22 juillet 2015

Temps glaciaires – Fred Vargas

temps glacières Flammarion - mars 2015 - 497 pages

Quatrième de couverture :
"Adamsberg attrapa son téléphone, écarta une pile de dossiers et posa les pieds sur sa table, s'inclinant dans son fauteuil. Il avait à peine fermé l'oeil cette nuit, une de ses soeurs ayant contracté une pneumonie, dieu sait comment. La femme du 33 bis ? demanda-t-il. Veines ouvertes dans la baignoire ? Pourquoi tu m'emmerdes avec ça à 9 heures du matin, Bourlin ? D'après les rapports internes, il s'agit d'un suicide avéré. Tu as des doutes ? Adamsberg aimait bien le commissaire Bourlin. Grand mangeur grand fumeur grand buveur, en éruption perpétuelle, vivant à plein régime en rasant les gouffres, dur comme pierre et bouclé comme un jeune agneau, c'était un résistant à respecter, qui serait encore à son poste à cent ans. Le juge Vermillon, le nouveau magistrat zélé, est sur moi comme une tique, dit Bourlin. Tu sais ce que ça fait, les tiques ?".

Auteur : Fred Vargas est née en 1957, il s'agit là de son nom de plume pour l'écriture de romans policiers. Passionnée d'archéologie, pendant toute sa scolarité, elle ne cesse d'effectuer des fouilles. Elle suit des études d'histoire, s'intéresse premièrement à la Préhistoire puis choisit d'orienter son parcourt sur le Moyen-Âge. Fred Vargas a quasiment créé un genre romanesque : le Rompol. Avec 13 romans à son actif, tous parus aux Éditions Viviane Hamy, elle a été primée à plusieurs reprises notamment pour Pars vite et reviens tard qui se voit récompensé du Grand Prix des Lectrices de ELLE en 2002, du Prix des libraires et du Deutscher Krimipreis (Allemagne). Fred Vargas a su créer des personnages étonnants et attachants. Le plus célèbre des commissaires vargassiens, Jean-Baptiste Adamsberg, et son acolyte, Adrien Danglard, constituent des personnages récurrents des ouvrages de l'auteur. Les livres de Fred Vargas sont traduits dans une quarantaine de pays et sont adaptés au cinéma ou la télévision.

Mon avis : (lu en juillet 2015)
Étant une inconditionnelle de Fred Vargas, lorsque j’ai appris qu’elle sortait un nouveau livre, après plus de quatre années d'absence, j’étais vraiment impatiente de le découvrir. J’ai eu l’occasion de voir l’émission de La Grande Librairie où Fred Vargas était invitée et la promotion sur son livre a été plutôt bizarre... J'avais donc un peu peur de découvrir cette nouvelle aventure d'Adamsberg. J'avais tort, car cette enquête difficile d'Adamsberg et son équipe est très réussie.
Cela commence par plusieurs morts maquillés en suicide avec la présence d'un mystérieux dessin laissé à côté de chaque victime par un tueur en série... Adamsberg explore alors deux pistes : les premières victimes ont participé, dix ans auparavant, à un voyage en Islande où ils ont été prisonniers de la brume sur une petite île pendant plusieurs jours, elles sont également membres de la société des "amis de Robespierre" et participent à des reconstitutions en costumes des séances des assemblées pendant l'époque de la Terreur. Adamsberg hésite, son équipe est partagée et un soupçon de rébellion apparaît... Tout est là pour captiver et pour tenir en haleine le lecteur !

