10 décembre 2011

En route pour L’Aude et les Pyrénées-Orientales

 Lu dans le cadre de Masse Critique Littérature jeunesse
 mcjeunesse 

kids_voyage Itak éditions – mai 2011 – 118 pages

Quatrième de couverture :
Des remparts de Carcassonne aux reliefs du Canigou, la montagne sacrée des Catalans, des châteaux cathares à l'ours brun, le seigneur des sommets pyrénéens..., l'Aude et les Pyrénées-Orientales, terres d'histoire aux paysages inoubliables, forment une région idéale de découvertes et d'aventures pour toute la famille. Bon voyage !
Préface: Maud Fontenoy
Plus de 120 activités à vivre en famille
Une sensibilisation aux problèmes environnementaux
Des astuces et des conseils pour profiter pleinement du voyage
Des définitions de mots

Mon avis : (lu en décembre 2011)
J’ai accepté de recevoir ce livre lors de l’opération Masse Critique de Babelio spéciale Littérature Jeunesse. Je trouvais intéressant de découvrir un guide touristique destiné aux enfants de 8 à 14 ans.
Pour la forme, le guide est divisé en trois parties intitulées :
« Avant de partir » avec la présentation de la région, ses spécificités, son histoire, sa faune et sa flore.
« La vie au quotidien » avec ses traditions, ses produits régionaux.
« Embarquement immédiat » avec les activités à faire en famille suivant trois thématiques repérables grâce à un logo de couleur : Nature (parcs, réserves naturelles, jardins botaniques...), Animaux (zoos, aquariums...) et Savoir (monuments, musées, ateliers pédagogiques...)
Au début du guide une double page qui explique comment l'utiliser.
Dans le guide, il y beaucoup de photos, des textes assez simples, plus pour éveiller la curiosité des enfants que pour donner des informations. A la fin il y a un plan schématisé de la région (faussement appelé carte) pour se situer et un carnet d'adresse (avec téléphone et site internet) qui regroupe dans une liste alphabétique par département et par ville de toutes les références du guide.
Pour le fond, j’ai plus de mal à donner un avis car les deux destinations proposées chez Babelio (celle-ci et Côte d’Azur, le Var et les Alpes Maritimes) ne sont pas des lieux de destinations que je connais vraiment…

La collection regroupe 14 guides sur les régions françaises et 5 city-guides sur des capitales européennes.
Un site internet complète le guide : http://kidsvoyage.fr

Merci à Babelio et aux éditions Itak pour m'avoir permis de découvrir ce guide.

 

 

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15 octobre 2011

Destination Cuba - carnet de voyage

Challenge Destination Cuba : 15 octobre 2011
proposé par evertkhorus
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Cuba était une destination qui me faisait très envie, car le hasard faisant bien les choses mon fils de 16 ans est parti cet été 15 jours à Cuba lors d'un voyage solidaire. C'était son premier grand voyage à l'étranger, le dépaysement a été total et il a été très touché par les cubains qui sont très accueillants et qui ont toujours le sourire malgré un quotidien pas toujours facile.
En effet, le pays subit l'embargo américain depuis 1962 et une grave crise économique depuis la disparition de l'URSS.

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Première surprise en sortant de l'aéroport, les touristes voyagent à bord de bus, les cubains sont à bord de charrette à cheval, ou sur de vieux vélos, à pied ou dans les voitures américaines des années 50. Sur les murs le long de la route, ils aperçoivent de nombreux messages de propagande peints.

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Promenade dans les rues de La Havane et visite du musée de la Révolution. La Havane a hérité de l'architecture coloniale espagnole mais la plupart des maisons sont dans un état de délabrement avancé. En effet, les anciens palais de l'aristocratie coloniale sont occupés par des familles pauvres, qui n'ont pas les moyens de les entretenir. Et pourtant le quartier de la Havana vieja (la vieille Havane) est classé patrimoine mondial de l'humanité.

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Une des manifestations les plus visibles de l'embargo est la quasi absence d'automobiles actuelles dans les rues de La Havane. Les automobiles datent des années 50. Dans la réalité, ces automobiles ont toutes été refaites pièce par pièce. En effet, comme il n'est pas possible d'importer des pièces détachées, les mécaniciens cubains sont des orfèvres de la débrouille pour réparer l'irréparable.

