28 mars 2017

Vendredi à Livre Paris (Salon du Livre de Paris)

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Vendredi, j'ai décidé tardivement d'aller faire un tour au Salon du Livre de Paris pour l'après-midi

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Je suis arrivée juste à temps pour suivre pour la première conférence sur la Scène Littéraire : Michel Bussi a choisi d’inviter à ses côtés le romancier Régis de Sá Moreira : « Un auteur doté d’une grande imagination et de fantaisie, un savant fou et génial dans la narration » !

Pays invité : Le Maroc

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avec son restaurant sous tente

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ses pâtisseries et son thé à la menthe

Les Expos :

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 LE DESSOUS DES CARTES

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 « LE MASQUE : 90 ANS DE POLARS »

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TANIGUCHI, LE PASSEUR

 Beaucoup de livres...

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Quelques auteurs sont déjà là pour les dédicaces

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Viviane (cuisine)                                                 Alain Mabanckou

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Arnaud Cathrine (roman jeune adulte)            Maurèen Poignonec (album pour enfant)

Il n'y a pas que des livres à Livre Paris...

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une "Boutique Officielle" où se vend tee-shirts, mugs, parapluie...

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un restaurant « bord de mer »

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  marché de fruits séchés

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On peut tester matelas et oreillers avec lecture audio en bonus... 

 

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 Une dernière halte pour la fin de la conférence
Rentrée littéraire : David Bosc – Rebecca Lighieri – Tanguy Viel

La fiction est le chemin le plus court et le plus direct pour faire effraction dans le réel,
en faire apparaître l’ombre et la lumière, en découvrir la vérité ultime.
Une évidence qui relie ces trois romanciers. 

Et pour terminer, le résultat de ma collecte de marque-pages
(photographiés recto et verso)

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27 mars 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [295]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane 

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

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Couleur de peau : miel, tome 4 - Jung 
La fin d'une imposture - Kate O'Riordan

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Opération Napoléon - Arnaldur Indridason (Prix Audiolib 2017)
Un clafoutis aux tomates cerises - Véronique de Bure (Babelio) 

Que lirai-je les semaines prochaines ?

George - Gino Alex (Babelio)
Désorientale - Négar Djavadi (Prix Audiolib 2017)


Bonne semaine et bonnes lectures !

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26 mars 2017

La fin d'une imposture - Kate O'Riordan

Lu en partenariat avec Folio

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Folio - janvier 2017 - 448 pages

Joëlle Losfeld - février 2016 - 384 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Laetitia Devaux

Titre original : Penance, 2016

Quatrième de couverture :
La veille de Noël, deux policiers frappent à la porte d’une jolie maison située dans une banlieue cossue de Londres. Rosalie est déjà lancée dans les préparatifs de cette fête de famille, comme pour oublier que Luke l’a trompée, lorsque les policiers leur annoncent le décès de leur fils aîné. Des mois de descente aux enfers s’ensuivent pour les parents et Maddie, leur deuxième enfant en pleine adolescence. Une chute qui semble brusquement s’interrompre lorsque mère et fille rencontrent Jed dans un groupe de parole. Jeune homme au charme envoûtant, il sait vite se rendre indispensable à la famille. Mais la vulnérabilité qu’a créée ce deuil n’est-elle pas la porte ouverte à toute forme d’emprise ?

Auteur : Kate O'Riordan est irlandaise, elle vit actuellement à Londres. Romancière, elle a notamment publié Intimes convictions, Une mystérieuse fiancée, Le garçon dans la lune et Pierres de mémoire, tous parus aux Editions Joëlle Losfeld ; elle écrit également pour le théâtre et le cinéma.

