08 février 2014

Dans la gueule du loup : mariée à un pervers narcissique - Marianne Guillemin

Lu en partenariat avec les éditions MaxMilo

dans la gueule du loup MaxMilo - janvier 2014 - 192 pages

Quatrième de couverture :
Mariée depuis quelques mois, Marianne découvre peu à peu que son mari est égocentrique et dominateur. Avenant et charmant en public, il la rabaisse en privé, impose ses habitudes, favorise sa carrière au détriment de celle de sa femme. À la violence psychologique s’ajoute la violence physique.

Marianne apprend à déchiffrer les humeurs de cet homme pervers, met en place des stratégies pour éviter le conflit, protéger ses trois enfants. N’osant en parler et parce qu’elle pense que ses enfants ont besoin de leur père, elle vivra dix ans dans la gueule du loup.
Plusieurs années après son divorce, elle redoutera encore de rentrer chez elle. Il lui faudra du temps pour se reconstruire.
Elle offre aujourd’hui un témoignage réfléchi sur les mécanismes de la perversité narcissique, du repli sur soi et incite les femmes à ne plus se taire.

Auteur : Journaliste, chargée de communication au ministère de la Défense durant trente ans, Marianne Guillemin collabore à La Tribune/le Progrès. Elle est l’auteur d’Officiers de communication : le parcours des combattantes (2013).

Mon avis : (lu en février 2014)
Voilà un témoignage très fort sur un sujet douloureux dont on ne parle pas beaucoup. 
A 20 ans, encore étudiante, Marianne rencontre l'homme qui deviendra son mari. Il a 31 ans, il est journaliste, il est attentionné et elle l'admire. Au début de leur relation, ses changements brusques de comportement auraient du l'alerter. « Il pouvait me hurler dessus, tout casser dans l’appartement et partir en claquant la porte puis revenir tout sourire avec un bouquet de fleurs en me couvrant de baisers et en m’appelant "Ma chérie". » Trop amoureuse, elle ne voit pas le danger. Elle se marie et peu à peu son mari dévoile son vrai visage... En privé, il est tyrannique, égocentrique, il impose toujours son avis, il dévalorise en permanence Marianne. En public, au contraire, il est agréable, charmant... L'arrivée des trois enfants ne va pas changer son comportement caractériel et violent. Marianne organise alors sa vie pour éviter les crises et protéger ses enfants.
« La vie avec un pervers c’est une alternance de moments joyeux, de tendresse, de projets et de désirs partagés qui font croire à un bonheur possible et de moments terribles, de phrases méprisantes et de violences physiques. »
Difficile pour cette jeune femme de parler à ses proches de ses soucis, elle a honte de l'échec de son couple, n'a-t-elle pas aussi sa part de responsabilité de la situation ? « Le doute, la culpabilité, me faisait croire que j'étais responsable de cette situation et que j'avais le pouvoir, le devoir d'arranger les choses. » Marianne ne veut pas séparer les enfants de leur père, elle ne dit rien, elle cloisonne sa vie : au travail, elle est épanouie, souriante, à la maison, c'est la peur et la tension. Il lui faudra 10 ans pour comprendre que la seule solution c'est de le quitter...

Dans ce livre, Marianne revient sur sa vie avec un mari pervers narcissique, il lui a fallu du temps pour se reconstruire et c'est pour aider les femmes qui se trouveraient dans une situation identique qu'elle a écrit ce témoignage poignant, très détaillé et précis. En annexes, elle a également récapitulé quelques conseils : 
- Comment aider les victimes de pervers  ?
- Caractéristiques du pervers narcissique.
- Paroles de femmes, puisque toutes les histoire sont différentes mais entre en résonances les unes les autres.
Une lecture touchante, intéressante et instructive. A découvrir !

Merci à Ornella et aux éditions MaxMilo pour cette découverte poignante.

