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Alma éditeur - août 2011 - 107 pages

10/18 - août 2012 - 91 pages

Quatrième de couverture : 
Le voyage géographique et intime d'un jeune homme.
Walther quitte la femme qu'il aime pour aller vagabonder du nord au sud, des Flandres laiteuses jusqu'à l'Espagne éclatante. Un voyage qui finira par le ramener presque par hasard à l'essentiel, vers celle qui a su le laisser partir et attendre leur enfant. Composé d'instantanés d'une grande délicatesse, ce roman est conçu en deux parties : les jours d'errance puis la vie à demeure, les lointains dépaysants et l'art des petits riens.

Auteur : Thomas Vinau est né en 1978 à Toulouse et vit au pied du Luberon. Nos cheveux blanchiront avec nos yeux est son premier roman.

Mon avis : (lu en mai 2014)
La forme de ce roman est originale c'est un ensemble de petits textes qui mis bout à bout racontent une histoire. Le roman est divisé en deux parties "le dehors du dedans" et le "dedans du dehors". 
Dans la première partie, Walther quitte Sally la femme qu'il aime pour voyager en Europe. Il ira de la Norvège, à Amsterdam, Prague, puis traversera l'Allemagne pour aller à Bruxelles, puis direction Ostende, puis traversée de la France pour aller en Espagne et à Gibraltar... Il fera les rencontres de Kavlar, Lenka, Eric, Thala, Elisa et l'oisillon Pec...
A la fin de cette première partie, Walther réalise qu'il veut retrouver Sally pour fonder une famille. Dans la deuxième partie, l'auteur évoque son quotidien, ses émotions...
J'ai préféré la première partie qui raconte le voyage et les rencontres de Walther. Le style est très original, poétique.

Extrait : (début du livre)
L'idée
L'idée de partir était comme un petit feu de bois placé au centre de son cerveau. Au bout de quelque temps, il comprit que les flammes ne s'éteindraient pas d'elles-mêmes.

Des milliers de gris
Le jour de son départ, il a Sally au téléphone.
Il lui répète qu'il est désolé de partir comme ça mais qu'il a besoin d'essayer des choses.
Elle raccroche avant de craquer. Il l'imagine devant la petite fenêtre de la cuisine qui donne sur les toits de la ville. Sa façon de disparaître à travers ses yeux lorsqu'elle regarde la fumée des cheminées d'usines se mélanger au gris de l'océan.

Moby Dick
Le port est plein de perdants magnifiques. Walther hésite entre deux chalutiers des grands fonds.
L'Achab et la Terre Neuve. Il opte pour le premier et vient s'agglutiner à la longue file des demandeurs d'emploi. Merlan, cabillaud, thon ? lui demande le capitaine.
Il répond par un signe de tête et se retrouve embarqué sur le pont de l'Achab à cinq heures du matin.
Destination : l'archipel de Svalbard, en Norvège.

Tabac brun
Trier les poissons par taille. Réfrigérer les caisses. Réparer le chalut. Les mains restent froides. Le sel s'installe autour des plaies. Le vieux Kavlar lui explique que parfois, le chalut accroche un obstacle au fond de l'eau. Ça s'appelle La Croche, lâche-t-il entre deux bouffées de tabac. Si c'est un rocher, ça va. Un peu moins si c'est un vieux missile. 
Le soir, ils jouent aux cartes, boivent de la bière et s'endorment tôt.
Au matin, les mouettes et les sternes se moquent de leurs visages à coup de grands cris glacés.

Déjà lu du même auteur : 

2013-11-12_152629 Ici ça va