27 mars 2010

Concours Marque-pages

J'ai décidé de participer au concours organisé par Pickwick autour des marques pages.

J'ai chez moi, deux sortes de marque-pages :

ceux que j'utilise et qui s'abîment, parfois un simple ticket de train ou un post-it plié en deux... Je les utilise sans ménagement, je les oublie souvent dans un livre et les retrouve parfois plusieurs années après... 

marque_page1

et surtout ceux que je conserve et que j'aime regarder, ils ont parfois une histoire :

marque_page2

En voici une sélection d'une dizaine, le choix n'a pas été facile :

Le premier, est le marque-page qui m'a donné envie de les collectionner, il vient d'une bibliothèque d'Ille-et-Vilaine que je pratique une ou deux fois par an lors de vacances.

Le deuxième fait parti de ceux que j'ai récupéré lors des manifestations "Lire en fête" à ma Bibliothèque préférée.

Retour de la vache, l'année suivante avec ces deux marques pages qui s'assemblent (je les aime beaucoup !)

Les deux marque-pages suivant sont des souvenirs du Salon du Livre 2009, que j'ai parcouru en compagnie mon fils de 14 ans. Le premier rappelle que le pays mis à l'honneur était le Mexique et le second évoquait une exposition sur les livres d'enfants d'hier et aujourd'hui à la BNF, j'aime bien son graphisme.

J'ai choisi le marque-page suivant également pour son graphisme, il a été crée à l'occasion de la mise en service du TGV Est-Européen. Je n'ai jamais pris ce TGV, mais je pratique quotidiennement la SNCF et ses transiliens... C'est un endroit où je lis beaucoup !

Ensuite viennent 3 marque-pages faits mains :

le premier est un marque-page "version-test" que j'ai réalisé pour ma swappée lors du Swap de la Saint Patrick organisé en 2010 par Canel.

Le second est tout nouveau, il a été brodé et m'a été offert par Françoise lors de ce même Swap de la Saint Patrick. Il est unique !

Il y a 3 ans, une personne avait offert des marque-pages à la Bibliothèque pour que celle-ci les donnent à ses adhérents à l'occasion des fêtes de fin d'année. J'avais alors choisi celui-ci.

Et pour terminer, le dernier marque-page est celui de la nouvelle Bibliothèque Municipale d'une commune des Côtes d'Armor que j'aime beaucoup.

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22 février 2010

Ocean's Songs – Olivier de Kersauzon

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Le Cherche-Midi – septembre 2008 – 252 pages

Le Cherche-Midi – septembre 2009 – 252 pages

Présentation de l'éditeur

Partant du principe que l'homme libre part pour apprendre et revient pour rendre compte, Olivier de Kersauson a décidé de raconter sa géographie maritime. Il fait le portrait de ses mers comme il pourrait dresser le portrait d'une femme. Il nous révèle, surtout, son destin singulier de skipper d'exception. Pour la première fois peut-être, dans Ocean's Songs, il se dévoile.

Auteur : Né à Bonnetable en 1944, Olivier de Kersauson est l'un des navigateurs français les plus connus au monde. Après dix années aux côtés d'Éric Tabarly, il est devenu le plus grand chasseur de records océaniques.

Mon avis : (lu en février 2010)

Olivier de Kersauson est à la fois un grand marin, une grande gueule et on le sais moins, un grand cœur. Dans son livre, il nous raconte avec beaucoup de poésies et de pudeur la mer, ses voyages, ses compétitions.

Il décrit avec beaucoup de poésie chacun des océans : Indien, Pacifique, Atlantique ainsi que la mer d'Irlande et la mer d'Iroise. Il raconte ses navigations avec Éric Tabarly, son amour pour sa Bretagne et pour la Polynésie... Il est aussi assez nostalgique... Ce livre est un très beau voyage !

En bonus dans l'édition que j'ai lu, un DVD avec un reportage de la série « Empreintes » de France 5 : Olivier de Kersauson 20000 lieues sur les mers que j'avais déjà vu à la télévision et beaucoup aimé.

Extrait : (page 66)

Ouessant, Sein, Molène, l'une des zones du monde où il y a le olus de bouées et de balises, de phares et de feux. Entre l'île de Sein, Le Four, Ouessant, la pointe Saint-Mathieu, le cap de la Chèvre, la pointe du Raz, tout n'est qu'un jardin d'épines sur une mer médiévale qui se défendrait contre les intrus. Au couchant, on dirait un orchestre des ténèbres où brille l'éclat des cuivres. Un accordéon de récifs sur lequel viennent culbuter les forts courants. C'est la mer des grandes nefs et des grandes orgues. A la limite du plateau continental, c'est alors la pointe qui s'avance. La chaussée de Sein, par exemple, où la terre s'étire du cap Sizun, comme un carnassier jusqu'au phare d'Ar-Men. Un chaussée bouillonnante. La climatologie n'est pas vraiment riante. Beaucoup de brumes, beaucoup de pluies, beaucoup de gros temps et énormément de tempêtes.

