25 février 2014

La tête de l’emploi - David Foenkinos

Lu en partenariat avec J'ai Lu

la tete de l'emploi J'ai Lu - janvier 2014 - 288 pages

Quatrième de couverture :
A 50 ans, Bernard se voyait bien parti pour mener la même vie tranquille jusqu'à la fin de ses jours. Mais parfois l'existence réserve des surprises... De catastrophe en loi des séries, l'effet domino peut balayer en un clin d oeil le château de cartes de nos certitudes. Et le moins que l'on puisse dire est que cet homme ordinaire, sympathique au demeurant, n'était pas armé pour affronter ce qui l'attendait.

Buster Keaton post-moderne, il va devoir traverser ce roman drôle et mélancolique pour tenter de retrouver sa place dans un monde en crise.

Auteur : David Foenkinos est l'auteur de plusieurs romans à succès, notamment Le potentiel érotique de ma femme, prix Roger Nimier 2004, En cas de bonheur et Les souvenirs. Il a réalisé avec son frère Stéphane Foenkinos une adaptation cinématographique de son roman La délicatesse, avec Audrey Tautou et François Damiens. Ses romans sont traduits dans près de quarante langues.

Mon avis : (lu en février 2014)
Bernard a 50 ans, marié avec Nathalie, une fille âgée de 20 ans Alice. Il travaille comme conseiller financier à la BNP. Il est heureux dans cette vie tranquille. Et voilà que tout se grippe... Au travail, Bernard est obligé de travailler au guichet, perturbé par cette humiliation ce même soir, il oublie l'anniversaire de sa femme... Et les catastrophes s'abattent peu à peu sur ce pauvre Bernard, à tel point qu'il se voit obliger de retourner vivre chez ses parents âgés de quatre-vingt ans... Comment Bernard va-t-il pouvoir remonter la pente ?
J'ai lu sans déplaisir ce nouveau livre de David Foenkinos, mais sans plus. J'ai trouvé l'intrigue sans surprise, la cohabitation parents enfant âgé de 50 ans est assez bien décrite, quelques situations m'ont fait sourire.

Merci Mathilde et les éditions J'ai Lu pour m'avoir permis de découvrir ce roman et passer un bon moment de lecture.

 

Extrait : (début du livre)
Un jour, mes parents ont eu l’étrange idée de faire un enfant : moi.

Je ne suis pas certain de saisir leurs motivations. Il est d’ailleurs possible qu’ils ne les connaissent pas eux- mêmes. Peut-être ont- ils fait un enfant un peu pour faire comme tout le monde. Je ressens encore en moi les vibrations de mes premières années, où j’étais assis au milieu du salon comme une improbable boule humaine. Mes parents me touchaient du bout des doigts, et m’embrassaient du bout des lèvres. Il y avait comme une distance de sécurité entre nous, on aurait dit qu’ils avaient peur de m’aimer. Peur d’attraper une sorte de maladie dont on ne pourrait pas se défaire. Qui sait ? Ils pourraient être contaminés par la douceur, et propulsés dans l’envie de faire un autre enfant.

J’en rajoute sûrement un peu. C’est toujours le cas, non ? Je n’ai jamais rencontré quiconque qui soit capable de parler de ses parents de manière posée, honnête et juste. Ce que j’analyse comme de la distance est sûrement leur façon de m’aimer.
Car ils m’aiment. Je ne possède pas le dictionnaire qui me permettrait de comprendre leur affection, mais je sens bien que cette affection existe. Ce n’est pas forcément concret. On se téléphone de temps à autre, on ne se dit pratiquement rien. On
survole les sujets de manière indolore, et c’est justement dans ces conversations vides que je puise une forme de tendresse. On n’a pas toujours besoin de mots. Nous nous aimons comme des mollusques doivent s’aimer. Et je crois que cela me convient plutôt bien. J’ai probablement renoncé à l’ambition d’être aimé par mes parents comme je le souhaiterais. De toute façon, et quoi que nous fassions, nous ne serons jamais rassasiés en amour.
D’emblée, notre histoire a mal commencé : ils ont décidé de m’appeler Bernard. Enfin, c’est un prénom sympathique. Au cours de ma vie, j’ai croisé quelques spécimens bernardiens, et j’en conserve plutôt un bon souvenir. Avec un Bernard, on peut passer une bonne soirée. Le Bernard impose une sorte de familiarité tacite, pour ne pas dire immédiate. On n’a pas peur de taper dans le dos d’un Bernard. Je pourrais me réjouir de porter un prénom qui est une véritable propagande pour se faire des amis. Mais non. Avec le temps, j’ai saisi la dimension sournoise de mon prénom ; il contient la possibilité du précipice. Comment dire ? En somme, je ne trouve pas que ce soit un prénom gagnant. Dans cette identité qui est la mienne, j’ai toujours ressenti le compte à rebours de l’échec. Certains prénoms sont comme la bande- annonce du destin de ceux qui les portent. À la limite, Bernard pouvait être un film comique. En tout cas, avec un tel prénom, je n’allais pas révolutionner l’humanité.

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Challenge Rentrée Hiver 2014

Posté par aproposdelivres à 06:21 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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