14 octobre 2016

Sens dessus dessous - Milena Agus

51lcGK7lWhL Liana Levi - avril 2016 - 160 pages

traduit de l'italien par Marianne Faurobert

Titre original : Sottosopra, 2012

Quatrième de couverture :
Mr. Johnson, le monsieur du dessus, a toujours les lacets défaits et des vestes trouées. Pourtant, c'est un violoniste célèbre qui vit dans le plus bel appartement de l'immeuble, avec vue sur la mer. Anna, la voisine du dessous, partage un petit entresol obscur avec sa fille, taille ses robes dans de vieilles nappes et fait des ménages. Pourtant, elle cache dans ses tiroirs des dessous coquins et des rêves inavoués. Ces deux-là, plus tout jeunes, débordants de désirs inassouvis, étaient faits pour se rencontrer. Dans les escaliers, où montent et descendent des voisins occupés par une farouche quête du bonheur, se tricotent à tous les étages situations rocambolesques, amours compliquées, jalousies absurdes. Mais n'est-ce pas là la clef de voûte de toute vie ? Observatrice indiscrète, pourfendeuse de la normalité, Milena Agus fait la chronique de ce microcosme dans lequel souffle un vent délicieusement frondeur.

Auteur : Milena Agus enthousiasme le public français en 2007 avec Mal de pierres. Le succès se propage en Italie et lui confère la notoriété dans les 26 pays où elle est aujourd'hui traduite. Au fil des textes, elle poursuit sa route d'écrivain, singulière et libre. De ses romans elle dit : "C'est ainsi que je vois la vie, misérable et merveilleuse..." Elle vit à Cagliari, en Sardaigne, où elle est née.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
Alice est étudiante, elle vit dans un appartement 
donnant sur la mer et le port de Calgari. Elle observe et échange avec ses voisins qui vont et viennent. A l'étage du dessus vit Monsieur Johnson, un grand violoniste, il vit seul depuis peu car sa femme est partie. 
A l'étage du dessous habite Anna, une dame au cœur malade, et sa fille Natasha. Elle use sa santé en enchaînant les ménages chez les bourgeois dans toute la ville. Lorsqu'elle apprend que Monsieur Johnson cherche une gouvernante pour s'occuper de lui, Anna n'hésite pas un instant pour accepter le travail. Elle est déjà fascinée par le grand appartement de son voisin et de sa vue éblouissante sur la mer et le port...
Alice est la narratrice de cette histoire qui met en scènes tous ces personnages un peu farfelus, d'âges et d'origines sociales différentes...
Elle évoque le présent mais également le passé de chacun, ensemble ils forment comme une petite famille et l'ambiance de cet immeuble évolue comme dans une pièce de théâtre tragi-comique... C'est léger et touchant, j'ai passé un bon moment de lecture.
Extrait : (début du livre)
Avant de connaître la dame du dessous et le monsieur du dessus, la vieillesse ne m’intéressait pas. Vieux, mes parents n’ont pas eu le temps de le devenir, mon père s’est tué bien trop tôt et ma mère est retombée en enfance. Je ne vois jamais mes grands-parents, et c’est une jeune femme qui prend soin de ma mère.
Quoi qu’il en soit, il est clair qu’aucun vieux n’aurait pu exciter mon imagination. Aucun, excepté la dame du dessous et le monsieur du dessus. Désormais, la vieillesse ne m’apparaît plus comme une ombre mais comme un éclat de lumière, le dernier, peut-être.
Il y a quelque temps, Mr. Johnson, le monsieur du dessus, a frappé à ma porte, vêtu avec sobriété et élégance comme un gentleman, sauf que l’ourlet de son pantalon était décousu, ses lacets défaits et ses chaussettes dépareillées.
« J’habite à l’étage du dessus, m’a-t-il dit. Je suis votre voisin.
– Je le sais. Difficile de ne pas se croiser, dans cet immeuble. »
Il avait un service à me demander : est-ce que je voulais bien arroser ses fleurs, parce qu’il partait jouer du violon sur un bateau de croisière, et que sa femme, qui y tenait beaucoup, surtout aux roses et aux pois rouges, serait désolée de les retrouver desséchées, si elle rentrait.
« Ça n’existe pas, les pois rouges, Mr. Johnson, ce sont sans doute des baies. »
Il y a quelques jours, de retour de croisière, il est passé me remercier, car roses et pois étaient en grande forme, mais là n’était pas le but de sa visite. Avec embarras, il m’a demandé si, parmi mes amies étudiantes, il y en avait une qui saurait faire la gouvernante. Elle serait en échange logée et nourrie, car sa femme était partie, peut-être pour toujours, et qu’il lui fallait quelqu’un pour tenir sa maison, pas simplement une bonne. Il me voyait toujours avec un tas de livres, alors il était sûr de pouvoir me faire confiance.

 

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Posté par aproposdelivres à 16:12 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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