Nouveau : pour la première fois depuis un demi-siècle, les Cubains peuvent acheter et vendre librement des voitures et cela depuis le 1er octobre 2011.

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En gare de Remedios, nous montons dans un vieux train à vapeur du début du XXème siècle qui servait à transporter la canne à sucre. L’industrie sucrière date du XIXe siècle, plus de 12000 esclaves africains ont travaillé à son essor.

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Le long de la voie de chemin fer, il y a de nombreux messages de propagande peints.

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À Cuba, il existe deux monnaies, la monnaie nationale (M.N.), utilisée par les Cubains seulement et la monnaie cubaine convertible (appelée CUC) et utilisée principalement par les touristes. On peut la convertir en monnaie nationale mais pas l'inverse et 1 CUC (environ 0,75 euros) vaut 24 M.N.

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CUC

Et pour terminer, de la musique à écouter avec La Banda Municipal de Santiago de Cuba
qui interprète une chanson de Georges Brassens (extrait du disque Echos du monde)

 Ma lecture cubaine : le_nid_du_serpent_p Le nid du serpent - Pedro Juan Gutiérrez

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24 mai 2011

Secret des hommes secret des dieux – Henry Quinson

Lu dans le cadre de de Critique en Masse de Babelio
en partenariat avec les éditions Presses de la Renaissance

 secret_des_hommes_secret_des_dieux Presses de la Renaissance - mars 2011 - 289 pages

Quatrième de couverture :
Conseiller monastique du film Des hommes et des dieux, Henry Quinson retrace cette étonnante et rare aventure humaine et spirituelle.

«Henry Quinson a été tellement précieux !» Lambert Wilson, «frère Christian»

«Secret des hommes, secret des dieux m'a appris beaucoup de choses que j'ignorais dans cette aventure exceptionnelle. Merci à Henry Quinson pour la profondeur de sa relecture spirituelle. Des hommes et des dieux a touché le public d'une manière que je n'ai jamais connue dans ma longue carrière d'acteur. Ce livre en rend compte avec bonheur.» Michael Lonsdale, «frère Luc»

«Secret des hommes, secret des dieux est passionnant, émouvant et instructif. C'est aussi l'amour qui est au coeur du récit d'Henry Quinson et qui le rend si attachant et si beau.» Jean-Marie Frin, «frère Paul»

«J'ai dévoré Secret des hommes, secret des dieux. Écriture magnifique ! On y retrouve tout l'esprit du tournage, tout est juste.» Loïc Pichon, «frère Jean-Pierre»

«Secret des hommes, secret des dieux est un récit captivant. Henry Quinson est la seule personne qui a vécu de l'intérieur toutes les étapes du film et qui a connu les moines de Tibhirine.» Farid Larbi, «Ali Fayattia»

Auteur : Henry Quinson a connu quatre des sept moines assassinés en Algérie en 1996. Économiste franco-américain, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, professeur certifié d’anglais et de lettres, chevalier de l'ordre des arts et des lettres, cet ancien trader a vécu six ans à l’abbaye de Tamié dont étaient issus deux des frères. Il a habité quatorze ans dans une cité de transit à Marseille avec de nombreuses familles musulmanes. Prix 2009 de littérature religieuse pour son récit autobiographique Moine des cités, de Wall Street aux quartiers Nord de Marseille (Nouvelle Cité, 2008), il est l’auteur et le traducteur de plusieurs ouvrages et articles sur le monastère de Tibhirine.

Mon avis : (lu en mai 2011)
J'avais vu au dernier Salon du Livre de Paris le début de la présentation de ce livre, mais n'ayant pas encore vu le film, je n'étais pas restée à la conférence. Aussi lorsque Babelio nous a proposé ce livre pour sa dernière opération Critique en Masse, je l'ai choisi parmi mes quatre choix. Et dès que j'ai reçu le livre, j'ai proposé de regarder le film « Des hommes et des dieux » en famille puis j'ai attendu 3 semaines avant de commencer le livre d'Henry Quinson « Secret des hommes secret des dieux ». Et je n'ai pas pu lâcher le livre tellement il est passionnant. Il y a en premier lieux le récit de la conception du film, la préparation, le tournage, le montage et la présentation au public. Mais il y a bien plus, il nous raconte l'aventure humaine et spirituelle de ce film vraiment pas comme les autres. Il y a également au centre du livre quelques photos du tournage.