L'Iroise est une mer sanguine qui plante ses couverts dans la table. On ne rentre pas en mer d'Iroise par effraction. En plus, elle a souvent le poil hérissé. On est à 48°30' nord. Le très mauvais temps est souvent centré à 49°50', 48°51', parfois 47°. Il s'agit d'une zone météorologiquement très attaquée par les dépressions. Une zone hennissante qui ouvre son poitrail en hiver. Ici, la tempête est toujours sur le feu de la gazinière. Prête à être servie. Une zone où il ne faut jamais se fier à la pitié du ciel. C'est une zone de courant puissants. Le territoire des cailloux. Évidemment très peu empruntée par les plaisanciers. Les Anglais passent la pointe du Raz mais toujours en compulsant l'annuaire des marées. Et trois fois pour être bien certains que l'annuaire des marées. Et trois fois pour être bien certains que l'annuaire dit vrai. Il y a quinze mois, le remorqueur Abeille Bourbon a découvert un nouveau caillou parmi ces cailloux innombrables qui entourent Molène. La mer d'Iroise peut vous éborgner comme un rien. Cette mer est habitée par le vent. Naviguer dans le nord d'Ouessant par vents contre et courants de noroît prend des allures de lutte. Le passage du Fromveur est ce chenal qui passe dans le sud d'Ouessant, entre les phares de la Jument et Kéréon. Le courant approche les dix nœuds et le marnage dépasse les sept mètres en eaux vives. On embouque le Fromveur avec dix noeuds de vent, grand-voile haute. Tout va bien, la mer est belle. Soudain, le vent est à contre-courant. Vite, un ris ! Et puis il y a ces creux absolument maudits ! C'est une mer de souffrance, de pêche, de travail. Une mer qui meurtrit, blesse et mord jusqu'au sang. Donc, une mer de ressources.

Les pêcheurs ne peuvent pêcher de dix ou quinze jours par mois. Dès que la marée est au-dessus d'un coefficient de 80, pas moyen de mettre les filets. Le courant va tout emporter. Rien ne tient, rien ne résiste. La mer va tout déchiqueter.

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30 décembre 2009

Challenges 2010

Après les deux premiers challenges auxquels je me suis inscrite mi-novembre et qui sont en cours :

coeur_vs31er challenge : Les coups de coeur de la blogosphère

livre n°1 :   Seule Venise - Claudie Gallay  proposé par Gil

livre n°2 :  Elle s'appelait Sarah - Tatiana de Rosnay proposé par Suffy

livre n°3 : L'attrape-cœurs - J. D. Salinger proposé par Anneso

livre n°4 : Mon enfant de Berlin -Anne Wiazemsky  proposé par Clarabel

livre n°5 :  Ravel - Jean Echenoz proposé par Denis

livre n°6 : Le cœur est un chasseur solitaire - Carson McCullers proposé par Brize

livre n°7 :  Le club des incorrigibles optimistes - Jean-Michel Guenassia proposé par Clarabel

livre n°8 : A l'ouest - Olivier Adam proposé par Amy

livre n°9 : La mécanique du cœur - Mathias Malzieu proposé par Lael

livre n°10 : Hunger games - Suzanne Collins proposé par Clarabel et Gawou

challenge_100_ans_article_300x225 2ème challenge : 100 ans de littérature américaine

livre n°1 :  Jours de fête à l'hospice - John Updike

livre n°2 :  L'attrape-cœurs - J. D. Salinger

livre n°3 :  La couleur pourpre – Alice Walker

livre n°4 :  Le cœur est un chasseur solitaire - Carson McCullers

livre n°5 :  Un été prodigue – Barbara Kingsolver 

En cette fin d'année, je me suis inscrite à de nouveaux challenges :

a_lire_et_a_manger 3ème challenge : A lire et à manger

Ce challenge est organisé par Chiffonette et il s'agit de lire un roman culinaire et d'en adapter une recette...

Je n'ai pas encore choisi le livre pour ce Challenge... peut-être Une gourmandise de Muriel Barbery qui se trouve dans ma PAL (perso).

logo_challenge_ABC 4ème challenge : Challenge ABC 2010

Challenge organisé par Miss Giny et Ankya, il s'agit de lire 26 livres avec un auteur pour chaque lettre de l'alphabet... certaines lettres sont difficiles à trouver !

Voici ma liste qui peut encore un peu évoluer :

A – Aslam Nadeem - La veine attente

B – Benameur Jeanne – Présent ?

C – Conroy Pat – Le prince des marées

D - Decoin Didier - Les 3 vies de Babe Ozouf

E – Echenoz Jean – Ravel

F – Follett Ken – Un monde sans fin

ou Francis Scott Fitzgerald - L'étrange histoire de Benjamin Button

G – Gavalda Anna - L'échappée belle

H – Heuré Gilles - L'homme de cinq heures

I – Indridason Arnaldur – Hypothermie (à paraître)

J – Johnson Maureen – 13 petites enveloppes bleues

K – Kingsolver Barbara - Un été prodigue

L – Läckberg Camilla – Le tailleur de pierre

M – Mankell Henning

N – Nesbo Jo

O - Ovaldé Véronique - Ce que je sais de Véra Candida

P – Perez-Reverte Arturo – Le cimetière des bateaux sans noms ou Le peintre des batailles

Q – Queffelec Yann - Les noces barbares

R – Radge Anne B. – La ferme des Neshov (à paraître)

S – Saubade Valérie - Happy Birthday grand-mère

T – Tropper Jonathan - Perte et fracas

U – Unger Lisa

V – de Vigan Delphine - Les heures souterraines 

W – Winkler Martin - Les Trois Médecins

X - Xinran - Chinoises

Y - ?