Extrait : (Prologue)
Ce récit est inspiré d'une histoire vraie. La mienne.
Les dix années que j'ai vécu aux côtés d'une personnalité perverse auraient pu me détruire et ont laissé une empreinte forte sur la femme que je suis devenue. Il m'a fallu du temps, beaucoup de temps, et de l'aide pour pouvoir regarder cette période de ma vie sans honte et sans (trop) de culpabilité. Aujourd'hui je comprends mieux, j'accepte ma part de responsabilité et surtout je suis convaincue que j'ai agi au mieux. Il n'y avait rien d'autre à faire. Fuir, mettre de la distance et rassembler les morceaux de ma vie.
Je crois que la plupart des femmes restent dans ces situations terribles parce qu'elles ne veulent pas admettre qu'elles se sont trompées. Pendant des années je me disais que les choses allaient s'arranger, qu'il n'était pas seulement cet homme violent et caractériel puisque je l'avais aimé, il n'était pas concevable d'avoir pu ressentir de l'amour pour quelqu'un qui me détruisait.
J'avais eu une enfance heureuse et protégée, élevée par une grand-mère aimante à la mort de mon père, puis par ma mère et un beau-père adorable. J'étais l'aînée d'une fratrie de cinq, trois frères et une sœur avec lesquels je m'entendais bien. J'ai été la première à me marier. Je savais ce qu'était l'amour, j'avais eu sous les yeux un couple qui s'aimait, ma mère m'avait enseigné la joie de vivre, je n'ai même pas l'excuse d'une vie tristounette qui m'aurait précipitée dans les bras du premier venu. On m'avait appris la confiance, le respect de l'autre, la sécurité des sentiments partagés.
Alors ? Je m'étais trompée sur la personne et cette erreur initiale m'enfouissait la tête et le cœur dans le sable. Je préférais oublier les moments difficiles et me concentrer sur le positif. Car la vie avec un pervers n'est pas tissée au rouet du malheur. Non, les fils se croisent, alternance de moments joyeux, de tendresse, de projets et de désirs partagés qui me faisaient croire à un bonheur possible, à portée de main et de bonne volonté.
Puis, quand mes yeux se sont finalement dessillés, quand j'ai fait le bilan des moments difficiles et des rares instants heureux, j'ai voulu l'aider à changer. J'avais alors compris la nature pathologique de son caractère, cette inaptitude chronique à être heureux, la recherche du drame permanent. J'ai cherché à le comprendre, à cerner ce qui avait, dans son vécu d'enfance, entraîné cette déviance. Une mère dure et pourtant fusionnelle, un père absent, défaillant, et surtout, une agression sexuelle à l'adolescence que personne ne prit vraiment en compte. Il fut envoyé en Suisse, dans un internat médicalisé, sur ordre de son parrain, médecin, qui devait avoir saisi l'urgence de la situation (il était tout de même resté six mois sur son lit en refusant d'aller à l'école !). Mais aucun mot de réconfort ne sera mis sur son désarroi.
