27 mai 2014

La mauvaise pente - Chris Womersley

Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226258113g Albin Michel - mai 2014 - 331 pages

traduit de l'anglais (Australie) par Valérie Malfoy 

Quatrième de couverture : 
Lee, un petit voyou d’une vingtaine d’années, se réveille dans un motel sordide avec une balle dans le ventre, une valise pleine de dollars, et pas la moindre idée de ce qui a pu le mener jusqu’ici. À son chevet, Wild, médecin morphinomane en rupture de ban, son seul recours pour l’aider à quitter les lieux avant que la police ne débarque. Complices malgré eux, ils vont chercher refuge dans la maison de campagne d’un confrère de Wild. Une intimité maladroite s’installe entre ces deux hommes en cavale dont l’un est hanté par un séjour en prison et l’autre fuit un procès pour erreur médicale. Mais un troisième larron est à leurs trousses : Josef, un vieux gangster roumain superstitieux et violent, qui a pour mission de récupérer l’argent et de s’occuper de Lee. Une bonne fois pour toutes…
Couronné en Australie par le prestigieux Ned Kelly Award, ce grand roman noir, qui est aussi un conte moderne sur l’aliénation et le désespoir, est servi par la prose sèche et tendue de Chris Womersley, auteur du très remarqué Les Affligés.

Auteur : Né en 1968 à Melbourne, Chris Womersley est considéré comme l'un des meilleurs jeunes écrivains australiens. Il a connu une véritable consécration auprès de la presse et du public avec Les Affligés, son deuxième livre, finaliste de tous les grands prix littéraires du pays (2012). La mauvaise pente a été récompensé par le Ned Kelly Award en 2008.

Mon avis : (lu en mai 2014)
Je n'ai toujours pas lu le premier livre de Chris Womersley Les Affligés, je n'ai donc pas hésité à accepter ce partenariat.

Tout commence dans un motel, Lee, blessé au ventre par une balle, saigne dans un lit, il possède une valise pleine d'argent mais il a oublié comment il est arrivé là... Dans une chambre voisine, il y a Wild, un ancien médecin, drogué qui fuit un procès pour erreur médicale. Wild va soigner Lee et tous deux vont s'associer pour fuir le tueur qui est aux trousses de Lee et la police qui recherche Wild.
Le lecteur va suivre les péripéties des deux hommes dans leur fuite et découvrir qui sont vraiment Lee et Wild. Malgré leurs situations passés ou présentes, ces deux personnages sont attachants, associés par les circonstances dans cette cavale, au fil des pages le portrait de Lee et Wild se précise. L'histoire est sombre, elle est construite avec suspense et réserve quelques surprises au lecteur. Une belle découverte.

Merci Claire et les éditions Albin Michel 

Extrait : (début du livre)
Emergeant de profondeurs océaniques, Lee revint lentement à lui. Il lui semblait que c'était en rêve qu'il battait des paupières, face à ses genoux cagneux. La chambre se taisait, comme s'apprêtant à l'accueillir. Telle une grossière figurine d'argile, rigide et très ancienne, il était couché dans ce lit, et il clignait des yeux.
Enfant, s'il avait peur, la nuit, il s'efforçait de respirer de façon à ne pas attirer l'attention de la chose tapie dans l'obscurité. tout doucement. Comme si on pouvait se cacher des fantômes qui hantaient les chemins, à la recherche d'enfants à dévorer. A une certaine époque - il avait quatorze ans -, il se réveillait même parfois parfois avec la sensasion que sa chambre tout entière, arrachée de ses gonds, était propulsée à travers l'espace. A ce moment-là, Claire, sa soeur, se matérialisait à son chevet, plaçait fermement ses mains sur ses épaules et attendait que cessent ces pleurnicheries. Elle ne disait rien. Il n'y avait rien à dire, vu la situation.
Et, là encore, Lee s'efforçait de rester aussi immobile que possible, de se faire tout petit au sein de l'univers, convaincu que la potentielle perturbation de son réveil pourrait affecter le déroulement de la journée. Autant partir du bon pas. Il prolongea encore un peu ce moment. De l'air tiède murmurait dans ses poumons. Il humecta ses lèvres et parcheminées.
Finalement, il s'autorisa à respirer plus normalement et ouvrit les yeux. La chambre était rougeâtre, le jour filtrait à travers un fin voilage. Mur d'un jaune sinistre, fenêtre en aluminium. Une chambre de motel, apparemment.

 

Posté par aproposdelivres à 07:32 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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