22 mars 2015

Les loups blessés - Christophe Molmy

Lu en partenariat avec les Editions de la Martinière 

les loups blessés Editions de la Martinière - mars 2015 - 334 pages

Quatrième de couverture :
Ce sont deux loups blessés. L’un par une vie de braquages, d’extorsions, d’années passées en prison : Matteo Astolfi, un criminel de haut rang. L’autre par son métier, la pression de sa hiérarchie, les trahisons de ses indics : Renan Pessac, commissaire à Paris. Leurs deux destins vont se percuter. De braquages en filatures, ils vont se chercher, se traquer. Chercher tous deux à échapper à leur destin, pour connaître l’impossible rédemption. Jusqu’au grand chaos.

Auteur : Christophe Molmy est chef de la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI), dite aussi Brigade de l’antigang, à Paris. Spécialiste du grand banditisme, Il a commencé sa carrière dans la Police Judiciaire à Marseille, et a longtemps travaillé à l’Office Central pour la Répression de Banditisme (OCRB). Il a 45 ans et c’est son premier roman.

Mon avis : (lu en mars 2015)
Tout commence avec le braquage de deux convoyeurs de fonds qui tourne mal, les deux convoyeurs ayant été froidement tués pour un butin de seulement soixante mille euros. Le lecteur sait que les coupables sont deux frères, Imed et Nordine Belkiche, connus plutôt dans le trafic de drogue, et le jeune Doumé Astolfi, Corse et frère de Matteo, un caïd du grand banditisme.
Du côté de la police, il y a le commissaire Renan Pessac est chef du Service central de répression du banditisme et l'équipe de Philippe Lelouedec. Pour obtenir des informations, Renan Pessac est en relation avec deux indics : Tania, une prostituée, devenue une amie et le Grand.
Grâce à l'auteur, qui est lui-même dans la police, le lecteur découvre le dessous de la profession, les méthodes de filatures, d'écoute, de renseignement, le vocabulaire... C'est plutôt intéressant et instructif.
Nous allons suivre durant tout le roman policier, le jeu du chat et de la souris entre bandits et policiers.
J'ai trouvé quelques longueurs à l'intrigue pas si palpitante que cela. Mais j'ai trouvé ce livre très bien documenté et donc très intéressant pour connaître le fonctionnement des indics et d'une enquête policière.
Merci Anaïs et les Editions de la Martinière pour cette découverte.

Extrait : (début du livre)
À l’abri dans un hall d’immeuble, Matteo Astolfi cherchait à reprendre son souffle, plié en deux, dos au mur, les mains posées sur ses genoux. Les muscles de ses cuisses étaient en feu et sa gorge si sèche qu’il chercha un peu de salive pour parvenir à déglutir. Après la fusillade, le calme qui régnait là avait quelque chose d’irréel. Dehors, le bruissement de la rue ressemblait à une brise intemporelle, comme une étrange mélopée chargée de l’inquiétude des passants. Au milieu du trafic, qui reprenait lentement, il entendait leurs murmures tandis qu’ils cherchaient à glaner des détails sur l’événement qui venait de secouer le quartier. Les sens aux aguets, il épiait le moindre mouvement, et chaque son résonnait comme une menace. Derrière la vitre opaque de la porte, les silhouettes, pareilles à celles d’un théâtre d’ombres, dansaient sur le trottoir. Matteo s’efforça au calme pour retrouver ses esprits et tenta de se redresser. Une pointe de feu fusilla son ventre, le renvoyant dos au mur. Tout était allé si vite, qu’il s’était mis à courir sans réfléchir, sans même réaliser qu’il était blessé, avant que sa chair meurtrie ne commence à diffuser une douleur aiguë dans tout son corps. Maintenant, son abdomen le lançait atrocement. Il souffla à petits coups et tenta de se concentrer sur le décor de ce film noir dont il était devenu l’acteur. Les murs sales et décatis qui l’entouraient lui arrachèrent une grimace de dégoût, il s’en détourna en fermant les yeux. Ici, tout suintait la misère et la crasse. Tout n’était que laideur. Cette bâtisse ressemblait à son monde, finalement, et tout était sa faute. Ses jambes faiblirent et il glissa lentement au sol. Il serra les dents pour ne pas se mettre à hurler. Son organisme ne secrétait plus d’endorphine, une souffrance atroce lui déchirait les entrailles à chaque respiration. La peau de ses mains avait pris une teinte blafarde qui l’effrayait. Prudemment, il glissa une main sous son teeshirt pour chercher la plaie du bout des doigts, mais la douleur le secoua de tremblements. Un goût métallique et salé inonda sa bouche, il cracha un peu de sang, considérant, vaguement hébété, la tâche brune qu’il venait de lâcher sur les carreaux de ciment défraîchis. Ses jambes étaient engourdies par l’humidité qui montait du sol. Quand tous ses membres furent paralysés par le froid, il cessa de lutter et se sentit flotter jusqu’à ce que la lumière s’éteigne. Plongé dans le noir, plus rien ne pouvait l’empêcher de se laisser couler. La pièce se mit à tourner autour de lui et il s’évanouit, enfin. Lorsqu’il reprit connaissance, le mur jaune pisseux était toujours là, en face de lui. Rien n’avait changé, ni ici ni dehors, et il sut qu’il allait devoir faire un choix. Il pouvait encore se battre, lutter pour se remettre debout et s’enfuir. Ou bien abandonner et mourir ici.

 Challenge Petit Bac 2015 
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Animaux (3)

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  16/25 

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