31 octobre 2016

C'est lundi, que lisez-vous ? [278]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

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A coucher dehors - Aurélien Ducoudray & Anlor 
Je m'appelle Leon - Kit de Waal 
Petit pays - Gaël Faye 

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

La mort nomade - Ian Manook (partenariat Albin Michel)
Mon petit bled au Canada - Zarqa Nawaz (partenariat Denoël)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Le fils de l'Ursari - Xavier-Laurent Petit (Masse Critique Babelio)
S'enfuir, récit d'un otage - Guy Delisle
Irmina - Barbara Yelin 
Mourir partir revenir Le jeu des hirondelles - Zeina Abirached
Au bout du chemin - Patricia Hespel
Les Derniers Jours de Rabbit Hayes - Anna Mc Partlin 

Bonnes lectures et bonne semaine.

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29 octobre 2016

Petit pays - Gaël Faye

petit pays Grasset - août 2016 - 224 pages

Prix Goncourt des Lycéens 2016

Quatrième de couverture : 
En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel  voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…
« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages... J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »
Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, un premier roman d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie.

Auteur : Franco-rwandais, Gaël Faye est auteur compositeur interprète de rap. Aussi influencé par les littératures créoles que par la culture hip hop,  il sort un album en 2010 avec le groupe Milk Coffee & Sugar (révélation Printemps de Bourges). En 2013 paraît son premier album solo,  Pili Pili sur un Croissant au Beurre. Enregistré entre Bujumbura et Paris, il se nourrit d’influences musicales plurielles : du rap teinté de soul et de jazz, du semba, de la rumba congolaise, du sébène… Petit pays est son premier roman.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
En 1992, Gabriel est un petit garçon de 10 ans, qui vit dans le bonheur. Il vit à Bujumbura, la capitale du Burundi, dans un quartier résidentiel avec avec sa petite soeur Ana, son père français et sa mère rwandaise. 
La famille de sa maman sont des réfugiés, dans les années 60, ils ont fuit le Rwanda, lors des massacres contre les Tutsi et ils espèrent pouvoir un jour retourner au pays.
L'impasse où il habite est aussi le lieu des jeux et des rencontres avec sa bande de copains de toutes origines avec lesquels il fait les 400 coups. C'est une enfance enchantée et Gabriel aimerait qu'elle ne s'arrête jamais... 
Mais en toile de fond, il y a la situation politique du pays et du monde et Gabriel découvre qu'il est français, rwandais et tutsi. 
Gabriel a besoin de mettre à distance la violence du monde, il préfère se réfugier dans l'insoucience de enfance, dans la lecture pour garder son innocence le plus longtemps possible. Les évènements, la guerre et la violence auour de lui vont pourtant obliger Gabriel à grandir plus vite que la normale... 
Pour écrire ce premier roman, Gaël Faye s'est largement inspiré de sa jeunesse au Burundi, à l'époque il n'avait pas la même conscience que Gabriel sur la violence qui se passait dans le pays, heureusement ses parents avaient su préserver l'enfant qu'il était encore...
L'écriture est très imagée, pleine de poésie, on ressent parfaitement l'Afrique, sa chaleur, ses odeurs, ses couleurs... Les personnages sont attachants et le lecteur les voit évoluer au cours de l'histoire, en particulier les enfants.
Voilà un livre poignant sur une enfance bouleversée par l'Histoire du "Petit Pays" et la guerre civile. 

