17 janvier 2016

Terres amères - Joyce Carol Oates

Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey

livre_moyen_283 Philippe Rey - octobre 2015 - 480 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Christine Auché et Claude Seban

Titre original : Sourland, 2010

Quatrième de couverture : 
Seize nouvelles brutales et décapantes, parfois insoutenables. Certes, la prose de Joyce Carol Oates n'a jamais été conseillée en qualité de berceuse mais, en ce qui concerne ce recueil, les enfants auront intérêt à aller se coucher encore plus tôt car, très vite, Oates se montre sans pitié pour eux. Bien entendu, les véritables aficionados en redemanderont. La première tout comme la dernière nouvelle sont peut-être à éviter pour les âmes sensibles... s'il en existe encore. Oates a superbement disséqué le chagrin et le choc provoqués par la mort de son premier mari Ray Smith en 2008, et il n'est donc pas surprenant que la perte et le deuil soient les thèmes dominants de ce recueil rageur, dur et viscéralement dérangeant, écrit au lendemain du malheur. On y cherchera en vain la résignation de la veuve : Oates semble déterminée à nous convaincre que la femme en deuil est une sorte de coupable, une victime qui dans un sens mérite tout ce qui lui arrive (et ce n'est pas toujours tendre). Mais même si la démonstration pèche par un rien d'excès, quel bonheur de lecture que ces pages qui font tomber les idoles et les clichés avec une santé, une énergie - et une plume - d'une jeunesse éblouissante.

Auteur : Joyce Carol Oates est née en 1938 à l'ouest du lac Erié. Son père travaillait pour la General Motors. Elle passe une enfance solitaire face à sa soeur autiste et découvre, lorsqu'elle s'installe à Detroit au début des années 60, la violence des conflits sociaux et raciaux. Membre de l'Académie américaine des arts et des lettres depuis 2008, professeur de littérature anglaise à Princeton. Titulaire de multiples et prestigieuses récompenses littéraires (elle figure depuis des années sur la courte liste des Nobélisables), Joyce Carol Oates figure depuis longtemps au premier rang des écrivains contemporains. Elle a reçu le prix Femina étranger en 2005 pour Les Chutes.

Mon avis : (lu en décembre 2015 et janvier 2016)
J'ai mis beaucoup de temps à lire ces 16 nouvelles toujours sombres et souvent angoissantes, mettant en scènes le plus souvent des femmes et où la mort est souvent présente.
Je n'ai pas pu lire ce livre d'une traite, j'ai été obligée de lâcher périodiquement ma lecture pour y revenir quelques jours plus tard...
Dans « Tête de citrouille » Hadley, une veuve depuis peu, voit un homme, quel connaît à peine, s'inviter chez elle avec une citrouille et impossible de le faire repartir...
Dans « Chasseur de primes », il est question de la cruauté d'enfants. 
« Amputée » est une histoire d'amour particulière. Il a fallu que je m'y reprenne à deux fois pour lire cette nouvelle car dans le texte, les mots "et" ont tous été remplacés par le signe "&" et cela m'a vraiment perturbé.
« Bonobo Momma » met en scène une mère et une fille. Cette dernière se fait une joie de retrouver sa mère mais la rencontre ne va pas se dérouler comme elle l'espérait.
Dans «Correction » Madelyn, une jeune fille de quatorze ans, est à l'hôpital au chevet de son père, elle croise par hasard un ancien de ses professeurs...
C'est très bien écrit mais à éviter si votre état d'esprit est à la déprime ou le soir avant d'aller se coucher, les récits sont souvent cruels, quelques unes sont même glauques...

J'ai trouvé cette lecture exigente et parfois difficile. Les conclusions de certaines histoires sont parfois peu claires... 
Pour apprécier ce livre à sa juste valeur, je pense qu'il faut connaître et aimer l'auteur et également aimer les nouvelles.

Merci Arnaud et les éditions Philippe Rey pour cette découverte.

Extrait : (début du livre)
À la fin du mois de mars, une tempête de neige mouillée avait traversé la partie nord du centre du New Jersey. Son mari était mort quelques jours plus tôt. Il n’y avait aucun rapport entre les deux événements, elle le savait. Sauf que, depuis lors, elle s’était mise à remarquer un curieux scintillement dans l’air au crépuscule. Souvent, elle se retrouvait sur le seuil de sa maison, ou bien dehors – incapable de se rappeler comment elle était arrivée là. Pendant de longues minutes, elle observait, tandis que les couleurs s’estompaient peu à peu, la lumière blanchâtre qui surgissait du ciel et des pins sylvestres autour de la maison.
Pour elle, ce n’était pas une lumière naturelle, et dans ses moments de faiblesse, elle pensait C’est l’heure du passage. Elle regardait le phénomène sans être certaine de ce qu’elle pouvait bien voir. Elle se sentait excitée, vigilante. Elle se sentait pleine d’appréhension. Elle se demandait si cet étrange scintillement dans l’air avait toujours été là sans qu’elle l’ait remarqué dans sa vie protégée d’auparavant.

Ce soir d’octobre, alors que le soleil n’avait pas complètement disparu, elle aperçut la lumière des phares d’une voiture tournant dans l’allée, à quelque distance, près de la route. Elle sursauta, instantanément sur le qui-vive – ne sachant d’abord plus vraiment où elle était. Et puis elle se souvint qu’Anton Kruppe devait passer la voir à peu près à cette heure-là.
Je passerai, avait-il dit. Ou bien était-ce elle qui avait dit Pourquoi ne passeriez-vous pas ?
Elle n’arrivait pas à discerner ses traits. Apparemment, il conduisait un pick-up à la carrosserie marquée d’inscriptions blanches indistinctes. Après être descendu du siège conducteur surélevé, il avança vers elle d’une démarche chaloupée – haute silhouette masculine d’épouvantail avec, en guise de tête, une citrouille de Halloween difforme.

Quel choc ! Hadley recula, incapable de comprendre ce qu’elle voyait.
Cette tête de citrouille souriante posée sur des épaules d’homme, ces yeux découpés et malveillants qui n’étaient pas éclairés de l’intérieur comme ceux des citrouilles de Halloween, mais sombres, vitreux. Et cette voix qui parlait à travers la fente de la bouche souriante dans un anglais marqué d’un fort accent.

 

Déjà lu du même auteur : 

nous__tions_les_Mulvaney Nous étions les Mulvaney  fille_noire__fille_blanche Fille noire, fille blanche 

petite soeur, mon amour Petite sœur, mon amour mudwoman  Mudwoman 

le_myst_rieux_Mr_Kidder Le mystérieux Mr Kidder 107462735 Carthage

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06 septembre 2015

Macadam - Jean-Paul Didierlaurent

Lu en partenariat avec les éditions Au Diable Vauvert

macadam Au Diable Vauvert - septembre 2015 - 160 pages

Quatrième de couverture :
Pour tromper l’ennui lors des confessions, un prêtre s’adonne à un penchant secret. Une jeune femme trouve l’amour aux caisses d’un péage. Pendant la guerre, un bouleau blanc sauve un soldat. Un vieux graphologue se met en quête de l’écriture la plus noire. Une fois l’an, une dame pipi déverrouille la cabine numéro huit…

Auteur : Jean-Paul Didierlaurent habite dans les Vosges. Nouvelliste exceptionnel lauréat de nombreux concours, trois fois finaliste et deux fois lauréat du Prix Hemingway, Le Liseur du 6h27 est son premier roman.