Henry Quinson a participé à ce film en tant que conseiller monastique, il connaissait personnellement quatre des frères assassinés à Tibhirine en 1996, Paul, Christophe, Christian et Célestin, il a vécu six ans à l'abbaye de Tamié d'où venaient deux des sept frères et il était également le traducteur de livre « Passion pour l'Algérie. Les moines de Tibhirine : l'enquête d'un historien américain de John W Kiser ». Livre que Xavier Beauvois avait beaucoup consulté pour préparer son film.
Henry Quinson avait lui-même imaginé écrire un scénario sur les moines de Tibhirine pour donner un écho au testament spirituel de Christian de Chergé, le supérieur de la communauté. Mais un ami producteur l'en avait dissuadé et lorsque quelques jours plus tard il reçoit un mail d'Étienne Comar scénariste et producteur qui veut lui parler du projet du film « Des hommes et des dieux », il voit cela comme un signe...
J'ai vraiment beaucoup aimé le film « Des hommes et des dieux » et ce livre est vraiment un bonus formidable et indispensable, pour mieux comprendre « la lumière des moines de Tibhirine ». Pour découvrir comment les acteurs et l'équipe du film ont su faire revivre l'Esprit de la communauté de Tibhirine.

Après cette lecture, je n'ai qu'une envie, revoir le film !

Un GRAND MERCI à Babelio et aux éditions Presses de la Renaissance pour m'avoir permis de découvrir ce livre captivant.

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Le film : « Des hommes et des dieux » a été réalisé en 2010 par Xavier Beauvois avec Lambert Wilson, Michael Lonsdale, Olivier Rabourdin, Philippe Laudenbach, Jacques Herlin, Loïc Pichon, Xavier Maly et Olivier Perrier. Il a obtenu de nombreux prix comme le Grand prix du jury à Cannes en 2010, le César 2011 du meilleur film, César 2011 du meilleur second rôle masculin pour Michael Lonsdale et le César 2011 de la meilleure photographie pour Caroline Champetier...

Pour en savoir plus sur le film : article Wikipédia

Extrait : (début du livre) ici

 

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15 mai 2011

Une vie de Pintade à Berlin – Hélène Kohl

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et Calmann-Lévy

une_pintade___Berlin Calmann-Lévy – mars 2011 – 384 pages

illustrations de Sanaa Kassou

Quatrième de couverture :
Berlin, capitale de l’Allemagne et de l’Europe, capitale de la fête, capitale de la liberté… Berlin où l’on vient tour à tour s’encanailler et s’inspirer, une ville qui n’en finit pas de connaître des transitions. En huit chapitres décoiffants, Une vie de Pintade à Berlin vous guidera dans ses coulisses féminines, avec carnet d’adresses pointu et radioscopie en profondeur des habitants.
Féministes et indépendantes, rebelles et libertaires, les Berlinoises portent leur ville chevillée au corps. Elles sont DJettes, designers, actrices porno-lesbiennes, éternelles adolescentes ou mères de famille. Elles sont naturelles, sans fards, sans artifices. La mode est d’abord pratique pour elles, qui filent sur leurs vélos le long de la Spree. Leurs cafés sont légendaires, leurs brunchs dominicaux, incontournables, leurs saucisses, mythiques, et leurs saunas, indispensables.
Qu’on ne vienne pas leur dire qu’à Berlin l’hiver est trop long : les salles de vapeur sont là pour réchauffer les corps, les marchés de Noël pour réchauffer les cœurs et, pour se réchauffer les sangs, les Pintades berlinoises savent faire la fête jusqu’au bout de la nuit.
Que vous soyez Berlinoise pour un week-end, une année ou une vie, Une vie de Pintade à Berlin vous montrera le chemin des plaisirs teutons. Afin que vous aussi puissiez dire : « Ich bin eine Berlinerin. »

Auteur : Hélène Kohl, 31 ans, vit et travaille à Berlin depuis 2003. Des crues du Rhin aux variations du Dax, en passant par les exploits de la Mannschaft et la cote de popularité de la chancelière, elle couvre l'actualité allemande pour Europe 1, LCI, Le Journal du dimanche et Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Elle a obtenu le Prix franco-allemand du journalisme en 2007.