Mon avis : (lu en mars 2017)
La veille de Noël, Rosalie Douglas attend avec impatience le retour de Rod, son fils de 19 ans, qui rentre de Thaïlande. Avec Luke, son mari, et Maddie leur fille de 15 ans, ils seront enfin réunis tous les quatre. Depuis six mois, leur couple est en difficulté suite à une infidélité de Luke. Ce soir, c'est l'occasion de réunir la famille. Mais la soirée va tourner au cauchemar... Deux policiers frappent à leur porte pour annoncer le décès de Rod qui s'est noyé en Thaïlande. « A présent, tout était brisé »
Six mois plus tard, c'est Maddie qui va mal, elle s'accuse d'être responsable de la mort de Rod, elle s'est rapprochée d'un gang, elle prend du cannabis et un soir, elle revient à la maison après avoir été agressée, la cuisse blessée de plusieurs coups de couteau... Rosalie et Luke ne savent que faire et c'est Tom, leur ami prêtre, qui encourage Rosalie à participer à une groupe de parole avec Maddie. C'est là qu'elles vont faire connaissance avec Jed Cousins, un jeune homme de 19 ans venu se guérir du deuil de sa grand-mère.
Très vite Maddie est attirée par Jed, il a une beauté fascinante et semble aussi fragile qu'elle. Avec se rapprochement avec Jed, Rosalie entrevoit l'espoir de sauver Maddie de sa culpabilité et de ses idées noires. Elle accepte donc le rapprochement entre Maddie et Jed, elle invite ce dernier dans sa maison.
Petit à petit, le lecteur puis Rosalie découvre le vrai visage de Jed... Il se rend indispensable et s'immisce dans la vie des autres...
Ce roman policier est d'une efficacité redoutable, cela commence comme un drame familiale, puis cela évolue comme un thriller psychologique avec des personnages qui évoluent au fil des pages avant de se conclure comme un thriller haletant.
Jed est fascinant et troublant, Maddie est fragile et perdue, Rosalie tient sa fille à bout de bras et se révèle être plus forte que l'on imaginait...

Merci les éditions  Folio pour ce thriller original et prenant...

Extrait : (début du livre)
Elle n’entendit même pas les coups à la porte. Pourtant, ils avaient dû être forts, puisque Maddie cria depuis l’étage :
« Quelqu’un peut-il aller ouvrir ?
— Ouvrir quoi ? » rétorqua Rosalie dans la cuisine.
Elle avait les doigts recouverts de pâte à pudding, et des verrues s’agglutinaient sur le pied de son verre de vin blanc. All the Young Dudes, de Mott the Hoople, s’échappait à tue-tête des enceintes. Les classiques du rock étaient sa musique préférée pour le pudding de Noël, tout comme la pop ringarde des années quatre-vingt restait son choix de prédilection pour le rôti du dimanche.
« La porte ! appela Maddie. Je suis sûre que quelqu’un a frappé. Je sors de mon bain. »
Vingt-deux heures, un vendredi soir. Le vent soufflait derrière la fenêtre de la cuisine, envoyant des aiguilles de pluie argentée contre la vitre sombre. Sous l’abri au bout du jardin, où Luke était en train de récupérer des bûches pour le feu, brillait une lueur ambrée. Rosalie voyait la queue de leur chien Bruno battre avec régularité. Même lui n’avait pas senti de présence devant la maison. Ils étaient douillettement installés chez eux pour affronter les longues soirées obscures menant à Noël, lesquelles provoquaient toujours un frisson d’excitation chez Rosalie, comme dans son enfance. Elle regarda les enceintes et songea à mettre The Kinks, puis quelques vieux chants de Noël au moment où Maddie descendrait. Elle réussirait peut-être même à faire danser à sa fille une valse dans la cuisine, comme quand elle était petite. La perspective de passer Noël en compagnie de son fils Rob, de retour à la maison, qu’ils soient tous les quatre réunis à table, pourrait peut-être même lui faire envisager ce qu’elle refusait depuis six mois – enfin pardonner à son mari.
La cuisine était emplie de vapeur brûlante et de l’odeur âcre des fruits marinés dans le cognac. Rosalie pensa que Maddie s’était trompée au sujet de la porte. Puis il y eut trois petits coups de grattoir, discrets mais insistants. Le labrador chocolat éructa une série d’aboiements depuis le jardin. Rosalie eut-elle un pressentiment entre la cuisine et l’entrée ? Elle se poserait par la suite des centaines de fois la question. Peut-être était-ce la tentative vaine de revivre un dernier instant ordinaire avant que sa main ne se tende vers la porte. N’importe quel dernier instant normal avant que le battant s’ouvre, et que leur famille soit à jamais bouleversée.
Elle était en uniforme. Lui en civil.
« Non », lâcha Rosalie.
Parce qu’elle sut aussitôt. Elle leva une main, la paume dressée comme pour empêcher leurs paroles de l’atteindre. C’était le dernier instant où elle ne saurait pas. Elle ne connaîtrait plus jamais de moment comparable.
« Mrs Douglas ? Mrs Rosalie Douglas ? » demanda le type en civil d’une voix terriblement compatissante.
Je vous en supplie, ne dites rien, exprima-t-elle avec sa paume, comme par déni.