Mon avis : (lu en août 2015)
En acceptant de recevoir ce livre en partenariat, je n'avais pas fait attention qu'il s'agissait d'un livre de nouvelles. En effet, avant d'écrire son premier roman Le Liseur du 6h27, l'auteur a été nouvelliste et a gagné quelques prix prestigieux.
Voilà donc onze nouvelles variées et très réussites. C'est une galerie de personnages très différents, dans des situations multiples et avec souvent une conclusion étonnante. Certaines nouvelles sont amusantes, d'autres plus sombres et beaucoup émouvantes...
Tour à tour, vous ferez la rencontre d'un prêtre qui s'ennuie pendant les confessions, d'une jeune femme trouvant l'amour aux caisses d'un peage, d'un soldat sauvé pendant la guerre par un bouleau blanc, d'un musicien de corrida, d'une dame pipi, d'un vieillard attendant la mort dans sa maison de retraite... Avec une imagination sans borne, l'auteur nous transporte dans des univers différents, avec une écriture à la fois subtile et sans concession. A découvrir sans modération !

Merci et les éditions Au Diable Vauvert pour cette lecture savoureuse.

Extrait :
Des échanges ne devaient pas excéder le temps de référence fixé en début d’année par son responsable lors de son entretien de progrès et qui était de quatorze secondes exactement en ce qui la concernait. Selon le dernier suivi mensuel, elle était encore à plus de trois secondes de son objectif. Mathilde emmerdait son objectif. Elle ne manquait jamais de glisser une petite phrase supplémentaire au milieu du plan de dialogue lorsqu'elle en avait l'occasion (...) Mais la nouvelle Mathilde se foutait des consignes. La nouvelle Mathilde avait soif de contacts, qu’ils soient visuels ou tactiles, fussent-ils brefs. Et puis trois secondes, ce n’était pas la lune. Si ça ne leur plaisait pas que le signal lumineux de la file numéro douze reste au rouge un peu plus longtemps que les autres, ils n’avaient qu’à le lui dire en face. Mais on ne lui disait plus rien en face, à Mathilde, pas même le responsable de zone, ce même responsable qui, avant l’accident, n’aurait jamais manqué une occasion de lui balancer une vanne graveleuse et pleine de sous-entendus en la regardant droit dans les seins et qui à présent l’évitait comme une pestiférée.

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Déjà lu du même auteur :

96496883 Le liseur du 6h27

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09 septembre 2014

Les gouffres - Antoine Choplin

les gouffres La Fosse aux ours - février 2014 - 131 pages

Quatrième de couverture :
Au coeur de paysages singuliers qui pourront évoquer les revers sombres de l'Histoire, des hommes, solitaires ou réunis en une clique fragile, entreprennent un périple. Aux processus guidant leur épopée, il est ici porté une attention particulière. Tous déploient un arsenal de ruses pour approcher, voire atteindre, leur objectif.
Le ressort de ces progressions emprunte avant tout à des forces d'humanité, de simple et lumineuse intelligence, de fraternité pure. Des quêtes minuscules, comme autant de fables espérant chacune de cette capacité inouïe de l'homme à se maintenir debout, le regard tendu sans relâche vers un nouvel horizon.

Auteur : Né en 1962, Antoine Choplin vit près de Grenoble, où il partage son temps entre l’écriture et l’action culturelle. Il est directeur de « Scènes obliques », dont la vocation est d’organiser des spectacles vivants dans les lieux inattendus, des sites de montagne. Il est aussi l’animateur depuis 1996 du Festival de l’Arpenteur (Isère), qui chaque mois de juillet programme des rencontres inhabituelles entre des créateurs (notamment des écrivains) et le public. Il s’est fait connaître en 2003 lors de la publication de son roman, Radeau, (2003), qui a connu un vrai succès populaire (Prix des librairies « Initiales », Prix du Conseil Général du Rhône). Parmi ses derniers titres : Léger Fracas du Monde (2005), L’impasse (2006), Cairns (2007), et de Apnées (2009), Cour Nord (2010), Le héron de Guernica (2011), La nuit tombée (2012).

Mon avis : (lu en août 2014)
Lorsque j'ai emprunté ce livre à la Bibliothèque avant de partir en vacances, je pensais que c'était un roman et non un recueil de quatre nouvelles. 
« Les Gouffres » : Milton et Prez, deux hommes sans domicile fixe, traversent une villes et des rues désertes, ils doivent franchir des gouffres qui s'ouvrent devant leurs pas. Autour d'eux il n'y a que ruines et désolation et obstinément ils veulent atteindre le canal.
« Le cours des choses » : Wagram travaille dans un lieu mécanique, aseptisé, il a comme fonction :« éviter que le cours des choses ne s'arrête ». En secret, il surveille la croissance d'une graine qu'il a planté dans un pot sur son rebord de fenêtre. 
« La Conjecture d’Olga » : Trois hommes prisonniers dans un camp se soutiennent moralement et physiquement. L’un d'entre eux, très fatigué, griffonne sans arrêt dans un petit carnet, il fait cela pour Olga...
« L’Automatophone » : Dans une ville déserte, de nuit, un homme et son automatophone, genre d’orgue de barbarie imposant, tente de se déplacer à la lumière des réverbères...
Il se dégage dans les quatre nouvelles une atmosphère post-apocalyptique, des personnages seuls ou très liés face à un environnement hostile ou sombre.
J'ai bien aimé la première et surtout la troisième nouvelles, les deux autres m'ont moins parlée. L'écriture d'Antoine Choplin est simple, poétique, pleine d'humanité.
Mes livres préférés de cet auteur restent Le héron de Guernica et La nuit tombée.

Autres avis : JérômeLeiloona et Noukette

Extrait : (début du livre)
Ça se passera un matin et on sera surpris toi et moi que ça se passe ce matin-là plutôt qu'un autre. Le jour sera pas entièrement levé mais le grand voile sombre posé sur les choses commencera à se dissiper. J'aurais décidé ça tout seul que c'est pour ce jour-là et pas pour un autre. Je te regarderai un bon moment avec ma décision dans la tête, enroulé dans ta couverture, encore endormi, avant de prononcer un mot. Mais peut-être que toi, comme un vieux chien, t'auras senti tout ça parce que c'est sûr que pour ce qui est du flair t'es vraiment un champion ; tu l'auras senti et pourtant tu resteras immobile, en attendant que je dise quelque chose. Moi, je commencerai à sortir mes bras de sous la couverture et à les croiser derrière la tête comme un gars qui envisage sereinement l'avenir. Et après un petit moment, je tendrai la main vers toi et je te tapoterai du côté de l'épaule.
Hé, Milton.

