11 avril 2014

Art - Yasmina Reza

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Actes Sud - octobre 1994 - 62 pages

Magnard - août 2002 - 122 pages

Albin Michel - juin 2009 - 144 pages

Quatrième de couverture :
Mon ami Serge a acheté un tableau. C'est une toile d'environ un mètre soixante sur un mètre vingt, peinte en blanc. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux. Mon ami Serge est un ami depuis longtemps. C'est un garçon qui a bien réussi, il est médecin dermatologue et il aime l'art...

Auteur : Fille d'un ingénieur russe d'origine iranienne et d'une violoniste hongroise, Yasmina Reza, née en 1959 à Paris, a étudié le théâtre et la sociologie à Nanterre. En 1994, elle acquiert une notoriété internationale avec sa pièce Art. Les suivantes ont également été adaptées en quelque trente-cinq langues et produites dans les salles les plus prestigieuses du monde entier. Son récit de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, L'Aube le soir ou la nuit, est devenu un best-seller, et son oeuvre littéraire compte aussi HammerklavierUne désolation, ou encore Dans la luge d'Arthur Schopenhauer

Mon avis : (lu en avril 2014)
Au dernier Café Lecture de la bibliothèque, je me suis laissée convaincre pour essayer de lire la pièce Art de Yasmina Reza. La pièce a été jouée pour la première fois le 28 octobre 1994, interprétée par Pierre Vaneck (Marc), Fabrice Luchini (Serge) et Pierre Arditi (Yvan), dans une mise en scène de Patrice Kerbrat à la Comédie des Champs-Élysées. Elle a obtenu deux Molière et a été traduite dans trente-cinq langues et mis en scène à LondresBerlinChicagoTokyoLisbonneSt-Pétersbourg, BombayJohannesburgBuenos AiresTunis ou Bratislava.
La lecture d'une pièce de théâtre est réducteur, il manque le ton, les silences des acteurs... Et j'ai apprécié mais sans plus la pièce... 
Il s'agit d'une réflexion autour de l’art moderne et de l'art contemporain et la perception de chacun, j'ai trouvé certaines longueurs et des redites... J'ai malgré tout aimé la conclusion. 
Ayant eu l'impression d'être passé à côté de cette pièce, j'ai trouvé sur internet la captation de « Art » et jouée par les acteurs, elle reprend tout son relief ! 

Extrait : (début de la pièce)

 

Le salon d'un appartement.
Un seul décor. Le plus dépouillé, le plus neutre possible.
Les scènes se déroulent successivement chez Serge, Yvan et Marc.
Rien ne change, sauf l'oeuvre de peinture exposée.

 


Marc,seul.
MARC. Mon ami Serge a acheté un tableau.
C'est une toile d'environ un mètre soixante sur un mètre vingt, peinte en blanc. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux.
Mon ami Serge est un ami depuis longtemps.
C'est un garçon qui a bien réussi, il est médecin dermatologue et il aime l'art.
Lundi je suis allé voir le tableau que Serge avait acquis samedi mais qu'il convoitait depuis plusieurs mois.
Un tableau blanc, avec des liserés blancs.

 

*

 

Chez Serge.
Posée à même le sol, une toile blanche, avec de fins liserés blancs transversaux.
Serge regarde, réjoui, son tableau.
Marc regarde le tableau.
Serge regarde Marc qui regarde le tableau.
Un long temps où tous les sentiments se traduisent sans mot.

 

MARC. Cher ?
SERGE. Deux cent mille.
MARC. Deux cent mille ?...
SERGE. Handtington me le reprend à vingt-deux.
MARC. Qui est-ce ?
SERGE. Handtington ? !
MARC. Connais pas.
SERGE. Handtington ! La galerie Handtington !
MARC. La galerie Handtington te le reprend à vingt-deux ?...
SERGE. Non, pas la galerie. Lui. Handtington lui-même. Pour lui
MARC. Et pourquoi ce n'est pas Handtington qui l'a acheté ?
SERGE. Parce que tous ces gens ont intérêt à vendre à des particuliers. Il faut que le marché circule.
MARC. Ouais...
SERGE. Alors ?
MARC. ...
SERGE. Tu n'es pas bien là. Regarde-le d'ici. Tu aperçois les lignes ?
MARC. Comment s'appelle le...
SERGE. Peintre. Antrios.
MARC. Connu ?
SERGE. Très. Très !
Un temps.
MARC. Serge, tu n'as pas acheté ce tableau deux cent mille francs ?
SERGE. Mais mon vieux, c'est le prix. C'est un ANTRIOS !
MARC. Tu n'a pas acheté ce tableau deux cent mille francs !
SERGE. J'étais sûr que tu passerais à côté.
MARC. Tu as acheté cette merde deux cent mille francs ? !

 

 

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Posté par aproposdelivres à 06:11 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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