 

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23 mars 2017

Couleur de peau : miel, tome 4 - Jung

9782302053915_1_75 Soleil - octobre 2016 - 144 pages

Quatrième de couverture :
Le dernier voyage que Jung a effectué en Corée le confronte à une famille qui voit en lui leur fils perdu depuis 40 ans. Faut-il faire un test ADN ? Et si la réponse était positive ? Comment ont-ils perdu cet enfant ? Quid de sa famille en Belgique, qui l'a chéri et élevé ?! Partagé entre Europe et Asie, entre le souvenir de ce qui a été et tout ce qui aurait pu être, Jung tente de définir son métissage.

Auteur : Sik Jun Jung est né le 2 décembre 1965 à Séoul, en Corée. Adopté par une famille belge en 1971, il prend pour nom d'adoption Jung Henin. Il suit des études d'Humanités Classiques (latin et mathématiques) à l'Athénée Royal de Rixensart, avant de fréquenter un an, en 1985, l'atelier Saint-Luc de Bruxelles. Il étudie ensuite à l'académie des Beaux-Arts de Bruxelles, en section Illustration. Parallèlement, il fait un bref passage dans le dessin animé, à la Cambre. C'est en 1987 que sa carrière prend un tournant décisif, puisqu'il rencontre Marc Michetz, qui le présente au magazine Spirou. Cela lui permet d'illustrer quelques courts récits dans Spirou et Tintin. Il travaille alors quelques mois dans l'atelier d'Yslaire et de Darasse, et illustre aussi les couvertures du Belgian Business Magazine. En 1991, Jung publie le premier des quatre tomes de Yasuda, chez Hélyode-Lefranc. La finalité de ses dessins est pour lui de faire transparaître des émotions, des sentiments, avec des personnages bien présents, vivants. En 1997, en collaboration avec Martin Ryelandt, il réalise La Jeune Fille et le Vent, aux éditions Delcourt. L'univers asiatique de cette série d'heroïc-fantasy est un retour à ses origines coréennes, et le fantastique lui permet de renforcer le côté évocateur de son dessin, notamment pour le héros : le Vent. Il signe avec Kwaïdan son premier scénario, une nouvelle série qui frappe par la beauté des couleurs directes et la poésie subtile et raffinée qui émane de ce conte nippon.

Mon avis : (lu en mars 2017)
J'ai été étonnée de découvrir que cette série avait un tome 4. Jung l'explique lui même dans la préface de cette BD, il pensait avoir fait le tour de la question de son adoption. Pourtant à la suite de la promotion de l'adaptation au cinéma de Couleur de peau miel, il a voulu partager cette nouvelle expérience qui lui a permis de faire le tour du monde. « J’ai cessé de dire à mon éditeur que c’était le dernier tome. » 
Jung nous raconte son retour chez sa mère adoptive après plusieurs années d'absence. Dans ces BD, il la décrivait assez durement comme peu maternelle. Cette dernière n'est pas rancunière et bienveillante est très fière des BDs de son fils... Il revient sur ses voyages en Corée du Sud, évoque la culture de son pays d'origine, la cuisine, les us et coutumes... Il tente de comprendre pourquoi les mères célibataires abandonnent leur enfant dans des agences d'adoption. Sa rencontre avec une jeune mère célibataire est bouleversante. En dessin et avec quelques photos d'époque, Jung revient également sur certains souvenirs de son enfance, son ton est plus apaisé.
Cette BD autour de l'adoption est toujours aussi intéressante et touchante.