D'abord tu bougeras pas, tu resteras sur le flanc tourné vers le mur mais tu parles que t'auras ouvert les yeux d'un coup.
Milton, hé, Milton.
Au bout d'un moment, tu me demanderas ce qui se passe.
Tu veux savoir ce qui se passe, Milton ?
Tu répondras pas et tu continueras à me tourner le dos avec les yeux écarquillés.
Hier soir, tu l'as bien vérifié ton sac au moins ?
Oui, comme tous les soirs, je l'ai bien vérifié.
Et quand tu diras ça, ta voix commencera à trembler et juste après tu te retourneras d'un coup vers moi et on se regardera un bon moment en silence.
Tu sais pourquoi je te demande ça, au sujet de ton sac, hein Milton que tu le sais ?
Tu me répondras que t'as comme une idée sur la question. Et tu te relèveras un peu, en t'appuyant sur ton coude. Je me relèverai moi aussi, je m'assiérai en repoussant la couverture et ça fera voler un petit nuage de poussière.
On va partir, Milton. J'ai décidé ça, qu'on allait partir. C'est pour aujourd'hui.
Tu regarderas vers ton sac, puis vers moi, puis vers ton sac, puis encore vers moi.
T'as bien réfléchi Prez avant de décider !
Si j'ai réfléchi. On peut pas plus réfléchir à cette question que je l'ai fait, ça, t'as ma parole.
Tu plisseras le front.
Ben oui, c'est pour aujourd'hui, Milton.

T'auras pas l'air si content que ça et je t'en ferai la remarque.

Déjà lu du même auteur :

le_h_ron_de_guernica Le héron de Guernica 5600 La nuit tombée 

cour_nord Cour Nord choplin_radeau Radeau

 

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16 janvier 2014

Le Joueur d'échecs - Stefan Zweig

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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9782356412508-T 2014-01-02_100544 2014-01-02_100155 2014-01-02_095803 2014-01-02_100809 9782878626131FS

9782253057840

Audiolib - octobre 2010 - 2 heures - lu par Edouard Baer

Livre de Poche - janvier 2013 - 128 pages

Livre de Poche Jeunesse - avril 2013 - 128 pages

Folio bilingue - octobre 2013 - 192 pages

Fernand Nathan - octobre 2013 - 131 pages

Thélème - mars 2010 - Lu par Jacques Weber

Livre de Poche -

traduit de l'allemand par Jacqueline Des Gouttes, révisée par Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent

Titre original : Schachnovelle, 1943

Quatrième de couverture :
Qui est cet inconnu capable d'en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu'antipathique ? Peut-on croire, comme il l'affirme, qu'il n'a pas joué depuis plus de vingt ans ?
Les circonstances dans lesquelles l'homme a acquis sa science du jeu sont terribles. Elles renvoient aux expérimentations nazies sur les effets de l'isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges.
Dans cette fable inquiétante parue parue en 1943, un an après son suicide, Zweig porte un regard désespéré sur une époque qui ne laisse comme alternative que la démence ou la mort.
Edouard Baer donne toute sa dimension à ce grand texte où l’angoisse est sans cesse à fleur de mots.

Auteur : Stefan Zweig est né en 1881 à Vienne, d’un père juif, riche industriel, et d’une mère issue d’une famille de banquiers italiens. Il étudie la philosophie, et l’histoire de la littérature. A l’âge de vingt-trois ans, il est reçu docteur en philosophie. Pacifiste et humaniste convaincu, sa vie est bouleversée par l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Il s’installe alors à Londres. En 1941, il fuit cette fois l’Europe pour le Brésil, où il espère trouver la paix de l’esprit. Mais en février 1942, il se donne la mort en compagnie de son épouse.

Lecteur : Comédien, auteur, metteur en scène, Edouard Baer marque ses succès de sa personnalité aux facettes changeantes, drôle, lunaire, féroce ou tendre. Sa lecture de Pedigree de Patrick Modiano, toute de finesse et d’émotion retenue, le place premier plan des très grandes voix françaises.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
« Le joueur d'échecs » est la dernière nouvelle écrite par Stefan Zweig avant son suicide et publiée à titre posthume.
Sur un paquebot qui vogue vers l'Argentine, le narrateur croise Mirko Czentovic, le champion du monde d'échecs. Ce dernier est atypique, il est très doué pour les échecs, mais antipathique, inculte et assez prétentieux... Le narrateur, curieux de mieux connaitre Czentovic, il va tenter de nombreux stratagèmes pour obtenir une partie d'échecs avec lui. Alors qu'il est en train de se faire battre un mystérieux M.B  vient à son secours et le jeu s'achève sur partie nulle. Le narrateur va alors s'intéresser à son sauveur, âgé d'une quarantaine d'années, humble et sympathique, celui-ci lui raconte longuement dans quelle circonstance terrible, il s'est mis aux échecs. 
Mirko Czentovic et M.B vont faire une partie d'échecs qui va dévoiler au lecteur le caractère de chacun des deux joueurs que beaucoup de choses opposent...
Une courte histoire captivante, fascinante, mais aussi terrifiante. 
Je n'aime pas particulièrement les intonations de la voix d'Edouard Baer et je n'ai pas été sensible à son ton durant le début de la nouvelle mais je reconnais que son énergie dans la lecture de la seconde partie m'a fait changer d'avis. 