Z – Zweig Stefan - Le voyage dans le passé

logo_coup_de_coeur_polar_oiseaux_coeur 5ème challenge : Coup de coeur polar 2009

Challenge organisé par Fersenette, chaque participant fait une liste de ses 3 coups de coeur polar en 2009, puis il lira un des coups de coeur proposé qu'il ne connaît pas.

Mes trois polars coups de coeur pour 2009 sont :

1 - Millénium 1, 2 et 3 de Stieg Larsson (Suède)

2 - Hiver arctique de Arnaldur Indridason (Islande)

3 - La princesse de glace de Camilla Läckberg (Suède)

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21 décembre 2009

Testament d'un paysan en voie de disparition – Paul Bedel et Catherine Ecole-Boivin

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Préface de Claudie Gallay

Presse de la Renaissance – octobre 2009 – 250 pages

Quatrième de couverture :

« Je suis heureux avec rien, avec rien de ce qui s'achète mais aussi avec rien de ce qui se voit... »

Et si Paul Bedel, paysan de la pointe de la Hague reste par choix à la traîne du progrès, vous racontait sa vie d'agriculteur ? S'il vous révélait ses " houoles ", ses coins pour pêcher le homard ? S'il vous présentait ses vaches, Echalote, qui " sentait l'oignon " ou Copine, " toujours sympa avec tout le monde "? S'il vous parlait " des choses qui n'arrivent qu'aux vivants ", de ses coups de gueule, de ses coups de vie? Avec le succès du livre Paul dans les pas du père et du film Paul dans sa vie, Paul Bedel est devenu le passeur d'un monde en voie de disparition. Chaque année, des centaines de personnes lui rendent visite pour l'entendre témoigner de ce choix de vie, celui d'une existence toute simple. Avec ce Testament, Paul Bedel vous invite vous aussi à boire une tasse de café accompagnée de petits-beurre, sur une table en bois patinée par les ans, et à l'écouter. En refermant ce livre, vous aurez le sentiment d'avoir rencontré un homme bon, serein et clairvoyant. L'impression de la terre, son silence et sa liberté.

Auteurs :

Paul Bedel pensait que sa vie n'avait servi a rien, puisqu'il n'a pas eu d'enfants. Mais à 79 ans aujourd'hui, il est invité à des dizaines de conférences et a accueilli plus de 7 000 visiteurs chez lui, à la Hague.

Catherine Ecole-Boivin, originaire de la Hague, vit à Nantes. Elle est historienne et mémorialiste. Testament d'un paysan en voie de disparition est son onzième ouvrage consacré aux paysages humains de sa région.

Mon avis : (lu en décembre 2009)

C'est avec le film « Paul dans sa vie » que j'ai fait connaissance pour la première fois avec Paul ce paysan atypique de la Pointe de La Hague.

Dans le livre, je l'ai retrouvé égal à lui-même. Il est maintenant à la retraite et il raconte ses souvenirs à Catherine Ecole-Boivin. Il nous parle du temps qui passe, de sa vie de paysan, de ses vaches, une vie de travail dans un environnement magnifique entre terre et mer, de son plaisir d'aller à la pêche dans ses rochers. Il nous confie aussi certains de ses secrets... Il nous parle de son pays d'Auderville à la pointe de La Hague.

C'est plein de poésie et Paul est un homme d'une grande gentillesse, plein de bon sens, de malice, terriblement sensible et attachant. Je vous encourage vraiment à lire ce livre et surtout à voir le film « Paul dans sa vie » réalisé en 2006 par Rémi Mauger.

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Description : Paul Bedel aura bientôt soixante-quinze ans. Il est vieux garçon, paysan, pêcheur et bedeau. Il vit dans une ferme d'un autre âge avec ses deux sœurs cadettes, célibataires elles aussi. Cette année, ils raccrochent : «Ça va faire un vide dans le paysage...». Leur territoire, c'est le cap de la Hague. L'air y est vif, les vents imprévisibles, le granit rugueux, l'horizon immense. Ici, Paul a résisté aux sirènes de la modernité, soucieux de préserver et cultiver son lien à la nature. Au XXIe siècle, il nous l'offre en héritage.

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C'est grâce au film "Paul dans sa vie" que j'ai voulu découvrir le nord Cotentin en août 2008.

Extrait : Le temps

J’suis un paysan sans histoire, un matériel d’avant guerre, né le 15 mars 1930 «à la ferme», dans une petite commune de la Hague, au bout de la terre d’Auderville.

Je m’appelle Paul Bedel.

Jeune sacristain, quand je sonnais le trépas, je souriais sans penser à mon dernier moment. Je tirais à bras, ça tirait dur. C’est long, quand t’es seul pendu au bout d’une corde ! Pauvre Gusto ! Le corps suivait, je rendais hommage à ma manière au bonhomme ou à la bonne femme s’envolant pour le paradis. Ça pouvait durer jusqu’à une demi-heure, suivant le niveau social de la personne morte. Ça et le travail de la terre, ça m’a fait les muscles et les os. Maintenant qu’on est au tout-électrique, j’actionne trois manettes et j’annonce. Chacun dorénavant a le droit au même temps de cloches. Notre campanile en possède deux. C’est pas plus mal, le même temps pour tous, puisque, dans le cimetière, t’es plutôt dans le bas niveau pour tout le monde.

À vrai dire, aujourd’hui je gagne quelques minutes sur ma retraite de paysan, car je suis très occupé. Mes heures sont comptées de par tous les bouts de par où je me trouve, dans mes activités comme dans ma vieillesse.