Extrait : (début de la BD)

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Déjà lu du même auteur :

couleur_de_peau_miel_tome1 Couleur de peau : miel, tome 1 CouleurDePeauMiel2 Couleur de peau : miel, tome 2 

tome_3_couv_couleur_peau_miel Couleur de peau : miel, tome 3 le voyage de phoenix Le Voyage de Phoenix

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20 mars 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [294]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane 

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

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Biguden - tome 1 : L'Ankou - Stan Silas 
Sauveur et fils - saison 1 - Marie-Aude Murail 
Voici venir les rêveurs - Imbolo Mbue

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

La fin d'une imposture - Kate O'Riordan (partenariat Folio) 
Le dernier des nôtres - Adélaïde de Clermont-Tonnerre (Prix Audiolib 2017)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Opération Napoléon - Arnaldur Indridason (Prix Audiolib 2017)
Un clafoutis aux tomates cerises - Véronique de Bure (Babelio) 

Bonne semaine et bonnes lectures !

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19 mars 2017

Voici venir les rêveurs - Imbolo Mbue

Prix Audiolib 2017

Voici venir les rêveurs

Audiolib - Février 2017 - 11h57 - lu par Julien Chatelet

Belfond - août 2016 - 300 pages

traduit de l'anglais (Cameroun) par Sarah Tardy

Titre original : Behold the dreamers, 

Quatrième de couverture :
L'Amérique, Jende Jonga en a rêvé. Pour lui, pour son épouse Neni et pour leur fils Liomi. Quitter le Cameroun, changer de vie, devenir quelqu'un. Obtenir la Green Card, devenir de vrais Américains. Ce rêve, Jende le touche du doigt en décrochant un job inespéré : chauffeur pour Clark Edwards, riche banquier à la Lehman Brothers.

Au fil des trajets, entre le clandestin de Harlem et le big boss qui partage son temps entre l'Upper East Side et les Hamptons va se nouer une complicité faite de pudeur et de non-dits. Mais nous sommes en 2007, la crise des subprimes vient d'éclater. Jende l'ignore encore : en Amérique, il n'y a guère de place pour les rêveurs...
Américaine d'origine camerounaise, Imbolo Mbue puise dans son expérience pour raconter les destins croisés de deux familles que tout semble opposer.

Auteur : Née en 1982, Imbolo Mbue a quitté Limbé, au Cameroun, en 1998 pour faire ses études aux États-Unis. Elle a grandi en lisant les grands auteurs africains : Chinua Achebe, Ngugi wa Thiong’o, mais c’est chez Toni Morrison et Gabriel García Márquez que sa sensation d’être écartelée entre deux cultures a trouvé un écho. S’inscrivant dans la lignée d’Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie ou du Ravissement des innocents de Taiye Selasi, Voici venir les rêveurs, son premier roman, a fait l’objet d’enchères effrénées auprès des plus grands éditeurs américains. Imbolo Mbue vit à Manhattan. 

Lecteur : De formation théâtrale – il a fréquenté le cours de Jean-Laurent Cochet – Julien Chatelet a incarné le rôle de l’inspecteur Portal dans Les Cordier, juge et flic. Artiste complet, il tourne dans de nombreux courts-métrages, est réalisateur et chanteur de rhythm’n blues.

Mon avis : (écouté en mars 2017)
Ce roman raconte l'histoire d'une famille camerounaise émigrée à New York. Jende Jonga a toujours rêvé de l'Amérique, grâce à son cousin il émigre aux États-Unis avec un visa de tourisme. Jende est un jeune homme courageux et travailleur, il espère avoir une vie meilleure que celle qu'il a au Cameroun. Il commence par travailler dur pour faire venir son épouse Neni et leur fils Liomi. Il rêve d'obtenir la Green Card et devenir de vrais Américains. Il réussit à décrocher un travail inespéré comme chauffeur de Clark Edwards, un riche banquier très influent à la Lehman Brothers. Entre les deux hommes, une relation étonnante se crée, une amitié durable et sincère.Pour Neni, l'Amérique c'est pouvoir faire des études, elle espère devenir un jour pharmacienne, elle espère également le meilleur pour Liomi. Mais la vie n’est pas si facile pour les Noirs en Amérique, d'autant que nous sommes en 2007 et la crise est là...
Voilà un roman profondément humain, réaliste et touchant sur le choc des cultures, sur les difficultés de l'exil et de l'intégration...
Une belle histoire pleine de générosité et d'espoir. 
Une lecture audio vraiment passionnante, vivante et haute en couleurs.