Extrait : (début du livre)
Plus que vingt mètres, vingt petits mètres à parcourir avant d'atteindre la boîte aux lettres, c'était plus difficile que prévu. C'est ridicule, se dit-elle, il n'existe pas de petits mètres ou de grands mètres. Il y a des mètres et voilà tout. Il est curieux qu'aux portes de la mort, et depuis cette place éminente, on persiste à songer à de futiles âneries, alors qu'on suppose qu'on énoncera quelque formule d'importance, qui s'inscrira au fer rouge dans les annales de la sagesse de l'humanité. Formule qui sera colportée ensuite, de-ci de-là : « Savez-vous quelles furent les dernières paroles d'Alice Gauthier ? »
Si elle n'avait rien à déclarer de mémorable, elle avait néanmoins un message décisif à porter, qui s'inscrirait dans les annales ignobles de l'humanité, infiniment plus vastes que celles de la sagesse. Elle regarda la lettre qui tremblait dans sa main.
Allons, seize petits mètres. Depuis la porte de son immeuble, Noémie la surveillait, prête à intervenir au premier vacillement. Noémie avait tout tenté pour empêcher sa patiente de s'aventurer seule dans la rue, mais le très impérieux caractère d'Alice Gauthier l'avait vaincue.
— Pour que vous lisiez l'adresse par-dessus mon épaule ?
Noémie avait été offensée, ce n'était pas son genre.
— C'est le genre de tout le monde, Noémie. Un de mes amis – un vieux truand par ailleurs –, me disait toujours : « Si tu veux garder un secret, eh bien garde-le. » Moi, j'en ai gardé un longtemps, mais il m'embarrasserait pour grimper au ciel. Encore que, même ainsi, mon ciel n'est pas gagné. Débarrassez-moi le plancher, Noémie, et laissez-moi aller.

Avance bon sang, Alice, ou Noémie va courir vers toi. Elle s'appuya sur son déambulateur, se poussa sur neuf mètres, huit grands mètres au moins. Dépasser la pharmacie, puis la laverie, puis la banque, et elle y serait, à la petite boîte postale jaune. Alors qu'elle commençait à sourire de son succès proche, sa vue se brouilla et elle lâcha prise, s'effondrant aux pieds d'une femme en rouge qui la reçut dans ses bras en poussant un cri. Son sac se répandit au sol, la lettre s'échappa de sa main.
La pharmacienne accourut, interrogeant, palpant, s'activant, tandis que la femme en rouge rangeait dans le sac à main les objets éparpillés, puis le déposait à ses côtés. Son rôle éphémère s'achevait déjà, les secours étaient en route, elle n'avait plus rien à faire là, elle se remit debout et recula. Elle aurait aimé se rendre encore utile, exister un peu plus sur la scène de l'accident, donner au moins son nom aux pompiers qui débarquaient en force, mais non, la pharmacienne avait tout pris en main, avec l'aide d'une femme affolée qui disait être la garde-malade : elle criait, pleurait un peu, Mme Gauthier avait absolument refusé qu'elle l'accompagne, elle habitait à un jet de pierre, au 33 bis, elle n'avait commis aucune négligence. On chargeait la femme sur un brancard. Allons ma fille, cela ne te regarde plus.
Si, pensa-t-elle en reprenant son chemin, si, elle avait vraiment fait quelque chose. En retenant la femme dans sa chute, elle avait évité que sa tête ne frappe le trottoir. Peut-être lui avait-elle sauvé la vie, qui pouvait prétendre le contraire ?

Déjà lu du même auteur :

Ceux_qui_vont_mourir_te_saluent Ceux qui vont mourir te saluent l_homme_aux_cercles_bleus L'Homme aux cercles bleus

Debout_les_mort Debout les morts Un_peu_plus_loin_sur_la_droite Un peu plus loin sur la droite

sans_feu_ni_lieu Sans feu ni lieu l_homme___l_envers L'Homme à l'envers

Pars_vite_et_reviens_tard Pars vite et reviens tard sous_les_vents_de_neptune  Sous les vents de Neptune

Dans_les_bois__ternels Dans les bois éternels un_lieu_incertain Un lieu incertain

les_quatre_fleuves Les Quatre fleuves (BD) vargas L'Armée furieuse 

 

 

Posté par aproposdelivres à 06:44 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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