Trois tours de chaque bitoniau, et les cloches sonnent seules. J’écoute si elles démarrent, elles carillonnent faux parfois. Puis je referme la sacristie, je glisse la clé dans mon paletot, je me signe à genoux.

Dehors, je prends un coup de vouêtie (vent frais), je replace ma gapette sur mes oreilles. Mes pas crissent sur le gravier blanc du cimetière. Je me dépêche, brimbalant ma silhouette crochue d’avoir trop porté sur mon dos.

Je déboule dans ma rue.

Un petit regard vers la mer, une bonne brise court sur l’eau. Un petit coup d'œil sur ma girouette en forme de vache sur mon étable, je hume l’air à la manière de mes ancêtres, de l’homme qui sait parce qu’il a regardé. Les vents n’ont pas changé.

Un bonjour pincé à une vaésaine (voisine) qui promène son pulvérisateur, son chien. Il pisse sur notre bel hortensia dont maintenant les feuilles ont cuit. Heureusement elle ne vient que le week-end ! En semaine, la pauvre plante tente de reprendre le dessus.

Je rentre à la maison, le téléphone sonne déjà ! Un des paroissiens m’appelle pour me demander :

— Paul, c’est qui qu’est mort ?

Invariablement je réponds :

— Ben c’est pas moi !

Actuellement, cette petite blague me donne encore bien du plaisir, t’as pas idée. Si tu réponds au téléphone encore haletant d’avoir galopé jusqu’à l’église, tu te dis que t’es encore vivant. Et l’autre, au bout du fil, te rouspète :

— Veux-tu être sérieux, Paul ! J’sais que c’est pas toi qu’es mort puisque tu me réponds, bougre d’innochent !

Certain que dans la vie vaut mieux être un nigaud vivant qu’un nigaud mort ! Seulement dans les autres communes, Paul sonne pas le trépas.

Parfois je reçois des coups de fil peu réjouissants. La roue tourne pour les êtres aimés.

Pour moi qui arrive à échéance, ce sera un autre jour.

Extrait : L’horloge

Notre horloge «Marchand d’Equeurdreville», poids en fonte bien lourds, est née avant moi, j’ai pas connu sa naissance mais elle a accompagné la mienne. La matrone du village, l’accoucheuse, a regardé ses aiguilles au moment où je suis venu au monde, dans la maison où je vis encore. Notre vieille caisse vient des anciens, des arrière-grands-parents, même plus vieux peut-être. Elle a réglé ma vie et marche à l’heure solaire. Françoise, ma soeur née en 1937, la remonte chaque semaine en râlant la même phrase :

— Vieille garce, dire que la semaine est passée !

En marquant notre temps elle rythme notre semaine de huit jours, celle venant de dégringoler et on repart pour une autre. Le temps, ça passe, ça décline, en revanche ça paraît quand même moins à l’heure solaire. Notre horloge en dit long sur l’échéance de nos existences qui nous poursuit comme un huissier de justice. Elle possède un petit décalage, très léger, j’ai bricolé le rivelin, le filin usé, rendu mou avec les années. J’ai entortillé un vilain nœud. Elle déconnait trop, ça nous mettait en avance !

Et chez nous, nous aimons prendre notre temps.

Il y a quinze ans, elle a connu un événement grave. Quand je l’ai vue sur la table, éventrée, en morceaux, j’ai pensé :

— T’es raide, ma pauvre vieille !

Certainement qu’on ne choisit pas sa mort, l’horloge n’avait pas choisi sa panne, l’usure à l’évidence. Quelqu’un de ma famille l’a prise chez lui sous son bras. Il a joué au dentiste avec elle, faut dire qu’il est doué pour réparer.

Le rouage, comme les mâchoires des vieux, avait perdu une dent, un cran de cuivre indispensable à son mécanisme. Ce cran mâchouillé l’empêchait de se réenclencher, alors il lui a rectifié le dentier. Un bon coup de lime et hop ! elle est repartie comme en quarante. Je la jalouse un peu depuis, mes mauvaises dents broyées m’obligent à mâcher du côté droit, je devrais aller chez le dentiste, mais j’ignore si des fois ça vaut le coup de réparer une bagnole en fin de course comme moi, enfin bref, je ne mâche plus que d’un côté. L’horloge, elle, depuis son séjour chez son chirurgien d’occasion, a toujours ses deux mâchoires intactes.

Les vieilles garces, on le sait, ont la peau dure !

Durant quelques jours, lors de sa réparation, on a été privés du tic et tac. Maman n’arrivait plus à tricoter, le tic-tac des secondes lui manquait, elle sautait les points de son tricot depuis si longtemps rodé à son mécanisme. Lorsqu’on vidait la maison pour les cllos, nos champs, et qu’on partait bosser tous les trois, mes deux sœurs et moi, la pauvre maman se sentait abandonnée dans ce silence. À notre retour elle nous demandait avec impatience :

— Mais quand est-ce qu’elle revient, la vieille ?

L’horloge, pour elle, ça lui faisait une compagnie, un bruit de fond dans la maison.

L’horloge, une fois revenue, a hérité d’un faible décalage, un mal pour un bien car maintenant, naturellement, elle s’est mise à l’heure terrestre. À croire qu’elle sait compter. On entrevoit un léger écart, c’est perceptible depuis des décennies. Cet écart dont on parle parfois dans les émissions des savants.

