloire

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Éditions de l'Aube - avril 2003 – 176 pages

Éditions de l'Aube – mars 2004 – 176 pages

Points – janvier 2012 – 184 pages

Quatrième de couverture :
La vie de Nicole s’est décidée en une heure : le temps d’aller demander une place à l’usine. Elle y travaillera pendant trente ans, pour offrir à ses enfants une vie décente. Chaque matin, alors que tous dorment encore, Nicole se rend dans la zone industrielle de l’Espérance. À six heures précises, elle est une ouvrière. Elle est surtout une femme digne, dont le destin est lié à celui de Moulinex.

Auteur : Né en 1971, Franck Magloire livre ici le récit de la vie de sa mère, ouvrière chez Moulinex jusqu’à la fermeture de l’usine. Il est aussi l’auteur de En contrebas et de Présents.

Mon avis : (lu en avril 2012)
C'est l'article de Clara sur ce livre qui m'a donné envie de le découvrir.
Dans ce livre, Franck Magloire donne la parole à sa mère Nicole qui a été pendant trente ans ouvrière chez Moulinex de Caen. Elle nous raconte sa vie a l'usine, la routine de son travail ouvrier, la camaraderie avec ses collègues de travail, l'usine est comme une deuxième famille, elle raconte également l'évolution du travail et des conditions de travail durant ces trente ans. Elle nous décrit les bruits des machines dans les ateliers, les odeurs du vestiaire, l'organisation du travail, les pauses... Nicole donne son point de vue de simple ouvrière, il n'y a pas de message syndicale ou politique. Cela commence le premier jour, où elle sera embauchée en quelques minutes, le dernier jour sera celui de la fermeture de l'usine en 2001 malgré la résistance des salariés. 
Un témoignage touchant, digne et vrai. Très belle découverte.

Extrait : (page 39)
Ces dernières trente minutes avant d’entrer dans l’usine que certaines d’entre nous appellent la taule sont à moi, et j’y tiens... oh ! bien sûr, pas une de plus ni une de moins, je ne veux surtout pas être en retard, je ne l’ai jamais été en trente ans... sauf peut-être une fois, à cause d’un accident sur le viaduc de Cadix qui enjambe le canal et relie les quartiers HLM au périphérique vers Paris... une femme s’était encastrée dans la rambarde métallique... ce jour-là, la chaussée n’était pourtant pas glissante, et la circulation pas plus chargée qu’à l’habitude... sans doute s’était-elle rendormie au volant... au début, cette tragédie ne m’avait pas réellement affectée, elle m’avait presque paru normale... j’ai un peu honte, je le confesse maintenant, mais cet incident devait advenir fatalement... j avais mis mes feux de détresse, j’attendais derrière, masquée par le camion des secours, en tête du cortège des voitures qui me suivaient tout en clignotant... quand nous avons été autorisés à le dépasser, le corps de cette femme avait déjà été recouvert d’une bâche jusqu’aux chevilles... de voir furtivement cette masse inerte qui me semblait s’être simplement assoupie et emmitouflée sous une ouverture, égoïstement j’ai pensé à moi, moi qui aurais pu être à sa place, en retard et encore groggy de sommeil j’aurais accéléré et hop ! plus rien, noir... dans l’urgence les secouristes n’avaient pas pris soin de ramasser une de ses chaussures qui gisait sur le sol et qui avait dû être violemment arrachée sous le choc... j’ai figé mon regard plusieurs secondes sur elle, et si je ne parvenais pas à reconnaître avec exactitude en quelle matière elle était faite, je devinais facilement à son bout rond typique et à son épaisseur matelassée ce à quoi elle pouvait servir... je trouvais indécent qu’elle ait dû mourir avec de telles chaussures à ses pieds, non pas tant parce que je revendiquais une quelconque lubie d’élégance féminine, mais surtout parce qu’elle se rendait sur son lieu de travail avec ses chaussures d’atelier aux pieds...

Beaucoup de mes collègues, dont certaines de mes amies, viennent au boulot, elles aussi, chaussées de leurs sabots de sécurité et cintrées dans leur blouse déjà boutonnée... coût l’attirail porté parfois une bonne heure avant, en comptant la route à faire... pour gagner du temps au vestiaire, pour ne pas être en retard aussi, et chaque fois, je revois la chaussure de cette femme sur la chaussée... ce n’est pas le spectre de la mort qui me glace, l’âge aidant, je l’ai apprivoisée, et nous serons toutes emportées à plus ou moins brève échéance... abrégées chacune de sept à dix ans dans tous les cas, à considérer les chiffres... cette différence d’espérance de vie court irrémédiablement entre nous et ces femmes qui sont cadres... je tiens ça d’une militante cégétiste que j’ai bien connue, elle aimait à citer les statistiques de classes qu’elle trouvait en fouinant dans les bouquins, avant d’en faire partager tout l’atelier sur ses tracts collés copieusement sur le tableau d’affichage à l’entrée... sans effets apparemment... alors cette façon qu’ont certaines de mes collègues de devancer le temps, d’endosser l’heure finale nui les tue un peu plus chaque jour... elles naissent, vivent, meurent Moulinex... les chaussures aux pieds, la corne aux mains, le nylon à leurs débuts le coton doublé désormais, à même le torse, sans maquillage ni apprêts pour beaucoup... déjà en tenue de travail, elles se fondent dans le moule de l’usine, la prolongent de chez elles à la boîte, de la boîte à chez elles, sur l’ensemble du trajet... pour le moment, pour moi, ces trente minutes de répit où je n’ai pas enfilé la moindre fonction, je ne suis pas encore ouvrière...