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Extrait : (début du livre)
Sur le grand paquebot qui à minuit devait quitter New York à destination de Buenos-Aires, régnait le va-et-vient habituel du dernier moment. Les passagers embarquaient, escortés d’une foule d’amis ; des porteurs de télégrammes, la casquette sur l’oreille, jetaient des noms à travers les salons ; on amenait des malles et des fleurs, des enfants curieux couraient du haut en bas du navire, pendant que l’orchestre accompagnait imperturbablement ce grand spectacle, sur le pont. Un peu à l’écart du mouvement, je m’entretenais avec un ami, sur le pont-promenade, lorsque deux ou trois éclairs jaillirent tout près de nous – apparemment, un personnage de marque que les reporters interviewaient et photographiaient encore, juste avant le départ. Mon compagnon regarda dans cette direction et sourit : « Vous avez à bord un oiseau rare : Czentovic. » Et, comme je n’avais pas vraiment l’air de comprendre ce qu’il voulait dire, il ajouta en guise d’explication : « Mirko Czentovic, le champion mondial des échecs. Il a traversé les États-Unis d’est en ouest, sortant vainqueur de tous les tournois, et maintenant il s’en va cueillir de nouveaux lauriers en Argentine. »
Je me souvins alors de ce jeune champion et de quelques particularités de sa fulgurante carrière. Mon ami, qui lisait les journaux mieux que moi, compléta mes souvenirs d’une quantité d’anecdotes.
Il y avait environ un an, Czentovic était devenu tout d’un coup l’égal des maîtres les plus célèbres de l’échiquier, comme Aljechin, Capablanca, Tartakower, Lasker ou Bogoljubow. Depuis qu’en 1922 Rzecewski, le jeune prodige de sept ans, s’était distingué au tournoi de New York, on n’avait vu personne d’aussi obscur attirer avec autant d’éclat l’attention du monde sur l’illustre confrérie des joueurs d’échecs. Car les facultés intellectuelles de Czentovic n’eussent permis en aucune façon de lui prédire un brillant avenir. D’abord tenu secret, le bruit courut bientôt que ce champion était incapable en privé d’écrire une phrase, même dans sa propre langue, sans faire des fautes d’orthographe, et que, selon la raillerie d’un partenaire rageur, « son inculture dans tous les domaines était universelle ». Czentovic était le fils d’un misérable batelier slave du Danube, dont la toute petite embarcation fut coulée une nuit par un vapeur chargé de blé. Son père mourut ; l’enfant qui avait alors douze ans, fut recueilli par le charitable curé de son village et l’excellent prêtre s’efforça honnêtement de faire répéter à ce garçon au large front, apathique et taciturne, les leçons qu’il n’arrivait pas à retenir à l’école. Mais ses tentatives demeurèrent vaines. Mirko fixait d’un oeil vide les caractères d’écriture qu’on lui avait déjà expliqués cent fois ; son cerveau fonctionnant avec effort était impuissant à assimiler, même les notions les plus élémentaires. À quatorze ans, il s’aidait encore de ses doigts pour compter et quelques années après, il ne lisait encore un livre ou un journal qu’au prix des plus grands efforts. On n’eût pu dire cependant qu’il y mettait de la mauvaise volonté ou de l’entêtement. Il faisait avec docilité ce qu’on lui ordonnait, portait l’eau, fendait le bois, travaillait aux champs, nettoyait la cuisine ; bref, il rendait consciencieusement, bien qu’avec une lenteur exaspérante, tous les services qu’on lui demandait. Mais ce qui chagrinait surtout le bon curé, c’était l’indifférence totale de son bizarre protégé. Il n’entreprenait rien de son propre chef, ne posait jamais une question, ne jouait pas avec les garçons de son âge et ne s’occupait jamais spontanément, si on ne lui demandait rien ; sitôt sa besogne finie, on voyait Mirko s’asseoir quelque part dans la chambre, avec cet air absent et vague des moutons au pâturage, sans prendre le moindre intérêt à ce qui se passait autour de lui. Le soir, le curé allumant sa longue pipe rustique, faisait avec le maréchal des logis ses trois parties d’échecs quotidiennes. L’adolescent approchait alors de la table sa tignasse blonde et fixait en silence l’échiquier, avec des yeux qu’on croyait endormis et indifférents sous leurs lourdes paupières.

Déjà lu du même auteur :

Challenge Petit Bac 2014
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02 octobre 2013

Volt - Alan Heathcock

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

volt Albin Michel - septembre 2013 - 320 pages

traduit de l'américain par Olivier Colette

Titre original : Volt, 2011

Quatrième de couverture :
« Les nouvelles qui composent ce premier recueil n’ont pas un seul défaut. Alan Heathcock y affiche cette générosité d’esprit propre aux écrivains qui aiment réellement leurs personnages. Volt est la preuve époustouflante de son talent. Galvanisant. »; Donald Ray Pollock, auteur de Le Diable, tout le temps Krafton, petite ville imaginaire de l’Amérique profonde aux allures bibliques, où abondent secrets inavouables, crimes anciens et chagrins enfouis est le décor des nouvelles d’Alan Heathcock. L’écriture puissante et lyrique, le suspense sombre qui imprègne ce paysage, et la poésie avec laquelle l’auteur évoque la violence inhérente à l’Amérique marquent la naissance d’un écrivain au talent singulier, salué par le New York Times et Publishers Weekly comme l’auteur d’un des meilleurs livres de l’année.

Auteur : Originaire de Chicago, Alan Heathcock a été révélé en 2011 aux Etats-Unis avec ce recueil de nouvelles classé parmi les meilleurs livres de l'année par le New York Times et Publishers Weekly entre autres. Couronné par le Whiting Award en 2012, Alan Heathcock enseigne la littérature à l'université de Boise (Idaho) et se consacre à l'écriture de son premier roman.

Mon avis : (lu en septembre 2013)
Ce livre est le recueil de 8 nouvelles qui ont pour point commun de se passer à Krafton une petite ville imaginaire de l’Amérique profonde. 
Ce sont des histoires originales et très bien construites mais également terriblement sombres. La première nouvelle met en scène un fermier responsable de la mort de son fils puis du déraillement d'un train qui s’enfuit du jour au lendemain pour changer sa vie. Dans la suivante, c'est l'histoire d'un homme qui n'hésite pas à réveiller en pleine nuit son fils adolescent et lui demande de l'aider faire disparaître le corps d’un homme qu’il vient de tuer...  Ensuite c'est la shérif de Krafton, une jeune femme, qui décide de faire justice elle-même... 
Décès, meurtres, vengeances, inondations, destructions voilà les sujets de ces nouvelles sans oublier de nombreux personnages coupables de délits impardonnables... On retrouve certains personnages dans plusieurs nouvelles en personnages secondaires puis principal. L'écriture est assez cin
ématographique et le lecteur arrive facilement à imaginer les scènes et les paysages décrits.
Je n'ai pas toujours été convaincus par toutes les conclusions de chacune des histoires, en effet, il y a parfois une non-fin ce qui est frustrant pour le lecteur...

Merci Laure et les éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir ces nouvelles souvent surprenantes.

Extrait : (début du livre)
Le crépuscule brûlait la ligne de crête et les tourbillons de poussière soulevés par les disques de la charrue formaient un brouillard sur le champ. Il clignait des yeux, ne pouvait pas s'en empêcher. Il n'avait plus un coin propre sur lui pour s'essuyer le visage. Demain, il avait réservé sa journée pour semer le blé d'hiver et il restait tant à faire. A trente-huit ans, Winslow Nettles inspirait le respect. Il avait toujours rentré du grain sec, parole de fermier.
Winslow ne vit tout simplement pas son fils traverser le champ en courant. Il ne vit pas Rodney grimper à l'arrière du tracteur, les mains pleines de pain de viande et de maïs doux enveloppés dans du papier d'aluminium. Il ne vit pas la chaussure de Rodney glisser sur le crochet d'attelage.
Winslow se tamponna les yeux avec un mouchoir crasseux. Les disques de la charrue se soulevèrent. Il se retourna brusquement pour voir sur quoi il était passé et derrière lui, comme tombé du ciel gisait un petit garçon.
Winslow sauta du tracteur, courut vers son fils. Avec sa ceinture, il comprima une entaille dans sa cuisse. Il appuya sa paume contre le cou de Rodney. Des filets de sang coulaient entre ses doigts. Winslow tint délicatement l'enfant sur ses genoux et regarda le tracteur avancer, les disques de la charrue projetant un arc de poussière de plus en plus pâle vers les rails de la ligne de fret, qui marquaient la limite nord de tout ce qu'il possédait.