D’ailleurs, il y a soixante-dix ans le soleil se levait un peu plus décalé par rapport à la Vierge qui, elle, n’a pas bougé, placée sur notre cheminée. Le soleil passe par le même carreau de fenêtre mais avec deux centimètres de différence. Je l’ai observé.

Notre grosse caisse se prend pour la pendule universelle et joue de la musique. Elle sonne les demi-heures en tintant d’un coup, et les heures par autant de dong que le nombre d’heures. Pour les heures, elle recommence son tintamarre une minute après avoir sonné la première fois, comme ça quand tu dors, si t’as pas compris l’heure qu’il est, elle te le rappelle : dong, dong, dong, dong, dong, avec pour finir un léger couinement de cinq heures. De ton lit, tu as beau l’engueuler, elle recommence son tintamarre, tu n’as plus qu’à te mettre le traversin sur les oreilles.

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14 août 2009

L'affaire Jane Eyre - Jasper Fforde

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traduction de l'anglais Roxane Azimi

Fleuve Noir – avril 2004 – 387 pages

10/18 – mai 2005 - 410 pages

Présentation de l'éditeur
Dans le monde de Thursday Next, la littérature fait quasiment office de religion. A tel point qu'une brigade spéciale a dû être créée pour s'occuper d'affaires aussi essentielles que traquer les plagiats, découvrir la paternité des pièces de Shakespeare ou arrêter les revendeurs de faux manuscrits. Mais quand on a un père capable de traverser le temps et un oncle à l'origine des plus folles inventions, on a parfois envie d'un peu plus d'aventure. Alors, lorsque Jane Eyre, l'héroïne du livre fétiche de Thursday, est kidnappée par Achéron Hadès, incarnation du mal en personne, la jeune détective décide de prendre les choses en main et de tout tenter pour sauver le roman de Charlotte Brontë d'une fin certaine... " Au croisement du roman policier et de l'uchronie déjantée, Jasper Fforde signe un ouvrage jubilatoire. " Le Monde des livres.

Biographie de l'auteur
Jasper Fforde vit au pays de Galles. Après avoir travaillé vingt ans dans l'industrie cinématographique, il a choisi de concrétiser son rêve d'enfant : devenir écrivain. Son premier roman, L'Affaire Jane Eyre, situé à la frontière entre le thriller littéraire et le conte fantastique, est devenu un livre culte aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Le second volume des aventures de Thursday Next, Délivrez-moi !, a paru en 2005 au Fleuve Noir.

Mon avis : (lu juin 2008)

Ce livre est inclassable… on est à la fois dans de la science-fiction, des voyages dans le temps, on se retrouve dans des univers parallèles, on expérimente le clonage, on rencontre des loups-garous et on est confrontés à quantité des références littéraires. Nous sommes en 1985, la Guerre de Crimée dure toujours entre l’Angleterre et la Russie, les gens se déplacent en dirigeables, les dodos disparus ont été clonés et ils sont appréciés comme animaux de compagnie. L’héroïne de ce roman s’appelle Thursday Next (Jeudi prochain !), elle appartient aux brigades littéraires et elle traque les contrefacteurs d'ouvrages et les vols de manuscrits originaux… Jane Eyre est en danger et Thursday va lui venir en aide... Un univers pleins d’idées vraiment originales qui nous surprennent tout au long du livre.

Ce n’est pas le genre de livre que j’apprécie vraiment (je n’aime pas vraiment le fantastique et la science-fiction…) mais j’ai passé un bon moment car le rythme du livre est tel qu’on ne s’ennuie pas un seul instant. Livre extrêmement original !

Dans la série il existe 4 autres livres :

  delivrez_moi_p          Le_puits_des_Histoires_Perdues_p              sauvez_Hamlet_p           le_d_but_de_la_fin_p

"Délivrez-moi !" "Le puits des Histoires Perdues" "Sauvez Hamlet !" "Le début de la fin"

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25 juin 2009

Karambolage : tome 2 – Claire Doutriaux

lu dans le cadre de l'opération babelio

karambolage_2 Seuil – octobre 2007 – 197 pages

Présentation de l'éditeur
Le deuxième tome de KaramboLaGe ! De la Fernsehturm à la toile de Jouy, de la tâche au Hiztefrei, de la Kehrwoche au bal des pompiers, mais aussi de la prestation de serment d'Angela Merkel aux accolades des chefs d'État, ces autres objets, mots, expressions, symboles, rites et analyses d'images complètent la petite mythologie du quotidien des Français et des Allemands. Après le succès du premier tome, KaramboLaGe continue de creuser son sillon et décrypte avec jubilation les us et coutumes de part et d'autre du Rhin.

Les auteurs :

Claire Doutriaux a découvert l'Allemagne enfant dans une famille de Düren où elle passait régulièrement les vacances de Pâques. Plus tard, elle a vécu une quinzaine d'années à Hambourg et a rejoint ARTE dès sa création. Karambolage est né de l'envie de réunir les fils d'une existence qui navigue entre deux pays. Alexandra Brodin, Nathalie Karanfilovic, Marco Kasang, Eva Könnemann, Jeanette Konrad , Hajo Kruse , Waltraud Legros, Olaf Niebling, Nikola Obermann, Katja Petrovic, Maija-Lene Rettig, Rainer Rother, Hinrich Schmidt-Henkel, Karine Waldschmidt, Bettina Wohlfarth.