Extrait : (début du livre)
Je ne sais vraiment pas comment cette histoire a commencé.
Papa nous avait pourtant tout expliqué, un jour, dans la camionnette.
– Vous voyez, au Burundi c’est comme au Rwanda. Il y a trois groupes différents, on appelle ça les ethnies. Les Hutu sont les plus nombreux, ils sont petits avec de gros nez.
– Comme Donatien ? j’avais demandé.
– Non, lui c’est un Zaïrois, c’est pas pareil. Comme Prothé, par exemple, notre cuisinier. Il y a aussi les Twa, les pygmées. Eux, passons, ils sont quelques-uns seulement, on va dire qu’ils ne comptent pas. Et puis il y a les Tutsi, comme votre maman. Ils sont beaucoup moins nombreux que les Hutu, ils sont grands et maigres avec des nez fins et on ne sait jamais ce qu’ils ont dans la tête. Toi, Gabriel, avait-il dit en me pointant du doigt, tu es un vrai Tutsi, on ne sait jamais ce que tu penses.
Là, moi non plus je ne savais pas ce que je pensais. De toute façon, que peut-on penser de tout ça ? Alors j’ai demandé :
– La guerre entre les Tutsi et les Hutu, c’est parce qu’ils n’ont pas le même territoire ?
– Non, ça n’est pas ça, ils ont le même pays.
– Alors... ils n’ont pas la même langue ?
– Si, ils parlent la même langue.
– Alors, ils n’ont pas le même dieu ?
– Si, ils ont le même dieu.
– Alors... pourquoi se font-ils la guerre ?
– Parce qu’ils n’ont pas le même nez. 
– Ouais, et lui là-bas, avec le chapeau, il est immense, tout maigre avec un nez tout fin, c’est un Tutsi.
– Et lui, là-bas, avec la chemise rayée, c’est un Hutu.
– Mais non, regarde, il est grand et maigre.
– Oui, mais il a un gros nez !
C’est là qu’on s’est mis à douter de cette histoire d’ethnies. Et puis, Papa ne voulait pas qu’on en parle. Pour lui, les enfants ne devaient pas se mêler de politique. Mais on n’a pas pu faire autrement. Cette étrange atmosphère enflait de jour en jour. Même à l’école, les copains commençaient à se chamailler à tout bout de champ en se traitant de Hutu ou de Tutsi. Pendant la projection de Cyrano de Bergerac, on a même entendu un élève dire : « Regardez, c’est un Tutsi, avec son nez. » Le fond de l’air avait changé. Peu importe le nez qu’on avait, on pouvait le sentir.
La discussion s’était arrêtée là. C’était quand même étrange cette affaire. Je crois que Papa non plus n’y comprenait pas grand-chose. À partir de ce jour-là, j’ai commencé à regarder le nez et la taille des gens dans la rue. Quand on faisait des courses dans le centre-ville, avec ma petite sœur Ana, on essayait discrètement de deviner qui était Hutu ou Tutsi. On chuchotait :
– Lui avec le pantalon blanc, c’est un Hutu, il est petit avec un gros nez.

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28 octobre 2016

Je m'appelle Leon - Kit de Waal

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traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Isabelle Chapman

Titre original : My name is Leon, 2016

Quatrième de couverture : 
Leon, 9 ans, est un garçon courageux. Quand un jour sa mère n'arrive plus à se lever le matin, il s'occupe de son demi-frère Jake. Quand l'assistante sociale emmène les deux garçons chez Maureen au gros ventre et aux bras de boxeur, c'est lui qui sait de quoi le bébé a besoin. Mais quand on lui enlève son frère et qu'on lui dit que chez ses nouveaux parents il n'y a pas de place pour un grand garçon à la peau sombre, c'en est trop.
Heureusement Leon rencontre Tufty, qui est grand et fort, qui fait du vélo comme lui et qui, dans son jardin, lui apprend comment prendre soin d'une petite plante fragile. Mais Leon n'oublie pas sa promesse de retrouver Jake et de réunir les siens comme avant. Le jour où il entend une conversation qui ne lui était pas destinée, il décide de passer à l'action...
Émouvant, dramatique mais aussi jubilatoire, Je m'appelle Leon évoque de façon éloquente la force de l'amour, le lien indéchirable entre frères, et ce qui, en fin de compte, fait une famille.

Auteur : Kit de Waal est née à Birmingham, d'une mère irlandaise et d'un père antillais. Elle a travaillé pendant quinze ans dans le domaine du droit, dont plusieurs années comme magistrat, et s'est beaucoup impliquée dans le domaine de l'adoption et du placement d'enfant. Elle a par ailleurs crée une bourse d'études pour promouvoir de jeunes auteurs de milieu modeste. Ses nouvelles ont été récompensées par plusieurs prix. Je m'appelle Leon est son premier roman.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
Leon est un enfant métis de neuf ans, il vient d'avoir un demi frère, Jack. Ce dernier est blanc avec de grands yeux bleus. Tous deux vivent avec leur maman Carol, mais celle-ci est dépressive et très vite Leon est obligé de s'occuper lui-même, tant bien que mal, de son petit frère... Un lien très fort se crée donc entre les deux frères. Mais cette situation ne peut pas durer et les services sociaux prennent en main la situation et Leon et Jake sont placés en famille d’accueil chez Maureen. Cette dernière est formidable, dès le début elle comprend l'immense lien qui unit les deux frères, et lorsque les services sociaux voudront séparer les frères pour offrir Jake à l'adoption, Maureen fera tout son possible pour rassurer Leon et l'aider à supporter ce déchirement... 
Leon n'aura que cesse de retrouver Jake et sa maman pour se retrouver en famille. 
Leon est un petit garçon bouleversant et extrêmement attachant. Leon est un petit garçon courageux, il est victime des décisions des adultes, de sa mère démissionnaire, des services sociaux qui sacrifient la fratrie au profit de Jake... Mais Leon saura s'adapter et rebondir grâce aux rencontres de personnes bienveillantes et aimantes qui vont l'aider à supporter cette vie si injuste pour un petit garçon, Tina, Maureen, Sylvia, Tufty...
C'est une histoire triste mais malgré tout, ce très beau roman est plein de tendresse, d’amour et d’espoir.

