Lu dans le cadre du Prix du Roman Fnac 2014

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les fils de rien Fayard - août 2014 - 201 pages

Quatrième de couverture : 
Avoir seize ans, avoir vingt ans dans les années quatre-vingt. L'époque est à la rigueur. Des pères vaincus baissent les yeux devant leurs fils. Il s'agit alors de s'échapper, de fuir le mauvais côté du périphérique. Se frayer un chemin à travers les jardins ouvriers à l'abandon. Quitter ses amis, les princes, les humiliés. Kader, Abdou, Jean-Phi. Choisir la vitesse et la violence. Puis, un soir, rejoindre enfin une meute skinhead. Voici la trajectoire d'un fils de rien. Nom de guerre : Falco. Vingt-cinq ans plus tard, retiré du monde, il se souvient, et se fait face. Voici la confession d'un exilé et la quête de ce qui demeure en lui d'humanité et d'espérance.

Auteur : Stéphane Guibourgé a quarante-huit ans. Les fils de rien, les princes, les humiliés est son onzième livre.

Mon avis : (lu en juillet 2014)
C'est le roman que j'ai préféré de la sélection Prix du Roman Fnac 2014.
A quarante-sept ans, le narrateur construit une maison de ses mains pour son fils et se souvient de son passé. Un passé qu'il n'arrive pas à oublier : d'abord voleur de voiture, puis pour fuir la banlieue, il choisit la violence et devient skinhead. Il fait de la prison... 

La narration est parfois difficile à suivre, le narrateur évoque dans le désordre son passé, son présent... J'ai eu parfois du mal à comprendre la chronologie de l'histoire. Les chapitres courts donnent un ton percutant aux propos, la violence du passé s'oppose à l'humanité, à la poésie et aux silences du présent. Cette confession trente ans après est vraiment touchante. 

Extrait : (page 25)
Je voudrais ne plus faire qu'un avec le torrent. Retrouver ce mouvement, les mots qui ont poli les galets. Être capable de creuser un lit profond année après année. Epouser les contours de la vallée. Accepter les obstacles, les éviter sans heurts. Charrier les souvenirs, les remords et les instants de grâce comme des sédiments. Les noyer et cependant rester en vie. Devenir une source. Garder mes bergers solides pour qu'au soir les animaux viennent y boire.
Je ne saurais dire à quel moment de l'existence un endroit devient enfin un refuge. Quel est l'instant où l'on sait que nous avons trouvé notre place. Que nous y trouverons tranquillité, sérénité. A quoi reconnaît-on cet instant ? Je l'ignore. Mais il existe ici un mystère qui me protège.

Voilà ce que je cherche : la fragilité. Le doute. Ne plus jamais me laisser entraîner par ce que j'abrite. La violence, la colère qui rôdent . Le bruit de la chaîne, le bruit de l'anneau, le bruit de l'acier... La barque à peine retenue au ponton dans les lueurs de l'aube.

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2014 
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4/6

  Challenge Petit Bac 2014
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"Cercle familiale" (8)