Mon avis : (lu en juin 2009)

Karambolage" est avant tout une émission de télévision diffusée sur Arte, le dimanche à 20h00 depuis janvier 2004, "qui jette un regard amusé sur les particularités des Allemands et des Français."

Karambolage

Depuis 3 ans, nous regardons très régulièrement cette émission en famille. Les deux aînés font de l’allemand en classe, le dernier commencera à la rentrée prochaine. Cette émission dure 10 minutes et nous apprenons beaucoup de choses sur nos habitudes et nos coutumes en France et en Allemagne. A la fin de chaque émission il y a une photo-devinette : la photo a-t-elle été prise en Allemagne ou en France, qu’elle est l’indice ?

Ce livre rassemble par chapitres des articles de chacune des chroniques de l'émission :

L'objet / der Gegenstand : description et utilisation d'un objet spécifique ou commun à l'Allemagne ou à la France - Exemples : la cabine de plage, der Fernsehturm (la tour de télévision)...

Le symbole / das Symbol : description et histoire de symboles importants pour la France ou pour l'Allemagne – Exemples : les drapeaux, les hymnes nationaux, la porte de Brandebourg...

Le mot / das Wort : étymologie et origine de mots ou d'expressions qui se retrouvent dans les deux langues - Exemples : choucroute, banc – bank - banque...

Le quotidien / der Alltag : Exemples : la numérotation des rues à Berlin, l'alliance portée à gauche en France et à droite en Allemagne...

Le rite / der Brauch : Exemple : der Maibaum (l'arbre de Mai), la chandeleur...

L'analyse d'image / die Bildanalyse : analyse de situations historiques – Exemples : La prestation de serment (die Eidesleistung), trois gestes historiques échangés entre chefs d'Etat français et allemands...

En bonus, tout au long du livre nous retrouvons douze photos-devinette : France - Deutschland avec les solutions en fin du livre !

Les textes sont bien écrits, courts avec un ton enjoué et beaucoup de sens critique.

Petit bémol pour les illustrations, issues d'image vidéo et comme le signale une note de l'éditeur au début du livre, qui sont parfois un peu pixellisées.

Aimant beaucoup l'émission Karambolage sur Arte, j'ai été contente de retrouver des chroniques vues à la télévision ou d'en découvrir des nouvelles.

lu dans le cadre de l'opération babelio

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07 mars 2009

Le livre des questions – Pablo Neruda

le_livre_des_questions Gallimard jeunesse - février 2008 – 180 pages

Illustré par Isidro Ferrer et traduit par Claude Couffon

Présentation : Ce recueil poétique, considéré comme le testament de Pablo Nedura, se présente sous forme de questionnement. Les thèmes sont variés : le temps qui passe, la vie, la mort, la nature, Dieu ou encore la politique. Cet ouvrage est le dernier livre écrit par le grand poète chilien du XX° siècle qui est, aujourd'hui encore, considéré comme le chantre de l'Amérique latine et des idées communistes. Sa poésie, de par sa forme particulière et certains thèmes traités, est parfois difficile d’accès. Les illustrations en noir et blanc, objets graphiques faits de collage de matériaux, sont parfaitement adaptées aux textes. Une vulgarisation de l’écriture qui trouvera écho chez des jeunes déjà très ouverts à la littérature.

L'auteur :
Né le 12 juillet 1904 à Parral au Chili, Pablo Neruda (de son vrai nom Ricardo Neftali Reyes Basoalto) est plusieurs fois consul, puis sénateur. Il reçoit le Prix national de Littérature en 1945. Entré dans la clandestinité en 1948, Prix mondial de la Paix en 1950, il revient au Chili en 1952. Prix Nobel de Littérature en 1971, il meurt à Santiago du Chili le 23 septembre 1973.

L'illustrateur :
Né en 1963, Isidro Ferrer est né à Madrid. Il fait des études de théâtre puis installe son studio graphique à Huesca. Il développe son activité dans le design éditorial, l'affiche, l'illustration, la BD, la direction artistique, le montage d'exposition et l'animation pour la télévision. L'art de Ferrer est basé sur le principe de la construction d'objets : il fabrique ses «objets graphiques» par le collage de matériaux. Il a exposé son oeuvre en Espagne, en France et en Slovaquie.

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Mon avis : (lu en mars 2009)
Je suis tombé sur ce livre à la bibliothèque, je ai trouvé belle sa couverture et son titre m'a interpellé et je l'ai ouvert... Ce livre est le dernier texte écrit par le poète chilien Pablo Neruda pour inviter petits et grands à la poésie. Ce sont 72 poèmes sous forme d'une série de questions sans réponses qui interrogent la nature, les animaux, la vie ou la mort. Ce sont des questions pratiques, drôles, souvent surréalistes et parfois angoissantes. Avec ces questions, Pablo Neruda redevient un enfant et il interroge sans cesse ce qu’il voit et entend, mais un vieil enfant, riche de ses expériences.

Chaque question fait naître des images, vagabonder l’esprit et donne envie d’imaginer des réponses ou de poser d’autres questions.

A chaque page de texte répond une page d’image, conçue par Isidro Ferrer, designer, illustrateur et graphiste madrilène, comme un collage de papiers ou d’objets. Les images n’illustrent pas littéralement le texte mais adoptent son aspect inventif en montrant des formes et des objets dont l’assemblage drôle ou étonnant apprend à les regarder autrement. Ce livre nous invite à partir dans l'imaginaire, à suivre un vent de liberté et à regarder et à penser le monde autrement...