Mon avis : (lu en mai 2011)
Lorsque Livraddict a proposé ce partenariat avec Calmann-Lévy, j'étais assez curieuse de découvrir Berlin à travers cette collection "une vie de pintade"... J'ai souvent entendu l'auteur à la radio et c'est cela aussi qui m'a incitée à postuler pour ce livre.
Tout d'abord, je ne m'attendais pas à un livre aussi épais... Je l'ai d'abord feuilleté comme un guide avant de le lire vraiment de la première à la dernière page !
Le principe de la collection, c'est un guide-découverte d'une capitale à travers le regard d'une femme journaliste et qui raconte le quotidien, les habitudes et les spécificités des femmes dans cette capitale.
« Une vie de Pintade à Berlin » est divisé en 8 chapitres, chacun étant consacré à un sujet particulier : les sorties, la mode, les femmes indépendantes, la cuisine, les enfants...
A la fin de chaque chapitre, nous trouvons un carnet d'adresses utiles comme dans tout bon guide.
Berlin est une ville où les femmes tiennent une place particulière. Les hommes ont détruit Berlin, les femmes l'ont reconstruit. En effet, après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale ce sont les femmes qui ont déblayé les ruines brique après brique et reconstruit la ville. «Je n'ai pas peur.» Voilà la devise des Berlinoises.
La mode c'est « pratique et confortable avant tout », le look « billig » (bon marché) est légion, « beaucoup de vintage, pas mal de fait maison... Surtout ne pas ressembler aux autres. »
« Toute la ville n'est que récup... » « Les Berlinoises ont toujours été des as de la débrouille, des magiciennes qui transforment du vieux en neuf. » Elles organisent même des Klamottentauschparty (fête de troc de fringues)...
Berlin est une ville débordante d'énergie, de créativité, c'est une ville d'artistes en tous genres...
La Berlinoise pratique le FKK, Freikörperkultur « la culture du corps libre », c'est une philosophie de vie. La nudité ne les gêne pas et la Berlinoise assume son âge.
« Le vélo est un accessoire indispensable à la vie de toute Berlinoise qui se respecte. » La superficie de la ville est huit fois celle de Paris, et c'est un mode de transport parfaitement écolo ! Et ni la pluie, ni le froid n'arrêtent les cyclistes.
Il n'existe pas vraiment de cuisine berlinoise... « la cuisine de Berlin, c'est le mélange « multikulti ».

Un peu effrayé par l'épaisseur du livre, je l'ai finalement lu très facilement, c'est un mélange d'informations et d'anecdotes croustillantes. Hélène Kohl a payé de sa personne pour tester de nombreux lieux et activités répertoriés dans ce livre... C'est vraiment très documenté et très complet.
J'ai pris beaucoup de plaisir durant cette balade au féminin dans Berlin, les Berlinoises sont authentiques, anticonformistes très différentes des Françaises mais très attachantes.
Cela m'a vraiment donnée envie d'aller découvrir par moi-même Berlin et les Berlinoises...

Même si ce livre semble plutôt destiné aux femmes, je pense que les hommes seront également intéressés de découvrir ces « Portraits piquants des Berlinoises »...

Un grand merci à Livraddict et aux éditions Calmann-Lévy de m'avoir permis de passer un très bon moment avec ce livre.

 