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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Métier"

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09 avril 2012

C'est lundi ! Que lisez-vous ? [72]

BANNIR
(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane 

Qu'est-ce que j'ai lu la semaine dernière ?

replay le_m_tro_est_un_sport_collectif 5505 l_homme_qui_souriait_p

(Re)play – Jean-Philippe Blondel 
Le métro est un sport collectif – Bertrand Guillot 
La liste de mes envies – Grégoire Delacourt 
L’homme qui souriait – Henning Mankell

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Ouvrière - Franck Magloire

Que lirai-je cette semaine ?

Aral - Cécile Ladjali
Un livre pour le Challenge Un mot, des titres... organisé par Calypso (mot = JOUR)
Noir Océan - 
Stefán Máni (Suède) (partenariat Livraddict)

Bonne semaine et bonne lecture.

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08 avril 2012

Joyeuse Fête de Pâques

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L’homme qui souriait – Henning Mankell

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Seuil – février 2005 – 361 pages

Points – avril 2006 – 422 pages

Livraphone CD – juin 2011

traduit du suédois par Anna Gibson

Titre original : Mannen som log, 1994

Quatrième de couverture : 
Le brouillard est épais en cette nuit automnale. Le vieil avocat Gustaf Torstensson est au volant. Soudain, une étrange silhouette surgit au milieu de la route : c’est un mannequin de taille humaine, assis sur une chaise. Torstensson freine brutalement, sort de sa voiture. On ne le reverra jamais vivant. Son fils fait appel au commissaire Wallander. Celui-ci va découvrir un réseau criminel derrière lequel se profile un homme singulier, élégant et sûr de lui. Un homme qui sourit toujours.

Auteur : Henning Mankell, né en 1948, partage sa vie entre le Mozambique et la Suède. Ecrivain multiforme - auteur de théâtre, d'ouvrages pour la jeunesse, d'essais et de contes philosophiques - il est célèbre dans le monde entier pour sa série d'enquêtes policières menées par l'inspecteur Wallander.

Mon avis : (lu en avril 2012)
C'est le quatrième épisode de la série du Commissaire Wallander. Gustav Torstensson, avocat, roule au volant de sa voiture par un brouillard épais lorsqu'il aperçoit au milieu de la route un mannequin assis sur une chaise. Intrigué, il sort de sa voiture et se fait mortellement agresser par derrière.

En pleine déprime, Kurt Wallander est parti se reposer sur l'île de Jylland au Danemark. Il songe même à quitter la police. Il est en train de se promener sur la plage lorsqu'il voit arriver son ami l'avocat Sten Torstensson. Il vient lui demander de l'aide pour enquêter sur l'accident de voiture qui a tué son père. Sten ne croit pas à l'accident. Kurt refuse de l'aider, il a décidé de quitter la police.
A son retour à Ystad, Kurt apprend que Sten Torstensson a été tué par balle, il abandonne son idée de démission, il est bien décidé à mener l'enquête...

Nous voici plongé dans une enquête sombre et complexe mais passionnante autour des milieux du pouvoir et de l'argent. Il est également question de trafics d'organes. Wallander est un personnage vraiment attachant, il est secondé par l'équipe des policiers d'Ystad avec une petite nouvelle plutôt douée en la personne d'Ann-Britt.  

En 2010, ce livre a été adapté par la BBC dans la série télévisée Wallander (saison 2 – épisode 2) réalisé par Andy Wilson avec Kenneth Branagh, Benedict Taylor, David Sibley, Roland Hedlund, Rupert Graves. Cette adaptation très réussie est assez proche du livre et nous permet de découvrir de très beaux paysages de Suède.