Ce livre a été publié chez Gallimard Jeunesse, mais je pense qu'il est également destiné aux adultes. A découvrir !

Extraits : 

I

Pourquoi les énormes avions ne promènent-ils leurs petits ?

Quel est l'oiseau aux plumes jaunes qui remplit le nid de citrons ?

Pourquoi n'apprend-on aux hélicoptères à butiner sur le soleil ?

Où la pleine lune a-t-elle laissé son sac nocturne de farine ?

XIX

A-t-on compté l'or que possède le territoire du maïs ?

T'a-t-on dit que la brume est verte, à midi, en Patagonie ?

Qui chante là, au fond de l'eau, dans la lagune abandonnée ?

De quoi rit-elle, la pastèque au moment où on l'assassine ?

XX

Est-il vrai que l'ambre contient les pleurs versés par les sirènes ?

Comment s'appelle cette fleur qui vole d'un oiseau à l'autre ?

Ne vaut-il mieux jamais que tard ?

Et pourquoi le fromage a-t-il pour ses exploits choisi la France ?

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01 mars 2009

L'arithmétique appliquée et impertinente – Jean-Louis Fournier

l_arithm_tique_impertinente Payot – mai 1993 – 218 pages

Quatrième de couverture : "J'ai longtemps cru que l'arithmétique n'avait été inventée que pour résoudre les problèmes de trains qui se croisent et de baignoires qui débordent. C'est quand j'ai été grand que j'ai découvert qu'elle pouvait mieux faire.
Par exemple : m'aider à calculer le poids du cerveau d'un imbécile, le volume du pape, l'envergure de la Joconde, la vitesse d'un hareng, la longueur maximale de Ravaillac. Et puis le nombre de voitures que pourrait contenir Notre Dame transformée en parking, la quantité de caviar qu'un smicard peut acheter avec son salaire... Enfin les questions que toute personne responsable devrait se poser."
Jean-Louis Fournier

Après La Grammaire française et impertinente, le mauvais élève Fournier Jean-Louis récidive avec cette arithmétique qui propose de faux problèmes mais des solutions justes.

Auteur : Jean-Louis Fournier est un écrivain, humoriste et réalisateur de télévision né à Arras le 19 décembre 1938. Il est le créateur, entre autres, de La Noiraude et d'Antivol, l'oiseau qui avait le vertige. Par ailleurs, il fut le complice de Pierre Desproges en réalisant les épisodes de La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, ainsi que les captations de ses spectacles au Théâtre Grévin (1984) et au Théâtre Fontaine (1986). C'est également à lui que l'on doit l'intitulé de la dépêche AFP annonçant le décès de l'humoriste: "Pierre Desproges est mort d'un cancer. Etonnant non ?". Il adore Ionesco.

Mon avis : (dans ma bibliothèque depuis 2000)
Ce livre est divisé en plusieurs chapitres qui traitent de différents thèmes:
- La longueur.
- La surface.
- Le volume.
- Le poids.
- Le poids spécifique
- Le cercle, la sphère.
- La règle de trois.
- Les fractions.
- Le pourcentage.
- Le temps, la vitesse.
- Le prix.
Au début de chaque chapitre, l'auteur donne les définitions, les unités utiles, quelques méthodes de calculs basiques, et tout cela avec humour !
Ensuite des problèmes sont proposés avec la méthode et les outils mathématiques pour trouver la solution !
Puis à la fin de chaque chapitre, les solutions et les corrigés de tous les problèmes !

Bien sûr les problèmes sont très drôles, l'humour peu être grinçant et les jeux de mots sont légions... On apprend donc en s'amusant ! Ce livre est indispensable pour les petits et les grands !

Extraits :
Problème : Le gardien de phare va pisser cinq fois par jour : les WC sont au rez-chaussée, il doit chaque fois descendre 143 marches de 20 cm. Calculez le nombre de kilomètres que le gardien de phare parcourt en une semaine de 7 jours pour aller pisser. 

Comment faire ? Je calcule la longueur totale de l'escalier en multipliant le nombre de marches par leur hauteur. Je multiplie le nombre obtenu par 2 (monter et descendre) puis par 5, et j'obtiens la distance franchie chaque jour par le gardien de phare pour aller pisser. Je multiplie cette distance par le nombre de jours de la semaine, et je convertis le chiffre obtenu en kilomètres.

Problème : Avant d'être écartelé, Ravaillac avait des bras de 70 cm, des jambes de 0,80 m et un tronc de 75 cm de long. Sous l'effet de la traction des chevaux ses membres se sont allongés de 20% et son tronc de 10%. Quelle longueur maximale a-t-il atteint entre l'extrémité des bras et celle des jambes ?
Comment faire ? Je calcule la nouvelle longueur de chaque membre de Ravaillac, soit la longueur initiale plus 20% de celle-ci. Je calcule la nouvelle longueur du tronc de Ravaillac, soit la longueur initiale plus 10% de celle-ci. J'additionne le tout.

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Grammaire française et impertinente – Jean-Louis Fournier

la_grammaire_impertinente Payot – mai 1992 – 227 pages

Description
Elle montre souvent le mauvais exemple, mais donne toujours la bonne règle ! Voici une grammaire impertinente qui réunit l'ensemble des règles à suivre pour dire et écrire correctement bêtises et grossièretés. Des personnages inhabituels dans un livre de grammaire - un condamné à mort, un gangster, un commandant de bord aveugle... - nous enseignent l'usage des prépositions et des conjonctions et conjuguent avec aisance le subjonctif imparfait des verbes les plus délurés. Ancien écolier que les exemples puisés dans Anatole France ou Pierre Loti n'arrivaient pas à dérider, Jean-Louis Fournier a pensé aux élèves peinant aujourd'hui sur l'orthographe comme lui-même peinait hier. Un manuel que doit également posséder tout instituteur rêvant de voir une petite lueur s'allumer dans le regard blasé des cancres.