 

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Le Mois Américain

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43/50 :  Illinois

 Challenge 2% Rentrée Littéraire 2013
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9/12

Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  5/25

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16 février 2013

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part - Anna Gavalda

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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Gallimard - mai 2006 - lu par Anna Gavalda (environ 3 heures)

Le Dilletante - août 1999 - 218 pages

France Loisirs - 2000 - 214 pages

J'ai Lu - septembre 2001 - 156 pages

Succès du livre - novembre 2007 -

Quatrième de couverture :
Neuf nouvelles parmi les douze qui constituent le célèbre recueil d'Anna Gavalda : I. I. G., Cet homme et cette femme, Ambre, Permission, Le fait du jour, Catgut, Junior, Pendant des années et Clic-clac. D'une plume alerte, Anna Gavalda croque des morceaux de vie souvent drôles, parfois grinçants ou graves. Avec son sens aigu de l'observation, elle esquisse de manière enlevée les plus petits détails, les travers les plus subtils, les plus cocasses, les plus ridicules de notre société. D'une voix douce et sensible, Anna Gavalda, l'auteur en personne, nous lit ces courtes nouvelles au charme pétillant. Un moment d'écoute tendre, irrésistible et jubilatoire !

Auteur : Née en 1970, auteur à succès, Anna Galvalda occupe une place de choix dans les rayons de littérature populaire. Après avoir grandi en Eure-et-Loir dans une atmosphère folklorique, Anna Gavalda est envoyée en pension, à 14 ans, à la suite de la séparation de ses parents. Elle suit une hypokhâgne et obtient une maîtrise de lettres à la Sorbonne. Profitant du calme de la Seine-et-Marne et maman de deux enfants, elle cumule les métiers de chroniqueuse pour le cahier Paris-Ile-de-France du Journal du Dimanche, de professeur de français et d'assistante vétérinaire. Cette jeune femme dynamique reçoit le Grand Prix RTL-Lire pour son premier recueil de nouvelles 'Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part' en 1999. Mélange de simplicité, de merveilleuses et tragiques vérités quotidiennes, ce titre ne quitte pas les classements des meilleures ventes pendant des mois et est traduit dans une trentaine de langues. Elle s'essaie les années suivantes à de nouveaux styles, écrit son premier roman et un livre pour enfants. C'est durant l'été 2003 qu'elle commence à travailler sur son quatrième titre, un nouveau roman, 'Ensemble, c'est tout', un véritable succès dans le monde littéraire, critique et public, adapté au cinéma en 2007 par Claude Berri.

Mon avis : (écouté en février 2013)
C'est un livre que j'ai déjà lu avant l'existence de ce blog et cette écoute est une relecture du livre. Une première critique sur ce livre audio, ce n'est pas le texte intégral du livre mais un "texte abrégé" comme cela est signalé assez discrètement au verso de la pochette du CD... Deux nouvelles et l'Epilogue ne sont pas présentes. C'est dommage !
J'ai redécouvert ces nouvelles d'Anna Gavalda avec beaucoup de plaisir. Elle a puisé son inspiration dans le quotidien d'aujourd'hui, les histoires sont variées, il est question de l'espoir d'une femme qui vient d'apprendre qu'elle est enceinte, un homme et une femme en silence, ensemble dans une voiture, chacun dans leurs pensées, un musicien tombe amoureux d'une jeune fille photographe, un militaire rentre en permission pour son anniversaire, une incivilité sur la route et ses conséquences tragiques, une vétérinaire violée et sa vengeance, un jeune homme emprunte la Jaguar de son père pour aller à une fête, retrouvaillle d'une homme et d'une femme après de longues années, un commercial amoureux de sa collègue de bureau...

L'écoute de l'auteur lisant sa propre œuvre est vraiment très agréable et la voix d'Anna Gavalda est charmante.

Extrait : (page 121)
Il s'appelle Alexandre Devermont. C'est un jeune homme tout rose et tout blond. Élevé sous vide. Cent pour cent savonnette et Colgate bifluor, avec des chemisettes en vichy et une fossette dans le menton. Mignon. Propre. Un vrai petit cochon de lait. Il aura bientôt vingt ans. Cet âge décourageant où l'on croit encore que tout est possible. Tant de probabilités et tant d'illusions. Tant de coups à prendre dans la figure aussi.

Mais pour ce jeune homme tout rose, non. La vie ne lui a jamais rien fait. Personne ne lui a tiré les oreilles jusqu'au point où ça fait vraiment mal. C'est un bon garçon.
Sa maman pète plus haut que son cul. Elle dit: "Allô, c'est Elisabeth Devermont..." en détachant la première syllabe. Comme si elle espérait encore duper quelqu'un... Tatatata... Tu peux payer pour avoir beaucoup de choses de nos jours mais ça, tu vois, pour la particule, c'est raté.
Tu ne peux plus t'acheter ce genre d'orgueil. C'est comme Obélix, il fallait tomber dedans quand tu étais petite. Ça ne l'empêche pas de porter une chevalière avec des armoiries gravées dessus.
Des armoiries de quoi? Je me le demande. Un petit fouillis de couronne et de fleurs de lys sur fond de blason. L'association des Charcutiers-Traiteurs de France a choisi les mêmes pour son papier à en-tête du syndicat mais ça, elle ne le sait pas. Ouf.
Son papa a repris l'affaire familiale. Une entreprise de fabrication de meubles de jardin en résine blanche. Les meubles Rofitex.
Garantis dix ans contre le jaunissement et sous n'importe quel climat.
Évidemment la résine, ça fait un peu camping et pique-nique à Mimile. Ça aurait été plus chic de faire du teck, des bancs classieux qui prennent lentement une belle patine et quelques lichens sous le chêne centenaire planté par le bisaïeul au milieu de la propriété... Mais bon, on est bien obligé de prendre ce qu'on vous laisse, hein. [...]
Vingt ans. Mon Dieu.
Le petit Devermont s'y est repris à deux fois pour avoir le bac mais le permis non, ça va. Il vient de l'avoir et du premier coup. Pas comme son frère qui l'a repassé trois fois.
Au dîner tout le monde est de bonne humeur. Ce n'était pas dans la poche car l'inspecteur du coin est un vrai con. Un poivrot en plus. C'est la campagne ici. Comme son frère et ses cousins avant lui, Alexandre a passé son permis pendant les vacances scolaires dans la propriété de sa grand-mère parce que les tarifs sont moins chers en province qu'à Paris. Presque mille francs d'écart sur un forfait stage. Mais enfin, là, le poivrot était à peu près à jeun et il a griffonné son papier rose sans faire l'intéressant.
Alexandre pourra se servir de la Golf de sa mère à condition qu'elle n'en ait pas besoin, sinon il prendra la vieille 104 qui est dans la grange. Comme les autres. Elle est encore en bon état mais elle sent la crotte de poule.
C'est la fin des vacances. Bientôt il faudra retourner dans le grand appartement de l'avenue Mozart et intégrer l’École de commerce privée de l'avenue de Saxe. Une école dont le diplôme n'est pas encore reconnu par l’État mais qui a un nom compliqué avec plein d'initiales: l'ISERP ou l'IRPS ou l'ISDMF ou un truc dans ce goût-là. (Institut Supérieur De Mes Fesses.)
Notre petit cochon de lait a bien changé pendant ces mois d'été. Il s'est dévergondé et, même, il s'est mis à fumer. Des Marlboro Light.
C'est à cause de ses nouvelles fréquentations: il s'est entiché du fils d'un gros cultivateur de la région, Franck Mingeaut. Alors celui-là, ce n'est pas la moitié d'un. Friqué, tape-à-l'?il, tapageur et bruyant. Qui dit bonjour poliment à la grand-mère d'Alexandre et reluque ses petites cousines en même temps. Tskk tskk...
Franck Mingeaut est content de connaître Junior. Grâce à lui, il peut aller dans le monde, dans des fêtes où les filles sont minces et mignonnes et où le champagne des familles remplace la Valstar. Son instinct lui dit que c'est par là qu'il doit aller pour se faire une place au chaud. Les arrière-salles des cafés, les Maryline mal dégrossies, le billard et les foires agricoles, ça va un moment. Alors qu'une soirée chez la fille de Bidule au château de La Bidulière, voilà de l'énergie bien employée.