Merci PriceMinister et les éditions Kero pour ce livre reçu dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire.

Extrait : (début du livre)
Personne n'a besoin de dire à Leon qu'il vit un moment important. La maternité est devenue silencieuse, comme si rien d'autre n'existait plus. L'infirmière lui demande de se laver les mains puis de s'asseoir le dos droit.
- Attention, dit-elle. Il est fragile.
Mais Leon le sait déjà. L'infirmière lui pose le nouveau-né dans les bras, son petit visage face au sien de manière qu'ils puissent se regarder.
- Tu as un petit frère maintenant. Tu vas pouvoir t'occuper de lui. Tu as quel âge ? Dix ans ?
- Presque neuf, répond la maman de Leon en se tournant vers eux. Huit ans et neuf mois. Presque.
La maman de Leon raconte à Tina l'accouchement, le temps que ça a pris et à quel point elle a eu mal.
- Eh bien, dit l'infirmière en arrangeant la couverture du bébé, tu es grand et fort pour ton âge. Un vrai petit homme.
Elle tapote la tête de Leon et lui caresse la joue d'un doigt.
- Il est beau, tu trouves pas ? Vous êtes beaux tous les deux.
Elle sourit. Leon la trouve gentille : il peut compter sur elle pour bien s'occuper du bébé quand il n'est pas là. Le bébé a les doigts les plus petits qu'il ait jamais vus. Quand il a les yeux fermés, il ressemble à une poupée. Il a une touffe de cheveux blancs très doux sur le sommet du crâne et sa bouche n'arrête pas de s'ouvrir et de se fermer. A travers les petits trous de sa couverture, le bébé chauffe le ventre et les cuisses de Leon. Tout d'un coup, il se met à se tortiller.
- J'espère que tu fais un beau rêve, bébé, chuchote Leon.
Au bout d'un moment, Leon a mal au bras. Pile quand cela devient trop pénible, l'infirmière revient, prend le bébé et veut le donner à la maman de Leon.
- C'est bientôt l'heure de la tétée.
Mais la maman de Leon a son sac à main sur les genoux.
- Ça peut attendre une minute ? Désolée, j'allais au fumoir.

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 Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Angleterre

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22 octobre 2016

Quelques jours de vacances...

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19 octobre 2016

A coucher dehors - Aurélien Ducoudray & Anlor

91B9Dld4LML Bamboo - septembre 2016 - 48 pages

Quatrième de couverture :
Amédée, Prie-Dieu et la Merguez vivent sur les bords de Seine. Mais la destinée fait parfois preuve de bienveillance avec les SDF. Elle offre à Amédée un nouveau toit par le biais d'un héritage : un magnifique pavillon de banlieue. En contrepartie, il doit devenir le tuteur légal de Nicolas, le fils trisomique de sa vieille tante récemment décédée. De surcroit, Amédée se retrouve responsable d'une maison qui attise toutes les convoitises. Mais surtout, il hérite d'un passé, d'une famille et de ses secrets qu'il découvre peu à peu.

Auteurs : Aurélien Ducoudray est né en 1973 à Chateauroux et vit dans un petit village de l’Indre. Photographe de presse, journaliste presse écrite et TV, on lui doit de nombreux documentaires. Après Championzé et La Faute aux chinois, il sort Clichés de Bosnie chez Futuropolis. Ce dernier ouvrage connaît un beau succès. En 2014, il signe son premier ouvrage chez Grand Angle, Amère russie.
Anlor a étudié aux Arts-Décoratifs de Paris (ENSAD) d’où elle est sortie diplômée en section Animation. Elle réalise en 2001 Qui veut du Pâté de Foie ?, court-métrage en volume animé stop-motion, primé dans de nombreux festivals (Annecy, Zagreb, Paris...). Elle travaille ensuite en tant qu’animatrice, puis réalisatrice. En 2011, elle signe sa première BD : Les Innocents coupables chez Grand Angle.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
Trois clochards, Amédée, Prie-Dieu et la Merguez, campent depuis quelques temps sous un pont parisien, ils ont même annexé la cabine téléphonique voisine... Alors qu'ils sont sur le point d'être expulsés, un notaire se présente et annonce qu'Amédée viendrait d’hériter d’une maison à Pontoise. Mais il faut faire vite car cette maison est sur le point d'être vendue aux enchères. Pour devenir propriétaire de cette petite maison, il y a une close spéciale : Amédée doit s'occuper de Nicolas, fils trisomique de la défunte. Il est toujours joyeux et plein d'entrain et il est passionné par les vols spatiaux de Youri Gagarine !
Amédée est un SDF bougon mais au grand coeur, Nicolas rêve d'imiter Youri Gagarine, il s'imagine aller un jour sur la Lune !
Le trio Amédée, Prie-Dieu et la Merguez est haut en couleur et leur rencontre avec Nicolas est touchante et pleine d'humanité.
Ce récit plein de sincérité autour de quatre personnages atypiques donne au lecteur de l'humour et des surprises...