Je pensais naïvement qu'avec de l'amour je le changerais. Mais les pervers n'ont pas accès à l'amour. Ils cherchent la jouissance immédiate, leur plaisir personnel jusque dans leurs souffrances dont ils tirent un certain plaisir. J'ai essayé alors de changer moi-même, d'être une personne plus adaptée à son caractère. J'évitais de le contrarier, je parlais le moins possible, bref je devenais une ombre avec un seul objectif : éviter le conflit.
Devant l'évidence, je finis par admettre qu'il y avait chez mon mari quelque chose qui avait à voir avec le désordre mental. Je réussis à l'emmener consulter un psychiatre qui confirma le diagnostic sans toutefois préciser de quoi il s'agissait. On essaya alors divers traitements, les régulateurs d'humeur, il y eut un mieux, léger. Mais l'acceptation de la maladie n'allait pas sans heurts et, bientôt, il refusa les traitements.
Il n'était pas malade, disait-il, il avait des problèmes de comportement. Il l'admettait parfois, mais en soulignant que ces problèmes étaient fonction de son entourage (c'est-à-dire moi). Et c'est vrai que je catalysais sa colère, j'augmentais son énervement si je tremblais quand il élevait la voix. C'était un cercle vicieux.
J'ai alors compris que j'avais fait le tour de la question. J'ai tenté de le changer avec de l'amour, puis j'ai essayé de changer moi-même, par amour ; ensuite, j'ai demandé de l'aide au corps médical et un jour, je ne sais plus très bien à quel moment, l'amour a disparu.
Pourtant je ne suis pas partie tout de suite. Le devoir, l'orgueil, ont remplacé les sentiments. Je cherchais encore des solutions, mais je commençais à me préserver et surtout à protéger mes enfants. J'ai mis en place des stratégies d'évitement ; j'avais la chance d'avoir un boulot très prenant, des amis : je tirais ma force de ces moments passés en dehors de chez moi pour l'affronter avec détachement.
Sans la violence, la tension nerveuse permanente qu'il instaurait, je serais restée plus longtemps encore. J'imaginais que c'était mieux pour les enfants, que leurs conditions de vie étaient meilleures ainsi (alors que cette période les a abîmés au contraire) et surtout, au fond de moi, j'avais peur. Peur de ne pas arriver à m'en sortir, peur de ne pas réussir à lui échapper et craignant des représailles, démunie, ne sachant pas où aller et surtout par quel bout commencer pour mettre de l'ordre dans ma vie.
Je m'étais jetée dans la gueule du loup, personne ne m'avait obligée à l'épouser, certains de mes amis avaient même cherché à m'en dissuader. Ou, du moins, avaient tenté de me faire réfléchir. J'étais jeune, j'avais le temps. « Pourquoi t'es-tu mariée ? » demanda quelqu'un, un beau jour. « Parce qu'il me l'a demandé. » C'est aussi simple, aussi stupide que cette réponse. Et en y repensant, je m'apercevais que dans ce guêpier, je m'y étais fourrée toute seule...
À ce stade, j'ai eu des moments d'intense découragement où l'idée de disparaître m'effleurait. Où l'idée de le supprimer, de le pousser par la fenêtre quand il se penchait sur la rambarde en criant qu'il allait sauter, dans ses crises de délire, me surprenait et me faisait honte par la suite.