Extrait : (début du livre)
ON NE LUI AVAIT JAMAIS DEMANDÉ de porter un costume pour un entretien d’embauche. Jamais dit d’apporter un curriculum vitae. Une semaine plus tôt, il ne possédait d’ailleurs pas de curriculum, quand il s’était rendu à la bibliothèque à l’angle de la 34e Rue et de Madison Avenue et qu’un bénévole lui en avait rédigé un, détaillant son parcours afin de montrer qu’il était un homme aux grandes qualités : fermier responsable du labourage des terres et de la bonne santé des récoltes ; cantonnier chargé de préserver la beauté et la rutilance de la ville de Limbé ; chargé de vaisselle dans un restaurant de Manhattan, veillant à ce que les clients mangent dans des assiettes sans traces ni microbes ; taximan officiel dans le Bronx, responsable du bon acheminement des passagers.

Il n’avait jamais eu à s’inquiéter de savoir si son profil correspondrait, si son anglais conviendrait, s’il passerait pour un homme suffisamment intelligent. Mais ce jour-là, vêtu de son costume croisé vert à fines rayures, celui-là même qu’il portait quand il avait débarqué aux États-Unis, une pensée l’obsédait : serait-il capable de faire impression sur un homme qu’il n’avait jamais rencontré ? Malgré tous ses efforts, il ne pouvait penser à autre chose qu’aux questions qu’on lui poserait, aux réponses qu’il faudrait donner, à la manière dont il devrait marcher, s’exprimer, s’asseoir, aux moments où il faudrait parler, à ceux où il faudrait écouter et acquiescer, aux choses qu’il faudrait dire ou ne pas dire, à la réponse à donner si on l’interrogeait sur son statut dans le pays. Sa gorge devint sèche. Ses mains, moites. Incapable d’attraper son mouchoir dans le métro bondé qui le conduisait dans le centre de Manhattan, il les essuya sur son pantalon.
« Bonjour, s’il vous plaît, dit-il à l’agent de sécurité en entrant dans le hall du building Lehman Brothers. Mon nom est Jende Jonga. Je suis venu voir M. Edwards. M. Clark Edwards. »
L’agent, bouc et taches de rousseur, lui demanda une pièce d’identité que Jende s’empressa de sortir de son portefeuille marron deux volets. L’homme s’en empara, examina le recto puis le verso, leva les yeux vers lui, les baissa vers son costume, sourit et voulut savoir s’il se présentait en tant qu’agent de change ou quelque chose comme ça.
Jende secoua la tête.
« Non, répondit-il sans sourire en retour. Chauffeur.
— Ah, fit le vigile en lui tendant un passe de visiteur. Eh bien, bonne chance. »
Cette fois, Jende sourit.
« Merci, mon frère. Toute cette chance, je vais vraiment en avoir besoin aujourd’hui. »

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18 mars 2017

Sauveur et fils - saison 1 - Marie-Aude Murail

sauveur_1 Ecole des Loisirs - avril 2016 - 300 pages

Quatrième de couverture :
Quand on s'appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 m pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d'affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s'évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la maman vient de se remettre en ménage avec une jeune femme... Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien. Mais à toujours s'occuper des problèmes des autres, Sauveur a oublié le sien. Ne devrait-il pas protéger ce petit garçon, Lazare, 8 ans, qui est son fils, menacé par un secret ?

Auteur : Marie-Aude Murail est née au Havre en 1954. Elle vit avec son mari et a trois enfants, deux garçons et une fille. Elle a commencé à écrire pour la jeunesse en 1986. Au début, ses romans étaient surtout destinés à des femmes, puis elle s'est mise à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans. Dans ses romans, on peut retrouver énormément de dialogues entre les personnages. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l'émotion et de l'amour. Le plus souvent, dans ses livres, les histoires se passent dans des milieux urbains et les héros sont des hommes, souvent des ados, motivés par des femmes. Elle a écrit Oh boy (2000), Simple (2004), Maïté coiffure (2004), Miss Charity (2008), Papa et Maman sont dans un bateau (2009), 3000 façons de dire je t'aime (2013).