Auteur : Jean-Louis Fournier est un écrivain, humoriste et réalisateur de télévision né à Arras le 19 décembre 1938. Il est le créateur, entre autres, de La Noiraude et d'Antivol, l'oiseau qui avait le vertige. Par ailleurs, il fut le complice de Pierre Desproges en réalisant les épisodes de La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, ainsi que les captations de ses spectacles au Théâtre Grévin (1984) et au Théâtre Fontaine (1986). C'est également à lui que l'on doit l'intitulé de la dépêche AFP annonçant le décès de l'humoriste: "Pierre Desproges est mort d'un cancer. Etonnant non ?". Il adore Ionesco.

Mon avis : (dans ma bibliothèque depuis 2000)
Ce
Jean-Louis Fournier définit lui-même son livre comme "l'ensemble des règles à suivre pour dire et écrire correctement des bêtises, des grossièretés et quelques horreurs... Une grammaire qui donne peut-être le mauvais exemple mais toujours la bonne règle." En effet, les exemples qui sont complètement fous et décalés et qui nous font bien rire. C'est vraiment savoureux à lire ! On s'amuse en apprenant la grammaire. Cette grammaire doit être dans une bibliothèque au même titre que le Bescherelle et le Bled !

Extraits :

La virgule (,) sépare certains éléments à l'intérieur de la phrase. C'est le signe de ponctuation le plus faible. Elle marque une pause assez courte.

Exemple : Pour ne pas briser la glace, les éléphants ont traversé le lac gelé sur la pointe des pieds. Les éléphants, voyant le lac gelé, se sont concertés très rapidement, puis, après une pause assez courte, ont décidé de traverser le lac sur la pointe des pieds.

*

Le sujet : Le sujet est l'être ou la chose dont le verbe exprime l'état ou l'action. On trouve le sujet en mettant qu'est-ce qui ? ou qui est-ce qui ? avant le verbe.

Exemple : Le gai laboureur est incommodé par les pets incessants de son percheron.

Qui est incommodé par les pets incessants du percheron ? Le gai laboureur parce qu'il est juste derrière et il a le nez à hauteur du cul de la bête donc le gai laboureur est bien le sujet.

*

Les adverbes de négation : ils permettent d'exprimer ou d'accentuer une négation. Les deux principaux sont non et ne. Non s'emploie pour renforcer une négation.

Exemple : « Non, je ne suis pas le dernier des cons », déclara-t-il en désignant la longue file qui le suivait.

Pour opposer deux éléments d'une phrase.

Exemple : L'éléphant s'est assis sur le chasseur par distraction, non par méchanceté.

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18 janvier 2009

80 hommes pour changer le monde - Sylvain Darnil, Mathieu Le Roux

80_hommes_pour_changer_le_monde Lattès - Avril 2005 – 282 pages

Présentation de l'éditeur
Imaginez un monde... Où une banque permet aux trois quarts de ses clients de se sortir de l'extrême pauvreté tout en étant parfaitement rentable... Où un hôpital soigne gratuitement deux patients sur trois et fait des bénéfices... Où les agriculteurs se passent de produits chimiques tout en augmentant leurs rendements... Où les emballages sont biodégradables et nourrissent la terre au lieu de la polluer... Où un entrepreneur de textile qui refuse les délocalisations parvient à doubler son chiffre d'affaires tout en payant ses employés deux fois le salaire minimum... Ce monde existe. Sylvain Darnil et Mathieu le Roux l'ont exploré. Pendant quinze mois, ils ont parcouru la planète à la recherche de ces entrepreneurs exceptionnels. Qu'ils soient architecte, chirurgien, agriculteur ou chimiste, ils ont réinventé leur métier, brisé des préjugés économiques réputés indestructibles. Loin du fatalisme ambiant, ils réussissent à construire le monde auquel ils rêvent au lieu de subir celui qui existe. Ces 80 histoires d'hommes et de femmes prouvent que les initiatives de développement durable ne sont pas des lubies d'écolos babas mais des entreprises qui marchent.

Biographie de l'auteur
Sylvain Darnil est né en 1980 ; après l'ESSCA, il part pour un grand groupe français au Brésil. Mathieu Le Roux est né en 1977; après HEC, il a travaillé au Brésil et aux Etats-Unis. Ensemble ils ont visité trente-huit pays et analysé cent treize initiatives.

Mon avis : (lu en octobre 2007)

Ce livre est vraiment très intéressant et qui redonne de l'espoir dans l'homme et dans le futur de la planète. Tous ces témoignages venant du monde entier sont riches d'enseignements. Ce livre se lit très facilement c'est un ensemble de petites "histoires vraies", de trois pages chacune environ, qui relatent des expériences originales et uniques. Les résultats de ses expériences sont exceptionnels. On voit que le bon sens et l'ingéniosité de certains tordent le cou à beaucoup de préjugés économiques.

A lire absolument pour regarder le monde avec un nouveau regard.

Extraits : voir Site dédié au livre

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