 

Challenge Petit Bac 2014
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"Animal" (1)

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Challenge Rentrée Hiver 2014

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07 février 2014

L'herbe noire - Pierre Willi

Lu en partenariat avec les éditions Krakoen

l'herbe noir Krakoen - janvier 2014 - 268 pages

Quatrième de couverture :
"Je rêvais de fuir les adultes et toute cette boue qui nous empoisonnait le sang. Je rêvais de partir loin, très loin, et de ne plus jamais revenir. Mais le rêve a rejoint la réalité, il est devenu cauchemar..." En retraçant la cavale sanglante de trois adolescents qui s'ennuyaient dans une ferme du Limousin, Pierre Willi tresse les fils d'un drame inexorable. 

Auteur nordiste installé depuis plusieurs années dans le Périgord, Pierre Willi a choisi sa région d'adoption comme décor pour ce polar rural à l'issue très noire. 

Mon avis : (lu en février 2014)
Voilà un livre très surprenant. « Obligés de fuir, ils ne sont jamais revenus. » voilà le résumé de la deuxième partie du livre... Dans la première partie, l'auteur décrit les lieux et les personnages qu'il va mettre en scène. 
Paulin, le narrateur de cette histoire, revient sur les évènements qui se sont passés alors qu'il avait treize ans. C'était la fin de l'année scolaire, il avait quitté son internat catholique, et retournait chez lui pour les vacances. Chez lui, c'est Treunouille, un petit hameau en limite de la Haute-Vienne et de la Creuse, « Ici résiste encore une exploitation agricole à côté de deux anciennes fermes, deux résidences très secondaires, une demi-ruine qui naufrage lentement dans la boue, quelques vraies ruines enfouies sous les ronces... »
A l'époque, retourner chez ses parents Denise et Raymond ne l'enchantent pas plus que cela, il sait que sa mère ne va pas arrêter de lui faire des reproches et que son père restera vissé devant la télé puisque le troupeau de la ferme a été sacrifié contre une prime à l'abattage.
Sa seule joie, c'est retrouver Nana (Nadège) sa cousine de quatorze ans, un jour, elle a décidé de ne plus parler. Avec Paulin, ils sont fusionnels, il la comprend, sait la rassurer, sait lui faire plaisir en lui offrant des bonbons et des magazines pour filles. Nadège a deux visages : celui de la joie pure et sincère et celui de la colère la plus profonde. 
Autre protagoniste de cette histoire, Gérard, le frère de Nana, c'est le Rambo de Treunouille, il n'a pas été longtemps à l'école, il est passionné d'armes et n'hésite pas à faire des cartons sur tout ce qui bouge ou pas...
Enfin, Gabriel est l'étranger, tout juste dix-huit ans, il vient de temps en temps dans la résidence secondaire familiale avec sa 125 rêvant de pouvoir avoir une plus grosse moto. Il vend et consomme de l'herbe.
Après une soirée un peu trop arrosée, tout dérape... Et trois d'entre eux décident brutalement de quitter le hameau, ils partent en direction de la mer. Ils sont dépassés par les évènements, traqués, ils vont fuir les problèmes...
Les personnages sont parfaitement décrits, des adolescents sans repères, livrés à eux-mêmes.
L'intrigue dénonce la misère sociale et économique des campagnes laissées à l'abandon. L'exclusion n'est pas seulement présente dans les banlieues... Une belle découverte.

 

Extrait : (début du livre)
Nous ne sommes plus que deux dans l'autobus : le chauffeur et moi. Nous sommes repartis de Gronneuil où les derniers passagers se sont empressés de descendre comme s'ils craignaient par-dessus tout de nous accompagner jusqu'au terminus de la ligne. Je suis assis tout à fait à l'arrière, là où l'estomac vous remonte dans le coeur quand le car passe un peu vite sur une bosse. Pressé d'en finir, le chauffeur ne ralentit jamais, il klaxonne furieusement contre les quelques voitures qui arrivent en sens inverse et qui n'ont qu'à se jeter dans le fossé ou dans le talus pour l'éviter. Le chauffeur fait la gueule.

 

Challenge Petit Bac 2014
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"Couleur" (2)

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Challenge Rentrée Hiver 2014

 Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  20/25

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06 février 2014

Demain, j'arrête - Gilles Legardinier

Ecouté en partenariat avec Audiolib

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Audiolib - janvier 2014 - 8h50 - Lu par Ingrid Donnadieu

Fleuve Noir - novembre 2011 - 350 pages

Pocket - avril 2013 - 404 pages

Pocket - novembre 2013 - 406 pages (édition spécial Noël)

Quatrième de couverture :
Et vous, quel est le truc le plus idiot que vous ayez fait de votre vie ? Au début, c'est à cause de son nom rigolo que Julie s'est intéressée à son nouveau voisin. Mais très vite, il y a eu tout le reste : son charme, son regard, et tout ce qu'il semble cacher... Parce qu'elle veut tout savoir de Ric, Julie va prendre des risques de plus en plus délirants... Un succès surprise porté par plus de 600 000 lecteurs enthousiastes.

Une interprétation pleine d’émotion, qui laisse filtrer ses « morceaux de soi » que l’on nomme intériorité. Bénéfique et joyeuse.