Extrait : (Introduction)
« Pour faire le portrait d'un oiseau, peindre d'abord une cage. » Jacques Prévert aurait eu tout faux à Berlin. C'est bien en liberté, toutes plumes au vent, qu'il faut saisir la pintade des bords de Spree. Un siècle de dictature derrière elle, alors la Berlinoise, maintenant, elle veut de l'air, de la tolérance, de la folie même.
Pour croquer la volière de Berlin, il faut de l'énergie. Ma traque dure depuis 2003 déjà. Et, pour mon plus grand bonheur, le safari sociologique se poursuit encore et toujours, dans une métropole huit fois plus vaste que Paris. Où aurai-je la meilleure prise de vue ? Sous des tonnes de débardeurs en textile synthétique, avec la basse-cour des quartiers d'immigrés, dans ces friperies bon marché où jeunes Turques, Libanaises et Iraniennes cherchent le chèche assorti à leur manucure ? Ou bien au-delà de la ligne de S-Bahn qui encercle le centre, vers le grand Est où 40% des familles vivent en dessous du seuil de pauvreté ? Dans un café branchouille pour un brunch au mousseux avec des jeunes libérales qui méprisent les artistes paresseux du nouveau Berlin et ont bien l'intention de faire de cette cité aux 60 milliards d'euros de dettes une ville enfin rentable ? Ou dans une manifestation, avec cette faune colorée et cosmopolite – vieilles hippies, altermondialistes de 20 ans avec des dreads et des percings, bataillons de féministes sans soutien-gorge et les cheveux en brosse – qui tente de sauver les squats, les bars illégaux et les villages de roulottes où l'on vit en communauté au coeur de la capitale du pays le plus riche d'Europe ?
Venez ! L'aventure est alléchante ! Berlin passe actuellement pour être l'eldorado des nuits sans fin, Babylone joyeuse des fêtes éternelles. Je vous promets des rencontres décoiffantes : une femme fontaine en action, une DJ à peine sortie du lit, une lesbienne reine des bigoudis... On pourrait même se prendre au jeu d'expériences extrêmes : laisser son bikini au vestiaire du sauna, croire (ne serait-ce qu'une minute) qu'on va pouvoir accoucher sans péridurale, encourager un club de foot de métallos, être prête à donner sa tunique Kaviar Gauche (celle pour laquelle on a tant compté ses sous) pour séduire un videur tatoué... Car cette saison, c'est chez lui qu'il faut danser ; demain, au gré des rachats immobiliers, des destructions d'usines, des réhabilitations d'espaces, il faudra peut-être aller danser ailleurs. Berlin est une ville mouvante qui n'en finit pas de se réorganiser, de se chercher, de redéfinir ses contours...

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Géographie" et "Animal"

 

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10 mai 2011

Confessions d'une taupe à Pôle Emploi - Gaël Guiselin, Aude Rossigneux

confessions_d_une_taupe___pole_emploi Calmann-Lévy – mars 2010 – 150 pages

Quatrième de couverture :
Un témoignage décapant et explosif, un état des lieux accablant sur Pôle emploi.
Et si Pôle emploi empêchait de retrouver du travail ? Alors que la crise économique a fait exploser le compteur du chômage, rien ne va plus. Agents débordés, déprimés, manque d’information et de formation, culte de la rentabilité et privatisation des missions : la fusion ANPE-Assédic est très difficile.
Le leitmotiv ? Faire du chiffre. Temps réduit pour chaque demandeur d’emploi, radiation pour des broutilles… Globalement, Pôle emploi semble considérer tout demandeur comme un fraudeur en puissance, un suspect permanent. Plus grave, les réformes se succèdent à un rythme tel que les agents n’ont pas le temps de les assimiler. Que dire alors des demandeurs !
Conseiller de Pôle emploi, et ancien chômeur de longue durée, Gaël Guiselin a une chance : il connaît les deux côtés du guichet. Dans ce livre coup de gueule, il fait un état des lieux accablant mais donne également des ficelles pour ne pas se faire broyer par la machine administrative. Un petit livre salutaire.

Auteurs : Gaël Guiselin est le pseudonyme d’un conseiller du Pôle emploi. Diplômé de l’enseignement supérieur, Gaël Guiselin a réussi le concours de l’ANPE quelques jours avant avant la fin de ses droits.
Aude Rossigneux est journaliste. Elle a notamment été la rédactrice en chef de Ripostes, feu l’émission politique de Serge Moati sur France 5.

Mon avis : (lu en mai 2011)
J'ai pris par curiosité ce livre à la bibliothèque, comme j'ai la chance de ne pas connaître Pôle-emploi j'étais intéressée de découvrir ce témoignage. L'auteur nous raconte la fusion de l'ANPE et des ASSEDIC et la nouvelle organisation interne du Pôle emploi. Une organisation pleine de promesses en théorie et qui pratiquement n'a pas les moyens nécessaires pour fonctionner. On découvre le parcours du combattant du chômeur et face à eux les agents de pôle emploi qui malgré les aberrations du système essaye du mieux possible d'aider leurs trop nombreux « clients ».