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Lu du même auteur :

ensemble_c_est_tout Ensemble, c'est tout   la_consolante La Consolante 

l_echapp_e_belle L'Échappée belle

   Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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30 décembre 2012

La décapotable rouge - Louise Erdrich

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

la_d_capotable_rouge Albin Michel - septembre 2012 - 412 pages

traduit de l'américain par Isabelle Reinbarez

Titre original : The red convertible, 2009

Quatrième de couverture : 
Dans l’œuvre de Louise Erdrich, le rêve peut surgir du quotidien, le comique tourner au tragique, la violence et la beauté envahir tout à coup un paysage banal. 
Rassemblées pour la première fois en deux volumes (La décapotable rouge et Femme nue jouant Chopin, à paraître prochainement), ces nouvelles publiées dans des revues littéraires et des magazines américains sont marquées par l’imaginaire sensuel et fertile d’un écrivain singulier.
On y retrouve la genèse de ce qui a constitué, au fil des livres, l’univers de Louise Erdrich, de Love Medicine à La Malédiction des Colombes : le Dakota du Nord, le monde indien, un réalisme à la fois magique et poétique, la passion secrète qui habite ses personnages et la puissance d’évocation de ses histoires.

« L’un de nos plus grands écrivains, remarquable par son audace stylistique et sa virtuosité artistique. La décapotable rouge est une splendide démonstration de son talent et de son style. » The Washington Post

Auteur :  Karen Louis Erdrich est née le 7 juillet 1954 à Little Falls, dans le Minnesota, d'une mère ojibura (famille des Chippewa), donc amérindienne, et d'un père germano-américain. Elle grandit dans le Dakota du Nord, aux États-Unis, où ses parents travaillaient au Bureau des Affaires Indiennes.
Louise Erdrich est, avec Sherman Alexie, l'une des grandes voix de la nouvelle littérature indienne d'outre-Atlantique. Si elle écrit, c'est pour réinventer la mémoire déchirée de ces communautés qui, aux confins des Etats-Unis, vivent sur les décombres d'un passé mythique. Louise Erdrich vit aujourd’hui dans le Minnesota. 

Mon avis : (lu en décembre 2012)
J'ai eu la chance de voir Louise Erdrich lors du Festival America en septembre dernier à Vincennes et à l'occasion des deux conférences où je l'ai entendu, j'ai beaucoup aimé sa gentillesse. Lorsque Claire, attachée de presse des éditions Albin Michel, m'a proposé de choisir un livre parmi les dernières parutions de l'éditeur, je n'ai pas vraiment hésité à choisir ce livre de 19 nouvelles qui parlent du Dakota du Nord, du monde indien en particulier les indiens Chippewas. Ces nouvelles ont été écrites en 1978 et 2008 par Louise Erdrich, on y retrouve les thèmes chers à l'écrivain, le monde indien, sa solidarité, ses soucis, ses traditions. Toutes ces nouvelles ne sont pas complètements indépendantes, certains personnages sont présents dans plusieurs.
Les nouvelles sont très bien écrites, intéressantes mais moins prenantes que les romans de Louise Erdrich que j'ai déjà lu. J'ai toujours dans ma PAL son dernier roman, « Le jeu des ombres » et cette lecture m'a donné envie de le ressortir !

Merci à Claire et aux éditions Albin Michel de m'avoir permis de découvrir ce livre.

Un deuxième tome de nouvelles, « Femme nue jouant Chopin », doit paraître prochainement.

Extrait : (début du livre)
J'ai été le premier à rouler en décapotable sur ma réserve. Et forcément elle était rouge, une Olds rouge. J'en étais propriétaire avec mon frère, Stephan. Nous en étions tous les deux propriétaires jusqu'à ce que ses bottes se remplissent d'eau, par une nuit venteuse, et qu'il me rachète ma part. Maintenant Stephan en est l'unique propriétaire, et son petit frère Marty (c'est moi) va partout à pied.

Comment ai-je gagné assez d'argent pour acheter ma part, à l'origine ? Mon unique talent était de toujours réussir à me faire du fric. J'avais le chic pour ça, pas courant chez un Chippewa, et surtout dans ma famille. Dès le départ, j'avais cette différence, et tout le monde le reconnaissait. J'ai été le seul môme qu'on a laissé entrer au Legion Hall de Rolla pour cirer des chaussures, par exemple, et une année, à Noël, j'ai vendu des images pieuses au porte-à-porte pour la mission. Les sœurs m'ont permis de garder un pourcentage. Une fois lancé, il semblait que plus je gagnais d'argent, plus l'argent venait à moi facilement. Tout le monde m'encourageait. A quinze ans, j'ai trouvé un boulot de plongeur au Joliet Café, et c'est là que j'ai percé.
Rapidement j'ai été promu au rang de serveur, et puis la cuisinière qui préparait les plats rapides est partie et j'ai été engagé à sa place. En un rien de temps, j'étais devenu le gérant du Joliet. Le reste appartient à l'histoire. J'ai été gérant un moment. Je suis rapidement passé copropriétaire, et bien sûr à partir de là personne ne pouvait plus m'arrêter. Il n'a pas fallu longtemps avant que tout soit à moi.
Alors que j'étais propriétaire du Joliet depuis un an, il a brûlé. Toute l'affaire. Une perte sèche. Je n'avais que vingt ans. J'avais tout, et je l'ai perdu vite fait, mais avant j'avais invité tous les membres de ma famille, et les membres de leurs familles, à dîner, et avec Stephan j'avais aussi acheté la vieille Olds dont j'ai parlé.



