17 juillet 2014

La faiseuse d'anges - Camilla Läckberg

la faiseuse d'ange Actes Sud - juin 2014 - 448 pages

traduit du suédois par Lena Grumbach

Titre original : Änglamakerskan, 2011

Quatrième de couverture :
Pâques 1974. Sur l’île de Valö, aux abords de Fjällbacka, une famille disparaît sans laisser de trace. La table est soigneusement dressée pour le repas de fête, mais tout le monde s’est volatilisé. Seule la petite Ebba, âgée d’un an, erre, en pleurs, dans la maison abandonnée. L’énigme de cette disparition ne sera jamais résolue.

Trente ans plus tard, Ebba revient sur l’île et s’installe dans la maison familiale avec son mari. Accablés par le deuil et la culpabilité après le décès de leur fils, ils nourrissent l’espoir de pouvoir y reconstruire leur vie, loin du lieu du drame. Mais à peine se sont-ils installés qu’ils sont victimes d’une ten tative d’incendie criminel. Et lorsqu’ils commencent à ôter le plan - cher de la salle à manger, ils découvrent du sang coagulé. C’est le début d’une série d’événements troublants qui semblent vouloir leur rappeler qu’on n’enterre pas le passé.
De son côté, Erica s’était depuis longtemps intéressée à l’affaire de la mystérieuse disparition sur l’île. Apprenant le retour de la seule survivante, elle se replonge aussitôt dans le dossier. Elle n’imaginait pas que l’affaire était si complexe. Elle n’imaginait pas que tout avait commencé il y a plus d’un siècle avec une faiseuse d’anges. Elle n’imaginait pas que les secrets familiaux allaient mettre en péril l’une des personnes les plus importantes de sa vie.

Auteur : Née en 1974, Camilla Läckberg est l’auteur d’une série de romans policiers mettant en scène le personnage d’Erica Falck et de son compagnon le commissaire Patrik Hedström. L’intrigue se situe toujours à Fjällbacka, ancien port de pêche de la côte ouest en Suède, reconverti en station balnéaire, qui sous des apparences tranquilles cache de sordides relations humaines.
Après La Princesse des glaces (2008), Le Prédicateur (2009), Le Tailleur de pierre (2009), L’Oiseau de mauvais augure (2010), L’Enfant allemand (2011) et La Sirène (2012), Le Gardien de phare (2013), La Faiseuse d'anges est le huitième volet de la série. 

Mon avis : (lu en juillet 2014)
Comme chaque fois, j'ai toujours beaucoup de plaisir à retrouver Erica, Patrick et leur petite famille à Fjällbacka. Je n'ai donc pas une totale objectivité en lisant cette nouvelle aventure suédoise...
Depuis trente ans, un mystère plane sur l'île de Valö : toute une famille a disparu laissant le repas de Pâques entamé et la petite Ebba bébé seule. Cette dernière, devenue adulte, revient sur l'île avec son mari pour rénover la maison pour en faire une maison d'hôtes. Or pendant une nuit, un incendie se déclare dans la maison...
Y a-t-il un lien avec le passé ?
Cette histoire intrigue bien sûr Erica qui va mener son enquête en parallèle avec celle de la police et de son mari... 

Une intrigue très bien construite qui mêle le passé et le présent, la grande Histoire de la Suède et un fait divers de Fjällbacka. La mécanique est peut-être toujours la même mais c'est réussi et après quelques rebondissements, le dénouement est surprenant !
Pour cette fois, tous les épisodes de cette série déjà écrits en suédois ont été traduits... Est-ce que Camilla Läckberg compte prolonger la série... je n'ai aucune indice pour répondre à cette question.

