Lu en partenariat avec les éditions Folio

le ravissement 71H54JaCp5L

Folio - février 2016 - 432 pages

Gallimard - septembre 2014 - 384 pages

traduit de l'anglais par Sylvie Schneiter

Titre original : Ghana must go, 2013

Quatrième de couverture :
C’est l’histoire d’une famille, des ruptures et déchirements qui se produisent en son sein, et des efforts déployés par chacun pour œuvrer à la réconciliation. En une soirée, la vie de la famille Sai s’écroule : Kweku, le père, un chirurgien ghanéen très respecté aux États-Unis, subit une injustice professionnelle criante. Ne pouvant assumer cette humiliation, il abandonne Folá et leurs quatre enfants. Jusqu’à l'irruption d’un nouveau drame qui les oblige tous à se remettre en question.

Auteur : Taiye Selasi, née à Londres, a passé son enfance dans le Massachusetts et vit à Rome. Elle est titulaire d'une licence de littérature américaine de Yale et d'un DEA de relations internationales d'Oxford. Elle fait son entrée en littérature en 2011 en publiant dans Granta The Sex Lives of African Girls. Cette nouvelle, qui a fait sensation, a été reprise dans le recueil Best American Short Stories 2012. Le ravissement des innocents, son premier roman, a été traduit en 17 langues.

Mon avis : (lu en mars 2016)
Ce livre nous raconte l'histoire de la famille Sai, d'origine africaine, ils ont vécu également aux États-Unis. Cela commence avec la mort subite de Kweku, le père.  Sa mort va obliger toute la famille à se retrouver et à revenir au Ghana.
Le lecteur va découvrir peu à peu chacun de ces six personnages.
Des années plus tôt, Kweku, était chirurgien, il a quitté sa femme, ses quatre enfants et les États-Unis après avoir été injustement renvoyé de son travail. Il est retourné au Ghana. 
Flora, la mère, est restée aux États-Unis avec Sadie la petite dernière.
Olu, l'aîné, est envoyé en pension et deviendra un brillant médecin.
Taiwo et Kehinde, les jumeaux seront envoyés chez un oncle au Nigeria. 
Je referme ce livre avec un sentiment mitigé... En effet, j'ai eu beaucoup de mal à terminer ce livre touffu (j'avoue avoir survolé le dernier tiers) , avec ses longues descriptions, ses nombreux flashback... J'ai eu beaucoup de mal à m'y retrouver : le livre se situe soit en Afrique (Ghana, Nigeria), soit aux Etats-Unis, les personnages sont nombreux. 
L'écriture est poétique mais la construction trop brouillonne complique l'ensemble et je n'ai pas réussi à m'attacher vraiment aux différents personnages... J'ai fini par me lasser.

Merci les éditions Folio pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
Kweku meurt pieds nus un dimanche matin avant le lever du jour, ses pantoufles tels des chiens devant la porte de la chambre. Alors qu’il se tient sur le seuil entre la véranda fermée et le jardin, il envisage de retourner les chercher. Non. Ama, sa seconde épouse, dort dans cette chambre, les lèvres entrouvertes, le front un peu plissé, sa joue chaude en quête d’un coin frais sur l’oreiller, il ne veut pas la réveiller. Quand bien même il le tenterait, il n’y parviendrait pas.
Elle dort comme un taro. Un tubercule privé de sensations. Elle dort comme la mère de Kweku, coupée du monde. Des Nigérians en sandalettes déboulant devant leur porte dans des chars russes rouillés pourraient dévaliser leur maison, sans la moindre discrétion, ainsi qu’ils y ont pris goût à Victoria Island (d’après ses amis en tout cas : grossiers rois du pétrole et cow-boys démobilisés dans la mégapole de Lagos, cette bizarre race africaine : intrépide et riche), elle continuerait à ronfler mélodieusement, on dirait une composition musicale, à rêver de bonbons et de Tchaïkovski. Elle dort comme une enfant.
La pensée l’a malgré tout accompagné de la chambre à la véranda, risque fictif de perturbation, numéro qu’il se joue. Une habitude depuis son départ du village, petite représentation en plein air destinée à un public composé d’une seule personne. Une ou deux : lui et son cameraman invisible qui s’est enfui à son côté dans l’obscurité avant l’aube, en lisière de l’océan, et ne l’a plus quitté. Filmant silencieusement sa vie. Ou la vie de l’Homme Qu’il Souhaite Être et Qu’Il a Laissé Devenir.
Dans ce plan-séquence, une scène d’intérieur : le Mari Prévenant.
Qui ne fait aucun bruit tandis qu’il sort furtivement du lit, repousse les draps, pose ses pieds l’un après l’autre sur le sol, s’efforce de ne pas réveiller sa femme plongée dans un sommeil de plomb, de ne pas se lever trop vite afin d’éviter de déplacer le matelas, traverse la pièce à pas de loup, ferme la porte très doucement. Et marche dans le couloir de la même façon, franchit la porte menant à l’atrium où, bien qu’elle ne puisse sûrement pas l’entendre, il reste sur la pointe des pieds. Il emprunte le court passage équipé d’un radiateur électrique qui relie l’aile de la chambre principale à l’aile du séjour, s’arrête l’espace d’un instant pour admirer sa maison.

 Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Angleterre