Auteur : Avec cette première comédie, Gilles Legardinier – déjà remarqué pour ses deux thrillers L’Exil des Anges et Nous étions les hommes – révèle une nouvelle facette d’une imagination qui n’a pas fini de surprendre. Drôle, percutant, terriblement touchant, son nouveau roman confirme ce que tous ceux qui ont lu un de ses livres savent déjà : Gilles a le don de raconter des histoires qui nous entraînent ailleurs tout en faisant résonner notre nature la plus intime. Voici un livre qui fait du bien !

Lecteur : Ingrid Donnadieu a joué au théâtre sous la direction de Jean- Luc Moreau, Nicolas Briançon, Paulo Correa, Pierre Beffeyte et Christophe Lidon. Au cinéma et à la télévision, on l’a notamment aperçue dans Le Serpent d’Eric Barbier et dans VDM réalisé par Fouad Benhammou. Elle prête sa voix à de nombreuses actrices telles que Maggie Grace (Taken, Taken 2, Lock Out), Zoa Saldana (Avatar, Star Treck 1 et 2) ou encore Sienna Miller.

Mon avis : (écouté en janvier et février 2014)
Après ma découverte de Gilles Legardinier est son livre Complètement cramé !, j'étais curieuse de découvrir son premier livre et avec la sortie de ce livre début 2014 en version audio, j'ai sauté sur l'occasion.

Voilà une histoire sans prétension, pleine d'humour et de fraîcheur. Julie est une trentenaire avec une bonne bande d'amis, un nouveau nommé Ric Patatras vient d'emménager dans son immeuble. Julie va user de stragèmes les plus loufoques pour arriver à le rencontrer... Finalement la rencontre se fera devant les boîtes à lettres, Julie avec sa main coincée dans la boîte à lettres de Ric... Puis sous le charme, Julie fera tout pour se rapprocher de Ric... 
Au début cette histoire m'a fait penser  "L'accro au shopping" mais autant Becky est insupportable, autant Julie est attachante, maladroite, gaffeuse, le coeur sur la main, prête à rendre service, à faire du bien autour d'elle. L'intrigue est distrayante, c'est une lecture qui fait du bien... Pour le chat et le bonnet péruvien de la couverture... leur présence est vraiment anecdotique !

Côté audio, c'est un livre très agréable et pratique à écouter, les chapitres sont assez courts et la numérotation du chapitre est indiquée à chaque début. C'est donc très pratique si on a perdu le fil de l'histoire ou pour savoir où l'on doit "mettre le marque page"... 
En fin de CD, il y a également un entretien avec l'auteur très intéressant.

Merci à Margaux et aux éditions Audiolib pour m'avoir permis d'écouter ce livre qui m'a fait passer un bon moment.

