Lu en partenariat avec les éditions Folio

la fractale des raviolis_f la fractale

Folio - août 2015 - 240 pages

Alma éditeur - août 2014 - 268 pages

Quatrième de couverture : 
«"Je suis désolé, ma chérie, je l’ai sautée par inadvertance." Je comprends que l’on puisse sauter une femme par dépit, par vengeance, par pitié, par compassion, par curiosité, par habitude, par intérêt, par gourmandise, et même parfois par amour. Par inadvertance, ça non.»
Comment se venger d’un mari volage ? En l’empoisonnant avec son plat préféré. Mais rien ne se passe comme prévu et c’est tout un engrenage qui se met en place.
Un premier roman gigogne d’une inventivité rare, qui nous fait voyager dans l’espace et le temps.

Auteur : Né en 1973 à Marseille, Pierre Raufast est un ingénieur diplômé de l'Ecole des Mines de Nancy. Il vit et travaille à Clermont-Ferrand.

Mon avis : (lu en décembre 2015)
Voilà un livre très étonnant... D'abord son titre qui mélange mathématique et cuisine... On s'interroge : "Qu'est-ce que cela veut dire ?" et "Pourquoi un titre pareil ?" 
Si vous êtes curieux et avez du temps, voici le lien vers l'article wikipédia sur la fractale... Je retiens  "Les fractales sont définies de manière paradoxale, en référence aux structures gigognes dont ils constituent des cas particuliers", c'est peut-être toujours pas claire pour vous... Dans la nature, on peut rencontrer des fractales comme un flocon de neige, un chou romanesco, un réseau de rivières...
Le titre évoque donc la forme du roman constitué d'histoires gigognes : des histoires qui pourraient se lire indépendamment mais qui s'enchaînent les unes aux autres avec brio.

Les raviolis apparaissent très vite dans l'histoire car tout commence avec une femme trompée bien décidée à supprimer Marc, son mari, en l'empoisonnant avec un plat de raviolis. C'est l'heure de ce mettre à table, et voilà que la voisine vient leur confier Théo, son fils de cinq ans et Marc propose au petit bonhomme de partager le plat de raviolis... Vite une idée pour empêcher Théo de toucher aux raviolis ! Ainsi s'achève le premier de la vingtaine de chapitres. Dans le chapitre suivant, la femme se souvient d'un souvenir de jeunesse alors qu'elle travaillait ponctuellement dans un bar à hôtesse à Pussemange en Belgique. Puis il est question des vierges de Barhofk, de l'étrange don de Paul Sheridan, d'un arnaqueur de cimetières, de Franck Vermüller, de Grimalov, de rats-taupes... et dans les dernières pages du livre le lecteur découvrira la conclusion du premier chapitre...
Les différents chapitres se lisent plutôt facilement les styles sont variés tantôt policier ou thriller ou comédie ou conte ou même fantastique, on explore également différentes époques et le lecteur a hâte de découvrir la conclusion...

Merci Anne-Laure et les éditions Folio pour ce roman vraiment atypique.

Extrait : (début du livre)
« Je suis désolé, ma chérie, je l’ai sautée par inadvertance »

 Je comprends qu’un homme puisse sauter une femme par dépitn par vengeancen par pitié, par compassion, par désœuvrement, par curiosité, par habitude, par excitation, par intérêt, par gourmandise, par nécessité, par charité, et même parfois par amour. Par inadvertance, ça non. Pourtant, ce substantif vint spontanément à l’esprit de Marc, lorsque je le pris sur le fait avec sa maîtresse.

Définition d’ « inadvertance » : défaut accidentel d’attention, manque d’application (à quelque chose que l’on fait).

faut-il le dire ? Quand j'ouvris cette porte, ce que je vis n'avait rien d'un manque d'application. Bien au contraire. Il s'agissait d'un excès de zèle érotique caractérisé. En tout cas, le porc qui vit à mes côtés ne m'a pas sautée avec autant d'inadvertance depuis longtemps...

A la définition, le dictionnaire accolait une citation de Martin du Gard : « Antoine ne voulait pas se laisser distraire une seconde de cette lutte pressante qu'il menait contre la mort. La moindre inadvertance, et ce souffle vacillant pouvait s'évanouir. »
Cela faisait déjà un bout de temps, chez moi, que le souffle vacillant menaçait de s'évanouir. Plusieurs années sans doute. Cette inadvertance-là fut de trop et déclencha tout le reste.