Cet album est le tome 1 d'un diptyque, il s'achève en nous laissant tomber en plein suspens... J'ai donc évidement très envie de connaître la fin de l'histoire !

Extrait : (début de la BD)

 

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17 octobre 2016

C'est lundi, que lisez-vous ? [277]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

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Sens dessus dessous - Milena Agus
Quatre couleurs - Blaise Guinin

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Je m'appelle Léon - Kit de Waal (Matchs de la Rentrée Littéraire - Priceminister)
La mort nomade - Ian Manook (partenariat Albin Michel)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Au bout du chemin - Patricia Hespel
Les Derniers Jours de Rabbit Hayes - Anna Mc Partlin 
Mon petit bled au Canada - Zarqa Nawaz (partenariat Denoël)

Bonnes lectures et bonne semaine.

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14 octobre 2016

Sens dessus dessous - Milena Agus

51lcGK7lWhL Liana Levi - avril 2016 - 160 pages

traduit de l'italien par Marianne Faurobert

Titre original : Sottosopra, 2012

Quatrième de couverture :
Mr. Johnson, le monsieur du dessus, a toujours les lacets défaits et des vestes trouées. Pourtant, c'est un violoniste célèbre qui vit dans le plus bel appartement de l'immeuble, avec vue sur la mer. Anna, la voisine du dessous, partage un petit entresol obscur avec sa fille, taille ses robes dans de vieilles nappes et fait des ménages. Pourtant, elle cache dans ses tiroirs des dessous coquins et des rêves inavoués. Ces deux-là, plus tout jeunes, débordants de désirs inassouvis, étaient faits pour se rencontrer. Dans les escaliers, où montent et descendent des voisins occupés par une farouche quête du bonheur, se tricotent à tous les étages situations rocambolesques, amours compliquées, jalousies absurdes. Mais n'est-ce pas là la clef de voûte de toute vie ? Observatrice indiscrète, pourfendeuse de la normalité, Milena Agus fait la chronique de ce microcosme dans lequel souffle un vent délicieusement frondeur.

Auteur : Milena Agus enthousiasme le public français en 2007 avec Mal de pierres. Le succès se propage en Italie et lui confère la notoriété dans les 26 pays où elle est aujourd'hui traduite. Au fil des textes, elle poursuit sa route d'écrivain, singulière et libre. De ses romans elle dit : "C'est ainsi que je vois la vie, misérable et merveilleuse..." Elle vit à Cagliari, en Sardaigne, où elle est née.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
Alice est étudiante, elle vit dans un appartement 
donnant sur la mer et le port de Calgari. Elle observe et échange avec ses voisins qui vont et viennent. A l'étage du dessus vit Monsieur Johnson, un grand violoniste, il vit seul depuis peu car sa femme est partie. 
A l'étage du dessous habite Anna, une dame au cœur malade, et sa fille Natasha. Elle use sa santé en enchaînant les ménages chez les bourgeois dans toute la ville. Lorsqu'elle apprend que Monsieur Johnson cherche une gouvernante pour s'occuper de lui, Anna n'hésite pas un instant pour accepter le travail. Elle est déjà fascinée par le grand appartement de son voisin et de sa vue éblouissante sur la mer et le port...
Alice est la narratrice de cette histoire qui met en scènes tous ces personnages un peu farfelus, d'âges et d'origines sociales différentes...
Elle évoque le présent mais également le passé de chacun, ensemble ils forment comme une petite famille et l'ambiance de cet immeuble évolue comme dans une pièce de théâtre tragi-comique... C'est léger et touchant, j'ai passé un bon moment de lecture.
Extrait : (début du livre)
Avant de connaître la dame du dessous et le monsieur du dessus, la vieillesse ne m’intéressait pas. Vieux, mes parents n’ont pas eu le temps de le devenir, mon père s’est tué bien trop tôt et ma mère est retombée en enfance. Je ne vois jamais mes grands-parents, et c’est une jeune femme qui prend soin de ma mère.
Quoi qu’il en soit, il est clair qu’aucun vieux n’aurait pu exciter mon imagination. Aucun, excepté la dame du dessous et le monsieur du dessus. Désormais, la vieillesse ne m’apparaît plus comme une ombre mais comme un éclat de lumière, le dernier, peut-être.
Il y a quelque temps, Mr. Johnson, le monsieur du dessus, a frappé à ma porte, vêtu avec sobriété et élégance comme un gentleman, sauf que l’ourlet de son pantalon était décousu, ses lacets défaits et ses chaussettes dépareillées.
« J’habite à l’étage du dessus, m’a-t-il dit. Je suis votre voisin.
– Je le sais. Difficile de ne pas se croiser, dans cet immeuble. »
Il avait un service à me demander : est-ce que je voulais bien arroser ses fleurs, parce qu’il partait jouer du violon sur un bateau de croisière, et que sa femme, qui y tenait beaucoup, surtout aux roses et aux pois rouges, serait désolée de les retrouver desséchées, si elle rentrait.
« Ça n’existe pas, les pois rouges, Mr. Johnson, ce sont sans doute des baies. »
Il y a quelques jours, de retour de croisière, il est passé me remercier, car roses et pois étaient en grande forme, mais là n’était pas le but de sa visite. Avec embarras, il m’a demandé si, parmi mes amies étudiantes, il y en avait une qui saurait faire la gouvernante. Elle serait en échange logée et nourrie, car sa femme était partie, peut-être pour toujours, et qu’il lui fallait quelqu’un pour tenir sa maison, pas simplement une bonne. Il me voyait toujours avec un tas de livres, alors il était sûr de pouvoir me faire confiance.