Extrait : (début du livre)
Vous avez déjà rencontré des gens qui font une fête pour leur divorce ? Moi, oui. D'habitude, ce sont plutôt les futurs mariés qui s'amusent. On les entend klaxonner le samedi quand ils roulent en cortège vers la mairie, on les croise la veille en bandes, dans les rues, habillés en clown ou quasi nus. À grand renfort de trompettes et de tambourins, ils exhibent aux badauds ternes leur joie d'enterrer leur vie de jeunes célibataires - parfois à plus de trente-cinq ans... Mais moins d'un an plus tard, quand les 19% des statistiques se séparent, plus personne ne lance de confettis. Eh bien, Jérôme, si.
Je n'ai pas assisté à ses deux premiers mariages; mais j'étais présente au troisième. Trois mariages et trois divorces à trente-deux ans, ça interpelle. Le proverbe dit : «A ton deuxième naufrage, n'accuse pas la mer.» La sagesse populaire ne s'est pas aventurée jusqu'au troisième.
De vous à moi, je trouve sa fête de divorce bien plus sympa que ses noces. Plus question de frime, plus de codes sociaux, adieu les passages obligés, envolée la robe dans laquelle on étouffe, rangés les escarpins hauts comme des falaises qui peuvent vous tuer si vous trébuchez, plus de quête pour la réfection de l'église, pas de menu avec des plats qui se la racontent dans des sauces indigérables, et plus aucune blague débile de son oncle Gérard - qui d'ailleurs n'est pas invité. Simplement des gens avec qui il a de vrais liens et à qui il a eu l'honnêteté de dire : «C'est encore loupé mais je tiens à vous.» Je crois que même sa première femme est là.
Et c'est ainsi que je me retrouve, un samedi soir d'octobre, dans un bel appartement bondé, au milieu de gens qui s'amusent vraiment grâce à Jérôme. Il est encore tôt, on sourit, on échange au hasard, et tout le monde parle de ce qu'il a raté, de ce qu'il regrette, dans une ambiance assez surréaliste mais légère. On se croirait aux «Foireux anonymes». C'est Jérôme qui a ouvert le bal :
- Merci à tous d'être là. Il n'y a rien à célébrer sinon le plaisir que j'ai de vous connaître. Chacun de vous fait partie de ma vie. Je préfère préciser immédiatement que les cadeaux que vous aviez généreusement offerts - enfin surtout pour certains - ne seront pas remboursés. Ce soir, je n'ai plus de beau costume, je ne compte plus sur vous pour financer mon voyage de noces, je n'ai d'ailleurs même plus de femme. Par une perversion dont je ne me savais pas capable, je me demande si ce divorce d'avec Marie n'était pas uniquement motivé par l'envie de cette soirée avec vous. Alors j'assume tout. Je vous fais le cadeau d'être le pire, d'être la référence par le bas, d'être le trente-septième dessous. Si un jour vous vous sentez minable, si vous culpabilisez sur vos échecs et que vous vous en voulez, pensez à moi et j'espère sincèrement que vous irez mieux.
Tout le monde a ri, tout le monde a applaudi, et puis une fille a commencé à raconter comment elle s'était fait virer de son boulot trois semaines plus tôt parce qu'elle a éclaté de rire au nez d'un petit excité qui la draguait. Elle l'a pris pour un commercial testostéroné alors que c'était le jeune et fringant P.-D.G. du plus gros client de son patron... Au chômage et morte de rire. Et tout le monde a suivi.

 Challenge Petit Bac 2014
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"Moment/Temps" (3)

Déjà lu du même auteur : 

completement_crame Complètement cramé !

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04 février 2014

Couleur de peau : miel, tome 3 - Jung

tome_3_couv_couleur_peau_miel Editions Soleil - septembre 2013 - 142 pages

Présentation éditeur :
Jung clôt ce voyage intérieur par l’évocation de ses années de jeunesse, étudiant à l’Institut Saint-Luc, amateur de jolies filles et de dessins. Il évoque aussi ce récent voyage en Corée effectué en 2011 pour le tournage de l’adaptation audiovisuelle de la série.

Soulagement, sentiment d’appartenance retrouvé ou acculturation définitive ? Ses sentiments sont complexes et troublants. Et son récit toujours bourré d’humour et d’émotions.
Démarche autobiographique peu commune entamée en 2007, Couleur de peau : miel a déjà reçu un accueil sans précédent tant le témoignage est authentique et universel.
Le courrier des lecteurs demeure abondant et bouleversant. L’adaptation cinéma a été présentée depuis le Japon jusqu’aux Émirats arabes unis, du Canada à l’Australie, et maintes fois récompensées.
Jung a touché un point auquel nous sommes tous sensibles : nos racines. Savoir les situer, sur cette terre de mondialisation et de revendications nationalistes est peut-être une nécessité.

