22 juillet 2014

La ville heureuse - Elvira Navarro

Lu en partenariat avec les Editions Orbis Tertius

la-ville-heureuse Editions Orbis Tertius - juillet 2014 - 224 pages

traduit de l’espagnol par Alice Ingold

Titre original : 2009

Quatrième de couverture :
Un jeune garçon arrive de Chine pour rejoindre sa famille qui a émigré en Espagne. Une fillette fuit à la recherche d'un vagabond qui l'effraye et la fascine. La Ville heureuse est ce roman en forme de diptyque construit autour de deux histoires imbriquées, deux récits d'apprentissage et de découverte d'un monde fait de mensonges, de laideur et de conventions hypocrites. Chi-Huei a quitté la Chine, son village de province où il vivait heureux en compagnie de sa vieille tante. Contraint à l'âge de six ans de rejoindre sa famille qui survit dans la grande ville jamais nommée, à la tête d'un commerce rudimentaire pompeusement baptisé Restaurant chinois, il se heurte à sa propre nostalgie, à la honte et la déception que lui inspire sa famille aux chimériques ambitions de réussite, à une langue étrangère, aux difficultés d'intégration, de découverte et d'apprentissage d'un monde nouveau. Il partage le même quartier que Sara avec qui il noue une amitié complice. Celle-ci est la protagoniste du deuxième récit, mené depuis la troublante et subtile intériorité de la fillette. À la découverte de l'univers qui l'entoure, transgressant les règles de jeu fixées par son père et les tabous sociaux qu'impose leur vie bourgeoise, elle franchit les limites interdites du quartier. Effrayée et fascinée à la fois par un vagabond qui hante ces lieux, elle nouera avec lui une relation singulière et finira par découvrir ce monde des adultes, à la fois cruel et incom­préhensible. Car elle ignore tout : une ignorance qui est sans doute le plus précieux des privilèges et le constat le plus cruel de l'enfance.

Auteur : Elvira Navarro est née à Huelva en 1978. Elle a passé son enfance entre Valence et Cordoue et elle vit désormais à Madrid où elle a obtenu son diplôme de Lettres. En 2004, elle a remporté le Prix des Jeunes Créateurs de la Ville de Madrid. Son premier livre, La ville en hiver, paru en 2007, est chaleureusement accueilli par la critique et récompensé par le prix Fnac du Jeune Talent. En 2009, elle publie La ville heureuse et obtient simultanément deux prix pour ce livre, le prix Jaen et le Prix Tormenta, ainsi que le titre de meilleur roman de l'année décerné par le journal Publico. Son troisième roman, La travailleuse, est récemment paru en Espagne. Choisie par la revue Granta parmi les 22 meilleurs auteurs de langue espagnole de la jeune génération, Elvira Navarro est, comme le souligne Enrique Vila-Matas, « l'avant-garde subtile et presque cachée de sa génération ».

Mon avis : (lu en juillet 2014)
J'ai accepté cette proposition de partenariat sans savoir ce que j'allais découvrir, je ne connais ni la maison d'édition, ni l'auteur...
Ce livre est surprenant car constitué de deux histoires distinctes même si les deux personnages principaux sont présents dans les deux... La première raconte la vie de Chi-Huei un jeune chinois qui a quitté la Chine à l'âge de six ans pour rejoindre sa famille émigrée en Espagne et qui s'occupe d'une affaire de restauration. Il est question de son intégration dans un nouveau pays, dans une famille qu'il découvre, dans un quartier, une école... Il se liera d'amitié avec Sara une camarade de son âge qui est la narratrice de la deuxième partie... Petite fille, un jour où elle est allée faire une course seule, elle croise un jeune vagabond, elle est troublée, oublie ses achats et s'enfuit laissant tomber son argent... Depuis, elle est revenue sur les même lieux cherchant à revoir ce vagabond qui lui fait à la fois peur et qui la fascine. Partout dans la ville, elle le cherche malgré elle, jusqu'au jour où elle osera lui parler.
J'ai sciemment censuré la quatrième de couverture qui dévoile tout des deux histoires, ne laissant aucune surprise au lecteur...
Une lecture agréable mais sans plus, j'ai trouvé l'histoire de Chi-Huei un peu brouillonne et factuel, dans de nombreux chapitres l'auteur s'intéresse plus aux différents membres de sa famille ou aux projets des siens qu'au jeune garçon. Du côté de Sara, l'histoire se termine bizarrement et m'a laissé sur ma faim.

Merci K.Dona et les éditions Orbis Tertius pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
Après le dîner, son père parla à la vieille dans la cuisine pendant que Chi-Huei les épiait depuis le jardin. Il lui remit une enveloppe et Chi-Huei sentit un frisson pareil à celui du cauchemar qu'il faisait souvent, un mélange de typhons, de feuilles de comptes et de longs ongles rugueux qui se plantaient dans la peau de celle qui semblait être sa mère. Chaque fois qu'il se réveillait de ce rêve, il regardait vers la porte : une ombre blottie dans la pénombre du couloir, dont les murs tapissés sentaient la friture, était sur le point d'entrer. La tante Li compta les billets et les mit dans un pot, et son père sortit de la cuisine. Le choeur des grillons montait des fourrés, monotone et précis, couvrant le ronronnement du trafic et le bruit de fond des voix du voisinage sortant des fenêtres ouvertes. La chaleur de l'atmosphère estivale diffusait l'odeur douce et acide d'un néflier. Chi-Huei aimait s'arrêter sous cet arbre pour aspirer l'étrangeté de la nuit, même si à cet instant il ne faisait guère attention à sa vibration silencieuse. Il était resté suspendu à l'argent que la tante venait de compter, à la vieille et à son père réunis dans la cuisine comme s'ils tenaient un conciliabule. 

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