Mon avis : (lu en février 2017)
Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien, il reçoit ses patients dans sa maison où il vit seul avec Lazare, son fils de 8 ans. Sans que Sauveur le sache, Lazare suit à travers une porte entrouverte la vie des patients de son père comme s'il suivait un feuilleton télévisé.  Il y a Margaux qui se scarifie, Gabin addictif aux jeux vidéo, Cyrille l'énurésique, Ella la phobique scolaire... 
Lazare est un petit garçon intelligent, il réussit à l'école où il fait la paire avec son Paul son meilleur copain. Il aime son père et attend que celui-ci lui parle de sa maman qui est morte lorsqu'il était tout petit. Mais pour Sauveur, le sujet semble tabou...
A travers les consultations de Sauveur, de sa vie privée avec son fils, Marie-Aude Murail dépeint la société d'aujourd'hui et la souffrance des enfants et adolescents autour des thèmes comme la scarification, la dépression, la phobie scolaire, le racisme, l'homophobie…
Un gros bémol sur la couverture du livre et ce cochon d'Inde qui suggère une histoire enfantine... Si l'auteur n'était pas Marie-Aude Murail, jamais je n'aurai eu envie de découvrir son livre... Il y a bien un hamster dans cette histoire, mais ce n'est pas le cœur du sujet de ce livre touchant et attachant.
La bonne idée, c'est qu'il y a une suite...
Je compte bientôt dévorer la saison 2 et je viens de voir que le livre de la saison 3 vient tout juste de sortir. A suivre...

Extrait :
Sauveur ouvrit la porte de la salle d’attente en douceur. Si les gens n’étaient pas prévenus, ils avaient un mouvement de surprise en l’apercevant.
— Madame Dutilleux ?
Madame Dutilleux arrondit les yeux et Margaux baissa les siens.
— Nous avons rendez-vous. Je suis Sauveur Saint-Yves. C’est par ici.
Il désigna son cabinet de consultation de l’autre côté du couloir puis s’effaça. En passant devant lui, madame Dutilleux, la quarantaine, menue dans son jean slim, resserra la ceinture de sa veste en cuir. Margaux, 14 ans, s’enrobant ou se dérobant dans sa doudoune, laissa flotter son écharpe de laine et ses longs cheveux.
Sauveur captait tous les signaux qu’envoient les corps, surtout à ce moment très intense de la première fois. Les quelques pas de Margaux et de sa mère pénétrant sur son territoire lui firent sentir l’hostilité de l’une et la méfiance de l’autre.
— Où on se met ? dit Margaux, la voix rogue.
— Vous choisissez… Mais vous me laissez mon fauteuil.
Sauveur avait la voix caressante de Nat King Cole vous chantant : « Unforgettable, that’s what you are… » Madame Dutilleux piqua des fesses sur un bord de canapé et se tint assise, le dos raide et les mains à plat sur ses cuisses serrées. Margaux lâcha son sac à dos et s’affala à l’autre extrémité du canapé, un bras dans le vide et son écharpe balayant le parquet. Ni l’une ni l’autre ne s’étaient attendues à un interlocuteur noir de 1,90 mètre, plutôt décontracté dans son costume sans cravate.
— Vous êtes docteur ? s’étonna naïvement madame Dutilleux.
— En psychologie.
Pfff, fit Margaux comme un ballon qui se dégonfle. Elle mourait de chaud. Les pointes du col de sa doudoune lui rentraient dans les joues. Mais pour rien au monde elle n’aurait fendu son armure.
— Mon cabinet est un peu trop chauffé, compatit Sauveur. Est-ce que tu voudrais me dire pourquoi tu es là ? Ta maman m’a parlé d’un « problème avec l’école ».
— Mais je voulais pas venir ! se récria Margaux. C’est l’autre, là… « L’autre, là » désignait manifestement sa mère.
— Ne le prenez pas mal, intervint madame Dutilleux, moi aussi, j’aurais autant aimé ne pas venir.— Donc, vous êtes toutes les deux ici contre votre volonté, résuma Sauveur. Vous m’en voyez désolé.
Un ange passa, sans doute au plafond, car Margaux y jeta un regard exaspéré.
— C’est l’infirmière scolaire, se lança madame Dutilleux, madame Sandoz…
— Une facho, précisa Margaux en sourdine.
— Elle est passée dans la classe de Margaux… et dans toutes les classes du collège.
Tout en jetant des coups d’œil sur sa fille, madame Dutilleux cherchait les mots qui pourraient ne pas mettre le feu aux poudres.
— Elle a demandé aux élèves de relever leurs manches… C’était pour vérifier si elles… enfin, ils, parce que ça concerne aussi les garçons, mais moins…
— Qu’est-ce que t’en sais ? reprit la sourdine.
— C’est un peu comme une mode. Avant, c’était plutôt les tatouages ou le piercing…
— Mais n’importe quoi ! maugréa l’autre bout du canapé.