Auteur : Sik Jun Jung est né le 2 décembre 1965 à Séoul, en Corée. Adopté par une famille belge en 1971, il prend pour nom d'adoption Jung Henin. Il suit des études d'Humanités Classiques (latin et mathématiques) à l'Athénée Royal de Rixensart, avant de fréquenter un an, en 1985, l'atelier Saint-Luc de Bruxelles. Il étudie ensuite à l'académie des Beaux-Arts de Bruxelles, en section Illustration. Parallèlement, il fait un bref passage dans le dessin animé, à la Cambre. C'est en 1987 que sa carrière prend un tournant décisif, puisqu'il rencontre Marc Michetz, qui le présente au magazine Spirou. Cela lui permet d'illustrer quelques courts récits dans Spirou et Tintin. Il travaille alors quelques mois dans l'atelier d'Yslaire et de Darasse, et illustre aussi les couvertures du Belgian Business Magazine. En 1991, Jung publie le premier des quatre tomes de Yasuda, chez Hélyode-Lefranc. La finalité de ses dessins est pour lui de faire transparaître des émotions, des sentiments, avec des personnages bien présents, vivants. En 1997, en collaboration avec Martin Ryelandt, il réalise La Jeune Fille et le Vent, aux éditions Delcourt. L'univers asiatique de cette série d'heroïc-fantasy est un retour à ses origines coréennes, et le fantastique lui permet de renforcer le côté évocateur de son dessin, notamment pour le héros : le Vent. Il signe avec Kwaïdan son premier scénario, une nouvelle série qui frappe par la beauté des couleurs directes et la poésie subtile et raffinée qui émane de ce conte nippon.

Site de l'auteur : http://www.kwaidan.net 

Mon avis : (lu en février 2014)
Dans ce troisième tome, Jung nous raconte son retour en Corée quarante ans après. Il lui a fallu du temps pour faire ce grand voyage vers son passé, pour retrouver ses racines "perdues". Il ne sait pas ce qui l'attend. Que trouvera-t-il ? Pourra-t-il trouver des traces de son passé ? Comment sera-t-il accueilli ?
Chaque moment du voyage lui rappelle des évènements du passé. Ainsi, son trajet en bus vers l'aéroport lui rappelle son escapade à Barcelone. Une escapade qui lui a été suscitée dans un rêve fait sous substance illicite... Il revient sur ses goûts des plats très pimentés qui vont lui donner des ulcères. Il se souvient des rêves qu'il faisait de sa mère biologique... Arrivera-t-il a se retrouver ? Ses sentiments sont multiples, je l'ai senti plus apaisé, il a pris du recul sur sa vie, sur son adoption, sur son déracinement. 
Il faut peut-être ne pas lire les 3 tomes d'affilés, en particulier ce dernier qui reprend quelques épisodes des 2 tomes précédents. Cela ne m'a pas gêné car j'ai lu le tome 2 il y a presque 2 ans...
Cette série reste un témoignage magnifique sur la douleur de l'abandon et le déracinement où se mêlent émotions et humour.

Autre avis : Canel

Extrait : (début du livre)

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Déjà lu du même auteur :

couleur_de_peau_miel_tome1 Couleur de peau : miel, tome 1 CouleurDePeauMiel2 Couleur de peau : miel, tome 2 

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Matière" (2)

Challenge 5% Rentrée Littéraire 2013
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29/30

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03 février 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? [159]

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 (c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

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Le voleur de regards - Sebastian Fitzek 
Alter Ego - Renders, Lapière, Zuga, Erbetta, Reynes, Beneteau (suite et fin) (BD)
Un léger bruit dans le moteur - Gaet's et Jonathan Munoz (BD) 
L'homme qui a vu l'homme - Marin Ledun (partenariat Babelio)

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Demain, j'arrête - Gilles Legardinier (partenariat Audiolib)
Le grand Coeur - Jean-Christophe Rufin (partenariat Folio)

Que lirai-je cette semaine ?

L'herbe noire - Pierre Willi (partenariat Krakoen)
Last exit to Brooklin - Hubert Selby Jr (partenariat Albin Michel)
Dans la gueule du loup - Marianne Guillemin (partenariat Max Milo)
Du sang sur Abbey Road - William Shaw (partenariat Les Escales)

Bonne semaine, bonnes lectures !