Extrait : (début du livre)
Le Brouillard.
Comme l'approche d'un prédateur silencieux.
Je ne m'y habituerai jamais, pensa-t-il. Bien que j'aie vécu toute ma vie en Scanie, où la brume entoure constamment les gens d'invisibilité.
Vingt et une heure, le 11 octobre 1993.
La nappe de brouillard avançait très vite, du coté de la mer. Il serait bientôt rentré à Ystad. Il venait de dépasser les collines de Brösarp lorsque sa voiture entra tout droit dans la blancheur.
Son angoisse devint immense.
Pourquoi ai-je peur du brouillard ? Je devrais plutôt craindre l'homme que je viens de quitter à Farnholm. Le châtelain aimable aux collaborateurs effrayants toujours discrètement postés dans l'ombre. Je devrais penser à lui et à ce qui se cache derrière son sourire, son intégrité de citoyen au-dessus de tout soupçon. C’est lui qui devrait me faire peur, pas le brouillard montant de la baie de Hanö. Maintenant que je sais qu’il n’hésite même pas à tuer ceux qui se mettent en travers de son chemin.
Il fit fonctionner les essuie-glaces pour chasser l'humidité collé au pare-brise. Il n'aimait pas conduire la nuit. Le reflet des phares l'empêchait de distinguer les lièvres sur la route.  

Déjà lu du même auteur : 
tea_bag  Tea-Bag  les_chaussures_italiennes  Les chaussures italiennes

meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

l_homme_inquiet L'homme inquiet le_retour_du_professeur_points Le Retour du professeur de danse

la_lionne_blanche_p La lionne blanche  profondeurs_p Profondeurs le_chinois Le Chinois

 

Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Suède

 Défi Scandinavie noire 2012
dc3a9fi_scandinavie_noire

Suède : Henning Mankell

 Challenge Viking Lit' 
Viking_Lit

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 15/8

 Challenge Littératures Nordiques
litterature_nordique

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07 avril 2012

Swap Anniversaire

Cette année, grâce à Hérisson08, je participe au Swap Anniversaire :

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avec Achille49Aproposdelivres, AnnetteAzilis Hebelit et Missbouquinaix

Je suis un peu en retard pour fêter l'Anniversaire d'Azilis... le 5 Avril !

Mais nous avons pris un peu plus de temps pour préparer nos colis
car Azilis est en plein déménagement... Mon colis est prêt et sera envoyé ce matin

Joyeux Anniversaire ! 

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06 avril 2012

La liste de mes envies – Grégoire Delacourt

5505 JC Lattès – février 2012 – 186 pages

Présentation de l'éditeur : 
Jocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.

Auteur : Né en 1960 à Valenciennes, Grégoire Delacourt est publicitaire. Très remarqué pour L’Écrivain de la famille, son premier roman, on lui doit aussi de fameuses campagnes pour Cœur de Lion, EDF, Apple, Lutti (« Un Lutti d’offert, c'est un Lutti de perdu »).

Mon avis : (lu en avril 2012)
La première fois que j'ai entendu parler de ce livre, c'est sur le blog de Sandrine, puis il a été présenté au Café Lecture de la Bibliothèque. J'avais donc très envie de le lire... Et j'ai beaucoup aimé !
Jocelyne est mercière à Arras, elle mène une existence tranquille entre son commerce et son blog dixdoigtsdor où elle écrit « chaque matin à propos du bonheur du tricot, de la broderie, de la couture. » Elle est mariée à Jocelyn, ils ont trois enfants  Romain, Nadine et Nadège. Cette dernière est « un ange », car le jour de la naissance de Nadège est aussi celui de sa mort. Ce jour là, quelque chose s'est cassée entre Jocelyn et Jocelyne. Pourtant, ils sont restés ensemble.  

Lorsque le livre commence, Jocelyne a 47 ans et finalement elle se satisfait de sa vie, elle a mis ses rêves de côté. Or un jour,  poussée par ses copines les jumelles Danièle et  Françoise, elle joue exceptionnellement à l'Euro Million et elle gagne plus de dix-huit millions d'euros. C'est le choc et Jocelyne préfère ne rien dire à personne. Discrètement, elle va chercher son chèque, mais préfère le cacher plutôt que l'encaisser tout de suite. Elle veut auparavant réfléchir à ce qu'elle pourrait faire de cette fortune. Elle commence par faire une liste de ses besoins, puis une liste de ses folies...
Jocelyne est un personnage si attachant, elle est simple, sincère avec beaucoup de bon sens. Doit-elle oui ou non profiter de son gain ? Cela ne risque-t-il pas de tout bousculer dans sa vie ? Dans sa relation avec les autres ?
Une très jolie histoire émouvante et pleine de poésie autour de l'argent, du bonheur, de l'amour, de l'amitié.