Extrait : (début du livre)
Ils s’étaient imaginé pouvoir surmonter le deuil en se lançant dans les travaux de rénovation. Ni l’un ni l’autre n’était sûr que ce soit une très bonne idée, mais ils n’avaient pas beaucoup d’autres options. À part abandonner et se laisser lentement dépérir.
Ebba fit danser le racloir sur la façade de la maison. La peinture s’enlevait facilement. Déjà sérieusement écaillée, il suffisait d’un petit coup de pouce pour qu’elle s’en aille. Le soleil brûlant de juillet la faisait transpirer, la sueur collait sa frange sur son front et son bras la faisait souffrir à force de répéter le même va-et-vient pour le troisième jour consécutif. Mais la douleur physique l’aidait à oublier la douleur dans son coeur, et elle l’accueillait avec gratitude.
Elle se retourna et observa Melker qui sciait des planches sur le gazon devant la maison. Il dut sentir son regard, car il s’arrêta un instant, leva la tête et lui fit un petit signe de la main, comme à une connaissance qu’on salue en passant. Ebba sentit sa propre main faire le même geste maladroit.
Plus de six mois s’étaient écoulés depuis le drame, et ils ne savaient toujours pas comment se comporter l’un avec l’autre. Tous les soirs, ils se tournaient le dos quand ils se couchaient dans le lit conjugal, redoutant un contact involontaire qui aurait pu déclencher une situation ingérable. Comme si le chagrin les remplissait à tel point qu’il n’y avait de place pour aucun autre sentiment. Pas d’amour, pas de chaleur, pas de compassion.
La faute restait suspendue entre eux, lourde et inexprimée.
Tout aurait été plus simple s’ils avaient pu la définir et déterminer à qui elle incombait. Mais elle passait de l’un à l’autre, changeait de taille et de forme et modifiait sans cesse son angle d’attaque.
Ebba se remit au travail. Sous ses mains, des plaques entières de peinture blanche se détachaient de la façade, et le bois apparaissait. Elle caressa les planches avec sa main libre. De toute évidence, cette maison possédait une âme. Leur pavillon mitoyen à Göteborg était pratiquement neuf quand ils l’avaient acheté. À l’époque elle avait adoré son aspect brillant et rutilant, sans la moindre éraflure. Aujourd’hui, le neuf n’était qu’un rappel de ce qui avait été, et cette vieille maison avec tous ses défauts semblait plus en accord avec son état d’esprit.
Elle se reconnaissait dans le toit et ses fuites d’eau, dans la chaudière qu’il fallait régulièrement redémarrer à grands coups de pied et dans les fenêtres à courants d’air qui interdisaient de poser une bougie sur leur bord sans qu’elle soit soufflée.
Dans son coeur aussi il y avait des courants d’air et des fuites d’eau. Et les bougies qu’elle essayait d’allumer étaient implacablement éteintes.
Peut-être son âme pourrait-elle guérir ici, sur Valö. Elle ne conservait pas de souvenir de l’endroit, pourtant c’était comme si l’île et elle se retrouvaient. Valö était située juste en face de Fjällbacka. En descendant vers l’embarcadère, elle pouvait voir la petite localité s’étendre de l’autre côté du bras de mer.
Devant la paroi rocheuse escarpée, les petites maisons blanches et les cabanes rouges de pêcheur formaient comme un collier de perles. C’était tellement beau que ça lui faisait presque mal.
La sueur coulait dans ses yeux et les irritait. Elle s’essuya le visage avec le bas de son tee-shirt, plissa les paupières vers le soleil. Dans le ciel, les mouettes tournoyaient et s’interpellaient bruyamment, leurs cris se mêlaient au vrombissement des bateaux à moteur qui sillonnaient l’archipel. Elle ferma les paupières et se laissa emporter par les bruits. Loin d’elle-même, loin de…
— Ça te dit, une petite trempette ? On a besoin de faire une pause.
La voix de Melker perça l’écran sonore et la fit tressaillir. Confuse, elle secoua la tête, puis acquiesça.

 

Déjà lu du même auteur :

la_princesse_des_glaces La Princesse des glaces  le_pr_dicateur Le Prédicateur

le_tailleur_de_pierre Le Tailleur de pierre l_oiseau_de_mauvais_augure L'Oiseau de mauvais augure

l_enfant_allemand L'Enfant allemand cyanure Cyanure la_sir_ne La Sirène 

9782330018962  Le gardien de phare

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Posté par aproposdelivres à 09:03 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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