Déjà lu du même auteur :

la_chorale_des_maitres_bouchers_p La Chorale des maîtres bouchers la_mal_diction_des_colombes La malédiction des colombes

omakayas Omakayas love_medecine_p Love Medecine

 

 

Challenge 4% Littéraire 2012

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27/28

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36/50 : Dakota du Nord

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Couleur"

 

 

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13 décembre 2012

Un pur hasard - Frédérique Deghelt

un_pur_hasard Les Éditions du moteur - mars 2012 – 54 pages

Quatrième de couverture : 
Yann et Benoît se sont connus au lycée. À l'époque, ils étaient toujours fourrés ensemble, inséparables. Lorsqu'ils se retrouvent par hasard, un matin vingt ans plus tard, dans une rue de San Francisco, c'est à peine s'ils se reconnaissent. Celui qui était déjà pianiste et plaisait beaucoup aux filles a connu le succès, mais il affronte depuis quelque temps le déchirement de son couple. L'autre, jadis matheux et asocial, entre joyeusement dans la quarantaine : il vient tout juste de rencontrer la femme de sa vie. Chez ces deux-là, la vie de l'un semble toujours prendre le contre-pied de celle de l'autre. Que reste-t-il de leur amitié et ont-ils encore quelque chose à partager ?

Auteur : Frédérique Deghelt est l'auteur de plusieurs romans comme La grand-mère de Jade, La nonne et le brigand. Son premier roman, La vie d'une autre, a été adapté au cinéma par Sylvie Testud.

Mon avis : (lu en décembre 2012)
J'ai lu ce livre pour trois raisons, premièrement car il a été présenté au dernier "Café Lecture" de la Bibliothèque, deuxièment car l'auteur ne m'était pas inconnue et troisièment parce que la couverture était rose (cf. Challenge).
Deux anciens camarades de lycée se retrouvent par hasard vingt ans après à San Francisco. Benoît, autrefois musicien et tombeur de filles, est devenu un musicien de jazz de renommée internationale, il est marié depuis 20 ans et a 2 enfants. Mais depuis quelques temps, son couple est proche de la rupture. Au contraire, Yann, autrefois le matheux asocial, à quarante ans, il est épanoui, et il vit les premiers moments d'une passion amoureuse.

Cette petite histoire d'amour se lit très facilement mais j'ai assez vite deviné sa conclusion... 
Une lecture sympathique, sans plus.

 

Déjà lu du même auteur : 

la_grand_m_re_de_Jade La grand-mère de Jade  la_vie_d_une_autre  La vie d’une autre

Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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Session 1 : Rose

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18 mai 2012

Nouvelles à ne pas y croire – Fabien Maréchal

nouvelles___ne_pas_y_croire Éditions dialogues – février 2012 – 120 pages

Quatrième de couverture :
Ici, les oiseaux font la loi, les cafetières s'enfuient, vos invités se présentent nus à votre porte, les jeux télévisés vous expédient en prison mais vos voisins ont très bon goût. 
Soudain plongés dans des situations qui les dépassent, les personnages de ces drôles d'histoires affrontent des questions qui traduisent l'absurdité de l'existence: jusqu'où sommes-nous dupes, de nos relations sociales, des mises en scène de la télévision, de la justice ? A quel point contribuons-nous à bâtir nos prisons ? Comment s'en évader ? Et surtout, surtout : pourquoi diantre les trains devraient-ils avoir un horaire et une destination ? Ces anti-héros sont chacun de nous quand la maîtrise de notre destin nous échappe, au point que la réalité semble perdre son sens. Nous nous en doutions mais ces nouvelles le prouvent: si le monde est fou, c'est bien que nous le sommes tous un peu.

Auteur : Fabien Maréchal a 40 ans, il est journaliste. Il a travaillé en presse régionale et pour des magazines, et a contribué à plusieurs sites Internet sur la culture et la musique. Il considère l'écriture comme un moyen, microscope ou télescope, d'apercevoir ce qui échappe à nos sens et à nos certitudes – et de rire, si possible, de soi-même.

Mon avis : (lu en mai 2012)
C'est l'avis enthousiaste d'une habituée du Café Lecture de la Bibliothèque qui m'a incitée à découvrir ce recueil de sept nouvelles. Ce sont des histoires très originales, mélangeant l'absurde et les situations décalées... Les objets de nos maisons qui décident un jour s'enfuir, vos amis qui viennent dîner chez vous dans le plus simple appareil, un journaliste angoissé de ne pas avoir une bonne nouvelle pour son journal de 20h, un jeu de télé-réalité qui incite les candidats à dénoncer ses proches, des trains qui n'ont plus d'horaires ou de destinations prévus, des drôles de repas avec les voisins et des oiseaux qui ont pris le pouvoir...

C'est une lecture distrayante, pleine de surprises, à aucun moment je ne m'attendais aux conclusions de ces histoires. Ce sont des petites histoires sur un ton au premier abord léger et qui appellent le lecteur à réfléchir sur des problèmes de notre société. A découvrir.

