20 pieds sous terre Actes Sud junior - avril 2014 - 206 pages

Quatrième de couverture :
Un coup de téléphone et la vie de Manon bascule. Son frère Théo est mort électrocuté par le troisième rail du métro parisien. Au-delà de la douleur, une foule de questions reste en suspens. Que faisait Théo en pleine nuit dans le tunnel reliant les stations Père Lachaise et Gambetta ? Quelle double existence menait-il ? Terrible accident ou crime sordide ? Une enquête souterraine dans le dédale du métro parisien et le monde clandestin du graf.

Auteur : Normalienne et agrégée de lettres modernes, Charlotte Erlih a enseigné les arts du spectacle à l'université de Nanterre, avant de se consacrer à l'écriture et à la réalisation. Elle a co-signé avec Coline Serreau L'Académie Fratellini - Le cirque de plain-pied (Actes Sud, 2008). Aux éditions Actes Sud Junior, son premier roman, Barka Posh, a obtenu le prix NRP 2013 et le prix Sésame 2014.

Mon avis : (lu en décembre 2015)
Un coup de téléphone au milieu de la nuit et la vie de Manon est bousculée. C'est la police qui annonce à ces parents que son frère Théo est mort électrocuté sur le troisième rail du métro parisien. Mais que pouvait-il bien faire en pleine nuit dans un tunnel du métro ? 
Manon est stupéfaite de découvrir que son frère lui avait caché son activité de graffeur et d'autres secrets... Elle est persuadée que sa mort n'est pas un accident, mais ni la police, ni ses parents ne veulent agir.
Elle va donc mener l'enquête par elle-même et découvrir le monde souterrain du métro parisien et celui des graffeurs.
Cette histoire se lit comme roman policier, les descriptions sur le monde du graf sont très bien documentées et très intéressante. Le personnage de Manon évolue au cours du roman et au fil de ses rencontres, elle s'ouvre aux autres.
Une belle découverte.

Extrait : (page 34)
À la sortie de son cours, Manon se laisse happer, sans réfléchir, par la bouche de métro la plus proche et grimpe dans un wagon. Elle ne poursuit aucun but, ne cherche à aller nulle part, ne souhaite même pas revoir le graf de son frère qu’elle a entraperçu la veille. Elle veut simplement être là, dans le métro.
Bercées par le ronronnement du train, ses pensées vagabondent. Bientôt, une myriade d’interrogations l’assaillent, nuée de sauterelles dans un champ de blé. Depuis combien de temps son frère hantait-il les sous-sols parisiens, pourquoi a-t-il commencé à taguer, avec qui, comment a-t-il su se frayer un chemin dans les labyrinthes du métro, comment a-t-il pu se laisser surprendre par le troisième rail ?
A chaque nouvelle question, la sensation de vide contre laquelle Manon lutte depuis deux jours enfle et envahit ses poumons, sa poitrine, sa gorge. Elle ne saurait dire précisément à quel moment l'idée éclot en elle, traverse les couches de sa conscience et, petite voix lancinante, se trace un chemin jusqu'à son cerveau, mais brusquement, elle en est certaine.
C’est impossible. Non pas que Théo ait été dans le métro jeudi soir alors qu’il était censé réviser un partiel, ni qu’il ait tagué en douce depuis des mois peut-être, ni même qu’il soit mort. Ce qui est impossible, c’est que son décès soit accidentel. Théo n’aurait jamais trébuché sur le troisième rail.

Déjà lu du même auteur : 

2013-12-31_145847 Bacha Posh