Certaines situations nous font rire, d'autres nous révoltent ou nous attristent... Ce livre m'a fait découvrir un monde que je ne connaissais pas et m'a fait vraiment prendre conscience des difficultés que peuvent rencontrer les chômeurs...

 

Extrait : (page 13)
A l'origine de ce livre, il y avait l'idée d'écrire une sorte de guide de survie du demandeur d'emploi en temps de crise. Car ma mission de conseiller ne s'arrête pas à la sortie de l'agence. Nous sommes sans cesse interpellés, parfois dans des lieux insolites, au supermarché, entre deux cageots de bananes et le stand fruits secs, à un dîner chez des amis où l'on nous apostrophe : «J'ai raté mon rendez-vous, comment je fais ?». Au baptême d'un neveu : «Si je démissionne j'ai droit à quoi ?». A la sortie de l'école où un père me hèle : «Un de mes employés vient me lâcher, vous auriez pas quelqu'un ?»
Au départ, donc, l'envie d'expliquer, de donner des conseils. Mais, à l'arrivée, le besoin de témoigner. Témoigner pour que les gens comprennent qu'un conseiller est lui-même bien souvent un ancien demandeur d'emploi. De ma période de chômage, je garde le souvenir de la peur qui me tenaillait le ventre lorsque je me rendais à un entretien, lorsque je me disais : «Et si je n'avais pas fait ce qu'il fallait ? Et si pour une raison quelconque on me coupe mes indemnités ? Et si on me propose un travail que je ne souhaite pas ? Et si, et si, et si...» Ecrire pour que l'on sache que quand nous parlons de demandeurs d'emploi, nous savons de quoi il retourne. Nous parlons de nous mêmes, d'un voisin, d'un cousin, de notre compagne, ou d'un de nos parents.
Ecrire pour rappeler que la précarité, nous aussi la connaissons. Et que, lorsqu'un demandeur en entretien s'exclame «Ah non, cette annonce, ça ne va pas aller ! Vous avez vu le salaire ? Vous travailleriez, vous, pour une somme pareille ?», la réponse est oui. Avec un bac +6, et sept ans d'ancienneté, je touche 1370€ net par mois.
Après plusieurs grèves et un malaise qui a fait la une des journaux, la direction nous a soumis en novembre 2009 un questionnaire dont les résultats ont pour objectif d'aider à améliorer nos conditions de travail. Rendus publics début janvier 2010, ils sont édifiants : 71,2% des agents qui ont accepté de répondre affirment se trouver dans une «situation de travail tendue» ; 86% du personnel parle d'une «dégradation» des conditions de travail ; près de 89% estiment n'avoir pas été préparés à la fusion et seuls 33% pensent pouvoir trouver un soutien auprès de leur supérieur en cas de problème.
Raconter, parce que, comme beaucoup d'agents, je n'en peux plus de cette tentation de jeter Pôle emploi avec l'eau du bain de la fusion. Parce que j'en ai marre que des employeurs s'imaginent qu'«en France les gens ne veulent pas bosser» et que «les smicards préfèrent resyer au chômage». Parce que ce n'est plus possible d'entendre dire que si Pôle emploi va mal c'est seulement «la faute à la crise».

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"Animal"

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30 juillet 2010

Le quai de Ouistreham - Florence Aubenas

le_quai_ouistreham Éditions de l’Olivier – février 2010 – 269 pages

Quatrième de couverture :
«La crise. On ne parlait que de ça, mais sans savoir réellement qu'en dire, ni comment en prendre la mesure. Tout donnait l'impression d'un monde en train de s'écrouler. Et pourtant, autour de nous, les choses semblaient toujours à leur place. J'ai décidé de partir dans une ville française où je n'ai aucune attache, pour chercher anonymement du travail. J'ai loué une chambre meublée. Je ne suis revenue chez moi que deux fois, en coup de vent : j'avais trop à faire là-bas. J'ai conservé mon identité, mon nom, mes papiers, et je me suis inscrite au chômage avec un baccalauréat pour seul bagage. Je suis devenue blonde. Je n'ai plus quitté mes lunettes. Je n'ai touché aucune allocation. Il était convenu que je m'arrêterais le jour où ma recherche aboutirait, c'est-à-dire celui où je décrocherais un CDI. Ce livre raconte ma quête, qui a duré presque six mois, de février à juillet 2009. J'ai gardé ma chambre meublée. J'y suis retournée cet hiver écrire ce livre.», Florence Aubenas.