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02 février 2014

Qu'est-ce que je faisais le 02/02 à 14h02 ?


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Je participe au rendez-vous d'Enna du 02/02 à 2h02... (plutôt 14h02)

14h02 :  Dimanche en début d'après-midi, je suis devant la télé, j'ai regardé l'émission "Média le Mag" sur France 5 puis j'ai zappé sur France 3, aujourd'hui c'est un épisode de la Série : Inspecteur Barnaby, que j'ai déjà vu mais le revoir ne me déplaît pas...

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01 février 2014

L'homme qui a vu l'homme - Marin Ledun

Lu en partenariat avec Babelio et Ombres Noires

ledun-editions-OmbresNoires-policier-fichelivre Ombres Noires - janvier 2014 - 464 pages

Quatrième de couverture :
Pays basque nord, janvier 2009. La tempête Klaus vient de s’abattre sur la façade atlantique. Les rumeurs autour de la disparition d’un militant basque, Jokin Sasko, enflent. Iban Urtiz, reporter, comprend que cette affaire n’est pas un cas isolé. La jeune Eztia, sœur du disparu, lui ouvre les portes d’un monde de mensonges et de trahisons où enlèvements, tortures et séquestrations sont devenus les armes de l’ombre. Tandis que deux tueurs tentent d’étouffer la vérité, la vie d’Iban bascule dans une guerre sans pitié qui ne dit pas son nom.
Un roman sous tension qui vibre des cris des familles de disparus et de la folie des hommes.

Auteur : Marin Ledun est né en 1975 à Aubenas, en Ardèche. Traduit dans plusieurs pays, ses romans ont reçu de nombreux prix littéraires comme le trophée 813 du roman noir français et le Grand Prix du roman noir du Festival de Beaune pour Les Visages écrasés ainsi que le Prix mystère de la critique pour La Guerre des Vanités, et le Prix Plume libre pour Modus Operandi.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Ayant un lien affectif avec le Pays Basque, je n'ai pas hésité à accepter de recevoir le dernier livre de Marin Ledun qui est un thriller politique palpitant. L'auteur s'est librement inspiré de la disparition d'un militant d'ETA en avril 2009 pour écrire ce roman noir.
Iban Urtiz est un jeune reporter débutant dans un quotidien local de Bayonne. Fin janvier 2009, la tempête Klaus vient de frapper brutalement tout le sud-ouest de la France et les journalistes sont sur tous les fronts pour rendre compte des morts, des nombreux dégâts... Iban n'en peut plus... Il est donc ravi que son rédacteur en chef l'invite à se rendre à la conférence de presse que tient la famille de Jokin Sasco, un militant basque qui a disparu depuis vingt-quatre jours. Iban est binômé avec Marko Elizabe un journaliste confirmé, mais celui-ci préfère travailler en solo...
Iban Urtiz est le naïf de l'histoire, c'est un erdaldun c'est à dire « celui qui parle une langue étrangère » par opposition à un euskaldun « celui qui parle le basque », il va faire fi des menaces et des habitudes locales pour enquêter et tenter de découvrir où est Jokin Sasco.
Ce livre est très bien documenté sur le Pays Basque de l'époque avec la lutte contre le terrorisme qui justifiait certains abus comme des enlèvements de sympathisants ETA sur le territoire français, par des mercenaires espagnols sans véritable enquêtes ou condamnations de la police et la justice française...
A partir de témoignages et d'archives Marin Ledun a réussi à écrire un roman noir palpitant tout en dénonçant les injustices dont certains militants basques ont été victimes.
Une très belle découverte.

Extrait : ici

 

Déjà lu du même auteur :

les_visages_ecrases_p Les visages écrasés 92726818 Dans le ventre des mères

 

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catégorie "Même pas peur" :  19/25

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