Extrait : (début du livre)
C’était un jour d’orage sec. Les volets de la cuisine s’amusaient à claquer contre la façade, bien qu’il n’y eût pas le moindre souffle de vent. J’ai ouvert la fenêtre pour les fixer avec les loquets. Des éclairs lézardaient le ciel et découpaient la silhouette du cerisier, dans le jardin. L’air se chargeait d’électricité. Les poils se dressaient sur mes bras. Soudain, j’ai senti une masse m’effleurer à toute allure.
Trop tard.
La cafetière s’est perdue dans l’éblouissement d’une voûte violette, avant que l’obscurité ne l’engloutisse. Les objets ne sont pas comme les chiens. Quand ils disparaissent, ils ne reviennent jamais vers leur maître. Au bout de deux semaines, nous avons cessé de nous nourrir d’illusions.
« Nous devrions acheter une nouvelle cafetière, ai-je suggéré à Cécile.
– Encore un prétexte pour faire un tour. »
Cécile n’avait pas tort. Depuis que ma guimbarde a décidé de ne plus perdre d’huile et de doubler en côte les Mercedes désormais agonisantes, nous nous amusons bien, elle et moi.
Mais je ruminais en pénétrant dans le supermarché. Une cafetière nous avait quittés ; peut-être que plus aucune ne voudrait jamais de nous.
J’ai baguenaudé dans le rayon, l’air innocent, les yeux dans le vague, pour ne pas effrayer les différents modèles. Les emballages semblaient se tasser quand je passais près d’eux.
J’ai atteint le bout de l’allée, fait mine d’hésiter, puis je suis revenu sur mes pas. Je me suis écarté pour laisser passer de ces gens au front rouge qui poussent des chariots vides, errant à travers les rayons en quête d’un inaccessible achat compulsif.
Ceux-là n’ont pas fait leur deuil.
C’est court, deux mois, pour faire le deuil de toute une vie. D’une civilisation.
Deux mois plus tôt, à la même heure, je sortais de l’épicerie du village voisin. Deux sacs en plastique me tiraient sur les bras. Je les déposai dans le coffre de ma voiture, démarrai au starter et fis demi-tour sur la place de l’église, où le monument aux morts se dresse vers le ciel comme un procureur, puis empruntai l’étroite départementale à travers champs. Je roulais lentement sur le goudron cabossé, percé d’herbes folles, en sifflant Les Joyeux Bouchers. Le volant dans une main, un coude sur la portière à la vitre ouverte, je regardais à moitié les nids-de-poule et à moitié ces étendues dont le vert se ternissait doucement. Certainement, si j’y avais prêté attention, j’aurais perçu les chants des oiseaux. Au lieu de cela, j’entendis tambouriner.
Mes voitures s’étaient toujours ingéniées à me lâcher au milieu de nulle part. Je m’arrêtai sur le bas-côté.
Le bruit persistait. Je coupai le moteur.
Encore le bruit.
Je descendis de voiture et m’agenouillai pour regarder en dessous. L’habituelle goutte d’huile tombait toutes les trente secondes.
Le bruit provenait de l’arrière. Ne cessait de s’intensifier. Le capot du coffre tremblait au rythme des coups. Bientôt, des marques commencèrent à bosseler la tôle, tels des impacts de grêlons. Ma voiture allait tomber en pièces détachées. Elle ne m’attirait que quolibets et factures de garagiste, mais j’y tenais.
Je pensai à ma femme, à qui je tiens encore plus qu’à ma voiture, et que jamais rien n’impressionne. Alors, dos courbé, à la façon d’un voleur nocturne, je m’approchai du coffre. Il me sembla que la virulence des coups s’atténua. Quelque chose me guettait de l’intérieur.
J’allongeai un bras vers la poignée du coffre, la tournai et retirai ma main aussitôt.
Le coffre s’entrebâilla.
Silence…
Je tendis l’oreille, sans me risquer à ouvrir le coffre complètement.
Après quelques secondes muettes, les coups reprirent. D’abord timidement. Puis crescendo. Je regardai autour de moi, comme si une dépanneuse pouvait surgir des blés.
Soudain, le coffre s’ouvrit tout seul, sous le coup d’une poussée formidable. Je crus que la tôle allait s’envoler dans les airs. Je me jetai à terre.

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12 mai 2012

Le tapis du salon – Annie Saumont

le_tapis_du_salon Julliard – février 2012 – 190 pages

Quatrième de couverture :
Une promesse de jeunesse non tenue, un coucher de soleil, la mort d'un poisson rouge, l'envoi d'une lettre anonyme ou une simple tache sur un tapis, tout est prétexte à Annie Saumont pour creuser les failles d'une humanité à la dérive. En orfèvre de l'écriture, elle scrute notre quotidien, s'attache aux situations qui dérapent, aux manifestations de trouble, jusque dans le langage, miroir de tous les dérèglements affectifs et sociaux. Chacune de ses nouvelles ajoute  un détail au tableau qu’elle compose depuis ses premiers écrits, peinture de société sombre, implacable et poignante. Du très grand art ! 

Auteur : Annie Saumont a d'abord été traductrice de littérature anglo-saxonne, notamment de J. D. Salinger. Puis elle s'est consacrée à l'écriture de nouvelles, art dans lequel elle a acquis un exceptionnel savoir-faire en même temps qu'une grande notoriété. Désignée comme la sœur française de Raymond Carver, elle est unanimement saluée par la critique. Son œuvre, étudiée dans les universités américaines, est traduite dans le monde entier.

Mon avis : (lu en mai 2012)
J'avais vu cette auteur et son livre à La Grande Librairie, et même je ne suis pas une grande fan de nouvelles comme le livre était sur le présentoir des nouveautés, je me suis laissée tenter.
Le livre est composé de 18 nouvelles d'une dizaine de pages chacune qui se lisent assez facilement.
L'auteur part d'un fait divers ou d'une anecdote, elle y rajoute un ou plusieurs personnages souvent anonyme ou silencieux et il se passe alors un événement inattendu.
J'ai aimé quelques unes des nouvelles, d'autres moins, pour une ou deux je n'ai pas compris la chute... Vu l'enthousiasme de François Busnel à la télévision, j'ai été globalement un peu déçu par ces nouvelles. Sinon, c'est très bien écrit, toujours sombre et parfois un peu surréaliste...  

Extrait : (début du livre)
Le scarabée est dans le verre. Un gobelet à whisky. Vide. Le scarabée tente de grimper le long du verre. Puis retombe.
L'homme qui l'observe - on devrait dire l'homme qui le voit, ne semble pas le regarder mais simplement comme malgré lui enregistrer une image imposée à sa rétine - l'homme demeure un moment immobile. Le scarabée est sur le dos agitant les pattes.
L'homme d'un geste bref, peut-être machinal, introduit un doigt dans le verre, retourne l'insecte qui après un instant d'hésitation recommence ses efforts d'escalade.

Le téléphone sonne. L'homme laisse sonner. La sonnerie s'arrête puis reprend. Cette fois il décroche l'appareil, le haut-parleur est branché. Allô, c'est moi, dit la voix. Je t'ai déjà signalé, remarque l'homme, que t'annoncer par un C'est moi n'a pas de sens. Dans cette foutue ville cinq cent mille mecs pourraient dire, C'est moi. On n'en saurait pas plus.

Un soupir. Et puis, Tu n'as pas reconnu ton vieux Charley ?
Évite de prononcer ton nom, utilise le mot de passe. Un rire dans le haut-parleur.
Accompagné d'un sifflement aigu. Et la voix, Si ça te plaît de jouer les agents secrets -
L'homme tapote, agacé, le bois de la console, Écoute, dans la situation où je me trouve -
Mais voyons, dit Charley (le haut-parleur grésille), où est le drame ? La petite est tranquille.
Elle va jouer cinq minutes, dit l'homme, et puis se mettre à bavasser. Pourquoi ci et pourquoi ça. On n'a pas de temps à perdre. T'as l'accord de ta meuf ?
Le haut-parleur ronfle, Elle a gueulé sévère. Elle n'est pas restée sans enfant pour s'embarrasser d'une chieuse.
C'est seulement deux ou trois jours. Au plus une semaine. Secoue-toi bon Dieu, braille l'homme, la gosse m'encombre. Il pose violemment le téléphone sur son socle.
Et la fillette, Comment tu t'appelles ?
Disons Jevo.

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  Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Objet"

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