Auteur : Née en 1961, Florence Aubenas a fait la plus grande partie de sa carrière de journaliste à Libération, avant de devenir grand reporter au Nouvel Observateur. Depuis juillet 2009, elle est présidente de l'Observatoire international des prisons.

Mon avis : (lu en juillet 2010)
Pour rendre compte de la crise, Florence Aubenas a voulu vivre de l'intérieur, l'expérience d'un travailleur précaire de février à juillet 2009. Elle s'est installée anonymement à Caen, elle a gardé son identité, elle s'est créée un CV avec un baccalauréat, obligée de trouver du travail après une séparation avec un homme qui subvenait à ses besoins depuis vingt-ans. Et l'aventure commence, Pôle Emploi qui lui propose de devenir femme de ménage, entretien avec les conseillers, formation, chasse aux heures de ménages chez différents employeurs (en général des sociétés de nettoyage).

Elle rencontre une foule de personnages qui accumulent aussi des petits boulots dans le secteur des sociétés de nettoyage, quelques heures à droite et à gauche de tâches peu qualifiées, épuisantes, sous payées. On découvre le monde du chômage et de Pôle Emploi avec ses entretiens obligatoires mais souvent inutiles. Il est admirable de constater l'acharnement que ces gens ont à travailler dans des conditions aussi difficiles pour maintenir l'estime de soi et un lien social. Florence Aubenas a arrêté son expérience le jour où on lui a offert un CDI de 2h30 par jour, ne voulant pas bloquer un travail réel. Cette expérience est très forte et intéressante, le livre se lit comme un roman.

Extrait : (page 71)
Tout le monde m'avait mise en garde. Si tu tombes sur une petite annonce pour un boulot sur le ferry-boat à Ouistreham, fais attention. N'y va pas. Ne réponds pas. N'y pense même pas. Oublie-la. Parmi ceux que j'ai rencontrés, personne n'a travaillé là-bas, mais tous en disent la même chose : cette place-là est pire que tout, pire que dans les boîtes de bâtiment turques qui te payent encore plus mal qu'en Turquie et parfois même jamais ; pire que les ostréiculteurs, qui te font attendre des heures entre les marées avant d'aller secouer les poches en mer par n'importe quel temps ; pire que dans le maraîchage, qui te casse le dos pour des endives ou des carottes ; pire que les grottes souterraines de Fleury, ces anciennes carrières de pierre, puis abris antiaériens pendant la guerre, devenues aujourd'hui des champignonnières, qui te laissent en morceaux au bout d'un après-midi de travail. Pour les pommes, on en bave aussi, mais la saison commence plus tard. Ces boulots-là, c'est le bagne et la galère réunis. Mais tous valent mieux que le ferry de Ouistreham.
[…] (page 85)
C'est le tout petit matin. La veille, pour être sûre de ne pas arriver en retard, j'ai fait deux fois le trajet avec le Tracteur, ma nouvelle voiture. Le rendez-vous est à 5h30, au port d'embarquement du ferry-boat, pour la matinée de formation. A la sortie de Caen, quelques camions naviguent doucement sur la voie rapide entre les ronds-points et les radars, comme en apesanteur ; d'autres sont encore garés en troupeaux à l'entrée des villes où ils ont passé la nuit.
[…]
Nous sommes cinq nouveaux embauchés ce jour-là, à l'embarcadère. Arriver jusqu'au ferry est un nouveau périple. Il faut pénétrer dans la zone sous douane en montrant un badge avec une photo, fourni par la société. Parfois, des vigiles sortent de la guérite et s'accroupissent pour ausculter les essieux ou les habitacles, en parlant de trafics et de clandestins.
Nous nous postons devant un bâtiment composé d'une petite salle nue flanquée de deux toilettes. Nous attendons l'autocar de la compagnie qui nous conduira jusqu'au ferry. La distance entre les deux ne doit pas excéder sept cents mètres, mais il interdit de les effectuer à pied. Entre l'attente, le trajet en car, l'attente à nouveau avant de grimper à bord, il faut compter une bonne demi-heure supplémentaire.

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