 

Déjà lu du même auteur : 

 

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12 octobre 2016

Masse Critique Babelio jeunesse

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Rendez-vous le mercredi 12 octobre 2016

à partir de 7h00

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Quatre couleurs - Blaise Guinin

ob_b33504_quatre-couleurs-couv Vraoum Editions - mai 2014 - 140 pages

Quatrième de couleur : 
Deux étudiants échangent leur identité pour réussir leurs examens.
Quatre filles croisent leur route pour le meilleur mais surtout pour le pire.
Un roman graphique noir, rouge, vert et bleu, réalisé au stylo quatre couleurs.

Auteur : Blaise Guinin a commencé sa carrière dans la bande dessinée en publiant quelques dessins sur internet en autodidacte. 
Début 2011, il publie un roman graphique de 130 pages chez Casterman, "en attendant que le vent tourne" et "Georges et la mort". 

Mon avis : (lu en septembre 2016)
J'ai emprunté par hasard ce livre à la Bibliothèque, c'est surtout le fait qu'il avait été dessiné avec un stylo quatre couleurs qui m'a donné envie de découvrir cette bande dessinée. Grégoire est un étudiant peu travailleur, après plusieurs redoublement, son père l'a menacé de lui couper les vivres s'il ne réussissait pas son année. Pour se donner toutes ses chances, il a l'idée brillante d'inverser deux cours avec Pierre, son meilleur ami, afin d'obtenir une meilleure note à l'examen de fin d'année. Mais tricher et mentir n'est pas si facile... En effet, Chloé est une ex de Grégoire, mais toujours très amoureuse de lui va s'en mêler, c'est le grain de sable qui risque de faire capoter la supercherie... 

De la farce, cette histoire va basculer dans le drame et le thriller. C'est plutôt bien réussi même si le personnage très antipathique de Grégoire m'a gêné dans certains de ses comportement.
Côté dessin, c'est à la fois original et minimaliste, j'ai aimé l'utilisation d'un code couleur pour chacun des personnages féminins, les motifs de fond d'image qui cache parfois des surprises...

Extrait :

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10 octobre 2016

C'est lundi, que lisez-vous ? [276]

93122062

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

tant que dure ta colère 1540-1 41WikkDgJZL
Tant que dure ta colère - Ǻsa Larsson 
L'égalité est un long fleuve tranquille - Antoine Chereau 
L'Icône des sables - Olive Le Masne

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Je m'appelle Léon - Kit de Waal (Matchs de la Rentrée Littéraire - Priceminister)
La mort nomade - Ian Manook (partenariat Albin Michel)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Au bout du chemin - Patricia Hespel
Les Derniers Jours de Rabbit Hayes - Anna Mc Partlin 
Mon petit bled au Canada - Zarqa Nawaz (partenariat Denoël)

Bonnes lectures et bonne semaine.

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