Déjà lu du même auteur :

Simple Simple et Simple (relecture)

 papa_et_maman_sont_dans_un_bateau Papa et Maman sont dans un bateau

MissCharityGRAND Miss Charity la_fille_du_docteur_Baudoin Le fille du docteur Baudoin 

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17 mars 2017

Biguden - tome 1 : L'Ankou - Stan Silas

514BW2jlDbL0_ EP Media - août 2014 - 64 pages

Quatrième de couverture :
Goulwen vit dans une maison à flanc de falaise avec une mémé cabocharde qui croit encore aux Korrigans... C'est sur la plage qu'un événement extraordinaire va bousculer le quotidien de cette famille bretonne ! D'un bateau échoué, Goulwen recueille chez lui une petite japonaise... La confrontation entre les deux cultures va d'abord être explosive !

Auteur : Stan Silas est né en septembre 1977. En 2006, il crée un blog sous le pseudonyme de Sansax, où il s'entraîne aux rudiments de la BD et rencontre son public. Son premier ouvrage, "Meurtres en trois leçons" est édité par Danger Public. Dès son plus jeune âge il dessine partout, son entourage lui prédit une carrière artistique. Mais, étudiant, il découvre qu'un artiste c'est prétentieux, ça parle de trucs pas connus et ça mange des pâtes tous les jours.. Du coup il préfère passer divers diplômes lui assurant un travail au chaud dans un bureau. Alors qu'il semble complètement débarrassé de cette fibre artistique, en 2006 il replonge en créant son blog BD. Il y prend beaucoup de plaisir, apprend les rudiments de la bande dessinée en s'exerçant et récolte au passage des critiques motivantes. À 30 ans sa véritable nature semble l'avoir rattrapé, le guide du meurtre sort dans le commerce, c'est pas trop tôt diront certains. D'un air prétentieux il leur répond que ce n'est qu'un début...

Mon avis : (lu en février 2017)
J'ai découvert par hasard cette BD et le côté breton m'a bien sûr attirée...
Voilà une histoire d'amitié et de choc des cultures très originale.
Goulwen est un petit garçon de 8 ans qui porte un pull marin, adore pêcher, il joue du biniou et sait parler au mouette. Un jour où il est parti jouer sur la plage, il découvre un bateau échoué avec à côté une petite fille de son âge au look un peu spécial... C'est une petite Japonaise portant le kimono et pleine d'énergie !
Pas facile de communiquer lorsque l'un parle le français et le breton et l'autre le japonais mais Goulwen accueille sans hésiter cette nouvelle amie qui ne va pas passer inaperçu dans le petit village breton.
Goulwen vit avec sa mère et sa grand-mère très attachée aux traditions, elle porte la coiffe bigoudène et croit aux korrigans... Sa nouvelle amie semble investie d'une mission et l'histoire part vers une aventure plutôt fantastique mélangeant les croyances celtiques et nippones... Cette orientation m'a dérangée car je suis plutôt hermétique au fantastique... Les deux enfants sont attachants et l'intrigue surprenante.
Le dessin de cette BD a un vrai côté manga et la série continue avec deux tomes supplémentaires que je serai curieuse de découvrir !

 

Extrait : (début du livre)

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15 mars 2017

Masse Critique Babelio

 

Masse-critique-jeunesse-revient

Rendez-vous le mercredi 15 mars 2017

à partir de 7h00 (en théorie...)

c'est maintenant !

Découvrez la sélection Masse Critique

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13 mars 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [293]

93122062

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane 

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

61tryRi2mhL 114926779 ceux qui me restent

Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar - Antoine Choplin
Mörk - Ragnar Jónasson
Ceux qui me restent - Laurent Bonneau et Damien Marie

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

La fin d'une imposture - Kate O'Riordan (partenariat Folio) 
Le dernier des nôtres - Adélaïde de Clermont-Tonnerre (Prix Audiolib 2017)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Opération Napoléon - Arnaldur Indridason (Prix Audiolib 2017)
Un clafoutis aux tomates cerises - Véronique de Bure (Babelio) 

Bonne semaine et bonnes lectures !

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