Autres avis : Sandrine, CanelLeiloona

Extrait : (début du livre)
On se ment toujours.
Je sais bien, par exemple, que je ne suis pas jolie. Je n’ai pas des yeux bleus dans lesquels les hommes se contemplent ; dans lesquels ils ont envie de se noyer pour qu’on plonge les sauver. Je n’ai pas la taille mannequin ; je suis du genre pulpeuse, enrobée même. Du genre qui occupe une place et demie. J'ai un corps dont les  bras d’un homme de taille moyenne ne peuvent pas tout à fait faire le tour. Je n’ai pas la grâce de celles à qui l’on murmure de longues phrases, avec des soupirs en guise de ponctuation ; non. J’appelle plutôt la phrase courte. La formule brutale. L’os du désir, sans la couenne ; sans le gras confortable.
Je sais tout ça.
Et pourtant, lorsque Jo n’est pas encore rentré, il m’arrive de monter dans notre chambre et de me planter devant le miroir de notre armoire-penderie – il faut que je lui rappelle de la fixer au mur avant qu’un de ces jours, elle ne m’écrabouille pendant ma contemplation.
Je ferme alors les yeux et je me déshabille doucement, comme personne ne m’a jamais  déshabillée. J’ai chaque fois un peu froid ; je frissonne. Quand je suis tout à faie nue, j’attends un peu avant d’ouvrir les yeux. Je savoure. Je vagabonde. Je rêve. Je revois les corps émouvants alanguis dans les livres de peinture qui traînaient chez nous ; plus tard, les corps plus crus des magazines.
Puis je relève doucement les paupières, comme au ralenti.
Je regarde mon corps, mes yeux noirs, mes seins petits, ma bouée de chair, ma forêt de poils sombre et je me trouve belle et je vous jure qu’à cet instant, je suis belle, très belle même.
Cette beauté me rend profondément heureuse. Terriblement forte.
Elle me fait oublier les choses vilaines. La mercerie un peu ennuyeuse. Les parlottes et le loto de Danièle et Françoise – les jumelles qui tiennent le salon Coiff’Esthétique voisin de la mercerie. Elle me fait oublier les choses immobiles, cette beauté. Comme une vie sans histoires. Comme cette ville épouvantable, sans aéroport ; cette ville grise d’où l’on ne peut pas s’enfuir et où personne n’arrive jamais, aucun voleur de cœur, aucun chevalier blanc sur un cheval blanc.
Arras. 42000 habitants, 4 hypermarchés, 11 supermarchés, 4 fast-foods, quelques rues médiévales, une plaque rue du Miroir-de-Venise qui indique aux passants et aux oublieux qu’ici est né Eugène-François Vidocq le 24 juillet 1775. Et puis ma mercerie.
Nue, si belle devant le miroir, il me semble qu’il suffirait juste de battre des bras pour que je m’envole, légère, gracieuse. Que mon corps rejoigne ceux des livres d’art qui traînaient dans la maison de mon enfance. Il serait alors aussi beau qu’eux ; définitivement.
Mais je n’ose jamais.

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05 avril 2012

Semaine du développement durable : 1 au 7 avril

C'est pour moi, la bonne occasion de participer au programme : 

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Mon blog devient neutre en carbone !

 

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04 avril 2012

Le métro est un sport collectif – Bertrand Guillot

le_m_tro_est_un_sport_collectif Rue Fromentin – janvier 2012 - 176 pages

Présentation de l'éditeur :
Le métro, sa grisaille, ses retards, sa déprime… Les clichés ont la peau dure. Mais il est parfois possible de leur tanner le cuir et de voir au travers. Pour Bertrand Guillot, le métro est avant tout une scène sur laquelle nous défilons tous à tour de rôle (et le prix de la place défie toute concurrence). La comédie n’est pas exclue, la romance non plus, le drame pointe parfois… Bref, aujourd'hui, le romanesque est dans le métro, bien plus que dans les séries ou la télé-réalité.

C’est aussi l’un des derniers lieux du « lien social », où les frontières et les séparations si solides en surface s’évanouissent subitement sur les quais. Tout est permis. Dans le métro, il n’y a plus de première classe depuis longtemps. Dans la vie « à l’air libre », c’est un peu différent… Paradoxalement, on étouffe là-haut.

Mon avis : (lu en avril 2012)
Un livre sympathique et amusant pour ceux qui connaissent les transports en communs et en particulier le métro. A travers des petites chroniques, l'auteur nous raconte des anecdotes dont il a été témoin ou les pensées que lui évoquent ses trajets quotidiens en métro. 
Cette lecture facile m'a remémorée mes propres voyages en métro ou en train. En effet, si je ne profitais pas de mes voyages pour me plonger dans un livre, je pourrai remplir beaucoup de pages d'anecdotes ou d'observations faites durant mes voyages quotidiens... 
A découvrir pour les habitués des transports en communs (parisiens ou non...) ou pour ceux qui ne connaissent pas ce monde là...

Et merci à ma collègue de travail qui m'a fait découvrir ce livre en me le prêtant. 

Autres avis : Clara, Leiloona, Emily


 

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Sport / Loisirs"

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